source : https://archive.org/details/JeromeTradBareille04EcclsiasteNomsHbreuxDixNomsDeDieu OEUVRES COMPLÈTES , D K SAINT JÉROME PRÊTRE BT DOCTEUR DE L’ÉGLISE TRADUITES EN FRANÇAIS ET ANNOTÉES PAR L’ABBÉ BAREILLE AUTEUR DE LA TRADUCTION DES ŒUVRES DE S. JEAN CHRYfiOSTOME COURONNÉE PAR i/aCADÉMIB FRANÇAISE RENFERMANT le texte latin soigneusement revu et les meilleures notes des diverses éditions TOME QUATRIÈME COMMENTAIRE SUR l’eCCLÉSIASTE. — DEUX HOMÉLIES D’ORIGÈNE. LEXIQUE DES NOMS HÉBREUX. — DES DIX NOMS DE DIEU. — DES BÉNÉDICTIONS DE JACOB. COMMENTAIRE SUR LE CANTIQUE DE DÉBORA. * — QUESTIONS HÉBRAÏQUES SUR LES LIVRES DES ROIS ET DES PARALIPOMÈNES. — EXPLICATION INTERLINÉAIRE DE JOB. NOTES DE MARTIANAY PARIS LOUIS VIVES, LIBRAIRE-ÉDITEUR 13, RUE DELAMBRE, 13 18 7 8 COMMENTAIRE DE L’ECCLÉSIASTE, A PAULA ET EUSTOGHIUM. PRÉFACE.. Je me souviens qu'il y a près de cinq ans, lorsque j’étais encore à Rome, sainte Blésille, à qui je lisais l’Ecclésiaste, pour la provoquer au mépris du siècle, afin qu’elle comptât pour rien tout ce qu’elle voyait dans le monde, me de¬ manda de traiter en forme de commentaire suc¬ cinct tous les points obscurs, ce qui lui permet¬ trait de les lire et de les comprendre en mon' absence. Pendant que je préparais cette œuvre, une mort soudaine me ravit Blésille ; nous n’é¬ tions pas dignes, chères Paula et Eustochium, d’avoir une telle compagne en cette vie. La bles¬ sure qui me frappait me rendit muet de dou¬ leur. Maintenant, établi fi Bethléem, la plus auguste des cités, .je rends è, sa mémoire et à vous cette œuvre que je dois. Je vous préviens en deux mots que je n’ai suivi le sentiment d’aucun autre ; j’ai directement traduit l’hébreu, je me suis con¬ formé surtout à la manière des Septante, au moins pour les passages qui ne sont pas trop en désaccord avec les textes hébreux. Je me suis aussi souvenu parfois d’Aquila, de Symmaque et de Théodotion, afin de ne pas effrayer, d’une part, le lecteur plein de zèle par trop de nou¬ veauté, et de ne pas négliger, de l’autre, contre ma conscience, la source de la vérité, pour suivre servilement les petits courants des opi¬ nions. ■ W COMMENTARIUS IN ECCLESIASTEN, AD PAUL AM ET EUSTOCHIUM. PRÆFÀTIO. Memint me ante hoc ferme quinqaennium, cum ad- huc Romæ essem, et Ecclesiasten sanctæ Blestllæ le- gerem, ut eam ad contemptum istius sæculi provoca- rem, et omne quod tn mundo cerneret, putaret esse pro nihtlo ; rogatum ab ea ut in morem Commentarioli obscura quæque dissererem, ut absque me posset in- telligere quæ legebat. ltaque quontam in procinctu nostri operis subita morte subtracta est, et non merui- mus, o Paula et Eustochium, talem vitæ nostræ habere consortem, tantoque vulnere tune perculsus obmutui; nunc in Bethleem positus, (&) augustiori videlicet civi- tate, et illius memoriæ, et vobis reddo quod debeo. Hoc breviter admonens, quod nullins auctoritatem secutus sum; sed de Hebræo transferens magts me Septua- ginta Iuterpretum consuetudini coaptavi, in his dum- taxatquænon multum ab Hebraicts dtscrepabant. Inter- dum Aquilæ quoque (c) et Symmachi, et Theodotionis recordatus sum, ut nec novitate nimia lectoris studium deterrerem, nec. rursum contra conscientiam meara, fonte verttatis omisso, opinionum rtvulos consectarcr. (a) Id éditions Martian. inseribitQr: « Incipit Præfatio S. Hieronymi in Ecclesiasten; » taliqne titulo appendit liane notam: « Codox Ms. 4430 Bibliothecæ Colbertinœ hanc habot inscriptionem litteris minialis: « Incipit Prologus S. Hieronymi presbylcri supor Ecelosiasten, ad Paularn et Eustochium, féliciter quem primum Romæ incepit, tum Bothleem postea complovit, » Edit. Mion. (b) « Nunc in Bethleem positus, augustiori, b etc. Quamplures rnss. et oiudos editi libri siclegimt: « Nunc in Betliloem positus, aDgustioii videlicet civitate. « Sed angustiori positum est imperitia yeterum et reeeQtiormn scriptorunf^ qui locutionurn Hioronymianarum inconsulti aut iinmemores, neseierunt Bethleem a saneto doctore vocitatam fuisse augustiorem Roma civitatem. Igitur, ut de restituta a nobis Jectione ad fuient exemplariorum vetustissimorum nullum superesse dubium po:Bit, rneminerint studiosi Lectores ita scriptum legi PræfatioDe in librum Didymi de- Spiritu saneto, quem HioroDymns Latine reddidit : * Canticum, u inquit, « quod canlare non potui in terraaliena, hica vobis in Judæa provocntns immurmuro, augustiorem multo locum œstioians, qui Sulvatorem mundi, quam qui fratrie genuit parrieîdam. MxnTUN. (e) u Interdum Aquilæ quoque, » etc. Ex hoc loco nuperus soriptor imperite nlmis urget futilia sua argumonta, quibns probare contendit Hio- ronymum in sua ex Hebrœis fonlibus trûDslutione Latina sacrorum Bibliorum, secutum fuisse sœpius Aquilam, Symmacbum et TbeodotioDem. Quod en îm de Commeutario in Ecclesiasten præmonuit lectorem Hieronymus, id ad omnium librorum Scripturæ versionem Latinam trahere ni- titur imperitus ille chroDologus, qui cum rcrnm omnium notitîam hubero se prœsumat, ueedum tamen didicit quod scitum est apnd omnes eru- ditos, Hieronymum videlicet multo tompore post editmn Commentarum io Ecclesiasten, novam Ecclesiœ Cbristi translationem Bibliorum He¬ bræo foDte procurasse. Martia*. TOM. IV. \ 2 SAINT JÉROME. COMMENTAIRE. « Paroles de l’Ecclésiaste, fils de David, roi de Jérusalem. » Eccl. i, 1. Salomon eut trois noms, les Ecritures nous l’enseignent expressément: pacifique , c’est-à-dire, Salomon, iTO'm*; Ididia rovni c’est-à-dire, chéri du Seigneur ; et celui du texte actuel, Coiùæth nSnp, c’est-à-dire, Ecclé- siasle . Le mot grec Ecclésiaste signifie qui réunit l’assemblée, l’Eglise; nous pouvons donc l’ap¬ peler Prédicateur, en ce sens qu’il parle au peuple, et que son discours, au lieu de s’adres¬ ser à un auditeur déterminé, s’adresse à tous les hommes en général. Quant à jjacifique et chéri du Seigneur, ces noms viennent de ce que son régne fut paisible, et de ce qu’il fut en effet aimé du Seigneur. Les psaumes quarante-quatre et soixante-onze portent le titre de chéri et de pa¬ cifique. 11 est vrai, entant que prophéties de Jé¬ sus-Christ et de l’Eglise, ils excédent la mesure de Salomon ; toutefois, au seul pointdevuede l’his¬ toire, ils n’eu sontpas moins écrits sur Salomon. Ce roi, conformément au nombre de noms qu’il portait, composa trois livres : les Proverbes, fEcclésiaste et le Cantique des Cantiques. Dans COMMENTARIUS. «Verba Ecclesiastse filii David Regis Jérusalem. » Eccl. î, 1. Tribus nominibus vocatum fuisse Salomonem, Scrîpturœ manifestissime docent : «pacificum,» id est salomonem HCTO et ididia iT,“PT,) hoc est, « dilec- tum Domini ; » et dicitur coeleth nSnp, id est, « Ec- lesiasten. » Ecclesiastes autem Græco sermone appel- latnr qui (al. quod) cœtum, id est, Ecclesiam congre- gat, quem nos nuncnpnre possumus « coucioaatorem, » eo quod loquatur ad populum, et sermo ejus non spe- cialiterad unum, sed ad universos generaliter dirigatnr. Porro «pacificus, » et « dilectus Domini, » ab eo quod inregno ejus pax fuerit, et eum Dominus dilexerit, ap- pellalusest. Nam et psalmi quadragesimus qviartus et septuagesimusprimus, « dilecti et pacifici » titulo præ- uotantur. Qui, tametsi ad prophetiam Christi et Eccle- siæ pertinentes, felicitatem et vires Salomonis exce- dunt; tamen seeundum historiam super Salomone conscripti sunt. les Proverbes, il instruit l’enfance, il la forme, pour ainsi dire, à ses devoirs au moyen de maximes ; aussi le discours devient-il souvent une allocution directe à son fils. Dans l’Ecclé¬ siaste, c’est l’âge mûr qu’il endoctrine, com¬ battant la croyance à l’éternité des choses du monde, où tout ce que noue voyons est éphé¬ mère et périssable. Enfin l’âme accomplie, qui a foulé aux pieds le siècle, qui est prête pour le bonheur, il la livre, dans le Cantique des Canti¬ ques, aux vives étreintes de l’époux. Ce n’est qu’après nous être séparés des vices, après avoir renoncé aux pompes du siècle, que nous som¬ mes prêts pour la venue de Jésus-Christ, et que nous pouvons dire : « Il me baisera du baiser de sa bouche. » Gant, i, 1 . C’est presque d’après ce plan d’enseignement que les philosophes eux- mêmes instruisent leurs sectateurs : ils com¬ mencent par la morale, leur exqliquent ensuite la physique, et conduisent jusqu’à la logique quiconque leur parait avoir 'rénsi dans les deux premières sciences. Remarquons encore avec soin que chaque Is itaque jnxta mimer um vocabulorum triavoluraina edidit, Proverbia,Eccleeiasten, et Cantica Canticorum. In Proverbiis parvulura docens, et quasi de officiis per senlentiaa erudiens ; unde, et ad filium ei sermo crebro repetitur. In Ecclesiaste vero maluræ virum ætatis instituons, ne quidquam in mundi rébus putet esse perpetuum, sed caduca et brévia universa quæ cernimus. Ad extremum jam consummatum virum, et calcato sæculo, praeparatum, in Cantico Canticorum sponsi jungit amplexibus. Nisi enim priusreliquerimus vitia, et pompis sæculi renuntiantes, expeditos nos ad adventum Christi paraverimus, non possumus dicere.; « Osculetur me ab osculo (al. ab osculis) oris sui. » Canl. i, 1. Haud procul ab hoc ordine doctrinarum et philosophi sectatores suos erudiunt : ut primum ethi- cam doceant, deinde physicam interpretantur; etquem in his profecisse perspexerint, ad logicam usque per- ducant (a). Necnon, et hoc diligentius attendendum, quod per très libros auctoris, diversus est titulus. In Proverbiis (a) « Ad logicam usque perducant. » Falso antea in editis libris ao in pluiibus manuscriplis legebatur’, « ad Theologiam usque perducant; * nain ex Epistoln ad Paulam, de alphabeto Hebraico, exploratum habemus legeadum boc loco quod nos rostituimus, Logicam nempe, uon Theo¬ logiam, qunm non docuerunt philosophi Gentilium. Mahtiam. — Mss. plerique omnes, tum nobis, cum Murtianæo inspecti Tkeoloicam , vel Theologicam leguut. Diximus vero iu epist. 30 ad Paulam, res- ci ibendum Tkeoricen ox Origeuis testimonîo in Homil. in Gant. Canticor. quod hic, atque alibi Hieronymus doscribit: « Generales disciplinée, q'iibus ad rorum scientînm pervenitur, très sunt, quas Elhicam, Physicam, et Thooncca appellaverunt ; nos lias dicere possumus, Moralem, Na- turalem, ot Inspectivam ; » haacque paulo post facultatem esse dicit, « qua snpergressi yisibilia, do divinis aliquid et ccelestibus contemplamur, unque sola mente intuemur. » CussinnuB quoque, Collât, xlv, cap. 9: « Omni studio, » inquit, « fesiinate Aclualem, id estEthioam quampriummad. 3 COMMENTAIRE DE I/ECCLÉSIÀSTE. livre de l’auteur porte un titre différent. En tête des Proverbes est écrit : « Proverbes de Salomon, fils de David, roi d’Israël. » L’Ecclésiaste a pour titre: « Paroles de l’Ecclésiaste, fils de David, roi de Jérusalem;» ici serait superflu le mot Israël , que l’on a mis à tort dans les recueils .grecs et latins. Quant au Cantique des Canti¬ ques, on ne trouve en tête ni fils de David, ni roi d’Israël ou de Jérusalem; on lit simple¬ ment: « Cantique des Cantiques de Salomon. » Les Proverbes, enseignement à la portée des es¬ prits incultes des douze tribus, concernent Israël tout entier; le mépris du monde doit êtrçprêcbè aux citadins/représentés par les habitants de Jérusalem ; et le Cantique des Cantiques n’est réellement nécessaire qu’à ceux qui soupirent après les biens du ciel. Pour les commençants, et pour ceux qui progressent, il s’arme avec raison de la dignité de père et de l’autorité royale qui lui appartient. Auprès des âmes par¬ faites, quand ce n’est plus la crainte qui pousse le disciple, mais l’amour qui l’attire, son seul nom suffit: ce n’est plus un maître, c’est un égal, et il oublie qu’il est roi. Ces explications naissent du sens littéral lui-même. L’esprit du texte ouvre un autre horizon. Le pacifique, le bien-aimé de Dieu le Père, notre Ec- clésiaste, c’est Jésus-Clirist, qui a renversé le mur enim nolatur : « Proverbia Saloraonis filii David, regis Israël. » In Eeclesiaste vero : « Yerba Ecclesiastse filii David, regis Jérusalem; » superfluum quippe est hic « Israël », quod ruale in Græcis et Lati- nis codicibus invenitur. In Cantico autern Can- ticorum nec filins David, nec rex Israël sive Jérusa¬ lem præscribitur ; sed tantum, « Canticum Canticorum Salomonis. » Sicut enim Proverbia, et rudis institutio ad duodecim tribus, et ad totum pertinent Israël ; et quomodo cootemptus raundi non nisi metropolitis convenit, hoc est, habitatoribus Jérusalem, ita Can¬ ticum Canticorum ad eos proprie focit qui tantum su- perna desiderant. Ad incipientes, et profîcientes, et paterna dignitas, et regni proprii inerito vindicatur auctoritas. Ad perfectos vero, ubi non timoré eruditur discipulus, sed amore, proprium nomeu sufficit, et eequalis magister est, et nescit esse se regem. Hsec in¬ térim juxta litteram. Cæterum secundum inteliigentiam spiritualem, pa- cificus et dilectus Del Patris et Ecclesiastes noster est Christus; qui medio pariete destructo, et inimicitias in de séparation, anéanti les inimitiés dans la chair, uni l’homme à Dieu, en disant : « Je vous donne ma paix, je vous laisse ma paix. xiv, 27. De lui, le Père dit aux disciples : a Celui-ci est mon fds bien-aimé, en qui j'ai mis toutes mes complaisances;» Maltk. iif, 17; écoutez-le, il est la tête de toute l’Eglise. Il ne parle point à la syna¬ gogue des Juifs,' il parle à l’assemblée de toutes les nations, ce roi de la Jérusalem bâtie avec des pierres vivantes; non de celle dont il dit lui- même: « Jérusalem, Jérusalem, qui tues les Pro¬ phètes, » Matth. xxm, 37; et encore: «Voilà que votre maison sera abandonnée, » Ibid . 38; mais de celle par laquelle il défend de jurer, parce qu’elle est la cité du Roi des rois. Celui-ci est le fils de David, à qui les aveugles de l’Evangile criaient: « Ayez pitié de nous, fils de David, » Matth. ix( 27; et que la foule acclamait d’une seule voix: « Hosannah au fils de David. » Matth. xxi, 9.. Enfin la parole de Dieu n’arrive pas à lui comme à Jérémie et aux autres pro¬ phètes ; il est riche, il est roi, il est tout-puissant, il est le Verbe, la sagesse et toutes les vertus en¬ semble, et il parle à toute l’Eglise ; il insinue leurs paroles aux apôtres, dont il est écrit dans le Psaume : « Leurs discours sont répandus par toute la terre, et leurs paroles par tout l’iinivers.» Psalm . xvm, 5. Elle est donc fausse l’opinion de carne evacuans, fecit utriunque unum, dicens : « Pa- cem mcam do vobis, pacem mcatn relinquo vobis. » Joan. xiv, 27. De quo Pater ad discipulos ; « Hic est, inquit, Matth, ni, 17/«filius mens dilectus, in quo milii complacui; hune audite, » qui est caput omnis Eccle- siæ. Nequaquam ad synagogam Judæsrum, sed ad gen- tium multitudinem loquens rex Jérusalem vivis lapi- dibus exstructæ; non illius, de qua ipse ait : « Jéru¬ salem, Jérusalem quæ occidis Proplielas ; »Watth. xxm, 37 ; et : «Eccerelinquetur vobis domus vestra deserta. » Ibid. 3S, sed illius, per quam jurare yetat, quia sit ci- vitas ruagni régis. Hic est fdius David, od quem cæci in Evangelio claruabant : « Miserere nostri, flli David;» Matth. îx, 9. Denique non ad eum fît verbuni Dei, si¬ cut et ad Jeremiam, et ad cæteros Prophetas ; sed quia dives est, et rex, etjpotens (ipse est siquidem Verbum et sapientia, cæteræquo virtutes), verba loquitur ad Ecclesiæ viros; verba insinuât Apostolis, de quibuscan- tntur in Psalmo : «In omnemterram exivit sonus eo- rum, et in fines orbis terræ’ eorum. » Psal. xvm, 5. Male jgitur quidam opinantur, nos ex hoc libro ad integrmn coinprehendere disciplinant) j abaque bac namque ilia quam dix i mus, Tlueoricîa puritas non potorit apprehendi, » etc, Sit igitur restî- tuendum hic quoque apud Hieronymum Theorîcen seu TheoHcaiDy pro Theoloic.am> quod mss.,vel Theologiam , quod vetorcs vulgati præfe- rebant. Puto tamen quod et Logicam relineri non incongrue posait, siquidem addit Origenea modo iaudatns: a Nonnulli sane apud Grrocos etiam Logicen, quam nos Rationalem possimius diemc, quarto in numéro posucrunt. » ( Edit . iVign.) SAINT JÉROME, 4 ceux prétendent que ce livre nous provoque à la volupté, à la luxure; il nous enseigne au con¬ traire la vanité de tout ce qui frappe nos sens en ce monde, il nous fait un devoir de ne pas convoiter des chimères qui s’évanouissent dès qu’on croit les tenir. « Vanité des vanités, » a ditl’Ecclésiaste, « va¬ nité des vanités, et tout n’est que vanité. » Eccl. i, 2. Si toutes les choses faites par Dieu sont fort bonnes, comment tout peut-il être vanité, et non seulement vanité, mais encore vanité des va¬ nités ? Comme le titre de Cantique des Cantiques montre, entre tous les poèmes, le poème par excellence; ainsi l’expression vanité des vanités proclame le dernier degré de la vanité. Quelque chose d’analogue est écrit dans les Psaumes ; « Tout homme vivant est vanité entière. » Psalm. xxxvui, 6. Si l’homme vivant n’est que vanité, le mort est donc vanité des vanités. Nous lisons dans l’Exode que le visage de Moïse fut tellement transfiguré que les fils d’Israël ne pou¬ vaient en soutenir la vue. L’apôtre S. Paul com¬ parant cette gloire à la glore évangélique, dit qu’elle n’est pas de la gloire ; « Et même ce qu'il y a eu d’éclatant de ce côté-là n’a pas été une véritable gloire, si on le compare à la véri¬ table gloire de l’Evangile. » II Corinlh. ni, 10. A notre tour et de la même manière, nous pou¬ vons dire que le ciel, la terre, les mers, et tout ce que contient le cercle de la création, sont voluptatem et iuxuriam proYOcari ; cnm o contrario omnitt, quæ in raundo cernimus, vana doceantur ; nf.c üebere ea nos studiose appetere quæ, don) tenentur, intereant. « Vanitas vanitatum, dixit Ecclesiastes ; vanitas va- nitatura, et omnia vanitas. » Eccl. i, 2. Si cuncta quæ fecit Deus vnlde bona sont, quomodo oinnia vanitas, et non solum vanitas, verum etiam vanitas vnnitatinn ? Ut sicot in Canticis CnnLicorum inter oinnia carmina, exeellens carmen ostenciitur ; ita in vanitate vanitatum, vnnitatis raagnitudo nionstretur. Taie quidet in Psalino scriptum est : « Verumtamen universa vanitas omnis homo viveus. » Psal xxxvin, 6. Si vivens homo vanitas ost, ergo mortuus vanitas vanitatum. Legimus in Exo- do, glorificatum vultum Moysi in tantum, ut filii Israël enni aspicere non possent. Quam gloriam Paulus Apos- tolus ad comparationem Evangelicæ gloriæ, dicit esse non gloriam : « Nam nec glorificatum est, » inquit, « quod glorificatum fuit in hac parte, propter excellen- tem gloriam. » II Cor. irr, 10. Possumus igitur et nos in hune modüm, eœlum, terram, maria, et omniaquæ in hoc cirïulo continentur, bona quidem per se dicere, bons en eux-mêmes, sont moins que rien si on les compare à Dieu. La pâle lueur d’une lampe me contente tant que je ne vois qu’elle, et, dès que le soleil parait, je ne vois plus cette faible clarté, non plus que celle plus grande des étoi¬ les noyée dans la splendeur de l’astre-roi; ainsi, quand je considère les éléments et l'infinie va¬ riété des choses, j'admire la grandeur des œuvres créées, et lorsque je songe que tout passe, que le monde vieillit entraîné vers sa fin, et que Dieu seul est et sera toujours ce qu’il fut, je suis contraint de m’écrier, non pas une, mais deux fois.: « Vanité des vanités, et tout n’est que vanité. » Pour vanité des vanités , l’hébreu dit Ajîai, Abalim CP San San, que tous les interprètes, les. Septante exceptés, ont traduit pareillement par «r (uôç ou «rtuwv idée qui répond à fumée , vapeur, haleine légère, qui s’évanouit promptement. La fragilité et le néant de toutes choses apparaît en ce mot. Ce que nous voyons est éphémère; ce que nous ne voyons pas, éter¬ nel. Pour mieux dire, c’est comme esclave de cette vanité que la créature gémit, enfante, at¬ tend la révélation des enfants de Dieu, et qu’ici- bas nous voyons un côté de la vérité et nous prophétisons l’autre. Tant sont vaines toutes choses, jusqu’à la venue de ce qui est par¬ fait I « Que revient-il à l’homme de tout le travail qui l’occupe sous le soleil ? » Eccl. i, 3. Après sed ad Deum comparata, esse pro nihilo. Et quomodo si igniculum lucernæ videns, contontus essem ejus lu-' mine, et postea,orto sole, non cernerem, quod lucebat, stellarum quoquelumiua jubare vidercm solis abscondi ; ita aspiciens elementaet rerummultiplicem varietatem admiror quidem operum mognitudinem, recogitans autemorania pertransire, etmundum suo fine senescere solumque Deum idsemperesse quod fuerit, compellor dicere non semel, sed bis : « Vanitas vanitatum, et omnia vanitas. » In Hebræo pro « vanitate vanitatum, AUAL abalim SlH scriptum est, quod, exceptis septuagintainterpretibus, omnes 3imiliter transtulerunt dtTjxrfç dtT[j.(ôü)v, sive <4t[jlü)v: quod nos possumus «vapo- rem » fumi et « auram » tenuem, quæ. cito resolvitur, ap¬ pel Lare. Caducum itaque et nihil universitatis ex hoc verboostenditur. Quæ enim vi jentur, temporafia sunt, quæ autem non videntur, æterna. Sive quia vanitati creatura subjecta est, etingemiscit, parturit, et præsto- latur revelationem fihorum Dei, et nunc ex parte cog- noscimus, et ex parte prophetamus. Tamdiu omnia vana sunt, donec veniat quod perfectum est. « Quid superest liomini in omhi labore suo, quo la- COMMENTAIRE DE L’ECCLÉSIASTE. o cette maxime générale que toufn’est que vanité, il prend l’homme à partie. C’est en vain qu’il s’épuise dans le travail de ce monde, entassant les richesses, instruisant ses enfants, ambition¬ nant les honneurs, élevant des édifices ; au milieu de son œuvre, la mort le surprend et la voix lui crie : « Insensé, en cette môme huit on te rede¬ mandera ton àme; et les choses que tu as en¬ tassées, à qui seront-elles? » Luc. xir, 20, à qui, puisque de tout ce labeur on n’emporte aucun fruit, et qu'on retourne nu dans la terre, d’où nous sommes sortis? « Une génération s’en va, une autre vient ; et la terre demeure dans le siècle. » Ecel. 1, 4. Les uns meurent, les autres naissent, et ne voyant plus ceux qu’on voyait, on commence à voir ceux qu’on ne voyait pas. Quoi de plus vain que cette vanité: la terre reste, qui a été faite pour l’homme, et l’homme lui-même, roi de la terre, est soudain réduit en poussière? Autre sens. La génération primitive des Juifs disparaît, et la génération de l’Eglise universelle lui succède ; et la terre demeure jusqu’à ce que, après la dispa¬ rition de la Synagogue, l’Eglise entière soit en¬ trée. Lorsque l’Evangile aura été prêché par tout l’univers, alors ce sera la fin. La consom¬ mation étant imminente, le ciel et la terre passe¬ ront. Aussi dit-il caractéristiquement: « La terre demeure dans le siècle, » et non pas: « Dans les siècles. » Or, nous louons Dieu, non pas dans le siècle, mais dans les siècles des siècles. « Le soleil se lève, le soleil se couche, etva vers son lieu, d’où il se lève encore.» Eccl. i, 5. Le soleil lui-même, donné aux mortels pour leur dispen¬ ser la lumière, dans sou lever et son coucher, est une image quotidienne de la durée passagère des choses. Après avoir pris hors de l’Océan son ardent essor, par des. routes que nous ignorons il revient aiflieu d’où il était parti, et quand il a parcouru le cercle de la nuit, s’élance de nou¬ veau de sa couche en toute diligence. Pour ces mots,rque nous avons donnés d’après la Yulgate ; « Il va version lieu, » l’hébreu dit Soepit il aspire , d’après Aquila; il court de nou- veau , d’après Symmaque et Tliéodotion, sans doute parce que le soleil revient au lieu marqué, qu’il aspire à retourner d’où il est sorti d’abord. Et tout cela pour nous montrer, parles change' ments des temps et par les révolutions des astres, que la vie humaine s’écoule et périt à notre insu. Autre sens. Le soleil de justice, dont les ailes portent le salut, se lèvejpour ceux qui ont la crainte de Dieu, et disparait à son midi pour les pseudoprophètes. Lorsqu’il s’est levé pour borat sub sole?» Eccl. i, 3. Post geueralem sententiam, quod vana siut omnia, ab hominibus iucipit: quod frustra in mundi istius labore desudent, cougregantes divitias, erudientes liberos, ambiantes ad honorem, ædifieia construentes, in medio opéré subita morte subtradti audiant : « Insipiens, bac nocte auferetur ani¬ ma tua a te; quæ autem parasti, cujus erunt?» Luc. xn, 20, maxime cumex omni labore uihil secum ferant, sed nudi in terram redeant, unde sumpti sunt. « Generatio vadit, et generatio venit ; et terra in sæ- eulum stat. » Eccl . i, 4. Aliis raorientibus, nascuntur alii, et quos videras non vidons, incipis videre quos non videras. Quid hac vanius vanitate, quam terram manere, quæ hominum causa facta est, et ipsum ho- minem terræ domiuum, in pulvereui repente dissolvi? Aliter : Prima recedit generatio Judæorum, et succedit generatio de gentibus congregata ; terra autem tamdiu stat, quamdiu, Synagoga recedente, Ecclesia omuis in- troeat. Cum eniin prædicatum fuerit Evangelium iu toto orbe, timc erit finis. Imminente vero consummu- tione, cœlum et terra pertrausibunt. Et signanter non ait : « Terra insæculis stat, » sed «in sæculum. » Porro laudamus Dominum, non in uno sæculo, sed in sæ- lis sæculorum. « Oritur sol, et occidit sol, et ad locum suum ducit, et oritur (a) ipse ibi. Eccl ; i, S. Sol ipse, qui in lu- cem mortalibus datus est, interitum ortu suo quotidie indicat et occasu. Qui postquam ardentem rotam Oce- anotinxerit, per incognitus nobisvias ad locum, unde exierat, regreditur, expletoque noctis circulo, rursura de tîialamo suo festinua erumpit. Pro eo autem, quod Yulgatam editionem sequentes posuiuius, « ad locum suum ducit,» îd Hebraeo habet soepii 1 quod Aquila interpretatur eia-reve^ id est, «aspirât. » Symma- elius vero et Theodotion, « recurrit,» quia videhcetsol revertaturad locum suum, et ibi, unde prius egressus fuerat, aspiret. Hoc autem totum idcirco, ut doceat, mutationibus temporum, et ortu occasuque siderum, humanam ætatemlabi et interire, dum nesciat. Aliter : Sol justitiæ, in eujus alis est sanitas, timentibus Deum oritur, et pseudoprophetis occidit meridie.Gum autem ortus fuerit, in locum suum nos trahit. Quo? videlicet ad Patrem. Ad hoc eniin venit, ut nos de terris ad cœ- lumlevet, etdicat: trCum exaliatus fuerit Filius homi- £a) « Et oritur ipso ibi. » Ambo mss. codices Corbeienses, et orîetur,e te. nxta phrasim Hebraicam et eualloges temporum ia verbis. Soient etiim Hobrtei et Orientales exprimera pei’ futurum, quæ evonire soient, aut possunt, aut desiderantur, licetsermo sit de præsenti iadeterminato, ut est; « et orietur ipso ibi, » pro oritur , quia ibi oriri solot. Notandum tameu iu Hebraico coutextu Imjus loci scriptum esso participmm uomen, non verbum futurum. Propterea mss. Corboiensiuui lectioneui abjiciondam non dubitavi. Mauttan. 6 SAINT JÉROME. nous, il nous entraîne en sa demeure. Où? assu¬ rément auprès du Père. C'est à lui qu'il est allé, afin de nous élever de la terre au ciel, et de dire: « Quand le Fils de l’homme aura été élevé de la terre, il attirera tout à lui. » Joan. xn, 32. Il est naturel d’ailleurs que le Fils attire à lui ceux qui croient, lorsque le Père lui-même attire vers le Fils: « Nul ne peut venir à moi, dit-il, si le Père qui m’a envoyé ne l’attire. » Joan. vi, 44. Ce soleil, qui se couche pour les uns, disons-nous, et naît pour les autres, se coucha jadis pour le patriarche Jacob sortant de la Terre sainte, et se leva de nouveau pour lui, quand il rentra de la Syrie dans la Terre promise. G eues. xxvm. Lot aussi, lorsqu’il sortit de Sodome pour se rendre dans la ville vers laquelle il lui avait été ordonné de se hâter, monta sur la montagne, et le soleil sortit au-dessus de Ségor. G mes. xix. « 11 va vers l’auster, il tourne vers F aqui¬ lon ; de tour en retour va l’esprit, et l’esprit revient dansles cerclesqu’il a parcourus. Eccl. i, 6. De là nous pouvons induire que le so¬ leil , courant vers la région méridionale en temps d’hiver et voisin du septentrion pendant l’été, ne commence point sa révolution à l’é¬ quinoxe d’automne, mais au premier souffle du zéphir, à l’époque du printemps où tous les germes s’ouvrent un chemin à la vie. 11 dit en- nis,omuia trahet ad se. » Joaa.xii.Nee mirum, Filmai ad se trahere credenles, cum et Pater ipse ad Filiura trahat : « Nemo enitn, » ait, « venit ad me, nisi Pater, qui misit me, adducat eum. » Joan. vi, 44. Iste ergo sol, quem aliis occidere, aliis nasci diximus, et Jacob quondam Patriarchæ de Terra sancta egredienti (al. 7*e^redie/ï/i)occidit,,rursumquecumde Syria terrain re- promis8ionisiutraret, ortusestei. Gen. xxvm. Lot quo- que, quoniam (al. quando) egressus est de Sodomis, et venit ad civitatem, ad quant, ut festinaret, ei fuerat imperatum, ascendit in montem, et sol exivit super Se- gor. Gen. xix. « Vadit ad austrum, et girat ad aquilonem : giraus girando vadit spiritus, et in circulos suos reverlitur spiritus.» Eccl. î, 6. Ilinc possumus aestimare hyemis tempore solem ac meridianam plagam currere, et per cestatem septentrioni esse vicimim, et non per œqui- noctium au tu m ni habere principium ; sed primum spirante favonio, quando tempore veris in foetum cuncta rumpuntur. Quod autem ait : « Oirans girando suite: « De tour en retour va l’esprit, et l’es¬ prit revient dans ses cercles ; » soit que Salomon donne au soleil lui-même le nom d’esprit, parce qu’il répand et souffle la vie et la force, grâce à ^laquelle il accomplit ses révolutions annuelles, selon l’expression du poète : ((Cependant le soleil fait sa grande révolution annuelle, » Æneid. ni ; et ailleurs : « Et l’année se replie sur elle-même pour suivre ses propres traces.» Géorgie, n ; soit parce que le globe lumineux de la lune et les astres nocturnes « sont intérieurement nourris de l’esprit, » et que du soleil, « son âme se répan¬ dant dans les parties de la masse, qu’elle met tout entière en mouvement, se mêle au corps iminense» delà création;et alors l’Ecclésiaste ne parle pas du cours annuel du soleil, mais de sa révolution de chaque jour. En effet, c’est par une ligne oblique et brisée que par T ans ter il s’avance vers le nord, et il revient de même vers l’orient. Autre sens. Quand le soleil parcourt les régions du midi, il est plus voisin de la terre ; et il est plus élevé, quand il parcourt celles de l’aquilon. Peut-être donc, pour ceux qui sont étreints par le froid de l’hiver et des tribulations, puisque c’est le souffle de l’aquilon qui embrase les maux sur la terre, Jerem. i, 14, le soleil de justice est plus voisin, tandis qu’il passe loin de ceux qui habi¬ tent les régions boréales et sont privés de la cha- vadit spiritus, et in circulos suos revertitur, * sive ipsum solem spiritum nomiuavit, quod animet et spiret, et vigeat, et auuuos orbes suo cursu expleat, (a) ut ait poeta : sEneid. m : Inleiea magnum sol circnmvolvitiu’ nnnum ; et alibi : Géorgie . n : Atque in se sua per vestigia volvitur annua ; sive quod et lunæ lucentem globum et astra Titania Spiritus intus alit, totnmque infusa per actus Mens agit molem, et magno se corporo miscot; non de annuo solis cursu, sed de quotidianissemitis ejus loquitur. Obliqua enim et fracta l.inea per austrum pergit ad boream,'et ita revertitur ad orientem. Aliter : Sol quando per austrum currit, vicinior terne est; quando per aquilonem, sublimis attollitur. Forsilan ergo his qui hyemis et tribulationum frigore coarctan- tur (ab aquilone enim,7erem. î, 14, exardescunt mala super terrain) vicinior sol iste justitiæ est; bis vero qui in boreæ parte habitant, et calore privantur sestivo, (à) « Et annuos orbes suo cursuioxploat. » Editi, « et annuos or bis cursus expleat; « quodeerto incongrumn eflicil sensuoi,nec salis eonsonum Virgilii consequomibus versibus, quorum prior exstat m Æneidos, seuùndus 11 Georgicorum ; cæteii veto, LucvïttcmquG globum lunæ, Tilaniaque astra, e to, libro sexto Æneidos circa fineni. Non omitlo mss. Corbcienses et Colbeitimnn legero hune Iocuui juxta orrores Oiigenis: « Sive ipsum solom spiritum noniinavit, quod animal sit et spiret, » etc. ■ ■ M*Ivr,AN* 7 COMMENTAIRE DE L’ECCLÉSIASTË. leur de l’été, et que par ses routes accoutumées il revient à son point de départ. Dès qu’il a at¬ tiré tout à lui, dès qu’il a éclairé tous les hommes de ses rayons, le retour au premier état est ac¬ compli, et Dieu est tout en toutes choses. Sym- maque a ainsi interprété ce passage : « 11 va vers le midi et fait le tour vers le nord; le vent va, courant le pays, et le vent revient par le cercle qu’il avait parcouru, d « Tous les torrents vont à la mer, et la mer n’est point remplie. Au lieu d’où sortent les torrents, leurs eaux retournent elles-mêmes, pour s’en aller. » Eccl. i. Quelques-uns croient que les eaux douces, qui s’écoulent dans la mer, y sont absorbées à la surface par les ardeurs du soleil, ou qu’elles servent d’aliment au principe sali¬ fiant de l’eau de mer. Voici que notre Ecclésiaste, ou plutôt le Créateur des eaux lui-même, nous apprendqu’ellesreviennentàleurs sources par des veines cachées et que de l’abime qui les engen¬ dre elles tendent toujours vers le lieu qui les a vues naître. Les Hébreux avec plus de raison, sous ces mots de torrents et de mer, voient une allégorie de la destinée des hommes, qui retour¬ nent à la terre d’où ils ont été tirés. L’Ecclésiaste ne les appelle pas des fleuves, il les appelle des torrents, à cause delà rapidité avec laquelle ils succombent, et cependant la terre n’est point remplie de la multitude des morts. . C’est ainsi, pour parler comme le texte, que les eaux trou- inceditSprocul, et per suos circulos, unde profectus est, revertitui’. Cum enira traxerit omnia ad se, et univer- sos suis rndiis illuminaverit, lit restitutio principalis, et est Deus omnia in omnibus. Symmachus hune lo- cum ita interpretatus est : « Vadit ad meridiem, etcir- cumit ad boream; perambulans vadit ventus, et per quæ circumierat, revertitur ventus. » « Omues lorrentes vaduut in mare et marc non imple- tur. Ad loourn de quo torrentes exeunt, illic ipsi rever- tuntur, ut abeant. » Eccl. i, 7. Putant quidam, aquas dulces, quæ in mare influunt, vel ardente desuper sole consumfivel salsugini (al. salsuginis ) maris esse pabulu. Ecce Ecclesiastes noster, et ipsarum aquarum conditor, eas clïcit per occultas venas ad capita fontium regredi, et de matrice abysso in sua sernper ebullire principia. Melius autem Hebræi sub torrentinm et maris Domine per metaphoram de hominibus significari arbitrantur, quod in terram, de qua sumpti sunt, redeant ; et tor¬ rentes vocentur, non ûumina, eo quod cito intercidant nec tamen impleatur terra multitudine mortuoruin, Porro, si ad altiora conscendimus (al. conscetidamus ), recte turbidæHquæiu marc, unde substiterant,revertun- bles retournent directement à la mer, d’où elles étaient sorties. Et je ne sache pas que le mot torrent ait été jamais écrit en bonne part sans correctif. « Vous les abreuverez du torrent de votre volupté, » Psalm. xxxv, 9, est-il dit avec le correctif volupté . Au contraire, c’est au bord du torrent de Gédron que le Sauveur est trahi ; Joan. xvm, 1 ; Elie se cache pendant la persécu¬ tion près du torrent de Ghorath, qui est ensuite desséché. 111 Reg. xvn, 3. Quant à la mer insatia¬ ble, elle ne s’emplit pas, non plus que les filles sangsues des Proverbes. Prov. x-xx, 15. « Tout est plein de difficultés et plus qu’on ne saurait dire. L’œil ne se rassasie point de voir, ni l'oreille d’entendre. » Eccl. i, 8. Il n’est pas moins difficile d’énumérer les difficultés morales qae les difficultés physiques. La parole ne suffit pas ci expliquer les causes etles caractères des choses, ni l’œil à voir la dignité de l’œuvre, ni l’oreille à parvenir au faîte de la science par les leçons de quelque maître que ce soit. Nous ne voyons dans le miroir qu’une image émigmatique de la vé¬ rité, nous connaissons une face des choses et nous en inférons l’autre. Par conséquent, la parole ne peut expliquer ce qu’elle ignore, ni l’œil voir ce que lui cache sa cécité, ni l’oreille se remplir de connaissances dont elle doute. Observons en passant que toute notion est pleine de difficultés et ne s’acquiert qu’au prix d’un grand travail ; cela répond aux oisifs qui tur. Et, ni i'allor, absque additamento nusquain torrens in bonam partem legitur. Nam : « Torrentc voluplalis tuæ potabis illos, » cum additamento dicitur a volup- talis. » Psal. xxxv, 9. Et e contrario Salvator ad lorren- tem traditur Cedron. Joan. xvm, 1. Et Elias persecu- tionis tempore ad torrentem Choralb lnlilat, qui et ipse siccatur. III Reg. xvn, 3. Non adimpletur antem mare insatiabile, quomodo et in Proverbiis filiæ sau- guisugæ. Prov . xxx, 15. « Omnes sermoues graves non poterit vir loqui. Non satiabitur oculus videndo, et non iniplebitur auris au- ditu. » Eccl. i, 8. Non solum de physicis, sed et de ethicis quoque scire difficile est. Nec sermo valet ex- plicare causas naturasque rerum, nec oculus, ut rei pos- cit dignitas, intuerij nec auris, iustituente doctore, ad summam scientiam pervenire. Si enim nunc per spé¬ culum videmus in ænigmate, et ex parte cognoscimus et ex parte prophetamus, consequenter nec sermo po- test explicare quod nescit, nec oculus in quo cæcutit aspicere, nec auris de quo dubitat impleri. Simul et hoc no tan du un quod omuia verba sint gravia, et maguo labore discantur, contra eos qui putant otiosis SAINT JÉROME. 8 pensent qu’il leur suffit de faire des vœux pour arriver à la connaissance des Ecritures. « Qu’est ce qui fut? cela môme qu’il sera. Et qu’est ce qui a été fait ? cela même qui sera fait. Il n’y a rien de nouveau sous le soleil.» Eccl. r, 9. Il me parait qu’ après tout ce qu’il a énuméré, la génération et la génération, la masse de notre globe , le lever et le coucher du soleil, le cours des fleuves, la grandeur de l’Océan, et tout ce que nous apprennent 3a pensée, la vue ou l’ouïe, il parle maintenant de toutes ces choses en général, disant qu’il n’existe rien dans la na¬ ture entière, qui n’ait déjà antérieurement existé. Dès l’origine du monde, les hommes naissaient et mouraient, la terre était tenue en équilibre sur les eaux, et le soleil se levait pour se coucher. Un un. mot, il avait ôté donné par le Dieu créa¬ teur aux oiseaux de voler, aux poissons de nager, aux animaux terrestres de marcher. Le poète comique rapporte quelque chose de sem¬ blable à la maxime de Salomon ; « Rien n’a été dit, qui n’ait 'été dit antérieurement. » Ter en l. sibi et vota facientibus venire notitiam (al. ad noti- tiam) Scripturarum. « Quid est quod fuit? ipsum quod erit. Et quid est quod factum est? ipsum quod fiet. Et non est omne recens sub sole. » Eccl. î, 9. Yidetur mihi de bis quæ supra enumeravit, generatione et generatione, mole terrarum, ortu solis et occasu, cursu fluminum, mag- nitudine Oceani, omnibusque quæ aut cogitatione, aut visu, vel auribns diseimus, nunc communiter loqui, quod nihil sit in natura rerum quod non ante jain fuerit. Ab initio euim mundi et homines nati et mortui sunt, et terra super aquas librata constitit, et sol ortus occubuit. Et ne plura percurram, et avibus volare, et natare piscibus, et terrestribus ingredi, et serpentibus labi, Deo artifice concessum est. Huio quid simile een- tentiæ et Comicus ait : Nihil esL dietmn (a) quod uou bit dicturn prius. Terent. in Prolog. Eunuchi. Unde præceptm meus Donatus, cum istum versicu- in Prolog. Eun. D’où mon précepteur Donatus m’écrivait, en expliquant ce vers : «Maudits ceux qui ont avant nous exprimé nos pensées! » Que si l’on ne peut dire rien de nouveau comme pa¬ role, combien plus ne le peut- on pas au sujet de l’ordre du monde, si parfait dès l’origine, que Dieu se reposa le septième jour ! J’ai lu ceci dans un livre : Si tout ce qui a été fait sous le soleil fut dans les siècles antérieurs avant d’avoir été fait, et si l’homme a été fait après la création du soleil, l’homme exista donc avant d’avoir été fait sous le soleil. Raisonnement inadmissible, en ce qu’il conduirait à dire que la béte de somme et le moucheron, les plus petits et les plus gros animaux ont existé avant le ciel. A moins qu’on ne prétende que la suite du discours montre que l’Ecelésiaste parle de l’homme seul, à l’exception de tous les autres animaux. 11 s’ex¬ prime en effet ainsi : « 11 n’y a rien de nouveau sous le soleil, qui parle et qui dise : Voici une chose nouvelle.» Or, les animaux ne parlent pas, il n’y a que l’homme qui parle. Que si les ani- lum exponeret : ■:< Pereant, » inquït, (b) « qui ante nos nostra dixerunt! » Quod si in sermonibus nihil novum (hei potest, quunto magis in administratione mundi, quæ ab initio sic perfecta est, ut requiesceret Deus ab operibus suis in die septima I Legi in quodam (c) li- bro : Si omne, quod sub sole factum est fuit in præte- ritis sæculis antequam fieret, et homo jarn sole condi- to factus est, fuit ergo homo antequam sub sole fie¬ ret. Sed excluditur, quod, hac ratione, et jumenta, et ciilices, et minuta quæque, et magna animalia ante dicerentur fuisse quam ccelurn. Nisi forte illud res- pondeat, ex consequentibus ostendi, non de cæteris animalibus, sed dehomine Ecclesiastæ esse sermonem. Aitenim : « Non est omne recens sub sole, quod lo- quatur et dicat : Ecce hoc novum est. «Animalia au- tem non loqui, sed tantum hominem ; quod si loquan- tur animalia novum esse, et solvi sententiam, nihil novum esse sub sole. « Estneverbum de quo dicatur, vide hoc novum est ; (rt) « Nihil est diclum. » Tcrentius m Prologo Eunuchi, hæc habel: Nullum est jamdictum , quod non diclum sit prius; Quare æquum est vos cognoseere atque ignoscere ‘ Quæ veteres factitarunt, si faciunt. novi. Tôt in Commentariis Donati excusis non invonitur comma quod Hioronynnis replicat. XJnde conjicio Donatum dixisse, « Pereant qui ante, » etc. cum viva voce in ludo Grammatices istum Coinici versiculum exponeret. Martian. (b) Putat Marlianæu» hoc de ore diclum a Donato, cum in ejus Commentariis nihil simile invenire sit. Fortasso ante verius novum. ex hoc loco argumentum peteretur ad probandum, Commenlarios illos in vuîgatis hodienum libris mancos esse etmutilos, (c) « Legi in quodam libro. » Origonis dogma apnd Origenom logisae lib. n rapt ’Àp^wv non dubium est; nam in epistola ad Avituui tes- tatur idem Hicronymus Origenem abusum fuisse hoc Ecclesiastæ teslimonio, ut probarot quod ante fabricant islius mundi, alii mundi iu præte- ritis sæculis fuerint. Cousule epistolam, qnæ incipit: « Ante annos eirciter decem, « etc. Martiak. — Qaainquam in prouiptu sitopinari libniin tertium Origonis ^epi ’Ap^wV cap. S innui, eujus locum iu epist, 124 ad Avitum, num. 9, addu- cil, et luculentcr inipugqat S. doctor; iu eum tumen sentoutiam jarndiu olim conccs^erant ot.Hebrœi quidam, quos U. Moshs hlaimouiiles ino- moral lib. n, « Moro Nevochin. » 9 COMMENTAIRE DE L’ECCLÉSIASTE. maux parlent pour dire qu’il n ’y a rien de nou¬ veau, il cesse d’être vrai qu’il n’y arien de nou¬ veau sous le soleil. « Est-il une parole dont on dise ; Voyez ceci est nouveau ; les choses qui furent avant nous sont ce qui fut dans les siècles? » Eccl. i, 10. Symmaque a traduit cela plus clairemen t : « Croyez- vous que quelqu’un puisse dire : Voyez, ceci est nouveau, et ce qui fut avant nous vient d’être fait dans le temps? » Ce passage est d’accord avec ce qui précède, qu’il ne se fait rien de nou¬ veau dans le monde; il n’est personne ici-has qui puisse dire: Ceci est nouveau, puisque toute chose nouvelle qu’il prétendra montrer aura déjà existé dans les siècles antérieurs. Ne pensons pas toutefois que les signes, les prodiges, et bien d'autres choses nouvelles qui arrivent dans le monde par les décrets de Dieu, ont déjà été faites dans les siècles antérieurs; ni qu’Epieure ait ici raison d'affirmer que pendant des périodes innombrables les mêmes choses sont faites dans les mêmes lieux et par les mêmes agents. Ainsi Judas aurait trahi plusieurs fois, et Jésus-Christ plusieurs fois souffert pour nous, et les autres choses qui ont été faites, et celles qui doivent l’être, au bout de périodes déterminées se re¬ produiraient exactement. 11 .faut dire que c’est selon la prescience et la prédestination divines jam fuit in sæculis, quæ fueruat ante nos?» Eccl.it 10. Apertius hoc Symmachus transtulit : « Putasne est, qui possit dicere : Vide, hoc novum est, et jam factum est in sæculo, quod fuitanto nos? » Cum superioribusau- tem congruit, quod nihil novum in mundo fiat; nec sit aliqnis, qui possit existere et dicere : Ecce hoc novum est, siquidem ornne quod se putaverit novum osten- dere, jam in prioribus sæculis fuit. Nec putemus signa atque prodigia, et multa, quæ arbitrio Dei nova in mundo fiunt, in prioribus sæculis esse jam facta; et locum inveuire Epicurum, qui asserit per innumera- biles periodos eadem et eisdem in locis et per eos- dem fieri. Alioquin et Judas crebro prodidit, et Chris- tus passus est sæpe pro nobis, et caetera quæ facta sunt, et futura, in easdem similiter periodos revolventur. Sed dicendum, quod ex præscientia et prædestinatione Dei jam ea facta sint, quæ futnra sunt. Qui enim eleeti sunt inChristo ante constitutionem mundi, in prioribus sæculis jam fuerunt. « Non est memoria primis, et quidem novissimis qu’ont été déjà faites les choses à venir. Ceux qui ont été élus en Jésus-Christ avant la création du monde, ont été élus dans les premiers temps. « On ne se souvient plus des choses du temps jadis, et les hommes qui existeront à la fin des temps ne se souviendront plus de celles qui doi¬ vent venir bientôt après nous. »[Eccl. i, 11 . Comme nous avons l’oubli profond du passé, ainsi ceux qui doivent naître ne pourront savoir notre pré¬ sent ou leur avenir; toutes choses passeront pour tomber dans le silence, elles seront cachées comme si elles n’avaient pas existé, et cette sen¬ tence sera remplie : « Vanité des vanités et tout n’est que vanité. » Le voile qui couvre la face et les pieds des Séraphins est l’image des voiles qui couvrent le passé et l’avenir. Si l’on suit l’inter¬ prétation des Septante : « Le souvenir n’appar¬ tient pas aux premiers, et les derniers qui doi¬ vent exister ne le posséderont pas avec ceux qui doivent exister à la fin,» Mattii. xx, 16, on ar¬ rive au sens de l’Evangile que ceux qui sont les premiers en ce monde seront les derniers de tous dans l’autre. Le Dieu de bonté et de clémence se souvient des plus petits et des plus grands ; il n’accordera donc pas une gloire aussi grande à ceux qui auront mérité d’être les derniers par leur faute, qu’à ceux qui auront voulu être les derniers en ce monde par l’humilité. Aussi l’Ecelé- quæ futura sunt, non erit eis memoria apud eos qui futuri sud t in novissimo. » Eccl. i, H. Quomodo præ- terita apud nos abscondit oblivio; sic ea quæ vel nunc fiunt, vel quæ futura sunt, lii qui nasei habent scire non poterunt, et cuncta silentio præteribuût, et quasi non fuerint abscondentur, et complebitur ilia senteu- tia : « Vanitas vanitatum et omnia vanitus. » Nam et Serapbiin propterea faciem suam et pedes vêlant, quia prima et extrema cooperta sunt. Juxta autem Septua- ginta Interprètes, qui dixerunt : « Non est memoria primis (a), et quidem novissimis qui futuri sunt, iiod erit eis memoria cum his qui futuri sunt in novissimo; » Matlk. xx, 16 ; ille de Evangelio sensus est, quod qui in isto sæculo primi sunt, sint omnium novissimi. Et quia Deus, ut beniguus etcIemens,minimorumquoque, et omnium recordatur, his qui propter vitium suuin novissimi esse meruerunt non tantam dabit gloriam, quantam his qui se humiliantes novissimi in mundo esse voluerunt. Dicitur itaque et in consequentibus : « Non est memoria sapientis cumstulto in æteroum. » (a) n Non est memoria primis. » Nullum vestigium Grrecoruiu verborum, quæ hic apud Erasmuin et Mariait uui leguatiir, invonire potui in mss. codicibus, qui ’tameo coostanter rotineut Grœcas lectiones aliornm locorum et præcedentiuca et coasequeutiuca. Uode manifestissime apparet solita temeritate sariptoris alicnjus recentioris addita fuisse Græra verba io Comment. Hieronymiano, aique e comiptis cxemplaribus tluxisse in edttioaem Erasmianam, cujus errores imitatur sœpius Marianne Victorius Erasmi easligator. Martian. SAINT JÉROME. 10 siaste dit-il plus loin : « La mémoire du sage n’est pas celle de l’insensé dans l'éternité. » « Moi, l’Ecclésiaste, j’ai été roi sur Israël en Jé¬ rusalem. » Eccl. i, 12. Jusqu’ici, c’était une dis¬ cussion préliminaire sur tous les hommes en gé¬ néral; maintenant, il arrive à lui-même pour nous montrer quel il fut et par quelle expérience il a connu toutes choses. Les Hébreux rapportent que Salomon fit ce livre alors qu’il se repentait d’avoir été conduit par une confiance aveugle en sa propre sagesse et en ses biens terrestres à offenser Dieu par la luxure. « Je résolus en moi -même de rechercher et d’examiner avec sagesse tout ce qui se fait sous le soleil. C’est une occupation pénible que Dieu a donnée aux hommes pour les exercer pendant leur vie. » Eccl. i, 13. LemotANiAN est sem¬ blablement traduit, dans Àquila, les Septante et Thêodotion, par 'rcepiaiïo(o-[j.(W, que l’interprète latin exprime par distension , parce que l’esprit de l’homme est déchiré par les sollicitudes qui le distendent en divers sens. Symmaquo a traduit par àa/^oXÉav, c’est-à-dirc, occupation . Ce mot Anian revient souvent en ce livre; que nous le rendions par occupation, par distension, ou par tout autre, il faudra toujours s’en rapporter au sens que nous donnons ici. L’Ecclésiaste résolut donc en lui -même de rechercher avec sagesse toutes choses, et franchissant les limites du per¬ mis, il voulut connaître les causes et les raisons : « Ego Ecclesiastes fui rex super Israël in Jérusalem. » Eccl. i, 12. Hucusque præfatio generaliter de omnibus disputantis (al. disputons) ; nunc ad semctipsum re¬ dit, et quis fuerit,quomodo experimento universa cogno- verit, docet. Aiunt Hebræihunc librum Salomonis esse pœnitentiam agentis, quod insapieutia divitiisque con- fisns, per mulieres offenderit Deum. « Et dedi cor raeum ad inquirendum et consideran- dumin sapientiade omnibus quæ tiuntsub sole. Hanc occupationem malam dédit Deus filiis hominum, ut occuparentur in ea. » Eccl. î, 13. Verbum anian Aquila, Septuaginta et Theodotio TCpia7ta<7|x6v si- militer transtulerunt, quod in « distentiouem » Latinus Interpres expressit, eo quod in varias sollicitudines mens hominis distenta lanietur. Symmachus vero (ia^oXCav, id est, « occupationem » transtulit. Quia igi- tur sæpins in hoc voluminenominatur, sive «occupa¬ tionem, » sive « distentionem, » sive quid aliud dixe- rimus, ad superiorem sensum cuncta referantur. Dédit orgo Ecclesiastes primo omnium raentem suam ad sàpientiam reqnirendam, et ultra licitnm se extendens, voluit causas, rationesque coguosccre : quare parvuli pourquoi de petits enfants sont possédés du dé¬ mon; pourquoi les naufrages n’engloutissent pas moins les justes que les impies; si ces maux et autres semblables sont un effet du hasard ou d’une décision de Dieu; si du hasard, où est la providence? si d’une décision de Dieu, où est sa justice? Et il dit de cette curiosité : J’ai compris que c’était un soin superflu, une sollicitude, source de mille tortures, donnée aux hommes par Dieu, que ce désir de savoir ce qu’il n’est pas permis de savoir. Il est bon que Dieu donne aux hommes cette distension d’esprit qu’ils font précé¬ der de sa cause. Il est écrit dans l’Epitre aux Do¬ mains : « C’est pourquoi Dieu les a livrés aux pas¬ sions de l’ignominie; » Rom . i, 26; et encore : « Dieu aussi les a livrés à un sens dépravé, en sorte qu’ils font des actions indignes de l’homme; »Ibid. 28; et en outre : « C’est pourquoi Dieu les a livrés aux désirs de leurs cœurs et à l'impureté; » Ibid. 24; et aux Thessaloniciens : « C’est pourquoi Dieu leur enverra cet artisan de l’erreur.» II Thess. n, 11 . L’Apôtre indique d’abord les causes pour les¬ quelles les hommes sont livrés aux passions de l’ignominie, ou bien à un sens réprouvé, ou aux désirs de leurs cœurs, et ce qu’ils ont fait pour que Dieu leur envoie l’artisan de l’erreur. De même en ce cas, si Dieu a livré les hommes à cette disten¬ sion pénible d’esprit, qui les déchire, c’est parce qu’ils ont auparavant fait telle chose ou telle autre librement et par leur propre volonté. corriperentur a dæmone, cur naufragia et impios pa- riter absorbèrent; utrum bæc, et his similia casu eve- nirent, an judicio Dei ; et si casu, ubi provideutia? si judicio, ubi justitia Dei ? Hœc, inquit, nosse deside- rans, intellexi superfhiam curam et sollioitudinem per diversa cruciantem a Deo hominibus datam, ut scire cupiant quod scire non licitum est. Pulchre autem causa præmissa, a Deo data distcuLio est. Quomodo enim in Epistola ad ltomanos scribitur : « Proptcr quod tradidit eos Deus in passiones ignominiæ; » Rom. i, 26; et iterum : « Propter quod tradidit eos Deus in repro- bum sensum ut faciant quæ non oportet; » Ibid , 28; ac deinde ; « Propterca tradidit cos Deus in desideria cordis sui in immunditiam ; » Ibid. 24 ; et adThessalo- nicenses : « Propterea raittet eis Deus operatorem er- roris. » Il Thess. n, 11. Et prius causæ ostenduntur, quare vel passionibus ignominiæ, vel sensui reproho, vel cordis sui desideriis concédant, ur (al. conçidantur) aut qnid fecerint, ut operatorem erroris accipiant. Ita et in præsentiarum idcirco Deus distentionem malam dédit hominibus, ut distendantur in ea, quia prius sponto sua et propria voluutate bæc vel ilia fecerunt. COMMENTAIRE DE LMÏCCLÊSIASTE. <( J’ai vu toutes les œuvres qui ont été faites sous le soleil, et j’ai trouvé que tout était vanité et présomption. » Ecrt. i, 14. 'La nécessité nous oblige à l’analyse des mots hébreux plus souvent que nous ne voudrions. Nous ne pouvons con¬ naître le sens que d’après les mots eux-mêmes. Aquila et Thèodotion ont traduit Root h msn par vojjlt.v, et Symmaque par poV^iv, Les Septante, aux yeux de qui le mot n’était pas hébreu, mais syriaque, l’ont rendu par irpootEpeaiv. Nop/h, ou $6i, sive (Üosxïyjtç, u pastione vocabuluuu est; TCpoafpestç autem melius « voluntatem, » quarn « præsumptionem » sonat. Di- citur autem, quod agat nnusquisque quod velit, ctsibi rectum esse videatur, atque in diversa libero liomiues forantur arbitrio, et vaûa sintuniversa sub sole, dum invicem nobis in bonornm et malorum JÎDibus displi- cemus. Dicebat mihi Hebræus, quo Scripturas sanctas instituente perlegi, quod supra scriptmn rooth ver- bum, magis in hoc loco affliction era etmalitiam, quam pastionem et voluntatem significaret; non amalo,quod est contrarium bono, sed ab eo, quod in EvaDgelio scribitur : « Suflicit diei malitia sua, » Matlh. vr, 34, quam Græci siguiûcantius xxy.ou yjeu vocant, et esse sensum : Consideravi imiversa, quæ in mundo flunt, et J 1 c’est-à-dire, misères d’esprit, qui affligent l’àmc de pensées diverses. « L’àme pervertie ne peut pas être couronnée, et Je nombre des imperfections est infini. » Eccl. r, 15. Celui qui est pervers ne pourra être cou¬ ronné, s’il ne s’est pas corrigé d’abord. Ce qui est droit reçoit l’ornement, on redresse cc qui est tortueux; et Ton appelle pervers celui dont l’Ame est devenue difforme en perdant sa rectitude Ceci est dit contre les hérétiques qui admettent que certaines natures ne peuvent être guéries. Le nombre des imperfections, c’est-à-dire, de ce qui manque, est infini; seuls, les premiers-nés d’Is¬ raël entrent en ligne de compte. Quant aux fem¬ mes, aux esclaves, aux . enfants, à la multitude emmenée d’Egypte, ils ne servent pas a parfaire le total de l’armée, ils sont retranchés de ce nombre et passés sous silence. Le sens peut être encore celui-ci : Il y a tant de dépravation dans le monde si vaste, que ce monde ne saurait reve¬ nir que difficilement à la stabilité complète dans le bien et reconquérir l’ordre et la perfection dans lesquels il fut d’abord créé. Autre sens : Tout ayant ôté rétabli dans son premier état par la pénitence, le diable seul demeurera dans son erreur. En effet, tout ce qui a été fait sous le so¬ leil a été renversé selon la volonté de l’Esprit malin, puisque c’est à son instigation que les pé¬ chés s’accumulent sur les péchés. En un mot, le nihil aliud deprehendi, quam vanitatem et nnditias, id est mïserias spiritus, quibus anima diversis côgita- tiooibus afflictatur. « Perversus non poterifjadornari, et imminutio non poterit numerari. » Eccl. r, 15. Qui perversus est, nisi ante corrigatur, noD poterit ndornari. Recta ornatum recipiunt, curva correctioneru. Perversus non dioitur, nisi qui depravatus a recto est. Hoc contra hæreticos, qui quasdam naturas iûtroducnnt, quæ non recipiunt sanitatem.Et quia imminutio, hoc est, quod deest, non potest numerari, propterea tantum primogenita Israël numerata sunt. Ferainæ vero, et servi, et parvuli, et vulgus ex Ægypto, nequaquaiu plenitudo, sed immi¬ nutio exercitus, absque numéro prætcrmissi sunt. Po¬ test et hic esse sensus : Tanta malitia in mundi Jiujus capacitafe versatur, ut ad iutegrum boni statum naun- dus redire vix valeat, nec possit facile recipere ordi- nem et perfectionem suara, in quibus primum conditus est. Aliter: Omnibus per poenitentiam in iutegrum res¬ tituas, solus diabolus in suo permauebit errore. Cunctu enim quæ sub sole facta suut, illius arbitrio et spiritu malignitatis e versa sunt, dum ad ejus instinctum pecca- lis peccata cumulantur. Dcnique, tantus est numéros SAINT JÉROME. i 2 nombre des séducteurs et des victimes qu’il a ravis au troupeau; du Seigneur est si grand, qu’aucun calcul ne saurait le déterminer. « J’ai dit en moi-même : Je suis devenu puis¬ sant, et j’ai surpassé en sagesse tous ceux qui ont été avant moi en Jérusalem ; mon cœur a vu des trésors de sagesse et de science. » Ec-cl. i, 16. Salomon fut plus sage, non pas qu’A- braham, Moïse et les autres saints, mais que tous ceux qui avaient été avant lui en Jéru¬ salem. Le livre des Rois nous dit combien était grande cette sagesse de Salomon, qui en avait demandé le don à Dieu avant celui de toute au¬ tre chose. L’œil de son cœur pur voit donc des trésors de sagesse et de science; aussi ne dit-il pas : J’ai dit beaucoup de choses selon la sa¬ gesse et la science; mais : Mon cœur a vu des trésors de sagesse et de science. Nous ne pou¬ vons pas en effet exprimer par la parole tout ce que nous sentons. « Mon esprit s’est appliqué à chercher la sa¬ gesse et la science, les erreurs et la sottise ; et j’ai reconnu que cela même est du vent dont on se nourrit, » ou bien « est présomption. » Eccl. i, 17. Les contraires se comprennent par les con¬ traires. Le commencement de la sagesse est d’ètre exempt de sottise, et l’on ne peut être exempt de sottise qu’à la condition delà comprendre. Aussi est-ce pour que nous nous formions à la sagesse parla fuite des choses nuisibles qu’il s’en trouve seductorum et eorum qui de grege Domini ab eo rapti sunt, ut supputationo non queat comprehendi. « Locutus suai ego cum corde meo, dicens : Ecce ego magnificatus sura, etodjeci sapientinm super om- nos qui fuéruntante me Jérusalem, et cor meum vidit multam sapientiam etscientiam. «Ecc/.i, 16. Sapientior fuit Salomon, non Abraham, et Moyse, etcæteris Sanc- tis. sed his qui fueruntante se in Jérusalem. Legimus et in Regnorum libris, multæ sapientiae fuisse Salo- monem, et hoc a Deo donum præ cæteris postulasse. Mundi ergo cordis oculus multam sapientiam et scien¬ tiam conluetur, quia noa ait: Multam sapientiam et scientiam sum locutus ; sed: Multam sapientiam et scien- tium vidit cor meum. Non enim possumus eloqui omnia quæ sentimus. « Et dedi cor meum, ut nossem sapiontiom etscien- tiam, errores et stultitiam ; cognovi quia et hoc est pastio venti, sive præsumptio spiritus. » Eccl. i, 17. Contrariis contraria intelliguntur. Et sapientia prima est, stultitia caruisse. Stultitia autem carere uon po- test, nisiqui intellexeriteam. Undeet plurima in rebus noxia sunt creata, ut dum vitamus ea, ad sapientiam dans la création. Salomon mit une application égale à chercher la sagesse et la science, et à fuir le domaine des erreurs et de la sottise; la re¬ cherche des unes et la fuite des autres devaient caractériser |en lui la véritable sagesse. Mais en cela, comme en toute autre chose, il confesse qu’il s’est nourri de vent et qu’il a été incapable d’atteindre à la vérité parfaite. Au sujet de la présomption ou de l'action de se nourrir de vent, dont il est souvent question en ce livre, on se contentera des explications données plus haut. « Parce que plus on est sage, plus on a d’agi¬ tation; plus on est savant, plus on a de peine. » Eccl. i, 18. Plus on a fait de progrès dans la sa¬ gesse, plus on s’indigne d’être sujet aux vices, et d’être loin des vertus, dont on a soif. Sap . vi, 7. Les forts souffrent les tortures avec force et l’on exige d’autant plus de quelqu’un qu’on lui a confié un dépôt plus considérable; ainsi celui qui amasse la science, amasse la douleur; il est plein de chagrin selon Dieu, il verse d’amères larmes sur ses fautes. D’où la parole de l’Apôtre : « Qui pourrait me réjouir, si ce n’est celui qui est dans la tristesse à cause de moi? » II Corinth. n, 2. Peut-être encore faut-il comprendre ainsi : L’homme sage s’afflige de ce que la sagesse est si bien et si profondément cachée; il voudrait qu’elle éclairât l’esprit, comme la lumière éclate aux yeux, tandis qu’elle est le prix d’une médi¬ tation et d’une étude continuelles, sources de erudiamur. Æqualis ergo studii fait Snlomoni scire sapientiam et scientiam, et e regione errores et stulti¬ tiam; ut in aliis appetendis et aliis declinandis, vera ejus sapientia probaretur. Sed in hoc quoque, ut in cæteris, dicitpavisse se ventes, et non valuisse perfec- tam comprehendore veritatem. De præsumptione spi¬ ritus, sive pastione venti, quæ sæpius in hoc libro di- citur, supra disseruisse sufficiat. « Quia in multitudine sapientiae, multitudo furoris ; et qui apponit scientiam, apponitdolorem. » Eccl. i, 18. Quanto magisquis sapientiam fuerit consecutns, tanta plus indignalur subjacero vitiis et procul esse a virtu- tibus . quas requirit. Sap . vi, 7. Quia autem potonles potentor tormenta patientur, cuique plus creditur, plus exigitur ab eo, propterea apponit dolorem qui apponit scientiam, et contristatur mœrore secundum Deum, doletque super delictis suis. Dnde et Apostolus ait : « Et quis est qui lætificat me, nisi qui contristatur ex nie? » II Cor . u, 2. Nisi forte et hoc inlelligendum, quod sapiens vir doleat tam in abdito et profundo latere sapientiam, uec ita se præbere mentîbus, ut lumen visui ; sed per tormenta quædam et intoleran- COMMENTAIRE DE certains tourments et d’un .intolérable travail. « J’ai dit en moi-même à mon coeur : Viens maintenant, je t’éprouverai dans la joie, et je te verrai dans les biens; et ceci encore n’est que vanité. » Eccl. n, 1. La recherche de la sagesse et l’acquisition de la science ne sont que labeur et douleur; je n’y ai trouvé qu’un combat inutile et sans fin, et je me suis tourné vers les plaisirs, j’ai voulu nager dans le luxe, multiplier les commodi¬ tés de la vie, surpasser tout homme en richesses, m’enivrer, avant de mourir, de toutes les délices périssables. Mais en ceci encore j’ai reconnu ma vanité, puisque le plaisir évanoui ne charme plus le présent, et qu’on l'épuise sans se rassasier. Or, en tant que riche, je n’ai pas seulement à compter avec les plaisirs des sens, mais aussi avec le désir intime d’émousser cet aiguillon donné à ma chair comme un ange de Satan pour me donner des soufflets de peur que je ne m’enfle d’orgueil. Il Corinlh. xn, 7. Aussi Salomon dit-il : « Ne me donnez, Seigneur, ni la pauvreté ni les riches¬ ses; » et il ajoute aussitôt : « De peur qu’étant rassasié, je ne sois tenté de vous renoncer et de dire : Qui est le Seigneur? » Prover. xxx, 8, 9. C’est l’abondance des biens qui causa la chute du diable. Aussi est-il écrit dans l’Apôtre : « De peur que, s’élevant d’orgueil, il ne tombe dans la condamnation de Satan, » I Tim. m, 6, c’est- à-dire, dans une condamnation semblable à celle dam laborem jugi meditatione et studio provenire. « Dixi ego in corde meo : Veni nunc, tentabo te in lætitia, etvidebo in bono ; et ecce etiam hoc vanitas. » Eccl. n, 1. Postqnam in multitudine sapientiæ etadjee- tione scientiæ, laborem et dolorem esse deprehendi, et niliil aliud, nisi enssnmet sine fine certamen, trans- tuli me ad lætitiain, ut luxu fluerem, congregarem opes, divitiis abundarem, etperituras voluptates cape- rem, antequam morerer. Sed et in hoc vanitatem meam ipse perspexi, dum præterita voluptas præsentem non juvat, et exhausta non satiat. Non solnm autem cor- poralis lætitia, sed etiam spiritualis est tentatio pos- sidenti, ut indigeam corripiente me stimulo et angelo Satanæ, qui me colaphizet, ne elever. » II Cor. xn, 7. Uude et Salomon : « Divitias, » inquit, « et pauperta- temne dederis milii ; » Prov. xxx, 8 ; staümque subdidit : « Ne satiatus mendax fiam et dicam : Quis me conspicit ?» Ibid. 9. Siquidem et diabolus per bonorum abundan- tiam concidit. Unde et in Apostolo scripLum est : « Ne in superbiam elatus, in judicium incidut diaboli, » I Tim. ni, 6, id est, in tôle judicium, in quo etiam diabolus incidit. Sed et hoc possumus dicere, propte- rea nunc lætitiam spiritualem, sicut et cætera, vanita- L’ECCLÉSIASTE. 13 qui frappa le démon. Bornons-nous ù dire qu ici- bas la joie spirituelle est dite vanité, comme tout le reste, parce que nous n’en voyons qu’une image énigmatique. Lorsqu’elle nous sera révélée face à face, elle ne s’appellera plus vanité, elle sera la vérité. « J’ai dit au rire, tu es folie; et au plaisir, que vaut ce que tu fais? » Eccl. n, 2. Où lions lisons folie, l’hébreu porte Molax SSinïD, qu’Aquila rend par TrVvTi. Dans la maison du riche il n’y a pas seule¬ ment des vases d’or et d’argent, mais aussi de bois et de terre. II Tim . ii, 20. On établit égale¬ ment des jardins pour les débiles et les faibles ; memet reversus, et quasi de gravi somno evigilans, a9pexi ad (al. et) manus meas, et opéra mea plena va- nitntis, plena sordium, plena spiritu erroris intuitus sum. Nihil enim, quod in mundo put.abatur bonum, bonum potui reperire. Reputans igitur quæ essent eapienliæ bona et quæ stultitiæ mala, consequentcr in laudem illius hominis erupi, qui post vitia se refre- nans, virtutum posait esse seetator. Magna quippe dis¬ tende est inter sapientiam et stultitiam, et quantum diesdistata nocte, tantum virtutes a vitiis sepnrnntur. Videtur mihi itaque qui sapientiam sequitur, oculos in cœlum sernper erigere, et in sublime os liabere sur¬ rectum, eaque quæ supra suum verticem sunt con- templari ; qui vero stultitiæ et vitiis deditus sit, ver- sari.in tenebris et in rerum ignorantia volutari. « Mag- nificavi opéra mea. » etc. MagniGcat opéra sua, qui juxta imaginem conditoris in superna sustollitur, et ædificat domos, ut veuiant Pater etFilius et Spiritus sanctus, et habitent in ei3, et plantât vineas, ad quas Jesu Iiget asinamsuam. « Feci mihi hortos et pomaria, plantavi in illis li¬ gnum omne fructiferum. » Eccl. n, 5. In domo divilis non solum aurea vasa sunt et argentea, sed et lignea et fictilia. Il Tim. u, 20. Fiunt igitur et horti propter puisque celui qui est faible ne mange que des lé¬ gumes. Rom. xïv, 2. On plante des arbres, non point tous fruitiers , comme le portent les recueils latins, mais de tout fruit , c’est-à-dire, donnant les diverses espèces de produits et de fruits, parce que les grâces sont diverses dans l’Eglise, que l’œil est un membre distinct, et la main aussi, et le pied aussi, et que nous honorons davantage ce qui est moins honorable en soi-même. I Co- rinth. xn, 24. Entre ces arbres à fruit, j’estime que le premier rang appartient à l’arbre de vie, qui est la sagesse. S’il ne fait point partie du ver¬ ger, tous les autres plants sécheront. « J’ai fait des réservoirs d’eaux, pour arroser les plants venus des forêts. » Eccl. n, G. Les plants sauvages, les plants venus des forêts, qui ne sont pas à fruit, qui ne donnent pas des fruits pour la table, ne sont pas nourris par la pluie du ciel, par les eaux d’en haut, mais par celles que les rigoles réunissent dans les réservoirs. L’E¬ gypte, basse et unie comme un jardin potager, est arrosée par les eaux terrestres qui viennent d'Ethiopie. Au contraire, la Terre promise, mon- tueuse, élevée, attend du ciel la pluie des sai¬ sons et la rosée du soir. « J’ai acheté des esclaves des deux sexes, et il m’en est né dans mes demeures; et j’ai eu un grand nombre de bestiaux et de brebis. » Eccl. imbeeilliores quosque et infirmos. Nam qui infinnus est, oleribus vescitnr. Rom. xiv, 2. Plantantur arbores, non « omnes fructiferæ, » ut in Latini3 codicibus lia- bemus ; sed « omnis fructus, » hoc est, diversarum frugum atque pomorum, quia diversæ sunt, gratiæ in Eccleeia, et alius est oculus, alius manus, alius pes, et quæ verecundiora nostra sunt, liis majorera honorem cirenmdamus.» I Cor. xn.25. Inter quasfrugiferas arbo¬ res æstimo tenere primatum lignum vitæ, quod est sa- pientia. Nisi enim in medio ilia plantetur, ligna eæ- tera siccabuDtur. « Feci mihi piscinas aquarum, ad irrigendumex eis salturn germinantem lignum. » Eccl. n, 6. Ligna sal- tuurn, ligna silvaruin, quæ non sunt frugifera, quæ poma non afferunt, non aluntur imbre cœlesti, non supernis aquis, sed hisquæ in piscinas de rivulis colli- guntur. Nam Ægyptus humilis et jacens, quasi hortus olerum, terrenis et de Æthiopia venientibus aquis ir- rigatur ; terra vero repromissionis, quæ montuosa est eterecta, temporaneam et serotinam pluviam exspectat e cœlo. « Mercatus sum servos et ancillas, et vernaculi fue- rnntmibi, et quidem posseasio armenti et ovium multa fuit mihi. » Eccl. n, 7. Si voUimnsEcclesinsten,ut supra 16 SAINT iï, 7. Si nous voulons voir dans l’Ecclèsiaste, comme nous l’avons indiqué déjà, le rôle de Jé¬ sus-Christ, nous pouvons appeler ses esclaves achetés ceux qui ont l’esprit de crainte à son service, et qui désirent les biens spirituels plus qu’ils ne les possèdent. Les esclaves achetés sont les âmes qui sont encore enchaînées au corps et à la terre. Les esclaves nés dans la demeure du maître sont membres dé l’Eglise, il est vrai, et précèdent les esclaves des deux sexes, dont nous venons de parler; toutefois, ils n’ont pas encore reçu du Seigneur la liberté et le droit de cité D’autres encore vivent dans la famille de l’Ecclé- siaste, à l’instar des bœufs et des moutons, eu égard à leurs œuvres et à leur simplicité; sans comprendre, sans connaître les Ecritures, ils tra¬ vaillent dans l’Eglise, et ils n’en sont pas encore arrivés au point de mériter d’être hommes et d’être regardés comme les images du Créateur. Observez avec soin qu’on ne dit pas multitude au sujet des esclaves achetés et de ceux qui sont nés dans la maison du maître, tandis que pour les bœufs et les moutons il est dit ; « J’ai un grand nombre de bestiaux et de brebis. » En ef¬ fet, il y a dans l’Eglise plus de bœufs que d’hom¬ mes; plus de moutons, que d’esclaves achetés ou nés dans la maison. Quant à ces mots de la fin : « J’ai surpassé tous ceux qui ont été avant moi en Jérusalem, » ce ne serait pas une grande gloire pour Salomon d’avoir été plus riche que diximns, etiam nuncad Ghristi referre personam, pos- sumus servos ejus dieere, qui habeant spiritum timoris in servitute, et spiritualia magis desiderant quam te- néant; ancillas vero eas animas appellare, quæ adhuc eorpori terræquesunt dedilæ. Vernaculos quoque illos qui sunt quidemde Ecclesia, et servos, et ancillas, de quibus diximus, antecedunt; needum tamen libertate donati sunt, nee nobililate a Domino. Sunt autem et alii in familia Ecclesiastæ , instar boum et ovium, propter opéra et simplicitatem ; qui absque ratione et scientia Scripturarumlaborant quidem in Ecclesia, sed needum ad id pervenere, ut liomines esse mereantur et redeant ad imaginem conditoris. Diligentîus nota qnod in servis et ancillis et vernacnlis multitudo non additur, in bobusvero et ovibusdicitur, « possessioar- mentiet ovium multa fuit mihi.» Plura quippe in Eccle¬ sia armenta, quam homines ; plures oves, quam servi,» ancillæ atque vernaculi. Illud vero, quod in fine dici- tur : « Super omnes, qui fuerunt ante me in Jérusalem,» non ad grandem gloriam pertinet Salomonis, uno p⬠tre suo rege sediliorem fuisse, quia sub Saule, needum regnabatur in Jérusalem, et a Jebusœis, qui ipsi urbi JÉROME. le seul roi son père, puisqu’au temps de Saul, il n’y avait pas encore de roi en Jérusalem, oc¬ cupée par les Jébuséens depuis longtemps maî¬ tres de la ville. Il faut donc chercher plus haut une autre Jérusalem,, et s’expliquer d’une autre manière comment l’Ecclésiaste a été plus riche que tous les rois qui l’y ont précédé. « J’ai amassé une grande quantité d’or et d'ar¬ gent, et ce qu’il y avait de plus précieux dans les présents des rois et dans les provinees. J’ai eu des musiciens et des musiciennes, et tout ce qui fait les délices des enfants des hommes; j’ai eu pour mes festins des serviteurs et des servantes. » Eccl . iï, 8. L’Ecriture sainte emploie toujours les mots or et argent dans une acception au-dessus de la lettre et du sens littéral. Dans le psaume soixante-sept, la colombe, figure de l’Esprit saint, a des ailes argentées visibles aux yeux du corps, et cache profondément le sens mystique sous le pâle éclat de l’or. Il a rassemblé dans l’Eglise des fidèles les richesses des rois et des provinces ou des campagnes : de ces rois que chante ainsi le psalmiste : « Les rois de la terre se tinrent debout, et les princes formèrent une même assemblée; » Psalrn . n, 2; de ces campa¬ gnes vers lesquelles le Sauveur a ordonné de le¬ ver les yeux, parce qu’elles blanchissent et sont prêtes pour la moisson. Joan. iv, 35. On peut aussi voir dans les richesses des rois les dogmes des philosophes, les sciences humaines; le disci- insederant, tenebotur. Altius itaque tractandum, qnæ sit Jérusalem : et quoraodo Ecclesiastes, ante omnes, qui se præceserunt reges in Jérusalem, ditior fuerit. ■ « Gongregavi mihi argentum, et aurum, et subs- tantias regum et provinciarum. Feci mihi cantores et cantatrices, et delicias filiorum hominum, ministros vini et ministras. » Eccl. n, 8. Argentum et aurum seraper Scripturadivina super sermone ponitet sensu. Unde et in sexagesimo septimo psaimo, columba quæ interpretatur in spiritu, manifestiores et visui exposi- tas nias deargentatas hàbet, occultiorem vero intrinse- ens sensum in auri pallore operit. Regum autem snb- stantias et provinciarum sîve regionum, in creden- tium congregavit Ecclesiam : illornm regum, de qui¬ bus psalmista canit : « Astiterunt reges terræ, et prin¬ cipes convenerunt in unum; » Psalm. n, 2 ; illorumque regionum in qnas oculos levari Salvator præcepit, quia jam candeant ad metendum. Joan . iv. Possunt regum substantiæ et phiiosophorum dici dogmata, et scientiæ sæculares, qnas Ecclesiasticus vir diligenter intelligena apprehendit sapientes in astutia eorum , et perdit sapientiam sapienlium , et prudentiam prudentium 17 COMMENTAIRE DE L’ECCLËSIASTE. pie de Jésus-Christ les a connues, et il a con¬ vaincu les sages d’artifice; Dieu a rejeLé la sa¬ gesse des sages, et la science des savants. I Co - rinth. 19. Les chanteurs et les chanteuses sont ceux ou celles qui chantent en esprit et en âme. Le chanteur, en tant qu’homme et robuste et spi¬ rituel, chante les hautes vérités. La chanteuse se débat encore autour de la matière que les Grecs appellent Oyvju; elle ne peut pas hausser son hymne aux chants sublimes. Partout où PEcriture écrit femme et sexe faible, il faut voir une allu¬ sion à la matière. Ainsi Pharaon, qui proscrit tons les mâles, ne proscrit pas les femmes, qui sont voisines de la matière; Exod. i; au contraire, on nous raconte fort rarement que quelqu’un des saints ait engendré des filles. Salphaath seul, qui mourut dans l’impènitence, n’engendra que des filles. Num . xxv. Parmi les patriarches, Ja¬ cob est père d’une fille, et il court un grand dan¬ ger ù cause d’elle. Genes. xxx. Au-dessus des dé¬ lices des enfants des hommes il faut aussi voir une figure de la sagesse, qui à l’instar du para¬ dis a de riches vergers et des jouissances sans nombre. C’est d’elle qu’il est dit : « Réjouissez- vous dans le Seigneur, et il exaucera les désirs de votre cœur ; » Psalm. xxxvi, 4 ; et ailleurs : « Vous les abreuverez du torrent de votre volupté. » Psalm. xxxvm, 2. Au sujet des verseurs et des verseuses de vin (pour distinguer d’avec le masculin, je forge une déclinaison fé- reprobat. I Cor. 19.- Cantores quoque et canta¬ trices , illi vel illæ sunt , qui psollunt spiritu , psallunt et mente. Gantator quasi vir et robns- tus et Bpiritualis de altioribus cnnit. Cantatrix vero adhuc circa materiam volutatur, quam Græci Üyv vocant; nec potest vocem suam in sublime tollere. Ubicumque ergo in Scripturis femina legitur 'et sexus fragilior, ad materiæ intelligentiam transferamus. Un- de et Pharao non vult masculos vivilicari, sed tantum feminas, quæ materiæ sunt vicinæ. Exod. î.Efc e contra¬ rio nullus Sanctorum, nisi perraro, feminas genuisse narratur. Solusque Salphaath, qui in peccatis mortuus est, omnesfilias genuit. Num. xxv. Jacob inter duode- cim Patriarchas, unius filiæ pater est, et ob ipsam pe- riclitatur. Gen. xxx. Deliciæ quoque filiorum hominum super sapientia intelligendæ, quse ad instar paradisi habet pomaria varia et multiplices voluptates. Et de ipsa præcipitur : « Delectare inDomino, et dabit tibi petitiones cordis tui ; » Psal. xxvi , 4 ; et in alio loco : « Torrente voluptatis tuæ potabïs eos. » Psal. xxxvm , 2. Nam de vini fusoribus et vini fusitricibus ( ad distinctionem quippe nunc mascq- TOM. IV. minine, que le latin n’admet pas), Aquila donne une interprétation qui ne se justifie pas sur-le- champ. Il n’établit pas de distinction dans le sexe de ceux qui servent, mais dans la forme des vases à boire, faisant correspondre xiAbuov et xuXbaa aux mots hébreux Sadda nTO et Saddoth mm Enfin Symmaque, bien qu’il n’ait pu tra¬ duire en allant du mot au mot, n’est pas loin de cette opinion, quand il dit : « L’ornement des ta¬ bles et les services. » Il serait donc à croire que les cruches, ou les bassins, ou les vases qui sont disposés sur les tables, Salomon les possédait ornés d’or et de pierres précieuses; et qu’il pui¬ sait lui- même dans un xuXbtiov, ou grand vase, avec d’autres xiAîxia, ou petits vases, tandis que la foule des convives recevait la boisson des mains des serviteurs. Puisque l’Ecclésiaste est pour nous la figure de Jésus-Christ, et que la sa¬ gesse dans les Proverbes invite les passants à boire du vin qu’elle a mêlé dans sa coupe, nous devons regarder ici le corps du Seigneur comme figuré par le grand vase dans lequel la divinité n’est pas sans mélange, comme elle est au ciel, mais à cause de nous est tempérée par son union à la nature humaine; et c'est par les Apôtres, que représentent les vases plus petits, que la sa¬ gesse a été distribuée pour les fidèles dans tout l’univers. « J’ai été glorifié, et j’ai surpassé en sagesse tous ceux qui furent avant moi en Jérusalem ; et ma liai , feminino genere volui declinore, quod Lati- nus sermo non recipit) aliud multo, quam in prom- ptu est, Aquila interpretatur. Non enim homines, viros videlicet et feminas, sed vasculorum species nomina- vit, xiAbuov et xuVxta vocans, quod Hebraice dicitur sadda HTC et saddoth niTO. Denique Symmachus, licet yerbum non potuerit exprimerc de verbo, ab bac opinione non longe est, dicens : « Mensarum species et appositiones » Sive igitur urceos, sive scyphos, sive crateres,qui in ministeriis ordinantur, auro gemmisque distinctos Salomonem habuisse credendum est ; et quod ex u no xuXixtw, id est, « cratere, xiAixioiç, minoribus scilicet « vasculis, » hauriretur; et per ministrorum manus potantium vinura turba susciperet. Quia igitur Ecclesiasten inlerpretamur in Christo , et sapientia in cratere mixto inProverbiis prætereuntes ad se con- vocat, Corpus Domini nunc craterem magnum debe- mus accipere, in quo non ineraca Divinitas, ut in cœ- lestibus fuit, sed propter nos bumanitate media tempe- rata est, et per Apostolos, minora xuVxia, scyphos parvulos et crateras, in loto orbe credentibus efîusa sapientia est. 2 SAINT JÉROME. (S sagesse ne m’a point abandonné. » Eccl ., u, 9. L’Ecclésiasle glorifié ne paraît avoir aucun rap¬ port avec le Seigneur, â moins que nous lui ap¬ pliquions cette parole : « Il croissait en sagesse, et eu âge, et en grâce. » Luc. u, 52; et encore; « C’est pourquoi Dieu fa élevé. » Philip, n, 9. Par ces mots : « Ceux qui furent avant moi en Jérusalem, » il désigne ceux qui, avant sa venue, gouvernèrent l’assemblée des saints et l’Eglise. Selon l’esprit des Ecritures, Jésus-Christ est le plus riche entre tous les riches; selon la chair, il s’agit ici plutôt de la Synagogue que de l’Eglise. U a donc levé le voile qui avait été posé sur le visage de Moïse, Exod. xxxiv, et il nous a donné de contempler son visage dans toute sa gloire, il Corinth. m. Quand il dit que la sagesse ne Ta point abandonné, le sens est que la sagesse est demeurée la môme en lui alors môme qu’il s’est mis dans la chair. En celui qui fait des progrès dans la sagesse, elle ne demeure pas la même; celui qui ne progresse pas, qui n’a pas d’accrois¬ sement et qui est toujours dans la plénitude, peut dire: « La sagesse est demeurée la môme en moi. » « Je n’ai rien refusé à mes yeux de tout ce qu’ils ont désiré; je n’ai interdit à mon cœur aucune joie, et il s’est réjoui dans tout mon travail. Tel a été pour moi le fruit de tout mon travail. » Eccl ., n, 10. Les yeux de l’âme, les re- a Et niagnificatus sum, et adjeci sapienliam super omues qui fuerunt ante me m Jérusalem; et quidem sapientia mea stetit mihi. » Eccl. u, 9. Magnificatum Ecclesiaslen, minime videtur Dorniuo convenire, nisi forte ei illud aptemus : « Proficiebat sapientia et œtate et gratia. » Luc. n, 52 ; Et : « Propter quod ilium Deus exaltavit. » Phil. n, 9. Quod autem ait : « Qui fuerunt ante me iu Jérusalem,» de his dicit, qui ante adven- tum suum, congregationem Sanetorum et Ecclesiam gubernarunt. Si spiriLualiter mtelligimus Scripturas, ditior est Ch ris Lus omnibus (al. ab ho minibus) ; si tan¬ tum earnaliler, melius intelligitur Synagoga, quam Ec- clesia. Tulit ergo velamcn, quod fuit positum super vultum Moysi, Exod. xxxiv, et pleno lumine fuciem ejus videre nos feeit. il Cor. m. Porro steLisse sapien- Liain sibi, ille sensus est, quod etiam in carne posito sibi permanserit sapientia. Qui profectum habet in sa- picntia,non ei stat sapientia; qui autem non recipit profectum, nec per momenta succrescit, sed seniper in plenitudine est, iste dicere potest : « Et stetit mihi sa¬ pientia. » « Et omne quod postulaverunt oculi mei, non tuli ab eis, nec prohibui cor nieum ab omni lætitia, quia gards de l’esprit recherchent la contemplation spirituelle, et le pécheur qui l’ignore, interdit â son cœur la véritable joie. L’Ecclôsiaste s’adonna tout entier â cette contemplation et compensa par une gloire éternelle le léger fardeau des ennuis supportés dans le temps. La gloire éter¬ nelle est notre part, notre récompense impéris¬ sable, si nous la méritons par nos vertus. u Je tournai les yeux vers les ouvrages de mes mains et sur les peines qu’ils m’avaient coûtées pour les faire. » Eccl., u , M. Celui qui fait tout avec diligence et précaution peut parler ainsi. « Et voilà que tout est vanité parmi les désirs de l’esprit. Il n’y a rien de solide sous le soleil. » Eccl., u, 12. Il a constaté le néant de toute autre chose sous le soleil, et il en est de môme de nos volontés diverses. « Il n’y a rien de solide sous le soleil. » Psalm. xvur, 6. C’est dans le soleil que Jésus-Christ a mis son tabernacle. Il ne peut donc habiter ni porter l’abondance en celui qui n’a pas encore atteint la clarté, l’ordre et la stabilité du soleil. « J’ai regardé pourvoir la sagesse, les erreurs et la sottise : quel est l’homme en en effet qui peut marcher sur les traces de son roi et de son créateur? » Eccl., n, 13. Plus haut, jusqu’à cet endroit de l’Ecnturc : « La tête seule du sage a des yeux, » j’avais réuni l’ensemble dans un aperçu succinct, afin d’indiquer le sens général cor meum lælatum est in omni labore meo. Et hæe fuit portio mea ex omni labore meo. » Eccl. n, 10. Oculi animœ et mentis intuitus contemplalionem de- sïderanL spiritualem, quam peccaLor ignornns, prohibet a vera jocundilate cor suum. Huic ergo se Ecclesiastes totum dédit, et leve tribulatioüis (al. levés tribulatio- nes) in sæculo æterna gloria compensa vit. Hæc cnim portio nostra est præmiumque perpetuum, si hic pro virtutibus laboremus. «Etrespexi ego ad omnia opéra mea, quæ fecerant manus meæ, et in labore quo laboraveram faciens. » Eccl. u, 2. Qui cum diligentiaet cautioneagituniversa, hæc potest dicere. « Et ecce omnia vanitas et voluntas spiritus. Et non est abundantia sub sole. » Eccl. u, 12. Quomodo in cæteris vil la cnnctaréputavit, quæ sub sole sunt, et pro voluntatum varietate diversa. « Et non est abundantia sub sole. » Psal. xvm, 6. Chrislus in sole posait taber- nacnlum suum. Itaque qui needum ad solis claritatem, ordinem, constantiamque perveuit (al. perveneril), in hoc Christus nec habitare poterit, nec abundare. « Etrespexi ego, ut vidercm sapientiam, et errores et stultitiam, quia quis est hominum, qui possit ire post COMMENTAIRE DE L'ECCLÉSIASTK. 19 en peu de mots, et à cause de cela j’ai rapporté quelques passages au sens mystique; je dois maintenant reprendre d’après mon plan primitif. En effet, dans ce passage, le sens est très-dif¬ férent de l'interprétation des Septante. L’EocIé- siaste dit : Après les délices et les voluptés cou¬ pables, je suis revenu à la recherche de la sagesse, dans laquelle j’ai trouvé plus d’erreur et de sottise que de prudence véritable et certaine. C’est qu’il n’est pas possible à l’homme de dé¬ couvrir les raisons des œuvres du Créateur son roi aussi clairement que celui-ci les connaît lui- même, parce qu’il a créé. Notre science consiste en opinions plu tôt qu’en certitudes, en conjec¬ tures plutôt qu’en connaissances; cela est rigou¬ reusement vrai. J’ai vu que Y abondance de la sagesse est au-dessus de la sottise autant que l’abondance de la lumière est au-dessus des ténèbres. » Eccl. , h, 14. Bien que j’aie vu, dit-il, que la sagesse des hommes, est mêlée d’erreur, et qu’elle ne peut se révéler h nos esprits avec toute la clarté qu’elle . a dans notre roi et créateur, toutefois, telle qu’elle est, je reconnais qu’il y a une différence aussi grande entre elle et la sottise qu’entre le jour et la nuit, la lumière et les ténèbres. « La tète du sage a seule des yeux, et l’in¬ sensé marche dans les ténèbres. Et j’ai reconnu regematque factorem suum. ? » Eccl. n, 13. Quia insupe- rioribus usque ad eum locum in quoScripturaait: «Sa- pientis oculi in capite ejus, » uno cuncta sermonecom- prehenderam, volens sensurn breviter iadicare, et ob id rursum secundum àvaytoy'Vn aliqua perstrinxeram, mmejuxta id quod coeperam, exponere debeo. MulLuni enim a Septuaginta interpretatioue in hoc loco diver- sus est sensus. Dicit auLem se, post delicias volupta- tesque damnalas, revertisse ad sapientiana perqniren- dam, in qua plus erroris stultitiæque repererit, quam veræ certæque prudentiæ. Non enim posse hominem tam liquido et pure scire sapieutiam creatoris et regis sui, quam scit ille, qui conditor est. Itaque, etillaquæ novimus, opinari nos potius quam tenere, et æstimare magis quam scire, quod verum est. « Et vidi ego, quia est abundantia sapieutiœ super stultitiam, sicut abundantia lucis super tenebras. » Eccl. u, 14. Licet inquit, ipsam homïnum sapientiam mixtam errore perviderim, nec tam pura in nostros animos illabi posse, quam est in rege et conditore nos- tro , tamen magnam etiam in eo quod est difTerentiam inter illam et stultitiam esse cognovi, quantum potest distare dies a nocte, lumen a tenebris. « Sapientis oculi in capite ejus, et stultus in tenebris que le même dénouement les attend l’un et l’autre. » Eccl., n, ib. L’homme parvenu à la perfection et qui a mérité que Jésus-Christ soit sa tète, a ses }7eux toujours tournés vers Jésus- Christ, et les levant au ciel, n’a pas de pensée pour les choses d’iei-bas. Puisqu’il en est ainsi, puisque, en raison de la distance qui les sépare, on compare le sage au jour et l’insensé aux té¬ nèbres, puisqu’enfîn l’un a les yeux levés au ciel quand l’autre les tient enchaînés à la terre, je me suis demandé soudain pourquoi le sage et l'insensé sont également soumis au trépas, pour¬ quoi les mêmes maladies, les mômes vicissi¬ tudes, la même mort, les mêmes angoisses sont réservées à l’un et h l’autre. « Et j’ai dit en moi-même : .Dès que l’événe¬ ment qui attend l’insensé m’attend aussi, de quoi me sert d’être devenu sage? Mais ensuite, discutant cette pensée en mon esprit, j’en ai vu la vanité. La mémoire du sage ne sera pas la môme que celle de l’insensé dans l’éternité, lorsque, dans les jours qui viendront, l’oubli couvrira tontes choses. Comment le sage pour¬ rait-il mourir comme l’insensé? » Eccl., u, 16. J’ai dit : Le sage et l’insensé, le juste et l’impie mourront également, ils supporteront en ce monde les mêmes maux par une semblable destinée; de quoi donc me sert d’avoir saisi la ambulat. Et coguovi ego, quia eventus unus eveuict omnibus eis.» Eccl. n, 15. Qui in perfecLutn virum per- venerit, et meruerit ut caput ipsius CUristus si t, oculos suos semper habebit ad Christum, et eos in sublime elevans, nunquam de inferioribus cogitabit. Cum liœc se ita habeant, et inter sapientem et stoltum tanta distantia sit, quod alter diei, alter teuebris compare- tur, ille oculos ad coelum levet, iste in terrain déprimât, repente mihi cogitatio ista subrepsit, quare sapiens et stultus communi finiantur interitu, eaedemplagæ, idem eventus, eadem mors, pares utrnmque angustiæ pre- mant. « Et dixi ego in corde meo, sicut eventus stnlti, ita et mihi eveniet, et ut quid sapiens factus sum? Et lo- cutus sum in corde meo, quoniam hoc quoque vanitas. Non enim erit memoria sapientis cum stulto in æter- num, eo quod ecce diebus qui supervenient, universa oblivio cooperict ; et quomodo morielur sapiens cum siulto?» Eccl. n, 16. Dixi ; Sapiens et stultus, justus et impius, æquali sorte morientur, omnia in hoc sæcuto mala eventu simili sustinebunt ; quid ergo mihi pro- dest, quod secutus sum sapientiam, et plus cætcris la- boravi ? Rursum cogitans et diligenter mecum mente pertractans, sententiam meam vanamesse deprehendi. SAINT JÉROME. 20 sagesse et d’avoir travaillé plus que les autres? Ensuite, j’ai soigneusement discuté cette pensée en mon esprit, et je T ai reconnue vaine. En effet, le sage et l’insensé n’auront pas le même sort en l’autre vie, quand viendra la consommation des choses; qu’importe qu’ils aient subi l’un et l’autre le trépas, puisque l’un ira dans le lieu de rafraîchissement et l’autre dans la damnation. Les Septante ont rendu plus clairement le sens de ce passage, d’après l’hébreu, quoiqu’ils n’aient pas suivi l’ordre des mots : « De quoi me sert d’être devenu sage? Alors j’ai beaucoup rai¬ sonné en mon cœur, car l’insensé raisonne d’a¬ bondance ; mais tout cela n’est que vanité , puisque la mémoire du sage n’est pas la même que celle de l’insensé dans l’éternité, » et le reste. Il est convaincu que sa première opinion est in¬ sensée, il confesse qu’il a raisonné comme un insensé, et qu’il était dans l’erreur quand il avait cette croyance. « Et j’ai haï la vie, parce que toute œuvre qui a été faite sous le soleil a été mauvaise sur moi, et parce que tout est vanité et vent pour nourri¬ ture. » EccL, n, 17. Puisque le monde est en butte au malin et que l’Apôtre frappe cette tente de ce gémissement: « Malheureux homme que je suis! qui me délivrera de ce corps de mort? » Rom . vu, 24, c’est à bon droit que l’Ecclésiaste prend en aversion tout ce qui a été fait sous le soleil. En comparaison du paradis et de la béa- Non enirn similiter sapiens et insipiens habebunt in future memoriam, quando consummatio veniet uni- versitatis ; et nequaquam pari exitu tenebuntur, quia hic ad refrigeria, ille perget ad pœnam. Apertius in hoc loco sensum Hebraicum SepLuaginta interprètes transtulerunt, lieet verborura ordinem non siut secuti : « Et ut quid sapiens factus sum ego ? Tune abundanter locutus sum in corde meo, quoniam insipiens ex abun- dantia loquitur: quoniam hocquoque vanitas, quia non est memoria sopieutis cum stulto in œternum, » et cætera. Quod videlicet priorem opiniationem suam stultam esse convincens, insipienter se locutum esse testatus sit, et errasse, quia ante sic senserit. « Et odivi vitqm, quia malum super me opus quod netura estsubsole, quiaomnia vanitas et pastio venti.» geel. n, 17. Si mundus in maligno positus est, et in tabernaculo isto Apostolus ingemiscit dicens : « Miser ego bomo, qnis meliberabit decorpore mortisihujus?» Rom. vu, 25, recte odio babel omne quod sub soie fac¬ tum est. Ad comparationem quippe paradis! et illius vitæ beatitudinem, in qua spiritualibus pomis et vir- tutnm deliciis fruebamur, iiunc quasi in ergastuio et ti tude de cette vie, où nous étions nourris do fruits spirituels et des délices des vertus, nous sommes maintenant comme enchaînés au fond d’un étroit cachot, en cette vallée de larmes, où nous mangeons notre pain à la sueur de notre visage. « J’ai regardé avec horreur toutes les peines que j’avais prises en ce monde, puisque je dois laisser après moi un héritier, sans que je sache s’il sera sage ou insensé; et il deviendra maître de tous mes biens si péniblement acquis et qui m’ont fait sage sous le soleil. Est-il rien de si vain? » EccL y n, 18, 19. J1 revient aux richesses et aux biens terrestres pour se souvenir que la mort nous surprend, comme parle l’Evangile, sans que nous sachions ce que sera notre héri¬ tier; sera-t-il insensé, sera-t-il sage, celui qui doit jouir du fruit de nos travaux? Qu’arriva-t-il à Salomon lui-même? Son fils Roboam fut loin de lui ressembler. De là, nous comprenons qu’un fils, s’il est insensé, n’est pas digne de l’héritage paternel. Dans un sens plus élevé, l’Ecclésiaste me semble parler du travail spirituel de l’homme sage, pâlissant nuit et jour sur les Ecritures, composant des livres pour laisser sa mémoire à la postérité, et ces livres tombent ensuite dans les mains d’insensés, qui souvent, à cause de la perversité de leur cœur, y puisent des semences d’hérésie et calomnient les travaux des autres. En effet, si l’Ecclésiaste avait voulu parler ici de carcere sumus et valle Iacrymarum, in sudore vultus nostri comedentcs panem. « Et odivi ego omnem laborem memn, quem ego laboro sub sole, quia dimitto ilium bomini, qui futu- rus est post me. Et quis scit utrum sapiens sit, au stultus ? et dominabitur in omni labore meo, quo la- boravi, et in quo sapiens factus sum sub sole ; sed et hoc vanitas. » EccL n, 19. Videtur quidem de divitiis etopibus retractare, quod secundum Evangelium re- pentina morte subtracti, quali moriamur hærede, nes- ciamus ; utrum stultus an sapiens sit, qui nostro est labore fruiturus. Quod Salomoni quoque accidit ; non euim 8imilem sui babuit filium Roboam. Ex quo intelli- giraus, ne filium quidem patris hæreditate'dignum esse, si stultus sit. Sed raihi altius contemplanti, de labore videtur dicere spirituali, quod diebus ac noctibus vir sapiens in Scripturis laboret, et componat libros, ut meraoriam sui posteris derelinquat, et niliilominus in manus stultorum veniant, qui fréquenter secundum perversitatem cordissui, semina inde hsereseon capiant et alienos labores calumnientur. Si enim de corpora- libus divitiis mine EcclesiasUe sermo est, quid necesse 2 i COMMENTAIRE DE L'ECCLÉSIASTE richesses matérielles, qu’aurait-il eu besoin de dire de son labeur et de ses biens : « Il deviendra lé maître de toutes mes œuvres si péniblement accomplies et qui m’ont fait sage sous le soleil?» Quelle sagesse y a-t-il à, ramasser de terrestres richesses? « Ainsi j’ai détourné mon cœur, et j’ai renoncé à tout ce travail qui m’avait occupé sous le soleil, parce que l’homme s’épuise dans la sagesse, et dans la science, et dans la puissance, pour lais¬ ser sa part à un homme qui vivra dans l’oisiveté. Ceci encore est une vanité et un grand mal. Que revient-il à l’homme de tout son travail, et de l’affliction d’esprit avec laquelle il s’est tourmenté durant sa vie? Tous ses jours sont pleins de dou¬ leur, de colère, de soucis, et son âme n’a point de repos, même pendant la nuit. N’est-ce point là une vanité? » Eccl. n, 20, 21. Il parlait tout à l’heure de l’incertitude où l’on est sur son héri¬ tier : sera-t-il insensé ou sage celui qui doit jouir des travaux d’autrui? on l’ignore. Il s’agit en¬ core de l’héritier, mais avec cette nuance dans le sens qu’alors même que nous laissons les biens, fruit de nos travaux, à un fils, à un parent, à un ami connu, nous ne sortons pas néanmoins de ce cercle sans issue : Le travail de celui qui est mort profite à celui qui survit, l’un a semé dans la sueur et l’autre recueille les délices. Que oha- fuit de labore et opibus dicere : « Et dominabitur in omni labore meo, iu quo laboravi, et in quo sapiens factus sum sub sole? » Qnæ enim sapientia est, terre- nas divitiascongregare ? « Et conversus sum ego, ut renuntiarem cordi meo in omni labore meo, quo laboravi sub sole, quia .est homo, cui labor ejus est in sapientia, etscientia, et vir- tute, et homini qui non laboravit, illi dabit parlem suam. Et quidem hoc vanitas et nequitia multa. Quid enim fit homini in omni labore suo, et iu volnntate cordis sui, qua ipse laborat sub sole ?Quia omnes dies ejus dolorum et iracundiæ curarumque, et quidem in nocte non dormitcor ejus ; sed et hoc vanitas. » Eccl. 11,20,21. Supra deincerto loquitur hærede, quia utruin stultus, an sapiens laboruni alterius futurus sit domi- nus, ignoretur. Nunceadem quidem repetit, sed in illo diversus est sensus, quod etiam si fllio, si propinquo, si noto alicui substantiam laboresqne dimittat, nihil- ominns lamen in eumdem circulum res recurrat, ut alter labore alterius perfruatur, et (a) sudor morlui, eu n se considère ; il verra quel travail lui coûtent ses œuvres, combien de fois « il a tourné et re¬ tourné le stylet pour rendre ses écrits dignes d’être lus, » Horat. Sat. lib. I, 10, et comment il laisse sa part à un homme qui vivra dans l’oisi¬ veté. Je l’ai déjà dit, il n’est pas question de biens terrestres avec lesquels n’ont aucun rapport la sagesse, et la science, et la vertu, qui ont été l’objet de ses travaux, il le déclare lui- même; le propre de la sagesse, de la science et de la vertu est de fouler aux pieds les choses d’ici-bas. « Il n’y a d’autre bien pour l’homme que man¬ ger et boire, et montrer à son âme la jouissance du fruit de ses travaux. Je l’ai reconnu, cela même est un présent de la main de Dieu. Qui mangera et qui économisera sans lui? il donne à celui qui lui est agréable la sagesse, la science et la joie ; et au pécheur, l’inquiétude pour accroître et ramasser du bien, qui est laissé à qui il plaît à Dieu. C’est encore là vanité et présomption d’esprit. » Eccl. n, 22-26. Tout bien considéré, puisqu’il me parait souverainement injuste qu’un étranger jouisse du travail d’autrui, je regarde comme équitable par-dessus tout et comme un présent de Dieu que chacun jouisse du fruit de ses labeurs, buvant et mangeant, et suivantl’oc- casion, économisant sur les biens amassés. C’est Dieu sans doute qui inspire à l’homme juste la deliciæ sint viventis. Se unusqnisque cousideret, et vi- debit, quanto libros labore componat, quomodo Sœpe stylmn verlat\ ilerum quæ digna legi sint, Scripturus; Ex Horal. Sat . L i, Sa t. 10. ' et homini qui non laboravit, det partem suam. Quid enim, ut ante jam dixi, ad opes terræ pertinent sapien¬ tia etscientia et virtus, in quibus se laborasse lestatus est, cuin sapientiæ, scientiæ atque virtutis sit, calcaro terrena? « Non est bonurn homini, nisi quod comedat, et bi- bat, et ostendat animæ suæ bonum in labore suo. Et quidem hoc vidi ego, quiaîde manu Del est. Quis enim comedet, etquis parcet sine illo? quia homini bono eoram se dédit sapieutiam, et scientiam, et lætitiam, et peccanti (al. pcccalori) dédit sollicitudinem, utaugeat et congreget quæ dantur bono ante faciem Dei. Sed et hoc vanitas, et præsumptio spiritus.» Eccl. n, 22-26. Postquam universa tractavi, et nihil injustius esse perspexi, quam alterius labore alterumfrui, tune mihi (a) « Et sudor inortui. » Si vanitas est, et nequiLia multa, quod alter labore alterius perfnmtnr, et sudor mortui deliciæ sint viventis, qnan- tain nequitiam putas sudores Bernardi viventis honorem esse Nicolai nosriontis , out labores Joaunis divitias et gloriam parère sœvienli operum rnagistro? Hane vanilatera sub sole qui 6ustineut, molestissiraam et neqnissimam prommlinnt cura Snlomone et Ecclesiaste nostro. Martun. SAINT JÉROME. 22 pensée cle consommer lui-même le fruit de ses soins et de ses veilles, tandis qu'au contraire, par un effet de son courroux, le pécheur amasse nuit et jour des biens, dont il 11e se sert pas et qu’il laisse à ceux qui sont justes devant Dieu. Mais, ajoute l’Ecclésiaste, quand mes réflexions à ce su¬ jet m’ont conduit à constater que tout finit par la mort, j'ai reconnu la vanité de mon opinion. Cette interprétation selon la lettre montre que nous ne voulons point paraître négliger le sens simple et, pendant que nous recherchons les ri¬ chesses spirituelles, mépriser la pauvreté de l'his¬ toire. Mais quel bien y a-t-il, ou quel don de Dieu, soit à s’extasier devant ses richesses, et à cueillir avant leur maturité des voluptés passa¬ gères, soit à changer en délices pour soi le tra¬ vail des autres et à penser que les misères et les travaux d’autrui, dont on jouit, sont un présent de Dieu? Le vrai bien, c’est prendre la véritable nourriture et la véritable boisson que les Livres divins nous montrent dans la chah1 et le sang de l’Agneau. En effet, qui peut manger ou, quand il en est besoin, économiser sans Dieu, qui en¬ joint de ne pas donner ce qui est saint aux chiens, Malth. vu, 6, et enseigne que la nourri- visum est hoc iu rébus esse justissimnm, et quasi Dei donum, ut suo quis labore frueretur, bibens et come- dens et pro temporo pareens opibus eongregatis. Si- quidem munus Dei est, talem viro justo dari mentem, utea quæ curis vigiliisque quæsivit, ipse consumât. Sicut e contrario, iræ Dei est iupeccatorem, ut diebus acnocLibus opes cougreget, nequaquam eis utens, his relinquat qui in conspectu Dei justi sunt. Sed et hoc, inquit, diligenter inspiciens et videns omnia morte finiri, vanissimnm judicavi, Dæc intérim secundum litteram, ne videamur penitus simplicem præteriro sensu m, et dum spirituales divi Lias sequimur, historiée contemnere paupertatem. Quid enim boni est, aut quale Dei munus, vel suis opibus inhiare, et quasi fu- gicntem præcerpore voluptatem, vel alienum laborem iu proprias delicias vertere ; et hoeputare donum esse Dei, si alienis miseriis et laboribus perfruamur ? Bo- num est itaque veros cibosetveram sumere potionem, quos de agui Carne et Sanguine in diviuis Volumini- bus invenimus. Quis enim velcomedere. vel cum opus est. parcere potest absque Deo ? qui prœcepit san- ctum canibus non esse mittendum, Matth. vu, 6, et docet, quomodo in tempore conservis sint danda ture doit être distribuée dans la maison au temps marqué, Ibid, xxiv, 4b, et qu’il ne faut pas man¬ ger au delà de sa faim du miel que l’on trouve? Prov. xxv, 16. C’est justice que Dieu donne à l’homme bon la sagesse, la science et la joie, ces dons dont nul n’est digne avant d’avoir fait le bien et châtié volontairement soi-même ses mœurs, selon ce qui est dit en un autre endroit : « Semez pour vous dans la justice, vendangez dans le fruit de vie, allumez pour vous la lu¬ mière de la science. » Ose. x, 12. Ce n’est qu’après qu’on a semé la justice et cueilli le fruit de vie, que la lumière de la science peut apparaître. Comme Dieu a donné à l’homme qui lui plaît la sagesse et le reste, ainsi, abandonnant le pécheur à ses fantaisies, il le laisse amasser de fausses ri¬ chesses et réunir son oi’eilier de dogmes pervers. Le saint, l’homme de Dieu qui voit ces dogmes, reconnaît qu’ils sont vains et composés de pré¬ somption d’esprit. Il n’y a pas lieu de s’étonner qu’il s'écrie : « Dieu a donné au pécheur la sol¬ licitude, » et le reste. Il faut interpréter ces pa¬ roles dans un sens que j’ai souvent indiqué : C’est parce que l’homme est pécheur que Dieu lui a donné la sollicitude et l’affliction , et la cibaria; Matlh. xxiv, 4b; et juxta aliiim sensum, inven- tum mel tantum comedere, quantum sufficit? Prov. xxv, 16. Pulchre autem homini bono Dens dat sapientiam, et scientiam, et lætitiam ; nisi enim bonus fuerit, et mores snos proprio arbilrio (a) ante correxe- rit, sapientiam, et scientiam, et lætitiam non mereLnr secundum illud quod alibi dicitur : « Semiuate vobis in juslitia, vindemiato in fructu vilæ, illuminate vobis lumen scientiæ. » Ose. x, 12, juxta LXX. Seiuinauda quippe ante justitia, et vitæ frnetus est demetendns, et postea scientiæ lumen poterit apparere. Ut ergo bono coram se dédit Deus sapientiam, et cætera; sic pecca- torem suo arbitrio derelinquens, fecit congregare di- vitias, et bine et inde perversorum dogmatum con- suere cervicalia. Quæ cum vir sanctus et placens Deo viderit, intelligit (al. inteliiget ), quia vana sunt, et spirituspræsumptionecomposUa. Neçmirandum, quod dixerit : « Peccatori dédit sollicitudinem, » et cætera. Ad ilium enim sensum de quo sæpe tractavi, hoc refe¬ rendum est : Propterea datam (al. dat) ci esse sollicitu¬ dinem sive distentionem (al. afflictionem), quia pecca- tor fuerit, et non esse causarn distentionis (al. afflictio - nis) in Deo, sed in illo qui sponte sua ante peccaverit. (a) Præpositionern ante Vatic. codex ignorât, qua quidem expuucta, aut nihil, aut certo minus Polagiamim errorem hic locus redoleat, maxime si ad ea quio subseqmiutur auimum intendas. Alcuinus sententiam Italie ad Catholicæ doctt'iam sensum, qui posl Hieroitymum clarius defimius ubiqne terrarum est, ita ex ingenio teroperat : « Nisi enim bonus fuerit, et mores suos, Dei adjuvante gratin, proprio arbilrio ante cor- rexerlt, etc. — « Et mores suos proprio arbilrio. » Noimihil sapere videtur Pelagii errorem; sed ex couseqnentibus facile locum euiendabis. Mab’han. 23 COMMENTAIRE DE L’ECCLÉSIASTE. cause de cette affliction n’est pas en Dieu, mais dans celui qui a d’abord volontairement pé¬ ché. « Toutes les choses ont un temps, et il y a un temps pour chaque chose sous le ciel. » jE col. in, l. L’Ecclésiaste nous a précédemment montré l'état incertain et flottant de la condition hu¬ maine; il veut maintenant nous faire voir que tout en ce inonde est opposé à soi-mème et que rien n'est éternel parmi les choses qui existent sous le ciel et dans les limites du temps, puisque les substances spirituelles ne sont contenues ni dans le temps ni dans l'espace. « Il y a un temps pour naître et un temps pour mourir, un temps pour planter et un temps pour arracher ce qui a été planté. » Eccl. ru, 2, 3. Aucun doute que la naissance et la mort des hommes ne soient connues et fixées d’avance pour Dieu; engendrer, c'est planter, et mourir, c’est être arraché après avoir été planté. Seule¬ ment, puisque nous lisons dans Isaïe : « Par vo¬ tre crainte, Seigneur, nous avons conçu, engen¬ dré et mis au monde, » il faut ajouter que l’homme parfait meurt à la vie qui a sa nais¬ sance dans la crainte, quand il naît à l’amour de Dieu, parce que « l’amour parfait chasse la crainte. » I Joan. îv, 18. Les Hébreux appliquent à Israël tout ce qui est écrit sur l’opposition des temps, jusqu’à ces mots : « Il y a un temps pour la guerre et un temps pour la paix. » Il n’est pas « Omnibus tempus est, ettempus omnireisub coelo. » Eccl. iii, 1. Incertum et fluctuantem statum conditio- nis humanæ in superioribus docuit ; nunc vult illud ostendere, omniasibi in mundo esse contrario, etnihil stare perpetuum, eorum dumtaxat. quæ sub cœlo sunt et intra tempus, quia cæteræ substantiæ spirituales, nec cœlo, nec tempore continentur. « Tempus pariendi, ettempus moriendi.Tempusplan- tandi, et tempus evellendi .quod plantatum est. » EccL ui, 2. Nulli dubium quod et ortus et interitus bomi- m. un Deo notus sït et præünitus, et idipsum esse pa¬ rère, quod plantare ; mori, et quod plantatumest evel- lere. Sed quia in Isaia legimus : « A timoré tuo, Do¬ mine, concepimus, et porturivimus, et peperimus ; » hoc dicendum est, quod perfecto viro, partusjste, quide timoré natusestcum Deum amure coeperit, moritnr. a Perfeeta» quippe « dilectio foras mitC.it timorem. » f .Joan. iv, 18. Hobræi omne liée, quod de conlraric- tate temporum seriplum est, usque ad ilium lo- curn, in quo ait : « Tempus belli, et, tempus pa- cis, » super Israël intelligunt. Et rjuiu non riecesso est per singulos versus pouerc, quid interprcl.eutur et nécessaire de rapporter leur interprétation et leur sentiment sur chaque verset; voici leur opi¬ nion dans un court ensemble; je laisse à la perspicacité du lecteur le soin de le développer. Il y a eu le temps de ht naissance et de rétablis¬ sement des Israélites, » et le temps de leur mort et de leur conduite en captivité; le temps qu’ils furent massacrés en Egypte, et le temps où ils en furent délivrés; le temps de la destruction du temple sous Nabuchodonosor, et le temps de sa réédification sous Darius; le temps de pleurer la ruine de la ville, et le temps de rire et de se ré¬ jouir sous Zorobabel, Esc! ras et Néhémie; le temps de la dispersion d’Israël, et le temps de sa réu¬ nion; le temps de ceindre le peuple juif de son Dieu comme d’une ceinture et d’un baudrier, et le temps de les conduire àDabylone en captivité, où la ceinture se dessèche au delà de l’Euplirate (lisez la ceinture dans Jérémie, xm); le temps de les chercher et de les sauver, et le temps de les perdre et de les rejeter; le temps où sc sont tu les Prophètes, pendant la captivité sous les Ro¬ mains, et le temps où ils ont parlé, alors que même sur la terre étrangère Israël ne manquait ni de la consolation ni de la parole de Dieu; le temps de l'amour dont Dieu les entoura dans leurs ancêtres, et le temps de la réprobation, de¬ puis qu'ils ont porté les mains sur Jésus-Christ; le temps de la lutte tant qu’ils ne font pas péni¬ tence de leur crime, et le temps de la paix dans sentiant, perstringam breviter(al levlter), latiorem su¬ per hoc dissertionem lectoris ingenio derelinquens. Tempus fuit generandi et plantandi Israelem, tem- pus moriendi et ducendi in captivitatem. Tempus oeci- dendi eos in Ægypto et tempus de Ægypto liberandi. Tempus destruendi templi sub Nabuchodonosor, et tempus ædifleandi sub Dario. Tempus plagendi ever- sionem urbis, et tempus ridendi alque sallandi sub Zorobabel, Esdra et Ncemia. Tempus dispergendi Is¬ raël, et tempus in unura congregandi. Tempus quasi cingulum etbaltheunicircumdari Deo populum Judœo- rum, et tempus ducendi eos in Bobyloniam captivita- teni, et ibi computrescore trans Eupliraten. Lege rapî- [Lumbare) Jeremiæ. Jerem. xin, 1 seqq. Tempus quærendï illos et servandi, et tempus perdendi ettern- pus projiciendi. Tempus scindendi Israël, et tempus iterum consuendi. Tempus tacendi Proplietas, nunc in capüvitate Romana , et tempus loquendi cos, tune quando etiam in hostili terra Dei consolatione et alloquio non carebant. Tempus düectionis , qua eos, sub patribus ante dilexit, et tempus odii, quia in Ctiristum intulcrunt manus. Tempus præ- SAINT JÉROME. 24 l’autre vie, quand avec l’entrée cle toutes les na¬ tions tout Israël sera sauvé. « Le temps de tuer et le temps de guérir. » EccL, ni, 3. Le temps de tuer et celui de guérir sont aux mains de celui qui a dit: « C’est moi qui tue et c’est moi qui vivifie. » Bout, xxxu, 19. Il guérit en provoquant à la pénitence. Il tue, dans le sens de ces paroles : a Le matin je met¬ tais â mort tous les pécheurs de la terre. » Psalm . c, 8. « Le temps de détruire, et le temps d’édifier. » EccL ni, 4. Nous ne pouvons édifier le bien qu’a- près avoir détruit le mal. C’est ainsi que Dieu donna la parole à Jérémie pour arracher, pour détruire et pour perdre d’abord, et ensuite pour édifier et pour planter. Jerem. i, 10. <( Le temps de pleurer et le temps de rire. » EccL ni, 5. Ici-bas les larmes, et la joie au ciel ; « Bienheureux » en effet « ceux qui pleurent maintenant, car ils se réjouiront. » Lite, vi, 21. « Le temps des lamentations et le temps de la danse. » EccL ni, 6. Aussi le Seigneur, dans l’Evangile, fait-il ce reproche aux hommes de cette génération : « Nous avons fait entendre des lamentations et vous n’avez point pleuré; nous avons joué de la flûte, et vous n’avez point dansé. » Luc . vu, 32. Nous devons nous lamenter en ce monde, afin de pouvoir dans l’autre pren- lii, modo non agentibus eis pcenitentiam, et tempus pacis in futuro, quando intrante plenitudine gentium, omnis Israël salvus erit. « Tempus occidendi, et tempus sanandi.» EccL ni, 3. Et occidendi tempus est et sanandi, qui ait : « Ego occidam, et ego vivificabo. » Dent, xxxu, 19. Sanut ad pcenitentiam provocans. Occidit, juxta iljuru sensum : « In matutino interficiebam ornnes peccatores terræ. » Psal. c, 8. « Tempus destruendi, et tempus ædificandi. » EccL ni, 4. Non possumus ædificare bona, nisi prias destru- xerimus mala. Idcirco sic Jeremiæ verbum aDco datum est, ut ante eradiceret etperderet, etposten ædificaret atque plantaret. Jerem. i. « Tempus flendi, et tempus ridendi. » EccL ni, 5 Nuncflendi tempus est, et in futuro ridendi : « Beati enim fientes, quoniam ipsi ridebunt. » Luc. vi, 21. « Tempus plangendi, et tempus saltandi, » EccL ni, Idcirco corripiuntur in Evangelio, quibus Dominus ait : « Lamentavimus vobis, et non planxistis; cantavimus, et non saltastis. » Luc, vu, 32. Plangendura est inpræ- dre part à, cette danse, que David exécuta de¬ vant l’arche d’alliance ; il déplut à la fille de Saul, mais il n’en fut que plus agréable à Dieu. II Rcg, vr. « Le temps de disperser les pierres, et le temps de les rassembler.)) EccL ni, 7. Je m’étonne qu’un homme disert ait émis sur ce passage une opinion ridicule : Il s’agit, dit-il, delà destruction et de la construction des maisons de Salomon, en ce sens que ses ouvriers tantôt détruisaient et tantôt édifiaient, les uns rassemblant des pierres pour bâtir les édifices, les autres détruisant des murs déjà bâtis, selon la parole d’Horace: « Il détruit, il rebâtit, changeant en carré ce qui est rond, il flotte incertain, et change cent fois le plan de sa vie. » Epist. lib. n, I. Le lecteur dé¬ cidera si cette opinion est juste ou ne l’est pas. Pour nous, suivons l’ordre que nous avons d’a¬ bord adopté pour nos interprétations. Le temps de disperser et celui de rassembler les pierres doivent être entendus d’après ces paroles de l’Evangile : « Dieu peut susciter de ces pierres mêmes des enfants d’ Abraham. » Matth . m, 9. Cela veut dire qu’il y a eu un temps pour la dis¬ persion des Gentils et un temps pour leur réin¬ tégration dans l’Eglise. J'ai lu dans un livre, conforme toutefois à l'interprétation des Septante, qui ont dit : « Le temps de lancer les pierres et sentiarum, ut postea saltare valeamus ilia saltatione. qua David saltavit ante arcam Testament!, et Saulis filiæ displicens, magis plaçait Deo. II Reg. vi. « Tempus spargendi lapides, et tempus colligendi lapides, v> EccL ni, 7. Miror, quomodo vir disertus (a) rem ridiculam iu hoc loco dixerit : De dcstructione, inquiens, et ædiücatione, domorum Salomouis sermo est, quod hommes nunc destruant, nunc ædiBcent ; alii congregent lapides ad ædificia construenda, alii quee exstructa sunt, destruant, secundum illud Hora- tianum : Epist. lib. n, ep. 1 : Diruit, œdifieat, mutât quadrata rolnndis. Æslnat, et vitœ disconvenit ordine loto. Hoc utrum recte, an perporam dixerit, lectoris arbitrio derelinquo. Nos prioris explanationis sequamur ordi- nera : Tempos spargendorum et congregandorum lapi- dum esse dicentes, juxta illud quod in Evangelio scrip- tum est : « Potens est Deus de lapidibus istis suscitare filios Abrahæ. » Matth. m, 9. Quod tempus fuerit gen- tilis populi dispergendi, et tempus rursum inEcclesiam congregandi. Legi iu quodam libro juxta Septuaginta (a) « Miror quomodo vir disertus, etc. » Quis hoc dixerit, scire non potui ; quamvis plurima veterum Scriplormn voluinina in Imac Gnorn perlegore curnrim. Monco autem leclorom, Hieronymi Commentarium in Uunc Ecclosiastfc locum, fuuditus esse dépiavatum et subversum iu Glossa ordinarift. Martian, 25 COMMENTAIRE DE L’ECCLÉSIASTE. le temps de les rassembler, » que la grâce de l’Evangile avait tempéré la sévérité de l’ancienne Loi. La Loi, rigide, inflexible, impitoyable, frappe de mort le pécheur, la grâce évangélique est miséricordieuse et le provoque à la pénitence. 11 faut donc entendre par le temps de lancer les pierres ou de les rassembler, que la Loi disperse les pierres tandis que l’Evangile les rassemble. Ce qu’il y a de vrai on de faux dans cette opi¬ nion doit être imputé à son auteur. « Le temps d’embrasser et le temps de s’éloi¬ gner de tout embrassement. » Eccl. in, 8. Selon la lettre, le sens est manifeste, et l’ Apôtre y abonde en disant : « Ne vous refusez point l’un à l’autre, si ce n’est du consentement de l’un et de l’autre pour un temps, afin de vaquer à la prière;» I Corinth. vu, 5 ; il y a un temps pour la procréation et un temps pour la continence. Ou bien, c’était le temps des embrassements, lorsque florissait cette maxime : « Croissez et multipliez, et couvrez la terre, » Genes. i, 28, et ce fut le temps de s’en éloigner, quand elle fut remplacée par celle-ci : «Le temps estcourt; ainsi il faut même que ceux qui ont des femmes soient comme s’ils n’en avaient point. »I Corinth.v n, 29. A un point de vue plus élevé, c'est la sagesse qui embrasse ceux qui l’aiment : « Honorez la sagesse,» dit le Sage, «et elle vous embrassera,» tamen interprètes, qui dixeruut : « Tempus mittendi lapides, et tempus colligeadi, » severitatem Legis an- tiquæ Evangelii gratia temperatani. Lexquippe rigida, inbenigna, non parcens, peccantem interficit; Evange¬ lii gratia miseretur, et ad pœnitentiam provocat. Et hoc esse tempus mittendorum lapidum, sive congre- gandorum, quod lapides roittantur in Lege, colligantur in Evangelio. Hoc utrum vere neene dictum sit, sno imputetur auctori. «Tempus amplexandi, et tempus longe fieri ab ample- xu. » Eccl. iu,8. Juxta simplicem intelligentiam ruanifes- tus est sensus, Apostolo in eadem verba congruente ; «Nolite fraudare ad inviceru, nisi forte ex consensu ad tempus, ut vacetis orationr, Cor.\u , 5, liberis dandam operam, et rursum continentiæ. Vel quod tempus fue- rit amplexandi, quando vigebat ilia sententia : « Cres- cite, et multiplicamini, et replete terram ; » Gen. î, 28 ; et tempus procul a complexu fieri, quando successit : « Tempus in angusto est. Superest, ut et qui habent uxores, sic sint quasi non babeant. » I Cor. vu, 29. Si autem voluerimus ad altiora eonscendere, videbimus snpientiam amplexari amatores suos : « Honora, » quippe ait, « eam, et amplexabitur te, » Proo. rv, 8, îd- Lraque ulnas suas et grcmium strictïori tenebit com- Prov.v i, 8, elle vous pressera étroitement dans ses bras et sur son sein. Or, l’esprit de l’homme, qui ne peut pas toujours être tendu vers les su¬ blimes pensées et la méditation des choses divi¬ nes, et contempler sans cesse les merveilles du ciel, ale devoir de s’occuper desbesoinsdu corps; il y a donc un temps pour embrasser la sagesse, pour la presser étroitement sur son cœur, et un temps pour arracher notre âme â la vue et aux saintes caresses de la sagesse, afin do nous pré¬ occuper du corps et de la satisfaction de ses be¬ soins en dehors du péché. « Le temps d’acquérir et le temps de perdre. Le temps de garder et le temps de disperser. » Eccl. ni, 9. En termes différents, le sens est le même que celui de ces mots : « Le temps de détruire et le temps d’édifier, » et de ceux qui sont plus loin : « Le temps de déchirer et le temps de coudre eusemble. » Gomme la Synagogue est détruite afin que l’Eglise soit édifiée, et comme la Loi est déchirée afm que les Evangiles soient cousus ensemble par la main des Evangélistes, qui ont réuni d’après la Loi et les Prophètes les témoignages de la venue de notre Seigneur ; ainsi il fut un temps de chercher et de garder Israël, et un temps de le perdre et de disperser, ou assurément un temps de chercher le peuple de Dieu chez les Gentils, et un temps de perdre le plexu. Porro, quia non potest humanus auimus sem- per in sublime tendi , et de divinis .et altioribus cogitare, nee jugiter esse in contemplaüone rerum cœlestium, sed interdum necessitatibus corporis induL gere; propterea tempus est amplexandi sapientiam, et ab iutuitu eam strictius continendi, et tempus relaxan- di mentem complexuque sapientiæ, ut curæ corporis, et bis quibus vita nostra absque peccato indigel, scr- viamus. «Tempus acqnirendfet tempus perdendi.Tempuscus- todiendi, et tempus projiciendi.)) l.ccl. ni, 9. Sub diversis sermonibus.idem mine, qui supra et infra.sensus estin oo quod ait: «Tempus destruendi, et tempus ædifican- di.» Ac deinde : «Tempus sciudcndi, et tempus consu- ruendi. » Quomodo enimSynagoga destruitur, ut ædi- ficetur Ecclesia, et a Lege lit scissio, ut Evangelia con- suantur, quod Evangeïistæ singuli perpetrarunt, de Lege et Propbetis adventus Dominici testimonia con- suentes; ita et tempus fuit quærendi et custodiendi Israël, tempus perdendi et projiciendi ilium. Yel certe tempus quærendi populum ex gentibus, et tempus per¬ dendi populum Judæorum. Tempus custodiendi cre- dentes ex nationibus, et tempus abjieieudi iueredulos ex Israël. SAINT JÉROME. 26 peuple juif, un temps de garder les fidèles des na¬ tions, et un temps de rejeter les incrédules d'Israël. « Le temps de se taire et le temps de parler. « Eccl. m, 10. Je pense que les Pythagoriciens, dont, la règle est de se taire pendant cinq ans et de né parler que lorsqu’ils sont instruits, ont pris de là l’origine de cette institution. À notre tour, apprenons à nous taire, afin de savoir ensuite parler comme il convient. Pratiquons le silence pendant un certain temps pour écouter la parole de notre précepteur. Que rien ne nous paraisse vrai hors de ce qu'il nous enseigne, et au sortir de ce long silence, à notre tour, de disciples nous deviendrons maîtres. Maintenant, à cause des vices du siècle qui va . chaque jour de mal en pis, nous enseignons dans les Eglises ce que nous ne savons pas nous-mêmes. Que si par les arti¬ fices de langage ou une impulsion du diable, artisan de l’erreur, nous soulevons les applau¬ dissements du peuple , nous nous imaginons, contrairement à notre conscience, savoir les choses au sujet desquelles nous avons persuadé les autres. On fait un apprentissage en toute in¬ dustrie; l’étude seule des Ecritures est-elle si facile et de si peu d’importance que nous n’y ayons pas besoin de maître ? « Le temps d’aimer, et le temps de haïr. » Eccl. m, H. Le temps d’aimer après Dieu, nos enfants, notre femme, nos prochés,et le temps de « Tempus tacendt, et tempus loquendi. » Eccl. ni, 10. Pythagoricos reor, quorum disciplina est tacere quinquenniuin, et postea eruditos loqui, hinc originem sui traxisse decreti. Discamus itaque et nos prius non loqui ut postea ad loquendum ora reseramus. Sileamus eerto tempore, et ad præccptoiïs eloquia pendeamus. Nihil nobis videatur rectum esse, nisi quod discimus, ut post multum silentium, e discipulis efficiamur ma- gistri. Nunc vero pro sæculorum quotidie in pejus. la- bentium vitio, docenius iu Ecclesiis quod nescimus. Et si eompositione verborum, vel instinctu diaboli, qui fautor errormn est, plausus populi excitaverimus, con¬ tra conscientiam nostram scire nos arbitramur, de quo aliis potuimus persuadere. (a) Oinnes artes absque doc- tore non discimus; sola hæc tam vilis et facilis est ut non indigeatprœceptore. « Tempus amandi, et tempus odiendi. » Eccl, m, 11. Tempus amandi post Deum, liberos, uxorcm, propin- quos, et tempus odiendi eos in martyrio, cum pro Christi confessione rigidos pïetas oppugnat inimica. les haïr dans le martyre et la confession de Jé¬ sus-Christ, lorsqu’ils sont en hostilité avec notre piété ; ou certainement le temps d’aimer la Loi et ce qu’elle avait prescrit, la circoncision, les sacrifices, le sabbat, les néoménies, et le temps de haïr ces pratiques après la venue de l’Evangile. On peut dire encore que, voyant Dieu maintenant dans un miroir et sous des images obscures, I Gorinlh. xm, 12, c’est le temps d’ai¬ mer les choses présentes, et que dans le temps qui doit venir, quand nous verrons Dieu face à face et que nous serons entrés dans une vie meilleure, nous haïrons, nous mépriserons ce que nous avions aimé. « Le temps de la guerre, et le temps de la paix. » Eccl. m, i%. Tant que nous sommes en ce monde, c’est le temps de la guerre, et le temps de la paix viendra quand nous en serons sortis. La paix est dans la demeure de Dieu, et notre cité de Jérusalem signifie pacifique. Psalm . lxxv, 3. Personne ici-bas ne doit se croire en sécurité ; il doit s’armer comme en un temps de guerre et se défendre avee^ses armes, afin de se reposer un jour dans la paix après la victoire. » Que revient-il à un homme de tout son travail? J’ai vnl’occupation que Dieua donnée aux enfants des hommes pour y passer leur vie. 11 a fait toute chose bonne en son temps, et il a donné la vie à l’homme sans qu’il soitpossible à celui-ci de Vel certe tempus amandi Legem et ea quæ a Lege fue- rant imperata, circumcisionem, hostias, sabbatum, neomenias, et tempus odiendi ea, Evangelii gratia suc- cedente. Necnon et hoc dici potest, quoniam nunc.per spéculum videmus in ænigmate, I Cor . xm, 12, tem¬ pus esse præsentia diligendi, et in futurum tempus ad- veniet, quando cernentes facie ad faciem, et in melius proficientes, incipiemus odisse, et despicere quod ama- vimus. « Tempus belli, et tempuspacis. » Eccl. m, 12. Quacu- diu in præsenti sæculo sumus, tempus est belli ; cum autem migraverimus de hoc sæculo, pacis tempus ad- veniet. In puce enim locutus est Dei, et civitas nostra Jérusalem, de puce sortita est vocabulum. P$. lxxv, 3. Nemo ergo se nunc putet esse securum : in tempore belli occingendum est, et arma tractanda, ut viclores quondam requiescamus in pace. « Quæabundantia est facienti, inquibus ipse laborat? Vidi occupationem, quam dédit Deus filiis hominum, ut occupentur in ea. Uni versa fecit bona in tempore (a) Recole cpistolam 33, ad Paatmam, a mim. 6 ud 8. — h Omncs artes absqtie doclnro. » Idem eonqneiilur in ïïpistola ad Panliumn, de studio divinanun Scripturarum ; eu jus îaithiui est: F rater A mbrosiuSf eto. 27 COMMENTAIRE DE L’KCCLESIÀSTK. découvrir les raisons des œuvres que Dieu a faites depuis l’origine jusqu’à la fin.» Eccl.m, 13. Sur ce passage, je le sais, des commentateurs ont dit que Dieu a permis ici-bas les entreprises des fauteurs de dogmes pervers, afin que l’esprit de l'homme ne s’engourdît pas dans l’oisiveté, que c’est là un don de Dieu bon en son temps, et que néanmoins il est impossible aux défenseurs de la vérité de découvrir les raisonsdes œuvres deDieu. Voici comment le maître hébreu, qui m’a ensei¬ gné les Ecritures, expliquait ce passage. Puisque chaque chose a son temps, et qu’il y a un temps pour détruire et un autre pour bâtir, un temps pour les larmes et un autre pour la joie, un temps pour se taire et un autre pour parler, et tout ce qui a été dit à propos du temps, pour¬ quoi nos vains efforts vers un but trompeur, et pourquoi regarder connue éternels les travaux d’une vie passagère? Contentons-nous, comme dit l’Evangile, de la peine de chaque jour et ne nous inquiétons point pour le lendemain. Mallh. vi, 34. /Que pourrions-nous avoir par un travail plus grand, en ce monde, où la science n’est qu’une occupation pénible donnée aux hommes pour les exercer pendant leur vie? Tout ce que Dieu fait est bon, mais bon en son temps. Il est bon de veiller et bon de dormir; mais il n’est pas bon de toujours veiller ou de dormir toujours, parce que, d’après l’ordre établi suo et quidem sæculum dédit in corda eorum, ut non inveniat hoino opus quod fecitDeus ab initio usque in finera. » Eccl. ni, 13. Non me fugit quid a plcrisque in hoc loco dictum sit, quod propterea Deus in præ- senti sæculo etinm perversorum dogmatum magistris concesserit occupationem, ne mens liouiinis otiosa tor- pesccret, et hoc esse bonum, quod fecit Deus in tenu pore suo, etnihilominus nequire eos naturam etrerum scientiam compreheudere. Mihi vero ab Hebræo, qui me in Scripturis erudivit, ita expositum est : Cum omnia suo labantur tempore, et sit tempus destruendi et ædi- ficandi, ttendi atque ridendi, tacendi atque loqueudi, et caetera quæ dicta de tempore sunt, quid frustra co- naraur et teudimus, et brevis vitæ laborcs putanms esse perpetuos? Ncc eontenti sumns, secundum Evan¬ gelium, malilia diei, nihilque in crastinum cogitamus. Mallh. Quid enim possumus habere in hoc sæculo am- plius laborando, in quo id tantum hominibus a Deo datum est, ut alius alia sectando haberet, in quibu3 crudiri et exercere se posset ? Deus enim omne quod fecit, bonum est, sed bonum in tempore suo. Bonum est vigilare atque dormire ; nec tamen semper vigilare uut dormire bonum est, quia vicissim juxta dispositio- par Dieu, chacune de ces deux choses n’est bonne qu’a son moment. Dieu a donné auxhom- mes le monde pour demeure, afin qu’ils jouis¬ sent de la variété des saisons, sans chercher les raisons de ses œuvres, ni pourquoi, de l’origine du monde à la fin des temps, il fait croître ceci, maintient cela, et change cette autre chose. « J’ai reconnu qu’il n’y a pas d’autre bien que la joie et la pratique du bien dans la vie. Tout homme qui mange et qui boit, et qui pratique le bien dans toutes ses œuvres, agit selon les vues de Dieu. » Eccl. ni, 14. L’homme n’est qu’un colon, un hôte en ce monde; il doit jouir du court espace de sa vie, rejetant toute espérance de la prolonger, regarder tout ce qu’il possède en homme qui doit bientôt le quitter pour d’au¬ tres trésors, et pratiquer le bien selon ses forces; il ne doit pas inutilement sc tourmenter pour l’acquisition de richesses éphémères. 11 ne lui est pas permis, qu’il le sache bien, de retirer d’autre gain de son travail que ce qui est nécessaire à la vie, et s’il peut consacrer quelque superflu à de bonnes œuvres, c’est en cela seulement que Dieu lui fait un avantage. Le superflu ne doit pas nous provoquer aux délices et à la perdition, comme les animaux, selon cette parole d’Isaïe : « Mangeons et buvons, puisque nous mourrons demain;» Isa. xxn, 31 ; employons-le à nourrir les pauvres et à soulager les indigents, « contents nem Dei bonum est tmumquodque, cum opus est. De- dit quoque Deus mondain ad inbabitaudum homini- bus, ut lïuantur varietatibus Lemporum, et non quæ- rantde causis rerum natimilium quomodo creata sint omnia ; quare hoc vel illud ab initio mundi usque ad eonsummationem fecerit crescere, manere, mutari. « Cognovi quia non est bonum, nisi lætari, etfacere boiimn in vita sua. Et quidem omnis homo qui corne- dit, et bibit, et ostendit bonum in ornni labore suo, ex dono Dei est. » Eccl. nr, 14. Propterea colouus et bospes mundi homo datas est, utbrevi vitæ suæ frua- tur tempore, et spe prolixioris ætoLis abscissa, cuncta quæ possidet, quasi ad alia profeclurus aspicïat, et quod (al. quantum) potest bene faciat in vita sua; nec frustra ob congregandas opes, cogitationibus torquea- tur. Neque se putet plus de suo labore lucrari posse, quam cibum et potum, et si quid de opibus suis in bo¬ nis operibus expenderit, hoc solam donum Dei est. Ex quibus, non, ut quidam æstimant, ad luxuriam et dc- licias, et ad desperationem, secundum illud Jsaiæ : « Mandncemus et bibamus, crasenim moriemur, » Isai. xxn, 31, instar animalium provocamur (al. provoce- mur) ; sed secundum AposLohim : « Habentes vïctnm SAINT JÉROME. 28 pour nous-mêmes,» selon la parole de r Apôtre, « d’avoir de quoi nous nourrir et de quoi nous couvrir. » Tim. vi, 8. Et puisque, selon le sens mystique, le corps de notre Seigneur est le véri¬ table aliment et son sang la vraie boisson, le seul bien pour nous en ce monde consiste ànous nour¬ rir de sa chair et à nous abreuver de son sang, non-seulement dans l’Eucharistie, mais aussi dans la lecture des Livres saints. La science des Ecritures est une véritable nourriture et une vraie boisson que nous retirons de la parole de Dieu. Qu’on ne croie pas que cette prophétie de Ba- laam : « Il n'y aura pas de travail en Jacob, ni de douleur en Israël, » Num. xxm, 23, soit con¬ traire à ce passage qui dit que cela même est un présent de Dieu que « l’homme mange et boive, et jouisse du fruit de ses travaux. » Les tribula¬ tions des justes sont nombreuses, et l’Apôtre s’en plaint, quand il dit qu’il a écrit dans un grand serrement de cœur et dans les larmes. Il Co - rinth n, 4. C’est lorsque le Seigneur nous aura délivré des misères de ce monde dans l'autre qu’il « n’y aura plus de travail en Jacob, ni de douleur en Israël. » Comme nous lisons : « Heu¬ reux ceux qui pleurent, parce qu’ils se réjouiront,» Luc. vr, 21, et comme le rire sera donné d’après les prophétiques paroles de Job : « La bouche des hommes de vérité sera remplie de joie;» Job. virr, 21 ; ainsi maintenant nous jouissons dans les bonnes œuvres du fruit des travaux qui eL vestitum, his conteuLi sumus, » I Tim • vi, 8, ut (al. et) quidquid supra liabere possumus, in pauperibus nutriendis et egentium largitione consumamus. Porro, quiacaro Doinini verus est cibus, et sanguis ejus ve- rus est potus, juxta àvayuy^v, hoc solum habemus in præsenti sæculo bonura, si vescamur carne ejus, et cruore poLemur, non solum in mysterio {Eucharwtia), sed etiam in Scripturarum lcctione. Verus enim cibus et potus, qui ex verbo Dei sumitur, scientia Scriptura- rum est. Nec putet aliquisiïlud iiBoloam prophetatum : « Non erit laborin Jacob, neque dolorin Israël, » Num. xxm, 23, buic contrarium esse, quod muneris Dei esse dicitur : « Si quis comedat et bibat, et ostendat bonum in omni labore suo. » Multee quippe tribulatio- nes justorum. Et de his Apostolus queritur, in labore et sudassese dicens. II Cor. n. Sed cum de hU nos in fuLuro Dominus liberaverit, « non erit labor in Jacob neque dolorin Israël.» Et quomodo ilkid legiraus: « Beati llentes, quoniam ipsi ridebunt, » Luc . vi, 21, et ris us noster Job proplietantis verba sectabitur : « Veraciuw os replebitur gaudio ; » Job. vm, 21 ; sic nunc labore nostro fruimur in bonis operibus, per quem coangus- tourmentent notre vie, afin d’habiter plus tard dans le repos. « J’ai reconnu que tout ce que Dieu a fait sera éternellement ce qu’il a fait, sans que l’homme y puisse ajouter, ou retrancher; et Dieu l’a fait, afin que les hommes craignent en sa présence.» Eccl. rir, 15. Il n’y a rien de nouveau sous le so¬ leil. Le cours du soleil, les révolutions de la lune et de la terre, la sécheresse ou la verdeur des arbres sont nés et ont été , créés avec le monde. Dieu a mis une règle certaine en toutes choses, il a voulu que les éléments servent à nos usages, afin qu’on voyant cet ordre les hommes recon¬ naissent une providence et craignent la présence de Dieu créateur qui leur est révélé par l’har¬ monie, la marche et l’ordre constant de l’univers. « Les perfections invisibles de Dieu, son éternelle puissance et sa divinité sont devenues visibles depuis la création. » Rom. i, 20. Si, après avoir épuisé le premier sens, nous considérons à part les mots : « Dieu a créé, afin que les hommes crai¬ gnent en sa présence, » ils signifient que Dieu a tout fait, afin cfue les hommes redoutent de se détourner de la voie qu’il a tracée. Et il est dit avec raison qu’ils doivent « trembler en sa pré¬ sence, » Psalni. xxxur, 17, car les yeux de Dieu sont attachés sur ceux qui font le mal. « Qu’est ce qui fut? ce qui est et ce qui sera, a été déjà. Dieu cherchera celui qui souffre la per¬ sécution. » Eccl. m, IG. Les choses du passé, celles tarnur et premimur, ut postea laborare cessemus. « Cognovi quia omnia quæ fecit Deus, ipsa erunt in eeternum, super ilia non potest addi, et ob illis non potest auferri; et Deus fecit, ut timeant a facie ejus. » Eccl. ni, 15. Nihil est in mundo quod novura sit. So- lis cursus, et lunæ vices, et terræ arborumque siccitas velviror, cum ipso mundo nata sunt atque concreta. Et idcirco Deus certa raLione cuncta moderatus est, et jussit humanis usibus elementa servire, ut hommes hæc videntes, intelligant esse providentiam (al. pru- dcïUiam), et timeaut a facie Dei, dum ex rerum æqua- litate, cursu, ordine atque constantia intelligunt crea- Lorem. « Invisibilia enim Dei per ea quee facta sunt in- tellecta conspiciuntur; sempiterua quoque virLus ejus et divinitas. » Rom. î, 20. Quod si voluerimus, priori sensu finito, quasi a capite legere : « Et Deus fecit, ut timeant a facie ejus, » hic sensus est : Deus omnia fecit, ut timeant homines ab eo, quod semel Deus dis¬ posât, in aliud declinare. Pulchre autem temperavit, in aliud dicens: « Ut timeant a facie ejus.» Ps. xxxui, 17. Vultus quippe Domini super fncientes mala. « Quid est quod fuit? ipsum quod est eL quæ futura COMMENTAIRE DE L'ECCLÉSIÀSTE. du présent et celles de l’avenir lui-même ont été, sont et seront semblables à ce que nous voyons. Le soleil qui se lève maintenant, est le même qui se levait avant que nous fussions au monde, et qui se lèvera quand nous serons morts. Ce que nous disons du soleil, nous le dirions de toute autre chose. Elles paraissent périr en raison de la loi commune de la mort, et elles ne péris¬ sent pas: elles se renouvellent et vivent de nou¬ veau. Rien ne périt éternellement, tout renaît et revit comme par une sorte d’ensemencement. C’est là ce qn’indiqnent ces mots : « Dieu cher¬ chera celui qui souffre la persécution, » et le ■ texte grec dit mieux : « Dieu cherchera r èv (5W/.ô- y.svov, c’est-à-dire, ce qui est passé, ce qui a été rejeté, ce qui a cessé d’être. Puisque cela est vrai de toutes les choses qui sont au monde, nul doute que l’homme également ne renaisse après sa mort. Que si l’on veut regarder comme une maxime particulière : «Dieu recherchera celui qui souffre la persécution, » on peut l’appliquer à la consolation de celui qui persévère dans le mar¬ tyre au milieu de la persécution des Gentils. Tous ceux qui veulent vivre avec piété en ce monde seront'persècutés, dit l’Apôtre, II Tim. ni, 12; mais qu’ils se consolent, parce que Dieu s'at¬ tachera à celui qui souffre la persécution, comme il recueille le sang de celui qui a été tué, qu’il est venu chercher ce qui a été perdu et qu’il a sunt, jam fuerunt ; et Deus quæret euin qui persecu- tionem patitur. » Eccl. ni, 16. Vel præterita, vel præ- sentia, vel futura ipsa et sunt, et erunt universa, quæ cernimus. Sol qui nunc oritur, et antequam essemus nos in mundo,fuit, etpostquam mortui fuerimus, ori- turus est. Solem autem nominavimus, ut ex hoc intel- ligamus etcætera esse eadem, quæ fuerunt. Quod si videantur per conditionem mortis perire, non pereunt, quia rnrsum rediviva succrescunt, et nihil in perpe- luurn interit, sed renascitur, et quasi cum quodam fe- nore reviviscit. Hoc est enim quod ait : « Et Deus quæret eum, qui persecutionem patitur ; » quod Græce inelius dicitur *où 6 0eô<; %'t\viyjti xôv Siwxdij.evov, id est, quod præteriit,.quod expulsum est, quod esse cessavit. Si autem istud de cunctis quæ in rnundo sunt, dicitur, de homme nulla dubitatio est, quin mortnus renascatur. Si cui autem placet quasi proprio legere principio : « Et Deus quæret eum, qui persecutionem patitur, » utatur hoc testimonio in persecutione gentilium, ad consolandum eura qui in martyrio persévérât. Et quia omnes juxta Apostolum, Il Tira, ni, 12, qui pie volnnt vivere in hoc sæculo, persecutionem patiuntur, ha- heant consolationem, quiaDeus quærit persecutionem 29 rapporté sur ses épaules à la maison la brebis égarée. Luc. xv, 6. « J’ai vu sous le soleil l’iniquité à la place de l’équité; et j’ai dit en moi-même : Dieu jugera le et juste l’injuste, et le temps, qui est ici-bas à toute volonté, sera venu d’apprécier toute œuvre. » Eccl. ni, 17. Le sens est manifeste, mais il est ca¬ ché sous le voile de l’interprétation. J’ai cherché, dit-il, la vérité et la justice en ce monde, et j’ai trouvé, dans les décisions des juges, la vénalité au lieu de la vérité. Ou encore : Je cro}mis qu’il existait quelque justice sur cette terre, et que le juste y recevait la récompense de son mérite, et l’injuste le châtiment de son crime ; j'ai vu que c’est le contraire qui a lieu. Le juste souffre des maux sans nombre, et l’impie est puissant par son crime. J’ai donc fait de mûres réflexions à ce sujet, et j’ai compris que Dieu ne juge pas maintenant chaque action à part et chacun en particulier, et qu’il réserve sadécision pour l’antre vie, afin que le jugement soit égal pour tous et que chacun reçoive selon ses inten¬ tions et selon ses œuvres. C’est là ce qu’il dit : « Le temps, qui est ici -bas à toute volonté, sera venu d’apprécier toute œuvre ; » c’est-à-dire, au jugement, lorsque Dieu siégera sur son tribunal, la vérité éclatera, tandis que maintenant l’injus¬ tice règne dans le monde. Nous lisons une maxime semblable dans le livre intitulé la Sa- patientem, sicut requirit sanguinem interfecti, etvenit qnærere quod perierat, et errantem ovem suis humeris adgregem reportavit. Luc . xv, 15. « Et adhuc vïdi sub sole locum judieii ibi impiétés, et locuin justitiæ ibi iniquités. Dixi ego {al. ergo) in corde roeo : J-"tum et impium judicabit Deus, quia tcmpns omni voluntati super omne factum ibi.» Eccl. ni, 17. Manifestas est sonsus, sed nubilo interprétatio¬ ns obvolvitur. Sub sole, inquit, isto veritatem et judi- ciurn requisivi, et vidi etiam inter judicium ipsa snb- sellia, nonveritatem valere, sedmunera. Sive aliter : Arbitratus sum aliquid justitiæ in præsenti sæculo ge- ri, et vel pium pro suo nunc merito recipere, vel im- pium'pro suo scelere puniri ; et e contrario reperi, quam putaham. Vidi enim et justum multa mala hic perpe- ti, et impium regnarepro scelere. Posteavero cum corde meo colloquens et reputans, intellexi, non per partes Deum et per singulos nunc judicare, sed in futurnin tempus reservare judicium ut omnes pari ter judicen- tur,et secundum voluntatem et opéra sua ibi recipiant. Hoc est enim quod ait: « Et tempus omni voluntati, et super omne factum ibi,» id est in judicio, quando Dominus cœperit judicare, tune futura est veritas, SAINT JÉROME. 30 gesse du fils de Sirach : « Ne dites point : Qu’est- ce que ceci ou qu’est-ce que cela? car toutes choses seront examinées en leur temps. » « J’ai réfléchi sur ce don de la parole, par le¬ quel Dieu distingue les enfants des hommes, et hors duquel ils sont obligés de reconnaître qu’ils sont semblables aux bêtes, puisque la destinée des enfants des hommes et celle des bêtes est la même. La mort des uns est semblable à la mort des autres, ils ont le même souffle de vie, et rhomme n’en a pas plus que la bête, parce que tout est vanité. Toutes choses vont au même but, et toutes retournent à la terre d’où elles ont été tirées. Qui démontrera sans difficulté que le souffle qui anime rhomme monte en haut, tan¬ dis que celui de la bête descend avec elle dans la terre. » JLccl. ni, 18-21. Il ne faut pas s’étonner qu’il n’y ait en ce monde aucune distance entre le juste et l’impie, que les vertus n’aient aucune prééminence et que tout soit sujet à un dénoue¬ ment incertain, quand entre l’homme et la bête, eu égard à la vileté du corps, il semble n’v avoir aucune différence, l'un et l’autre étant soumis à le même condition de naître et de mourir; nous venons de la même façon à la lumière, et nous sommes également dissous en poussière. La dif¬ férence, direz- vous, c’est que l’ûme de l’homme nunc injusLiLia dominalur in mundo. Taie quid et in Sapientia, quæ füiæ (a) Sirach inscribilur, légitima : a Ne dixeris, quid est hoc aut quid est istud? omnia enim terupore suo requirentur. » « Dixiego in corde oieo de loquela fUiorum homiais, quia separat illos Deus, et ut ostenderet, quia ipsi ju- menta sunt sibi, quia evenlus filiorum hominum, et eventus pecoris, evenlus un us eis. Sicut mors hnjus, ita et mors illius, etspiritus unus omnibus, et amplius homini a pecore nihil est, quia omnia vanitas. Omnia vadunt ad locum unnm, omnia facta suntdehumo, et omnia revertentur ad humum. Et quis scit, spiritus filiorum hominis si aacendat ipse sursum, et spiritus pecoris si descendat ipse deorsum in terram. » Lcd. ni, 18-21. Non mirandum est in præsenti vita inter justum otimpium nullam esse distantiam, nec aliquid valere virtutes, sed incerto eventu omnia volutari, cum etiain inter pecudes et homiuem, secundum cor- poris vilitatem nihil differre videatur, etsit eadem nas- cendi conditio, sors una moriendi ; similiter procedamus monte au ciel, tandis que le souffle vital de la bête descend dans la terre. Sur quel témoignage irrécusable pouvons-nous asseoir cette affirma¬ tion ? Qui peut dire avec certitude que nos espé¬ rances sont vraies ou qu’elles sont fausses? L’.Ecclésiaste s’exprime ainsi, non qu’il croie que notre âme périt avec le corps et qu’un même lieu attend l’homme et la bête, mais parce qu’a¬ vant la venue de Jésus- Christ tout allait égale¬ ment aux enfers. Aussi Jacob dit qu’il doit des¬ cendre aux enfers ; G mes. xxxvn et xliv; Job se plaint de ce que les justes et les impies sont re¬ tenus dans l’enfer ; Job. vi et xvn ; et l’Evangile atteste qu’il y avait aux enfers un abime entre le lieu des justes et celui des méchants, et que Lazare était avec Abraham, tandis que le mau¬ vais riche était dans les supplices. Lue. xvt, 22 et 26. En réalité, avant que Jésus-Christ suivi du bon larron eût ouvert les portes du paradis gardées par le glaive flamboyant de l’ange, les célestes demeures étaient closes et la même des¬ tinée méprisable emprisonnait dans la terre T âme de rhomme et le souffle de la bête. Sans doute celui-ci était dissous, tandis que l’autre était réservée pour t’avenir ; toutefois il y avait une différence peu sensible entre périr avec le corps ou être plougé dans les ténèbres de l’enfer. ad lucem, æque dissolvamur in pulverem. Sin autern videturhæcesse distanlia, quod spiritus hominis ascen- datincoelum et spiritus pecoris descendat in terram, quo istudeertoauctore cognovimus?Quispotestnosse terram utrum verum an falsum sit quod speratur? Hoc autern dicit, non quod animam putetperire cum corpore, vel unum bestiiset homini præparari locum, sed quod ante adventuin Christi omnia (6) ad inferos pariter duce- renlur. Unde et Jacob ad inferos descensurum se dicit, Gen. xxxvn, et xliv, et Job pios et impios in inferno queritur retentari, Job. vu et xvn, et Evangelium, chaos magnum interpositum apud inferos, et Abraham cum Lazaro,et divitem in suppliciis esse testatur. Luc . xvi. Et révéra, antequam flammeam illam rotam, et igneam romphæam, et paradisi fores Christua cura la- trone reseraret, dansa erant cœlestia, et spiritum pe¬ coris hominisque æqualis vilitas coarctabat. Et licet aliud videretur dissolvi, aliiïd reservari , tamen non multum interest perire cum corpore, vel inferni tene- bris detineri. (à) « Qnœ Sirach inscribitur. » Editi iibri « quæ fiüi Sirach inscribitur, » sed raulto verjus in mss. codicibus, « quæ Sirach inscribitur. » Nam apud Septuaginta liber Ecclosiasiici inscribitur EocpEa Eelpa^, sapientia Sirach. Syrus tamen nterpros bæc habet : « Liber Jesu Clii Simeo- □is Asiroj u idemque liber voeatur sapientia filii Asiro. AnaTiAN. (6) Confer Commentarios in Osee cap. 13. Sanctum quoquo Augustinum de Genes. ad lit. L. 8. e. 4. «Nobis, » inquil Tertullian. lib. de Anima cap. 3i. a inferi non nuda cavoeitas, nec subdivalis aiiqua mundi sentina creduntur ; sed in foasa terræ, et in alto vastitas,et in ipsis viscerjbna ejue abstrusa profmidi tas. COMMENTAIRE DE L'ECCLÉSIASTE. Reprenons chaque trait et analysons"succincte- inent chaque maxime. « J’ai réfléchi sur le don de la parole, par lequel Dieu distingue les en¬ fants de l’homme. » Dieu, dit-il, a voulu qu’il n'y eût que cette seule différence entre les hommes et les bêtes : nous avons le don de la parole qu’elles n’ont pas, nous exprimons notre volonté dans le discours, tandis qu’elles sont condamnées au silence à cet égard. Hors ce don de la parole qui nous distingue des bêtes, ü nous est prouvé que, quant û la fragilité du corps, nous sommes des bêtes véritables. La bête meurt, et l’homme meurt aussi ; ils ont le même souffle vital et respirent le même air. C’est le sens de ces mots : « Tous ont le même souffle, et l’homme n’a rien de plus que la bête.» Salomon ne veut pas nous laisser croire qu’il parle de l’âme, et il ajoute : « Toutes ces cho¬ ses ont été faites de la terre, et retournent à la terre. » Or, le corps seul a été tiré de la terre, et c'est de lui seul qu’il est dit ; «Tu es poussière, et tu retourneras en poussière. » Genes. nr, 11. Il n’y a pas de blasphème en ces mots : « Qui sait si le souffle qui anime les enfants des hom¬ mes monte en haut, et si le souffle vital de la bête descend avec elle dans la terre ? » Salomon ne prétend pas en effet qu’il n'y a aucune dif¬ férence entre l’âme de [l’homme et le souffle vital de la bête; il met ce qui interrogatif pour montrer les difficultés de cette question. Le qui Recurramus ad singula, et commatico genere dicen- di, juxta ordinem suum breviter disseramus (al. dissol- uamus). « Dixi ego in corde meo de eloquio filiorum hominis, ut eligeret eos Deus. » Hoe solum, inquit, in- ler homines et jumenta Deus esse voluit, quia nos lo- quimur, ilia sunt muta, nos voluntatem sermone proferimus, ilia torpent silentio. Et cum tantum ser- mone differamus a bestiis, tamen oslenditur 'nobis, quod juxta corporis fragiiilatem pecova su mus. Sicut jumentum moritur, ita moritur et homo et unus omni¬ bus flatus est, et aer isle quo alimur. Hoc enfin ait : « Et spiritus unus omnibus, et amplius homini a pecore niliil est. » Quod ne putaremus dici etiam de anima, intulit : « Omnia facta sunt de terra et revertuntur in terram. » De terra antem niliil aliud ni si corpus factum est. Et signanter de corpore dicitur : « Terra es, et in terram reverteris. » Gen. m, 11. Quod autem videtur esse blasphemum : « Quis cognoscit, spiritus filiorum hominum si asceudat ipsesursum, et spiritus jumenti si descendat ipse deorsum in terram?» non inter pecudes et hominem secundum animæ dignita- tem nihil intéresse contendit, sed adjîciendo « quis,» dif- 31 interrogatif, dans les Ecritures saintes, n’impli¬ que pas l’impossibilité, mais toujours la diffi¬ culté. Par exemple : « Qui racontera sa généra¬ tion ? » Isa. lui, 8 ; et dans le psaume quatorze : « Seigneur, qui habitera dans votre tabernacle et sur votre sainte montagne ? » Psalvi . xiv, 1, et ce qui suit ;et dans Jérémie, quoique le texte hé¬ breu porte différemment : « Voici l’homme; qui le connaîtra? » Jerem. xvn, 9. La seule diffé¬ rence entre l’homme et la bête, c’est donc que notre âme monte au ciel, tandis que le souffle vital de la bôte descend dans la terre et s’y dissout avec la chair. Du reste, il n’y a dans cette assertion que la probabilité qui s’attache, en matière douteuse, au sentiment d’un homme versé dans les matières ecclésiastiques et dans les lettres sacrées. Nous avons interprété jusqu’ici selon la lettre. Cherchons selon l’esprit de l’Ecriture. Nous lisons : « Le Seigneur sauvera les hommes et les bêtes ; » Psalm. xxxv, 7 ; et ailleurs : « Je suis devenu comme une bôte devant vous ; mais je suis toujours avec vous: » Psalm. lxxii, 23; et dans tous les prophètes ü est dit que les hom¬ mes et les bêtes doivent être sauvés en Jérusalem et que la Terre promise est pleine de petit et de gros bétail. En ce sens: Qui sait, dit Salomon, si le saint, qui est digne du nom d’homme, monte au ciel, et si le pécheur, qui est appelé bête, descend dans la terre ? 11 peut se faire, en ficullalem'rei voluit demonstrare. Pronomenenim «quis» in Scripturis sanctis non pro impossibili, sed pro dif- ficili se m per accipitur, ut ibi : « Generationem ejus quis enarrabit?» Isa. un, 8; et in psalmo quarto de- cimo : « Domine quis habitabit in tabernaculo tuo, et in monte sanclo tuo? » Psal. xiv, i, et cætera, quæ se- quuntur; et in Jeremia, licet in Hebræo sit : « Et ho¬ mo est, et quis cognoscel enra? » Jerem . xvn, 9. Inter homines igîtur et bestias hæc sola est differentia, quod spiritus homininis asceudit in ccelnm, et spiritus ju- menti descendit in terram et cum carne dissolvitur ; si tamen hujus rei vir aliquis Ecclesiasticus et disci¬ plinas cœlestibus eruditus, et quasi dubiæ rei certns assertor sit. Hæc intérim juxta litleram. Quantum autem ad spiritualera intelligentiam perti- net : « Quoniam homines et jumenta salvos faciet Do¬ minos ;» Psal. xxxv, 7 ; et in alio loco : «Ut jumentum sum, » inquit, « apnd te, et ego semper tecum ; » Psal. lxxii, 23 ; et in omnibus prophetis homines et pecora in Jérusalem salvanda (al. salvata) dicuntur, et irn- pleri terram repromissionis pecoribus et armentis ; quis scit, utrum sanctus, qui hominis appellatione üig- 3 2 SAINT raison de la condition incertaine et changeante de cette vie, que le juste tombe et que le pêcheur s’élève; il arrive parfois que le plus raisonnable, le plus savant dans les Ecritures, c’est-à-dire, l’homme ne vit pas avec circonspection, comme il conviendrait à sa science, et tombe dans les enfers, tandis que celui qui est simple et gros¬ sier, c’est-à-dire, qui est appelé bête par com¬ paraison avec l’homme, vit mieux, reçoit la couronne du martyre et devient habitant du pa¬ radis. « J'ai jugé qu’il vaut mieux qu’un homme jouisse de son travail; c’cst là son lot. Qui lui donnera la faculté de voir ce qui doit arriver après lui ? » Eccl. ni, 22. Au lieu de ces derniers mots : « De voir ce qui doit arriver après lui, » Symmaque dit plus clairement: «Devoir ce qui doit être après les choses d’ici-bas. » 11 n’y a donc rien de mieux pour l’homme en cette vie quedejouir du fruit de son travail, faisant l’au¬ mône et se préparant de futurs trésors pour le royaume des cieux. Nous n’avons que cette part qui ne peut être ravie ni par les voleurs ni par les tyrans et qui nous suit au delà de la mort. Nous ne pourrions pas, après avoir quitté cette vie, jouir de nos travaux terrestres ou savoir ce qui se passe dans le monde après nous. Autre sens. Egaré par l’erreur précédente, par la pensée que nus est, ascendat in ccelum, et ntrum peccator, quiju- mentum vocatur, descendatin terrain? Fieri enim p'olest pro ir.certo vitæ lnijus et lubrico statu, ut et justus concidat, et peccator exsurgat, et nonnunquam evenit ut rationabilior et eruditus in Scripturis,id est, bomo, non circuruspecte et ut scientia sua dignum est, vi¬ vat, et deducatur ad inferos, et simplicior quisque at- que rusticior, qui jumentnm hoininis comparatione dicatur, melius vivat, et martyrio coronetur, ac para- disi sit colonus. « Et vidi, quia non est bonum, nisi quod lætetur liomo in opéré suo, quia hæc est pars ejns. Quis enim addu- cet eum, ut videat id quod futurum est post ipsum? » Eccl. ni, 22. Pro eo quod nos posuimus : « Ut videat id quod futurum est post ipsum, » apertius interpreta- tus est Symmachus, dicens : « Ut videat ea quæ futura sunt post hæc. » Nihil est ergo bonum in vila ista, nisi quod lætatur liomo in opéré suo, faciens eleemosy- nam, et futnros sibi thesauros in regno cœlorum præ- parans. Hanc solam habemus portionem, quam nec fur nec latro valet, nec tyrannus auferre, et quæ nos post mortem sequatur. Nec enim possumus, cum hæc vita fuerit dissoluta, rursum nostris laboribus perfrui, aut scire, quæ futura sint in mundo postea. Aliter : JÉROME. l’homme ne diffère pas de la brute, j’ai été con¬ duit sur cette pente mauvaise à dire que le bien consiste à jouir des plaisirs d’ici-bas. Nous ne pourrons pas, en effet, après notre dissolution dans la mort, jouir de ces biens dont nous nous serons éloignés comme des ingrats. D’autres, sur ces mots : « Qui lui donnera le pouvoir de voir ce qui doit arriver après lui, » ont établi cette interprétation : 11 vaut mieux qu’un homme jouisse du fruit de ses travaux, parce que c’est là tout qu’il peut emporter de ses biens. Quand la mort viendra, il ne sait si son héritier sera digne on indigne ; qu’il jouisse donc de ce qu’il possède. « J’ai vu les injustices qui se commettent sur la terre. Les innocents gémissent dans l’oppres¬ sion, et personne ne les console et ne sèche leurs larmes ; leurs oppresseurs sont tout-puis¬ sants; pour eux, ils sont destitués de tout secours.» Eccl. iv, 1. A la suite de ces méditations, j’ai tourné mes yeux vers les oppresseurs et les oppri¬ més. Et quand ceux que l’injustice des puissants opprime, protestent contre cette tyrannie parles larmes, ce suprême refuge des malheureux, ils ne trouvent pas un consolateur, leur misère est d’autant plus grande et leur douleur plus cui¬ sante, qu’ils voient leurs oppresseurs tout-puis¬ sants au sein de l’iniquité. C’est en cela qu’ils Superiori errore turbatus, quod putarem inter bomines et beslias nihil interesse, in hanc sententiam prava opinione deductus sum, ut nihil aliud boni dicerem, nisi præsentem carpere voluptatem. Neque enim cum semel nos dissolvisset interitus, posse his perfrui, a quibus recederemus ingrati. Alii de hoc quod ait : « Quis enim adducet eum, ut videat ea quæ sont fu¬ tura post se, » ad illam intelligentiam retulerunt, ut diccrent : Melius esse suis hominem laboribus perfrui, quia hoc solum de substantia sua posset auferre ; cum morsvenerit, nescire quali sit hærede moriturus, utrum dignus, an indignas ; suis opibus perfruatur. « Etconversus sum ego, et vidi universas calumnias, quæ fiunt sub sole, et ecce lacrymæ eorum qui calum- niam sustinent et non est qui consoletur eos, et in manibus calumniantium eos fortitudo ; et non est eis consolator. » Eccl. iv, 4 . Post hanc cogitationem illuc mentem meam oculosque converti, ut viderem calum- niatores et calumniam sustinentes. Et ecce hi qui in¬ juste a potentioribus opprimuntur, lacrymis, quas so¬ lum habere in calamitatibus licet, rei invidiam pro¬ testantes, consolatorem non queunt reperire. Et quo major miseriasit, et inconsolabilis dolor, calumniatores vident in suis iniquitatibus fortiores. Et hæc est causa 33 ■COMMENTAIRE DE L’ECCLÉSIASTE. sont inconsolables. David dans le psaume soixante-douze et Jérémie en son livre dévelop¬ pent grandement ce sujet. « Et j’ai préféré l’état des morts à celui des vivants; mais j’ai estimé plus heureux que les uns et les autres celui qui n’est pas né, et qui n’a point vu les maux qui se font sous le soleil.» EccL iv, 2, 3. En présence des misères, qui acca¬ blent les mortels en cette vie, j’ai jugé que les morts sont plus heureux que les vivants, selon cette parole de Job dissertant sur les enfers : « Là se reposent ceux qui sont las de corps et ceux qui avaient été enchaînés, en sécurité et n’entendant plus la voix de leur persécuteur.» Job. m, 17, 18. Mais il y a un état meilleur que celui des vivants et des morts, l’état de celui qui n’est pas né. Le vivant souffre encore mille maux, l’autre est sorti nu de la vie comme d’un naufrage; celui qui n’est pas né est plus heureux en ce sens qu’il n’a aucune expérience des maux du monde. Salomon veut dire ici que celui qui n’est pas né existe avant de naître, et qu’il est plus heureux en ce qu’il ne porté pas encore le fardeau du corps (1) ; il vaut mieux, dit-il, être dans le néant et n’avoir aucune sentiment de l’existence, que d’être ou de vivre d’une manière malheureuse. C’est ainsi que parle notre Sei¬ gneur de Judas, par allusion au châtiment fu¬ tur: « 11 vaudrait mieux pour lui qu’ilnefût pas né,» Matfh. xxvr, 24, parce qu’il eût mieux valu pour lui ne jamais exister que de tomber dans les supplices éternels. D’autres entendent ainsi ce passage : Ceux qui sont morts, disent-ils, quand bien même ils aient été pécheurs, sont meil¬ leurs que ceux qui vivent encore. Ceux-ci sont encore dans le combat et comme prisonniers dans le dur cachot de la chair, tandis que ceux qui sont morts, maintenant en sécurité, ont cessé de pécher. Ainsi nul ne s’est élevé d’entre les enfants des femmes plus grand que Jean-Bap¬ tiste ; mais il est plus petit que celui qui est le plus petit dans le royaume des deux, Matth. xi, H, et qui, délivré du fardeau de la chair, ne sait point dire avecl’Apûtre: « Malheureux homme que je suis 1 qui me délivrera de ce corps de mort ?» Rom. yii, 14. Mais ajoutent- ils, Il est meilleur que celui qui vit et que celui qui est mort, celui qui n’est pas né encore, et qui n’a pas vu les maux dont les hommes sont accablés en ce monde. Nos âmes, en effet, avant (1.) Non certainement, telle n’est pas la pensée fie saint Jérôme. Est-il une opinion qu'il ait plus souvent réfutée que cello de la préexistence des Ames ? 11 déclare ici quo pour les réprouvés, pour le3 hommes qui méritent par leurs égarements de tomber dans les peines éternelles, mieux vaudrait n’avoir jamais existé. Cette doctrine, il l’appuie sur la parole môme de Jésus-Christ. Hans la suite des Ages, quelques rêveurs séduits par de vaines théories, ont insinué le contraire, donnant ainsi raison aux ennemis déclarés du christianisme. Pour combattre de sem¬ blables erreurs, il faut recourir aux princes de la théologie : c'est nommer suint Augustin et saint Thomas. quod non valeant consolari. Plenius hune locum in p3almo septuagesimo secundo David et Jeremias in suo volumine exsequuntur. ù Et laudavî ego mortuos, qui jam mortui sunt, su¬ per viventes quicumque îpsi vivunt usque nunc. Et melior super kos duos, qui nondum natus est, qui nondum viditopus malum, quod factum est sub sole. » Ecvi. ivt 2, 3. Ad comparationem miseriarum, quæ in hoc sæculo mortales premunt, felioiores judicavi mor¬ tuos, quam vivenLes, seouncium illud Job de inferis disputantis : « Ibi requieverunt lassi corpore, cum his qui vincti fuerant, jam securi, non nudientes vocem exactoris. » Job. ni, 17 et 18. Melior autem est his duo- bus, vivente videlicet et defuncto, qui needum nalus est. Alius euim adhuc mala patitur,nlius quasi de nau- fragio nudus evasit. Porro qui needum natus csL, in eo felicior est, quod needum mala mundi exper- tus est. Hoc autem dicit, non quod qui needum na¬ tus est, ante ait quam nascatur, et in eo felicior sit* quia needum corpore prægravatus est; sed quod rne- lius sit onmino non esse, nec sensum habere substnn- tiæ, quam infeliciter velle esse vel vivere. Quomodo et de Juda Dominus loquitur, futura ejus tormenta signiücans : « Melius erat non nasci homini illi ; » Matth. xxvi, 24; quod melius ei fuerit omnino non esse, quam æternos cruciatus perpeti. Alii vero hune locum ita intelliguut : Meliores esse dicentes eos qui mortui sunt, ab his qui vivunt, licet ante fuerint pec- catores. Viventes enim adhuc esse in prælio, et quasi clausos corporis ergRstulo retentari ; qui vero mortem obierint, jam esse securos. et peccare desisse. Sicut et Joannes, quo major non fuit in natis ruulierum, Matth. h, minor est eo, qui minimus est in reguo cœloruui, et corporis onere liberatus, nescitcum Aposlolo dicere: « Miser ego homo, quis me liberabit de corpore mortis hujus? » Rom. vu, 14. Meliorem autem his dviobua esse eum, qui needum natus est, nec vidit mala, qui- bus in mundo komiues deprimunlur. Animas enim noslras, antequam ad corpora ista descendant, versari apud superos, et t.amdiu beatas esse, quamdiu cœlesti Jérusalem et ohoro teneantur Angelieo. (a) « Et vidi ego universum laborem, et siruul omnem («) « Animas enim nostras antequam. » Cavo, lcctor, ne hune errorem ascribas Hieronymo, qui eum stronuu confutavit in epistola ad AviUim. Qrigenianna igitur iste Commentarius est, ut manifestissime comprobatur ex superîorilma verhis : « Alii vero hune locum ita intelligent, etc. * MaP.TIaX. 3 TOM. IV. 34 SAINT de descendre dans ces corps, vivent en société avec les habitants du ciel; elles sont heureuses aussi longtemps qu’elles habitent la céleste .Jéru¬ salem et font partie du chœur des Anges. « J’ai considéré aussi les travaux des hommes, et j’ai reconnu que leur industrie est exposée à l’envie des autres ; ce 'qui est une autre espèce de vanité et d’affliction d’esprit. » Eccl. îv, 4. J’ai porté ailleurs mes regards ; j’ai vu toute la force et toute la gloire de ceux qui travaillent, et j’ai reconnu que le bien de l’un est un mal pour l’autre, puisque l’envieux est tourmenté par le bonheur d’autrui et que celui qui a la gloire est entouré d’embûches. Quoi de plus vain, quoi de plus misérable, quoi de plus près du néant que cette disposition des hommes à ne pas pleurer leurs misères, à ne pas déplorer leurs propres fautes, pour porter envie à la supériorité? « L’insensé se tient les bras croisés, et il mange sa propre chair. » Prov. xxrv. C’est ici encore le paresseux décrit dans les Proverbes, et qui croise les bras sur sa poitrine. Ledénûment, comme un coureur rapide, vûent bientôt à lui, et le force, dans sa rage de la faim, à dévorer sa propre chair, soit dit cependant par hyperbole. Ilpense qu’il vaut mieux n’avoir qu’une poignée de fa¬ rine et vivre dans l’oisiveté et la torpeur, que de remplir l’une et l’autre main par le travail. Tout le raisonnement de l’Ecclésiaste tend à montrer que, 'd’un côté, celui qui travaille et a quelque bien virtutem operis , quia æmulatio viri a sodali ejus ; etquidera hoc vanitas et præsumptio spiritus,» JEccl. îv, 4. Converti me rursus ad alia, et vidi onmeni fortitu- dinem et gloriam laborantium, et deprehendi bonum alterius esse altcrius malurn, dum invidus aliéna feli- citate torquetur, et patet insidiis gloriosus. Quid enim vanius, quid inslabilins, et sic niliili, quam hommes non suas flere miserias, vel propria lngere peccata, sed melioribus invidere? « Stultus complexus est manus suas, et comedit carnes suas.» Prov. xxiv. Hic est qui et in Proverbiis piger describitur, continens manibus pectus suum. Cui, tamquam citus cursor, venit inopia, et qui pro¬ pter nimiam famem (hyperbolice a utero die tu m si t) co¬ medit carnes suas. Qui rnelius putaL esse unura pu- gillum habere farris, et otiosum torpenlemque vivere, quam laborantem manum utrainque complere. To- tum autem quod dissent, lioc est, ut ostendat, et eum qui laborat et habetaliquid in mundo patere invidiæ, et rursus eum qui vivere vult quietus, inopia opprimi, et esse utrumque miserabilem, dum alius propter opes periclitatur, alius propter inopiam egestate conficitur. JEROME. est exposé à l’envie en ce monde, et de l’autre, que celui qui veut vivre dans l’oisiveté est en butte au dènûment ; que tous deux sont misérables, l’un étant en péril à cause de ses biens, et l’autre consumé de besoins dans l’indigence. Or assuré¬ ment voici le sens. Celui qu’une sorte de rage d’esprit entraîne à être jaloux du bonheur d’au¬ trui, celui qui reçoit en son sein l’envie et qui la nourrit en son cœur, mange son âme et sa pro¬ pre chair. Plus il voit croître la prospérité qu’il jalouse, plus il se dessèche et dépérit; il se fond, pour ainsi dire, peu à peu au feu de son envie. Autre sens. Le mot main est souvent employé pour œuvre. Par exemple : «Le Seigneur déposa sa parole aux mains du prophète Aggée, » Agg. i, J, sans doute parce qu’ Aggée ou tout autre prophète avait mérité pas ses œuvres an¬ térieures que la parole de Dieu fût représentée dans ces œuvres. David s’exprime de même ; « Le Seigneur enseigne la guerre à mes mains.» Psalm. cxijii, 1. L’insensé se tient donc les mains croisées, c’est-à-dire, il les ferme, il les retire, ne mange point le fruit du travail que ses mains ne produisent pas ; il mange ses chairs, vivant selon les inspirations de la chair et se nourris¬ sant de ses débordements. « Un peu dans le creux de la main avec le repos vaut mieux que plein les deux mains avec travail et affliction d’esprit. » Eccl. îv, G. Il vaut mieux n’avoir que la mesure nécessaire que les Vel certe sic : Qui alienæ felicitati invidet, et quasi spiritus furore repletur, et invidiam in sinum recepe- rit, nutrieritque eam in pectore, iste comedit animam suam et carnes suas. Quanto enim eum, cui invidet, feliciorem viderit, tanto ipse amplius contabescit et dépérit, et paulatim zelo et livore distillât. Aliter: Ma- nns crebro pro operibus accipiuntur, sic ut ibi : « Yer- bum Domini quod factum est in manu Aggæi,» Aggæi j, 1, sive illius, vel hujus prophelæ, quod talia opéra gesserit, ut dignus existeret in en jus opéré fieret « sernoo Domini. Huic congruit et illud David : « Qui docet manus meas ad prælium. » Psalm . exun, b Stul¬ tus igitur complexus est manus suas, id est, contraxit, et extendere noluit, unde non comedit labores ma- nuum suarum qnos nec habet ; sed carnes suas, vi- vens juxta sapientiam carnis, et carnis operibus ves- citans. « Melior estplenus pugillns cum requie, quam pléni¬ tude manuum laboris et præsumptionis spiritus. » j Eccl, vr, 6. Melius est modicum habere juslum, quam divitias peccatorum multas. Et in Proverbiis : « Melior estparva acceptio cum juslitia, quam muHa genimiuri COMMENTAIRE DE richesses considérables des pécheurs. Dans les Proverbes : « Un peu de pain scc avec la paix vaut mieux qu’une maison de bonne chère avec des^querelles.» Prov. xvi, 8. C’est à bonjdroit que la paix appartient à la justice et l’agitation à l’iniquité. Le nombre un se prend toujours en bonne part, et le nombre 'deux en mauvaise part ; aussi la poignée a-t-elle le repos et les deux mains sont pleines de travail. « En considérant toutes choses, j’ai trouvé encore une autre vanité sous le soleil. Tel est seul et n’a personne avec lui, ni enfant, ni frère, qui néanmoins travaille sans cesse ; ses yeux sont insatiables de richesses, et il ne se dit pas à lui- mème : Pour qui est-ce que je travaille? et pour¬ quoi me priver moi-même de l’usage de mes biens? C’est là encore une vanité et une occu¬ pation bien malheureuse. » Eccl. iv, 7 10. J’ai tourné mes yeux vers les autres et je les ai vus travailler plus qu’il n’est nécessaire, amasser des biens par les voies licites et illicites, pour ne pas en jouir, avoir toutes choses, couver leurs riches¬ ses, les conserver pour un autre et ne pas pro¬ fiter du fruit de leur travail, et la plupart n’ont ni enfant, ni frère, ni proche à qui ce fruit soit pieusement destiné pour ses besoins. Je n’ai donc rien conçu de plus vain que cet homme qui amasse des richesses, ignorant à qui il les laissera. Suivant une interprétation déjàindiquée, nous pouvons appliquer ce passage à ceux qui cum iniquitate. » Prov. xvi, 8. Eleganter justitia re¬ quiem habet, iniquitas laborem. Et quia singularis numerus in bono semper accipitur, duplex iu malo : propterea unus pugillus habet requiem, et duæ manus labore sunt plenæ. « Et convenus sum ego, et vidi vanitatem sub sole. Est unus, et non est secundus, et quidem filius, et frater non est ei ; et non est finis omni labori ejus. Et quidem oculus ejus non satiatur (al. saliabitur) divi¬ tiis ; et cui ego laboro, et fraudo (al. fraudabo ) ani- nam meam a bonitate? Sed et hoc vamtas, et distentio pessima est. » Eccl. iv, 7-10. Gonversus sum ad alios, et vidi eos, plus quam necesse est, laborare, congregare per fas et nefas opes, et non uti congregatis, habere omnia, incubare divitiis, servare alteri, et suo labore non perfrui : maxime cum nec filium, nec fratrem lia- beant, nec propinquum ut videatur pius labor neces- sariis reservatus. Nihil itaque esse vanius deprehendi, quam eum homiuem, qui divilias congregat, cui eas relinquat ignorans. Quod quidem possumus secundum superiorem interpretationem et de his intelligere, qui libros conscribuut, et eos fastidiosis lectoribus dere- L’ECCLÉSIÀSTE. 35 écrivent des livres et les laissent à de fastidieux lecteurs. Certains rapportent au Sauveur ce pas¬ sage : « Il est seul et n’a personne avec lui, » en ce qu’il est venu seul et sans auxiliaire sauver le monde. Quoique les enfants de Dieu soient en grand nombre et qu’on les appelle ses frères d’a,- doption, aucun cependant n’a été jugé digne de lui être adjoint en cette œuvre. Cette œuvre n’a pas de fin; il continue à porter nos péchés et nos défauts et à]souffrir pour nous; ses yeux sont in¬ satiables de richesses, parce qu’il désire toujours notre salut, et plus il voit une âme descendre dans le péché, plus il l’exhorte à la pénitence. « Il vaut mieux être deux qu’un seul; on a une bonne récompense de son travail, et si l’un tombe, l’autre le relève. Malheur à l’homme seul, quand il tombe, parce qu’il n’a personne pour le relever I Si deux dorment ensemble, ils se com¬ muniquent la chaleur; celui qui est seul, qui le réchauffera ? Si un ennemi s’élève, il est bon d’être deux pour lui résister ; enfin une triple corde est difficile à rompre. » Eccl. iv, 11-13. Sa¬ lomon a examiné les sollicitudes, les misères, les tourments de celui qui s’épuise à rassembler des richesses sans savoir qui en héritera ; main¬ tenant il parle de la solidarité. Il fait l’éloge des liens de T amitié ; il y a soulagement réciproque, le secours de l’un relève l’autre de sa chute, et dans les chagrins domestiques, l’homme pourvu d’un ami sûr jouit mieux du repos de la nuit linquunt. Quidam hune locum ah eo quod ait: « Est unus, et non est secundus, » super Salvatore interpre- tantur, quod soins et absqueullo comité ad salvandum mundum descendent. Et quamquam multi filii Dei sint, et fratres ejus adoptione dicantur ; tamen nullus di- gnus exstiterit, qui in hoc ei opéré juogeretur. Gujus laboris non est finis, portantis nostra vitia atque pec- cata, et pro nobis dolentis ; et oculus ejus non satia- bitur divitiis, semper nostram cupientis salutem, et quanto plus peccare quem viderit, tanto magis ad pœ- nitentiam cohortantis. a Meliores duo, quam unus, quibus est merces bona in labore suo; quia, si ceciderit unus, eriget partici- pem suum. Et væ uni, cum ceciderit, et non est secun¬ dus, qui erigat eum. Et quidem, si dormiant (al, rfor- mlerint ) duo, etiam calor erit illis ; et unus quomodo calefiet? Et si invaluerit super eum unus, duo stabunt adversus eum, et funiculus triplex non cito rumpitur ». Eccl., îv. 11-13 Post sollicitudines et miserias in quibus correptus est ille, qui in opibus conquirendis absque certo hærede se cruciat, nunc ad sodalitatem sermo eonfertur. Et dicitur, quid bosi habeat amicorum SAINT JÉROME. 36 que celui qui se repose sur scs seules richesses. Que si quelque ennemi plus puissant, s’élève, la faiblesse de l’un est diminuée grâce aux ressour¬ ces qu’apporte son ami. Du reste, autant deux sont au-dessus d’un seul, quand Lamifié les unit, autant la société de trois est supérieure à. celle de deux. La vraie charité, celle qu’aucune envie ne souille, croit en force proportionnellement au nombre. Voilà selon le sens simple. Maintenant, puisque nous avons déjà rapporté certains pas¬ sages à Jésus-Christ, il faut analyser les autres d’après cette idée. ïl vaut mieux ici encore être deux qu’un seul, c’est-à-dire, il vaut mieux avoir Jésus-Christ établi dans son cœur, que d’être seul, exposé aux embûches du démon. La ré¬ compense de cette union se montre dans Futilité dë vivre en société; si l’homme tombe, Jésus re¬ lève celui dont il habite le cœur. Malheur donc à ce¬ lui qui, lorsqu’il tombe, n’a pas en lui Jésus -Christ pour le relever! L’homme qui s’endort, c’est- à-dire, qui se dissout dans la mort, s’il a Jésus avec lui, revit promptement à sa chaleur vivi¬ fiante. Quand le démon si fort dans sa lutte se lève contre l’homme, l’homme résiste et Jé¬ sus-Christ résiste aussi pour son ami, pour son contubernium, et in commune solution», quia et aile- nus ruina altérais auxilio sublevelur, et curas domes- tica3, ipsius quoqnc nocLis requiem melius exigat ille, qui fhluro amicum habet, quamqui solis opibus incubât aequisitis. Quod et si robustior inimicus quis contra unuro surrexerit, inibecillitalem alterius amici solatio sustentari. Et quanto duo uno différant, si amore con- juncti sîut, tauto etiarn trium contubernium plus valere. Etenim vera chantas, et a nullo livore violata, quanto augetur numéro, tanto crescet et robore. Et hæc intérim siropliciter dicta sint. Cæterum, quia in superiori loco super Chrïsto quo- rumdam irUelligentiam posuimus, etiarn reliqua eodem ordine disserenda surit. Melius est duos pariter esse, qnam unum. Melius est enim habitantem in se babere Christum, quam solurn habitare, et palere insidiis adversantis. Merces quippe contobernii statim in ipsa socielutis utilitate monstraLur. Si enim cecideril unus, erïgit (al. ehgef) Christus participe!» smun. Væ quippe ei qui, cum rucrit, Christum in se non babel erigen- tetn. Quod si etiarn dormierit unus, hoc est, si morte fuerit dissolntus, etsecum Christum habuerit, calefac- tus et vivifleatus citius reviviscit. Et si adversus ho- allié. Non que la force de Jésus -Christ seul soit insuffisante contre le diable ; mais le libre ar¬ bitre est toujours laissé à l’homme, et Jésus est plus fort dans le combat quand nous luttons nous-mêmes. Et si c’est le Père et le Fils et le Saint-Esprit qui vient à notre aide, l’alliance est encore plus difficile à rompre. Ce qui est difficile à rompre, est cependant rompu parfois. Ce triple lien exista, par exemple, dans l’apôtre Judas; mais parce que Satan s’introduisit en lui par l’avarice, le lien fut rompu. A ces mots: « Si deux dorment ensemble, ils se communiquent la chaleur; mais un seul, qui le réchauffera? » ap¬ pliquons l’exemple d’Elisée, qui se serra contre l’enfant, s’endormit, réchauffa son petit corps et le rendit ainsi à la vie. ï \Reg. iv. Il faut donc que Jésus-Christ dorme avec nous, se repose avec nous dans la mort, pour que nous puissions re¬ cevoir la chaleur de la vie éternelle. « Il vaut mieux un enfant pauvre et sage qu’un roi vieux et insensé qui ne sait rien prévoir pour l’avenir. L’enfant né pauvre sous ce roi sort de sa prison pour devenir roi lui-même. J’ai vu tous les vivants qui marchent sous le soleil avec l’adolescent qui remplace le vieux minent robustior in expuguando diabolus astilerit, stubit homo, stabit et Christus pro homine suo, pro sodali suo. Non quod solius Cbristi adversus diabolum virlus infirma sit, sed quodliberurn homini relinquatur arbitrium, et annilenl.ibu9 uobis, ipse in præliando fortior fiat. Quod si etiarn Pater, et Filins, et Spiritus Sanctus advenerint, non cito rumpitur {al. rumpetur) ista sodalitas. (a)Quod autem non cito rumpitur, tamen aliquando rumpetur. Et in Jnda enim aposlolo fuit triplex iste funiculus; S3d quia post buccellam in- troivit in eum Satauas, funiculus iste'diruptus est. Porro quod superius ait : « Et quidern si dormiant duo, etiarn calor erit illis ; et unus quomodo calefiet ? » de Elisæo sumamus exemplurn, quod ipse coutraxerit se cum puero, et dormierit, et calefecerit corpusculum ejus, et ila vivificaverit resurgentera. IV Reg. îv. Nisi igitur Christus nobiscum dormierit, et in morte re- quieverit, calorem æternæ vitæ accipere non valemu9. « Melior est puer pauper et sapiens, quam rex aenex et stultus, qui nescit providere in posterum. Quoniam de domo vinctorum egreditur in regem, quia etiam in regno ejus natus est pauper. Vidi universos viventes, qui ambulant 8ub sole cum adolescente secundo, qui (a) « Et fuQÏcnltia triplex non cito rumpitur. « Quatuor exeuiplaria ms:*. quibns ntor, cooBtanter retinent, r nou facile rumpitur, « vel « ram- petur. » Nulle tamen dubi alto sub-ist, quin iRgendum sit cito , et non facile; cum ip.se Hieronymus ia auo Commet) i a rio bis legût, « non cito rumpitur. ■ Cieterum in ms. Colberlino duos vursLulos consequentea reperi, quibus Monaehus qui librum descripsit, de sodolitete videtnr coaqueri : Præpoifü vin unit nos degustamus acctmn ; Pi'seposith t. iplfii t, nabi* fit portio simple j-, Marïuk. 37 COMMENTAIRE DE L’ECCLÊSIASTË. roi. Le peuple et les choses qui lurent avant eux sont innombrables; et les derniers ne se réjouiront point dans le vieux roi. Et ceci est encore vanité et présomption d’esprit.» Eccl, ïv, ji-17. Symmaque traduit ainsi ce passage : Il vaut mieux un pauvre avec la sagesse, qu’un vieux roi insensé qui se sait point prévoir les vicissitudes. L’un sort de sa prison pour ré¬ gner ; l’autre, après être né roi, mourra dans la pauvreté. J’ai vu tous les vivants qui marchent sons le soleil avec l’adolescent propice qui s’est élevé à sa place. Le peuple qui fut ayant l’un et l’autre est innombrable; et la postérité ne se ré¬ jouira point dans le premier. Mais ceci est encore souffle de vent pour' nourriture. » A propos de ce passage, quand nous lûmes l’Ecclésiaste, mon maître hébreu, dont je parle souvent, m’a rap¬ porté le sentiment de Baracibas, interprète que les Hébreux admirent entre tous. Il vaut mieux l’homme intérieur, qui commence en nous à qua¬ torze ans après la puberté, que l’homme exté¬ rieur, sorti du sein de lanière; en effet, l’homme extérieur ne sait pas s’éloigner du vice, et il avait cependant quitté la maison des liens, e’est- à-dire les entrailles maternelles, pour régner sur consurget pro illo. Non est finis omni populo, univer- sis, qui fuerunt ante illos. Et quidem uovissimi non lætabuntur in eo ; sed et hoc vanitas, et præsumptio spiritus. nEccLy ïv, 14 17. Symmaehus hune locum ita l.ranstulit : « Meliorest pauper cum sapientia, rege sene et insipiente qui neseit præcavere vicissitudinein. Aller enim exit (al. exivit) de carcere ad regnandum ; aller vero, cum esset rex natus, puupertate oppressuB est. Vidi omnes viventes, qui gradiuntur sub sole cum adolescente secundo, qui surrexit pro eo. ÏDHnitus omnis populus, qui fuit ante ütriunque; et posteri non lætabuntur in eo. Sed et hoc aura et pastio venti.» Hebræus meus, cujus sæpe faeio mentionew, cum Ecclesiasten mecurn legeret, lioec (a) Baracibam, quem unum vel maxime admiruntur, super præsenti loco tradidisse testatus est. Melior est interior homo, qui post qnartuin decimum pubertatis aunum in nobis exoritur, exteriore homine, qui de matris alvo natus est, qui neseit reoedere a vitio, et qui de domo vinc- torum, -de utero videlicet materne, ad hoc exivit, ut les vices ; or il devient pauvre quant à sa puis¬ sance, parce qu’il fait tout ce qui est mal. J’ai vu ceux qui ont yécu avec le premier homine et qui ont ensuite habité avec le second, c’est-à-dire, celui qui a été engendré à la place du premier son prédécesseur; et j’ai compris que tous avaient péché dans le premier homme, avant de devenir deux hommes par la naissance du second. Mais, tournés vers le bien après l’ em¬ branchement de l’Y des philosophes, ils ont abandonné le sentier de gauche pour monter vers le sommet de droite et pour suivre le se¬ cond homme, c’est-à-dire l’homme nouveau ; aussi ne se réjouiront-ils pas en celui-là, c’est-à- dife, dans le vieil homme. L’Apôtre atteste l’exis¬ tence de ces deux hommes, II Thessal. ir, et le Lévitique en parle aussi: « Si des deux hommes Y un veut une chose et l’autre une autre. » Levit.xvu. Saint Grégoire, évêque de Pont, audi¬ teur d’Origène, dans la Métaphrase de l’Ecclé - siaste, comprend ainsi ce passage: «Je préfère un adolescent pauvre et sage à un roi vieux et insensé, à qui il ne vient jamais à l’idée que quelqu’un de ceux qu’il avait enchaînés peut sortir de prison et ruiner ensuite sa puissance injuste, fl regnaret (al. regnet) in vitiis. Qui etiam in poteslale. sua pauper effectus est, mala omnia perpetrando. Yidi eos, qui iu priore homine vixerunt, et cum secundo homine postea versati sunt, eo videlicet, qui pro priore decessore généra tu s est; infellexique omnes in ho¬ mme priore peccasse, antequam, secundo nascente, duo homines fièrent. Quia vero ad meliora conversi, et post Y litteram philosophorum, sinistro trainite do- relicto, ad dextrum apicem contenderunt, et secuu- dum, id est, novissimum hominem sunt secuti, non lætabuntur in eo, id est, in priore. Hos duos homines et Apostolus eontestatur, Il Thess. n, et Levitiçus non tacet: « Homo, homo si voluerit » illud vel illud. Levil. xvn. Vir sanctus Gregorius Ponti Episcopus, Origenis auditor in Metaphrasi Ecclesiastæ, ita hune locum intellexit : « Ego vero præfero adolescentulum pauperem et sapientem, régi seDi et stulto, cui num- qunm venit in mentem, quod possibile sit, quemquam de his, quos vinxerat, ad regnum exire cle carcere, et seipsum de iniqua deinceps potestatesuacorruere. Eve- (a) Hæc Baracibam. lnsignis est iste locus propter uomeu Baracc>bat sive Barachiba , colebris cujusdaui magistri Hebræorum, de quo nihil memoriro proditum est apud Thalmudisws, sive apud ae.riptores Judirorum. Itaque prudentem studiosumque lectorem monebîmus, milium esse exemplar. ms. in quo legatur juxta Ërasm, et M«rian., hæc Baruckeam ; sed in eunclis illud noiucn scriplnm legi vel Barachiam> vel Dora - chivam , ont Baracchiham. Vetustissimua omnium codex Corb. prima munn acriptum retinebat Ba^achibam^ quod emendator iroperilns unila- vit in Borackiam. Sorbonicus legit Barachtuam ; sed molius Colbertinus Baraccfiibam poauit. Quis autern fuerit iste Baraccibay quem unurn Hcbræi maxime nairarentiir æetato Hieronymi, nolo divinare ; no tantas ineptias forte propônam de Glio, quuntas de pâtre ejus Akiba proposuit vindex nuperus Antiqnitatis temporum. Martian. — In mss. Baracckiban, aut Baracubioon. Est autern liic longe nntisKimus Akiba$y seu Barahibast de quo tara et grandie et multà Judæo rum Seriptores commenti sunt, ut plane sil mirum, uibil do illo rescire Mavtinnipuin, qui ne tmuero quid lectoribus imponat, se ait a divi^T-d^ SAINT JÉROME. 38 arrive parfois, en effet, que ceux'quiont été sous cet adolescent sage, soient sans chagrin; je veux dire ceux qui ont d’abord vécu sous le vieux roi. Pouf ceux qui sont nés après, ils n’ont pas connu les maux passés, et ne savent pas même louer l'adolescent qui s’est élevé ensuite, entraînés qu’ils sont par une opinion perverse et par l’es¬ prit d’opposition. » L’interprète de Laodicée, s’efforçant d’expri¬ mer beaucoup de sens en peu de mots, a parlé ici même selon sa coutume : « L’Ecclésiaste, dit- il, nous entretient maintenant du changement des biens en maux ; il cherche à nous peindre l’insensé, qui, repoussant la pensée de l’avenir, se réjouit dans les biens périssables d’ici-bas comme s’ils étaient éternels et grands. Après les événements divers qui surviennent dans la vie humaine, et les vicissitudes diverses, Salomon, en maniéré de maxime générale sur la mort, dit que cette multitude sans nombre périt, qu’elle se consume et passe peu à peu, chacun laissant un autre à sa place, et un autre ensuite, quand son successeur est mort. » Origène et Yictorinus ont été à peu près du môme sentiment. Après cette maxime générale, nit enim inlerdum uthiquisub adolescentulo sapiente fuerint, absque mcerore sirit; ita lamen ut sub sene rege.ante versatisint. Qui euim postea nati suut, quia mala preeterita ne9cierunt, uec adolescentulum lauda- re possunt, qui postea cousurrexit, abducti opinione perversa et impetu spiritus adversantis. » Laodicenus Interpres res magnas brevi sermone ex- primere contendens, more sibi solito etiam hic locutus est : « De commu talion e, inquiens, bonorum iu mala nuncEcelesiaslæ sermo est, insipientem homiuem co¬ nantis exprimere, qui futura non cogitans, præsentibus et caducis quasi magDis atque perpetuis delectatur. Et post diversa quæ soient hominibus accidere in vita sua, atque mutari, quasi generalem infert de morte sententiam, quod innumerabilis multitudo intereat, et paulatim consummatur et transeat, unquoque in suo loco alium relinquente, et rursum alium, successore moriente. » Origenes et Victorinus non multum inter se diversa senserunt. Post generalem enim illam sententiam, claire pour tous : 11 vaut mieux un enfant pauvre et sage qu’un roi vieux et insensé, et il arrive souvent que le premier, grâce à sa sagesse, sor¬ tant de la prison du roi, commande à la place du dominateur pervers, tandis que le roi insensé perd l’empire, dont il était revêtu ; ils ont rap¬ porté ce passage à Jésus-Christ et au démon, faisant de l’enfant pauvre et sage la figure de Jésus-Christ. J1 est enfant, selon cette parole: « C’est une grande gloire pour toi d’être appelé mon enfant, » Isa. xlix, pauvre, parce qu’ôtant riche il s’est fait pauvre ; 11 Corint . viii, 9 ; et sage puisqu’il « croissait en âge, en sagesse et en grâce devant Dieu et devant les hommes. » Luc . 11, 52. 11 est né dans le royaume du vieux roi; aussi dit-il : « Si mon royaume était de ce monde, mes serviteurs auraient combattu afin que je ne fusse point livré aux Juifs; mais mon royaume n est pas d’ici. » Joan . xvirr, 36. Cet en¬ fant sans égal est donc né sous le règne de ce vieillard insensé, qui lui montre tous les royau¬ mes du monde avec sa gloire, et dé la demeure des oppresseurs, au sujet desquels Jérémie a dit en ses Lamentations : « Quand les captifs de la terre sont foulés aux pieds, » Tkren . ni, 34, il s’est qnæ omnibus patet : quod melior sit adolesçentulus pauper et sapiens, quam rex senex et insipiens, et quod fréquenter evenit, ut ille per sapientiam suam etiam de carcere regis egrediens, imperet pro dominatore perverso, et rex insipiens perdat imperium, quod te- nebat ; super Christo et diabolo hune locum interpre- tati sunt, quod puerum pauperem et sapientem Christum velint. Puerum juxta illud : « Magnum tibi est vocari te puerum meum. » Isa xlix, 6. Pauperem vero, quia pauper factus est, cum dives esset. Il Cor. vin, 9. Et sapientem, quia « proficiebat ætate et sapientiaet gratia apud Deum et homines.» Luc. îr, 52. Iste natus est in regno senis. Et idcirco dicit : « Si esset de hoc mundo regnum meum, ministri utique mei certarent pro me, ut non traderer^ Judæis ; nunc autem non estdehoc mundo regnum, meum ^ Joan.xw ni, 36. In illius itaque stulti senis regno, qui ostenditei omnia régna mundi et gloriam ejus, natus est optimus puer, et de domo vinculatorum, de quibus Jeremias in Lamentationibus loquitur, dicens : « Ut bumiliaret abstinere. Tanta vero ejus fuit nomioîs fama, ut fubularentur Hebnei, Moysen ipsum ad amliendum Akiban descendisse, ac respondisse interro- ganti ; et Rabbi Abraham Zachpt lib, Succhasin dient, quemadmodum priorem a Moyse, ita Oralem Legern universam Akibœ acceptam referri. Sed et Christiani auctores satis eum luculenter memorant. S. Epiphanius Hreres. ib inter quatuor Jndaicarum Tradilionum Patres recensetvo- catque 6t6àax,a),ov aû'cwv ’Avtt6dv xctXoùp.evov Bapaxiêàv. Magistrum eorum (sc. Judæorum) « Akiban ita appellatnra, son Barakibau. » Eumdemquœ Hœres. 33 vocat (Pa66wtxt6à, Rabbi Ahiba. Ipse etiam Hierouymus eum eæpe laudat, et iu Epistola quidem i 2 J ud Algasiam quæst. 10, Barakibas , inquit ex Hebrceorura sensu, « et Simeon, et Hellel mugistri nostri, etc,; » in Tsaiam vero lib, in, cap. 8 : Akiban-, simplieiter voeans, « Samai et HiUel, ex quibus orti sunt Scribœ et phariscoi, quorum suseopit schclam Akibas, quem magistrum Aquilæ proselyti autumant, a ete. Ex quo etiam colligero licet, floruisse ilium cîrea Adriani tempora. Vide, qiue în laudatum locum Epiât, ad Algasiam, .et în Commentar. in Isaiam nnnotainus. . {Edit. Afign.) 39 COMMENTAIRE DE LMÏCCLÉSÏÀSTE. avancé vers son trône, il est allé dans une contrée lointaine, et quelque temps après il est revenu contre ceux qui ne voulaient pas le laisser ré¬ gner sur eux. L’esprit prophétique montre à l’Ecclésiaste tous les vivants, qui peuvent parti¬ ciper à la gloire de l’enfant qui dit : «Je suis la vie, » Joan . xiv, 6, et suivre le Christ, après avoir chassé le vieux roi insensé. Ce passage fait aussi allusion aux deux peuples d’Israël : le premier a existé avant la venue du Sauveur, et le second doit recevoir l’Antéchrist après Jésus- Christ. Le premier Israël n’est pas absolument rejeté, puisque la primitive Eglise a pris nais¬ sance par les Apôtres parmi les Juifs ; mais à la fin les Juifs, qui accueilleront l’Antéchrist à la place du Sauveur ne se réjouiront pas en Jésus- Christ. « Lorsque vous entrez dans la maison du Sei¬ gneur, considérez où vous mettez le pied, et approchez-vous pour écouter. L’offrande des insensés n’est qu’un sacrifice, pareequ’ils ne con¬ naissent pas le mal qu’ils font. » Eccl. iv, 18, 19. C’est un précepte de conduite; il ne veut pas que nous offensions Dieu en allant ài’église. Le mérite ne consiste pas à entrer dans la maison de Dieu, mais à y entrer sans l’offenser. Si tous ceux qui sont dans l’Eglise pouvaient entendre la parole de Dieu, il n’aurait pas ajouté : « Approchez-vous pour écouter. » Exod. xxiv, 2 et seqq. Moïse seul s’approchait pour entendre Dieu ; les autres sub pedibus ejus omnes vinctos terræ,» Thren . m, 34, processit ad regnum, etabiitin regionem louginquain, et contra eos, qui super se eum reguare uolebant, post aliquantum temporis rex reversus est. Præsago itaque spiritu vidit Ecclesiastes omnes vivectes, qui possunt adoleseentis participes esse, dicentis : «Egosum vita,» Joan. xiv, 6, et vetere stulto rege dimisso, Cbristum sequi. Simulque duo ex Israël populi significantur. Prior qui ante adventum Domini fuerit, et posterior qui Antichristum pro Cbristo suscepturus est : quod prior non penitus sit abjectus (prima quippe Ecclesia ex Judæis, et Apostolis congregatacst) et in fine Judæi, qui Antichristum pro Christo suscepturi sunt, non læ- lentur in Christo. « Custodi pedem tuum, cum vadis in domuin Dei, et appropinqua, ut audias. Donum euim insipientium sacrificium ; quia nesciunt, quod faciunt, malum. » Eccl. iv, 18, 19. Præcçpta dat vitæ, et non vult nos offendere euntes ad Ecclesiam. Non enim ingredi do- mum Dei, sed sine offensione ingredi, laudis est. Et si esset omnium qui sunt in Ecclesia Dei, audire sermo- nem, nunquam addidisset, «appropinqua, nt audias, » n’avaient pas cette faculté. Les insensés ne con¬ naissant pas le vrai remède du péché, croient pouvoir satisfaire à Dieu par des dons et des offrandes ; ils ignorent que cela même est un mal et un péché, vouloir racheter leurs fautes, non par l’obéissance et les bonnes œuvres, mais par les dons et les victimes. L’Ecriture dit ail¬ leurs en ce sens : « L’obéissance est au-dessus du sacrifice; » Reg. xv, 21 ; et encore : « Je veux la miséricorde et non le sacrifice. » Ose, vi, 6. « Ne parlez jamais inconsidérément, et que votre cœur ne se hâte point de proférer des pa¬ roles devant Dieu; car Dieu est dans le ciel, et vous sur la terre; c’est pourquoi parlez peu; le rêve naît de la multitude des pensées, et l’on reconnaît l’insensé à l’abondance inutile des pa¬ roles. » Eccl. v, 1, 2. La plupart pensent que ce passage nous enjoint de ne pas promettre faci¬ lement devant Dieu, et de ne pas faire inconsidé¬ rément vœu d’accomplir ce qui est au-dessus de nos forces. Dieu est présent partout; bien qu’il paraisse être dans le ciel et nous sur la terre, il entend tout ce que nous disons et notre témérité ressort de l’abondance inutile de nos paroles. D’autres donnent une interprétation meilleure. Salomon nous prescrit, disent-ils, de ne pas .nous prononcer sur Dieu plus qu’il ne convient, tant en paroles qu’en pensées; reconnaissons notre faiblesse, et qu’il y a aussi loin de notre ju¬ gement à sa nature que de la terre au ciel; aussi Exod. xxiv, 2 et seqq. Deuique Moyses solus prope accedebat ad audiendum Deum : cæteri accedere non valebaut. Quod stultinescientes remedium essepeccati, æstimant oblatione munerumDeo satisfacere se posse, et ignorant hoc quoque malum esse, atque peccutum, non obedieutia et operibus bonis, sed donis, et victi- mis emendare vell'e, quod fecerint. Huic congruiL illud quod alibi dicitur: « Obedientiam super sacrifi¬ cium. »I Reg. xv, 21. Et: « Misericordiam volo,et non sacrificium. » Os ee yi,6. « Noli fostinare in ore tuo, et cor tuum non festinet ad proferendum verbnra in conspectu Dei, quia Deus in cœlo, et tu super terram. Propter hoc sint verba tua pauca, quia veniet somnium in multitudine solli- citudinis, et vox insipientis in multiplicatioue sermo- num. » Eccl. v, 12. Plerique arbitrautur hoc in præ- senti loco præcipi, ne coram Deo facile aliquid promittamus, et sine consideratione virium voveamus ea quæ explere non possumus. Àdesse quippe præsen- tem Deum, et licet ille in cœlo, nos esse videamur in terra ; tameu audire, quæ loquimur, et insipientïam nostram argui ex multiplicatione sermonum. Alii vero SAINT JÉROME. 10 devons-nous modérer nos paroles. Comme celui qui est tourmenté d’une foule de pensées, songe souvent les choses qui le préoccupent; ainsi tombe dans la folie celui qui veutraisouner trop dé la divinité. Or, assurément voici le sens: Nous devons parler peu, parce que même les choses que nous croyons savoir, nous les voyons dans un miroir et sous des images obscures, et que nous n’embrassons comme dans un songe ce que nous pensons tenir. Si nous parlons beau¬ coup, ce sera selon notre vision, et notre dis¬ cours aboutira à prouver notre folie, puisque nous serons tombés dans le péché par paroles inutiles. « Si vous avez fait un vœu â Dieu, ne différez point de vous en acquitter, les insensés sont seuls infidèles. Accomplissez tous les vœux que vous aurez faits. Il vaut mieux ne faire point de vœux que d’en faire et de ne pas les accom¬ plir.. » Eccl. v, 3, 4. Le sens simple est facile à déduire. 11 vaut mieux ne point promettre que de ne pas tenir ses promesses, parce que ceux qui n’accomplissent point leurs vœux déplaisent à Dieu et sont comptés parmi les insensés. Quand il dit : « La volonté n’est pas sur les insensés, » il sous-entend « de Dieu, » comme dans cette pa¬ role de l’Apôtre : « Et la volonté n’a pas été que je vinsse maintenant vers vous. » I Corinth. xvi, 22. Si nous voulons montrer un sens plus pro¬ fond, il est prescrit au chrétien de compléter la melius intelligentes, lioc præcipi af6rmant, ne aut loquentes, aut cogitantes plus de Deo quara possumus, opinemur; sed sciamus irabecillitatem nostram, quod, quantum distat ccelum a terra, tantum nostra opinatio a natura illius scparetur ; et idcirco deberc verba nos¬ tra esse moderata. Sicut enira qui in multis cogitatio- nibusest, ea somniat fréquenter, de quïbus cogitât; ita qui plura voluerit de divinitate disserere, incidit in stultitiam. Vel certe sic : Verba nostra pauca ideo esse debere, quod etiamea quæ nosse nos arbitrnmur, per spéculum videraus et in ænigmnte, et velut som- nium comprehendimus, quod tenere nos æstiraamus. Curaqne plura ut visura nobis fuerit dixerimus, finem dîsputationis nostrao esse stultitiam. Ex multiloquio enira nos non efîugcre peccatnm. « Cura votum feceris Deo, ne moreris reddere illud, quia non est voluntas in insipientibus, Quæcumqne voveris, redde. Meliuscstnon vovere, qua.ra vovere, et non reddere. » Eccl . v,3, 4. Simplex intelligentia interpretatione non indiget. Melius est non promit- tere, qnnm promissa non facere, quia displiceunt Deo, et inter insipientes computentur, qui vota non expleaut. loi par les œuvres, et de ne pas être semblable aux Juifs, qui promettaient et disaient: « Nous ferons tout ce que Dieu nous a ordonné, » Exod. xxxi v, 3, et qui adorèrent les idoles, et, après avoir frappé de verges et lapidé les servi¬ teurs, mirent à mort enfin le fils même du père de famille. Mieux vaut tenir longtemps sa pen¬ sée en suspens, que d’être facile à promettre et lent à exécuter. Le serviteur qui a connu la volonté de son maître et qui ne l’a point exécu¬ tée, sera rigoureusement châtié. Lac. xn, 47. « Que la légèreté de votre langue ne vous soit point une occasion de péché, et ne dites pas en présence de l’ange : Il ne me voit pas, de peur que Dieu, irrité par vos paroles, ne détruise tous les ouvrages de vos mains. » Eccl, v, 5. Mon pré¬ cepteur hébreu coin mente ainsi : Ne promettez pas ce que vous ne pouvez tenir. Le vent n’em¬ porte pas vos paroles ; l’ange, que chacun a reçu pour gardien, les porte aussitôt au Sei- gueur, et vous, qui croyez que Dieu ignore votre promesse, vous le provoquez à la colère et au renversement de tous vos ouvrages. En ce qui est dit : « Ne livrez point votre bouche, afin qu’elle ne soit pas pour votre chair une occasion de péché, » mon maître, analysant avec soin la double négation, comprenait ainsi : Ne livrez point votre langue, de peur de pécher. Pour nous, nous apercevons un autre sens. L’Ecclé- siaste reprend ceux qui se plaignent de la fragi- Quod autern ait : « Nou est voluntas in insipientibus » subauditur, Dei, juxta illud Àpostoli : I Cor. xvi, 22 : « Et utique non fuit voluntas, ut nunc venirem ad vos, » Quod si volumus et euriosius aliquid dicere, prsecipitur Christiano, ut üdem opéré comptent, etnon ait similis Judæorum, qui spondentes atque diccutes : a Omnia quæcmnque Dominas præcepit, faciemus, » Exod. xxiv, 3, adovaverunt idola. Et posi verberatos servos, et lapidibus oppressos, novissime ipsum quoque patrisfamilias filium trucidaverunt. Melius est ergo aneipitem dîu librare sententiam, quam in verbïs fa- cilem, in opéré esse diffkilem. Servus enim qui scit voluntatem Domini sui, et nou faciat enm, vapulabit multis. Luc . xir, 47. « Non des os tuum, ut peccare facias caruem tuam. Et ne dixeris in conspectu angeli , quia iguorantia est ; ne irascatur Deus super vocem tuam, et diaper- dat opéra manuum tuarum. » Eccl. v, 5. Hebraeus ita sensit : Quod non potes facere , ne promittas. Non enim in ventura dicta transeunt, sed a pres¬ senti angelo, qui unicuique adhæret cornes, stntim elferuntur ad Dominum. Et tu qui pulas îgnorare 41 COMMENTAIRE DE L’ECCLÉSIASTK. lité de la chair, et prétendent qu’ils sont con¬ traints parla nécessité du corps de faire ce qu’ils ne voudraient pas, Rom. vu, 1 5, et le reste. Ne cherchez pas, dit-il, de vains prétextes, qui vous sont une occasion de péché; ne dites pas: Ce n’est pas moi qui pèche, c’cst le péché qui ha¬ bite dans ma chair. Enfin là où il est écrit : « Ne dites pas en présence de l’ange qu’il y a igno¬ rance de vos actes, » Aquila, interprétant le mot hébreu Segagà, au lieu d'ignorance & mis dtxoütno v, c’est-à-dire, c’est involontaire. En parlant 'ainsi, ajoute-t-il, vous accusez Dieu d’être l’auteur du mal et du péché, et dans sa colère, s’il voit que vous possédiez quelque bien, il vous le retire ; ou certainement, dès . que vous pensez ainsi, il vous livre à un sens réprouvé, et vous faites ce qui ne convient pas. « De la multitude des songes naissent les va-' nités et l’abondance inutile des paroles. Craignez Dieu. » Eccl. v, 6. Voici comment les Hébreux raisonnent sur ce passage. Ne faites pas ce qui vient d’être dit, de peur de croire facilement à des chimères. Lorsque, pendant le repos de la nuit, vous avez des visions diverses, et que l’Ame Deum, quod pollicitus es, provocas cum ad iracundiam, ut omnia opéra tua dissipentur. Sed in eo quod ait : « Ut non peccare facias carnem tnain, » Non diligenter eventilans, ita intellexi, quasi dixisset| : Non des os tu u ni, ut non (a) pecees. Nabis vero aller seusus vide- tur, quod arguanturj hi, qui de vil.io carnis queruntur et aiunt, se corporis neoessitale compulsas ea facere quae nolint, socundum illud Apostoli ; Rom. vu, 15 : « Nouenim, quod volo, hoc ago, sed quod nolo, » et cetera. Noli itaque, ait, va nas excusationes quærere, et dare ooensionem caruituæ ad peeenndum, etdicere: Non ego pecco, sed quod habitat iu came uiea pecca- lum. Denique iu eo loco ubi ait : « Ne dïxeris coram angelo, quia ignoranlia est, » Aquila intcrpreluns ver b u m Mebraicum segaga, pro ignora» Ha, àxoüaLov Iraustulit, id est, non spontaneum. Si enim, inquiL, hoc dixeris, Deurn provocas quasi auetorem mali at* que peccati, ut iratus, si quid videris. boni habere, auferat de manibus tuis. Yel certe talia senlientem, f radat iu reprohnm sensum, ut facias eaquæ nou con- 7eninnt. « Quia iu multitudine souinioruin et vnuitnl.es, et verba plurima. Sed Deum time. » Eccl. v, 6. Et hune est agitée de terreurs différentes ou séduite par des promesses, vous méprisez ces images, qui ne sont que des songes. De même, craignez Dieu seul. Celui qui ajoute foi à des chimères, se li¬ vre à des vanités et à des inepties. Autre sens. J'ai donné ce précepte : « Ne livrez pas votre langue, de peur que ce ne soit une occasion de péché pour la chair, » et que vous ne cherchiez de vains prétextes ; j’ajoute maintenant que dans le sommeil de cette vie et que dans l’ombre de ce nuage plein de fantômes au milieu duquel nous vivons, nous pouvons trouver beaucoup de choses qui nous paraissent, à cause de leur vrai¬ semblance, excuser nos péchés. Je vous avertis donc de songer toujours à la présence de Dieu, de le craindre, sachant que son œil voit vos moindres actions ; souvenez-vous que vous avez été créé libre, qne vous ji’ètes contraint en rien et que vous voulez bien ce que vous faites. « Si vous voyez l’oppression sur le pauvre, la rapacité dans le jugement, et les injustices sur la terre, ne yous en étonnez point ; le très- liaut veille surde haut; il y a au-dessus des grands un plus grand qu’eux, et il est roi d’un locum ita Hebræi edisseriint : Nee superiora facias, de quibus jnm dicLum est, ne facile somniis credas. Cum enim diverse videris per nuetcmiam qaietem, et variis anima fueriL exagiLatn, terroribus, sive incitata promis- sis, tu ea conLemne, quæ soninii suut. EL solum Deum time. Qui euim somniis crcdiderir, vanitatibus se et ineptiis tradet. Aliter : Quia dixi atque præcepi : « Non des os tuum, ut peccare facias carnem tuam, » et quæras varias excusationes ; hoc mine infero, quouiam in sornno vitæ isLius, et iu imagine umbræ nubis, qqa vivimus, multa possuauis invenire, quæ nobis verisimilia videanLur, et aosLra excusare peccala. Propterea admoneo, ut id solum caveas, ne . putes ab- se utero Deum, sed eum timeas, et scias cunctis operi- bus Luis adesse præsentem ; teque liberi arbilrii eon- diLum non cogi, sed velle quod facias. « Si. culumniam pauperis, et rapinam judicii, et in- justitias videris in regione, ne mircris super iiegolic ; quia excelsus super excelsum custodit, et excelsiur est super illos et amplins terræin omnibus est rex in agro culto. » Eccl. v, 7. Cliristi tunica contexta desuper, Joan. xix, Luc. vm, nec a crucifigeutibus scindi po- tuit, et eum a quo Sa l va toi* dæmonia ejecerat, Ap os- (a) u Non des os tuum, ut non pecees. » Hio locus ex abaentia particulœ negantis non potest inlelligi in antea editis libris ; neque vero dicere potuit Hieron. Hebræum sunm prœecptorem noa diligenter cvunlilasso quod dicitur, ai ila intellexit quasi Ecelesiustcs dixissol : « Non dos os tuum, ul pecees. » Nrih idem est, ut pecees , ac « ut peccare facias carnem lunai j» iu eo igilur minori diligenlia contextum sacrum oventilavîU Hebrœus, quod putaverit particulam negativam fa, id est, nont oxpressam esse, vol subiutelligendani in !joc loco, vt non pecees . Quæ lectio optime resptmdet interpretalioni superiori ejusdem Kobrsei dicentis, « Quod nou potes facere, no promittas. » Hoc est enim dicere : Ne des os tuum ad proraissa témere facienda, ut quod non potes prouiittns, alque peccos non implendo quæ promisisli. Legamus itaque cum mss. codicibm ut non pecees; quia üoo modo sensus Hobrœi liquidus apparet. üUrtiak. 42 SAINT JÉROME. champ cultivé de plus d'étendue que tous les royaumes ensemble. » Eccl. v, 7. La tunique' de Jésus-Christ étant sans couture et d’un seul tissu, Joan . xix, Luc. vnr, ne peut être coupée par ses bourreaux ; et le Sauveur ordonna à l’homme qu’il avait délivré des démons de s’en aller revêtu du vêtement d’apôtre. Effor¬ çons-nous à notre tour de ne pas couper le manteau de notre Ecclésiaste et de ne pas .rassembler de part et d’autre, selon nos ca¬ prices, des pans d’opinions diverses ; conservons dans la discussion du texte l’unité du sens et l’ordre des idées. II avait dit plus haut : « Ne dites pas en présence de l’ange qu’il ignore vos actions, de peur que Dieu ne soit irrité par vos paroles, » et le reste; il parlait contre ceux qui nient l’administration de l’univers par la Provi¬ dence. Contre son précepte s’élevait une question: Pourquoi les justes souffrent-ils l’oppression, tandis que les injustices sont toutes-puissantes dans tout l’univers, sans que Dieu venge les justes ; il pose maintenant lui-même l’objection et la résout en ces termes : Si vous voyez l’oppres¬ sion surje pauvre, que l’Evangile proclame bien¬ heureux, et la violence dominer partout au lieu de la justice, ne xrnus en étonnez point comme d’une chose nouvelle. Le très-haut au-dessus des plus hauts voit ces choses, Dieu qui a préposé ses anges au-dessus des juges et des rois de la terre. Les anges pourraient assurément empêcher l’in- tolorum indutum vestimentis abire præcepit. Itaque et nos nitumur Ecclesiastæ nostri vestinienta non scin- dere, nec pro vol un ta te nostra opinationum pannos liinc inde consuere, sed unum disputationis sevvaré texturn, et eumdem sensuin, et ordinem sequi. Supra dixerat : « Ne dixeris iu conspectu angeli, qnoniam ignorantia est, ne irascatur Deus super vocem tuam, » et reliqua ; et adversus eos fuerat loeutus, qui negarent providentia res humanas régi. Qliia igitur adversus hoc prteceptum suboriebatur quæslio, quare justi ca- lumniam sustinerent, et quare iniqua fiant in toto orbe judicia, et non est ultor Deus, nunc infert et solvit, quod opponi poterat, dicens : Si videris calumniam pau péris, qui beatus in Evangelio prædicatur, et res vi geri, non justitia, nemireris, et tibi novum aliquid esse videatur. Excelsus quippe super excelsos hæc respicit Deus, qui angelos suos super judices et reges terræ præposuit, quipossunt utique prohibera injustitiam, et magis in terravalere,quamquævishominum potestates. justice, ayant plus de pouvoir sur la terre que puis¬ sance humaine quelle que ce soit; mais Dieu ré¬ serve le jugement pour la fin, à la consommation du monde, quand, la moisson étant mûre et les moissonneurs venus, il ordonnera de séparer le froment, et de livrer l’ivraie aux flammes. Main¬ tenant il attend, il diffère la sentence, jusqu’à ce que le champ de ce inonde ait été cultivé. Pour ce qui est d’entendre le monde par le mot champ, notre Seigneur nous donne l’exemple dans la parabole du froment et de l’ivraie. Matth. xm. «Celui qui aime l’argent n’en sera jamais ras¬ sasié, et celui qui aime les richesses n’en jouira point. C’est encore là une vanité. Où il y a beau¬ coup de bien, il y a aussi beaucoup de gens pour le manger. De. quelle utilité est-il donc à celui qui le possède, sinon qu’il le voit de ses yeux? » Eccl. v, 7, 8. Partout où nous mettons argent, conformément àl’ambiguité du langage grec, on peut écrire aussi pécune, upyypiov signi¬ fiant l’un et l’autre. Or, Tullius rapporte qu’on appelait primitivement pécunieux ceux qui avaient plusieurs pécules, c’est-à-dire, troupeaux, pecora . Ainsi, très-anciennement la pécune était la richesse en troupeaux. Peu à peu par abus, le nom a été donné à l’argent comptant. Il s’agit donc de l’avare, insatiable de trésors, et qui désire d’autant plus avoir qu’il possède davantage. La pensée d’Horace est d’accord avec cette maxime: «L’avare, dit-il, a toujours besoin;» Sed quoniam servut in fine judicium, et in consimir matione mundi, quando cum matura seges fuerit, et messores venerint, jussurus est, ut separetur triticum, et lolium tradatur incendio, ideo nunc exspectat et differt sententiam, quamdiu ager mundi istius excola- tur. Quod autem ager interpretetur mundus, Dominus in parabola zizaniorum et tritici exposait. Matth. xm. « Qui diligit argentum, non implobitur argento, eL qui diligit divitias, non fruetur [eis. Sed et hoc vanitas. In multitudine enim bonorummulti sunt, qui comedunt ea, et quæ est fortitudo habenti illu,nisi ut videat oculis suis? » Eccl. v, 7, 8. Ubicumque argen¬ tum pouimus, secundum Græci sermonis ambiguita- tem, potest et Jpecuuia transferri : àpyüptov quippo utrumquesignificat. Porro Tullius pecuniosos primitus oos dictos refert, qui plura habuissent (a) peculia, id est, pecora. Ita enim ea antiquitus appellabant. Pau- latim autem per abusionem nomen ad aliud devolu- tum est. Avarus igitur describitur, quod nunquam (a) h Poito Tullius pecimiosos, » etc. Pecuoiosoruin et locupletuna proprietatem, inquit Noüius, aperuit M. Tullius de Seueetute a pecore peuuuiosos, et a possessiouibus locoruni locupletes oppellatos aesereus, multaque dilioue ovium et boum, quod luuu erat res iu poctoie et loco- vum possessionibus, ex quo pecuniosi et^ocupletes vocabantur. Mauttan. 43 COMMENTAIRE DE L’ËCCLÉSIASTE. Epis toi. i ad Lo Ilium ; u ni la disette ni T abon¬ dance ne diminuent F avarice, » a dit nn illustre historien. Ainsi, continue l’Ecclésiaste, les ri¬ chesses ne servent de rien à leur possesseur, si¬ non qu’il voit de ses yeux ce qu’il possède. Plus sa fortune sera considérable, et plus il y aura de gens pour dévorer les épargnes faites. Pour lui, il ne peut que voir ce qu’il a sans qu’il lui soit possible de prendre plus de nourriture qu’il n’en faut à un seul homme. « Le sommeil est doux à celui qui travaille, qu’il ait peu ou beaucoup mangé ; le riche est si rempli de viandes, qu’ilnepeut dormir.» Eccl.v, 9. Il s’agit encore du riche et de l’avare compa¬ rés à l’homme qui travaille. Celui-ci dort exempt do solücitude, qu’il ait peu ou beaucoup mangé, en ce que les fatigues du travail activent la di¬ gestion de n’importe quel mets et qu’il jouit lui- même d’un doux sommeil. Le riche, au contraire, distendu par les viandes, et tourmenté en tous sens par ses pensées, ne peut, dormir, tant il regorge de boissons et de chère indigeste bouillonnant dans les étroits passages de l’estomac. Or, on appelle aussi sommeil notre commun départ de cette vie; le repos de celui qui travaille en ce opibus expleatur, et quanto plus habuerit tanto plus cupiat. Klacoi qnoque (a) super hoc concordaute sen- tentia, qui ait, (Iforat. I. i, Ephtolar.> episl. 2, ad Lol- tium : Semper avanis eget. et uobilis historici, (è)quod avaritia,juequeiuopia, neque copia minuatur. Nihil ergo, iuquit Eeclesiastes, pro- sunt divitiæ possidenti, nisi hoc solum ut videat quæ possidet. Quanto enim major fuerit substantia, tanto plures minislros habebit, qui opes dévorent congrega- tas. Ule autem videat tantum, quod habet, et plus quarn unius Uominis cibus capere non posait. « Duleis somnus operanti, sive paululum, sive plus comederit. Et saturitasdivitis non sinit eum dormire. » Eccl. v, 9. Adhuc de divite et avaro sermo est, et com- paratur operanti, et absque sollicitudine dormienti, si¬ ve parurn, sive multum comederit, quod ille Jabore operis et sudore qualemvis cibuui digérât, et dulci soinno perfruatur. Dives vero distentus dapibus et co- gitationibus in diversa laceratus, dormire non valcat, monde et vaque aux. bonnes œuvres selon ses forces sera donc meilleur que celui des riches dont il est écrit : « Riches, malheur à vous, parce que vous avez|reçu votre consolation.» Luc. vi, 24. « Il y a un plus grand mal que j’ai vu sous le soleil : des richesses conservées pour le malheur de celui qui les possède, et qui périssent en le déchirant de mille soins cuisants, en sorte qu’il aura mis au monde un fils qui sera réduit à une extrême pauvreté. Cet homme est sorti nu du sein de sa mère, et il s’en retournera nu, comme il Adnt, sans rien emporter de son travail, sans que rien s’en aille en ses mains. C’est là vrai¬ ment une misère bien déplorable ; il s’en retour¬ nera comme il est venu. De quoi donc lui sert d’avoir tant travaillé dans le vont ? Tous les jours de sa vie il a mangé dans les ténèbres, et dans les tourments sans nombre, et dans les chagrins amers, jusqu’à en être malade. » En cl. v, 10-15. Joignez ce passage à ce qui pré¬ cède. Le riche de l’Ecclésiaste est celui qui ne peut pas jouir lui-même de ses richesses pour lesquelles il est souvent entraîné à sa perte, ni laisser à un héritier ce qu’il a ramassé ; et lui- même et son fils s’en retournent nus au sein de redundante crapula et incocto cibo iu stomach; an- gustiis æstuante. Porro, quia somnus et cominunis de hac vita exilus appellatur, melior erit requies ejus qui operatur in præseuti, et secundum vires suas in bonis operibus conversatur, quam eorum divitiæ, et de qui- bus scribitur : « Væ vobis divitibus, quia recepistis eonsolationem vestraru. » Luc. vi, 24. « Est languor pessimus, qnem vidi sub sole, divitias custodiri a domino in mulunt ejus. Et perieruut divi- tiæ illæ in distentione pessima. Et genuit filium, et non est in manibus ejus quidquam. Sicut exivit de utero matris suæ, nudus revertetur, ut venit, et nihi] tollet laboris suï, ut vadatin mauibus ejus. Sed et hoc languor pessimus, quia sicut venit, sic et vadit. Quid ergo habebit ampli us, quia laboravit in veutum ? Et omnibus diebus suis in tenebris comedet, et in iudig- natione plurima, et in iuilrmitate, et in iracundia. » Eccl, v, 10, 15. Cum superiore junge quod seqüitur, Ecclesiaste divitem describente, qui necipse possitsuis divitiis perfrui, et crebro propter ens in discriinen ve- (fi) « Fluccî rjuoquû auper hoc. » etc. Flaccus, id eat, Hor&tius Epistolarum lib. t, epist. 2, ûd .LoIlium : Spérne ooluptates , nocet empta dolore voluptas. Sempei- ayants eget. Certum voto pele finem. Inuidits alterius rébus mavrescit opitnis. Martian, (6) « Kt uobilis historici. ,. Eadem replicat in Epitaphio Paulæ matris, dicens : « Ne consuetudine pins habendi praïjorot loeum. avaritiœ, qiuo nnllis expletnr opibns, et quaulu auoplms habuerit, plus reqnirit, ot ueque copia, neque inopia roiuuitnr. s Verba sunt Sallustii do conjurutioue ('ulilioæ, pag. 8 et 9, ubi nobilis Historicus ait : « Huic quia bouœ urtes desunt, dolis atque fallaciis contendit, avadtia pecuniæ atudium habet, quam nemo sapiens concupiviL Et quasi venenis malis imbvita, corpus animmnque virilem efiemiuat : semper infinita, insaliabilis est, ticque copia, neque inopia minuitnr. Martian. 44 SA.ÏNT JÉRÔME. la terre, comme ils sont venus, et aucun fruit cle leur travail ne les y accompagne. N’est-ce point la misère la plus déplorable que d’être ainsi tour¬ menté par la soif des richesses et d’acquérir par un labeur inutile, dans la tristesse, dans les gé¬ missements, dans l'irritation, dans les procès, des biens périssables, que nous ne pouvons pas emporter avec nous en mourant? Voilà le seus littéral. A un point de vue plus élevé, l’Ecclè- siaste me paraît parler des philosophes ou des hérétiques, qui rassemblent pour leur malheur les richesses des dogmes, dont après les avoir trouvées, ils ne peuvent retirer quelque utilité pour eux -mômes, ni léguer un fruit éternel à leurs sectateurs. Eux-mêmes et leurs disciples re¬ tournent dans la terre, et perdent ces richesses selon celui qui a dit : « Je perdrai la sagesse des sages, et je réprouverai la science des savants. » I Corinlh. ], 19. Et vraiment, nus' ils sont .sortis du sein de leur mère, c’est-à-dire, d’une Eglise d’erreur opposée à celle dont il est écrit : « La Jérusalem cl’en haut est libre, et c’est elle qui est notre mère, »Galals. iv, 26, et nus ils retour¬ neront au vent, après avoir travaillé en vain. Ils se sont noyés en sondant le grand secret; Fsalm. Lxui, 7 ; emportés à tout vent de doctrine, ils n’ont pas la lumière et mangent leurs mys¬ tères dans les ténèbres. Ils sont toujours dans la maladie, toujours dans l’ irritation, thèsauri- uiat, nec hæredi, quod congregavit, reliuquat; sed et ipse et ülius ejus, sicul venerunl nudi revertaulur in terrain, et nihil eos suorura coinitetur luborum. Non¬ ne enim languor est pessimus, pro divitiis cogil.atione torqueri, et péri tu r*. a opes, nec quas uobiscum possu- mus au ferre inorieutes, in Lristitia, in getnitu,in indig- natioue, iu lilibus,cHsso labore conquirere ? Et hæe se- cunduni simplicein sensum. Cæterum ut altius eleve- mur, de pbilosophis mihi videtur, vel hæretieis dicere, qui congregant divitias dogmatum in malurn suum, et □ee repertores utilitatem possunt aliquam consequi, nec seetaloribus suis fructum relinquere perpetuum. Sed et ipsi et discipuli vertuntur in terram, elperdunt divitias ab eoquidixit : « Perdam sapientiam sopien- tiura, et prudentiam prndentium reprobabo. » 1 Co>'. i, 19. Vere quippe, sicut egressi sunt de utero matris suæ, de perversa videlieet Ecclesia, ejusque contraria, de qua scriptum est : « Quœ autem sursum est Jéru¬ salem, libéra est, quœ est mater omnium nostrum, » Galal. iv, 26, sic midi vadent in ventum, et in nihi- lum laborantes. Qui defeceruct scrutantes scrutiüio, Psal. Lxm, 7, et feruntur omni vento doctrinæ, nec babent luce.rn, sed in tenebris sua conaedunt sacra- sant devers eux la colère pour le jour de la colère, et n’ayant pas Dieu propice. « J’ai donc jiigé que le bien, le souverain bien est de manger et boire, et de chercher le plaisir, dans tout travail sous le soleil, pendant les jours de la vie que Dieu a donnés à l’homme ; tel est notre lot. Cela même est un don de Dieu, qua tout homme, à qui Dieu a donné les richesses et l’abondance, il ait accordé le pouvoir de s’en nourrir, et de prendre sa part, et de se réjouir en son travail. Cet homme se souviendra peu des jours de sa vie, parce que Dieu occupe son cœur dans la joie. » Eccl , y, 15-18. A. celui qui mange ses biens dans les ténèbres des chagrins et porte avec grand ennui le fardeau de soins périssables, l’Ecclésiaste préfère celui qui jouit du fruit de son travail. Ici, il y a du moins quelque jouissance dans l’usage, tandis que là, il n’y a que l’abîme des sollicitudes. 11 explique comment le pouvoir cle jouir de ses richesses est un don de Dieu : cet homme « se souviendra peu des jours de sa vie. « Dieu en elfe t l’appelle dans la joie de son cœur; il ne sera pas dans la tristesse, les pensées ne le tourmenteront point, il sera tout à sa joie et à son bonheur présent. Mais il est mieux de rap¬ porter ce passage, conformément à l’Apôtre, II Corinih. x, 3, à la nourriture spirituelle et à la spi¬ rituelle boisson que Dieu nous a données, et de voir le bien en tout notre labeur, parce que, grâce inenta. Semper in infîrmitate, semper iniracuudiusunl thesourizautes sibi ira ni in die iræ, nec h ab eu tes pro- pitium Deum. « Ecce quod vidi ego bonuin, quod est optimum, co¬ nfédéré, et bibere, et ceruere jucunditatem in omni labore suo, quo inboravit sub sole, numéro dierum vitæ suæ, quos dédit ei Deus, hæc quippe est pars ejus. Sed et ornais liomo, cui dédit, Deus divitias el substantiam, concessitque ei, ut vesceretur ex eis, et tolleret partem suam, et lætaretur de labore suo, hoc Dei donum est. Non enim multum recordabitur die¬ rum vitæ suæ, quia Deus occupai, iu lætitift cor ejus. » Eccl., v, 15-18. Ad comparatiouem ejus, qui opibus suis in curarum tenebris vescitur, et cura grandi vitæ tae- dio peritura comportât, meliorem dicit esse eum, qui præsentihus fruitur. Hic enim vel pnrva voluptas est in fruendo, ibi vero solliciUidinum tantmnmodo ma- gnitudo, Et reddit causas, quare Dei donum sit frui posse divitiis. Quoniam, « non multum recordabitur dierum vitæ suæ. » Avocat quippe eum Deus in læti- tia cordis sui ; non erit in tristitia, nun cogitatione vexabitur, abductus lætitia et voluplate præsenti. Sed melius est juxta Apostolum, I Cor. x, 3, spirilualein COMMENTAIRE DE L’ECCLÊSIASTE. à la persévérance dans le travail et l’étude, nous pouvons contempler les vrais biens. Notre lot ici- bas consiste à nous réjouir en nos études et en nos œuvres. Quoique ce soit un bien, ce n’est pas encore le bien absolu, jusqu’à ce que Jésus-Christ notre vie se soit manifesté. Aussi Dieu se souvien¬ dra-t-il peu des jours de notre vie. Notons qu’ici TcsfjHTircuTuàç est pris en bonne part, dans le sens d’occupation spirituelle enfantant la vraie joie. « J’ai vu aussi sous le soleil un mal fort ordi¬ naire parmi les hommes. Il y a tel homme à qui Dieu a donné des richesses, du bien, de l'hon¬ neur, en sorte qu’il ne lui manque rien de tout ce qu’il peut souhaiter ; mais Dieu ne lui donne pas le pouvoir d’en user, et un étranger dissipe tout. C’est là une vanité et une grande misère. Alors même qu’un homme engendrerait cent en¬ fants, vivrait beaucoup d’années et ajouterait les siècles de sa vie comme on ajoute les jours, si son âme ôtait insatiable de biens et qu’il n’eût pas même un tombeau, je dis que son sort serait pire que celui d’un enfant mort-né. Il est venu en vain, il marche dans les ténèbres et son nom tombera dans les ténèbres ; et celui-ci a plus de repos que lui, puisqu’il n’a ni vu ni connu le so¬ leil. Vivrait-il deux mille ans, dès qu’il ne voit pas le bien, est-ce que toutes choses ne sont pas au même lieu?» Eccl. , vi, 1-6. Il parle du riche avare. C'est, dit-il, un mal fréquent parmi les hommes qu’il ne manque rien à cet avare de tout eacam et spirü.ualem potum a Deo datum inlelligi, et videre bonitatem ia omni labore suo, quia ingenti labore et studio vera possumus contemplari bona. Et hæc est pars nostra, ut in nostro studio et labore lætemur. Quod licet bonum sit, tamen, donec Chris- tus manifestelur vita nostra, necduin plene bonum est. Et ideo non multum recordabitnr Deus dierum vitæ noslræ. Notandum quoque, quod hic 'irepLcnraajjLoç in meliori parte accipitur pro occupatione spiritualis verseque lœtitiæ. « Est malum, quod vidi sub sole, et frequens apud hommes. Vir cni dédit Deus divitias, et snbstantiain, etgloriam, et nihil deest animæ ejus ex omnibus, quæ desideravit, et non dédit ei Deus potestatem, ut man- ducaretex eo, sed vir alienu3 comedit illud. Hæc va- ïiitas e3t et lauguor pessimus. Si genuerit vir ceutum, et aunis’multis vixerit, et plures fuerintdies annorum ejus, et anima ejus non repleatur bonis, nec sepulcrum fuerit illi, dixi melius ab eo esse abortivum. In vanita- te quippe venit, et in tenebris vadit, et in tenebrisno- men ejus abscondetur. Et quidem solein non vidit, nec cognovit, requies huic mugis quam illi. Et si vixe- ce qu’on regarde en ce monde comme des biens, et que cependant il se condamne à la plus sotte des parcimonies, gardant à d’autres ses biens à dévorer. Il ajoute hyperboliquement que, en¬ gendrerait-il cent enfants et vivrait-il, non pas près de mille ans, comme Adam, mais deux mille même, si son âme est en proie à l’avarice et à la cupidité, son sort est beaucoup plus à plaindre que celui d’un enfant mort-né. Celui-ci n’q, vu ni les biens ni les maux ; l’autre au contraire, au milieu de l’abondance, a toujours été le martyr de ses tristesses et de sa pensée. L’enfant mort-né a donc plus de repos que cet avare qui vit si long¬ temps ; et pourtant une mêmefin leur est réservée, puisqu’ils deviennent également l'un et l’antre la proie de la mort. Tout cela peut s’appliquer à Israël, à qui Dieu avait donné la Loi, les Prophè¬ tes, le Testament et la promesse, et dont le Sau¬ veur a dit : « Le royaume de Dieu vous sera ôté et sera donné à unpeuplequienporterales fruits.» Malt, xx t, 43. Tous ces biens ont été transportés à un peuple étranger, aux plus lointaines nations, et les Israélites voient leurs biens et n’en jouissent pas. Notre condition est bien meilleure, à nous, qu’ils regardaient comme des enfants morts-nés ou comme des nourrissons, pendant qu’ils s’ap¬ plaudissaient de leur haute antiquité, se glorifiant de leurs ancêtres et disant:» Abraham est notre père ; » Joan . via, 39 ; et cependant nous allons eux et nous vers le même lieu, c’est-à-dire, vers le rit mille annos duplices, et bonitatem non vidit, non- ne ad locum imum omnia properaut? » Eccl., vi, 1-6. Describit avarum divitem, et hoc maluin frequens esse in hominibus asserit, quod nihil eoram, quæ in mnn- do puLàntnr bona, ei desit, et nihilominus stultissima parcitate se erneiet, aliis devoranda couservans. Necnon et illud hyperbolice adjicit, quod etiam si centum liberos procreaverit, et non, ut Adam, prope mille, sed duobus millibus vixerit annis, et anima ejus cupiditate et avarilia contabescat, multo deterio- ris conditionis sit abortivo, qui slntim ut natus vide- tur, interiit. I lie enim nec mala vidit, nec boua ; iste vero, cum bona po3sederit, semper tristil.iis et cogitu- tione cruciatus est ; magisque requiem habeat nborti- vus, quam avarus ille longævus, cl. tamen ambo æquali fine rapiautur, dum et hic et ille morte simili subtrobuntur. Polest hoc et de Israël accipi, quod de- derit illi Deus Legem et Prophetas, Testamentum et repromissionem, Salvatore dicente : « Quia auferetur a vobis regnum Dei, et dabitur genti facienti fructus ejus. » Mail. xxi, 43. Hæc omnia ad aiienum et pere- grinum de gentibus translata sintpopulum, et videant SAINT JEROME. 46 jugement de Dieu. Ces mots du milieu : « Il n’eut même pas un tombeau, » ou bien signifient que ce riche ne pense pas à la mort, et se montre avare même pour la construction de son tom¬ beau, lui qui a tous les biens ; ou que périssant dans les embûches, à cause de ses richesses, ce qui arrive souvent, il demeure sans sépulture ; ou, selon un sens qui me semble meilleur, qu’il n’a l'ait aucune bonne œuvre qui puisse faire vi¬ vre sa mémoire dans la postérité et sauver sa vie de l’oubli où tombe celle de la brute, alors qu’il avait tant de moyens de laisser des traces de son passage ici-bas. « Tout le travail de l’bomme est en sa bouche, et son âme n’est point rassasiée. Qu’a de plus le sage que l’insensé, qu’a de plus le pauvre ? 11 sait qu’il va vers la vie. » Eccln vi, 7, 8. Tous les fruits des travaux de l’homme en ce monde, la bou¬ che les consomme, les dents les broient et l’esto¬ mac les reçoit pour les digérer. Quand l’alimenta quelque peu flatté le palais, il paraît nous don¬ ner quelque jouissance tant qu’il n’a pas dépassé le gosier. Dès que ce passage est franchi, toute différence cesse entre les aliments. Et ensuite, l’âme de celui qui mange n’est pas satisfaite ; soit qu’elle désire encore de la nourriture, le sage aussi bien que l’insensé ne pouvant vivre sans manger, et le pauvre ne cherchant que ce qui est indispensable à son maigre corps pour ne pas illi bona sua, et non fruantur. Multoque nos condi- tionis esse melioris, qui quasi abortivi et novelli pu- tabamur ub eis, qui sibi ïn antïquitate applaudebant de patribus gloriantes atque dicentes : « Pater noster est Abraham;» Joan . vni, 39 ; et tamen ad unum locumetnos et illos properare, id est, ad judicium Dei. Quod autem in medio ait : « Et quidem sepulcrum non fuit ei ; » sive hoc significat, quod dives ille de sua morte non cogitet, et cumomnia possideat, etiam in exstructione ôepulcri avarus sit ; sive quod sæpe propter istas divitias occisus insidiis, insepultus abjicia- tur; sive, quod meliusputo, nihil boni facinoris egerit, exquosibi queatapud posteros memoriam comparare, etnonvitam silentio transire, velut pecudes, cum ha- buerit materiam, per quam potuerit apparerequod vi- xerit. « Omnis labor hominis in ore ipsius, et quidem ani¬ ma non implebitur. Quid enim est amplius sapienti a stulto, quid pauperi, nisi scire, ut vadat contra vi- tam? » Eccl.y vi, 7, 8. Omne quod laborant homines in hoc mundo, ore consumilur, et attritum dentibus ventri traditur digerendum. Cumque paululum gulam delectaverit, tamdiu videtur tribuere voluptatem, mourir d’inanition ; soit que l’âme ne retire aucun profit de la réfection du corps, le manger étant commun au sage et à l’insensé, et le pauvre allant où il sait qu’il y a du bien. Toutefois, il est mieux d’entendre ce passage de l’homme adonné aux saintes études, qui, versé dans les Ecritures divines, a tout son travail dans la bouche, et son âme n’est point rassasiée, puisqu’elle désire sans cesse d’apprendre encore. En cela le sage a plus que l’insensé ; se sentant pauvre, comme l’est ce pauvre que l’Evangile proclame bienheureux, il se hâte vers la possession des biens de la vraie vie, il marche dans la voie étroite et difficile qui conduit à la vie, il est pauvre d’œuvres mauvaises et sait où demeure Jésus-Christ qui est la vie. « Il vaut mieux marcher selon la prévoyance des yeux que dans l’âme. Ceci encore est vanité et présomption d’esprit» EccL vi, 9. Symmaque a interprété cela plus clairement : « Il vaut mieux prévoir que marcher selon son caprice ; » c’est-à- dire, il vaut mieux faire toutes choses d’après le bon sens, qui est l’œil de l’âme, que suivre la volonté de son cœur. Ceci est en effet marcher dans l’âme, et à ce propos Ezéchiel a dit : « Ceux qui marchent dans la volonté de leur cœur après les scandales, » Ezech. xi, 21. Ou certainement Salomon blâme le superbe infatué de lui-même, et préfère l’homme qui prévoit tout à celui à qui rien ne plaît que ce qu’il fait lui-même ; rien de quamdiu gutture continetur. Cum vero in alvum tran- sierit, desinit inter cibos esse distantia. Et post hæc omnia, non impletur anima comedentis ; sive quod rursum desiderehquod comedit, et tam sapiens quam stultus absque cibo nequent vivere, et pauper nihil aliud quærat, nisi quomodo (al. quod ) possit organum sui corpusculi sustentare, nec interire inedia ; sive quod nullam utilitatem anima ex refectione corpus- culi capiat, et cibus tam sapienti quam stulto corn- munis sit, et îlluc vadat pauper, ubi opes esse pers- pexerit. Melius est autem hoc intelligi de Ecclesiastico viro, qui in Scripturis cœlestibus eruditus, omnem laborem habetjin oresuo, et anima ejus non impletur, dum semper cupit discere. Et in eo plus habet sapiens, quam insipiens , quia cum pauperem esse se sentiat (pauperem autem ilium, qui in Evangelio beatus di- citur) properat ad ea comprehendenda, quævitæ sunt, et ambulat arctam et angustam viam, quæ ducit ad vitam, et pauper est a malisoperibus, et scit ubiChris- tus qui vita est, commoretur. « Melior est aspectus oculorum super ambulantem in anima. Sed et hoc vanitas et præsumptio spiritus. » Eccl., vr, 9. Dilucide hoc interpretalus esL Symmaclnis, COMMENTAIRE DE L'ECCLÉSIASTK. plus pernicieux que cela et rien déplus vain. Ici encore Symmaque et Théodotion ont rendu par vent dont on se nourrit, et Symmaque par afflic¬ tion d'esprit. Il faut donc savoir que chez les Hébreux esprit et vent se disent la même chose, c’est-à-dire Ruiu. u Qu’est-ce qui doit être? Son nom est déjàpro- noncé et connu; il est homme, et ne pourra pas être comparé à un plus fort que lui. » Eccl. vr, 10. Prédiction manifeste de la venue du Sauveur, en ce que celui qui doit être, avant qu’il ait été vu dans le corps, a déjà été nommé dans les Ecritures et connu des prophètes et des Saillis de Dieu; parce qu’il est. homme et en tant seu¬ lement qu’il est homme, il ne peut se comparer au Père, et il dit dans l’Evangile : « Le Père qui m’a envoyé, est plus grand que moi.» Joa.n. xiv, 28. Aussi dans ce qui suit est-il recommandé de ne pas nous enquérir de lui au delà de ce qui en est écrit, de peur que l’homme ne veuille sa¬ voir plus que l’Ecriture n’en atteste. Lorsque nous ignorons notre propre condition, que notre vie passe comme une ombre et que l’avenir est incertain, il ne nous est pas nécessaire de nous enquérir de choses au-dessus de notre portée. Voici, d’après quelques interprètes, un autre sens de ce passage. Dieu connaît de toute éter- dicens : « Melius est providere, quam ambulare, ut Libet; » id est, melius est juxta sensum cunctu agere, qui animæ est oculus, quam voluntalem cordis sequi. Hoc est enirn ambulare in anima, sicut Ezechiel ait : « Qui ambulant in voluntate cordis sui. » Ezech. xi, 21. Vel certe superbum et sibi placentem arguit, et meliorera dicit esse eum qui cuncta provide, at, quam ilium cui nihil placet, nisi quod ipse fecerit ; quo ni- bil est deterius, et oirmi vento inanius. Rursum et hic « præsumptionem spiritus, » Aqnila et Theodotio, « pnstionem venti, » interpretali sunt ; Symmaclius vero « afflictionem spiritus. » Porro sciendum est, quod apud Hebræos, et spiritus et ventus similiter ap- pellentur, id est, Ruha. « Quid est, quod futurum est? jam vocatum est no- men ejus, et cognitum, quia homo est, et non poterit judicaricum forliore se. » Eccl., vi, 10. Aperte de Salvatoris prædicatur adventu, quod qui futurus est, antequam in corpore cerneretur, jam vocatum est in Scripturis nomen ejus, et cognitum propbetis et sonctis Dei, quia homo sit, et juxta hoc quod liomo est, non possit se conferre cum Pâtre, et in Evangelio dicat : « Pater qui memisit, major me est» Joan. xiv, 28. Unde et in consequentibus præcipitur, ne ultra quam de eo nobis scriptum est, requiramus, ne velit homo plus scire, quam Scriptura testataest. Cum enim 47 nité le nom de tous ceux qui doivent exister et de tout homme qui doit être revêtu d’un corps ; et l’homme ne peut arguer contre son auteur de ce qu’il a été fait d’une manière ou d’une autre. Plus nous nous creusons l’esprit à cet égard, et plus éclate notre vanité dans l’inutilité de nos discours; non, la prescience divine n’enlève rien à la plénitude de notre libre arbitre, et chaque chose est un effet précédé de la cause en vertu de laquelle elle a été faite ce qu’elle est. « Il y a beaucoup de paroles qui ne sont que va¬ nité multipliée par la vanité. Qu’en revient-il de plus à l’homme? Qui sait ce qui est bon pour l’homme en cette vie, dontles jours sont pour un temps'de vanité? Qu’il les considère comme une ombre, personnejne pouvant lui annoncer ce qui sera après lui sous le soleil.» Eccl. vi, ü, 12. L’homme s’ignore lui-même et, loin de voir les choses selon leur réalité, il les connaît dans un miroir, sous des images obscures; il ignore l’a¬ venir et l’abondance des discours stériles le con¬ duit au péché: qu’il impose donc silence à sa bouche, se contentant de croire à la venue de celui qui est prédit, sans s’inquiéter de savoir qui viendra, et comment il viendra, et quelle sera sa puissance. « La bonne réputation vaut mieux que l’huile de statu nostro ignoremus, et vita nostra quasi umbra perLranseat, et futura incerta sint, non nobis expedit, ut majora, quam possumus, inquiramus. Nonnulli' illud in hoc loco significari putant, quod omnium, qui futuri sunt, et hominum corpore circumdandi, jam Deus vocabulum noverit ; nec possit homo respon- dere contra artiûcem suum, quare ita vel ita factussit. Quanto enim amplius quæsierimus, tanto magis osten- di vanitatem nostram et verba superlïua ; et non ex præscienlia Dei liberum tolli arbilrium, sed causas ante præcedere, quare unumquodque sic factum sit. « Quia sunt verba multa multiplicande vanitatem. Quid est amplius homini? Quis enim cognovit quid sit bonum homini in vita, numéro dierum vilæ vani- tatis ejus? et faciet eos quasi umbram, quia qOis an- nuntiabit homini, quid sit post eum subsole? » Eccl., vi, 1d, 12. Cum, inquit, ignoret boncio de statu suo, et quæcumque videtur scire et cernere, non ut se rei babet veritas, sed per spéculum et umbram et imaginem videat, nec futura cognoscat, et in multi- loquio non efiugiat peceatum ; silentium ponat ori suo, et credat eum venisse qui scriptus est, quomodo et quantus, et qualis venerit, non requirens. « Bonum est nomen super oleum bonum, et dies mortis super diem nativitatis ejus. » Eccl., vu, 7. Considéra, inquit, o homo, dies tuos brèves, et quia SAliNT JÉROME. 48 la meilleure, et le jour de la mort est préférable à celui de la naissance.» Eccl. vii, 1. N’oublie pas, ô homme, la brièveté delà vie, la prompte dis¬ solution de la chair, la fin imminente de ton existence; fais-toi une réputation durable, afin que la postérité la plus reculée trouve des char¬ mes à se souvenir de toi, comme l’odorat à re¬ cevoir les senteurs d’un agréable parfum. Sym- maque interprète à'merveille cette maxime : «La bonne réputation, dit-il, vaut mieux que le plus suave parfum.» Les Hébreux en effet avaient cou¬ tume d’étendre le nom d'huile aux parfums pré¬ cieux. Pour les mots : « Et le jour de la mort est préférable à celui de la naissance, » ils signifient, ou qu’il vaut mieux sortir de ce monde, ce qui met. un terme aux tribulations et aux incerti¬ tudes de la vie, qu’y entrer pour y supporter tous ces maux ; ou certainement que ce que nous sommes à la mort est connu, tandis qu’au jour de la naissance on ignore ce que nous se¬ rons; ou bien encore que la naissance rend . l’âme prisonnière du corps, tandis que la mort la met en liberté. « Il vaut mieux aller à une maison de deuil qu’à une maison de festin ; dans celle-là on est averti de la fin de tous les hommes, eL celui qui est vivant donne cet avis à son cœur.» Eccl. vu, 2. U est plus utile d’assister à des funérailles que d’aller à une maison de festin, parce qu’aux funé¬ railles la présence du cadavre nous avertit de la cito esse, soluta carne, cessabis ; fac tibi famam lougio- reua, ut quomodo ungueutum nares odore delectat, sic ad tuum vocabulum çuncta posteritas delectetur, Quod perspicue interpretatus est Symmachus, diceoa : «■ Melius est nomen bonum, quam ungueutum beue olens. » Siquidem moris est Hebrœorum ungueutum bonum, oleum nuncupare. Quod autem ait : « Et dies mortis super diem nativitatis ejus, » vel hoc pstendit, melius esse exire de sseculo, et carere tribulationibus alque incerto vitse statu, quam iugredientcm roundum haec omnia sustinere. Vel certe quod in morte, qua- les simns, notum sit ; in exordio vero nascendi, qui (al. quales) futuri simus, ignoretur. Aut quod nativi¬ tés nlliget corpore (al. corpori) Iibertatem animæ, mors resolvat. « Aleliqs est ire ad domum luctus, quam ad domum convivii, in quo finis est omnis hominis ; et qui vivit, dabit ad cor suum. » Eccl., vu, 2. Utilius est ad exse- quias funeris, quam ad domum ire convivii, quia ibi conditionis nostræ et fragilitatis humante ex prtesenti cadavere commonemur. In convivii autem lœtitia, etiara si quid limons liabere videbamur, aiuiiüuuis. Noviy* fragilité delà condition humaine, tandis que dans la joie d'un festin nous perdons toute crainte, s’il en existait en notre esprit. Symmaque tra¬ duit plus clairement le dernier verset : « Et celui qui est vivant fait un retour sur l’état de son âme. » Ceci prouve que Salomon, quand tout à l’heure il paraissait approuver le boire et le manger, ne mettait pas la volupté au-dessus de toutes choses, comme beaucoup l’en accu¬ sent à tort; il dit seulement que, plutôt que de se laisser aller à l’avarice et à une parcimonie trop grande, il vaut mieux pour un homme jouir ici-bas du fruit de ses travaux, bien que cette jouissance soit éphémère. Il n’aurait assu¬ rément pas regardé la tristesse d'un deuil comme préférable à la joie d’un festin, s’il avait pensé que manger et boire fussent un vrai bien. « Le refrognement vaut mieux que le rire, parce que sous l’abattement du visage le cœur se corrige. » Eccl. vu, 3. Le rire pousse à la dis¬ sipation, l’air sévère réprime et corrige. Soyons sévères à nous-mêmes, quand nous péchons, et sévères aux fautes d’autrui. La tristesse du visage rendra l’âme meilleure, pour nous servir de la traduction de Symmaque ; « malheur » en effet «à ceux rient maintenant, parce que leurs rires seront changés en larmes. » Luc . vi, 25. « Le cœur des sages est dans la maison de deuil, et le cœur des insensés dans la maison de joie. )> Eccl. vm, 4. « Bienheureux ceux qui simum versum apertius interprétâtes est Symmachus, dicens : « Et qui vivit, respiciet ad mentem. » Ex qui- bus approbatur, in eo quod superius cibura et potura visus est approbare, non eum voluptalem rebus præ- ferre cunctis, ut pleriquemale restituant; sed ad eotn- parationem avaritiæ et nimiæ parcitatis, licet breve sit, plus esse, si vel ad raoraentum quis suis opibus perfruatur. Nunquam enim tristitiam luctus, festivitati convivii prsetulîsset, si bibere et vesci alicujus putas- set esse momenti. « Melior est ira quam risns, quia in mœrore vultus emendabitur cor. » Eccl., vu, 3. Risus dissolvit riden- teni, ira corripit et emendat. Irascamur et nobis, si quando peccnmus, irascamur et aliis. Per tristitiam quippe vultus melior fiet animns, ut interpretatus est Symmachus. Et idcirco : « Vfe nunc ridentibus, quo- niam ipsi lugebunt. » Luc. vi, 25. « Cor sapientium in domo luctus, et cor insipien- tium in domo lætitiæ. » Eccl., vu, 4. « Beati, inquit Salvator, « lugente3, quoniam ipsi consolabuntur. » Matth. v, 5. Lugebat et Samuel regem Saul omnibus diebus vitre sure. II Reg. xvi. EtPauhis super eos, qui 49 COMMENTAIRE DE L’ECCLËSIÀSTE. pleurent, » dit le Sauveur, « parce qu’ils seront consolés. » Matth. v, 5. Samuël pleurait sans cesse sur le roi Saül, et S. Paul nous dit qu’il pleure^ ceux qui, après avoir péché, n’ont point fait pénitence. II Corinth. xn, 21. Que le cœur du sage aille donc à la demeure de l’homme sévère à lui-même, dont il pourra tirer des lar¬ mes qui le provoqueront à pleurer ses propres fautes, et qu’il n’aille pas à la demeure de joie, où celui qui enseigne est entouré de flatteurs qu'il trompe et dont il ne cherche pas la con¬ version, mais les applaudissements et les éloges. 11 faut plaindre un tel précepteur, riche en gloire mondaine et riche en paroles; puisqu’il est ras¬ sasié, c’est qu’il a reçu son salaire. Au reste, les versets qui suivent sont d'accord avec cette explication. Il dit : « Il vaut mieux être repris par un homme sage que d’être séduit par les flatteries des insensés. Le sourire de l’insensé ressemble au pétillement des épines allumées sous la marmite. C'est là encore une vanité. » Eccl. vii, 5. Il vaut' mieux en effet être repris par un homme sage qu’être trompé par les caresses d’un flatteur. C’est en d’autres termes ce proverbe : « Les blessures qu’on re¬ çoit de celui qui aime, valent 'mieux que les bai¬ sers trompeurs de celui qui hait. » Prov , xxvu, 6. Gomme les épines allumées sous la marmite produisent un bruit désagréable et vain, ainsi post peccata varia noluerant agere pœnitentiam, lugere se dicit. II Cor. xii, 21. Cor igitur sapientis vadat ad domum talis viri, qui se corripiat delinquentem, ut adaucat ad lacrymas, qui provocet propria flere pecca¬ ta, et non eat ad doraum lætitiæ, ubi doctor adulatur, et decipit, ubi non conversionem audientium, sed et plauaus quærit et laudem. Talis præceptor plangitur, dives in sermone, dives in verbis, qui quia saturatus est', propterea recipit consolationera snam. Denique lmic expositioni etiam sequentes versiculi concordant. Ait enim : « Melius est audire correptionem sapientis, super viram audientem carnem stultorum. Quia sicut vox spinarum sub olla, sic risus stulti. Sed, et hoc vani- tas.» Eccl., vu, 5. Melius enim est a sapiente corripi, quam adulatione decipi blandiente. Gui simile est illud : « Meliora suntvulnera amici, quam voluntaria oscula inimici. » Prov. xxvu, 6. Sicut enim vox spina¬ rum ardentium sub olla strepitum reddit insuavem ; sic et palpantis magistri verba non proderunt, vel ad curas sæculi, quæspinæ interpretantur, auditores suos cohortantis, vel futuro eos incendio præparantis. Sym- machus pro eo quod nos posuimus : « Quia sicut TOM. IV. seront inutiles les paroles du maître qui flatte, soit parce qu’il exhorte ses auditeurs aux préoc¬ cupations du siècle figurées par les épines, soit parce qu’il les conduit au feu éternel. Au lieu de traduire par : « Le sourire de l’insensé ressemble au pétillement des épines allumées sous la mar¬ mite, » Symmaque, interprétant le sens que nous avons précédemment exposé, a dit: « La voix des insensés charge de chaînes ceux qui l’écoutent, » c’est-à-dire, celui qui écoute la voix de tels précepteurs se rend de plus en plus esclave de ses péchés, dont il resserre les liens. « La calomnie trouble le sage, et tarira la source de sa force. » Prov. ix, 8. Entendez qu’il s’agit du sage qui progresse encore, conformé¬ ment à cette parole : «Reprenez le sage, et il vous aimera. » La sagesse parfaite ne saurait être reprise et ne s’émeut d’aucune calomnie. Rap¬ pelons-nous ce trait, lorsque nous voyons l’homme juste et sage en butte à la calomnie se troubler de l’iniquité qui l'atteint et Dieu ne pas lui venir en aide. Les Septante, Aquila et Théo- dotion disent bien : « Perdra le cœur sut «utûu, )) c’est-à-dire, « de sa force, » ou « de sa vigueur. » Symmaque dit : « Matthana. rurft, c’est-à-dire, le présent perdra son cœur. » Il fait suivre le mot hébreu dé son interprétation, et en déduit ce sens écrit ailleurs : « Les pré- vox spinarum sub olla, sic risus stulti, » hune sensum interprétons quem supra disseruimus, ait : « Per vocem enim imperitorum vinculis quispiam colliga- tur, « hoc est, ad vocem talium præceptorura magis auditor innectitur, dum vinculis peccatorum suorum unusquisque constringitur. « Calumnia conturbat sapientem, et perdet corfor- titudinis ejus. » Prov. îx, 8. Nunc sapientem in pro- fectu positum accipe, sec un d uni illud : « Argue sa¬ pientem, et diliget te. » Sapiens quippe perfectus, nulla argutione indiget, nulla calumnia conturbatur. Dtamur hoc versiculo, si quando justum virum atque sapientem videmus calumniam sustinere, et lurbari de iniquitate judicii, nec Deum statim subvenire præsen- tem. Pro eo vero, quod Septuaginta, et Aquila, et Tlieodotio interpretati sunt, « perdit cor » euTovîoct; «u- toü, id est, « fortitudinis, » sive « vigoris ejus ; » Sym- machus ait : «Et perdit cor matthana rODÏS, id est, donum ; » tam verbum Hebraicum, quam interpretalio- nem ejus copulans, et faciens ilium sensum, qui ali¬ bi scriptus est : « Excæcant munera etiam sapientium oculos. » Deut. xvi, 19. « Melius est novissiinum sermonis, quam principium 4 SAINT JEROME, 50 sents aveuglent môme les yeux, des sages. » Beut. xvi, 19. « Il vaut mieux la fin que le commencement du discours.» Eccl. vii, 6. La péroraison vaut mieux que Texorde; avec celle-là finissent les soucis de l’orateur, qui commencent avec celui-ci. Ou certainement: Commencer d’entendre la pa¬ role, c’est aller à son maître, c’est être encore au début ; entendre la fin, c’est être accompli, par¬ fait. On peut encore comprendre dans ce sens : Tant que nous sommes au monde, tout ce que nous savons n’est que commencement de science; lorsque la perfection de la science viendra, c’est que nous serons à la consommation des temps. Mon maitre d'hébreu explique ainsi ce passage, en le rattachant au verset qui suit : En toute affaire, il vaut mieux regarder la fin que le commence¬ ment; il vaut mieux être patient, que de se lais¬ ser aller aux désirs inconsidérés de l'impatience. Cette maxime nous apprend aussi qu’il n’y a pas de véritable sagesse dans l’homme, puisque le silence vaut mieux que la parole. Autre sens : Lorsque le discours est fini, T auditeur rumine en son. esprit ce qu’on vient de lui dire, tandis qu’il ne lui a été encore utile en rien, quand on com¬ mence de parler. « La patience vaut mieux que l’enflure d’es¬ prit. »■ Eccl. vu, 7. Plus haut, il avait autorisé une sorte de colère en ces termes ; « Le refrognement est préférable au rire ; » pour que nous ne pen- ejus.» Eccl. vii, 6. Meliores sunt in dicendo epilogi, quam exordium. In his onim dicentis sollicitudo Pinitur, in illo incipit. Yel certe sic: Qui incipit audire sermonem, et ad præceptorem vadit, in princïpio est; qui vero extrema audit, consummatus est atque perfectus. Sed et hoc modo intelligi potest : Duna in isto sæculo su- raus, quod scimus, omne principium est; cum autem venerit, quod perfectum est, in uovissimis et consum- matis erimus. Ilebræus ita hune locum cum sequenti versiculo disseruit: Melius est te finem considerare negotii, quam principium, et patientem esse, quam impatientiæ furore raptari. Discimus quoque ex hac sententiola, nuliam in hominibus esse sapientiam, cum melius sit tacere, quam proloqui, et quia cum fini ta fuerit oratio, intra semetipsum recogitat auditor, quid sitdictum; cum autem coeperimus loqui, needum quid utilitatis accepit. « Melior est patiens super excelsum spiritu, » Eccl. j vu, 7. Quia superius iram concesserat, dicens : « Melior est ira, quam risus, » ne putaremusiram, quæ in passione est, laudari, nunc præcipit iram penitus esse Lollendam. Ibi enim pro correptione in peccau- sions pas qu’il a loué la colère qui est une pas¬ sion, il prescrit maintenant la complète extirpa¬ tion de cette dernière. Là, c’est comme moyen de corriger les pécheurs et d’instruire les inférieurs qu’il a mis en avant l’indignation ; ici, c’est l’im- patience qu’il met au frein. Il ne suffit pas d’être patient dans l’adversité ; il le faut être égale¬ ment dans la prospérité, de peur que nous ne soyons enflés d’orgueil plus qu’il ne convient. A mon sens, celui qu’on accuse ici d’enflure d’es¬ prit est opposé au pauvre d’esprit de l’Evangile, que notre Seigneur appelle bienheureux. « Ne soyez point prompt à vous mettre en co¬ lère, car la colère repose dans le cœur de l’in¬ sensé. » Eccl. vu, 8. Ce n’est pas qu’il autorise la colère tardive, quand il dit : Ne soyez point prompt à vous irriter; mais la colère jointe à la promptitude se change en fureur, tandis qu’on l’apaise et qu’on l’évite même plus facilement quand elle a été différée. C’est parce que l’orgueil et le désir de la vengeance sont toujours mêlés à la colère, que Salomon a dit déjà : La patience vaut mieux que l’enflure d’esprit, et qu’il fait maintenant de la colère un signe de démence. Un homme a beau être puissant et savant; s’il est enclin à s’irriter, nous l’accusons de folie: « car la colère repose dans le cœur de l’insensé.» « Ne dites pas: d’où vient que le passe a été meilleur que le présent? Cette question n’est pas sage. » Eccl. vii, 9. Ne préférez pas le passé à tes et éruditions iu minores iram posuit ; hic vero impatientiam refrænavit. Patientia autem non solum in angustiis, sed et in lætioribus necessaria est, ne plus quam condecet, exaltemur. Yidetur mihi et qui nunc excelsus appellatur spiritu in Evangelio, paupe- ri spiritu esse contrarius, qui et in beatitudine poni- tui\ « Ne festines in spiritu tuo, ut irascaris, quia ira in sinu stuitorum requiescit. » Eccl., vu, 8. Non quod concédât tardius irascendum, idcirco nunc dicit : « Ne festines in spiritu tuo irasci ; » sed quod cum furens et recens fuerit ira, dilata facilius sedetur, et possit auferri. Et quia ira semper juncta superbiæ est, desi- derans ultionem, meliorem supra patientem dixit esse, quam eum qui excelsus est spiritu, et nunc si- gnum insipientiæ dédit : quia quamvis aliquis potens existimetur et sapiens, si iracundus sit, insipiens ar- guitur : « Ira quippe in sinu stuitorum requiescit. » « Ne dixeris : Quid factum est, quia dies priores erant meliores, quamisti? non enim sapienter interro- gasti de hoc. » Eccl., vu, 9. Ne vêtus seeculum præ- senti præferas, quia unus utriusque est conditor Deus. COMMENTAIRE RE L’ECCLÊSIÀSTE. votre temps : le même Dieu les a créés l’un et l’autre. Les jours de cette vie sont bons par nos vertus, mauvais par les vices. Ne dites donc point que la vie était meilleure au temps de Moïse et de Jésus-Christ qu’elle n’esl maintenant. Il y eut également alors beau nombre d’incré¬ dules, dont les jours furent mauvais, et il y a maintenant quantité de fidèles, dont le Sauveur a dit : « Plus heureux ceux qui n’ont point vu, et qui ont cru. » Joann, xx, 29. Autre interpré¬ tation : Vous devez vivre de telle sorte que le pré¬ sent vous soit toujours meilleur que le passé, de peur que lorsque vous commencerez à décliner, on ne vous dise : « Vous avez bien commencé votre course ; qui vous a arrêtés, en vous em¬ pêchant d’obéir à la vérité? » Galat. v. 7 ; et en¬ core : « Après avoir commencé par l’Esprit, vous prétendez maintenant arriver à la perfection par la chair. » Ibid, iu, 3. Autre sens : Ne dites pas que les temps de Moïse étaient préférables à ceux de Jésus-Christ, l’empire de la Loi à celui de la Grâce. Si vous établissez un tel parallèle, il y a témérité de votre part, puisque vous ne voyez pas combien grande est la distance entre l’E¬ vangile et l’Ancien Testament. ■ « La sagesse est bonne avec un patrimoine et pour ceux qui ont une plus large place au soleil, parce que l’argent, comme la sagesse, a son ombre, et que déjà par elle seule la science delà vertu vivifie celui qui la possède. » Ecol. vu, 19. Yirtutes bonos dies viventi fciciunt, vitia, malos. Ne dicas ergo meliores fuisse dies sub Moyse et sub Chris- to, quam modo sunt. Nam et illo tempore plures fuerunt increduü, et dies eorum mali facti sunt, et nunocredentes multi reperiuntur, de quibus ait Sal- vator: « Bealiores qui non viderunt, et crediderunt.» Joan. xx, 29. Aliter : Sic debes vivere, ut semper præ- sentes dies meliores tibi sint, quam præteriLi, ne cum paulatim decrescere cœperis, dicatur tibi: « Curreba- tis bene, quis vos impedivit veritati non obedire? » Gai. y, 7; et itcrum : « Incipientes spiritu, nunc carne consummamini. » Ibid, ni, 3. Aliter : Ne dicas meliora tempora olim Moysi, quam nunc Christi, Legis fuisse, quam Gratiæ. Si enim hoc voluèris quærere, impru¬ dente r facis, non videns quantum distet Evangelium a veteri Testamento. « Bona est sapientia cum hæreditate, et amplius videntibus solem, quia quomodo umbra sapienliæ, sic umbra argenli ; et quod plus est, scientia sapien- lice vivificabit habeutem se. » Eccl.y yii, 10. Majoris est gloriæ sapiens cum divitiis, quam tantum sapiens. Alii enim sapientia indigent, alii opibus, et qui sapiens 51 Le sage qui a des richesses a plus de prestige que le sage qui n’en a pas. Aux uns en effet la sagesse fait défaut, aux autres la fortune, et celui qui est sage sans fortune peut à la vérité en¬ seigner le bien, mais ne peut pas toujours rendre les services qu’on lui demande. Aussi l’Ecclé- siaste dit-il : L’argent, comme la sagesse, a son ombre, c’est-à-dire que les richesses sont parfois une sauvegarde, tout comme la vertu. Au reste, pour qu’on ne croie pas qu’il ravale la vertu en la mettant au-dessous d’un bien fortuit, puis¬ qu’il ne dépend pas de nous de posséder des trésors, dont la plus large part échoit sou¬ vent aux pervers, il montre en ces termes la supériorité de la sagesse: « La science de la vertu par elle seule vivifie celui qui la possède.» En cela, dit-il, la sagesse est au-dessus des ri¬ chesses, qu’indêpendamment de tous les biens temporels elle vivifie celui qui la possède. Voici comment quelques critiques entendent ce passage. L’Ecclésiaste, disent-ils, met le mot patrimoine pour bonne conduite, par laquelle nous sommes héritiers de Dieu et cohéritiers de Jésus-Christ. Il veut donc nous montrer combien ceux qui méritent de voir le soleil de justice, ayant la sagesse avec la bonne conduite, dif¬ fèrent de ceux qui, hors de la sagesse, ne se pré¬ occupent que de réussir dans la vie parmi leurs semblables. Daniel vise la même chose, quand il dit : « Ceux qui comprennent mes enseigne- est, et non dives, potest quidem docere quod bonum ' est, sed interdum non potest præstare quod petitur. Et idcirco ait : Quia sicut umbra sapientiæ, ita umbra pecuniæ, id est, quomodo protegit sapientia, sic in¬ terdum protegit et pecunia. Et ne videretur sapien¬ liæ delraxisse, dum eam fortuito bono subjecit (non enim in nostra potestate est habere divitias, quas in- jnsti sæpe plus possident) propterea majorëm esse sa- pientiam demonstrat, dicens : « Et amplius scientia sapientiæ vivificabit habentem se. » In eo, inquit, ma¬ jor est sapientia divitiis, quod absque ullis opibus vi- vificat eum, qui se habuerit. Quidam hune locum ita interpretantur : Hæredita- tem, inquiunt, pro conversatione bona posuit, per quam hæredes sumus Dei, et cohæredes Christi. Vult igitur Ecclesiastes docere, quanto différant hi qui solem merentur videre justitiæ et habent sapien- tiam cum conversatione bona, ab bis qui absque sa¬ pientia vitæ tantum 'et conversationis studium com- modarunt. Quod quidem et Daniel ostendit, dicens : « Intelligentes sermones meos fulgebunt, ut luminaria cceli, » Dan . xu, 3, sive ut Theodotio interpretatus 52 SAINT ments brilleront comme les luminaires du ciel, » Dan . xii, 3, ou, selon le commentaire de Théo- dotion : « Gomme la splendeur du firmament, et ceux qui les pratiquent, comme les étoiles du ciel. » Quant à l’ombre de l’argent ou de la ri¬ chesse, nous devons l’entendre selon le sens Distique attaché aux mots talent et drachme dans les paraboles de l’Evangile, Matth. xxv, Luc. xix, en sorte que, lorsque nous sommes à l’ombre de la sagesse et d’un tel argent, « pen¬ dant le jour le soleil ne nous brûle point, ni la lune pendant la nuit. » Psalm . cxxi. Il y a là, peut-on dire encore, une allusion à ce que notre ..vie sur la terre est une ombre : « Et l’esprit de notre bouche est le Christ, le Seigneur, à qui nous avons dit : Nous vivrons sous votre ombre malgré les nations. » Jerem Thren. iv, 20. Pour nous, sur cette terre, toute sauvegarde est sem¬ blable à une ombre ou de la sagesse, ou de l’ar¬ gent dont nous avons parlé, jusqu’à ce que le jour se lève et que soient dissipées les ombres. Symmaquc, selon sa coutume, ici comme ail¬ leurs, a donné une interprétation plus claire : « L’argent protège, comme la sagesse protège.» Le verset qui suit est une exhortation manifeste à l’étude de la science. « Voyez les œuvres de Dieu; qui pourrait re¬ hausser celui qu’il a avili? » Eccl. vu, 11. En cet endroit encore Symmaque traduit ainsi : « Ap- est : « Quasi splendor firmamenti ; qui vero fecerint sermones meos, quasi stellæ cœli. » Umbram auLem argenti, sive pecnniæ, illarn secundum dvaywyV de. bemus accipere, de qua talenta et mince in parabolis Evangelii colliguntur, Matth. xxv, Luc. xix, ut cum fuerimus sub umbra sapientiæ et sub umbra talis argenti : « Per diem sol non urat nos, neque luna per noctem. » Psat. cxx.Sed et hoc dici potest, quia um¬ bra est vita nostra super terrain : « Et spiritus vultus nostri Christns Dominus cui diximus : In umbra ejus vivemus in gentibus. » Thren. îv, 20. Omnis nostra in hac terra protectio instar umbrœ est, sive sapientiæ, sive supradicti argenti, donecaspiretdies et amovean- tur umbræ. Symmachus more suo etiam in hoc loco manifestius interprotatus est, dicens : « Quomodopro- tegit sapiontia, similiter protegit pecunia. » Sequens autem versiculus perspicue ad studium scientiæ co- hortatnr. « Vide opéra Dei , quoniam quis poterit adornare quem Deus pervertit? » Eccl, vu, 11. Et in hoc loco ita Symmachus transtulit : « Disce opéra Dei, quia ne- (a) «Et cum poi’verso pervcrlam. n Ex lioc loco intolligimus Msnm psolmi xv:i Uahniu ail coutuboiniuæ iaiquonwu, cum quibus boni pervcr JÉROME. prenez les œuvres de Dieu, parce que personne ne saurait corriger ce qu’il a abaissé ; » c’est-à-dire, qu’il vous suffise, d’après les Saintes Ecritures, ou par la seule contemplation de l’univers, de savoir et de comprendre ce qui a été fait ; mais ne recherchez, pas les causes et les raisons pour lesquelles a été faite chaque chose, et si elle au¬ rait dù être faite autrement qu’elle ne l’a été. Par exemple, si quelqu’un se demandait pour¬ quoi Dieu a ainsi parlé à Moïse : « Celui qui a fait le muet et le sourd, celui qui voit et l’a¬ veugle, n’est-ce point moi le Seigneur Dieu ? » Exod. iv, 12, et qu’il dit : Pourquoi l’aveugle, le sourd, le muet et les autres infirmes ont-ils été créés ainsi ? Il faut ici recueillir le témoignage du psaume dix-sept, où il est dit au Seigneur : « Vous serez saint avec celui qui est saint, in¬ flexible avec celui qui sera pervers. » Le Seigneur est donc saint avec celui qui a la sainteté, et cruel envers celui qui s’est d’abord volontai¬ rement perverti, selon cette autre parole du Lé- vitique : « Si les pervers marchent vers moi, je marcherai à mon tour contre eux, inexorable en mon courroux. » Levit. xxvi, 27. Ceci explique également pourquoi le Seigneur endurcit le cœur de Pharaon. Gomme la seule et même influence du soleil amollit la cire et sèche le limon, l’une se ramollissant et l’autre se desséchant en vertu de sa composition naturelle, ainsi en Egypte la mo poterit corrigere, quod ille imminuit, » id est, sufBciat (al. sufficit) tibi de Scripturis sanctis, sive ex ipsa contemplatione elementorum, scire et intelligere quæ facta sunt; non tamen causas rationesque per- quirere quare unumquodque sic factum sit, vel aliter fieri debuisse, quam factum est. Verbi gratia, si quis velit qnærere cur Moysi ita loquatur Deus : « Quis fecit nuitum et snrdum, videntem et cæcum, nonne ego Dominus Deus, )> Exod. iv, 12, et dicat : Curcæ- cus et surdus et mutus ita creati sunt, et cætera his similia ? Sumendum in hoc loco testmionium de sop- timo decimo psalmo, in quo ad Dominum dicitur.: « Cum sancto sanctus eris, et cum perverso perverte- ris. » (a) Et dicendum et sanctum Dominum esse cum eo qui sanctus est, et perverti apud eum qui sua voluutate fuerit ante perversus. Juxta illud quoque quod in Levitico scriptum est : « Si ambulaverint ad me perversi, et ego ambulabo ad eos in furore meo perversus. » Levit. xxvi, 27. Quod quidem et illud poterit exponere, quare induraverit Dominus cor Plia- raonis. Quomodo enim unaatque eadom solis operalio isse inLorpi'üt&Lionem apud vnlgns reeeptam, qua locmn prrc3cnlcm mit n r sæpius et similes fiant illis. JUartian, 53 COMMENTAIRE DE L’ECCLÜSIASTE. même influence de Dieu amollissait les cœurs de ses fidèles et endurcissait ceux des incrédules, qui, en raison même de leur dureté et de leur impênitence, amassaient sur eux la colère pour le jour du courroux à, cause des merveilles qu’ils voyaient s’accomplir sans y croire. « Jouissez des biens au jour heureux, et tenez- vous prêt pour le mauvais jour ; car Dieu a fait l’un comme l’autre , sans que l’homme ait aucun sujet de se plaindre de lui. » Eccl. vu, 12. J’ai entendu dans l’Eglise, je l’avoue, un doc¬ teur réputé pour sa science des Ecritures, le¬ quel commentait ainsi ce passage : « Pendant que vous êtes en cette vie, et que vous pouvez faire de bonnes œuvres, travaillez, afin que plus tard, en sécurité pour vous-même au mauvais jour, c’est-à-dire, au jour du jugement, vous soyez témoin de la confusion du méchant. Comme Dieu a fait le temps présent, où nous pouvons nous assurer le fruit des bonnes œuvres, ainsi il a fait l’autre vie, où il n’y a plus pouvoir de faire ces bonnes œuvres. » Cette interpréta¬ tion séduisante paraissait convaincre ses audi¬ teurs ; pour moi, je vois un autre sens, qui est celui que donne S}rmmaque : « Jouissez des biens au jour heureux, et tenez-vous prêt pour le mauvais jour, puisque Dieu a fait l’un et l’au¬ tre pareillement, afin que l’homme ne trouve aucun sujet de plainte contre lui. » Et les biens et les maux, dit-il, acceptez-les tels qu’ils vous liquefacit ceram et siccàt lutum , et pro substantia sua liquescit cera et siccatur lutum ; sic una Dei in Ægypto siguorum operatio moliiebat corda creden- tium et incredulos indurabat, qui, juxta duritiem suam et impeenitens cor, thesaurizabant sibi iram in die irœ ex his mirabitibus, quæ cum vidèrent fieri, non credebant. « In die bonitatis esto in bono, et in die malo yide. Etquidem istud eongruum huie fecit Deus ad loquen- durn, ut non inveniat homo post eum quidquam. » Eccl. vu, 12. Scio nie audissein Ecclesia ab eo qui pu- tabatur habere scientiam Scripturarum, ita bos versi- culos edissertos ; « Deum in præsenti sæculo es, et boni quid operis potes facere, labora, ut postea ipse se- curus in die malo, id est, in die judicii, torquqpi alios vidcas, Sicntenim præsens sæculum fecit Deus, in quo nobis fructum bonorum operum possumus præparare; itaetfnturum, in quonulla boni operis datur facilitas. » Visus est quidem suadere, cum diceret audientibus ; sed mihi videturalius esse sensus, quemet Symmacbus transtulit, dicens : « In die bono esto in bono ; diem vero malum intuere. Siquidem hoc simile huie fecit sont envoyés. Et ne pensez pas que tout est bien ou que tout est mal dans le monde, alors que le monde lui-même est tout oppositions, chaud et froid, sécheresse et humidité, dureté et mollesse, ténèbres et lumière, maux et biens. Le créateur a ainsi fait, afin que la sagesse ait lieu de choisir le bien et d’éviter le mal, et que le libre arbitre demeure à l’homme, qui ne peut accuser Dieu de l’avoir fait naître insensible et méprisable; il a mis cette diversité dans ses œuvres, afin que l’homme ne puisse se plaindre de sa condition. Cette sentence est donc une conséquence de la précédente, à laquelle elle se rattache : « Qui pourrait rehausser ce que Dieu avilit? » « J'ai tout vu pendant les jours de ma vanité. Le juste succombe dans sa justice, et l’impie vit longtemps dans sa malice. » Eccl. vu, 13. Le Sauveur exprime différemment la même idée en son Evangile : « Celui qui garde sa vie la perdra, et celui qui perdra sa vie pour moi la trouvera.» Matth. x, 39, Les Macchabées pour la loi de Dieu et la justice, et les martyrs qui ont versé leur sang pour Jésus-Christ, semblèrent succomber dans leur justice. Au contraire, ceux qui sous l’an¬ cien Testament mangèrent de la chair de porc, ou qui après la venue du Messie sacrifièrent aux idoles, ceux-là semblèrent vivre en ce siècle, et persévérer dans cette longévité à cause de leur malice. C’est le secret de la patience de Dieu, d’éprouver ici-bas les saints, en répandant les Deus, ut non inveniret homo quod contra eum quæ- reretur. » Et bona, inquit, et mala, prout tibi eveneriut, sustiue. Nec putes vel bonorum tantum, aut malorum in mundo esse naturam, cum ex diversis mundus iste contrariis subsista1, calidis et frigidis, siccis et humen- tibus, duris et mollibus, tenebrosis et lucidis, malis et bonis. Hoc autem fecit Deus, ut habeat locum sa- pientia in eligendo bonum et Yitando malum, et li- berum homini relinquatur arbitrium, ne se dicat insen- sibilem et stolidum a Deo esse generatum; sed eum ideo fecisse diversa, ut homo queri de sua conditione nonposset. Simulque hoc testimonium consequenter superioribus copulabitur, in quibus ait : « Quibus po- terit adornare quod perverterit Deus? » « Omnia vidi in diebus vanitatis meœ. Estjustus pe- riens in justitia sua, et est impius longævus in malitia sua. » Eccl . vu, 13. Huie quid simile Salvator in Evan- gelio ait : «Qui invenit animam suam,perdet eam, et qui perdiderit animam suam propter me, inve- niet eam. » Matth. x, 39. Macchabæi pro lege Dei at- que justifia visi sunt in sua perire justitia , mar¬ tyres, qui sanguinem fudere pro Christo. E contrario 54 SAINT JÉROME. maux divers sur leur existence présente, et de ne pas visiter les pécheurs dans leur forfait, les réservant en quelque sorte pour victimes; en sorte qu’il puisse, aux premiers départir les biens éternels, et condamner les seconds aux châtiments sans fin. Les Hébreux, .dans ces justes qui périssent dans leur justice, croient voir les fils d’Aaron, parce qu’ils mirent dans leurs encen¬ soirs un feu profane, tout en pensant agir sans péché. Ils ajoutent que l’impie qui vit longtemps dans la malice, c’est Manassès, qui, rétabli sur le trône après la captivité, vécut encore pendant de longues années. « Ne sojmz pas juste avec excès, etne scrutez pas ce qui doit rester un mystère, de peur de tomber dans l’étonnement. » Eccl. vu, 14. Voici un homme rigide, inexorable pour les moindres pec¬ cadilles d’autrui, au point qu’il ne saurait par¬ donner, ni un écart de la langue, ni une négli- . gence conseillée par l’imperfection de la nature humaine ; cet homme, sachez-le, est juste plus qu’il ne convient de l’étre. Sourde au précepte du qui et illo tempore suillam carnem coruederunt (a), et post adventum Dorniui sacrificaverunt idolis, hi visi sunt iu lioc sæculo vivere, et propter suam malitiam perseverare longævi. Sed Del in occulto patieutia est, et tribulare nunc sanctos, ut recipiant rnala in vita sua, et peccatores non visitare (al. visitari) pro scele- re, et quasi ad victimam reservare, ut et illis possit æterna bona restituere, et his mala inferre perpétua. Hebræijustos pereuntes in justitia sua, filios Aaron suspicantur, quod dum putant se justeagere, alienum ignem obtulerint. Et impium longævum inmalitia sua Manassen dicunt, qui post captivitatem restitutns in regnum (al. regno)y longo deinceps vixerit tempore. « Noli esse justus multum, et ne quæras amplius ne ob3tupescas. » Eccl. vu, 14. Si quem rigidum et tru- cem ad omnia fratrum peccata conspexeris, ut nec in sermone peccanti, nec propter naturalem interdum pi- gritiam moranti, det veniam, hune scito plus justum esse quam justum est. Cum enim Salvator præcipiat, Sauveur, qui a dit : « Ne jugez point, et vous ne serez point jugés, » Luc . vi, 37, et quoiqu’il n’y ait pas d’homme qui soit exempt de péché, alors même qu’il n’aurait vécu qu’un seul jour, sa justice sans entrailles ne tient aucun compte de la fragilité de notre nature. Ne soyez donc pas juste avec excès; le trop et le peu sont éga¬ lement répréhensibles aux yeux de Dieu. Aussi les plilosophes placent-ils les vertus à égale dis¬ tance des deux; extrêmes, et regardent-ils comme un vice l’excès aussi bien que le manque de vertu. Quand Salomon dit: « Ne cherchez pas à pénétrer ce qui doit rester un mj'stère, de peur d’être troublé, » ou, « de peur de tomber dans l’étonnement ; » il sait que notre intelligence ne peut embrasser la parfaite sagesse, il veut que nous nous fassions une idée exacte de notre fra¬ gilité. Aussi, à celui qui s’enquiert de choses au- dessus de la portée de l’homme, disant : « Après cela pourquoi se plaint-il ? car qui est-ce qui ré¬ siste à sa volonté? » Saint Paul répond : « Qui êtes-vous, ô homme, pour contester avec Dieu? » dicens : « Nolite judicare, ut non judicemini; » Luc. vi, 37; et nullus sit absque peccato, nec si unius quidem diei fuerit vitaejus, in humana justitia est fragilitati conditionis hominum non ignoscens. Noli ergo esse justus multum, quia pondus grande, et pondus parvum abominatio coram Domino. Unde et apudphilosophos(è) virtntes in meditullio positæ sunt , et omne quod nimis est, sive sursum, sWe deorsum, reputatur in vitio. Quod- autem ait : « Noli quærere amplius, ne con- turberis, sive, ne obstupescas ;» menlem nostram scit, perfectam comprehendere non posse sapientiam, et mensuram fragilitatis nostræ jubet nos scire debere. Denique et Paulus ei, qui plus quam homo scire poterat, requirebat dicens : « Quid adhuc quæritnr ? Voluntati enim ejus quis resistit? » respondit : « O homo tu quis es, qui respondeas Deo ? » Rom. îx, 19, et caetera. Si enim causas quæstionis ille, qui interrogans introdu- citur, audisset ab Apostolo, stupore forsitan torpuisset et gratiam sensisset inutilem. Quia est et donum, juxta (а) « E contrario qui et illo tempore, » etc. Unius litterulæ mutatio apud Erasmum et Mariamim, qui loguat, ex illo tempore , diversum sen- sum efficit; nec satis cohœrentem scnlentiœ Hieronymi, qui loqnitur de tempore Antiochi et Maccbabœonun,.quando apostntæ a lege Mosaicaco- modebant suillam carncm. Maktian. (б) « Undo et apud philosophos. » Idem docet etlam explieatms epistola ad Demetriadoro virginem : L’Ecclésiaste nous a dit qu’il a cher¬ ché toutes les limites du domaine de la sagesse, et qu’elles se sont d’autant plus éloignées de lui qu’il s’efforçait davantage de s’en approcher ; maintenant il dit qu’il a également cherché, dans la mesure de son bon sens, quel est en ce monde demersum caliginem, tenebris ignorantiæ circumdatum. Aliter : Vir qui eruditus fuerit in Scripturis, quanto plus scire éœperit, tanto ei in his quotidie oritur major obscuritas. Aliter: Contemplatio sapientiæ in hac vita in speculo videtur et in imagine ; cum ergo recogitavero in futuro facie ad faciem ejus nolitiam revelandam, tune liquido recognoscam longe me aune ab ejus noti- titia dissidere. « Circuiviego et cormeum, utscirem, etconsiderarem et quærerem sapientiam et rationem, et ut cognoscerem impietatem stulti et imprudentium errorem. Et invenio ego amariorem morte mulierem , quæ est laqueus, et sagenæ cor ejus, vincula manus ejus. Bonus coram Deo eruetur ab ea, peccator capietur in ilia. » Eccl. vu, 20. Pro eo quod Septuaginta posuerunt: « Circuivi ego et cor meum, ut cognoscerem, » Symmachûs interprétâtes est, dicens : Pertransivi universa sensu meo scire, et discere, et invesLigare. « Quia igitur supra Ecclesiastes dixerat, omniasein sapientia pertentasse, et quanto plus eam requisierit, tanto illarn longius refugisse ; nunc ait etiam aliud iu aliud in sua se quæsisse sapientia, quod in rebus humanis malnin universa autecedat maia, et 58 SAINT JÉROME. le mal qui surpasse tous les maux, et quelle chose a le pas sur l’impiété, la sottise, l’erreur, l’aveugle¬ ment. Et il nous apprend que la femme, à son avis, est le plus grand de tous les maux. C’est par elle que la mort est entrée dans le monde, et qu’elle dévore les âmes de tant d’hommes. Le. cœur de celui qui commet l'adultère, est une four¬ naise ardente; la femme met du feu à la place du cœur du jeune homme. Lorsqu’elle s’est glis¬ sée dans l’esprit du malheureux qui l’aime, elle l’entraîne dans l’abîme. Elle ne souffre pas qu’il prévoie l’avenir ; elle enveloppe son cœur dans un filet inextricable. Ses mains sont de véri¬ tables chaînes. Aquila donne une autre interpré¬ tation : « Ses mains, dit-il, sont enchaînées, » ce qui se dit en hébreu àssuium .■DV’rïDN. Elle peut persuader, elle ne peut pas faire violence, ni entraîner à elle quiconque ne veut pas. Celui qui est juste et bon devant Dieu s’affranchit du joug de la femme; le pécheur devient son es¬ clave et se laisse conduire à la mort. N'allons pas croire que Salomon ait porté à la légère ce jugement sur les femmes : il en parle avec l’au¬ torité de l’expérience. Il n’a offensé Dieu, que parce qu’il était tombé dans les pièges des fem¬ mes. Tel est le sens littéral. Dans le sens mys¬ tique, nous nommons femme tout le péché en général, l’iniquité, qui , dans Zacharie , est assise sur la masse de plomb sous l’image d’une femme. Zach. v, 7. Ou, par association quæ res in impietate, slultitia, errore, vecordia teneat principatum. Et dicit se omnium malorum caput mu- lierem reperisse ; quia et per illam mors in oî*bem ter- rarum introivit, et pretiosas animas virorum capit. Ornnes quippe adultérantes, quasi clibauus corda eo- rum ; quæ fecit adolescentium evotare corda. Et cum in mentem miseri amatoris inciderit, trahit eum in præceps ; nec ante pedes suos respicere patitur, sed quasi laqueus et sagena cor adolescents innectit. Yincula sunt enim manus ejus. Pro quo Aquila inter- pretatus est : « Vinctæ sunt manus ejus, » quod- He- braica linguadicitur assuium □'H1DN. Suadereenim po- test, vim facere non potest; nec ad se trahere nolen- tes. Juslus qui fuerit, et bonus coram Deo, eruetur ab ea ; peccator verbo captus deducetur ad mortem. Non putemus temere hanc Salomonem dégénéré mulierum protulisse sententiam : quod expectatus est, loquitur. Ideo quippe offendit Deum, quia captus est a mulie- ribus. Et hæc secundo m litteram. Cæterum juxta in- telligentiam spiritualem, aut omne generaliter pecca- tum,mulierem nomiuamuset iniquitatem, quæ subspe- cie mulieris sedet in Zacharia super plumbi talentum ; d’idées, nous voyons le diable sous les traits de la femme, parce qu’il corrompt les forces de l’âme. Ou certainement nous y voyons l’idolâtrie, et, plus près de nous, l’Eglise des hérétiques, qui appelle en son sein l’intelligence dévoyée, afin de lui donner du pain et de l’eau de mauvais aloi, c’est-à-dire un faux sacrement et un baptême impur. « J’ai recueilli, dit l’Ecclésiaste, mes observa¬ tions une à une pour former la somme des er¬ reurs de l’homme, que je voudrais trouver et que je n’ai pu découvrir. Sur mille hommes, j’en ai trouvé un seul digne de ce nom, et je n’ai pas trouvé une seule femme irréprochable. J’ai seu¬ lement constaté que Dieu créa l’homme juste, et que ce sont les hommes qui se sont égarés dans leurs pensées.» Eccl. vu, 21 . Après mûr examende toutes choses, dit-il, j’ai abouti à cette conclusion qu’en péchant peu à peu, en ajoutant la faute à la faute, nous nous chargeons d’un nombre in- calculablede péchés. LemotEsKBON ■prrtfn, que les commentaires grecs rendent unanimement par loyuTpcv, nous pouvons en effet le traduire, à cause de l’ambiguité de la langue hébraïque, par nombre , somme , raison , on pensée. Pareillement, ajoute-t-il, j’ai voulu savoir si la femme parfaite existe: parmi les hommes, j’en ai trouvé un fort petit nombre de bons, un sur mille; il ne m’a pas été possible de trouver une seule femme bonne. Toutes m’ont détourné du sentier de la vertu, pour 1 Zach. v, 7 ; aut diabolum Tpom%ü)<; mulierem accipimus, propter effeminatas vires; aut certe idololatriam, élut propius accedamus, hæreticorum Ecclesiam, quæ iusi- pientera sensu ad se vocal, ut panes furtivos et aquam furtivam, hoc est, falsum sacramentum et pollutum baptisma inductus accipiat. « Ecce hoc inveui, dixit Ecclesiastes, unam ad unaiu ut invenirem numerum, quem adhuc quæsivit anima mea, et non inveni. Horainem unum de mille inveni, et mulierem in omnibus his non inveni. Solummodo hoc inveni : quia fecit Deus hominem rectum ; et ipsi quæsierunt cogitationes multas. » Eccl. vu, 21. Hoc in- quit, reperi, uniyersa diligenter eventilans, quod pau- latim peccando, et ad unum delictum aliud apponendo, grandem nobis summam efâcimus peccatorum. « Eso* bon » quippe, quod omnes voce consona ^oyur- jjlôv transtulerunt, secundum Ilebræi sermonis ambi- guitatem, et « numerum » possumus, et « summam, » et « rationem, » et « cogitationem » dicere. Sed et hoc, ait, requisivit anima mea, an „recta mulier inye- niatur. Et cum vix paucos de viris bonos invenerim, ita ut de mille unus potuerit inveniri, mulierem bo- COMMENTAIRE DE L’ECCLtfSIASTE. me pousser clans les voies de la luxure. Le cœur de l’homme est enclin au mal dès l’enfance, Gè¬ nes. vin, 21, il n’y a pas d’homme qui n’ait of¬ fensé Dieu; mais quelque grande que soit la fragi¬ lité de notre sexe, la femme succombe encore avec plus de facilité. D’elle, un poète profane a dit: « Toute femme est capricieuse et changeante, » Virg. iv Æneid. v, 35 ; et l’Apôtre : « Les femmes apprennent toujours, sans parvenir à connaître la vérité. » II Tim. in, 7. Puis pour ne point paraître condamner la commune nature des hommes, et montrer Dieu comme auteur du mal puisqu’il aurait fait des créatures impuissantes à l’éviter, Salomon rappelle opportunément que Dieu nous a créés bons; seulement, comme il nous a livrés à notre libre arbitre, c’est par notre faute que nousfaisons des chutes profondes, parce que nous aspirons à des hauteurs qu’entrevoient nos rêves, mais que n’atteindront jamais les for¬ ces humaines. Autre interprétation : J’ai cherché nuit et jour la raison de chaque chose, et je n’ai pu trouver aucun projet humain qui [fut com¬ plément pur de toute pensée perverse. J’ai trouvé un homme entre mille chez lequel ne s’était pas dénaturée l’image du Créateur; et non pas entre mille hommes les premiers venus, mais entre mille justes ; or je n’ai pu découvrir une seule, femme qui dût être comptée parmi ces mille dont aucun ne s’était approché de la femme et qui tous, û cause de cela, étaient demeurés par- nam omnino invenire non potui. Omnes enim me non ad virtutem, sed ad luxuriam deduxerunt. Et quia appositum est cor hominis diligenter ad malitiam ab adolescentia, Gen. vin, 21, et pene omnes oifenderunt Deum, in hac ruina generis huraani, facilior ad ca- sum est mulier. De qua et poeta gentilis : Vdi'ium et mutûbile semper Femina. Virgil. iv, Æneid. v. 35. Et Apostolus : « Semper, oit, discentes, et nunquom ad scientiam veritatis pervenientes. » II Tim. ni. 7. Et no videretur communem hominum damnare naturam, et Deum auctorem facere mali, dum taliurn conditor est, qui malumjjvitare non possint, argute præcavit et ait bonos nos a Deo creatos; sed quia libero sumus arbitrio derelicti, vitio nostro ad pejora labi, dum ma¬ jora quærimus, et ultra vires uostras varia cogitamus. Aliter : Quotidie mecum uniuscujusque rei rationem ponens, nullum invenire potui cogilatum, qui non co- gitatione perversa extrinsecus turburetur. In mille au- tem viris inveni hominem, qui juxta imaginem con- ditoris est conditus, et in mille non quibuslibet, sed in mille viris ; quorum numerum mulier implere non po- 59 faitement purs. Tout cela doit s’entendre au sens figuré. C’est-à-dire que, quel que soit le nombre des esprits studieux absorbés par de quotidien¬ nes méditations, à peine trouverait-on une ma¬ nière de penser pure et vraiment digne d’être appelée virile. Nous pouvons encore voir la pen¬ sée symbolisée dans l’homme et l’œuvre dans lafemme, et dire que s’il est difficile de rencontrer une pensée pure, il est impossible que toute œuvre ne soit mêlée d’erreur, parce qu’elle ne saurait se produire sans le concours du corps. De ce passage du texte que nous avons rendu en ces termes : « Une à une, pour trouver le nombre ou la somme , ou la raison ou Vidée y » Symmaque a donné cette interprétation plus claire : « J’ai voulu petit à petit trouver la raison. » En effet, là où le latin a coutume d’em¬ ployer le neutre d’une manière absolue, comme dans les locutions : J’ai cherché ceci, hoc , j’ai trouvé cela, isiudy l’hébreu se sert du féminin, comme dans le psaume : « J’ai demandé à Dieu une seule chose, unam , et je la rechercherai, liane requiram , » tandis que le latin dirait : « Cela seul, unum hoc. « Qui est semblable au sage, et qui connaît le dernier mot des choses ? La sagesse illumine le front de celui qui la possède, tandis que le su¬ perbe compose son visage. » Eccl. vm, \. Plus haut, l’Ecclésiaste a montré combien il est difficile de trouver un homme bon, et il a répondu à tuit. Et in mille qui non appropinquaverunt ad mulie- reni, et propterea purissirui permanserunt. Hæc autem omnia tropologice accipienda. In ruultis quippe studio- sis (al. studiis ), et quoLidiana meditatione sudantibus, vix inveniturcogitatus purus, elviridignus vocabulo. Possumus et cogitatus pro viris occipere, mulieres pro operibus, et dicere, quod difficile cogitalio alicujus pura inveniri queat. Opéra vero quia por corpus ad- ministrentur, aliquo semper errorecommixtasint. Pro eo autem, quod supra sermonem IJebræum interprétan¬ tes dixiraus : « Unam ad unam, ut inveniatur numerus sive summa, sive ratio, aut cogitatio ; » aperlius inter¬ prétais et Symmachus : « Unam od unaminvenireZra- tionem. » Quod enim nossolemns absolute et neutra- liter appellare,id est, hoc quæsivi,istud volui invenire, Hebræi feminino genere pronuntiant, sicutin psalmo : « Unam petii a Domino, hanc requiram, » PsaU xxvi, 4, pro eo quod est, « unum.» « Quis ita ut sapiens ; et quis. novit solutionem verbi? Sapientia hominis illuminabit vultum ejus; et fortis faciem suam commutabit. » Eccl. vin, 1. Supra docuerat difficile bonum hominem inveniri, et venien- 60 SAJNT JÉROME. l’objection qui peut naître de là, que les hommes, sortis bons des mains de Dieu, sont tombés vo¬ lontairement dans le pêché. Maintenant, quels dons Dieu a-t-il faits à l’homme de bien ? il les énumère comme des titres de vraie gloire : la sa¬ gesse, la raison, la prévoyance, la connaissance des mystères divins, la faculté de pénétrer par intuition du cœur dans les secrets providentiels. 11 parle indirectement de lui-même, en ce que nul n’a été sage comme lui, nul n’a touché d’aussi près aux solutions des éternels problèmes, et sa sagesse, dont toutes les bouches ont fait l’éloge, n’a pas seulement rempli son sein comme un don caché, mais s’est extérieurement reflé¬ tée dans le miroir de son visage; aucun homme n’a autant que lui porté sur son front le témoi¬ gnage visible de sa prudence intérieure. Les Septante, au lieu de dire comme nous : « Qui est semblable au sage? » ont traduit: « Qui connaît es sages? » et au lieu de dire*. « Le superbe compose son visage, » ils ont mis : « L’impu¬ dence se fait haïr par sa propre attitude. » Et vraiment, comme il est grand le nombre de ceux dont les dehors annoncent la sagesse, il est dif¬ ficile de trouver un esprit assez judicieux pour discerner le vrai sage de ceux qui n’en ont que l’apparence. Ils sont nombreux ceux qui se pré¬ tendent capables d’expliquer les secrets des Ecri- tem contra eliserat quæstiooem : a Deo bonos horni- nes condilos, sed sponte sua ad peccata delapsos. Nunc quid boni homini dederit Deus, quasi gloriabundus enumerat, sapientiam scilicet, atque rationem et pro- videutiam, occulta Dei nosse mysteria, in arcana ejus sensu cordis intrare. Oblique autem de se loquilur, qucd nemo ita fuerit sapiens, ut ipse, et nullus sic scierit (al. sciret) problematum solutiones, et sapien- tia ejus a cuncto laudata sit populo, quæ non solum intrinsecus latuerit; sed et in superficie corporis et speculo vultus eluxerit, ultraque onmes bomines pru- dentiam mentis in facie sua pinxerit. Septuaginta pro eo quod nos posuimus : « Quis ita ut sapiens? » trans- tulerunt : « Quis novit sapientes? » et pro eo quod nos diximus : « Et fortis faciem suam commutabit, » posuerunt : « Et impudens vultu suo odietur. » Et révéra cum multi sint, qui sapientiam repromittant, difficile invenitur, qui discernere queat verum sapien- tem nb his qui videntur esse sapientes. Et cum sint plurimi, qui Scripturarum occulta dicant posse se sol- vere, rarus est qui veram inveniat solutionem. Quod turcs; il est rare celui qui trouve la véritable solution. Quant à ce qui suit : « La sagesse illu¬ mine le front de celui qui la possède, tandis que l’impudent se fait haïr par sa propre attitude, » nous pouvons l’expliquer par les paroles mêmes de saint Paul : « Nous tous qui contemplons la gloire du Seigneur sans avoir de voile sur le visage; » II Gorinih. m, ï8; et par celles du Psal- miste : « La clarté de votre face, Seigneur, s’est reflétée sur la nôtre.» Psalm. îv, 7. Ilne distingue pas ici la sagesse de l’homme de celle de Dieu. Dès qu’elle est la sagesse de Dieu, elle peut se mesurer elle-même à la capacité de l’homme qu’il a fait et qui est digne de le posséder. Tout hérétique, tout défenseur des faux dogmes, a le sceau de l’impudence au front. En fin de compte, Marcion et Valentin proclament leur propre nature meilleure que celle du Créateur lui- même. Cette prétention serait moins intolérable en quelque manière, s’ils se contentaient d’affi¬ cher l’espérance d’un tel avantage, sans affirmer qu’ils le possèdent déjà. « Je garde le commandement du roi, et les pa¬ roles de la promesse de Dieu. Ne vous hâtez point de vous éloigner de sa présence, et ne de¬ meurez pas dans les enseignements du mal, parce que tout ce qu’il lui plaira de faire, il le fera. Il sera fait comme dira le roi, qui a la puis- autem sequitur : « Sapicntia hominis illuminabit vul- lum ejus, et improbus facie sua odietur, » ita possumus explanare, ut Pauli verba ponamus : « Nos autem omues revelata facie gloriam Domini contemplan¬ tes ; » 11 Cor . in, 18; et Psalmistæ canentis : « Si- gnatum est super nos lumen vultus tui Domine ; » Psal. iv, 7. Sapientiam autem hic hominis non aliam dicit absque sapientia Dei. Quæ cum sapicntia Dei sit, juxta possibilitatem capacitatis hominis ejus esse inci- pit, qui se babere meruerit. Omuis hæreticus et falsum dogma defendens, impudenti vultu est. Denique Mar¬ cion et Valentinus (a) melioris se dicunt naturæ esse, quam conditor est. Et hoc posset cliqua ex parte ferri, si spem se hujus rei habere contenderent, et non jam possidere naturam. «Ego os regis custodio, et loquelam juramenti Dei. Ne festines a facie ejus abire, et ne stes in verbo malo, quoniam omne quod voluerit, faciet. Sicut dixerit (Al. dicet) rex, poteslatem habens ; et quis dicct ei : Quid facis? » ÏÏccl. viii, 2. Videtur quidem præcipere juxta Apostolum, regibus et potestatibus obsequium, Ad (a) Marcion et Valentinus , etc. Conditorem universilatis malum principaux], et Deum molum dicebat Marcion, cum seîpsuQi jiistum ac sanc- tnm proclamaret impndentissiina blasphemia. YeriUlem carnis in Christo ac corporum resurroctioncm negabat, sicut et Valentinus. Consulo de liis Irooreum, Terlulliammi et Ej-iphaniiim, Mactian, 61 COMMENTAIRE DE L’ECCLÉSIÀSTE. sance; et qui lui dira : Que faites-vous?» Eccl. viu. % Il prescrit, comme l’ Apôtre, la soumission aux rois et aux puissants, TU. ni, 4, surtout d’après les Septante qui disent impérativement : « Gar¬ dez le commandement du roi. » Pour moi, je crois qu’il s’agit ici de ce roi, dont David a dit : « Seigneur, le roi se réjouira dans votre force. » psalm . xx, 1 . En un autre endroit pour marquer que la royauté du Père et du Fils est identique, l’Ecriture s’exprime ainsi : « Donnez, ô mon Dieu, votre jugement au roi, et votre justice au fils du roi. » Psalm . lxxi, 1. « Le Père en effet ne juge personne, mais il adonné tout jugement au Fils. » Joan . v, 22. Ce roi Fils de Dieu est le Fils du Père roi. Il faut donc garder ses pré¬ ceptes et faire sa volonté. Et c’est ce qui est écrit dans le livre de Tobie : « Il est bon de tenir ca¬ ché le secret du roi. » Tob. xn, 7. Il nous avertit principalement de ne pas rechercher pourquoi Dieu a prescrit chaque chose: que tout ce qui a la forme d’un commandement, l’homme se hète de l’accomplir avec une pieuse soumission. C’est ainsi que sa volonté sera conforme à la loi du Seigneur. Les Septante donnent cette autre tra¬ duction : « Selon le serment et la parole de Dieu, gardez-vous de marcher hors de sa présence ; » d’où il faut conclure que le serment de Dieu est écrit dans les livres saints. Ce serment, sacré et Tilum. ni, 1, maxime Septuaginta Iaterpretibns impe- rativo modo dicentibus : « 03 regis custodi; » sed ego puto de illo rege nunc dici, de quo David ait: « Domine, in virtute tua lætabitur rex. » Paat. xx, i. Et in alio loco, ut Patris et Filii unum regnum significet (al. .s i- gnificetur ), Scriptura commémorât : « Deus, judicium tuum régi da, et justitiam tuam filio regis. » Psal. lxxi, 1. Non enim judicot Pater quemquam, sed omne judicium dédit Filio. Joan. v, 22. Qui rex Filius Dei, Patris regis est Filius. Hujus itaque (al. utique) custo- dienda præcepta sunt, hujus voluntas patranda. Et hoc est, quodin Tobiæ libro scribitur : « Mysterium regis abscondere bonnm est. » Tob. xn, 7. Et præcipue mo- net, ne tractemus, quare Deus unumquodque præce- perit, sed quodeumque viderit esse mandatum, hoc -pia menshominis impiere festinet. Et in lege Domini orit voluntas ejus. Quia vero Septuaginta aliter trans- tulerunt, dicentes : «Et de juramento et de verbo Dei no festines a facie (a) ejus ambulare, » sciendum ju- secret parce qu’il est la parole de Dieu, nous ne devons point le dévoiler à tout venant, le pro¬ diguer en public, le juger à la légère. Ne vous hûtez point, comme Moïse, d’aller au-devant du regard de Dieu ; attendez jusqu’ à, ce qu’il soit passé et que vous ne le voyiez plus face à, face. Quant à ce qui suit: « Ne demeurez pas dans les enseignements du mal, » et le reste, nous devons l’entendre de celui qui est prévenu d’er¬ reur d’hérésie, ôu de celui qui, bien qu’il se dise dans la foi de l’Eglise, est cependant en¬ chaîné par le péché, en sorte qu’il est infidèle. Ne persévérez pas dans la médisance, dans les discours déshonnêtes, dans la luxure, dans l’a¬ varice, dans la passion. Si vous y persévérez, le diable, roi des vices et du péché, consommera en vous son œuvre de perdition et fera ce qu’il lui plaira de faire. « Celui qui garde les commandements ne con¬ naîtra point l’erreur; le cœur du sage connaît et le temps et la règle. » Eccl. vin. 3. Il faut remarquer que « ne connaîtra point l’erreur,» est dit pour «ne souffrira pas, de l’erreur » ou « ne sera pas dans l’erreur. » C’est du Sauveur seul qu’il a été écrit : « Lui qui ne connaissait pas le péché, a été traité pour l’amour de nous comme s’il eût été le pé¬ ché même. » II Corinth. v, 21. Au lieu de Y erreur, Symmaque a mis le mal : « Celui qui garde les ramentum Dei in divinis voluminibus esseconscriptum. Hoc itaque jurainenlum, de Dei verbo sacrum et arca- num, non debemus quibuscumque narrare, et proferre in medium, et citaro de eo ferre sententiam. Neque ut Moyses, festines videre faciem Dei, sed tamdiu susti- ue, donec ipse pertranseat, et tantum ejus posteriora conspicias. Necnon et illud quod sequitur : « Ne stes in verbo malo, » et cœtera, super cointelligamus, qui hœreseos errore prævenlus est; vel super illo, qui cum Ecclesiæ fidem habeat, Lamen peccatis vincitur, ut sit infidelis. Ne perseveres in detractione, nec in turpilo- quio, luxu (al. luxuria ), avaritia, libidine. Quod si per- severaveris, rex vitiorum atquepeceali diabolus opera- bitur perditionem in te, etfaciet quodeumque voluerit. « Qui custodit mandatum, non coguoscet verbum tnalum ; et tempus et judicium cognoscit cor sapien- tis. » Eccl. vm, 3. Notandum quod, «non cognos- cet verbum malum, » positum est pro eo quod est, « non patietur, » aut « non erit in eo. » Siquidem et (a) Et de juramento, etc. Hoc item loco præter versiculum Græcmn superflue odject.um, mutant etiam Contcxtum sacrum LXX lnlerpretum, logeâtes : « De verbo juramenti Dei oe festines, » etc. Cum manifestissime comprobctur ex coinmentario Hieronymi aliter quain apnd LXX con- ficriptum fuisse indivmis Voluminibus, scilicet, « de juramento Dei, » sive h de verbo juramenti Dei, » noD, « de juramento et do verbo Dei,» qiiemadmodum legebatnr io LXX Translatorum edîtiono. Quisqois igitur hie «nimum attendent, veram esse lcctionem omnium mss. codicum no- bibeitm ugnosext. Mamtak. 62 SAINT JÉROME. commandements, ne fait point le mal. » En un mot, Salomon prescrit d’observer les comman¬ dements du roi, et de savoir qu’est-ce qu’il or¬ donne, comment et en quel temps il faut l’ac¬ complir. . « Toute chose en effet a son temps et sa règle. Quant aux autres hommes, ils sont pleins d’af- fiction, parce qu’ils ignorent les événements qui doivent arriver; comment ils auront lieu, qui pourrait le leur prédire 1» Eccl.vm, 45. Malgré la diversité des événements, et quoique le juste ne puisse pas savoir ce qui lui doit arriver, ni con¬ naître les causes et les motifs de chaque chose, puisque nul homme n’a la prescience de l’avenir, néanmoins il sait que Dieu fait tout pour l’uti¬ lité de l’homme, et que rien n’arrive en dehors de sa volonté. Pour le reste des hommes, grande est leur affliction, parce que, selon le mot du poète.: ( Symmochus absolute transtu- lit, diceus: «Estdifficile coguituquod fit super terram. » Hebræi, justosquibus eveniant rnala, et impios quibus accédant opéra justorum, fUios Aron iuLerpretantur, et Manassep, quod iJli sacnficanl.es perierint, etiste. post tanta ma la et cap tivii idem in imperium restitutus sit. « Et laudavi ego lætitiam ; quia non est bonurn ho- mini sub sole, nisi comcdcre, et bibere, et lætari. Et ipsum egredietur cum eo de labore sno diebus vitæ Elite, qnos dédit ei Dcus sub sole. » Erd. vin, 15. Hoc pleuius eupra interprétai! sumus, et mine strictim di- cimus : licet brevem et cito flniendam præferre eum vescendi et bibendi yoluptatem angustiis sæculi, et his qnæ ficrï videntur inique in mundo : quod solum hoc bomo de labore suo hnberè vjdeatnr, si vel niodico frua- tùr refrigerio. Verum bæc inlerpretati jejunantes, esurientes, sitientes, atque lugentes, quos beatos in Evangelio Dominus vocat, MatLh, v, si sic accipiantur, ut scriptum est, miseros approbahit. Et cibum itaque et potumspiritualiter accipiamus, et super eis lœtitiam, quam in laboro vitæ nostræ vix possumus invenire. ceux qui ont soif, ceux qui pleurent, tandis l’Evangile les appelle . bienheureux. Il s’agit donc ici de nourriture et de boisson spirituel¬ les, et surtout de cette joie, qu’au milieu des tra¬ vaux de cette vie nous pouvons à peine pres¬ sentir. Qu’il faut entendre ce passage comme nous l’avons dit, c’est ce que. prouve le verset suivant: «Mon esprit s’est appliqué à chercher la sagesse et l'occupation qui nous est faite sur la .terre; » puisque cette occupation de l’homme sur la terre doit consister à pâlir nuit et jour dans la méditation des Ecritures, au point que le plus souvent la recherche de la vérité interdise le sommeil à ses }œux. « C’est pourqnoi mon intelligence s’est appli¬ quée à chercher la sagesse, et j’ai reconnu que la peine d’esprit est notre partage sur la terre, parce qu’il n’y a de repos pour le savant ni le jour ni la nuit. En présence des œuvres de Dieu qui se font sous le soleil, j’ai vu qu’il n’est pas possible à l’homme d’en découvrir les raisons; plus il fait d’efforts pour y arriver, moins il y réussit. Quand. le sage même dirait qu’il a cette connais¬ sance, il ne pourra la trouver » EccL vin, ifi. Celui qui cherche les causes et les raisons des choses: pourquoi ceci ou cela s’est fait, et pour¬ quoi des événements divers]gouvernent le monde; pourquoi celui-ci naît aveugle et faible, quand celui-là naît avec de bons yeux et plein de force; pourquoi l’un à la pauvreté et l’autre les riches- Quod autem hæc ita sentienda sint, ut dixirmiSj de- raonstrat sequens versiculus, in quo ait : « Dedi cor meum, ut viderem sapienliam et occupatiouem, » quod sciticet occupentur homines super terram, et diebus uc noetibus in Scripturarum raeditatione versantur : ita ut plerumque pro investigatione veri ab oculis somaus aufugiat. « Quapropter dedi cor meura, ut cognoscerem sa- pientiam et viderem occupatiouem, quæ. facta est super terram. Quia et in die et in nocte somnum (al. som - nium) in oculis suis non est videns. Et vidi omnia opéra Dei ; quia non poterit bomo invenire opus quod factum est sub sole, in quo laboravit homo, ut quoe- reret, et non inveniet. Siquidem et si dixerit sapiens se cognoscere, non poterit invenire. » Ecci. vnr, 46. Qui quærit causas rationesque rerum, quare boc vel illud factum sit, et quare mundus variia gubernetur eventi- bus : curalius cæcus et debilis, nlius videus nascatur et sanus ; hic paupertatem habeat, ille divilias ; iste sit nobilst, ille inglorius; nihil aliud proficit, nisi in sua tantum quæstione torqueri, et disputationem pro tormento habere, nec tamen invenire q.uod quærit... Et COMMENTAIRE DE I/ECGLÊS1ASTE. ses en partage ; pourquoi tel a la gloire et tel autre l’obscurité; ce penseur, dis-je, n’obtient d’autre résultat qué d’ètre torturé par la ques¬ tion qu’il se pose; elle lui est une continuelle torture, sans qu’il puisse la résoudre jamais... S’il prétend qu’il l’a résolue, c’est alors qu’il commence à l’ignorer, 4 se débattre dans les profondes ténèbres de l’erreur. Salomon laisse entrevoir cependant qu’il n’y a pas d’effet sans cause, et que rien n’arrive sans une juste raison ; mais toute cause est dans le secret de Dieu et ne peut être comprise par les hommes. . « Telles ont été mes méditations ; j'ai voulu observer toutes choses. Il y a des justes et des sa¬ ges, et leurs œuvres sont dans la main de Dieu; cependant l’homme ne sait s’il est digne d’amour ou de haine; il ne connaît pas tout ce qui se passe sous ses yeux. » Eccl. ix, 1 . L’interprétation dé Symmaque est des plus claires: « J’ai agité tous ces problèmes eu mon esprit, afin d’appro¬ fondir toutes choses. Il y a des justes et des sages, et leurs œuvres sont dans la main du Seigneur. Mais l’homme ne sait s’il est digne d’amour ou de haine, et tout demeure incertain ici -bas, parce que tous les hommes sont en butte à de semblables événements, lès justes comme le im¬ pies.» Le sens est donc celui-ci : J’ai pareillement étudié une autre question, et j’ai voulu savoir qnels sont ceux que Dieu aime, quels sont ceux qu’il hait. J’ai trouvé, sans doute, que les œuvres des justes sont dans les mains de Dieu ; mais qu’ils ne peuvent savoir ici-bas si Dieu les aime cura hæc dixerit se cognovisse, tune ignorationis ha- bere principium, et in profundo errore versari. Sub- ostendit tamen esse causas rerum omnium et justiliam, quare unumquodquo sic fiat ; sed in occulto cas lntero, et non posse ab' hominibus comprehendi. « Oinne hoc dediin corde meo, ut considerarom ùni- versa ; quia justi, et sapientes, et Opéra eorum in manu Domini. Et quidem charitatem, et quidem odium, non est cognoscens horno omnia in facie eorum.» Eccl. ix, 1. Etiam hune locum Symmachus màmfestius in- terpretutus est, diceus : «Omnia hæc statui in corde mco, ut ventilarem universa : quia et justi et sapientes, et opéra eorum in manu Dei sunt. Et insuper neque amicitias neque inimicilias scit liomo ; sed omnia cor.ara -eis incerta, propteren quod omnibus eveniunt similia, jus to et injusto. » Porro hic sensus est : Etiam in hoc dedi cor raeum, et scire volui quosDcus diligeret, quos odisset. Et inveni justorumquidem opéra in manu Dei esse, et tamen utrum amen tu r a Deo, an non, nu ne 07 ou ne les aime pas ; ils sont dans l’incertitude de souffrir ce qu’ils souffrent ou pour leur jus¬ tification ou pour leur supplice. Ils sauront dans l’autre vie, et toutes choses sont au-devant d’eux, c'est-à-dire que la connaissance de ce mystère leur sera révélée quand ils sortiront de ce monde : alors ce sera le jugement ; mais en cette vie, c’est le combat. Quant à ceux qui por¬ tent le fardeau des adversités, le portent-ils par un effet de l’amour de Dieu, comme Job, ou de sa haine, comme la plupart des pécheurs, c’est ce que nous ne saurions décider ici-bas. « Devant les événements, il y a égalité entre le juste et l’impie, le bon et le méchant, le pur et l’impur, pelui qui sacrifie et celui qui ne sa¬ crifie pas, celui qui pèche et celui qui ne pèche pas, celui qui commet le parjure et celui qui res¬ pecte son serment. » Eccl . îx, 2. De ce qu’il y a des événements, qui ne sont ni bons ni mauvais en eux-mèmes, et que les sages du siècle ran¬ gent dans une sorte de juste milieu, parce qu’ils arrivent également aux justes et aux méchants, les esprits simples se troublent. Gomment se fait-il qu’il en soit ainsi ? disent-ils; et ils en con¬ cluent qu’il n’ÿ a'pas de Providence, oubliant que la distinction entre toutes choses est l’apanage de l’autre monde, et que tout est confusion en celui-ci. Quand Salomon dit : « Devant les évé¬ nements, il y a égalité entre le juste et l’impie, » il vise les épreuves de la vie ou la loi commune du trépas; et c’est pour cela qu’ils ignorent s’ils sont dignes de l’amour ou de ]a haine de Dieu. eos scire non posse, et inter ambiguumhuctuare, utrum ad probationem sustineant quæ sustinent, an ad sup- plicium. In futuro igitur scient, et in vultu eorum surit omnia, id est, antecedit eos, cum de vita hac recesse- rint, notifia istius rei, quia tune est judicium, etnunc certamen. Et quicumque adversa sustinent, utrum per amorem Dei sustineant, ut Job, an per odium, ut plu- rimi peccatores, nunc habetur incertum. « In omnibus eventus unus, justoet impio, bono ol malo, mundo etpolluto, sacrifïcanti et non sacrihcanti. Sic bonus ut peccator, sic jurans sicut juramentum timens. » Eccl. ix, 2. Ea quæ per se nec bonn nec mata sunt, sed a sapientibus sæculi media nuncupantur (quia æqualitcr et justis eveniunt et injustis) simplices quos^ que conturbant, cur itaeveniantetproplerea non putant ésse judicium, cum omuium rerum in futuro discrimen sit, et hic confusa siut omnia. Quod autem ait : « Even¬ tus est unus omnibus, justo et impio, » sive angustia- rum, sive mortis significat eventum; et idcirco nec SAINT JÉROME. 68 Les mots ; « Cejui qui sacrifie et celui qui ne sacrifie pas, » et les autres oppositions énumé¬ rées ici, doivent encore s’entendre dans le.sens spirituel, selon cette parole: « Le sacrifice qui plaît ù Dieu, c’est un cœur pénétré de douleur.» Psalm. l, 19. <( Le pire de la condition qui nous est faite sous le soleil, c’est cette égalité de tous devant les événements. Le cœur des enfants des hom¬ mes est plein de malice ; ils nourrissent ce cœur de mensonge durant toute leur vie, et puis ils descendent dans la tombe. Y en a-t-il un seul alors qui puisse communiquer avec les vi¬ vants? » EccL îx, 3. Selon sa coutume, Symma- que interprète ce texte plus largement : « Le cœur des enfants des hommes est rempli de ma¬ lice; ils dissipent leur vie au gré dedeurs pas¬ sions. Or la dernière folie les conduit chez les morts. Est-il quelqu’un en effet qui puisse croire à l’éternité de cette vie ? » L’Ecriture revient sur la pensée que nous avons naguère interprétée : Tous les hommes sont égaux devant les événe¬ ments, il semble ne pas y avoir de distinction dans la répartition des biensetdesmaux, c’est en tout cas une commune loi qui nous ravit cette existence; et néanmoins nous sommes pleins d’erreur, de passion et de méchanceté, lorsque après tout cela le trépas doit nous saisir à Tim- proviste, [et que nous ne pouvons ensuite avoir aucun commerce avec les vivants. Ou certaine- charitatem Dei eos in se nosse, nec odium. Sncriii- eans quoque et non sncrificans, et cætera quæ con¬ traria enumernta sunt, spiritualiter accipienda, secun- dumillud: « Sacrificium Deo spirilus contribulatus. » Ps. l, 19. Hoc est pessimum in omni quod factum est sub sole; quia eventus unus omuibus. Sedet cor filiorum homi- num repletum'est malitia, et errores (al. trrove) in corde eorum iD vita sua, et posl hæc ad mortuos. Quia quis est qui communicet in omnes viventes ? » EccL ix, 3. Et hoc apertius more suo interpretatus est Symmachus, dicens : a Sed et cor filiorum hominum repletur ma- litia, et procacitate juxta cor eorum in vita sua. No- yissima autem eorum veniunt ad mortuos. Quis enim potest in sempiternum perseverare vivens ? » Eumdem autem sensum Scriptura repetit, de quo paulo ante tractavimus, quod eum omnia æqualiter eveniant uni- versis, et nullasit in bonis sustinendis malisve discre- tio, vel certe æquali morte de hoc sæculo subtraha- mur : nihilominus erroribus et procacitate et malitia repleamur, et post hæc omnia subito rapiamur interitu (al. in interitum ), nec ultra possimus cnm viventibus ment : c’est parce que les justes et les méchants sont soumis ici-basaux mêmes épreuves, que les hommes se laissent aller au péché ; et pourtant, après tous les efforts, où ils se sont épuisés en vain, au moment où ils ne s’y attendent pas, ils descendent dans la tombe. « Un chien vivant vaut mieux qu’un lion mort, dit un commun proverbe ; c’est que les vivants savent qu’ils mourront, tandis que les morts ne savent rien, et il n’y a plus de rachat pour eux. Leur mémoire est tombée en oubli. L’amour, la haine, le zèle qu'on avait pour eux ont péri ; ils n’ont plus aucune part dans la vie à rien de ce qui se fait sous le soleil. » EccL ix, 4-6. Il vient de dire que le cœur des enfants des hommes est plein de malice et de perversité, et que la mort met un terme <\ tout cela ; maintenant il revient sur cette pensée, il la complète en disant que les hommes peuvent devenir justes pendant leur vie, mais qu’après la mort ils n’ontplusla possibilité de faire aucune bonne œuvre. Le pécheur vivant peut valoir mieux que le juste mort, s’il veut se convertir à ses vertus. Assurément un pauvre quel qu’il soit, et le dernier de tous, peut valoir mieux que lTiomme qui s’enorgueillisait dans sa malice de sa puissance et de sa perversité, et qui est mort. Pourquoi ? parce que la crainte de la mortpeut ramener les vivants aux bonnes œu¬ vres, tandis queles morts ne peuvent ri en. ajouter à ce qu’ils ont.emporté en quittant ce monde; tou- habere consortium. Yel certe sic : Quoniam communes augustiæ, et justoset injustos premiuit; idcirco ad pec- cata hommes provocantur, et tamen post omnes conn- tus, quibu3 frustra nisi sunt, dum ignorant, ad inferna descendunt. « Est coDfidentia, quoniam canis vWeDs melior est a leone mortuo ; quia viveDtes sciunt quod moriantur, et mortui nesciunt quidquam, et non est eis amplius merces. Inoblivione enim evenit memoria eorum. Sed et dilectio eorum et *dium eorum, et zelus eorum jnm periit ; et pars non est eis adhuc in sæculo in omni quod fit sub sole. » EccL îx, 4-6. Quia supra dixerat, cor filiorum hominum ünpleri malitia et procacitate, et post hæc omnia morte finiri; nunc eadem complet et repetit, donec vivunt homines, posse eos justosfieri, post mortem yero nullam boni operis dari occasionem. Peccalorenim vivens potest melior esse justo mortuo, si Yoluerit ad ejus transire virtutes. Vel certo eo, qui se in malitia, potentia, procacitate jactabat, et mortuus fuerit, melior potest quis pauper esse et vilissimus. Quare ? quia viventes metu mortis possunt bona opéra perpelrare; mortui vero nihil valent ad id adjicere, 69 COMMENTAIRE DE L'ËCGLÉSIASTE. tes leurs vanités tombent dans l’oubli, selon cette parole du Psalmiste : « J’ai été livré à l’oubli, comme celui qui est mort est rejeté du cœur . » Psalm. xxx, 13. Pour eux plus d’amour, plus de haine, plus d’empressement, plus rien de ce qu’ils purent avoir en ce monde: la mort qui survient finit tout, ils ne peuvent faire quoi que ce soit, ni pécher, ni acquérir des vertus, ni sa¬ tisfaire des vices. Cette doctrine répond à ceux qui affirment que nous ne pouvons croître et décroître en vertu, même après le trépas. Parce passage : « Ils n’auront plus aucune part dans la vie à rien de ce qui s’est fait sous le soleil, » ceux-ci entendent que les morts n’ont aucun commerce avec ceux qui vivent en ce inonde, sous le soleil que nous voyons; mais qu’ils ont part à l’autre vie, quele soleil de justice éclaireet au sujet de laquelle le Sauveur a dit: « Je ne suis pas de ce monde. » Joan . vm, 23. D’après eux, le texte de TEcclésiaste n’exclurait pas l’opinion qui veut que les créatures raisonnables puissent mériter et démériter quand nous sommes sortis de cette vie. Sur le verset: «Il vautmieuxun chien vivant qu’un lion mort, » mon maître d’hébreu disait que les Juifs le commentent d’une autre manière: Un instituteur en vie, même ignorant, disent-ils, est plus utile que le précepteur le plus parfait qui est mort. Par exemple, le chien, c’était n’importe quel précepteur, et le lion, quod seine! aecum tulere de vita; et oblivione invo- luta sunt omnia, juxta itlud quod in psalmo scriptum est : « Oblivioni datus sum, tamquam mortuus a corde.» Ps. xxx, 13. Sed et dilectio eorura et odiura,et æmu- htio, etomne quod in sæculo habere potuorunt, mor- tis finitur adventu ; nec juste quidquara jam pos- eunt agere, nec peccare, nec virtutes adjicoro, nec vitia. Licet quidam huic expositioni contradicant, asserentes, etiarn post interiturn crescere nos posse et decrescere ; et in eo quod nunc ait : « Et pars non erit eis adbucin sæculo, in omni quod factum estsub sole, » ita intelligunt, utdicant eos in hoc sæculo, etsub hoc sole, quem nos cernimus, nullam habere communio- nem, habere vero sub alio sæculo, de quo Salvator ait : « Non sum ego de lioc mundo, » Joan vm, 23, et sub sole justitiæ; et non excludi opinationem, quæ Conten- dit, postquam do hoc sæculo migraverimus, et offen- dere posse creaturas rationabiles, et proraereri. Aliter referebat Hebræus versiculum istum, in quo dicitur : a Melior est enim canis vivons super leone mortuo,» ita apud suos exponi : Utiliorem esse, quamvis indoc- tum, et eum qui adhuc vivat et doceat, a præceptore perfecLo, qui jam mortuus est. Verbi causa, ut canem c’était Moïse ou tout autre prophète. Cette explication ne nous satisfait pas. Cherchons un sens plus élevé. Cette Chananéenne, à qui il a été dit : « Ta foi t’a sauvée, » Malth. ix, 23, voilà le chien, par rapport à l’Evangile; et le lion mort, c’est le peuple circoncis, d’après cette pa¬ role de Balaam : « Le peuple se lèvera comme un lionceau et comme un lion qui bondit. » Num. xxm, 24. Nous sommes donc le chien vi¬ vant, nous, les enfants des Gentils, et le peu¬ ple juif abandonné de Dieu est le lion mort. Or ce chien en vie vaut mieux aux yeux du Seigneur que ce lion mort. Nous, les vivants, nous con¬ naissons le Père et le Fils et le Saint-Esprit; eux qui sont morts, ne les connaissent pas; ils n’at¬ tendent ni promesse ni récompense, leur mé¬ moire est finie. Ils ne se sont point souvenus de ce qu’ils devaient savoir, et le Seigneur ne so souvient plus d’eux à son tour. L’amour même, qu’ils avaient autrefois pour Dieu, a péri, comme la haine dont ils parlaient audacieusement : « Seigneur, n’ai-je point haï ceux qui vous 1 lais¬ sent, et n’ai-je point séché de dépit à cause de vos ennemis,» Psalm. cxxxvm, 21, et comme leur zèle, qui enflamma Phinées, et fit froncer le sourcil de Mattathias. Il est évident d’ailleurs que leur part n’est point dans le siècle, puisqu’ils ne peuvent pas dire : « Le Seigneur est mon par¬ tage. » Psalm. i/xxn, 20. intelligeretunum quemlibet depluribus præceptorem; elleonem, Moysen, aut alium quemlibet prophetarum. Sed quia nobis hæc expositio non placet, ad majora teudamus ; et Chananæam ilium, cui dicturn est : «Fi- des tua te salyam fecit, » Maltl t. ix, 23, canem esse juxta Evangelium dicamus; leonem vero mortuum, circumcisionis populum, sicut Balaam propheta dicit : «Ecoepopulus, ut catulus loonis consurget, etutleo ex- aultans. » Num. xiii, 24. Canis ergo vivens nos sumus ex nationibus ; leo autem mortuus Judæorum populus a Domino derelictus. Et melior est apud Dominum iste canis vivens, quam leo ille mortuus. Nos enim viventes cognoscimus Patrem, et Fitium, et Spiritum sanctum ; illi vero mortui nihil sciunt, nequo exspectant aliquam repromissionem atque mercedem, sed compléta est rae- moria eorum. Neque ipai meminerunt quæ scire dobue- rant, neque illorum jam Dominus recordatur. Dilectio quoque, qua aliquando Deuin diligebant, periit, et odium de quo audacter loquobantur : « Nonne odientes te, Domine, odivi, et super inimicos tuos tabescebam.» Ps. cxxxvm, 21, necnon et zelus eorum, juxta quem Phiuees zelatus est, et MattliaLiæ intremueruut po pûtes (in G/wc.. vetpptk). Perspicuum autem est quod. 70 SAINT JEROME. « Va et mange ton pain dans la joie et bois ton vin de bon cœur, parce que tes œuvres ont été agréables à Dieu. Qu’en tout temps ta robe soit blanche, et que l’huile parfumée ne fasse ja¬ mais défaut sur ta tête; » EccL îx, 7; jusqu’au passage où il est dit : « Comme les poissons pris à l’hameçon et comme les oiseaux au lacet, ainsi seront pris les enfants des hommes au moment inévitable, lorsque la mort fondra sur eux tout à coup. » EccL îx, 12. Avant d’aborder la discus¬ sion de détail, il convient de jeter un coup d’œil rapide sur l’ensemble de ces versets, pour met¬ tre en évidence la pensée générale d’où iis dé¬ coulent. Il vient de nous dire qu’ après la mort les hommes sont bannis du cœur des vivants, dont aucun n’a pour eux ni amour ni haine, selon ce mot du poëte : « Il n’y a plus de combat avec les vaincus qui ont perdu la vie, » Æneid. xi, 104, et qu’ils ne peuvent plus rien sous le soleil; maintenant il amène cette sorte d’erreur univer¬ selle, cette coutume qu’ont les hommes de s’ex¬ horter les uns les autres à jouir des biens de la terre. Il le fait par une prosopopée, à la manière et pars eorum non est in sæculo ; non enim possunt dicere: « Pars mea Dominus. » Ps. lxxii, 26. « Vade et comede in lcetitia panem tuum, et bibe in corde bonovinum tuum, quoniam jam placueruntDeo opéra tua. In omni tempore sint vestimenta tua cun- dida, et oleura de capite tuo non deficiat ; » EccL ne, 7 ; usque ad eum locum, in quo ait : « Sicut pisces qui tenentur in captione pessima, et sicut volucresquæ capiuntur in laqueo, similiter cupientur filii homiuum in tempore pessimo, cuni ccciderit super eos subito. » Ibid . 12. Autequam de siugulis disputeraus, breviter constringenda sunt ornnia, ut appareat, quo simul sensu cuncta dicautur. Quiain superiori capitulo fuerat prælocutus, quod postquam mortui fuerint horuines, a corde viventium éxcidant,et nec dileetionem quis in eos habeat nec odium, secundum illud poetæ : Æneid. xi : Nulluni cmn vîclia certamen et œtlioro cassis, et quiasub sole ultra niliil possint ; nunc quasi erro- rem humanum et eonsuetudinem, qua se ad fruenda des rhéteurs et des poètes: 0 homme, s’écrie-t-il, puisque tu n’es rien après la mort et que la mort n’est rien elle-mèmo, écoute mon conseil; pen¬ dant qne tu possèdes cette courte existence, épuise les voluptés, jouisdela bonne chère, noie les soucis dans ton verre, et comprends que Dieu t’adonné tous ces biens pour que tu en uses. Enve¬ loppe ton corps de blanches et moelleuses étoffes, inonde ta tète des plus rares parfums, choisis pour les plaisirs entre les beautés d’i ci-bas celtes en qui tu trouves le plus de charmes, et cette vie vaine et passagère, passe-la dans une vaine et passagère volupté. Hors de cela, rien ne te reste dont tu puisses jouir ; tous les fruits de la vie qui peuvent faire tes délices, hàte-toi de les cueil¬ lir avant qu’ils aient péri. Tu ne dois point t’ar¬ rêter à ce frivole épouvantail d’un compte à rendre, au delà, de la tombe, de chacune de tes actions, bonnes et mauvaises. 11 n’y a pas en effet de sagesse dans la mort ; cette vie une fois tombée en dissolution, nous ne sentons plusrien. Qu’ils parlent ainsi, dit-il, un Epicure, un Aris- tippe, et les Cyrènéens, et les autres troupeaux hujus sæculi bona invicem hortuntur, inducit, et Tïpoaoj'Tro'Ttouav (prosopopæiam) (a) facit more rhetorum et poetarum, dicens : O bomo, quia ergo post mor- tem niliil es, et mors ipsa nihil est, audi consilium meum, et dum vivis in liac brovi vita, fruere vo- luptate, utere dapibus, vino curas opprime, et in tel" lige, quoniam a Deo tibi donuta sunt ad utendum. Candidis vestibus ornatus iucede, unguenlis spiret caput tuum ; quœcumque tibi placuerit feminarum, ejus gaude complexu, et vanam liane et brevem vitam, vana et brevi voloptate perenrre. Nihil enim extra hæc habebis amplius, quo fruaris ; quodeumque te delec- tare potest, festiaus carpe, ne pereat. Nequo enim fri- vola debes formidare commenta, quod singulorum operum, vel bonorum, vel malorum apud inferos tibi reddenda sit (al. est) ratio. Non est euim aliqua in morte sapientia ; nullus post dissolutionem vitae hu¬ jus remanet sensus. Et hæc, inquit, aliquis loquatur Epicurus, (b) et Aristippus et Cyrenaici, et cæteræ pe- («) npoaw'TtOTîOltav. Nomiulli Gramnmtici scribunt sine t duplici 'TtpoaW'JtO'Ttoiav, autem prosopopæa quasi persooat’uni ûctarum in- duolio ; unde Cicero de Oral. lib. m appellat banc figuram persooarum fictarum inductionem, Yidoïds quoquo Quint, lib. ix, cap, 2. Mahtiah. (b) « Aliquis loquatur Epicurus. » Libro secundo adversus Joviniaouui, ot lib, vu Comment, in caput xxu Isaiao : a Qui eum Epicuro dicit : Pùat morlcm nihil est. a Tertullianus do Resurrectiooe carnis : « Nihil esse post morlern Epicuri achola ost. x Quam Epieu ri sententiam Lucanue libro m exprimitbis verbis : Ecquid , ait} vani terremvr imagine somni ; Aut nihil est sensus animis a morte relictuu,, Aut mors ipsa nihil, etc. Forro qui fuerint istæ pecudee pbUosopborum manifeste docet Cieero Tuscul. Quæst, lib. iu : « Atqui» inquit/ « ab Aristippo Gyronii philosophica nomioali, omue boimm in voluptato posuernnt, virtutemque censuerunt ob eam rem e3se laudandam, quod erûciens esset voluptatis. i» Yide eumdem Ciccronem lib. m de Orat. et ni de Otfïo. et Diogenem Laertium lib. u in Ai îstippi Cyrenæi Vita. De Epicuro autem hoc seiendnm, quod summum bonum, non ut Aristippus, io voluptate corporis, sed in animi voluptate poneret, ai Laciantio credimue, Institut. Divin, lib. m, cap. 7. Assertor tameo dicitur voluptatis apud Hieronymum, et aüos Ecclesiasticos ecriptores. Matitun. 71 COMMENTAIRE DE L’ECCLÉSIASTIi do philosophes. Pour moi, après mûr examen, contrairement à ceux qui livrent sottement le monde aux caprices du hasard et font des hom¬ mes les jouets dfun aveugle destin, je trouve que tout se fait selon les vues de Dieu. Celui qui court avec vitesse ne doit pas croire que cette rapidité lui appartient; ni celui qui est robuste s’enorgueillir de sa force; ni le sage penser que les richesses et les biens sont un fruit de sa pru¬ dence ; ni celui qui est habile dans l’art de parler et qui a la science s’imaginer qu’il lui suffit de l’éloquence et du savoir pour gagner les faveurs du peuple : rien n’arrive, sachons-le bien, que par la volonté do Dieu. Si sa direction souverai¬ nement sage fait défaut, « s’il ne bâtit lui-même la maison, c’est en vain que travaillent ceux qui la construisent ; s’il ne garde lui-même la cité, c’est en vain que veille celui qui la garde. » Psalm. cxxxvi, 1-2. 11 n’y a donc pas une seule et même issue pour tous, comme le disent les insensés, et la condition de cette vie n’est pas incertaine, dès l’instant qu’à l’heure où ils s’y attendront le moins, le trépas ravisseur les met¬ tra en présence de leur juge. Comme les poissons sc suspendent à l’hameçon et tombent dans les filets, sans le savoir, et comme les oiseaux libres dans les airs se prennent au lacet, ainsi les hom¬ mes, qui croyaient ce monde livré aux capri- cudes philosophorum. Ego auLem raecurn diligenter retractaus, invenio non, ut quidam male æstiinant, omnia fortuito geri, et variam in rebus lmmanis fortu- nam ludero, sed cuncta judmio Dei fieri. Neque enim velox pedibus, suum debet eursum putare, si currat; neque fortis in suo confidat robore ; nec sapiens divi- tias et opes æstimet prudentia congregari; nec elo- quens et doctus per eloquentiara et doctrinam apud populum invenire se posse gratiam ; sed omnia Deo fieri disponente. Et nisi ille sno cuncta arbitrio rexerit, et œdificaverit domum, in vannm laboravere (al. la - boran ?) , qui œdificant eam ; nisi ille custodierit civita- toni.invanum vigilant, qui custodiunteam. Ps. cxxvi, 1-2, Non est itaque, ut illi putant, uuus eventus, et in- certus vitæ bujus status; quia quando non æstimant,- reneutina morte subducti ad judicium venient. Et quo- modo pisces hamo capiuntur et retibus, et aves per acrem liberœ laqueo dum nesciunt alligantur; sic et bo- minos pro merito suo ad ælerna supplicide'aclucentur cum repente mors venerit, et judicium in eos, qui pu¬ ces du hasard, tomberont à bon droit dans les supplices éternels, lorsque la mortel le jugement les surprendront tout à coup. Nous avions rai¬ sonné jusqu’ici d’après le sens sous lequel nous voulions envisager ce passage en son ensemble; maintenant il faut analyser chaque précepte en vue dé la seule personne de l’Ecclésiaste. «Va, mange ton pain dans la joie, et bois ton vin de bon cœur, parce que tes œuvres ont été agréa¬ bles à Dieu. » Nous avons appris que la mort finit tout, que la pénitence est impossible dans l'autre monde, et qu’on ne peut y retourner à la vertu ; hâtons-nous donc, pendant cette vie, de recourir â la pénitence, et travaillons au salut, pendant qu’il en est temps. Dieu reçoit vo¬ lontiers dans sa miséricorde celui qui a le repen¬ tir. Autre sens : On peut utilement interpréter ce passage au pied de la lettre, d’après cette maxime: « Soit que vous mangiez ou que vous buviez, et quelque chose que vous fassiez, faites tout pour la gloire de Dieu; « I Corinlh. x, 31 ; et cette au¬ tre : « Buvez votre vin avec discernement. » Prov. xxiv, ad finem. En effet, celui qui abuse des créatures n’a pas la vraie joie, son cœur est per¬ verti. Voici toutefois une interprétation meil¬ leure : L’homme dont les oeuvres ont été agréa¬ bles ' à Dieu, ne saurait manquer ni du pain véritable, ni du vrai vin qui a été produit par la tabant incerto statu omnia volutari. Hæcjuxla eum sensum, breviter voluimus uni versa compreheudere ; nunc, quasi non ex alterius, sed ex sua persona loqua- tur, interpretanda suntsingnla. cc Vade, comede in lce- titia panem tuum, et bibe in corde bono vinum tuum, quia complaeneruut Deo opora tua. » Quia didieisti, quod morte omnia fmiantur, et in inferno non sitpœ- nitentia, nec aliquis ad virtutes recursus, dum in isto sæculo es, festina, contende agere pcenitèiitiam ;dnrn habestempus, labora.Lîbenter enim Deus suscipitpceni* tentera. Aliter : Et simpliciter intellectum prodest, juxta illud : « Sivemanducatis, sivebibitis, sive aliquid facitis, omnia in noraine Domiui facile. » I Cor. v, 31 ; et in alio loco : « Cum consilio (a) vinum bibe. » Non enim habet veram lsptitiam et cor bonum, qui creaLuris su¬ pra raodum obutitur. Melius auteur est sic sentive : Cujus plocuernnt opéra coram Deo, nequaquam indi- gere poterit vero pane et vino, quod cnlcatum est de vinea Sorecb.Dato nobis itaque præcepto, quod dicit : «Desiderasti sapientiam, serva mandata, et Dominus (a) « Cum consilio vinum bibe. » Quautum me torserît locus rsto, vix ei'edi potest : nam scopulosus diu mibi fuit propter Erasmianœ odilionis imporitiam, ad cujus Gdem qnærebam apud Paulum i Epist. ad Timoth. cap. v, quod invenilur in oditione Grœca Provarbiorum Salomonis cop.- 24 prope fidem, nbi bæe ioaerta loguntur : Msta fïouVqç Ttàvta Trolei, perde oivoïîÔTet., i.d est, « cum consilio oamip. fa'-, eum consilio vinum bibe, u Mautian. 72 SAINT JÉROME. vigne de Sorech. Le sage nous a déjà donné ce conseil: «Si vous désirez la sagesse, observez les commandements, et Dieu vous la donnera ; » Eccl. i, 33; par conséquent, observons les com¬ mandements , et nous pourrons trouver le pain et le vin spirituels. Au contraire, à celui qui ne garde pas les commandements, et s’enor- gueillit de l'abondance du pain et du vin d’ici- bas, il est dit par la bouche d’Isaïe : « De peur que vous ne disiez : Je connais votre loi ; vous ne l'avez ni connue, ni vue, et je n’ai point ou¬ vert vos oreilles dès le commencement, sachant que vous seriez prévaricateurs. » Isa . xlviit, 8, selon les lxx. Ces mots de la Version des Sep¬ tante: « Viens, mange ton pain dans la joie, » sont la parole de cet Ecclésiaste qui dit dans l’E¬ vangile : «Quecelui quiasoifvienneàmoietqu’il boive;» Joan. vit, 37; et dans les Proverbes : «Ve¬ nez, mangez monpain et buvezmon vin .» Prov . tx. « Sois en tout temps revêtu d’un blanc vêtement, et que l’huile parfumée ne manque point à ta tète. » Eccl. ix, 7. Ayez, dit-il, le corps pur, et soyez miséricordieux. Ou encore ; Ayez en tout temps de blancs vêtements , et gardez-vous de jamais souiller votre robe d’innocence. Il est écrit que le peuple des pêcheurs a porté le deuil dans de noirs vêtements. Pour vous, revêtez- vous de,1 lumière, et non de la malédiction, qui a été prédite contre Judas : « Qu’il soit revêtu de malédiction comme d’un vêtement.* Psalm . cvin, miuistrabit tibi eam; » Eccl. i, 33 ; servemus mandata, et panem et vinurn spiritualia invenire poterimus. Qui autem mandatai non servat, et in punis et vini nbun- dantia gloriatur , dicitur ei per Isaiam : « Ne dicos : Etiam cognosco eam, neque sois, neque a priucipio aperui tibi aures. Scio enim quia contemnens eontern- nes, » (al. contemnis , Grâce. dc0eTT)ae«;) Isai . xnvm, 8 sec. LXX. Porroqnod in Septuaginta Interpretibus di¬ citur : « Veni, eoinede in lætitia panem tuuiu, » ejus Ecclesiastæ vox est, qui in Evangelio loquitur : « Qui sitit, veniat ad me, et bibat ; » Joan. vu, 37 ; et in Proverbiis : « Veuite, comedite panes meos, et bibite vinummeum.» Prov. îx, 5. « In omni tempore sint ves- timenla tuacandida, eL oleum de capite tuo non desit. » Habeto, inqnit, corpus mundum, et esto misericors. Vel ita : Non ait tempus in quo candida non habeas vestimenta, cave ne quondo pollutis vestibus induaris« Populus quippe peccator in vestibus fuscis luxisse des- cribitur. Tu autem induere lucem, et non maledictio- nem, quæ super Judam scripta est : « Induatur male- dictione, sicut vestimenlum. » p&. cvm, 18. Induere viscera misericordiæ,benignitatis, humilitali6,mansue- 18. « Revêtez-vous d’entrailles de miséricorde, de bonté, d’humilité, de modestie, de patience,» Coloss. ni, 12, et lorsque vous vous serez dé¬ pouillé du vieil homme et de ses œuvres, revê¬ tez-vous de l’homme nouveau qui se renouvelle de jour en jour. Sur ces mots : « Et que l’huile parfumée ne fasse point défaut à ta tête; » il est à remarquer que l’huile a la propriété d’en¬ tretenir la lumière et de délasser les membres fatigués. Il y a une huile spirituelle, l’huile de l’exaltation en Dieu, dont il est écrit : « C’est pour cela que le Seigneur ton Dieu t’a oint de l’huile del’exaltation en présence de tes contem¬ porains; » Psalm . lxv, 8 ; c’est le parfum de cette huile qui doit répandre la joie sur votre front. Il faut dans les jeunes oindre sa tète de cette huile, que ne peuvent avoir les pêcheurs, à qui il est dit : « Ce n’est pas mettre un cataplasme, ar¬ roser d’huile, entourer de bandeaux. » Isa. i, 6. C’est qu’ils ont une huile corrompue, dont le juste dit avec aversion; «L’huile du pécheur ne souil¬ lera point ma tête. » Psalm . civ, 5. Celle-ci, les hérétiques la possèdent, et ils voudraient la ré¬ pandre sur le front de ceux qu’ils trompent. « Vois la vie avec l’épouse que tu as chérie pen¬ dant tous les jours de vanité qu’il t’est donné de passer sous le soleil; c’est là ton partage dans la vie, au milieu des labeurs que tu poursuis avec peine sous le soleil. » Eccl. ix, 9. Suivez la sagesse, la science des Ecritures; prenez-la tudinis, patientiæ(al. sapientix\) Coloss. ni, 12; et cum exspoliatus fueris veterem hominem cum operibus ejus, induere novum, qui renovatur de die in diem. Quod autem ait : « Et oleum de capite tuo non desit; » scïendum naturam hnne esse olei, ut et lumen alat, et fessorum solvat laborem. Est oleum spirituale, oleum exsultationis, de quo scribitur : « Propterea unxit te Deus.Dotistuusoleoexsultatiouispræ participibus tuis.» Pu. xlv, 8. Hoc oleo vultus noster exhilarandus est. Hoc jejunantis ungeudum caput, quod peccatores ha- bere non possunt, quibus dicitur : « Non est malagma imponere, neque oleum, neque alligaturas. » Isai. i, 6. Habeut euim oleum contrarium, quod vir justus de- tcstaLur, dicens : « Oleum peccatoris non impinguet caput meum. » Ps. civ, 5. Hoc oleum hæretici liabent, et eo cupiunt deceptorum capita perfundere. « Vide vitam cum mulière, quatn dilexisti omnihus diebus vitre vanitatis tuæ, qui dati sunt tihi sub sole ; quia hæc est pars tua invita et in labore, quo tu la- boras sub solè. » Eccl. ix, 9. Sapientiam sequere et scien- tiam Scripturarum, et hanc tibi in conjugium copula de qua in Proverbiis dicitur : « Àma. illam, el servabit COMMENTAIRE DE I/ECCLÉSIÀSTE. pour épouse, elle dont il est dit dans les Prover¬ bes : «Aimez la sagesse, elle, vous sauvera, embrassez-la, elle vous entourera de ses bras protecteurs. » Prov. rv, 8. Les jours de vanité signifient la vie en ce monde mauvais, contre lequel l’Apôtre nous met en garde à son tour. Quant à ces mots : « Vois la vie avec l’é¬ pouse que tu chéris,» ils ont un double sens. Ou bien : Voyez et considérez la vie, toi-même et ton épouse avec toi; parce que tu ne saurais la bien voir sans le secours d’une telle épouse; ou en¬ core : Considère l’une et l’autre, vois et la vie et ton épouse pendant cesjours de vanité. C’est avec raison qu’il nous prescrit de chercher, avec la sagesse pour épouse et pour guide, la vraie vie pendant nos jours de vanité. Notre partage en effet et le fruit de nos labeurs en cette vie qui n’est qu’une ombre, c’est de pouvoir trou¬ ver la vraie vie. «Tout ce que ta main trouve à faire, fais-le dans ta force; il n’y a ni œuvre, ni pensée, ni science, ni sagesse dans l’enfer où tu dois aller.» Eccl. îx, 10, Faisons tout ce qui peut se faire ici-bas, tra¬ vaillons ; une fois descendus dans la tombe, il ne sera plus temps de faire pénitence. Le Sauveur nous donne un précepte à peu près semblable ; « Travaillons tandis qu’il est jour; viendra la nuit en laquelle nul ne pourra agir.» Joan . ix, 4. Sur ces mots; « Dans l’enfer où tu dois aller, » remarquez que, d’après notre croyance, Sarnuêl to ; amplexare illam et circumdabit te. » Prov . iv, 8. Dies hujus sæculi nequam significant (al. significat). De quo et Apostolus non tacet. Quod autem ait: «Vide vitam cum muliere, quam dilexisti, » ambiguë dictum est, sive vide et coutemplare vitam, et ipse et uxor tua tecum (non enim poteris sine tali uxore solus videre vitam) sive utrumque considéra, et vide vitam et mu- lierem diebus vanitatis tuœ. Et pulchre prœcipit, ut in diebus vanitatis nostræ veram vitam cum sapientia uxore queeramus. Hæc enim pars nostra est, et hic laboris fructus, si in hac vita umbratili vitam veram invenire valeamus. « Omnia quæ invenit manus tua, ut facias, in virtute tua fac; quia non est opus, et cogitatio, et scientia, et sapientia in inferno quo tu vadis illuc. » Fac quod- cumque nuncpotest, et labora; quia cum ad infernum (al. inferna) descenderis, locus non eritpœnitentiæ. Huic quid simile a Salvatore præcipitur: « Operamini, dum dies est; veniet nox, quando nemo poterit opcrari. » Joan . ix, 4. Quod autem ait : « In inferno quo tu yadis illuc, w nota, ut Samuelem quoque vere in inferno cre- das fuisse ; et ante adventum Cbristi, quamvis sanctos, 73 a été réellement aux enfers, et qu’avant la venue du Messie, tous les hommes, mémo les saints, étaient soumis à cette commune loi de descendre aux enfers. Mais, depuis la résurrection de notre Seigneur, les saints ne descendent plus aux en¬ fers, selon le témoignage de l’Apôtre : « Il vaut mieux être dégagé des liens du corps pour être avec Jésus-Christ. » Philip . i, 23. Assurément celui qui est avec Jésus-Christ n’est nullement re¬ tenu dans les enfers. « Je me suis retourné, et j’ai vu que,, sous le soleil, la course n’appartient pas aux coureurs, le combat auxforts, le pain aux sages, la richesse aux prudents, la grâce aux savants, parce que le temps et l’événement inévitable vont à la ren¬ contre de tous ces hommes. » Eccl. îx, \ i. Celui qui est retenu par des entraves de fer, qui est chargé de lourds anneaux de plomb, « puisque l’iniquité est assise sur une masse de plomb, » Zach.v, 7, etqui dit danslepsaume : «Mes péchés se sont appesantis sur moi comme un accablant fardeau, » Psalrn. xxxvm, 5, est inapte à cette course, dont il est écrit : « J’ai achevé ma course, j’ai gardé ma foi » H Tim. i, 7. Quant à celui qui est léger et dont l’àme ne porte aucun far¬ deau, il ne peut néanmoins lui-même arriver au but sans le secours de Dieu. Dans sa lutte contre les puissances ennemies, lutte dont l’Ecriture dit; « Sanctifiez la guerre, » Jerem. vi, 4, quelque robuste qu’il soit, il ne saurait vaincre par ses omnes inferui lege detentos. Porroquod sancti post re- surrectionem Domini nequaquam teneantur in inferno, testatur Apostolus, diccns : « Melius est dissolvi, et esse cum Christo. » Philip, i, 23. Qui autem cum Cbristo est, utique nonteneturin inferno. « Converti me, et vidi sub sole, quoniam non est ve- locium cursus, nec fortiumprœlium, nec sapientium pa- nis, nec prudentiumdivitiæ, nec scientium gratia; quo¬ niam tempus et eventus occurret omnibus illis. » Eccl. ix, 11. Qui vinotus est compedibus ferreis et gravibus pluiubi uexibus prægravatur : « Iniquitas enim se- det super talentuui plumbeum, » Zach. v, 7, et iu Psalrno loquitur: «Sicutonus grave gravatæ sunt su¬ per me, » Psal. xxxvii, 5, non ost aptus ad cursum ilium, de quo dicitur : « Cursum consummavi, fi- dem servavi. » II fini. îv, 7. Qui autem le vis est, et anima illius non gruvatur, nihilouiinus et ipse absque adjutore Deo ad calcem non potest pervenire. Sed et cum prælium fuerit adversus contrarias potestates, de quo seriptum est : « Sancti ficate bellum ; ». Jerem. vi, 4; licet robustus, turnen propriis viribus vincere non valobit. Perfectüs quoque in filiis hominum et sa- 74 SAINT JÉROME, seules forces. De même le plus parfâit, le plus sage des hommes ne peut obtenir le pain vivant, le pain céleste, qu’avec l’aide de la sagesse qui l’exhorte : « Venez, mangez mon pain. » .11 y a aussi des richesses dont l’Apôtre dit : « Devenir riches en bonnes œuvres, » I TimoU vx, 18, et ailleurs : « Vous avez, été comblés de richesses en tout ce qui est des dons de la parole et de la science, » I Corinth. i, 5;. ces richesses, sachez-le bien, l’homme prudent ne peut les amasser, s’il ne les reçoit du Seigneur, dont elles sont les biens. A ce sujet, il est écrit ailleurs: « La ré¬ demption de l’âme de l’homme est le propre tré¬ sor du Seigneur.» Prov. xv, 8. En outre, lf homme le plus érudit ne peut trouver la grâce, à moins qu’elle ne s’ajoute à sa science par un pur don de Dieu. C’est ce que savait saint Paul: « J’ai travaillé plus que les autres, s’écrie-t-il; non pas moi néanmoins, mais la grâce de Dieu avec moi, » I Corinth. xv, 10 ; et encore : «Sa grâce n’apoint été stérile en moi. » Enfin de compte, l’homme ignore quand sonnera l’heure qui met fin à toutes les choses de la vie par des accidents divers. Tel est le sens mystique. D’autre part, si nous raisonnons d’après le sens littéral, l’Epitreaux Romains vient à l’appui de ce passage : « Cela ne dépend, y est-il dit, ni de celui qui veut, ni de celui qui court, mais de pieris viventem panem atque cœlestem habere non po- terit, nisi per sapienliam cohorlantem : « Venite, co- medito panes nieos. » Et quia sunt divitiæ, de quibus Apostolus ait : « Divites fieri iu operibus bonis; » I Tim . vi, 18; et alibi : «Divites facti estis in omni sermone, et in omni scientia; » I Cor. î, 5 ; sciendum prudentem virum bas non possedivitias congregare, nisieas a Do¬ mino acceperit, cujusipsæ dvitiæsunt. De quibus et ali¬ bi dictum est : « Redemptio animæ viri, propriæ di¬ vitiæ. » Prov. xv, 8. Gratia quoque, nisi scientiam co- mit.ata fuerit, et concessa a Deo. quamvis eruditus vir eam non poterit invenire. Quod et Paulus sciens : « Plus,» iuquit,« omnibus illis laboravi ; nonautemego, sed gratia Dei quæ mecum est ; » ICor. xv, 10 ; et ite- rum : « Gratia ejus in me non fuit vacua. » Et ad ex-: tremum nescitur ab bomine, quando te.mpus adveniat, in quo varius eventus et finis omnium subsequatur. Hæc secundum àvaywyrjv, Cætcrum, ut simplicius (al. simplicibus ) disseramus, Dieu qui fait miséricorde. » Rom. ix, 16. Quant à 'ces mots : « Le pain n’est pas aux sages, »; nous en avons de nombreux, et quotidiens • exemples en des hommes qui manquent du nér cessaire, bien qu’ils soient les plus sages. Et « la grâce n’est pas le privilège des savants.» Vous voyez en effet que ce sont les pauvres d’esprit qui sont florissants dans l’Eglise; et les autres cependant, parce qu’ils ont nourri l’audace de leur front et suivi la volubilité de leur langue* sans même songer à ce qu’ils disent, se croient érudits et sages, surtout s’ils ont obtenu la faveur du vulgaire, que rien n’émeut et ne charme comme les grands mots légers de sens. Au contraire, le véritable éruclitlanguit dans l’obscurité, souffre la. persécution; non-seulement il n’est pas en grâce auprès du peuple, mais il sèche dans l’abandon,- dans le besoin. Il en est ainsi, parce que toutes choses sont incertaines ici-bas; ce n’estpas en ce monde, mais dans l’autre, que le mérite trouve sa récompense. « L’homme ne connaît pas son heure. Comme les poissons qui tombent dans le . filet fatal, comme les oiseaux qui se prennent au lacet, ainsi tomberont les enfants des hommes à l’heure inévitable, lorsqu’elle fondra sur eux â l’impro- viste. » Eccl. xx, 12. Nous avons déjà dit com¬ ment les angoisses ou la mort fondent sur les Epistola ad Romanos huic loco congruit : ,« Quia non volentis neque currenti?, sed miserentis Dei sit. »/? ow, ix, 16. Quod autera ait : « Non est sapientibns panis, » multorum quotidie proba.tur exemplo, qui cum sapien- tissirai sint, necessariis indigent. Et « Non est scienti- bus gratia, » Videas enim iu Ecclesia iinpcrilissimos quosque florere; et quia nutrierunt frontis audneiam, et volubilitatem linguæ consecuti sunt, dum non recogi- tant quid loquantur, prudentes se et eruditos arbitran- tur; maximo si favoreux vulgi hnbucrint, qui mogis dictis levioribus delectatur et commovetur. Et o con¬ trario eruditum virum lutere in obscuro, perseeuliones pati; et non solum in populo gratiam non habere, sed iuopia et egestate tabescere. Hæc aulemfiunt, qnia in- certo statu feruntur omnia, et non est in præsenti re¬ tribu tio meritorum, sed in futuro. « Et quidem nescit lionio ternpus suuux. Quasi- pis- ces qui retinentur in captione pessima(«), sicut volu- cres quæ colligantur laqueo ; similiter corruentlllii ho- (a) « Retinentui’ iii captione pessima. » Editi antea nos libri retinedt, « in retiacnlo malo ; s sed' errnro manifesta, et contre fidem omnium mes. codictira qui legunt, « in captione pessima. » Nain idem habet supra TXiernnymus in Commeniario, diceus : « XJ^que ad enm loenm nbi ait : sicut pisçes qui tenentur in captione pessima,.» etc. Unde couiprobatur auctorea veterura editiomun nnmquam restituendo Hieronymo adbi- bniBse ipsum Hieronyroum; qui tamen sæpius unus nobia est prp omnibus ad veram ao absulutam opusculorum siiorum reslituiionem. -Mabtian, 75 COMMENTAIRE DE L’ECOLÉSIASTE. gommes à leur insu. Or, selon le sens allégorique, il faut savoir que « le royaume des cieux est semblable à un filet jeté dans la mer.» Malth. xiiï, 47. Par contre, les hérétiques ont aussi des filets, dans lesquels ils prennent des poissons destinés à la mort éternelle. Ces filets sont l’aflabilitè du discours, le miel de la louange, des jeunes feints ou forcés, un humble vêtement, l'hypocrisie des vertus. Et s’ils entreprennent de discourir sur les choses d’en haut, de lever leurs yeux vers le ciel, de chercher les sublimes demeures de Dieu, c’est qu’ils plantent leur lacet sur les hauteurs. Comme les poissons tombent vite dans les filets, etles oi¬ seaux se laissent prendre au piège, ainsi, lorsque l’iniquité sera fort augmentée, que la charité de plusieurs se sera refroidie, et qu’il aura ôté fait des signes et des prodiges capables de séduire les élus eux-mêmes, s’ils pouvaient être séduits, Màlth..xx iv, il peut arriver, sachez-le bien, que des ecclésiastiques eux-mêmes succombent; ce sont, ceux dont la foi est chancelante et que l’E¬ criture appelle les enfants des hommes. Notons ici que, dans tout le livre, partout où nous di¬ sons « les enfants des hommes, » le texte hébreu porte « les enfants de l’homme, » c’est-à-dire, « les enfants d’Adam. » Presque tous les livres saints sont remplis de cette façon de parler; les enfants d’Adam signifient tout le genre humain. niinum in tempore malo, cuni ceciderit super ipsos ex- tomplo. » Eccl. îx, 12. Jam et supra diximus quod dum nesciant homines, ita eis (al. eis aut) angustiæ, veniant, aut interitus. Porrosecundum allegoriam est sciendum regnum cœlorum siinile esse sagenæ missæ in mari. Hlallk. xm, 47. Et e contrario habere ,sa- genani liæreticos, per quam pisces capiant ad in- teritum. Sagena eorum est sermo affabiiis, blun- dum eloquium, simulata aut coacta jejunia, vestis bu- milis, virtutum imitatio. Quod si cceperint, et de au- perioribus disputare, et in sublime levare os suum, et Dei altitudines quærere, laqueum ponunt in excelsis. Quomodo igitur pisces et volucres cito capiuntnr a tali sagena et ab istiusmodi laqueo ; sic, cum multiplicata fuerit iniquitas, et refrixerit éharitas multorum, et si¬ gna facta fuerint atque portenta, ita ut seducantur, si possibile est, etiarn electi, Mallh. xxiv, sciendum est Ecclesiasticos quoque (al. quosque) viros/qni filii ho- minum appellantur, et sunt modicæ fidei, cito posse corruere. Notandum etiam, quod per 'totum librum ubicuraque dicitur, « filii hominum, » in Hebrœo lia- bet EHN filii hominis, hoc est filii Adam. Et om- ois pene Scriptura hoc idiomate pléna est, universum genu8 hominum, Adam fil i os voeans. <( J’ai rencontré un autre genre de sagesse, qui est bien grande à mes yeux. Voici une petite cité avec un petit nombre de citoyens; or un roi puissant vient l’assiéger et dresser contre elle ses énormes machines. Mais il se trouve en elle un homme pauvre et sage, qui la sauve en sa sa¬ gesse. Et ses concitoyens ne se souviennent pas de cet homme pauvre. » Eccl. .ix, 14, 15. Tout n’est qu’incertitude, dit-on de toutes parts, et le juste n’a aucun privilège sur le méchant. Pour moi, voici encore où j’ai trouvé à louer une grande sagesse. 11 arrive souvent qu’une petite ville qui a peu d’habitants est assiégée par une armée innombrable. A l’intérieur, le blocus et la faim déciment le peuple. Tout â coup, contre toute espérance, surgit un homme humble et pauvre qui , parce qu’il a plus do sagesse que n’en ont tous ensemble les riches, les grands, les puissants et les superbes pressés par le péril et frappés de peur par le siège, pense, cherche et trouve le moyen d’arracher la ville à ses maux. Et voilà que, après qu’il les a délivrés, qu’il a mis un terme à la servitude, qu’il a rendu la li¬ berté à la patrie, ô ingrat oubli des hommes ! per¬ sonne ne se souvient de ce sage pauvre, nul ne lui rend grâces du salut qu’il lui doit, et tous ho¬ norent ces mêmes riches, qui ne surent être d’aucun secours dans le danger commun. Mon « Sed haiic vidi sapientiam sub sole, et. magna est apud me : Civitas parva. et viri in ea pauci ; et venit ad eam rex magnus et circumdedit eam, et ædificavit ad- versus eam machinmn magnam. Etinvenitin ea virnrn pauperem et sapientera, et salvavit hic civitatem in sapieutia. sua; .et homo non recordatus est houih nis pauperis illius. » Eccl. ix, 14, 15. Aliis omnia incerta dicentibus, et justum ab injusto nihil an> plius hahere, ego sapientiam etiam in hoc maximam comprobavi ; quod crebro evenit, ut parva sit civitas, et habitatores in ea pauci, et.iunumerabifium hostinm cingatur exercitu.et obsidione, et faine .pppulus intus necetur; et repente coutra omnium suspicionem inve- niri virum humilem et pauperem, qui quia hobet sa- pientiam majorem cunctis divitlbus, magnis etpoten- tibus et superbis in pericnlo positis,. et ad. obsidionem paveutibus, cogiLat et inquirit, et invenit (al. . inve- nlat) quomodo a malis eruat civitatem. Et, o ipgratq hominum oblivio, postquam fuerint liberati, et soluta captivitas, et redditapatriæ fibertas, nemo meminitsar pientis illius pauperis, nemo refert gratias pro salute ; sèd omnes honorant di vîtes, qui in periculo nihil sub- venire potuerunt. Aliter Hèbræus ita hune locum in- terpretatus est : Civitas parva homo est, qui etiam SUN T JÉROME. 76 maître d’hébreu interprétait différemment ce passage : Cette petite cité, c’est l’homme que les philosophes qualifient encore de petit monde. Les habitants peu nombreux qu’elle a, ce sont les membres dont l’homme est formé. Quand vient contre elle le puissant roi du mal Satan, cherchant un endroit par où il pourra s’y intro¬ duire, il se trouve en elle une pensée humble, sage, calme de l’homme intérieur, qui sauve la ville assiégée par l’ennemi. Et lorsque l’homme est sorti du danger ou de la persécution, ou des angoisses, ou de toute autre calamité, ou du pé¬ ché, l’homme extérieur, qui est l’ennemi de l’homme intérieur, pauvre et sage, ne se souvient plus de lui, ne se soumet pas à ses conseils, et de nouveau abuse de sa liberté (de sa libre vo¬ lonté). "Autre sens : Cette petite cité aux habitants peu nombreux, c’est l’Eglise eu égard au monde entier. Contre elle s’élève souvent le diable, roi grand, non pas en réalité, mais en tant qu’il se flatte de l’être. Il l’assiège soit par la persécution, soit par tout autre genre d’épreuves. 11 se trouve alors en elle un homme pauvre et sage, le Sei¬ gneur Jésus-Christ, qui s’est fait pauvre pour nous, II Corinth. vin, 9, et qui est la sagesse même. Et cet homme pauvre délivre la ville grâce à sa sagesse. Que de fois nous avons vu la sagesse apud philosopbos minor mundus vocatur. Et viri in ea pauci,membra de quibus horno ipse contexitur. Cum autem venerit adversus eam rex magnus diabolus (o), et quæsierit locum perquem possit irrumpere, inveni- tur in ea humilis et sapiens, et quieta eogitatio interio- ris hominis, et servnt (al. cruet) urbera quæ obsessa ab hostibus cingebutur. Cumquehomode periculo sive persecutionis, sive angustiarum, sive cujuscumque ad¬ verse© rei atque peccati fuerit erutus ; homo ille exte- rior, qui inimicus est illius pauperis hominis, et sa- pientis, non recordatur intorioris hominis, nec subdit se consiliis ejus ; sed rursum sua fruiLur libertate (al. libéra volurUate). Aliter : Parva civitas est, et viri in eapaucl, ad comparationem totius mundi, Ecclesia est : adversus quam sæpe consurgit rex magnus diabolus (non quod magnus sit, sed quod magnum se esse jac- titet) etcircumdat eam obsidione sive persecutionis, sive alio angustiarum genere. Et iuvenit in ea virum pauperem et sapientem, Dominum Jesum Christum, qui pro nobis pauper factus est; II Cor, vm, 9; et est ipsa sapientia ; et ille vir pauper libérât urbem in sa- pientia sua. Quoties vidimus sedentem leonem in insi- de ce pauvre terrasser le lion posté en embus¬ cade avec les riches, c’est-à-dire les sénateurs et les princes du siècle, et méditant la ruine de l’Eglise! Et quand ce pauvre a vaincu, quand il a rendu la paix à la cité, à peine y a-t-il un fi¬ dèle qui se souvient de lui et garde ses comman¬ dements ; tous les autres, se livrant tout entiers à la luxure et aux plaisirs, cherchent les vaines richesses, qui ne sauvent pas du [péril. « Et j’ai dit : La sagesse vaut mieux que la force, la sagesse du pauvre qui a été méprisée avec ses paroles qui n’ont pas été suivies.» Eccl. ix, 16. Quoique nul ne se souvienne de ce sage pau¬ vre, dans les jours de joie, et bien que tous ad¬ mirent la puissance et les richesses, moi cepen¬ dant, fidèle aux maximes que j’ai déjà posées, j’honore davantage cette sagesse qu’on ‘méprise, ces paroles que nul n’écoute. « Les paroles des sages se font entendre dans le calme, plus que la clameur dé celui quia puis¬ sance sur les sots. » EccL îx, 17. Y a-t-il dans l’E¬ glise un déclamateur, dont la parole flatteuse et parée cherche les applaudissements, veut exciter le rire, et s’adresse aux échos d’une joie mon¬ daine : c’est le signe, sachez-le bien, de la folie, et de celui qui parle, et de ceux quü’écoutent. La parole des sages veut être recueillie dans le diis cum divitibus, hoc est, cum senatoribus et princi- pibus hujus Bceculi, et adversus Ecclesiam molientem, pauperis istius sapientia corruisse? Cumque pauper hic vicerit, et urbs paci tuerit restituta, vix aliquis ejus meminit, vix illius mandata considérât; sed totos se luxuriæ et voluptatibus concedentes, quærunt divitias, quæ in necessitate non libérant. « Et dixi ego, melior (al. meliorem essé sapien liam) est sapientia super fortitudinem, et sapientia pauperis quæ despecta est, et yerba ejus quæ non sunt audita. » Eccl. îx, 16. Qunmquam nullus meminerit sapientis pauperis illius, cum læta sint omnia ; sed universi po- tentiam, et divitias admirentur : ego tamen secundum omnes supra interpretationes rnagis honoro contem- ptam sapientïam, et verba quæ nullus audire digna- tur. « Verba sapientium in quiete audiuntur, plus quam clamor potestatem habentis in stultis. » Eccl . îx, 17. Quemcumque in Ecclesia videris declamatorem, et cum quodam Jenôcinio àc Yeuustate verborum ex ci tare plausus, risus excutere, audientes in affectus lætitiæ concitare : scito signum esse insipientiæ, tam ejus qui (a) « Ët quæsierit locum, » etc. Inepta plurima verba hoc loco vetercs editiones Erastn. et Marian. interpolant textui Hieronymiano, quæ intra parenthesîm ita concludunt : (diabolus serpens est lubricns, cujus si capiti, id est, primæ suggestion! non resistitur, totm interna cordis, dmn non sentitur, illabitur, tentationum diabelicarnm initia flagitia sunt : non est ïmmissor, SBd iucensor vitiorum. Unde David : » Tu confregisti caput draeonis.) d Mau-niu. 77 COMMENTAIRE DE I/ECCLÉSIÀSTE. calme, dans un silence sans affectation; quant à l’insensé, serait-il puissant, et eût-il le bruit de sa propre voix et des acclamations unanimes du peuple, il n’en sera pas moins compté au nom¬ bre des insensés. « La sagesse vaut mieux que tous les engins de guerre, et la faute d’un seul paralyse beau¬ coup de ressources. » Eccl. ix, 18. Ici encore Salomon préfère la sagesse à la force; dans les combats, dit-il, elle vaut mieux que les armes des combattants. Qu’il s’y trouve un seul insensé, n’aurait-il que peu d'autorité, ne serait-il rien, souvent néanmoins il suffit de sa sottise pour ruiner les meilleurs plans et perdre les plus grandes ressources. Comme on peut traduire ainsi le texte hébreu : « Celui qui pèche une seule fois perd le fruit de beaucoup de bien qu’il a fait,» on arrive à cette autre interprétation qu’un seul péché perd un grand nombre de bonnes œuvres antérieures, et que les vertus s’engendrent mutuellement, en sorte que celui qui en a une les a toutes.. « Quiconque viole la loi en un seul point, est coupable comme s’il l’avait violée tout entière. » Jacob. 11, 10. « Les mouches qui s’y noient corrompent l’huile parfumée. La sagesse modesle est préfé¬ rable à la 1 sagesse prétentieuse. » Eccl. x, 1. Il donne un exemple de la précédente maxime où il est dit qu’il suffit 'd’un sot pour perdre beau¬ coup de biens, parce qu’un méchant mêlé aux loquitur quam eorum qui audiunt. Verba quippe su- pientium in quiete, et moderato audiuntur silentio; qui vero insipiens est, quamvis sit potens, et clamo- rem sive suæ vocis, sive populi habeatacclamantis, in¬ ter insipientes computabitur. « Melior est Bapicntia super vasa belli, et peccana unus perdet bonitatem multam. » Eccl. ix, 18. Nunc quoquo sapienLiam prœfert fortitudini, et dicit plus eara valero in præliis, quam arma pugnantium. Quod si unus insipiens fuerit, quamvis parvus et niliil sit, crebro tamen per illius stultitium, opes magnas divi- tiasque subverti. Quia vero in Hcbræo potest legi : « Et qui peccat nnuru perdet bonitatem multam, » etiam sic seutiendum est ; quod propLer unum peecatom, multæ justitiae rétro pereant,et invicem se virtuLes se- qui, et qui unam babuerit, habere omnes. Et qui in uno peccaverit, eum omnibus vitiis subjacere. Jacob. n, 10. « Muscæ mortis polluunt oleum compositionis ; pre- tiosa est super sapientiam et gloriam stultitia parva. » Eccl. x, l. Exemplum superioris sensus dédit, in quo ait : per unum stultum multa bona posse subverti, bons en pervertit plusieurs, comme les mouches dans un parfum en corrompent l’odeur et la cou¬ leur. Et comme souvent la sagesse est mêlée do ruse, et la prudence a sa malice, il nous prescrit de rechercher la sagesse simple, mêlée A l’in¬ nocence des colombes ; soyons prudents en présence du bien et simples en face du mal. Voici le sens: Il sied au juste d’avoir un peu de sim¬ plicité, il vaut mieux qu'il paraisse sot à cause de sa trop grande patience en laissant à Dieu lesoin de la vengeance, que d’exercer sa malice, sous le voile de la prudence en se vengeant sur l’heure. Autrement: Les mouches, qui d’après Isaïe, dominent sur une partie du fleuve d’Eg)rpte, détruisent la douceur de l’huile, pour laisser en chacun de ceux qui croient l’odeur et les tra¬ ces de leurs immondices. A cause de ces mou¬ ches encore le prince des démons a reçu le nom de Beelzébub, mot qui signifie idole des mouches , ou bien homme des mouches , ou enfin qui a des mouches. « Le sage a son cœur dans sa main droite, et l’insensé' dans sa main gauche. Et l’insensé, mar¬ chant dans sa voie, dit dans l’aveuglement de son cœur : Tout homme est insensé comme moi.» Eccl. x, 2. C’est ainsi que l’Evangile nous donne ce précepte : Que votre main gaucho ne sache pas ce que fait votre main droite. Mallh. vi, 3. Et lorsque quelqu’un nous a frappé sur la joue droite, il nous est prescrit de lui présenter l’autre, quod sic malus mixtus bonis contaminet plurimos, quomodo muscæ si moriantur in ungueuto, perdant et odorem illius et colorem. Et quia sæpc calliditati mixta eBt sapientia, et habet malitinm priulentia, præ- cipit ut sapientiam simplicem requiramus, mixtaque sit cum inuocentia columbarum : prudentes simus ad bonum, simplices autem ad malum. Et est sensus : Convenit justo pnrum habere simplicitatis, et propter nimiam patientiara, dum ultionem réservât Deo, stul¬ tum videri, quam stalim se vindicuntem subvelnmento prudentiæ exercere malitiam. Aliter : Muscæ qu» juxta Isaiam, vu, 18, principantur parLi fluminis Ægypti, perdunt olei suavitatem, inunoquoque credentium re- linquentesimmunditiæ suæ odorem atque vestigia. Ab his muscis etiam princeps appellatus est dœmoniorum Beelzebub, Matlh. xn, 24, qui interpretatur aut « ido- lum muscarum, aut vir muscarum, aut habens mus- cas. » « Cor sapientis in dextra ejus, et cor stulti in siuis- tra illius. Sed et in via, cum stultua ambulut, cor ejus minuitur, et dicit: Omnis insipiens est. » Eccl. x, 2. Et in Evaugelio præcipitur, ut nesciat sinistra quid fa- SAINT JÉROME. 78 . et il rx’est pas dit la joue gauche. Matîh . y, 39. Le juste en effet n’a rien de gauche en lui, tout y est droit. Quand le Sauveur viendra pour le jugement, les agneaux seront à droite, et les boucs à gauche. Matfh. xxv, 33. 11 est écrit aussi dans les Proverbes; «Le Seigneur connaît les voies droites; mais celles qui sont tortueuses sont à sa gauche. » Prov . iv, 27. C’est pourquoi celui qui est sage pense sans cesse à la vie future qui le mène à droite; l’insensé au contraire n’a de pensées que pour la vie présente, qui est à gauche. C’est d'après cette vérité qu’un poète philosophe a dit : « Notre chemin vers 1’Elysée ■est par la route de droite, qui conduit jusqu’à la demeure du grand Jupiter; la route de gauche aboutit au cruel Tartare, où les méchants subis¬ sent leur châtiment. » Virgil., Æneid. v. Notre Lactance à son tour, dans son remarquable ou¬ vrage des Institutions, se souvenant de la let¬ tre A7, a longuement traité de la route de droite et de celle de gauche, c’est-à-dire des verLus et des vices. Et n’ailôns pas croire qu’en cet en¬ droit l’Ecriture contredise cette autre courte maxime ; « Ne vous détournez ni à droite ni à gauche. » Prov. iv, 27. D’une part l’expression « le ciat dextera sapientis, Malth. vi, 3. Et quando pereuti- mur in maxillam dexterara, non jnbemur sinistram genam percutiénti præbere, sed alteram dexteram, Matth.v, 39. JuStüs enim sinistrara in se non habet, sed totum in eo dextrum est. Et cum ad judicandum Salvator venerit, agni stabunt a dextris, hcedi vero a sinistris erunt, Malth, xxv, 33. Et in Proverbiis scribi- tur : « Dextras vias novit Dominas ; quæ autem per- versæ sunt, a sinistris sunt.» Prov. iv, 27. Qui ergo sapiens est, semper de futuro sæculo cogitât, quod du¬ rit ad dextram. Qui vero insipiens, de præsenti, quod* positum est in siniatrn. Quæ quidem seeutus idem phi- losophus (a) et po«to, ait Virgil. : Æneid. vr : Dextora quæ mugai ditis sub moenia durit, (al. tendit). Hdc iter F.lysium nobia : al læva malorum Exercel pœnas, et ad impia tartnra miüit (al. ducit). . Firmianus quoque noster in præclaro Institutionum suarurn opéré Y litte.ræ ineminit, et de dextris ac si¬ nistris, boc est, de virtutibus et vitiis plenissime dis- putavit. Nec putemus buic sententiolæ illud esse con- trarium, in quo dicitur ; « Ne déclinés in dexteram, côté droit » signifie le bien, de l’autre, il s’agit moins de la droite que delà déviation à droite, afin que nous ne soyons pas plus sages qu’il ne faut, parce que les vertus tiennent le juste mi¬ lieu, et qu’en toute chose l’excès est un défaut. Pour le verset qui suit: « L’insensé, marchant dans sa voie, dit dans l’aveuglement de son cœur: Tout est folie,» ou bien; « Tout homme est fou, » en voici le sens ; L’insensé, parce qu’il est pécheur, espère que tout homme est comme lui etjuge tous ses semblables d’après lui-même.. Au reste, voici l’interprétation de Symmaque : « L'insensé, marchant dans sa voie, juge d’après sa folie que tous les hommes sont fous. » Enfin les Septante ont cherché un autre sens qui. leur permît de dire : « Toutes les pensées de l’insensé sont vaines. » « Si l’esprit de celui qui a la puissance s’élève contre vous, n’abandonnez pas la place, parce que le bon sens empêche de grands péchés. » Eccl. x, 3. C’est le prince de ce monde, le sou¬ verain de ce siècle ténébreux, le fauteur des di¬ visions humaines, dont parle l’Apôtre, Ephes., n, 2; vi, 12, que l’Ecriture désigne ici. Que s’il s’é¬ lève sur notre cœur et que notre âme reçoive la neque in sinistram. » Prov. iv, 27. Hic enim pars dex- tera pro bono accipitur; ibi vero non tain dextera, quam dedinatio Jextræ accusatur, De plus sapiamuâ quam sapere nos neccsse est, quia vïrtutes in medio sunt, et Dimietas omnis in vitio est. Sequentis autem versiculi in quo ait : « Sod et in via cum stultus am- bulat, eor cjus indiget, et dicit : Omnis insipientia est, sive insipiens, » hic est sensus : Stultus, ut ipsepecc.nt, 6perat omnes peccare similiter, atque ex suo ingenio nniversos judicat. Denique Syrumachus ita interpreta- tus est : « Sed, et in via stultus cum amb.ulat, ipse insi¬ piens suspicatur de omnibus, quia stulti sunt. » JSep- tuagintu vero alium fccere sensum, quo dicerent : « Omnia quæ insipiens cogitât, esse vanissima. . « Si spiritus habentis potestatem ascenderit super, te, locum tuum ne dimiseris, quia sanitas requiqscere facit peçcata magna. » Eccl. x, 3. Principem mundi istius et rectorem tenebrarum harum, et operantera.in filiis diffidentiæ, cujus et Apostolus meminit, Ephes. ii, 3; et vi, 12, nunc Scriptura significat. Quod si in cor Dostrum ascenderit, et animas malœ cogitationis vul- («) « Pbilosophus et Foeta ait. p Virgilii bæc sunt sexto Æneidos libro cirea medium : Hic locus est, partes ubi se via fxndit ïîi ambas : Dextera , quæ ditis ma y ni sub mæ nia tendit; Hac iter Elysium nobis : at læva malorum Exercet pœnas, et ad impia tartara mittit. Récitât eadem Laetantiua Firniianus Iastitut. Divinar. libro sexto, cap. 3 el <4, ubi de virtutibus et vitiis plenissime disputât, et Y lilteræ memi¬ nit, quam Pylhagorieam alii dieunt, sive Pytbagorœ lilteram, sicut et ipse Hieronymus epist. ad Lœtam de institulione Gliœ, et Epist. ad Pam- naftebium super obitu Puiüinœ. Consnlo oliam Commentaria Xysti De tu Ici Auguslani in Lactantii capitula supra citata. Martun. COMMENTAIRE DE L'ECCLÉSIÀSTE. blessuro d’une mauvaise pensée, nous ne de¬ vons point lui céder la place; nous devons lut¬ ter contre cette mauvaise pensée et nous délivrer du péché plus grand que nous commettrions en la complétant par l’action : car autre chose est pécher par pensée, autre chose pécher par ac¬ tion. C'est de ce grand péché qu'il est écrit dans le psaume : « Si mes instincts ne m'entraînent pas, je serai sans tache, je serai pur du plus grand des crimes, » P salm. xvm, 4. Symmaque a interprété d'après ce sens le mot hébreu, ■mauphe, que tous ont traduit par c'est-à- dire bon sens ou guérison: il dit : « Si l’esprit du prince se jette sur vous, ne lui cédez point la place, parce que la pudeur empêche de grands péchés. » C’est-à-dire, si le diable aiguillonne votre 'esprit et vous excite au désordre, gardez- vous de suivre votre mauvaise pensée et les ap¬ pâts delà volupté; soyez fort, tenez-vous ferme, et que l’eau de la chasteté éteigne le feu des plaisirs. Mon maître d’hébreu, en cet endroit,, a soupçonné je ne sais comment quelque chose comme le sens qui suit: Si vous ôtes investi en ce monde de quelque dignité, si vous ôtes pla¬ cé au-dessus des autres hommes, gardez-vous d'abandonner vos œuvres primitives, d'oublier les antiques vertus, de ne pas poursuivre la tâche commencée; le remède des pêchés se trouve nus acceperit, non debemus (al. debeamus) locum ultra tribuere, sed pugnare contra cogitationem pessimam, et liberare nos apeccato niaximo, ne scilicet cogitatiô- nem opéré compleamus : quiaaliud estcogitatione, aliud opéré peccare. De quo grandi pcccato et in psalaio scribitnr : « Si mei non fuerint dominati, tune iinma- culatus ero, et emundabor a delicto maximo. » Psal. xviii,4.Symmachus verburn Hebraicum ND1D marpub, quod omnes "ajjia, hoc est « saniLaLein, » vel « cnratio- uern » similiter transtulerunt, interpretatus est ad sen- suin, était : « Si spiritus principis irruerit tibi, de lo- co tuo ne recédas; quia pudicitia comprimit peccata magna. » Id est, si titilluverit inentem tuam diabolus, et te ad libidinem concitaverit, ne sequaris cogitatio¬ nem pessimam etblandientem voluptatem ; sed sta for- tls et rigidus, et frigore castitalis Hammam vokiptatis exstingue. Hebræus in lioc loco taie neseioquid suspi- catus est: Si aliquam in mundo acceperis dignitatem, et ordinatus fueris major in populis, uoli relinquere priora opéra tua, antiquarum virlulum ne incipias ob- livisci, laboremque pristinum uod habere; quia pecca- tprum remedium ex conversation e bon a nascitur, et xjon ex.tumenti et superflue dignitate. o Est malum quod vidi sub sole, quasi ignorantia 79 dans une conduite exemplaire, et non point dans le vain orgueil d’une dignité. « 11 y a une iniquité que j’ai vue sous le soleil, comme si le puissant l’avait laissé échapper par inadvertance : l’insensé occupe les places les plus hautes, elles riches en vertus sont assis dans la poussière. J’ai vu les esclaves sur les .chcyaux, et les princes marchant à pied comme des escla¬ ves. » Ecole, j x, 4,5. Là où nous disons : « Gomme échappée à l’inadvertance du Tout-Puissant,» Aquila, Tliêodotion et les Septante interprètent: «Gomme non spontanée, » c’est-à-dire, w ççUoôfhoy, « de la part du Seigneur. » Et Symmaque ajoute ensuite: « L’insensé est placé au rang le plus élevé, tandis que le riche en sagesse est assis à la der¬ nière place. » L’Ecclésiaste rappelle qu’il a été té¬ moin en ce inonde d’une iniquité, qui paraît au premier abord un injuste décret de Dieu : on serait tenté de l’accuser d’ignorance des événements ou d’impuissance, quand on voit, soit dans les gouvernements temporels, soit dans les hautes positions de l’Eglise, ceux qui sont riches en pa¬ roles et en sagesse et riches aussi en bonnes œu¬ vres, occuper les derniers rangs, et les moins sages être investis de la puissance effective. L’Apôtre ne nous cache point que c’est là l’œuvre du démon, à qui Dieu permet d’opprimer en ce monde les puissants et les savants, et de les' em- egrediens a facie potentis : dari stultam in sublimita- tibus magnis, et divitesin humili sédenles. Vidi servos in equis, et principes ambulantes quasi servos super terrain. » Eccl . x, 4. Pro.eo.quôd nos posuimus : « Quasi ignorantia egrediens a facie potentis, » Aquila et Thcodotioct Septuaginta interpretati snnt : « Quasi non spontaneum, idest, w; ixoûaiou, a facie principis. * Gui subnectons Symmachus, uit : « Posilum stultum ni sublimilate magna, di vîtes autem sedere liumiles. » Et hancergo iniquitatem se in sæculo perspexisse com# memorat, quod yideatur injustum esse Dei judicium : et sive per ignorationem, sive absque ejus ficri volun- tate, ut vel in mundi potestatibus, yel inEcclesiæ prin- cipatu, hi qui divitessunl in sermone atquc sapientia, divites etiam in operibus bonis, ignobiles sedeant, et imprudens quisque in Ecclesin principatum teneat. Hoc autem fieri Aposlolus non tacot a diabolo; qnr in sæculo liabet potestatem, ut (al. dum)poleriles quosque et doctos viros premat, nec eos in populis apparere permittat. ïllos yero quos scit imprudentes esse in Ecclesiis, facial esse majores, ut cæci a cæcis du.can- tur in foveam. In hune- sensurn facit et illud quod se- quitur : « Vidi serves super equos, et principes am- hulare quasi servos super terram. » Quod bi qui servi 80 SAINT JÉROME. pêcher de dominer sur les peuples. 11 fait les plus grands ceux qu'il sait être dénués de sagesse, afin que les aveugles conduisent les aveugles h l’a- bime. L’Ecclésiaste poursuit le même sens, quand il dit : « J’ai vu les esclaves sur les chevaux, et les princes marcher à pied comme des esclaves, » il rappelle que ceux qui sont esclaves de leurs vices et du péché, oü qui sont si humbles que les hommes les regardent comme des esclaves, couvrent la voie publique de leurs carrosses, si le diable leur donne l’orgueil d’une élévation soudaine ; tandis que les plus nobles et les plus sages, opprimés par la pauvreté, marchent à pied et dans la tenue des esclaves. Mon Hébreu voyait Dieu dans ce prince puissant, dont la face parait voilée par l’ignorance, parce que, disait-il, les hommes, en présence des inégalités de fortune, accusent Dieu de ne pas gouverner selon la jus¬ tice et l’équité. D’autres commentateurs estiment qu’il faut relier ceci à ce qui précède, et qu'il s’agit encore du puissant dont il a été dit: «Si l’es¬ prit de celui qui a la puissance s’élève sur vous, ne lui abandonnez point la place. » Par consé¬ quent, ne nous attristons point de ce que nous paraissons humblesen cemonde, sachant que les insensés s’élèvent en présence du démon, qui foule aux pieds les riches ; que les esclaves y sont revêtus des insignes de la souveraineté, tandis que les princes marchent dans le vil appareil des esclaves. Il faut remarquer que le mot cheval est pris ici en bonne part, comme en cet autre pas¬ sage : « L’équitation est votre salut. » euût vitiorum atque peccati, sive tam humiles, ut servi ab hominibus computentur, (a) subita a diabolo dig- nitate perüati, vias publicaB mannis terant ; et nobilis quisque et prudeus, paupertate oppressus, gradiatur itiuere officioque servorum. Hebræus potentemot prin- cipcm, a cujus faeie iguoratio videatur egredi, Deum exposuit, quod putentlioraines iu hac inæqualitate re- rum, ilium non juste, et ut æquum est, judicare. Porro alii cum superioribus restituant esse jungendum : LTt ipse sit potens, de quo ante hos versus dicitur : « Si spi- ritus habentis potestatem ascenderit Bupor te, locum tuum ne dimiseris. » Non simus itaque tristes, si hoc sæculo humiles esse videamur, scienles a facie diaboii et stultos sublevari, et divites dejici ; servos insignia habere dominorum, et principes servorum ingredi vilitate. Notandum autem quod etliicequus in bonain partem accipitur, ut ibi : « Et equitatio tua salus. » «Qui fodit foveam,in ipsam incidet,et qui dissipât spem mordebit eum serpens. » Eccl. x, 6. Ex parte simplex et ex parte mysticus intellectus’est. Siquidem etalibi (b) ipse Salomon ait: « Qui statuet laqueum, capletur in illo. » Eccl. xxvii, 29, Et in psalmo septimo : « La- cum aperuit, eteffodit eum, et incidit infoveam quam fecit. * Sepis autem maceriæque convulsio, Ecclesias- (a) « A diabolo dignitate perftati, » Famosissimua locns cum propter oxcmplamim variantes lectionea, tuin propter non pauoa falso addita ot eorrnpta \a EJitione Eraemiana et in aliquot mss. codicibus, ubi aie contextum depravatum legîmus : « Snbita a diabolo dignitate per flagitîa pviblica sublimentur, quoa vnlgo lubricos appellent; magiater autem nobilis quisque, » etc. Eodern modo legit ms. Sorbonicus, ita tamen ut non retiueat vocem ■ sublimentur, » et pro « lubricos b habeat « lurtdos; b sed in margine exscrîptor illîus oxemplaris bæa addit e latere : Alius liber, « perÛuti vias publions mannis terant. » Un de exploratum baboruns genuinam lectionem quam restituimus, iu nonnullis Jibris exslîlisse. Sicut hodieque oxstat paululum meudosa in inss. codice Colbertino, in quo scriptum reporio : a Subita a diabolo dignitate perÛati, vias publicas ministrarent. « Non quod inveniebat, sed quod iatelligebat scripsit amanuensis; hinc pro u mannis terant, » verbum « mînistrarent. s Corbeienses interpolatum retînent oontextum; babent enim post vocem « publicas » hoc additamentum, u quos vulgo loricbos appellent.» Prœter liœc verba, omoia genuina sunt in iliis exemplaribus. Cfeterum senteatiam præseulom mutuatur Hieronymus, et quidem eleganter, ex Horatîo Flacco, Epo- don lib., Ode 4, in Menam libertam Pompe! i magni ; Sectus fia g dits hic triumviralibuï Præconis ad fastidium, Arat Falerni mille fundi jugei'a , Et Appiam mannis terit ; Sedilibmqne magnus in primis eques Otkone contempto sedet . fiumdem «ensum babent Horatii carmina, quem Eeclesiastes dum ait : b Yidi servos super eqtiis, » etc. Porro Manni erant parvi equi, sic dicti qnod mansuetudine familiarius mamira sequerentur. Hieronymus Epistola ad Pammacbîum super obitu Paulinæ uxoris, « ferrentes buricos, » sîve « burdos mannos » vocat. Mabtian, {b) Seatire videtur, Ecclesiastici auctorem ipsum Salomonem exstitisse, qu® pturimum sane tum Grœcorum cum Latinorum Patrum opinlo fuit, ex quorum sensu putandus est hic loqui Hieronymus. Cum enim accuratius rem diaquirerot Præfation. U Salomonis libros, ab illo satis lu- culeoter abjudicat. Ita pridem Yictoriua, quem Martianæus seqnitur, animadvertit. ~ « Siquidem et alibi ipse Salomon ait. » Jésus libri ecclosiastici scriptor ab auctore Synopseoa Atbanasio ascriptæ dicitur êTtaSôç TOU HaXo- UWVTOÇ, id est « Salomonis asaecta; b quia in condendis parabolis modurn Salomonis ratîonemque tenuerit, ac plurioias aeotentias et parabolas ejus descripserit. Qua ratione homines docti contigisse opinantur, ut voterum Patrum plerique auctorem ecclesiastici Salomonem prsedicent, et nomine Salomonis in eorura scriptionibus non raro riietur, ut bic ab Hieronymo, qui morem sui temporis secutus babebat Ecclesiasticum inter opéra Salomonis. legîmus enim apud Origenetn Homilia 22 in librum Numerorum : • II Cor.vi, 29. Ligna quoque soi u de us, penclilabitur iu eis. Hæretici (at. hæretica ) ligna infructuosa suut, et saltus absque utilitate pomo- rum. Unde et in templo Dei prohibetur pluntari nemus et vana foliorum, id est, verborum tantum sonantium spernuntur umbvacula. Quamvis igitur sit prudens et dootus vir, qui gladio sermonis sui bæc ligna conscin- dat, periclitabitur in eis, nisi diligenter attendent; maxime si ei hoc quod sequitur, accident : « Si retusum fuerit ferrum, et faciem ejus turbaverit, » id est, si disputatio ejus infirmior fuerit inventa, nee acumeu habuerit, quo contraria quæque secet, sed principale cordis ejus hebetetur, in partem transibit adversam, et confinnabit eum fortitudo perversa. Hoc enim est, quod Scptunginta Interprètes Iranstuleruut : « Et 6 82 SAINT JÉROME. veille avec le plus grand soin sur lui-même; sur¬ tout au cas où, comme le dit le verset suivant, « sa hache viendrait à s’émousser et le trouble à saisir son esprit, » c’est-à-dire, où sa logique aurait un tranchant trop faible pour trancher tous les arguments des adversaires, et où l’éner¬ gie manquerait à son bras ; il passe alors dans le camp des ennemis, il apporte un appoint à leur force perverse. C’est là ce que les Septante ont voulu dire par ces mots de leur version : « Et il sera fortifié; » c’est-à-dire qu’animé d’une sa¬ gesse superflue, il commencera d’avoir cette force que donne une sagesse inutile et qui ne sert de rien à qui la possède. « Si le fer s’est émoussé, si l’àme a perdu sa vigueur active, si elle est troublée, ce sont les vertus qui lui rendront la force, et celle-ci a pour fruit la sagesse » EccL, *,^8. Il nous arrive de reconnaître que nous avons perdu la science des Ecritures par notre négligence, que la vigueur de notre esprit a dépéri; et pourtant nous demeu¬ rons dans ce trouble pernicieux, dont nous avons vu les progrès. Voici, par exemple, un homme qui, après avoir acquis quelque science, s’enfle d’orgueil, et cesse d’apprendre et de lire : peu à peu ce qu’il savait lui échappe, parce qu’il n’y a rien ajouté, le vide se fait dans son intelligence, le tranchant du fer s’émousse ; car la négligence et l’oisiveté sont la rouille de la sagesse. Si quel¬ qu’un est en ce triste état, qu’il ne désespère point cependant de la guérison ; mais qu’il revienne fortitudine eonfortabitur ; » etsuperJlua roboratus sa- pientiaincipiet, inquit, fortitudinem hnbere, et sapien- üam,quæ superfluaest, et non adjuvatpossidentem. t< Si retnsum fuerit ferrum ; et hoc non ut prius, sed conturbatum fuerit, virtutibus corroborabitur ; et re- liquum torLitudinis sapientia est. » Eccl. x. 8. Si se, inquit, aliquis vident per negligentiam amisisse scien- tiam Seripturarum, et acumen ingenii ejus fuerit ob- tusum; et conturbatus nequaquam manserit, qualis esse jam oœperat. Evenit quippe interdum, ut cum mo- dicum scientiæ quis habuerit, elatus in superbiam, discere désistât et legere, et paulatim ex eo, quod ni- bilei additur, subtrahatur, et vacuum disciplinis pec. tus remaneat, ferrumque, quod acutum fuerat, hebe- tetur ; otium enim et desidia quasi quædam rubigo sapientiæ est. Si igitur quis hoc passus fuerit, non desperet remedium sanitatis; sed vadat ad ruagistrum, et rursum instruatur ab eo, etpost laborem et iudus- triam, sudoremque nimium, valebit sapientiam reci- pere quara amiserat. Hoc est, quod in Hebræo sigui- vers le maître, qui l’instruira de nouveau ; le travail, les soins, les veilles le rendront digne de recouvrer la sagesse qu’il avait perdue. C’est ce que le texte hébreu exprime avec plus d’énergie: «Et les forces le corroboreront, » c’est-à-dire, par le travail, par les sueurs, par les recherches, par la lecture quotidienne, il acquerra la sagesse, et sa force même aura ce résultat final, de le doter de la sagesse. « Le serpent mord en silence, et celui qui a une langue ne lui est pas supérieur. » Eccl., x,9. Le sens est fort simple : le serpent et le détracteur sont au même niveau. Comme l’un infiltre son venin en mordant à la dérobée, ainsi l’autre, dé¬ chirant secrètement, déverse le fiel de son cœur sur son frère, et n'est en rien supérieur au serpent. Alors que la langue de l’homme est créée pour bénir et pour édifier le prochain, le détracteur l’assimile au dard de la vipère par l’abus pervers qu’il fait de ses qualités. Autrement : Le serpent infernal ayant mordu quelqu’un et l’ayant souillé du venin du péché à l’insu de tous, si cet homme se tait sur sa blessure, s’il ne fait pas pénitence, s’il ne veut pas laisser voir la plaie à son frère et à son maître, ceux-ci, qui ont une langue pour le guérir, ne pourront pas lui être facilement utiles. Quand le malade rougit de montrer sa blessure au médecin, la médecine ne guérit point un mai qu’elle ne voit pas. « Les paroles de la bouche du sage répandent la grâce, et les lèvres de l’insensé le perdront. » fleantius dicitur : «Et fortitudinibus corroborabitur, » id est,labore et sudore, etindustria, et quotidiana lec- tione, sapientiam consequetur, et fortitudo ipsius ha- bebit huncfmem, ut accipat sapientiam. « Si momorderit serpens in silentio, non est amplius habenti linguam. » Eccl. x, 9. Simplex hic sensus est: Serpens et detractor æquales sunt. Quomodo enim ille occulte mordens venenum inserit ; sic isteclam detra- hens, virus pectoris aui effundit in fratrem, et nihil habet a serpente amplius. Cum enim lingua hominis ad benedicendum, et ad ædificationem proximi sit crea- ta, ille eam serpenti æqualem facit, dum virtutibus ejus in perversum abutitur. Aliter : Si quem serpens diabolus occulte momorderit, et n.ullo conscio, eum peccati veneno infecerit; si tacuerit qui percussus est, et non egerit pœnitentiam, nec vulnus suum fratri et magistro voluerit confiteri, magister et frater, qui lin¬ guam habent ad curanduin, facile ei prodesse non po- teruut. Si enim erubescat œgrotus vulnus medico con¬ fiteri, quod ignorât medicina non curât. 83 COMMENTAIRE DE L’ECCLÉSIASTE. Eccl. x, 10. La sottise serait le moindre mal, si elle savait se contenter de sa rusticité. Mais voici qu’elle déclare la guerre à la sagesse et repousse avec jalousie la prudence du savant. Le sage en effet parle le langage de la science et de la grâce, qui peuvent être utiles à qui veut entendre, et les oreilles.de l’insensé n’entendent pas ce qui a été dit comme il l’a été ; au contraire, il s’efforce de supplanter le sage, et de le peindre semblable à lui. Et vraiment l’homme sensé tombe de haut quand il s’adresse à l’oreille du sot, et ses paroles se perdent, pour ainsi dire, dans un gouffre pro¬ fond. Heureux donc celui qui parle à qui l’en¬ tend. « La sottise est au commencement du discours de l’insensé, et l’erreur funeste daps son dernier mot. Il multiplie les paroles en dépit du bon sens. Or l’homme ignore ce qui est et cc qui a été fait ; et ce qui doit arriver après lui, qui peut le lui annoncer. »i?ccZ., x, 11, 12. L’Ecclésiaste nous en¬ tretient encore de l’insensé, dont les lèvres préci¬ pitent le sage, ou qui,, suivant une autre interpré¬ tation, se ruine lui-même par ses discours, qui commencent par une sottise et finissent par une erreur, ou, d’après la traduction de Symmaque, qui sont « un tumulte de paroles incohérentes, » puisqu’il sort de la vérité et croit cependant pou¬ voir éviter le péché en multipliant les paroles. 11 ne se souvient pas du passé, il ne connaîtras l’avenir, il roule de l’ignorance dans les ténèbres, « Verba oris sapientis gratia, et labia insipientis præ- cipilabunt eiim. » Eccl. x, 10. Stultitia, si sua esset rusticilate contenta, minus aliquid haberet mali. Nunc autera contra sapieuliam bellum gerit, et quidquid pru- dentiæ in docto viro viderit, zelo stimulata non reci- pit. Loquitur enim vir sapiens verba scientiæ et verba gratiæ, quæ utilitatem possunt præbere audientibus, et auresstulti non ita suspiciunt quæ dicuutur, utdicta sunt ; sed e contrario virum prudentem supplantare conantur, et sui similem facere. Et révéra præcipitatur vir sapiens, quando in aurem loquitur imprudentis, et verba ejus in profundo, ut ita dicam, gurgite pereunt. Unde beatus, qui in aurem loquitur audientis. « Initimn verborum ejus insipientia, et novissimum oris ejus error pessimus. Et stnltus multiplient verba. Ignorât liomo quid sit, quod factum est, et quod futu- rum estpost eum, quis annuntiabit ei ? » Eccl. x, n, 12. Adhuc ei de stulto disputatio est, cujus labia præ- cipitant sapientem, sive, juxta aliam interpretationem, stultum ipsum corruere faciunt.Initium enim sermonis ejus et finis stuUitia est et error pessimus; sive ut Symmachus transtulit, « tumultus, et quædam verbo- parce qu’il se promet une fausse science ; il se croit savant, il se croit sage, quand il ne lait qu’entasser des mots. Ce passage peut aussi s’ap¬ pliquer aux hérétiques, qui ne comprennent pas le langage des sages ; au contraire, ils se préparent à les repousser par la discussion, et dans leurs discours, du commencement à la fin, ils édifient une Babel de vaines paroles et d’er¬ reurs; ils ne savent rien et disent ce qu’ils ne savent pas. « Le travail des insensés causera leur propre affliction, parce qu’ils ne savent par trouver le chemin de la cité. » Eccl . x, 13. Ce verset se rat¬ tache encore aux précédents : l’Ecclésiaste parle, ou généralement de tous les insensés qui ignorent Dieu, ou des hérétiques en particulier. Lisez Pla¬ ton, méditez les subtilités d’Aristote, pâlissez sur les écrits de Zénon et de Carnéade, et vous abou¬ tirez â vérifier cette parole : « Le travail des in¬ sensés causera leurpropre affliction.» Assurément ces philosophes cherchèrent la vérité ; mais, sans chef et sans guide qu’ils étaient, ils se persuadè¬ rent qu’on peut acquérir la sagesse avec le seul secours des sens, et ils ne sont point parvenus à la cité, dont il est dit dans le psaume: « Seigneur, dans votre cité vous effacerez jusqu’à leur image. » Psalm.y lxxïi, 20. Oui, le Seigneur, dans sa cité, dissipera toutes ;les ombres et les masques di¬ vers et les travestissements dont ils se sont revê¬ tus dans leurs systèmes. De cette cité il est écrit rum inconstantia » ; dum non manet in sententia, sed putat in multipUcationc sermonum effugere se posse peccatum. Cum enim nec prælcritorum meminerit, nec futura cognoscat, et in ignoranlia et tenebris volute- tur, falsam sihi scientiam reproruiLtens; in eo docturn, in eo se putat esse sapientem, si verba multiplicct. Po- test hoc et de hæreticis accipi, quiprudentium virorum dicta noncapiunt; sed se ad disputationes contrarias præparantes, et initinm et finem loqnendi vanitate, tumultu, errore convolvunt ; et cum nihil sciant, lo- quuntur plura quam norunt. « *Lahor stultorum affliget eos, qui nescïunt ire in civitatem. » Eccl. x, 13. Cum superioribus eliam hos junge versiculos : aut generaliler de omnibus stultis, qui ignorant Deum, aut specialiler de hæreticis dis¬ putât. Lege Platonem, Aristotelis rcvolve versutias, Zenoncm etCarneadem diligentius inluere, et probabis verum esse quod dicitur : « Labor stultorum affliget eos. » Veritatem illi quidem omni studio quæsiorunt; sed quia non liabuerunt ducem, et prævium itincris, et bunninis sensibus rati sunt se comprehendere posse . sapientiam, ad civitatem minime pervenerunt, de qua 84 SAINT JÉROME. ailleurs : « Un fleuve aux ondes vives répand la joie dans la cité de Dieu; » Psalm ., xlyi, 5 ; et dans l’Evangile : « La ville assise sur la montagne ne peut être cachée Matth ., y, 14 ; et dans Isaïe : (cJe suis la forteresse indestructible qu’on attaque de toutes parts.» Isa., xxvii, 30, sec., lxx. C’est qu’en effet cette cité de la vérité et de la sagesse, bien qu’elle soit imprenable, indestructible, tous les sages du siècle et les hérétiques s’efforcent de la renverser. Car ce que nous avons dit des phi¬ losophes, il faut le penser aussi des hérétiques ; ils travaillent en vain, en vain pâlissent-ils sur les Ecritures ; ils s’enfoncent dans le désert, et jamais ils n’arriveront à la cité. Le Psalmiste nous rappelle leur erreur en ces mots : « Ils errent dans un désert aride, et ne trouveront pas le chemin de la cité et delà demeure de Dieu, » Psalm., cyi, 4. « Malheur à toi, terre dont le roi est un en¬ fant, et dont les grands mangent dès le matin 1 Heureuse la terre dont le roi est d’une race généreuse, et dont les grands mangent au temps qu’il faut, et mangent pour se nourrir, et non pour satisfaire la sensualité! » Eccl. x, 14, 15. Il réprouve le gouvernement par les jeunes et condamne en même temps les juges dépravés, parce que la sagesse des premiers in psalmo dicilur : «Domine, in civilale tua imaginem ipsorum dissipabis. » Psal. lxxii,20. Ornnes enim tim¬ bras et diversas imagines atque personas, quas sibi in variis dogmalibus induerunt, in urbe sua Dominus dis- sipabit. De qua alibi scribitur. « Fluminis impetus læ- tifîcat civilalem Dei ; » Psal. xlvi, 5|; et in Evangelio : « Non postest civitas abscondi supra montera posila; » Matth. v, 14 ; et in Isaia : « Ego civitas firma, civitas quæ oppugnatur. » [a)Jsai. xxvn, 30, sec . LXX- Siqui- dem banc veritatis et sapientiæ civitatein, cum firma sit et robusta, omnes et sapientes sæculi et bæretici impugnare conanlur. Et quod de philosophis diximus, hoc idem ctiam de hæreticis senliendum, quod frus¬ tra laborent et afflîganlur in studio Scriplurarum, cum ambulant in deserto, et civitatem invenire non yaleant De quorum errore et Psaimisla commémorai, diccns : « Erraverunl in deserto et in inaquoso, viam civitalis et liabitationis ejus non invenerunt. » Psal. evi, 4. u Yæ tibi, terra, cujus rex adolescens, et princi¬ pes tui marie coinedunt I Beata terra, cujus rex tuus lilius ingenuorum, et principes tui in tenipore comeduut, in fortitudine, et non in confusione I » est chancelante à cause de l’âge, et que les seconds laissent énerver la leur dans les déli¬ ces, malgré leur maturité. Au contraire il ap¬ prouve un prince de bonne mœurs, élevé dans des sentiments généreux; il exalte les juges qui, loin de préférer le plaisir aux affaires publi¬ ques, attendent que la nécessité les oblige de ravir pour leurs repas quelques instants à leurs travaux et à l’administration de l’Etat. Pour moi, il me semble qu’un sens plus élevé se cache ici sous la lettre. L'Ecriture appelle jeunes ceux qui se séparent de l’autorité consacrée par le temps, qui méprisent l’enseignement et l’ex¬ périence de leurs pères, et qui, négligeant les commandements de Dieu, veulent affermir les traditions des. hommes. C’est à propos de ces nouveautés que, par la bouche d'Isaïe, le Sei¬ gneur menace Israël, parce qu’ Israël, ne vou¬ lant plus de l’eau de Siloé, qui coule en silence, se détourne de l’antique piscine, et court aux rivières de Samarie, aux gouffres de Damas. Isa. vin. « Je leur donnerai, dit-il, des princes jeunes qui se joueront d’eux en les dominant.)) Isai, ni, 4. Lisez Daniel, et vous trouverez le Dieu des anciens jours. Dan., vu. Lisez l’Apocalypse, et la tète du Sauveur vous apparaîtra blanche Eccl. x, 14, 15. Yidetur quidem reprobare juvenum prhicipalum , et luxuriosos judices condemnare , quod iualtero per ælatem sit infirma sapientia, in aliis etiam matura ælas deliciis enervetur. Et e contrario principcm probare bonis moribus, et liberaliter insti- tuturn, et eos judices prædicare, qui nequaquam volup- talem uegoliis civium præferant; sed post mullum la- borem et adminislralionem reipublicæ, cibum capere quasi necessitate cogautur. Yerum mihi sacralius quid lalere videtur in litlera quod juvenes dicantur in Scrip- tura, qui a veteri auctoritate desciscunt, et cana præ- cepta parentum conlemnunl ; qui, neglecto Dei man- dato, capiunt slaluere traditiones hominum. De quibus et in Isaia, Cap. vm, Israeli Dominus comminalur, eo quod noluerit aquam Siloe, quæ vadit cum silentio, et veterem piscinam averlerit, eligens sibi Üüenta Sama- riæ, et gurgiles Damasci. « El dabo» inquit, «juveues principes eorum, et illusores clominabuntur eis. visai. ni, 4. Lege Daniel, et vetustumdieruminvenies Deurn, Dan. vu. Lege Apocalypsim Joannis, et capul, Salvato- ris candidum ut nivem et quasi lanam albam reperies, Apoc. i. Jeremias quoque, quia sapiens erat, et cani (a) lta retinendum cum mss. libris, atque editis. Alibi tamen legjt ipso Hieronymus n civitas quæ non oppugnatur. » Yide Epist. 30, ad Pau- lam, num. 14. — « Civitas quæ oppugnatur. » [n fine opistoiæ 30 ad Paulain do Alphaboto llebraico cum pnrtîcula negativa, « quæ. non oppugnatur; quia oontextus sermonis notation em r-xï L^ît, sic ut et in Epi s toi a ad A-gasinni Quæst. soennda-, Ni si forte pro « oppugnatur, » jbi legenduin sit, 't non expugnutur. » Wartian. 85 COMMENTAIRE DE L’ECCLÜSIÀSTE. comme la neige et comme la laine la plus imma¬ culée. Apoc.} i. A Jérémie enfin, parce qu’il est sage et que les cheveux blancs étaient à ses yeux l’attribut de la sagesse, il est interdit de se croire un enfant. Terem ., i, 6. Malheur donc à la terre sur laquelle règne le diable, qui, toujours avide de nouveautés, se révolte dans Àbsalon même contre l’autorité paternelle; à la terre dont les ju¬ ges etles grands adorent les voluptés de ce mon¬ de, et disent jusqu'au moment de la mort ^(Man¬ geons et buvons; car nous mourrons demain! » /ja.jxxn, 13. Au contraire, heureuse la terre de l’Eglise, dont le roi est Jésus- Christ, fils de race généreuse et libre ! Il descend d’Abraham, d'Isaac, de Jacob, de la lignée des prophètes et de tous les saints, qui furent vraiment fibres, puisqu'ils ne connurent point T esclavage du péché. De cette souche est sortie la très-libre Vierge sainte Marie, n'ayant aucun rejeton, aucun germe latéral; mais tout son fruit s’est épanoui en une même fleur, ainsi qu'elle l'avait dit dans le Cantique des Cantiques: «Je suis la fleur du champ, le lis des vallées» Cant ,,n, 1. Les grands de ce pays sont les Apôtres et tous les saints, qui ont pour roi le fils de noble race, le fils de la femme libre, lequel n'a rien de la servante Agar et que Sara engendra dans la liberté. Ces grands ne mangent point dès le matin, ni avec avidité. Ils ne cherchent pas la volupté de ce monde, et mangeront au temps qu’il faut, quand aura ej us in sapientia reputabantur, prohibe tu r ju vénéra esse se dicere, Jerem. r, 6.Væergo terræcujus rex est diabolos, qui semper novarum rerum cupidus etiarn in Abessalon ad versus parentem rebellât ; quæ judices et principes eos habet, qui amant hujus sæculi volup- tates, qui antequam dies mortis adveniat, dicunt : « Manducemus et bibamus ; cras entra moriemur. » ïsai. xxn, 13. E contra beata terra Ecclesiæ, cujus rex est Christus filius ingenuorum : de Abraham, Isaac et Jacob, prophetnrum quoque et sanctorum omnium stirpe descendens, quibus peccatum non fuit domina- tum, et ob id vere fuerunt liberi. Ex quibus nata est Virgo liberior saucta Maria, nullum habens fruticem, milium germen ex latere;sed Lotus fructus ejus erupit in florem, loquentem in Cantico Canticorum : «Egoflos carnpi, et lilium convnllinm. » Ccmt.u,i- Principes quo- que ejus sun tApostoli etomnessuncti, qui regem babent filium liheræ, filium ingenuorum non de ancilla Agar, sed deSaræfibertategeneratmn. Nec comedunt mane, nec velociter. Non enini in præsenti sæculo quærunt voluptatem,sed tempore suo manducabunt, cum retribu- tionis tempus advenerit, et manducabunt in fortitudine sonné l'heure de la rétribution; ils se nourriront alors du pain de la force, et non des mets de la confusion. Tout bien de ce monde engendre la confusion, tout bien de l’autre, une force éter¬ nelle. Il y a quelque chose en ce sens dans Isaïe: «Mes serviteurs mangeront, tandis que vous aurez faim; » et plus loin: « Mes serviteurs seront dans la joie, et vous serez confondus.» Isa., lxv, 13, 14. (( La paresse amène la chute de la toiture, et l’oisiveté des mains fait écrouler la maison. » Eccl.jX, 16. Et l’édifice de notre condition hu¬ maine, et la demeure que nous avons dans le ciel s’écrouleront, si nous sommes paresseux et trop lents pour les bonnes œuvres. La toiture, qui doit élever son faite dans les airs, tombera sur le sol, écrasant son locataire sous les ruines. Dès que le secours des mains et des vertus nous manque, toutes les tempêtes, tous les ouragans fondent sur nous par surcroît. Or, ce que nous venons d'appliquer à un seul homme, peut s'en¬ tendre mieux encore de l’Eglise entière: c’est par la négligence de ses chefs que s'écroulerait ce haut édifice, parce qu’il n’y aurait que dos vices pour toiture, IA où Ton aurait cru qu’il y avait des vertus pour couronnement. « On pétrit son pain et l’on fait son vin dans le rire, afin d’épuiser la bonne chère ici-bas. Tout est sous le joug de l’argent. »EccLt x, 17, 18. J’estime que ce verset est la conséquence de etnonTn confusione. Omne honum præsentis sæculi confusio est, futuri perpétua fortitudo. Taie qnid et in Isaiadicitur : « Ecce qui serviunt mihi, manducabunt; vos autem esurietis ; »etiterum : « Ecce qui serviunt mihi, lætabuntur, vos autem pu débit.'» IsaL lxv, 13,14. « In pigritiis bnmiliabitur contîgnatio , et in infirmi- tate înanuum stiilabit domus. » Eccl. x, 16. Domus nos- tra, quæ cum statu homims erecta (al. creaia) est, et habitatio quam habemus in cœlis, si pigri sumus, et ad bona opéra tardiores, humiliabitur. Et omnis con- tignatio quæ debetculmen portare in suhlime, ad Ter- ram corruens, habitatorem suum opprimet. Cumquo auxilium manuum vivtutumque torpuerit, omnes de- super tempestates, et riimborum ad nos turbo pro- rumpit. Porro quod in homme uno interpretati sumus, raelius potest super Ecclesia nccipi : quod per negli- gentiam principum omnis ejuscorruat altitudo, et ibi viliorum illecebræ sint, ubi tegmea putabatur esse virtutum. « In risu faciunt panem et vinum, ut epulentur vi- ventes. Et argento obediunt {al. obediens) omnia. » Ecrt . x, 17, 18. Existimo ex superioribus pendere quod SAINT JÉROME. 86 ce qui précède. La négligence et la paresse des maîtres abaisse l’Eglise, détruit son couronne¬ ment, fait écrouler son faite, nous venons de le dire. Maintenant il est question encore de ces mêmes maîtres. Il les avait accusés de se taire, de ne pas remplir leurs devoirs de maîtres, d’évêques, de prêtres établis dans l’Eglise, en ne travaillant point par la parole et par la doc¬ trine, comme il est recommandé à Tite, Tit.y i, 5, et à Timothée de le faire, pour ne pas perdre la grâce qu’ils avaient reçue par l’imposition des mains. Ne devaient-ils pas se souvenir qu’ils étaient évêques et prêtres en ce qu’ils avaient le dépôt des choses du salut? Comme précepteurs, ils pouvaient prétendre au double honneur dû à ceux qui travaillent par la doctrine et par la parole. Tim.y iv, 14. Ici l’Ecclésiaste accuse certains ministres qui parlent sans doute, et qui enseignent les peuples ; mais qui, dans leurs en¬ seignements s’attachent à captiver l’oreille, à flatter l’auditeur dans son penchant, à gagner les applaudissements de l’auditoire. L’orateur dont les. flatteuses paroles promettent à tous la béatitude et le royaume des deux ne vous semble-t-il pas pétrir son pain dans le rire, et mêler son vin pour la plus grande joie des cœurs terrestres? soit qu’en effet de tels maîtres amassent pour eux-mêmes, au' moyen dé ces séduisantes promesses, les richesses et les jouis¬ sances d’ici-bas; soit qu’ils pétrissent dans la sequitur. In pigritia enim et in socordia magistro- rum humiliari Ecclesiam, et culmen ejus coucidere, et tigna perflui, supra exposuimus. Nunc ergo de eisdem magistris loquitur. Et quia visus fuerat accu- sare eos, cur tacerent, et non utereutur ofûcio ma- gistrorum, et episcopi et presbyteri in Ecdesia consti- tuti, non laborarent in sermone et doctrina, quod et Titus comuionetur, utfaciat, TU. i, 5, etTimotheo præ- cipitur, ne gratiam negligat, quam per impositionem inanuuni acceperat ; sed et in eo se æstimarent pres- byteros et episcopos, ut salutaria acciperent, et uti præceptores honorem duplicem quærerent, quilaboran- tibus in doctrina et sermone debetnr ; I Tim. îv, 14; nunc e contrario accusât eos qui loquuntur quidem in Ecclesia, et docent populos, sed eadocenLquæ popu- lum audire delecLet, qnod peccatores palpel, in vitio, et strepilus concitet audientium. Nonne quando in Ec¬ clesia lascivit oratio (al. oralor ), et beatitudinera, et régna cœlorum mullitudini pollicetur, videtur tibi in risu panem facere, et vinum ad lœtitiani miscere vi- veutium? Sive quod ipsi qui docent, divitias, et cibos, et opes per delecLabilia promissa conquirant ; sive quod joie et le plaisir le pain de l’Eglise, qui n’est pas le pain de ceux qui rient, mais le pain de ceux qui pleurent, puisqu’il est dit : Bienheu¬ reux ceux qui pleurent , parce qu’il seront consolés. Quant au verset qui suit : « Tout obéit aux richesses » ou « à l’argent, » on doit l'en¬ tendre de deux manières. Ou ces mêmes précep¬ teurs, après qu’ils sont devenus riches, régnent sur les peuples; ou certainement, attendu que dans l’Ecriture l’argent est toujours la figure de la parole: « Les promesses du Seigneur sont de chastes promesses; elles sont un argent éprouvé par le feu de la terre et purifié sept fois, » Fsalm.y xi, 7, l’Ecclésiaste affirme que le vulgaire grossier se laisse prendre facilement à l’élo¬ quence et aux discours semblables aux arbres qui ne produisent que des feuilles. Autre¬ ment: Ceux qui ont l’époux chez eux, et à cause d’un tel hôte ne doivent ni pleurer ni jeûner, pétrissent leur pain dans le rire, d’où Isaac tira son nom, et préparent dans la joie le vin des convives. Par conséquent tout homme saint, qui, selon le précepte de Jésus-Christ, est un maître en l’Eglise, pétrit son pain dans le rire et l’allégresse, et remplit les coupes du vin de la joie. Quant à l’argent, auquel obéit toute chose, ce sont les cinq talents, et les deux, et le seul talent du père de famille de l’Evangile, et les dix drachmes, qui sont confiés aux servi¬ teurs pour les faire produire. Matih . xxv,15 etseqq. Ecclesise panem, qui panis higentium est, et non riden- tium (beati quippe lugentes, quoniam ipsi ridebunt), in lætitia gaudioque couficiant. Quod autem sequitur: « Pecuniæ *vel argento obediunt omnia, » duplieiter accipiendum. Yel ipsos doctores postquam adulatione ditati sint, regnum in populos exerceve ; vel certe, quia argentum pro sermone. semper accipiatur : « Elo- quia » enim « Domini, eloquia casta ; argentum igné probatum terræ, purgatum septuplum, » Psal.x i, 7, hoc asseverat quod eloquentiæ, et oralioni quæ verborum sit fronde composita, facile vulgus cé¬ dât ignobile. Aliter : Qui habent apud se sponsum. et propterea lugere et jejuuare prohibentur, in risu fa- eiunt panem, a quo risu et Isaac nomen accepit, et in lætitia bibentium vinum præparant. Omnis itaque vir sanctus qui, ut Christus præcepit, magister Ecclesiœ est, in risu eL lætitia panem facit, et vini pocnla minis- tratin gaudio. Argumentum quoque, cui obediunt (al. obediens) omnia, quinque ilia de Evangelio, et duo, et unum patrisfamilias sont talenta, et decem minæ, quæ servis in negotiatione creduntur, Matth. xxv, 15, H seqq. 87 COMMENTAIRE DE L’ECCLÉSIASTE. «Gardez-vous de maudire le roi même en esprit, 1* «fi et le riclie dans le secret de votre couche, parce y- que l’oiseau du ciel emporterait votre parole sur ses ailes et l’irait dénoncer.» EccL, x, 19, 20. On peut voir là un simple précepte de prudence humaine. Prenons garde qu’une aveugle colère ne nous arrache une malédiction, un cri de haine contre les rois ou les grands; car il advient parfois, contre notre attente, que ceux de qui nous avons médit en sont informés, et que l’intempérance de notre langue nous faiten- courir des dangers. Pour ces mots : « L’oiseau du ciel emporterait votre parole sur ses ailes et l’irait dénoncer,» il les faut entendre hyperbo¬ liquement, comme nous disons que les murs mêmes, qui nous entendent, ne cachent pas un secret. Au reste, il est mieux d’entendre par là qu’il nous est prescrit, non pas seulement de ne tenir aucun propos téméraire contre Jésus- Christ, mais encore de ne concevoir aucune pensée impie, blasphématoire, dans les replis de notre cœur, bien que nous soyons éprouvés par mille tribulations. Et comme l'amour que nous avons pour Jésus-Christ, nous le devons également à notre prochain : « Vous aimerez le Seigneur votre Dieu, et votre prochain comme vous-même,» il nous est prescrit en outre de respecter les saints comme nous respectons Dieu, et de ne pas être mordants envers ceux qui sont riches en sagesse, en science et en « In mente tua régi ne maldixeris, et in secreto cu- bilis tui ne maledixeris diviti : quia avis cœli auferet vocem, et habens pennas annuntiabit verbum. » Eccl. x, 19,20, Et simplex præceptum ædificat audientes ; ne ira et furore superati, in maledictum et in dectrac- tionem regum etprincipumprorumpamus ; quia contra spern interdum evenit, ut his quibus maledixiuius, nuntielur, ut incurramus periculum immoderatione linguæ. Quod autemait : «Avis cœliaufcret vocem, et habens pennas annuntiabit verbum, » hyperbolice in- telligendum, qnomodo solemus diccre, etiamipsos pa- rietes, quibus consciis loquimur, quæ audierint non celaluros. Sed meliusest sic audire præceptum, utacia- mus nobis essemandatum, non solum contra Christuru ternere nihil loqnendum, verum etiam in arcanis cor- dis, quamvis variis tribulationibus coarctemur,- nihil blasphemum, nihil impium sentiendum. Et quiadilec- tionem quam Christo exhibemus, debemus et proximo : « Diliges quippe Dominum Denm tuum, sed et proxi- mum Luum Lamquam teipsum, » etiam nunejubemur, ne post regem de Sanctis quoque facile deLraliamus, et eos quos viderimus sapientia, scienlia, virlutibusque ; vertus; parce que les Anges, qui visitent la terre dont ils ont l’administration, eux qui disent dans Zacharie: «Nous avons parcouru la terre, et voilà que toute la terre est habitée et repose,» Zach., i, 11, emportent au ciel, comme des oiseaux, nos paroles et nos pensées, en sorte que de ces pensées même les plus secrètes ne sauraient être cachées à la science de Dieu. «Répandez votre pain au-dessus de la surface de l’eau, parce que vous le trouverez dans la multitude des jours.» EccL, xi, 1. Il nous exhorte à l’aumône : il faut, dit-il, donner à quicon¬ que demande, faire le bien sans distinction. Comme celui qui sème sur les terres fraîches compte sur une moisson; ainsi celui qui donne aux indigents, au lieu d’une semence, sème le pain lui-même, dont il attend la multiplication, par une sorte de placement à intérêt; et quand viendra le jour du jugement, il recevra beau¬ coup plus qu’il n’avait donné. Autrement: Quel que soit l’homme en qui vous voyez l’eau dont il est dit: «Des fleuves d’eau vive copieront de son sein,» Joan vu, 28, hàtez-vous de lui donner le pain de la sagesse, le pain de la raison, le pain de la parole. Faites-le souvent, et vous reconnaîtrez que vous n’avez pas en vain répandu la semence des doctrines. 11 y a, ce me semble, une maxime semblable dans Isaïe: « Heureux celui qui sème sur le bord des eaux, où croissent les pâturages qui riourris- ditatos, linguæ mordacitate rodamus ; quia Angeli qui terrain circumeunt, et sunt administratorii spiritus, et in Zacliaria loquuntur; «Circumivimus terrain, et ccce omnis terra habitatur, et silet. » Zach. i, d i , ad ins¬ tar avium, nostra verba, et cogit.aLioues ad coelum per- ferant, et quod clam cogitanius, Dei scienliam non latere. « Mille panem tuum super faciem aquæ, quia inmul- titudine dierum invenies ilium. » Eccl. xi,d. Ad eleo- mosynam coliortatur, quod onini pelenti sit dandum, et indiscrète faciendum bene. Quomodo enini qui su¬ per irrigua seminat, fructum sementis exspeclat : ita qui largitur egentibus, non granum seminis, sëd ipsum panem serit, fenore quodam mulliplicationem illius præstolans, et cum dies judicii [advenerit, multo am- plius quam dederat recepturus (al. reperlitrus). ÀliLer : in quocumque homme illam aqunm videris, de qua dicitur : « Flumina de ventre ejus fluent aquæ vivæ, » Joan . vu, 38, ne te pigeât panem sapienliæ, panem rationabilem, panem præsLare sernionis. Si enhn hoc fréquenter feceris, invenies te non incassum doctri- narum jecisse sementem. Taie quid et in lsaia dictum SAINT JÉROME. 88 sent l'onagre et le bœuf. » Isa., xxxu, 20. C'est qu’il est regardé comme digne de la béatitude, le maître qui sème dans les cœurs arrosés par les eaux de la foi, sur ce domaine de Jésus- Christ formé de la réunion du peuple juif et des Gentils. « Donnez le septième, et le huitième de vos biens, parce que vous ne savez pas quel mal peut arriver sur la terre. » Eccl. xi, 2. Dans Ezé- chiel aussi nous lisons qu’on montait au temple par sept et par huit degrés. Pareillement, après ce magnifique traité de morale qui a nom le cent dix-huitième psaume, il y a quinze psaumes des Degrés, dont les pr3miersnous enseignent la Loi, et quand le nombre sept a été complété, nous montons par huit autres jusqu’à l’Evangile, ïl nous est donc prescrit d’avoir une foi égale¬ ment respectueuse à l’un et à l’autre Testament, l’ancien comme le nouveau. Les Juifs donnèrent la septième part puisqu'ils croyaient .an sabbat; ils ne donnèrent pas la huitième, puisqu’ils ont nié la résurrection du jour du Seigneur. Au con¬ traire les hérétiques, Marcion, Manès, et tous ceux dont la langue criminelle attaque l’an¬ cienne loi, donnent la huitième part, puisqu’ils acceptent l’Evangile; mais ils ne paient pas la septième, puisqu’ils repoussent l’ancienne Loi. Pour nous, croyons à l’un et à l’autre Testament. Notre esprit en effet ne saurait concevoir ici-bas les supplices et le châtiment mérités, réservés puto : « Beatus qui seminat super aquam, ubi bos, et asinus calcant. » Isai. xxxu, 20. Quod ille magister beatitudine dignus habeatur. qui super imguum pec- tus seminet audieutimn, tam ex Judæis, quam ex gen- tium populo congregatnm. « Da partem (al. paries) septem, et quidem octo ; quia non scis quod futurum sit malum super terram. » Eccl. vi, 2. Et in Ezechiele septem et octo gradus ad terupli leguntur ascensum. Ezech. xl, 26-31. Et post ethicum ilium psalmnm, id est, centesimum octavum decimum, quindecim Grndmim psalmi sunt, per quos primumerudimur in loge, etseptenario numéro exple- to, postea per ogdoadein ad Evangelium scandimns. Præcipitur ergo ut in utrumqne Instrumentum, tam vêtus scilicet quam novum, pari venerationecredamus. Judæi dederunt partem septem, credentes sabbato (al. sabbalum)\ sed non dederunt octo, resurrectionem diei Dominicæ denegantes. E contrario hœretici, Mar¬ cion, et Manichæus, et omnes qui veterem Legem ra- bido ore dilaniant, dant partes (al. partem) octo, sus- cipientes Evangelium ; sed eamdem soptenario numéro non tribuunt, Legem veterem respuentes. Nos igitur aux Juifs et aux hérétiques niant l’une des deux Lois. Les Hébreux entendent ainsi ce passage : Observez le sabbat et la circoncision, de peur que s’il en était autrement, vous ne fussiez surpris par quelque calamité. « Si les nuées sont pleines, elles verseront la pluie sur la terre. Et si l’arbre tombe à droite ou à gauche, il demeurera â la place ou il est tombé.» Eccl. xi, 3, 4. Gardez les commandements qui viennentde vous être donnés, afin queles nues ré¬ pandent sur vous leur rosée. En quelque endroit que vous ayez préparé votre place et votre demeure à venir, soit au midi, soit au nord, c’est lâ que vous demeurerez. Autrement: Si nous avons dit plus haut: « Semez votre pain sur la surface de l’eau et donnez à quiconque vous demande, » c’est que les nuées accordent leurs trésors aux mortels quand elles sont pleines ; et vous, sem¬ blable à un arbre, vous ne serez pas éternel, bien que vous puissiez vivre longtemps; mais, renversé par le souffle de la mort, comme par un vent subit, vous demeurerez éternellement du coté où vous serez tombé, soit que la der¬ nière heure vous trouve inflexible et cruel, soit qu’elle vous, trouve clément et miséricordieux. Autrement: Il est dit â Dieu dans les psaumes : « Votre vérité ira jusqu’aux nues,» Psalm. xxxv, 6; et dans Isaïe Dieu fait cette menace à la vigne coupable: « J’ordonnerai aux nuées de ne point répandre leur pluie sur elle, » Isai. v, 6. Les utrique Instrumente credamus. Non enimpossumus dig¬ nes cruclatus, dignamque pœnam jam nunc mente oomprehendere, quæ reposita est his qui versantur in terra, Judæis atquc hæreticis, e duobus nlterum dene- ganlibus. Hebræi ita hune locurn intellîgunt : Et sab- batum et circumcisionem servfi,ne si hoc forte non fe- ceris, inopinatum tibi supervenint malum. «Si repletæ fnerintnubes.imbrem super terram effun- dent. Et si ceciderit lignum, ad austrum aut ad aquilo- nem, in locum ubi ceciderit lignum ibi erit ,»Eccl. xr, 2, 4. Serva mandata quæ tibi snperius sunt præcepla, ut nubes super te effundant imbrem saura. Ubicumque enim tibi locum præparaveris futuramque sedem, sive ad austrum, sive ad boream, ibi, cura mortuus fueris, permanebis. Aliter : Propterea supra diximus : « Mitte panem tuum super faciem aquæ, et omni petenti te (ribue, » quia et nubes cum pieuse fuerint, divitias suas mortalibas largiuntur ; et tu quasi lignum, quam- vis longævus sis, non eris in perpetuum ; sed subito ut ventorum, ita mords tempestate subversus, ubicum¬ que cecideris, ibi jugiter permanebis, sive te rigidum et trucem, sive clementem et misericordem, ultimum 89 COMMENTAIRE DE L’ECCLÉSIASTE. nuées sont donc les prophètes et tout homme saint, qui, après avoir assemblé dans son cœur des trésors de vérité, pourra répandre ensuite la rosée des doctrines, et dire : « Que ma parole soit attendue comme la pluie et tombe comme une rosée sur la terre, » Deut. xxxn, 2, à laquelle il est dit: « Que la terre entende les avis de ma bouche. » Quant à ce qui suit: « Et si l’arbre tombe au sud ou au nord, il restera à la place où il est tombé, » expliquons-lc par cet exemple d’Abacuc: «Dieu viendra de Thérnan,» Abac.ux, 3, que d’autres interprètes ont traduit par «Dieu viendra de Valider. » A mon avis, le motausterest toujours pris en bonne part. Aussi est-il dit dans le Cantique des Cantiques : « Lève-toi, Aquilon,» Cani. iv; c’est-à-dire: Retire-toi, va-t’en; «viens, Auster. » Par conséquent, lorsque l’arbre est tombé à la fin de cette- vie, lorsqu’il a été coupé par la hache de la mort: ou bien il avait péché pendant qu’il était debout, et il sera placé en¬ suite du côté du nord; ou bien il reposera du côté du midi, s’il a produit des fruits dignes de l’auster. Or, il n’y a aucuu arbre qui ne soit ou à l’aquilon ou au midi. 11 faut attacher le môme sens à cette parole d’Isaïe: « Je dirai au nord: Donne; au vent d’Afrique: Rends-les-moi. » Isa. xmii, 6. Car il n’est jamais ordonné aux vents invenerit tempus. Aliter : Dicitur in Psalmis ad Deum: «Veritas tua usque ad nubes; » Psal. xsxv, 6 ; et in Tsaia, peccanti Deus vineæ comminatur : « Mandabo nubibus, ne pluant super eam imbrem. » Isai. v, 6. Nubes igilursunt Proplietæ,et omnis vir sanctus, qui, cum plures in corde suo congregaverit disciplinas, tune valebit præcepta pluere dpctriuarnrn, et dicere : « Exs- pectetur sicut pluvia sermo meus, et effundent super terram imbrem. » Deut. xxxn, 2, ad quam dictum est: « Audiat terra-verba oris mei. » Quod autem sequitur : « Et si ceciderit lignum ad austrum aut ad aquilonem, in Iocnni ubi ceciderit lignum, ibi erit, » illud de Aba- cuc sumamus exemplnm, in quo scribitur : « Deus de Theman veniet, » Abac. tu, 3, quod alii interprètes edi- derunt : « Deus ab (#7) austro veniet. » Et quantum ego æstimo, semper in bonam partem auster aceipï- tur. bTnde et in Cantico Cauticorum dicitur : «Exsurge Aquilo, » Co.nt. iv, 16, boc est : Recede, et abi, « et veni, auster. » Lignum igitur quod in haevita eorrnerit, et cenditione mortalitatis fuerit incisum : aut peccavil ante dum slnret, et in boreæ parte postea ponitur (al. ponctur) ; aut, si dignos austro fructus attulerit, in du sud et du levant d’amener, parce qu’il faut que ceux qui doivent être conduits vers l’orient et le midi habitent d’abord sur d’autres plages. L’aquilon mène ses habitants au midi, et le vent d’Afrique 'pousse vers l’Orient. Les bois du nord et ceux du couchant ne peuvent être utiles, s’ils restent dans leur demeure primitive. « Celui qui observe le vent, ne sèmera point, et celui qui considère les nues, ne récoltera pas.» EccL xi, 5. Celui qui recherche sur qui tombent ses bienfaits, celui qui ne donne pas à tous ceux qui demandent, Luc. vi, 30, oublie souvent l’in¬ digent qui mérite de recevoir. Autrement : Celui qui attend, pour prêcher la parole de Dieu, d’être écouté volontiers, celui qui attend le souffle ca¬ ressant de la faveur populaire, est un semeur négligent, un paresseux cultivateur. C’est du sein même du calme que le naufrage sort tout à coup à notre insu. La parole de Dieu doit être annoncée à temps, à contre-temps, telle qu’elle est ; II Tim. iv, 2; pour semer la foi, il ne faut point se préoccuper des points noirs qui mon¬ tent à l’horizon. De ces points noirs, il est dit dans les Proverbes : « Ceux qui délaissent la sa¬ gesse et louent l’impiété, sont semblables à la pluie inutile des ouragans. » Prov. xxvin, 3, 4. Par conséquent, sans souci des nuages et sans plnga jacebit australi. Nec est aliquod lignum, quin aut ad aquilonem sit, (b) aut ad austrum. Hoc idem significat et illud quod scriptum est in Isaia : « Dicam aquiloui : Adduc; et Africo : Noli prohibere.» hai. xmii, 6. Ntinquam enim austro et orientali vento præcipïtur ut adducant; quia apud alias plagas esse eos oportet, qui ad orientem et austrum postea deducantur. Aquilo igitur ad austrum adducit, et Africus ad orientem ha- bitalores suos. Nec enim possunt proficere, si in pris- tinis sedibus perseverent. « Qui observât veutum, non seminabit; et qui aspi- cilnnbes, non metel. » EccL vi, 30. Qui considérât cui benefaciat, et non omni peLenti se tribuit, sæpe præte- rit eum qui meretur acciper e.Lnc. vi, 30. Aliter : Qui tantum eo tempo re Dei verbum prœdi'cat, quo populus libenter auscultât, et secunda aspirat aura rumoris, saLor négligeas et ignnvus agricolu est. In ipsis enim prosperis, dum nescimus, adversa consurgunt. Sed opportune, importune, suo tenore, Dei sermo est præ- dicandus; II Tim. iv, 2;necfidei teinporeadversarium nubinm consideranda tempestas. De qua in Proverbiis dicitur : Sicut pluvia vehemens et inutilis,sicqui derelin- («) Heus nb austro veniet. » Ex boc Ioco conjicere liect Hioronymum ahsolvisse suum Commentarium in Ecclosinsten, anteqnnm Propbetnrum ti'analationem latinam de Flebrœo fonte nobis edidi^set. Mautian. [à) Qnin aut ad aquilonem sit. u Cave no legas : « qui non ad aquilonem sit, ant nd austruin ; » neqne audacina dotreeles fideni omnium exem- j'iarîiim mas. Editi libri sic mutaniut, n quod autad aquilonem non sit, aut ad austrum i> .Mautiak. SAINT JÉROME. 90 crainte des vents, il faut semer au sein même de la tempête. On ne doit pas dire : Ce moment est favorable, celui-ci ne l’est point, alors que nous ignorons la voie et la volonté de l’Esprit qui dis¬ pense toutes choses. . « Comme vous ne connaissez ni la voie de l’es¬ prit, ni la forme de l’enfant dans le sein mater¬ nel; ainsi vous ignorez les oeuvres de Dieu, qui fait toutes choses. » Eccl. xi, 6. Vous ne savez ni la route que suit le souffle, Pâme pour entrer dans le corps embryonnaire, ni les variétés des os et des veines dans le sein de la mère, ni les secrets qui d’un vil élément -produisent les membres du corps humain avec leurs formes diverses, et qui font que (l’une même semence ceci s’amollit en chair, cela se durcit en os, telle partie se dispose en veines et telle autre s’enche¬ vêtre en nerfs; vous ne pouvez donc pas savoir les œuvres de Dieu, qui est l’auteur de toutes choses. Par là il nous enseigne qu’il ne faut pas craindre les obstacles, et porter un jugement té¬ méraire des vents et des nuages, dont nous avons déjà parlé, puisque le semeur doitmarcher droit dans son sillon, et réserver l’événement au bon plaisir de Dieu. « Car cela ne dépend ni de celui qui veut, ni de celui qui court, mais de Dieu qui fait miséricorde. » Rom. ix, 16. « Dès le matin, répandez votre semence, et ne relâchez pas votre bras le soir, parce que vous ne savez point si c’est l’œuvre du matin ou celle quunt sapientiam et impietatem laudant. » Prov . xx vin. 3 et 4. Absqueconsideratione ergo nubium etLimore ven- torum, in mediis tempestatibus seminandum est. Necdi- cendum : 111 ud tempus commodum, hoc inutile, curn ignorerons quæ via et quæ voluntas sit Spiritus uni- versa dispensantis. « Quomodo non cognoscis tu quæ sit via Spiritus, et sicut ossa in utero prægnantis ; sic nescis opéra Dei, qui facit omuia. » Eccl. xi, 6. Sicut nescis viam spin* tus etanimæ ingredientis in parvulum, et ignoras os- sium et venarum varietates in ventre præguantis ; quo¬ modo ex vili elemento corpus bo'roinis in diversas ef¬ figies artusque varietur, et de eodem semine, aliud roollescat in caruibus, aliud durescat in ossibus, aliud in venis palpitet, et aliud ligetnrin nervis ; ita Dei opé¬ ra scire non poteris, qui factor est omnium. Ex quo do- cet contraria non timenda, nec teinere de ventis et nubibus, quas supra diximus, judicandum ; cum suo e teDore et cursu debeat sator pergere, et eventum Do- uüni sentenüæ reservare. « Non enim volentis neque currentis, sed Dei miserantis est. » Rom. ix/16. « lu matutino semiua semen tuum, et ad vesperum du soir qui est agréable à Dieu. Peut-être les deux plaisent-elles, peut-être n’y en a-t-il qu’une qu’il agrée, La lumière est douce, et pour les yeux, il est bon de voir le soleil, parce que si l’homme vit de longues années, et se réjouit durant toute sa vie, il doit se souvenir des jours des ténèbres, qui seront grandes. Tout ce qui doit arriver n’est que vanité.» Eccl. xi, 7-10, Ne choisissez pas ceux à qui vous faites du bien, et lorsque vous aurez fait le bien, ne vous relâchez jamais de vos bonnes œuvres. Que le soir trouve la justice du matin, et que le lever du soleil continue la miséri¬ corde du soir. Quelle œuvre est la plus agréable à Dieu et de quelle œuvre naîtront pour vous les fruits de justice, cela est incertain. 11 peut arri¬ ver qu’une œuvre ne plaise à Dieu que lors¬ qu’elle est complétée par une autre. Autrement : Et dans la jeunesse et dans la vieillesse, faites un travail raisonnable. Ne dites pas : Pendant que j’ai pu, j’ai travaillé ; je dois me reposer dans ma vieillesse. Vous ignorez en effet si c’est dans le jeune âge on dans l’âge avancé que vous pouvez plaire à Dieu. La frugalité de l’adoles¬ cence ne sert de rien, si vous traînez votre vieil¬ lesse dans le luxe. A quelque époque de la vie que le juste quitte la bonne voie, ses anciens jours.de justice ne pourront le délivrer de la mort. Mais si, selon l’une et l’autre interprétation, vous faites toujours le bien et vous maintenez à tout âge vos pas dans le droit chemin, vous verrez Dieu le ne dimittas manum tuam,quoniam nescis quid placent, hoc (al. aul hoc), an illud. Etsi utrumque, quasi unum bonum est. Et dulce lumen, et bonum oculis videre solem, quia si annis multis vixerit homo, in omnibus liis lætetur, et meminerit dies tenebrarum quia pluri- mæ erunt, Omne quod venturum est, vanitas. » Eccli. xi, 7-10. Neeligascui bene facias; sed et cum bene- feceris, nunquam a bono opéré désistas. Matutiuam justitiam vesper inveniat, et vesperis (al. r esperi) mi- sericordiam sol (al. solie) ortus accumulet. Incertum est enim quod opus mégis placeat Deo, et ex quo tibi fructus justiliæ præparetur. Potest autem accidere, ut non unum, sed utrumque placeat Deo. Aliter : Et in adolescentia et in senecta, æquus tibi labor sit. Nec dicas : üuui potuit, laboravi; debeo in senectute re- quiescere. Nescis enim utrum in juveutute, an in æta- te longæva placeas Deo. Nec prodest adolescentiæ fru- galitas, si senecta ducatur in luxu. In quacumque enim die justus erraverit, veleres eum justitiæ a morte liberare Don poterunt. Quod si, jnxta utramque in- terpretationem, semper benefeeeris, et omDi ætateæ- qualem cursum habueris, videbis Deum Patrem, dul- 91 COMMENTAIRE DE L'ECCLÉSIÀSTE. Père, la plus douce des lumières; vous verrez Jé¬ sus-Christ, le soleil de justice. Ainsi, vivriez-vous longtemps, amassez tous les biens, c’est-à-dire faites les bonnes œuvres, pensez toujours à la mort et que l’arrivée de l’heure des ténèbres soit toujours présente à vos yeux; quant aux choses de ce monde, méprisez-les comme étant passa¬ gères, fragiles et caduques. Voici comment Sym- maque interprète la fin de cette sentence : « Bien qu’un homme vive de longues années et soit comblé de joie durant toute sa vie, il doit se souvenir des jours des ténèbres; elles seront grandes, et nous sommes tous inévitablement destinés à finir en elles. » Autrement ; En un au¬ tre endroit de l’Ecriture, Dieu fait cette promesse: te Je vous donnerai la rosée du matin et celle du soir,» Veut. xi, 14, c’est-à-dire l’ancien et le nou¬ veau Testament, et je vous arroserai de l’une et de l’autre pluie. Nous sommes ici prévenus que nous devons lire l’ancienne Loi de manière à ne point mépriser l’Evangile; que nousdevons cher¬ cher le sens mystique des anciennes Ecritures, afin de ne pas croire que nous puissions nous arrêter à la lettre des Evangélistes et des Apô¬ tres. Nous ignorons en effet dans laquelle de ces deux études Dieu nous accorde plus de science et plus de grâces, et celui-là est heureux qui, les pratiquant l’une et l’autre à titre égal, en a fait un seul corps de doctrine. Celui qui fait de la sorte, verra la lumière, verra Jésus-Christ, le so" cissimain lucem; videbis Christian, solem justitiæ. Porro si et rnultis aanis vixeris, et omnia hona liabne- vls, vel bona opéra perpetraris, et scieris te semper esse moriturum, et ante oculos tuos tenebrarum semper versetur adventus; preesentiu quasi fluxa, et fragilia et caduca contemnes. Symmaclius finem hujus senten- tiee ita interpretatus est : « Si annis multis vixerit homo, et in omnibus his lætatus.fuerit, recordari debet etdies (al. dierum) tenebrarum; quia multæ erunt, et in qui- bus omnibus veuiet esse desinere. » Aliter : Repromit- tit in alio Scriptnræ loco, Deus dioens : « Dabo vobis pluviam tcmporancam etserotinam, » Veut, xi, 14, vê¬ tus scilicet Testamentum, et novum, et utroque vos imbre irrigabo. Unde et nunc admonemur, ut sic lega- mus Legem veterem, ne Evangelium contemnamus ; sic quæramus spiritualem in veleri Instrument intelligen- liam, ne in Evangelistiset Apostolis hoc tantum pute- mus sonare quod legilur. Ignorare enim nos in quo magis scientia'nobis a Deo tribuatur et gratia, felieem- que enm esse, qui utrumque in commune sociaverit, et quasi unum corpus effeaerit. Quod qui fuerit con- seentus, videbit lucem, videbit Christum, solem jusli- leil de justice. S’il vit de longues années, il les passera dans les joies les plus douces, ayant la science des Ecritures, et la pensée du jugement dernier l’excitera de plus en plus dans ce travail; car le temps des ténèbres sans fin viendra, et les châtiments éternels seront réservés à ceux qui n’auront pas semé dès le matin et jusqu’au soir, et qui n’auront pas réuni l’un et l’autre tra¬ vail; ils ne verront point la lumière, ni le soleil qui est la source delà lumière. «Réjouissez- vous donc, jeune homme ; que votre cœur soit dans l’allégresse pendant votre jeune âge; marchez selon l’inclination de votre cœur et selon le regard de vos yeux; mais sachez que Dieu vous fera rendre compte de toutes ces cho¬ ses dans son jugement. Bannissez de votre cœur la colère et l’emportement; éloignez-vous des péchés de la chair ; car la jeunesse et le plaisir ne sont que vanité. Souvenez-vous de votre Créa¬ teur pendant les jours de votre jeunesse, avant que le temps de la tristesse arrive, et que vous sentiez approcher ces années dont vous direz: Ce temps me déplaît. » Eccl. xu, 1-3. Sur ce pas¬ sage, chacun a donné une explication différente; il y a eu presque autant de commentaires que de commentateurs. Passer en revue toutes ces opinions, expliquer les arguments sur lesquels chacun a prétendu fonder la sienne, ce serait l’affaire de près d’un volume; contentons-nous donc de signaler aux esprits prudents ces opi- tiæ. Et si annis pluribus vixerit, in somma lætitia et delectatione versabitur, habens scienLiam Suriptura- rum, et ma gis ad h une labo rem record a tj on e futuri judicii compelletur; quia perpetuum tenebrarum tem- pus adveniet, et æternee pœnæ præparabunlur eis, qui non seminaverint mane et advesperam, et nequa- quam utrumque sociaverunt ; nec viderunt lucem, nec solem, unde ipsum lumen egreditur (al. egredit- lur). « Lætare adolescens in juvenLute tua, et in bono sit cor tuum in diebus juventutis tuæ, et ambula iu viis cordis lui, et in intuitu oculorum. Et sciLo hoc, quia super omnibus hisadducet te Deus in judicium. Et re- pelle iram a corde tuo, et au fer molitiam a carne tua; quia adolescentia et stultitia vanitas est. Et memento Creatorislui in diebus juventutis tuce, antequam veniant diiïs malitiœ, et appropinquent anni in quibus dices : Non est mihi in illis voluntas (al. vôluplas). » Keel . xn, 1-3. In hoc capitulo, diversa omnium explanalio fuit, et totpene sentenliœ,quot homines. Unde, quia longum estopiniones omnium recensere, et argumenta, quibus sententias suas approbare voluerint, explicare prope SAINT JÉROME. 92 nions divergentes, de les leur montrer dans un cadre étroit, comme on résume dans une map¬ pemonde la situation des divers pays et Tim- mense étendue du globe terrestre et de l’Océan qui l’entoure. Les Hébreux pensent que c’est un précepte à l’adresse d’Israël ; on lui ordonne, disent-ils, de jouir de ses richesses, avant que le temps de la captivité n’arrive pour lui, et n’amène la vieillesse après les belles années; d’user en tempspropice et s ans ré serve de tout ce qui charme son cœur ou s es y eux, en se souvenant toutefois qu’il devra ren¬ dre compte de toutes ces choses au jugement ; de fuir les pensées mauvaises et les mauvaises passions, sachant que la folie est la compagne de la jeunesse, et de se souvenir toujours de son Créateur, avant que les jours de la captivité de Babylone et ceux de la servitude romaine ne soient arrivés, puisqu’alors il ne lui sera plus permis d’avoir une volonté. Tout ce passage, de¬ puis les mots: « Avant que le soleil, la lune elles étoiles s’obscurcissent, » jusqu’à l’endroit où l’E¬ criture rappelle que « la poussière rentrera dans la terre d’où elle a ôté tirée, et l’esprit doit re¬ tourner à Dieu qui l’a donné, » ils l’appliquent à leur condition terrestre. Comme ces explications, * nous l’avons déjà dit, sont diffuses et prolixes, nous ne ferons que les résumer en les effleurant. Réjouis-toi pendant tajeunesse, 6 Israël, disent-ils, et fais les unes ou les autres des choses dont il a res unins voluminis est, sufficiat prudentibus signifi- casse quid seaserint, et quasi in quadatn brevi tabella situs pinxisse icrrarum, totiusque orbis vaslitatem et ambitum Oceani, angusto monstrasse compendio. Hebræi ad Israël æstimaat perlinere mandatum, cui præcipitur, ut fruatur divitiis suis, antequam ei captivi- tatis terupus adveniat, et adolescenliam scnectute com- mutet; quidquid delectabile vel jucundum, tam eordi quam oculis apparuerit, eo, dura inpromptu est, abu- tatur., ita tamen ut se noverit in omnibus judicandum et tam cogitatioiies malas, quam libidines fugiat, sciens stultituim adolescentiæ copulatam, recordeturque sem- per Creatoris sui, antequam dies Babyloniæ.ac Roraa- næ captivilalis adveniant, in qnibus non poterit ha- bere voluutatem. Et toturn hune locum ab eo quod ait : « Antequam tenebrescat sol, et lima, et stellæ, » nsque ad cum locum, in quo Scripfcura commémorât : « Et convertetur pulvis in terrain suara sicut erat, et spiritus revertetur ad Dominum, qui dédit ilium, » super statu suæ conditiouis explanant. Quæ quia, ut supra dixirnus, laciniosa snnt, et prolixa, strictim a no- bis brevi te rque tangentur. Lee tare ergo in juventute été parlé, avant que la captivité arrive, que tu sois dépouillé de ton honneur et de ta gloire, que tes juges et tes saints te soient enlevés (ils voient la figure des juges et des saints dans le soleil, la lune, et dans les étoiles): avant la venue de Nabuchodonosorou de Titus, fils de Yespasien, annoncée par les prophètes ; avant l’accomplis¬ sement des prophéties, au jour où les anges abandonneront le temple dont ils ont la garde, où les plus braves de ton armée seront frappés de terreur, où les discours des magistrats se¬ ront inutiles, où les ténèbres envelopperont les prophètes accoutumés à recevoir du ciel la lu¬ mière de leurs visions ; alors les portes du temple seront fermées, Jérusalem sera humiliée, le Chal- déen viendra, attiré parles cris de Jérémie comme par un chant d’oiseau sinistre, Jerem ix, et le temple n’entendra plus les chœurs des cantiques et des harpes des filles de Sion. En ce temps-là, les ennemis eux-mêmes accourus dans Jérusalem trembleront devant la grandeur de Dieu, et, pleins de doute en leur marche, redouteront la fin tra¬ gique de Sennachèrib. Les interprètes hébreux pensentici à cette parole :« 31s craindront les coups d’en haut, et ils trembleront dans le chemin. » j Tsai.y xxxvu. En ce jour-Ià« fleurira l’amandier,)) cette branche, ce rameau que vit Jérémie au début de sa vision, Jerem., i, « lasauterelle s’engraissera,» c’est-à-dire Nabuchodonosor et son armée, « et le “câprier sera déraciné, » c’est-à-dire l’alliance de tua, o Israël, et fac ilia vel ilia, de quibus jam dictum est, antequam captivitas adveniat, et a te tuus honor recedat et gtoria, et judices, et sancti tui (quos in sole, et luna, etstellis intelligi vohint) auferantur; ante¬ quam veniat Nabuchodonosor, sive Titus Yespasiani filius, accitus a prophetis, et eorum vaticinia complean- tur, in die qua angeli ternpli præside3 recedent, et tur- babnntur robnstissimi quique in exercitu tuo, et otiosa erunt eloquia magistrorum, et prophetæ, qui de cœlis solebant visionum suarum lumen accipere, contenebres- cent; quando claudentur templi januæ, et humiliabitur Jérusalem, et Chaldæus veniet, quasi cantu (al. van- tus) volucris, ita Jeremiæ vocibus provocatus, Jerem. îx, et conticescent filiæ cantici, in templo psallentium chori; illo tempore, quando venientes in Jerosolymam ipsi quoque hostes Dei pertimescent magnitudinem, et in via dubii Sennacherib interitum formidabunt. Hoc enim dictum putant : « Et ab excelso timebunt, et formidabunt in via, » Isai. xxxvn. In illis diebus « flo- rebit amygdalum (al. amygdalus)y ille baculus, et virga quam Jeremias in prophetiæ suæ vidit exordio, « et impinguabitur locus ta,» Nabuchodonosor cum suo COMMENTAIRE DE L’ECCLÉSIASTE. Dieu avec Israël. Ce qu’il faut entendre par c⬠prier, nous l’expliquerons complètement, quand nous analyserons chaque verset en particulier. Or toutes ces choses arriveront à Israël, parce que l'homme doit s’en aller dans sa demeure éternelle et sortir de la tutelle divine pour retourner aux cieux; mais Dieu se retirant dans sa tente, le peuple errera sur la place dans les alarmes et les pleurs, assiégé de tous côtés par l’ennemi. Réjouis-toi donc, Israël, pendant ta jeunesse, avant que soit brisé le lien d’argent, c’est-à- dire, pendant que ta gloire te demeure; avant que la bandelette d’or retourne en arriére, c’est-à-dire, que l’arche d’alliance te soit ra¬ vie ; avant que la cruche soit brisée au bord de la fontaine et que la roue soit tournée sur le lac, c’est-à-dire, pendant que les préceptes de la Loi et la grâce de l’Esprit-Saint résident dans le saint des saints ; avant que tu retournes à Babylone, dont tu es sorti dans les reins d’Abra- ham, et que tu commences à être écrasé en Mé¬ sopotamie, d’où tu es également parti autrefois ; avant que le don de prophétie, que tu avais un jour reçu,, remonte à celui qui le donna. Ainsi raisonnent encore aujourd’hui les Juifs, ap¬ pliquant à leur rôle seul le sens de ce passage. Pour nous, revenant à la manière de commen¬ ter que nous avons suivie précédemment, nous allons essayer d’éclaircir chaque point. « Réjouis¬ sez-vous, jeune homme ; que votre cœur soit exercitu, «et dissipobitur capparis, » Jerem. i, amicitia üei culû Israël. Quid sibi autem velit « capparis » cum de singulis coeperhnus dicere, plenius explicabitur. Hoc autem totum eveuiet Israeli ; quia abiturus est homo in domum æternitatis suæ, et a præsidio Dei ad coelestia reversurus, quo abeuute in tabernaculuin suum,circumibunt iu platea fientes atqueplangentes,et hostium obsidione vrallati..Lætare ergo, Israël, injuven- tute tua, antequam ruinpatur funiculus argenteus, hoc est, donec gloria vestra vobiscum est ; antequam re- currat vitta aurea, id est, antequam area testament! auferatur ; priusquam oonteratur bydria ad fontem, et convolvatur rota super lacum, id est, donec intra sancta sanciorum præcepta legis, et Sancti Spiritus et gratia; et antequam revertaris in Babylonem, unde in lumbis egressus es Abrahæ, et iucipias in Mesopotamia con- teri, unde et quondam profectus es; omnisque gratia prophète, qua quondam fueras inspiratus, revertatur ad datorem suum. Hæc Judæi usque hodie disserunt, et acl personam suam intelligentiam hujus capituli tra- liunt. Nos autem ad superioris disputationis ordinem re~ 93 dans l’allégresse pendant votre jeune âge ; mar¬ chez selon l’inclination de votre cœur et selon le regard de vos yeux ; mais sachez que Dieu vous fera rendre compte de toutes ces choses dans son jugement. » Il avait dit que la lumière de ce mon¬ de est très-douce, et que l’homme doit se réjouir pendant sa vie et mettre tous ses soins â trouver les jouissances, parce que, quand sera venue la nuit éternelle delà mort, il ne lui sera plus per¬ mis d’user du fruit de ses travaux ; d’ailleurs, tous les biens que nous avons passent comme une ombre. Maintenant* il exhorte l’homme en ces mots : Réjouissez-vous pendant votre jeune âge, ô jeune homme, avant que la vieillesse arrive et que la mort vous saisisse ; tout ce qui semble bon à votre cœur, agréable à vos yeux, prenez-le, jouissez à votre gré des biens du mon¬ de. Mais ici encore, pour qu’on ne puisse conce¬ voir le soupçon que ces paroles sont une provo¬ cation à la luxure, une glorification épicurienne des passions, il ajoute: « Sachez que Dieu vous fera rendre compte de toutes ces choses dans son jugement.» Usez, dit-il, des choses du monde en homme qui sait qu’il sera jugé au dernier jour. « Bannissez de votre coeurla colère ; éloignez- vous des péchés de la chair; car la jeunesse et le plaisir ne sont que vanité. » Dans le mot colère il comprend toutes les perturbations de l’âme; dans les péchés de la chair, toutes les voluptés corporelles. Usez des biens du siècle, dit-il, de vertentes, singula conabimur explanare : « Lœtare, ju~ veuis, in adolescentia tua, et in bono sit cor tuimi in diebuo juventutis tuæ, etambula invite cordis tui, et in aspectu oculorum tuorum. Et scito super omnibus lus, quia adducet te Deus in judieium. » Dixerat lucein mundi hujus esse dulcissimam, et lælari debere ho-t minem in diebus vitae suæ, omnique studio carpere volupt.atem ; ingruere enim noctem morliâ æternam, quando non liceat perfrui congregalis, et quasi um- bram universa quæ hobuimus pertransire. Nunc ergo hominem cohorlatur, etdicit: O adolescens, antequam tibi senectuset mors iugruat, lætare in juventute tua, etquidquiil tibi corde bouum, aspectu jocundum videtur, assume, fruere, ut libet, mundi rebus. Bursum ne pu- taretur hæc dicens, hominem ad luxuriam provocare, et in Epicuri dograa corruere, suspicionem hune obs- tulit, inferens i « Et scito, quoniam super omnibus liis adducet te Deus in judieium.» Sic, inquit, obntere mundi rebus, ut scias te in ultimo judicandum. « Et repelle iram a corde tno, etaufermalitiam a carne tua, quia adolescentia et stuhitia vanitas est. » In ira, omnes perturbationes auiini comprelieridit. In carnis 94 SAINT JÉROME. sorte à ne pécher ni par le désir, ni par la chair. Dépouillez-vous des anciens vices, qui vous ont faits esclaves, pendant votre jeune âge, de la va¬ nité et de la folie ; car la folie est inséparable de la jeunesse. « Souvenez-vous de votre Créateur pendant'les jours de votre jeunesse, avant que le temps de la tristesse arrive, et que vous sentiez approcher ces années dont vous direz : Ce temps me déplaît. » Souvenez-vous toujours de votre Créateur, et tout en suivant la voie de votre jeunesse pensez à l'heure de la mort, avant qu’arrive pour vous le temps qui n’aura que de tristes événements. «Avant que s’obscurcissent le soleil, la lumière, la lune et les étoiles, et que les nuages reviennent après la pluie. » Eccl.,x n, 4. Si nous appliquons ce verset à la consommation des temps, il con¬ corde avec ces paroles de Notre-Seigneur : « La tribulation sera grande, telle qu’il n’y en a pas eu depuis le commencement du monde et qu’il n’y en aura jamais. Le soleil s’obscurcira, la lune 11e répandra plus sa lumière, les étoiles tombe¬ ront du ciel, et les vertus des deux seront ébran¬ lées, nMaith., xxrv, 21, 29, elles qui sont les gar¬ diens de la maison. Par maison, on doit ici en¬ tendre le monde, et par hommes forts ceux que l’erreur a séduits, d’où l’on voit que ce sont les forces du mal qui seront ruinées. Si l’on rapporte le passage à la fin de chaque vie en particulier, il faut entendre que le soleil, la lune, les étoiles, malitia, universas significat corporis voluptàtes. Sic ergo, inquit, bonis sæculi hujus fruere, 11e aut deside- rio, aut carne delinquas. Relinque antiqua vitia, qui- bus in adolescentia tua vanitati stultitiæque servisti, quiajuventus insipientiæ copulata est. « Et memenlo Creatoris tui in diebus juvenlutis tuæ, autequam ve- niant dies maliliæ, et appropinquent anni, iu quibus dices : Non est est milii volunlas in eis. » Semper memenlo conditoris tui, et sic adolescentiæ tuæ viam gradere, ut morlis ultimæ recorderis, antequam tibi tempus adveniat, quo tristia quæque succédant. « Antequam obtenebrescat sol, et lumen et luna et stellæ, et reverlaatur nubes post pluviam. » Eccl. xn, 4. Si de générait consummatione mundi accipimus, verbis Domini hoc capitulum congruit, in quibus ait : « Erit tribulatio et angustia, qualis non fuit a princi- pio creaturæ, sed neque fiel. Solenim îenebrescet, et lune non dabit lumen suum, etsteJIæ cadent de cœlo, et virtules cœlorum commovebuntur, » Matih . xxiv, 21, 29, quæ sunt custodes domus; ila ut domus intelligatur hic mundus, viri \ero fortes, errore dece- pti, et dissipandæ contraria forliludines. Quod si les nuages et la pluie n’existeront plus pour celui qui sera mort. Autrement: Réjouissez-vous, jeune homme, ô peuple chrétien ; jouissez des biens que Dieu vous accorde, et sachez qu’il vous en de¬ mandera compte â son jugement. Et n’allez pas vous croire en sécurité, parce que les rameaux primitifs ont été retranchés, et que vous avez été greffé sur la racine du bon olivier ; mais bannis¬ sez de votre cœur la colère et de votre corps les plaisirs: fuyez le vice; souvenez-vous de votre Créateur, avant que le temps de la tristesse arrive pour vous, et le jugement irrévocable, qui prononcera les châtiments éternels réservés aux pécheurs ; craignez, si vous péchez, que le soleil de justice ne se couche pour vous dès le milieu du jour, que la lumière de la science ne périsse, que l’éclat de la lune, c’est-à-dire de l’Eglise, ne vous soit ravi, et que ne tombent les étoiles, dont il est écrit : « Vous brillez com¬ me des astres dans le monde, portant en vous la parole de vie; » Philip., 11 15; et ailleurs: « Entre les étoiles, l’une est plus éclatante que l’autre. » I Corinh., xv, 41 . « Avant que les nuages reviennent après la pluie, » de peur que les Prophètes, dont la parole rafraîchit de sa rosée les cœurs fidèles, vous ayant reconnu indigne de cette rosée, ne retournent à leur demeure, c’est-à-dire à celui qui les avait envoyés. « Au jour où les gardiens de la maison seront ébranlés, où périront les hommes de la specialis uniuscujusque consummatio, ad vitæ hu¬ jus finem refertnr; et sol etluna, etetellæ, et nubes, etpluviæ ei esse cessabunt, qui mortuus fuerit. Aliter: Lætare, adoiescens, 0 popule ebristiane, et fruere bo¬ nis quæ a Deo tibi concessa sunt, et in his omnibus scito te a Domino judicandum. Nec putes, quia priores rami fracti sunt, et tu insertus es in radicem bonæ oli- vœ, idcirco te esse securumpsed aufer iram a corde tuo, et a corpore volnptates, et cæteris vitiis derelicüe memento Creatoris tui, antequam tibi dies malitiæ ad¬ veniat, et insanabilis, in qua peccanlibus pœnæ sunt præparalæ;ne cum peccaveris, occidat tibi sol justi- tiæ meridie, et scientiæ lumen intereat, et splendor lunæ, id est,Ecclesiæ subtrahatur, et stellæ occidant, de quibus scriptum est : « In quibus lucetis quasi lu- minaria in mundo rationem vitæ (al. vita) habenles.; » Philip. 11, 1 5 ; alibi : « Stella a Stella differt in gloria (al. clarilate.) » 1 Corinlh. xv, 41. « Antequam reverlan- turnubes post pluviam,» ne Prophetæ, qui corda creden-x tium suo sernione suisque pluviis irrigant, postquam te imbre suo indignum esse perspexerint, vevertantur ad sedem suam ; ad eum scilicet, a quo misei sunt. COMMENTAIRE DE I/ECCLÉSIASTE. force. » EccL, xii, 5. Les gardiens de la maison, ce sont, ou bien le soleil, la lune et le chœur des astres, ou bien les Anges qui veillent sur ce monde. Par hommes de la force, ou forts, d’après l’interprétation de Symmaque, qui pé¬ riront, ou tomberont dans V erreur, suivant la tra¬ duction d’Aquila, il faut entendre les. démons è qui l’on donne l’épithète de forts comme on la donne à Satan lui-même. Le Seigneur, vain¬ queur du diable, comme nous le montre la parabole évangélique, Luc., xi, et l’ayant lié, dévastera sa demeure. Autre sens: Ceux qui rapportent au corps de l’homme tout ce pas¬ sage de l'Ecriture pensent que les gardiens de la maison signifient les côtes, parce qu’elles entourent les intestins et défendent tous les organes mous de l’estomac. Pour eux, les hom¬ mes forts représentent les jambes ; ils appro¬ prient le soleil, la lune et les étoiles, aux yeux, aux oreilles, aux narines et à tous les sens résidant à la tête. Ils interprètent ainsi, parce que plus loin ils sont dans la nécessité de voir dans les mots soleil, lune, étoiles la figure des membres de l’homme, et non point des Anges et des démons. « Celles qui moulaient s’ arrêteront, parce qu’elles auront été diminuées ; et celles qui voient dans les puits s’obscurciront. » Eccl. , xii, 6. A la con¬ sommation des temps, lorsque se sera refroidie la charité d’un grand nombre, et qu’auront été diminuées les âmes des maîtres capables de «In die quo moti fuerint custodes domus,et perie- rint viri fortitudinis. » Custodes domus aut sol inlelligilur et luna, et reliquus astrorum chorus, aut Angeli qui huic mundo præsident. Viri vero fortitudi¬ nis, sive« fortes,» ut interpretatus est Symmachus, qui peribunt,,sive ut Aquila(al. qui) traustnlit « errabunt, » dæmones senLiuntur,|a forti diabolo etiam ipsi fortium sortiti vocabulum. Quem superans Dominus, et ligans, juxta Evangelii parabolam (al. senlentiam ) vastat do- mum ejus. Luc. xr. Aliter : Custodes domus, qui ad cor¬ pus bominis referunt cuncta quee scripta sunL, costas significari putant, quod ab ipsis inlestina vallentur, et tota ventris mollitudo servetur. Yiros vero fortes, crura æstimaut ; solem, et luuam, et stellas, ad oculos, aures, et totius capiLis sensus coaptaut. Hoc autem ideo, quia inferius necessiLate cogunLur, non de angelis et daemonibus, sole, et luna, et stellis, seddehomiins membris intelligere quse sequuntur, « Elcessabuntmolentes, quoniam imminutæ sunt et conteuebresccntquai vident in foraminibus.» Ecçl.xu, 6. 95 distribuer la céleste nourriture aux fidèles, quand ces âmes auront été transportées aux cieux ; alors les ténèbres envelopperont ceux de ce monde qui voyaient en partie la lu¬ mière de la science. En effet, puisqu’il est dit à Moïse : « Je te placerai à l’ouverture de la pierre, et tu pourras ainsi me voir par der¬ rière, » Exod. xxni, 22, à plus forte raison une âme ordinaire voit-elle la vérité comme par l’orifice d’un puits, à travers certaines ténè¬ bres! Autre sens: «Deux femmes moudront, dont l’une sera reçue et l’autre sera laissée, » Matlh. xxiv, 41, l’Evangile ne s’en cache pas. Lorsqu’elles auront été diminuées, quand elles auront cessé, toute clarté de la science sera nécessairement enlevée aux yeux. Autre sens : Dans celles qui cesseront de moudre parce qu’elles auront été diminuées, certains voient les dents. Quand vient l’extrême vieillesse, disent-ils, les dents, par lesquelles les aliments sont moulus avant d’être transmis â F estomac, ou sont émoussées, ou tombent. Et ces paroles : « Celles qui voyaient dans les orifices s’obscur¬ ciront, » ils les rapportent aux yeux, parce que, dans l’âge avancé, leur vertu s’affaiblit et leur regard se voile. « On fermera les portes sur la place quand la voix de celle qui moud n’aura plus de force; et l’homme se lèvera à la voix de l’oi¬ seau; et les jeunes filles qui chantaient se tairont.» Eccl., xii, 7. Quand se sera affaiblie la voix de In consummatîone nuindi, ‘cum refriguerit multorum charitas, et imminutæ fuerint animæ magistrorum, quæ possunt cœlestem cibum præbere credentibus, traosla- tæque in cœlestia ; tune incipient hi quiex parte in hoc mundo intuebantur lumen scientiæ, involvi tenebris. Si enim Moysi dicitur : « Ponam te in foramino petræ, etsieposteriora mea videbis ; » Exod. xxxm,22;quanto magis unaquæque anima per foramen et quasdam te- nebrosas cavernas aspicit vcritatein ! Aliter : Duæ ino- lentessunt, ex quibus unam recipi, etalteram relinqui, Evangelium non lacet, Matlh. xxiv, 41. Quæomn im¬ minutæ fuerint, atque cessaverint, necesse est utomne lumen scientiæ auferatur ex oculis. Aliter : Cessare molentes, quia imminutæ sint de dentibu3 dictum pu¬ tant. Quod cum extrema senectus advenerit, dentes quoque aut atteruntur, aut decidunt, quibus permoliti cibi in alvuin transmittuntur. Tonebrescere autem vi- denLes in foraminibus, oculos arbitrantur, quod ætate confectis caliget acies, etintniLus obscuretur. « Et claudent ostia in platea iu hnmiÜLate voeismo- 96 SAINT JIÏROME. celle qui moud, quand renseignement des maî¬ tres aura cessé, toute chose cessera par con¬ séquent; c’est ainsi que les portes seront fermées sur la place, afin que, selon que nous l’appren¬ nent les vierges folles de l’Evangile, chacun ayant clos l’entrée de sa demeure, elles ne puissent pas acheter de l’huile. MatlK ., xxv. Ou certainement, pendant que les vierges folles erreront sur la place, celles qui seront entrées avec l’époux leur fermeront la porte de la chambre nuptiale. Puisqu’étroite et difficile est la voie qui con¬ duit à la vie, tandis qu’est large et spacieuse celle qui mène à la mort, Maith vu, c’est à bon droit que la porte des doctrines est fermée sur les places, lorsque s’est refroidie la charité d’un grand nombre. Le verset suivant, où il est dit : « Et l’homme se lèvera à la voix de l’oiseau, » ou « du passereau, » nous l'appli¬ querons bien au pécheur que nous verrons se lever par la pénitence â la voix de l’evèque ou du prêtre. Cela peut aussi extraordinairement, et quoique nous ne suivions pas le contexte du passage, s’entendre de la résurrection dernière, quand les morts se lèveront à la voix de l’ar¬ change. Et qu’on ne s’étonne point si nous rap¬ prochons la trompette de l’ange du cri du passereau, puisque toute voix est faible compa¬ rée à celle de Jésus-Christ. En outre, autant qu’il pçut m’en souvenir, je n’ai lu en nul lentis; et consurget ad vocem volucris ; et obmutes- cent omnes filiæ carminis, » Eccl. xn, 7. Cum vox molentis fuerit infirmata , et magistrorum doctrina cessaverit, consequenter cessabunt omnia ; inter quæ, et ostia claudentuv ia platea, ut, juxta fatuas EvaDgelii virgiues, Maith . xxv, unusquisque babeat clausas suæ plateæ januas, et illæ oleum emere nou possint. Vel certe, fatuis virginibus cireiuueuutibus in platea, elaudent cubiculum sponsi quæ cum eo intra- verint. Si enim arcta et angusta via est quæ ducit ud vitam, et lata et spatiosa, quæ ducit ad mortem ; Maith. vu ; recte, refrigerata cliaritate multorum, ostium doetrinaniua elauditur in plateis. Sequenti autem ver- siculo, in eo quod ait: « Et consurget ad vocem volu¬ cris, » sive «passeris, » utemur ( Al. ulimur) in tem- pore, siquaudo viderimns peccatorera ad vocem epis- copi, sive presbyteri per pœnitentiam consurgentem. Potest quoque hoc extraordinarie, tamctsi coutextum capituli non sequamur, et de ultima resurrectione accipi, quando ad vocem archangeli resurgeut mor- tui. Nec mirandura, si angeli tubam passe ri compare- mus, cum omnis vox ad Cliristum comparât.!, sit tenuis. Et quantum ego possum animo recordari, nun- endroit que le mot passereau fût pris en mau¬ vaise part. Le juste dit dans le psaume dix : « J’ai confiance dans le Seigneur; pourquoi donc dites-vous à mon âme: Emigre sur la montagne comme le passereau ? » et ailleurs nous lisons: « J’ai veillé, je suis devenu sembla¬ ble au passereau solitaire sur le toit; nPualm., ci, 8 ; et encore: «Le passereau trouveune demeure.» Psaîm.j Lxxxm, 4. Autre sens: On veut que les portes fermées sur les places signifient les pas débiles du vieillard, qui s’assied sans cesse, qui ne peut presque pas marcher. La faiblesse de la voix de celle qui moud, ils rap¬ pliquent à ses mandibules, en ce sens qu’il ne peut triturer les aliments, et qu’on entend à peine sa voix, tant son souffle est épuisé. Les mots « il se lève à la voix de l’oiseau » montrent que, le sang et les humeurs qui entretiennent le sommeil s’étant refroidis, desséchés, il s’éveille au moindre bruit, et si, au milieu de la nuit se fait entendre le chant du coq, il quitte sa couche en sursaut, incapable qu’il est le plus souvent de retourner ses membres sur son lit. Que les jeunes chanteuses se taisent, ou, comme le dit bien mieux le texte hébreu, deviennent sourdes , cela s’entend des oreilles, parce que l’ouïe des vieillards devient plus dure, inca¬ pable de saisir la différence des sons, inacces¬ sible aux charmes de l’harmonie. C’est ce que quam passerem in malam partem legisse me uovi. Loquitur in deeimo psalmo justus : «In Domino con- fido ; dicitis animes meæ : Transmigra in raontem sicut passer ; » et alibi ; « Vigilavi, et factus sum sicut pas¬ ser solitarius in tecto ; » Psal. ci, 8 ; necnon et in alio loco: «Etenimpasserinvenitsibidonuun.)) Psal. lxxviii, 4. Aliter: Clausas in plateis januas, infirmos seni gres- sus accipi volunt, quod semper scdcat, et ambulare non possit. Humililatem autem vocis molentis, de mandibulisinterpretantur, quod cibum terere nequeat, et vix spiritu coarctato, vox ejus tenuis audiatur. Porro consurgere eum ad vocem volucris ostendit, quod frigescente jam sanguine, et humore siccato, quibus materiis sopor alitur, ad levem sonitum evigi- let, noctisque inedio, cum gallus cecinerit, i'estinus exsurgat, ncquaquam valens strato sæpius membra convertère. Obmutescere quoque, sive ut melius liabet in Hebræo, « snrdescere filias cnrmiuis, » aures signi- ficat, quod gravior senum auditus fit, et nulla inter voces valeant scire discrimina, uec cnrminibus delec- tari. Quod quidem et BerzelLai loquitur ad David, no- lens transire Jordanem. « Sed et ab excelsis timebunt et formidabuutin via.» COMMENTAIRE DE L’ECCLÉSIASTE. 97 dit David à Berzellaï, qui ne voulait point pas¬ ser le Jourdain. « Mais ils s’éloigneront avec la crainte des lieux élevés et ils trembleront dans la voie. » Eccl.y xii, 8. C’est-à-dire, ils seront incapables de gravir les sentiers escarpés, et tremblants même dans la plaine, ils redouteront sous leurs pas le moindre heurt pour leurs débiles genoux et leurs pieds chancelants. » « L’amandier fleurira, la sauterelle s’en¬ graissera, et le câprier sera desséché, parce que L’homme ira dans sa demeure éternelle; et les survivants en pleurs entoureront son cercueil sur la place. » Eccl. , xn, 9. Ici encore l’Ecclô- siaste parle par métaphore des membres de l’homme : quand arrivera la vieillesse, les che¬ veux blanchiront, les pieds s’ enfleront,. la pas¬ sion se refroidira, enfin l’homme sera dissous par la mort ; alors il retournera à la terre, dans lé sépulcre, sa demeure éternelle, accompagné, après le cérémonial ordinaire de la levée du corps, par le cortège d’une foule en deuil. Dans la fleur de l'amandier, que nous avons interpré¬ tée par les cheveux blancs, certains voient l’os sacrum, parce que, lorsque les chairs au bas du dos se sont amaigries, l’épine dorsale déborde et fleurit, pour ainsi dire. Sur les mots : « La sauterelle s’engraissera, » il faut savoir que, si nos manuscrits portent sauterelle , le texte des Hébreux dit Aagab ian, terme qui a chez eux un sens vague, puisqu’on peut le traduire égale¬ ment et par talon et par sauterelle. De môme, à la première page de Jérémie, le mot Soced ipfef, par un simple changement d’accent, signifie noix et veille. Il lui est dit: « Que vois-tu, Jérémie? » Il répond: «Je vois une branche de noyer. » Et le Seigneur lui dit: « Tu as bien vu, car je veillerai sur ma parole, afin de faire une chose » Jerem ., I, H ou une autre ; et il y a ici également l’étymologie de noix, parce que Dieu, en même temps qu’il veillera, traitera son peuple suivant qu*il le mérite, ce qui est l’occasion des paroles qu’il lui adresse. C’est ainsi qu’en cet endroit la double étymologie du mot indique la tumeur des jambes des vieillards et l’enflure de la goutte. Non point Eccl. xii, 8. Id est, ardua ingrodi non valobunt, et la9sis poplitibus, ac trementi vestigio, etiam in piano itinere fluctuantes, offensam gressuum formidabunt. « Et CLorebit amygdalum, et impinguabïtur locusta, et dissipabitur capparis, quoniam ibithomoin domum ælernitatis suæ; et circumibunt in plateaplangentes.» Eccl. xn, 9. Per metaphoram etiam nuncde membria hoininis Ecclesiastæ sermo est:quod cumsonectus ad- venerit, capillua incanuerit, tumuerint pedes, libido refrixerit, et homo morte fueritdissolutus ; tune rever- tetur in terrnm suam et in domum œternitatis suæ,(o) Bepulcrum, exsequiisque rite celebratis, plangentium funus turba præcedet. Florem autem amygdali, quem nos pro canis posuimus, quidam sacram spinam in- terpretantur, quod decrescenlibus natium camibus, spina succreacat et floreat. Porro quod ait : « Irapin- gunbitur locuta, » sciendum ubi in nostria codicibus legitur, « locusta, » in Hebrœo scriptum esse, àagab OTI, 9uod yerbum apud eos ambiguum est. Potest enim et «talus et locusta» transferri. (è) Quomodo igi- tur in Jeremiæprincipio, verbum soced si va- rietur accentua, et « nucem » significat et « vigilias ; » et dicitur ad eum : « Quid tu vides, Jeremia? » Et res- pondit : « Baculum riuceum. » Et ait DomiDus ad eum : « Bene vidisti; quia vigilabo ego super verbum meum, ut faciam illud; » Jerem. r, 41, vel illud ; et babet ety¬ mologiam « nucis, » quod vigilaturus sit Deus, et re- tributurus populo meretur (Al. debetur ,) idque ser- monis occasio est. Ita et nuuc ambiguitas verbi per etymologiam ejus, indicat senum crura tumentia, et podagræ humoribus prægravata. Non quod omnibus senibus hoc fiat, sed quodplerumque accidat, auvexSo^t- (a) u Et în domum raternitatis. n AÜ-'fl est sensus apud Erasmum ac Mariannm, qui mutant hoc modo eontextnm Hîcronymi : « et in domum «tcniitates suæ ; Bepulcrum exsequiis quœrat celebratis, plangentiumque fimus turba prœcedat. s Hoo ideo quia non ÎDtelligunt Scriplurarum pliraBim qua Bepulcrum dicilur domua reternitatis, secundum illud pBalmi xlviii, 12: «Sepulcra eorum domiiB îllornm in æternum. » Mahtian. (b) Erasmus pro et talus , Græce àvz&ya$QÇ legerat, qua quod fecerît de causa, neBciro se profitetur Martianœus. Explicuerat tamen ante, VictorîuB, qui primus locum huuc restitui t, et cujns satis eruditiam observatioDem totidom verbis hio apponere, Lectori plurimum intersît, Fœdo inquit, errore lapai sunt, qui hic Attalabos pro et talus subsliluerunt ; alioqui nulla esset in vorbo ambiguitas, si idem significarot, Quid cnim aliud est Attalabos, seu Atrelabus, nisi locusta, aut bÎ quid amplius, bruchus, locnstœ geûus, ita diserte Theodoro apud Aristotolem interprétante j «eu ut ipso Hiaronymus Nahum tertio exponit, parva locusta, inter locustam et bruchum, penuis modiois reptans potius quam volans, semperque subsilions, At HieronymuB intelligit eo nomine et locustam et talum simul signifiesri, et no snbterfugii locus esset, ipsemet so statim interpré¬ teur, dum impiuguari locustam sub eadem voce, idem prorsns eBse, quod talos ae crura . senum tumefieri his verbis prodit. Ita ot nnno axobi- girtas verbi per etymologiam ejus, indicat sonum crura tumentia, et podagræ tumoribus, sivo humoribus, prœgruvata. {Edit. Afign.) (c) Æque bono Palatin., Seeed. Audilo ipsum Hieronymum in Commentariis in bunc Jeremiœ locum : Scced nux dicitur; vigilia autemt vel v*Sl1 «ué yigilare appellatur Soced. « Unde et in posterioribus partus vigifans hoc nomine ponitur. Ab eo igîtur, quod dicitur, b nux « propt^r VLM-bi Bimilitudînem ad » vigilis « intelligentiam nomen allusit. » Jam vero S. quoqtie Cbrysostomus, Tj ydtp iDquit, %a\ diluySa^oV Sià twv atJToiv év Tqï ’EêpaVxq) 1ïpo:pÉpsT<3ll (ï'qpuJiTWV. a Vigilaniiu enim et amygdalum ibidem in Hebræo verbis appelle* tur. » De accentua varietate ad litteram supra in Hebrsic. Qnæst. non Bemel diximus. TOM. IV. .7 98 SAINT JÉROME. que les vieillards soient toujours enflés et poda¬ gres; mais comme il en est le plus souvent ainsi, par synecdoche on désigne la partie par le nom du tout. Là où nous avons câprier, il y a en hébreu àbiona rQVDÀy ; ce mot lui aussi est ambigu, et se traduit par amour, désir, concu¬ piscence, ou par câprier. II signifie, nous l’avons dit, que la passion des vieillards se refroidit et que les organes générateurs sont sans force. Ces mots ont donc un double sens : d’après l'éty¬ mologie, ils se traduisent par amandier, saute¬ relle et câprier, et par dérivation, au sens figuré, ils s’appliquent à la décrépitude corporelle des vieillards. Il faut remarquer aussi que, là où les Septante ont écrit amandier, l’hébreu porte soced, comme au commencement de Jérémie ; mais dans Jérémie ce mot a été traduit par noix, au lieu quici il est rendu par amandier. Symmaque, par je ne sais quelle liaison d’idées, interprète tout autrement ce passage. 11 dit : « Ils verront ces choses d’en-haut, et la terr.eur sera dans la voie, et celui qui veille s’endormira, et la force de l’esprit sera dissipée. L’homme en effet ira dans sa demeure éternelle, et ceux qui le pleurent k a parte, id quod totum est, appelletur. In eo vero ubi nos habemus, « capparim, » in Hebræo habet abiona quod et ipsum ambiguum est, interpre- taturque « amor, desideriura, concupiscentia, n vel « capparis.» Et significatur, ut supra diximus, quod senum libido refrigescat, et organa coitus dissipentur. Hoc autem idco, quia hæc verba, ambigua, cum in vo- cabulis suis, et, «amygdalum, » et «docustam,» etftcap- parim» sonent, aliud derivata significant, etper figuram adsensus qui seni conveniunt, derivantur. Sciendum quoque, quod ubinunc Septuaginta Interprètes posue- runt amygdalum, ipsum verbum sit soced 'Tpiy, quod in Jeremiæ principio est; sed ibi in « nucem » versum est, hic in « amygdalum. » Symmachus, nescio qnid in hoc loco sentiens, multo aliter interpretatus est. Ait enim ; « Super hæc etiam de excelso videbunt, et ter- ror (a) erit in via, et obdormiet vigilans, et dissolvetur spiritus fortitudo. Ibit enim homo in domurn æternita- entoureront son cerceuil sur la place. » LeLaodi- céen, qui a suivi cette interprétation, ne saurait recevoir bon accueil ni des Juifs ni des chrétiens, puisqu’il s’éloigne du texte hébreu et qu’il dé¬ daigne de marcher sur les traces des Septante. « Avant que le lien d’argent soit rompu, que la bandelette d’or revienne en arrière, que la cruche soit mise en morceaux au bord de la fontaine, et la roue brisée au-dessus du puits; avant que la poussière rentre dans la terre d’où elle a été tirée, et que l’esprit retourne à Dieu qui l’a donné. Vanité des vanités, dit l’Ecclésiaste, et tout n'est que vanité. » EccL, xir, 10-12. 11 revient à son plan primitif, après cette magnifique hyperbate, qu’il a fait inter¬ venir depuis cet endroit, où il dit : « Souvenez- vous de votre Créateur au temps de votre jeune âge, avant que les jours de tristesse arri¬ vent, avant que s’obscurcissent le soleil et la lune, » etc., « au jour où les gardiens de la maison seront ébranlés ; » maintenant il con¬ clut son précepte par une fin conforme au début, et dit : « Avant que le lien d’argent soit rompu, » et que tel ou tel autre événement tis suæ, et circumibunt in platea plangentes. » Cujus interpretationem Laodicenus secutus, nec Judæis pla- cere potest, nec Christiania; dum et ab Hebræis procul est, et sequi Septuaginta Interprètes dedignatur. « Antequam rumpatur funiculus argenti, et recurrat vitta aurea, et conteratur hydria super fontem, et con- fringatur rota super lacum; et revertatur pulvis In terram suam sicut erat, et spiritus redeat ad Deum, qui dédit ilium. Vanitas vanitatum, dixit Ecclesiastes, universa vanitaa. » EccL xii, 10-12. Revertitur ad su- periora, et post grande hyperbaton, quod a.b eo loco interjecerat, in quo ait : « Et memento Creatoris lui, in diebus juventutis tuæ antequam tenebrescant sol et luna, » et caetera, « in die qua movebuntur custodes domus, » nunc cœptam sententiam simili fine, con- cludit, dicens : « Antequam rumpatur funiculus ar¬ genti, » et illud vel illud fiat. Funiculus autem argenti, candidamhanc vitam, et spiramen quod nobis de cœlo (a1) Hescrilnt Martian. et error, e mas. codîcibus, quibua etnostri, ne quîd dissimuJemns, assontmntur. Verum nihil in fisdem est magie obvium quam duarura earumdem litterarum occursu alteram prætermitti, quod certe faetnm hoc loto non dubito. Nec moror, quod ille urget, lectionem impressnm et terror, conformera esso Hebraico textui, a quo procul aljfuisse Symmachum in bujue interpretatione aententiœ, testatur Hierony- mua. Satie enim in reliqnis ab eo textu divagatur, nec hanc quoque vocem, quee in Lntino tam facilo depravarî poluit, ex Hebraieo autem nullo unquam pneto extundi, ab illo positam arbitremur. Verterit igitur xotl 'tpdp.oç év o8cj>, « et terrer iu via. » Àquila, £v 'tpdpui) 'cpû- p/?l Quœ lectio conformis obI contextnl Hebraico, » et formidabunt in via, » Àt cura asserat S. Hieronymns Symmachum multo aliter bunc locum Grœce reposuisee, quam habeat in llebrœo, aut in LXX Interpretibas, manifestum videtur gônuînam Hierony mi lectionem ipaani case quam rostituîmus ail fidem omnium mas. eo- dicum, Mabtun. 99 COMMENTAIRE DE L/ECCLÉSIÀSTE. arrive. Le lien cV argent figure le souffle inno- . cent de la vie que nous accorde le ciel. Pareil¬ lement le retour de la bandelette d'or a trait à l’âme, qui remonte aux lieux d’où elle est descendue. Quant aux deux choses qui suivent, la ruine de la cruche au bord de la fontaine et le bris de la roue au-dessus du puits, ce sont deux emblèmes métaphoriques de la mort. Gomme la cruche et la roue qui servaient à tirer les eaux du lac et des puits, cessent de puiser, quand on les a brisées, ou comme la roue, d’après l’interprétation des Septante, n’élève plus d’eau quand la corde est roulée autour d’elle; ainsi, lorsque le fil d’argent a été rompu et que le ruisseau de l'âme est retourné à sa source, l’homme est mort, et, suivant les expressions manifestes qui suivent: « La pous¬ sière revient à la terre d’où elle a été tirée, et l’esprit retourne au Seigneur qui l’a donné. » D’où l’on voit combien sont ridicules les phi¬ losophes qui prétendent que les âmes sont formées avec le corps, et ne sont point l’œuvre de Dieu, mais de ceux qui engendrent les corps. Puisque la chair revient à la terre et l’esprit retourne à Dieu qui l’a donné, il est manifeste que les âmes sont l’œuvre de Dieu, et ne sont pas celle des hommes. Après avoir décrit la mort humaine, l’auteur sacré rappelle avec à propos le début de son livre : « Vanité des vanités, a dit l’Ecclésiaste, et tout n’est que tribuitur, ostendit. Ttecursus quoque vittæ nureæ ani- mara significat, quæ illuc recurrit unde desconderat. Porro dno reliqua quæ sequuntur, contritio hydriæ super fontem, et confractio.rotæ super lacum, per me- taplioram, mortis ænigmata sunt. Quoniodo euiin bydria quæ conteritur, cessât hanrire, et rota, per quara do lacu et puteis levantur aquæ, si eonfracta fuerit, vel, ut Septuaginta (Al. alii) Interprètes volue- runt, in suo funiculo convoluta, aquæ usas interci- piLur; ita et cum funiculus argonti fuerit interrup- tus, et animæ rivus recurrit ad fontem , interibit homo, et, ut manifestius sequitur : « KeverLetur (Al. convertelur ) pulvis in terram sunm , unde sumptusest, et spiritus revertetur ad Dominum, qui dédit ilium. » [Ex quo salis ridendi , qui putant animas cum corporibus seri, et non a Deo, sed a cor- porum parentibus generari. Cum enitn caro revertatur in Lerram, et spiritus redeat ad Deum qui dédit ilium, manifestum est, Deum parentem (Al. pairem) anima- rum esse, non homines. Post descriptionem intOritus humani pulchre exordium libri sui repotens, ait : «Va- nitns vanitatnm, dixit Ecclesiastes, omaia vanitas. » vanité. » Dès lors que tout le travail des mortels, travail qui a fait l’objet de ce livre, aboutit à ceci: «La poussière revient à la terre d’où elle a été tirée et l’âme retourne à Celui qui l’a donnée, » c’est une grande vanité de tra¬ vailler ici-bas et de ne conquérir aucun bien profitable. « Au reste, c’est parce que l’Ecclésiaste était devenu sage, qu’il enseigna la science au peuple, dont il sut se faire entendre, et qu’il composa des proverbes, fruits de ses recherches. L’Ecclésiaste a beaucoup cherché, pour trouver les paroles de la volonté divine, et pour écrire les seules paroles de la vérité. » Eccl., xir, 13, 14. Cette sagesse, dans laquelle Salomon fut supé¬ rieur au reste des hommes, ici encore il la proclame à la fin de son petit livre. Il avoue que l’établissement do l’ancienne Loi ne l’avait pas satisfait, qu’il a volontairement essayé de sonder les questions les plus profondes, et que, pour l’instruction du peuple, il a composé des proverbes et des paraboles, cachant en leurs entrailles un sens différent de celui qu’ils laissent voir à la surface. Et vraiment l’Evangile même nous enseigne que les proverbes disent autre chose que ce qu’annonce la lettre, Mallh xni, xv, puisque le Seigneur parlait au peuple en paraboles et en proverbes, qu’il expliquait ensuite secrètement aux Apôtres. Il suit évi¬ demment de lâjque, dans le livre des Proverbes, Cum enim cunctus mortalium labor, de quo in tolo volumine disputatum est, hue porveniat, ut revertatur pulvis in terram suam, et anima illuc redeat, unde sumptaest, tnagnæ vanitatis est in hoc sæculo laborare etnihil profutqra conquirere. « Et amplius, quia factus est Ecclesiastes sapiens, adhuc docuit scienliam populum, et audiro eos fecit, et scrutans composuit proverbia. Multum quæsivit Ecclesiastes, utinveniret verbn voluntatis, el scriberet recte verba veritatis.» Eccl. xu, 13, 14. Sapientiam qua prævertit Salomon omne hominum genus, nunc quoque in fine opusculi sui profitetur, quod non fuerit veleris Legis institutione contontus; sed in profundas se ultro (Al. ultra) demerserit quæstiones, et ad docendum po¬ pulum, proverbia, et paraboles composuerit, aliud ha- bentesin medulla, aliud in superficie pollicenLes. Pro¬ verbia quippe non hoc sonaro quod scriptum est, eliam in Evangeliis edocemur'; Mallh. xiu el xv ; quod Do- minus populo in parabolis et proverbiis sit locutus, secreto autem Apostolis dissolvent ea. Ex quo manifes¬ tum est, et Proverbiorum librum, non, ut simplices arbitrantur, patenlia habere præcepta; sed quasi in 100 SAINT JEROME. il ne faut pas, comme le pensent des esprits simples, s'arrêter au sens apparent des phrases; comme on cherche l’or dans la terre, la noix dans la coque, le fruit de la châtaigne dans son épineuse enveloppe, ainsi faut-il profon¬ dément fouiller ces phrases pour en découvrir le sens divin. En outre, l’auteur ajoute qu’il a voulu connaître les causes et la nature des choses, l’ordre et la Providence de Pieu; il a voulu savoir le pourquoi et le comment de toute chose, en sorte que cette vue dont David a l’es¬ pérance de jouir quand il sera retourné aux cieux, après la dissolution de l’âme et du corps: «Je verrai les cieux et les œuvres de vos mains, » Psalm.j vin, 4, Salomon s’est efforcé de la trouver ici-bas, afin que l’âme humaine, quoi¬ que prisonnière dans le corps, pût comprendre la vérité connue de Dieu seul. « Les paroles des sages, semblables à des ai¬ guillons, â des clous enfoncés profondément, ont été données à l’assemblée des saints par un seul pasteur. » Eccl. xu, 15. 11 ne veut point paraître s'élever soudain en téméraire précepteur après la loi de Dieu, et revendiquer comme sienne la doctrine que Moïse avait répandue, non pas de son propre mouvement, mais poussé d’abord par la colère, ensuite par l’inspiration de Dieu. 11 le déclare donc : ses paroles sont les paroles des sages, qui, semblables à des aiguillons, doi¬ vent corriger les coupables et presser en les sti- terra aurum, iu nuce nucléus, in hirsutis castanearum operculis absconditus fructus inquiritur, ita in eis di- vinumsensum allius perscrutandum. Super hæc addi- dit causas nalurasque rerum se voluisse cognoscere, el Dei dispositionem et prudentiam ; quare unumquod- que, vel quomodo factum sit, scire voluisse, ut quod David post dissolutionem corporis et auimæ, ad cœlos recursum se sperat essevisurum, dicens: «Videbo cœlos (Al. cœlos tuos ,) opéra digitorum tuorum,» PsaLviu, 4, hoc nunc in prœsonti Salomon nisus fuerit invenire, ut veritatem soli Deo cognitam, corporis vallata septo menshumana comprehenderet. «Verba sapientum, ut stimuli.et quasi clavi in altum deüxi, hubentibus cœtus data sunt a pastore uno.» Eccl. xn, 15. Ne videretur post legem Dei temerarius subito præceptor erumpere, et sibi vindicare doctri- nam, quam Moyses non tam sua spoute, qunm Deo irascento primnm, deliinc inspirante susceporat ; dicit verba sua esse sapientium, quæ in similitudinem sti- mulorum corrigant delinquentes, et pigros morlalium gressus nculeo pungente commoveant, sicque sint firnia quasi clavi iu altum solidumque defixi,nec auc- mulant les mortels paresseux en leur marche. Ces paroles sont fermes comme des clous pro¬ fondément et solidement enfoncés; elles ne s’appuient pas sur l’autorité d’un seul, mais sur le consentement unanime de tous les maîtres. Et pour qu’en cela ne fût point méprisée la sagesse humaine, il prévient que celle-ci a été donnée par un seul pasteur, c’est-à-dire que, quand bien môme plusieurs l’enseignent, cette doctrine a pour auteur le Seigneur seul. 11 dirige ce rai¬ sonnement contre ceux qui prétendent qu’il y a un Dieu de l’ancienne loi, un autre de l’Evangile, quand c’est le même Dieu qui a établi l’assem¬ blée des sages. Les sages, ce sont aussi bien les Prophètes que les Apôtres. Remarquons-le éga¬ lement, il dit que les paroles des sages aiguillon¬ nent, et non pas qu’elles touchent; il ne s’agit pas d’une main caressante qui flatte les pen¬ chants efféminés ; on perce les coupables et les négligents des pointes cuisantes de la pénitence, comme nous l’avons déjà dit. Le langage qui, au lieu de piquer, est agréable aux auditeurs, n’est pas celui d’un sage, puisque les paroles des sages sont semblables à des aiguillons. Parce qu’elles provoquent le délinquant à la conversion, elles sont fermes, approuvées par l’assemblée des sages, inspirées par un seul pasteur, établies sur une inébranlable racine. C’est, à mon avis, percé de cet aiguillon sur la route de l’erreur que Saul, qui n'était pas encore PauJ, entendit ces toritate unius, sed concilio atque consensu magistro- rum omnium proferantur. Etne coutemneretur humana sapienlia, ait eam ab uno pastore concessam ; id est, licot plurimi doceant, tamen doctrinæ auctor unus est Dominus. Facit hic locus adversus eos, qui alium Le- gis veteris, alium Evacgehi æstimant Deum, quod uuus pastor concilium prudentium instruxerit. 'Prudentes autem tam Proplietæ suut, quam apostoli. Simul et hoc notnndum est, quod dicantur verba sapientium pungerc, non palpare, nec molli manu attrectare las- civiam; sed errontibus et, ut supradiximus, tardispœ- nitenliæ dolores et vulnus ïnfigere. Si cujus igitur sermo non pungit, sed oblectationi est audientibus, iste non est sermo sapientis; verba quippe sapientium ut stimuli. Quæ quoniam ad conversionem provocant delinquontem, et fîrma suut, et a concilio sanctorum data, atque ub uno pastore coucessa, et solida radice fundata suut. Hoc stimulo, needurn Paulum, sed ad- huc Saulum puto in via confessorum erroris audisso: «Durumtibiestadversum stimulum calcitrare. (Al. con¬ tra siimulum De)) » Act. ix, 5. «Et amplius ab bis, fili mi, cave. Facîendi multos COMMENTAIRE DE L’ECCLÉSIÀSTE. mois ; « Il t’est dur de regimber contre l'aiguil¬ lon. » AcL îx, 5. « Hors de ces paroles, prenez garde, ô mon fils. Si f on voulait écrire des livres nombreux, on n’en verrait pas la fin ; la méditation outrée est une œuvre delà chair. » Eccl. xu, 16, 17. Hors des paroles qui ont été données par un seul pasteur et répandues par l’assemblée des sages et de leur consentement, ne faites rien, ne vous appropriez rien; suivez les traces des devanciers, et ne vous séparez pas de leur témoignage. Sans quoi, pendant que vous chercherez bien des choses, une infinité de livres s’offriront à vous, qui vous entraîneront dans l’erreur après un pénible travail de vaines lectures. Ou certaine¬ ment il enseigne qu’il faut s’appliquer à la brièveté et s’attacher plutôt au sens qu’aux mots, contrairement aux philosophes et aux docteurs du siècle, qui s’efforcent de répandre leurs dogmes faux à la faveur de longs et vains dis¬ cours. Au contraire, l’Ecriture divine se renferme dans un cadre étroit; plus le sens est étendu, plus le discours est concis. Dieu a fait entendre sur la terre un langage parfait, mais bref, sa parole est près de nous, dans notre bouche et dans notre cœur. Rom. x, 8; Deut . xvx, 14. Au¬ trement : La lecture fréquente et la méditation quotidienne est d’habitude une œuvre plutôt de l’âme que de la chair. Gomme ce qui est fait par libros non est finis, et meditatio plurima lobor est carnis. » Eccl. xu,16, 17. Exceptis verbis quæ ab uno pastore sunt data, eL a coneilio atque consensu pro- bnla sapientium, nihil facia3, niliil tibi vindices ; ma- jorum sequere vestigia, et. ab eorum auctoritate non tliscrepes. Alioqui, quærenli multa, infinités librorum numerus occurret, qui te perLrnlint ad errorem, et le- gentem frustra (Al. addil milita) faciet laborare. Vel eerte docet brevitati studendum, et sensus magis sec¬ undo? esse quam verba, adversus philosophos et sæ- cnli hujus doctorcs, qui suorum dogmatum falsitates couantur asserere vanitateac multiplicatione (Al. mul- (Viulhie) sermonum. E contra ScripLura divina bre- vi circulo coarctata est, eL quanlum (a) dilnta- Lur in sensibus, tantum in sermone constringitur. Quia consummatum breviatumque sermonem fecit Deus super terram, et verbum ejus juxta est in ore nostro, et in corde nqstro. Uom, x, 8; Veut, xxx, 14. Aliter: Frequens lectio et quotidiana meditatio animæ solet magis labor esse quam carnis. Quomodo cnim quidquid manu et corpore fit, manus et eorporis 101' la main et le corps, est achevé par le travail de la main et du corps, ainsi ce qui regarde à la lecture est surtout un travail d’esprit. C’est pour¬ quoi, ce me semble, il faut interpréter autrement que la plupart des commentateurs ce qui vient d’être dit de la multitude des livres. L’Ecriture a coutume de regarder comme un même volume plusieurs livres, malgré le nombre, pourvu qu’ils ne soient pas en contradiction et qu’ils traitent le même sujet. On dit au singulier, par exemple, l’Evangile et « la loi du Seigneur, parfaite et qui convertit les âmes, » Psalm. xvnr, 8, bien qu’il y ait plusieurs évangiles, et que les préceptes de la loi soient en grand nombre. Ainsi le livre désigné dans la prophétie d’Isaïe est toute l’E¬ criture sainte, Isa, xxix, n, 12, et c’est d’un chapitre de ce livre que se nourrissent Ezéchiel et Jean. Ezech. ni; Apoc . x. Pareillement le Sauveur, annoncé par les prophéties de tous les saints qui l’ont devancé, dit : « Il est écrit à mon sujet dans un chapitre du livre, Psalm . xxxix, 9. C’est en ce sens, je. crois, qu’il est prescrit ici de ne point faire plusieurs livres. Quoi que vous disiez en effet, si vous le rapportez à Celui qui était au commencement avec Dieu et qui était Verbe et Dieu, Joan. i, 1, il n’y a qu’un volume, parce que, bien qu’il y ait des livres innombra¬ bles sur ce sujet, il n’y a qu’une loi, qu’un Evangile. Mais si vous discutez des matières labore completnr, ita quod ad lectionem pertinet, ma¬ gis mentis est labor. Ex quo mihi videLnr, superiora de multitudine librorum aliter sentiendn, quam pleri- que œstimanL. Moris est Scripturariim, quamvis plures libros, si inter se non discrepent, et de eadem re scri- bantur, unnra volumen dicere. Siquidem etEvanglium, et « Lex Domini immaculala, convertens animas, » Psa/. xvin, 8,siügulariterappcllantur,cuni pluraEvaiigc- lia, et multa sint mandata legis. Sic et volumen in Isaiæ sermone signatum, omnis Scriptura divina esL ,/sa. xxix, 11, 12, et uno capitulo liJbri Ezechiel Joannesque ve3- cuntur. Ezech. ni; Apoc. x. Salvator quoque omnium reLro sanctorum vocibus prophetatus, ait : « Tn capitulo libri scriptum est de me. » Psal. xxxix, 9. Juxta hune igitur sensum arbitror nunc prtBceptum, ne plures libri fiant. Quidquid enim dixeris, si ad enui referatur, qui in principio erat apud Deum, et Deus Verbum, Joan. i, unum volumen est, eL innnmerabiles libri ima Lex, unum Evangelium nominantur. Quod si diversa et discrepantia disputaveris, et curiositate nimia hue atque illue nnimum adduxeris (Al. dedttxcris,) etiam (rt) u Dilatatur in sensibus. » Manuseripta excmplaria quamplurima, « dilatatur in sculentiis. » Apud Terlulliantun do Oratione Dominica, di' lt'u-, si banc ruemini, « quaututn eonstrinqîhu- vérins, tantum rlifTunditur sensibus. » JI iutun. SAINT JÉROME. 102 différentes de l’Ecriture et qui lui sont contraires, si par excès de curiosité vous laissez errer votre esprit à l’aventure, il y a plusieurs livres même dans un seul livre. D’où cette parole : « Quicon¬ que parle beaucoup ne sera point exempt de péché. » Prov. x, 19. A de tels livres, il n’y a pas de fin. Le bien et la vérité ont une limite certaine ; le mal et le mensonge n’ont pas de bornes, et plus on les suit, plus leur série se prolonge. Sur un semblable sujet, l’étude et la méditation sont des œuvres de la chair. Je dis de la chair, et non de l’esprit; car l'esprit a lui aussi son travail, selon cette parole de l’Apôtre : « J’ai travaillé plus que les autres; non pas moi néanmoins, mais la grâce de Dieu avec moi ; » I Corinth. xv, 10; et celle du Sauveur : « J’ai travaillé par mes cris. » Psaîm . iavik, 4. u Ce à quoi se réduit tout ce qui a été dit est bien facile à comprendre : Craignez Dieu, obser¬ vez ses commandements; car c’est là tout l’homme ; et Dieu, dans son jugement, fera rendre compte de toutes les œuvres cachées, soit bonnes, soit mauvaises. » Eccl. xn, 18, 19. Au rapport des Hébreux , ce livre paraissait devoir être proscrit comme d’autres écrits de Salomon qui ont été rejetés et dont le souvenir s’est perdu, parce qu’il traitait de vanité l’œuvre de Dieu dans la création, pensant que tout avait été fait sans but, et mettant au-dessus de toutes choses le boire, le manger et les délices passagères; ce in uno libro, multi libri sunt. Unde dictum est : « Ex multiloquio non effugies peccatum. » Prov. x, 19. Ta- libus igitur libris non est finis. Bonum enim omne, et veritas certo fine conclu Jitur, malitia vero atque mendacium sine fine sunt, et quantoplus requiruntur, tanto major eorum sériés nascitur. Super hac re stu- dium atque meditatio, labor’est carnis. Carnis, inquum, non spiritus. Habet siquidem et spiritns laborem suum, juxta illud quod ait Apostolus : « Plus autem illis omnibus laboravi, non autem ego, sedgratia Dei quæ mecum est;» I Cor . xv, 10; et Salvator: «Labo¬ ravi damans. » Psai . xxviii, 4. « Finis sermonis verbi universi audltu perfacilis est: Deum time, et mandata ejus custodi. Hoc est enim ornnis homo, quia omne factum Deus adducet in ju- dicium de omni abscondito, sive bonum, sive malurn sit. » Eccl. xn, 18, 10. Aiunt Hebræi, cum inter caetera scripta Salomonis quæ antiquata sunt, nec in memo- ria duraverunt, et hic liber obliterandus videretur, eo quod vanas Dei âssereret creaturas, et totum putaret esse pro nihilo, et cibum, et potum, et delicias Iran- seuntes præferret omnibus, ex hoc tmo capitulo me- dernier verset lui aurait seul mérité le privilège d’être mis au nombre des volumes sacrés, en ce que dans une sorte de récapitulation, il résume toute la thèse et toutes les propositions en disant que ce à quoi se réduit tout ce livre s’entend ai¬ sément et peut être mis en pratique sans effort : Craindre Dieu et garder ses commandements. L’homme en effet a été mis au monde pour connaître son créateur et pour lui offrir l’hom¬ mage de la crainte, du respect et de l’accomplis¬ sement de ses volontés. Aussi, quand viendra l’heure du jugement, toutes nos actions compa¬ raîtront devant le souverain juge, dont la sen¬ tence inconnue nous tiendra longuement en suspens, et là chacun recevra selon ses œuvres, selon le mal ou le bien qu’il aura fait. Nous tra¬ duisons : « De toute œuvre cachée, bonne ou mauvaise ; » en cet endroit, Symmaque et les Septante disent: « De toute chose que nous mé¬ prisons, » ou certainement: « De toute négli¬ gence, » parce qu’au jour du jugement, nous rendrons compte |de toute parole oiseuse, même involontaire, même prononcée par ignorance. Autrement : Parce que la crainte est le propre des esclaves, que l’amour parfait chasse la crainte, I Joan. iv, 18, et que dans l’Ecriture sainte on distingue la crainte de l’amour qui commence de celle de l’amour parfait, je crois qu’il est ici question de celle qu’éprouvent les âmes con¬ sommées dans la vertu, selon cette parole : ruisse auctoritatem, ut in divinorum Voluminum nu¬ méro poneretur, quod totam disputationem suam, et onmem cataloguai hac quasi àvaxecpaXatwaei (recapttu- lafioni ) coarclaverit, et dixerit finern sermonum suo- rum auditu esse promptissimum, nec aliquid in se ha- bore difficile, ut ecilicet Deum timeamus, et ejus præ- copia faciamus. Ad hoc enim natum esse hominem, ut creatorem suum intelligens, venereLur eum (Al. cum) metu, et honore, et opéré mandatorum. Siqui¬ dem cum judicii tempus advenerit, quidquid a nobis gestum est, etare sub judice, et ancipitem diu exspec- tare senteuliam, et unumquemque recipere pro opéré suo, sive mali quid gesserit, sive boni. Pro eo autem quod nos posuimus : « De omni abscondito, sive bo¬ num, sive malurn sit, » Symmacbus et Scptuaginta in- terpretati sunt, « de omni contempto, » vel certe a de omni ignorato, » quod etiam de otioso verbo, ’et non voluntate, sed ignoratioue prolato, reddituri simusra- tionem in die judicii. Aliter: Quia timor servorum est, et perfecta dilectio foras mittit timorem, I Jo. îv, 18, et iu Scriptura divina lam incipientium quam perfec- lorum duplex appellatus est metus ; nunc de cousum- COMMENTAIRE RE t/ECCLÉSIASTE. (( nien ne manque à qui craint le Seigneur. » Psalm. xxxm, 10. Ou certainement, comme il est homme encore, comme il n’a pas encore reçu le nom de Dieu, il a conscience de sa nature, et, prisonnier dans le corps, il craint Dieu, parce que Dieu appellera en jugement toute œuvre, mato ia virtutibus metu dici pulo, secundum illud : « Nihil deest timeatibus eum. » Ps. xxxiu, 10. Vel certe, quia adhuc homo est, et necdum nomen Dei accepit, liane babet rationem substnntiæ suæ, ut in corpore posiLus Deum Umeat, quia omne factum, id est, omues 103 c’est-à-dire tous les hommes à raison de toutes les choses qu’ils ont appréciées, tant d’un côté comme de l’autre, autrement qu’elles ont été faites et dites par lui. « Malheur en effet à ceux qui disent que le mal est le bien et que le bien est le mal ! » Isa . v, 20. homines adducet Deus in judicium super umversis, quæ aliter quara ab eo disposita sunt et dicta, sense- runt, sive in hanc partem, sive in illaru. « Væ » quippe, « hîs, qui dicunt malum bonum, et bonura, maluut! » Isa, v, 20. Interprétation DES DEUX HOMÉLIES D'ORIGÈNE SUR LE CANTIQUE DES CANTIQUES. PRÉFACE. JÉRÔME AU BIENHEUREUX PAPE DAMASE. introduite dans sa chambre nuptiale.» Gant. j, 3. Aussi ai-je renoncé, comme à une entreprise au- dessus de mes loisirs, de mes forcés et de mes moyens, à, rendre en latin des sujets si grands étudiés d’une manière si admirable, pour tra¬ duire ces deux traités qu’il composa sur le ton fa¬ milier de la conversation pour les jeunes âmes, qui sont encore, pour ainsi dire, à la mamelle. In¬ terprète plus fidèle qu’élégant, je vous offre un avant-goût de cette nourriture, au lieu du mets suum millia pene perveniunt (al. pervenermt ), pri- mum Septuaginta. Interprètes, deinde Aquilam et Symmachum et Theodotionem, et ad extremum quin- lam editionem, quam in (b) Actio littore invenisse se scribit,ita magnifiée aperteque disserit, ut’.vel inde mihi videatur in eo eompletum esse, quod dicitur : « (n- troduxit me rex in cubiculum suum. » Cant. i, 3. Ita- que illo opéré prætermisso, quia ingentis est otii, labo- ris et sumptuum, tantas res, tamque dignum opus in Latinura transferre sermonem, hos duos tractatus, quos in morem quotidiani eloquii parvulis adhuo lac- tentibus ( al. laclantibitsque ) composuit, fideliter magis quam ornate interpretatus sum, gustum tibi sensuum ejus, non cibum offerens, ut animadvertas (a) lloc opua cnm duobus msa. exemplaribus contuli, quorum altorum eat Bibliolhecæ S. Crucis in Jérusalem de Urbe, alterum Vaticanœ, olim Suecorum Régime numéro prœnotatum 66. Veterâm quoque editionem anni 1496 în consilium perpetuo adhibui, quam supra cœteros typia exousos libros, tametsi erroribus scateat, bonee frugis esse oxperimento ipso dedici, (Edit Mign,) (b) Vidotur vulgo ftilli Hieronymus, quintam oam vocans editionem, quæ sexta dici debuissot, utpoto quam Nicopoli ad Actium fuisse a quo- am Origenis studioso inventam, Epiphanius, lib. de Ponderibus et Mensuris, cap. 18, atquo auctor Synopseos inter Athanasii opéra testantur, Quam enim ipse se referebat invenisse Origenes, apud Eusebium, Hist. Ecel. lib. ti, cap. 16, quintam volunt fuisse, quæ Jerichunte in doliis, £v itfôou;, latebat. Et vero istud Eusebii testimouium præ oculis babuisse Hieronymum ego puto; vorum ox illius verbis intogrum esse contondo, quam velis e duabus illis edilionibus, quas memorat, quint an, mit sextam appellare; quin potius ox ordine, quo ntraque recensetur, rectius opmor a S. doctore Nicopolitauam banc ad Actium, quintam dici. Ita sonant Cæsarionsia episcopi verba, ubi interpretationos alias nb illis Aqnilœ, Symmachi, ao Tbcodotionis diversas ab Origene ropertas tradit. a Quas quidem ille » (Orîgenes) Quali pulcbritudine decoranda, quali debet amore fer- pour le faire descendre sur la terre, pour le faire venir à sabien-aiinèe! Quelle beauté doit l’orner, et que son amour doit être ardent, pour qu’il lui dise, comme à l’épouse parfaite : « Parce que j’aime votre tète, parce que j’aime vos yeux, parce que j’aime votre visage, parce que j’aime vos mains, parce que j’aime votre taille, parce que j’aime vos épaules, parce que j’aime vos pieds! » Cant. iv et seqq. Plus loin, si Dieu le permet, nous étudierons ces paroles; nous re¬ chercherons pourquoi cette désignation de di¬ vers membres de l’épouse et pourquoi l’éloge à part de chaque partie, en sorte qu’ après cette étude, notre àme s’efforce de mériter les mêmes éloges. « Votre sein enivrant, dit-elle, est préfé¬ rable au vin le meilleur. » Si vous voyez l’époux, alors vous comprendrez la vérité de ces paroles : « Votre sein enivrant est préférable au vin le meilleur, et meilleure est l’odeur de vos parfums que celle, des aromates les plus suaves. » Beau¬ coup ont eu des aromates. La reine du Midi porta des aromates à Salomon, et plusieurs autres pos¬ sédèrent des aromates; mais quelque grande quantité qu’ils en aient eu, rien n’est compara¬ ble à la bonne odeur de Jésus-Christ, dont l’é¬ pouse dit ici : « Meilleure est l’odeur de vos par¬ fums que celle de tous les aromates ensemble. » Je crois que Moïse, Aarou et tous les prophètes ont eu leur bonne odeur; mais si je vois Jésus- Christ, si je perçois la douceur sans égale de ses vere, ut ea loquatur ad illam, quæ ad perfeetnm lo* cutus est sponsam : « Quia cervix tua, quia oculi tui, quia genæ tuæ, quia manus tuœ, quia venter tuus, quia humeri tui, quia pedes tuil » Cant. iv et seqq., de quibus, si concesserit Dominus, disputabimus ; quo¬ modo sponsæ.membra varieutur, et singularum par¬ ti urn laus diversa dicatur, ut post disputatiouem, etiam ad nostram dici animam similiter laboremus. aBona, » igitur « ubera tua super vinum. » Si videria sponsum, tune intelliges verum esse quod dioitur : « Quoniam bona ubera tua super vinum, et odor un¬ guentorum tuorum snper omnia aromata, » Multi ha- buerunt aromata. Regina austri detulit aromata Salo- moni, et plures alii aromata possedeTunt ; sed habuçrit quis quantolibet, non possunt Christi odoribus compa- rari, de quibus nunc sponsa ait : « Odor unguentorum tuorum super omnia aromata. » Ego arbitror, quia et Moyses habuit aromata, et Aaron, et singuli prophe- tarum ; verum si videro Christum, et suavitatem uq- guentorum ejus odoremque percepero, statiin senten- tiamfero, dicens: « Odor unguentorum tuorum super omnia aromata. » « Oleum effusum nomen tuum, » INTERPRÉTATION DES DEUX HOMÉLIES D’ORIGÈNE. parfums, j’exprime aussitôt mon sentiment et je Récrie : « Je préfère la bonne odeur que vous exhalez à celle de tous les aromates ensemble. » « Votre nom est une huile répandue; » mots prophétiques et mystérieux. A peine le nom de Jésus paraît-il dans le monde, et il est prédit qu’il est un parfum répandu. Pareillement, dans l’Evangile, une femme porte un vase d’albâtre rempli de parfums et de nard précieux, qu’elle répand sur la tête et sur les pieds de Jésus. Mallh. xxvi, 7, et Marc, xiv, 3. Remarquez avec soin quelle est celle des deux femmes qui arrose la tête du Sauveur. Puisque c’est une pécheresse qui arrose les pieds, cela montre que celle qui a répandu le parfum sur la tète n’est pas péche¬ resse. Luc. vu, 37, et Joan . xii, 3. Approfondis¬ sez, dis-je, et vous trouverez, en lisant l’Evangile, que les Evangélistes n’y ont pas écrit des récits fabuleux, mais des paroles au sens caché. La maison fut donc remplie de la bonne odeur des parfums, puisque la pécheresse a répandu les siens sur les pieds et que celle qui n’était pas pé¬ cheresse a répandu les siens sur la tête. Ibid. Et rien d’étonnant que toute la maison ait été remplie de la bonne odeur, puisque le monde entier en a été rempli. Au même endroit, il est Propheticum sacramentum est. Tantummodo nomen Jesu venit in mundum, et unguentum prœdlcatur effusum. In Evangeïio quoque millier accipiens alabastrum unguenti nardi pistici pretiosi, caput Jesu pedesque pcrfudit. Mallh. xxvr, 7, et Marc, xiy, 3. Observa diligenter quæ de duabus super caput fuderit Salvatoris. (a) Siquidem peccatrix super pedes, et ea quæ non dicitur peccatrix, super caput ejus fudisse monstratur. Luc. vnr, 3, et Joah . xu, 27. Ob¬ serva, inquam, et invenies in Evaugelica lectione non fabulas et narrationes ab Evangelistis, sed myete- ria esse conscripta. Impleta est itaque (Al. utique) odore unguenti domus, si quod peccatrix habuit, ad pedes referendum est et si quod ea quæ non peccatrix, ad caput. Ibid. Nec mirum domurn fuisse odore complé¬ tant!, cum hoc mundus completus sit. Scribitur in eo- dem loco. do Simoneleproso et Homo ejus. (Marc, xiv ; lue. vu. Ego puto leprosum mundi istius principem 1 li question de Simon le lépreux et de sa maison, Marc, xiv, 3 ; Luc . vir, 36. Je crois que le lépreux est la figure du Prince de ce monde, et que Si¬ mon était le nom du lépreux dont la demeure fut remplie d'une odeur suave à l'arrivée de Jé¬ sus-Christ, la pécheresse faisant pénitence et ar¬ rosant de parfums la tête de Jésus. « Votre nom est un parfum répandu. » Comme une essence dont la suave odeur se disperse de toutes parts quand on la répand, ainsi le nom de Jésus-Christ s’est répandu. Dans l’univers en¬ tier on nomme Jésus-Christ, dans le monde en¬ tier on le publie Seigneur. C’est que son nom est un parfum répandu. On connaît maintenant le nom de Moïse, renfermé jusqu’alors dans les étroites limites de la Judée. Nul en Grèce ne se souvint de lui, et dans aucune histoire des Gen¬ tils il n’est fait mention de lui ou des autres pro¬ phètes. A peine Jésus brille-t-il sur le monde, qu’il met aussitôt en lumière la loi et les prophè¬ tes, et cette parole s’est vraiment accomplie : a Votre nom est un parfum répandu. » « Aussi les jeunes vierges vous ont-elles aimé. » Puisque par le Saint-Esprit la grâce de Dieu s'est répan¬ due dans nos cœurs, Rom. y, 1b, c’est à bon droit que l’Ecriture parle d’effusion : « Votre nom (Al. esse principem) t et hune leprosum, Simonem min- cupari, cujus domus ad adveutum Christi suavi odore compléta sit, agente pœoitentiam peccatrice, et sancta caput Jesu unguenti odoribns perfundente. « Unguentnm effusum nomen tuum. » Quomodo unguentum quod effusione sua odorem longe lateque dispergit, sic Christi nomen effusum est. In universa terra Christus nominatur, in omni mundo prædicatur Dominus. Unguentum enim effusum est nomen ejus. Nunc Moysi nomen auditur, quod prius Judææ tan¬ tum claudebatur angustiis. Neque enim Græcorum quispiam meminit ejus, neque in ulla gentilium litte- rarum historia de illo seu cæteris scriptum aliquid in- venimus, Statim ut Jésus radiavit in mundo, eduxit secum Legem et Prophetns, et vere completum est : « Unguentum effusum nomen tuum.» « Propterea ju- venculæ dilexerunt te. » Quia per Spiritum sanctum, charitas Dei diffusa est in corda nostra, Rom . v, 15, (a) la ea scîlieet opinione Origenes fuit, ut altoram fuisso senliret mulierom qnœ Cbristum apud Simonom Pbarisœum, ab ilia quæ apnd St- mouem Leprosum unxeHl : et quæ udeo peccatrix dicitur, pedes; quæ Banda, caput uagueato liniisso. Quod infra clarius sub eequenlis boiniliæ initium edisserit : a Loquitnr Evangelium, quia venit millier babens alabastrum unguenti nardi pislici pretiosi : non ilia peccatrix, sed sancta, do qua nunc mibi eormo est. Scio qiiîppe Lucam de peccatrice, Malthienm vero et Jonnnem et Mnrcum non de peccatrice dixisse, Venit ergo non peccatrix il'a, sed sancta, cujus nomen quoque Joannes inseruit, u Quin Imo et lerlîum quoquo ab bis divorsam unclrieem profert in Mallli, cap. xxvi ; k Ego, inquit, roagîs consentîo tros fuisse ; et unam quidem, de qua conscripscrunt Matthœus et Marcus, nullam differentiam oxpositiouis suæ facieutos in uno capitnlo; alteram autom fuisse, de quu scripsit Lucas; ûlîam aulem de qua scripsit Joannes. t> Satis porro ost nobis liæo ox Oligoms sensu annotasse, neque onira famosissiruam quæstîonem instiinti noetri est agitaro in utramqiio partem, aut quam probe- mus, argiuueutis assorerc. {Edit. Mign.) SAINT JÉROME. 1 12 est [‘effusion d'un parfum. » En disant ces mots, l'épouse se tourne vers ses compagnes. Quand elle implorait le Père de l’époux, elles n’étaient pas encore auprès d’elle. C’est pendant sa prière que le chœur des jeunes vierges arrive, et l’épouse lui adresse cet éloge : « C’est pourquoi les jeunes vierges vous ont aimé et vous ont at¬ tiré. » Et les compagnes de l’épouse répondent : « Nous courrons après vous, guidées par votre bonne odeur. » Comme cela dit bien que, mar¬ chant sur les traces de l’époux, elles n’ont pas encore la confiance de l’épouse! L’épouse ne marche pas derrière l’époux, elle s’avance côte à côte avec lui. Elle prend la main du fiancé, et sa main est dans la main de l’époux. Les compa¬ gnes au contraire entrent après lui. ce 11 y a soixante reines, quatre-vingts pécheresses et des jeunes filles sans nombre. Ma colombe, ma par¬ faite est unique; elle est unique pour sa mère, unique pour son père. » Canf. vj, 7, 8. « Nous courrons donc sur vos traces, guidées par votre bonne odeur. » C’est en tout honneur qu’il est dit pour ceux qui marchent encore sur la voie : « Nous courrons sur vos traces, guidés par vo¬ tre bonne odeur; » selon cette parole : « J’ai consommé ma course; » II Tvn. iv, 7; et cette autre : « Ceux qui courent dan§ le stade, courent tous; mais un seul reçoit le prix. » I Corinlh. ix, 24. Le prix, c'est Jésus-Christ, et ces jeunes vier¬ ges, que nous savons être reléguées à la porte congrue nomen effusionis infertur : « Unguentum effu- sum nomen tuum. » Hæc dicens sponsa adolescentulas conspicit. Quando ilia sponsi Patrem rogabat, et ad ipsum sponsum cominus loquebatur, needum adoles- eentulæ aderant. In mediis vero precibus ingredilur juvencularum chorus, et sponsæ landatur eloquiis : « Propterea juvenculæ dilexerunt te, et attraxerunt te.» Adolescentulæque respondent: « Postte in odorem unguentorum tuorum curremus. » Quam pulchre sponsi pedisequæ needum fiduciam liabent sponsæ I Sponsa non post tergum sequitur, sed juncto (Al./un- cla) ingreditur latere (Al. lateri.) Apprehendit dexte- ram sponsi, et manus ejus sponsi dextera continetur. Famulæ vero ingrediuntur post eum. « Sexaginta sunt reginæ et octoginta concubinæ, et juvenculæ, quarum non estnumerus. Una est columbamea, perfecta mea; una est matri suæ, una est ei quæ concepit illam. » Cant . vi, 7 ei 8. ce Post te ergo in odorem unguento¬ rum tuorum curremus. » Cum omni honestate deam- bulantibus dictum est : « Post te in odorem unguen¬ torum tuorum curremus, » seeundum illud: « Cursum consummavi; » II Tim . iv, 7 ; et illud : «Qui in stadio parce que leur amour est à sa naissance, c’est d’après cet exemple : « Mais l’ami de l’époux, qui est debout et l’écoute, est plein de joie à cause de la voix de l’époux, » Joan. m, 29, quelles sont retenues au dehors. L’époux entre, elles restent à la porte; mais l’épouse, qui est belle, parfaite, sans tache ni ride, ayant pénétré dans la chambre nuptiale, dans la demeure pri¬ vée du roi, revient vers ses compagnes, et leur annonce ce que, seule, elle vient d’admirer. Voici comme elle parle. « Le roi m’a introduite dans la chambre nup¬ tiale. » Elle ne dit pas : Nous ôtions plusieurs qu’il a introduites dans son appartement. . Il en reste plusieurs à la porte ; l’épouse entre seule dans la chambre nuptiale, afin qu’elle y contem¬ ple les trésors les plus cachés, et qu’elle annonce aux jeunes filles ce qu’elle a vu : « Le roi m’a fait pénétrer dans la chambre nuptiale. » Et de nouveau les jeunes filles, c’est-à-dire la foule très-nombreuse de celles qui croissent pour de¬ venir épouses, l’épouse étant entrée dans la chambre nuptiale, où elle admire les richesses de son mari, pendant qu’elles attendent impa¬ tiemment son retour, chantent joyeusement : « Nous serons pleines d’allégresse et nous nous réjouirons en vous. » Elles se réjouissent (AL nous nous réjouissons) à cause de la perfection de l’épouse. Il n’y a pas de jalousie dans la vertu. Cet amour est pur, exempt de tout vice. « Nous currunt, omîtes quidem currunt ; unus autem accipit bravium. » I Cor. ix, 24. Bravium Christus est et lise quidem adolescentulæ, quas propter amoris exordium foris stare cogaoscimus, juxta illud exemplum : « Ami- cus autem sponsi stans et audiens eum, gaudio gaudet propter vocem sponsi,» Joan. ni, 29, taie quiddam sustinent. Introeuute sponso, forinsecus rémanent ; sponsa vero speciosa, perfecta, sine macula, sine ruga, in sponsi cubiculum, in regium penetrale ingressa, re- vertitur ad juvenculas, et nuntiat eis, quæ sola cons- pexerit dicitque. « Introduxit me rex in cubiculum suum. » Non ait : Introduxit nos plures in cubiculum suum. Plures foris rémanent; in cubiculum sola ingreditur sponsa, ut videat lhesauros tenebrosos et absconditos, renunLiet- que juvenculis : « Introduxit me rex in cubiculum suum.» Rursus adolescentulæ, id est, sponsarum in- cipientium turba quamplurima, ingressa sponsa cubi¬ culum sponsi, et videnle divitias viri sui, dum illius præstolantur adventum, læte concinnunt: «Exsultabi- mus et lætabimur in te. » Pro sponsæ perfectione lætantur (Ai. lætamur.) Non est æmulatio in vir-’ INTERPRÉTATION DES DEUX HOMÉLIES D’ORIGÈNE. serons pleines d'allégresse et nous nous réjoui¬ rons en vous; nous aimerons votre sein. » Celle qui nous est supérieure se nourrit déjà du lait des mamelles divines, et s’écrie avec enthou¬ siasme : « Votre lait est meilleur que le vin. » Celles-ci, qui attendent la même allégresse et la même joie, parce qu’elles sont, jeunes vierges encore, portent la grâce et disent : « Nous serons pleines d’allégresse et nous nous réjouirons en vous. « Nous aimerons, et non pas nous aimons; nous aimerons vos mamelles plus que le meil¬ leur vin. Elles s’adressent ensuite à l’épouse : « La Justice vous a aimée. » Elles louent l’épouse, lui appliquant le nom de Justice à cause de ses vertus : « La Justice vous a aimée. » À son tour, l’épouse répond à ses compagnes : « Je suis noire, filles de Jérusalem, mais belle comme les tentes de Cédar, comme les fourrures de Salomon. Ne vous étonnez pas de ce que je suis devenue noire, puisque le soleil m’a regar¬ dée. » Elle est vraiment belle, et j’expliquerais facilement comment elle est belle. Mais nous nous demandons comment, étant noire, elle peut être belle sans la blancheur. Elle a fait pénitence de ses péchés, et sa conversion lui a donné la beauté; aussi chante-t-elle cette beauté. Parce qu’elle n’est pas délivrée de toute trace de ses péchés, ne s’étant point encore lavée dans le salut, elle dit : « Je suis noire; » mais elle ne garde pas cette noirceur. Elle devient blanche, tutibus. Amor iste mundus, amor iste sine vitio est . « Exsultabimus et lsetabimur in te ; diligemus ubera tua. » Ilia quæ major est, jam tuorum ube- rum lacté perfruitur, et loquitur exsultans : « Bona ubera tua super vin uni. » Istæ vero quæ exsnltatio- nem et lætitiam deferunt , adoleseentulæ quippe sunt, deferunt charitatem, et dicunt: « Exsultabimns et lætabimur in te. » Diligemus, non diligimus; sed diligemus ubera tua super vinum. Deinde loquuntur ad sponsam : « Æquitas dilexit te. » Laudant sponsum, uomeu illi æquitatis a propriis virtutibus imponentes: ('Æquitas dilexit te. » Rursum ad adolescentulas sponsa respondet : « Nigra sum, et speciosa, filiæ Jérusalem, ut taber- nacula Cedar, ut pelles Salomouis. Ne intueamini me, quia ego sum denigrata quoniam despexit me sol. » Speciosa quideui est, et possum invenire quomodo speciosa sit sponsa. Quærimus autem, quomodo nigra, et sine candore sit pulchra. Pœni'.entiam egit a pecca- tis, speciem ei largita est conversio (al. conversatio) ; et ideo speciosa canlatur. Quia vero necdum ouini peceatoruni sorde purgata, necdum Iota est in salute, TOM. IV. 113 quand elle s’élève vers de plus grandes choses, quand elle commence à monter vers les divines hauteurs, et c’est d’elle qu’il est dit alors : « Quelle est celle-ci, qui monte vêtue de blanc? » Cani . vnr, 5? Et afin que le mystère de sa per¬ fection s’explique avec plus d’évidence, le texte ne dit pas, comme le rapportent la plupart des manuscrits : « Appuyée, èm.vr-npi.Çoy.évo, sur son fiancé, mais reposant sur le sein de son fiancé, e7rt<7TflôtÇoy.r^.^ a Et cette expression « Reposant sur le sein, » à propos de l’âme-épouse, est signi¬ ficative, parce que là réside la partie principale de notre cœur. Eloignons-nous ici des images de la chair; nous devons goûter les choses spiri¬ tuelles, et comprendre qu’il est bien plus doux d’aimer ainsi que de cesser d’aimer. Oui, elle monte, reposant sur le sein de son bien-aimé, et si le commencement du Cantique nous dit qu’elle est noire, on chante d’elle à la fin de l’épitha- lame : « Quelle est celle-ci, qui monte vêtue de blanc? » Nous avons compris comment l’épouse est noire et comment elle est belle. C’est pour¬ quoi vous-même, si vous ne faites pas pénitence, prenez garde qu’on ne dise de votre âme qu’elle est noire et souillée, et que vous ne soyez cou¬ vert de cette double honte : noire à cause de ses péchés passés ; souillée, parce que vous persévé¬ rez dans les mêmes vices. Aii contraire, si vous faites pénitence, votre âme sera noire à cause des fautes d’autrefois; mais à cause de votrè repen- nigra dicitur ; séd in atro colore non permnnet. Fit itaque candida, qunndo ad majora consurgit, et ab hu- milibus incipit ad alla conscendere, diciturque de ea : « Quæ est ista, quæ ascendit dealbata ? » Cani . vm, 5. Et quo manifestius mysterium perfectæ describatur, non ait, ut in plcrisque codicibus legitur : « Innixa supsr fratruelem suum, id est, èTzwr\pi^oiLévr\; sed ^7ctoT'f|ôt^oijt.ÊVT|, id est super pectus ejus reçu m ben s. » Significanterque de anima sponsœ et sermone dicitur, « super pectus illius recumbens, » quia principale ibi cordis estnostri. Unde a carnalibus recedentes spirita- lia sentire debemus, et intelligere multo melius esse sic amare, quam amare desistere. Ascendit igitur re¬ cumbens super peitus fratruelis sui, et quæ nunc in exordio Canti.ci nigra ponitur, in epithalamii fine de ea cantatur : « Quæ est ista, quæ ascèndit dealbata? » Intelleximus quomodo et nigra, et formosa sit sponsa. Si autem et tu non egeris pœnitentiam, cave ne anima tua nigra dicatur etturpis, et duplici fœditate turperis ; nigra propter peccata præterita, turpis propter hoc quia iu eisdern vitiis persévéras. Si vero pœnitentiam egeris, nigra erit anima tua propter antique delicta; 8 114 SAINT JÉROME. tir elle aura une sorte de beauté que j’appellerai éthiopienne. Et puisque j’ai prononcé le mot d’éthiopien, je veux invoquer le témoignage de l’Ecriture à cet égard. Aaron et Marie murmu¬ rent de ce que Moïse a pris une épouse éthio¬ pienne. Num . xii, 1. Et le nouveau Moïse prend aussi une épouse éthiopienne, puisque sa loi est passée à notre Eglise. Qu’ Aaron, le sacerdoce des Juifs, murmure, et que Marie, leur synagogue, murmure ; Moïse n’a nul souci de leur plainte; il aime son éthiopienne, dont il est dit ailleurs par la voix du Prophète : « Des fleuves de l’E¬ thiopie ils m’apporteront leurs offrandes; » So~ pkon. ni, 10; et encore : « L’Ethiopie devancera les mains d’Israël auprès de Dieu. » Psalm . lyii, 32. Devancera est bien le mot. Comme dans l’Evangile la femme qui avait un flux de sang devance dans la guérison la fille du chef de la synagogue, Matth. ix, Marc, v, et Lue. vm, ainsi l’Ethiopie a obtenu sa guérison, quand Israël est encore malade. Le crime d’Israël a enfanté le sa¬ lut des Gentils pour donner de l’émulation à Is¬ raël. « Je suis noire, mais belle, filles de Jérusa¬ lem. » Et toi aussi, âme qui appartiens à l’Eglise, adresse tes paroles aux filles de Jérusalem pour leur dire : L’époux m’aime, me chérit plus que vous, 6 nombreuses filles d’Israël. Vous demeu¬ rez à la porte, et vous voyez l’épouse entrer dans la chambre nuptiale. Nul doute pour personne : c’est la noire qui a été appelée, c’est la noire qui proptcr poenitentiam vero habebit aliquid, utitadicam, Æthopici decoris. Et quia semel Æthiopem nominavi, volo testem Scripturam super hune (al. hoc) advocare ser- monem. Aaron et Maria murmurant. quia Moyses Æthio- pissam habet uxorem. Et, Num. xm, 1, nunc Moyses æthiopissam ducit uxorem. Siquidem lex ejus ad hanc nostram Æthiopissam transmigravit. Murmuret Aaron, sacerdotium Judæorum ; murmuret et Maria, Synngoga eorum ; Moyses de murmuratione non curât ; amat Æthiopissam suam, de qua et alibi dicitur per prophe- tam : « Ab extremis fluminum Æthiopiæ afferent hos- tias; » Sophon. ni, 10; etrursum : « Æthiopia præve- nietmanus ejus Deo. » Ps. lxvii, 32. Pulchre præveniet. Quomodo enim.in Evangelio mulier ilia quæ sanguine Üuebat,archisynagogi filiam curationeprævenit: Matth. ix, Marc, v, et Luc. vm : sic Æthiopia, Israël ægro- tante, sanata est. Illorum delicto, salu3 gentibus facta est, ad æmulandum eos. » Nigra sum, et speciosa, filiæ Jérusalem. » Et tu ecclesiastica anima ad filias Jérusalem converte sermonem, et die : Me plus amat sponsus, me magisdiïigit, quarn vos, quæ multæ filiæ Israël. Vos foris staLis, et sponsam cubiculum videtis est belle. Qui sommes-nous pour avoir mérité de connaître Dieu, de publier le Cantique des canti¬ ques, de venir du fond de l’Ethiopie et des ex¬ trémités de la terre pour entendre la sagesse du vrai Salomon ? Et quand la voix du Sauveur fait éclater ces mots comme un tonnerre : « La reine du Midi s’élèvera au jour du jugement contre cette génération et la condamnera, car elle vint des extrémités de la terre écouter la sagesse de Salomon, et il y a ici plus que Salomon, » Matth. xn, 42, et Luc. xi, 31, pénétrez le sens mystique du texte sacré. La reine du Midi qui vient des ex¬ trémités de la terre, c’est l’Eglise; elle condamne les hommes de cette génération, c’est-à-dire les Juifs esclaves de la chair et du sang. Elle est ve- nne des extrémités de la terre écouter la sagesse de Salomon, non pas de celui qui est célébré dans l’Ancien Testament, mais de celui qui dans l’Evangile est plus grand que Salomon. « Je suis noire, mais belle, filles de Jérusalem, noire comme les tentes de Cédar, belle comme les ta¬ pis de Salomon. » Elle justifie l'une et l’autre com¬ paraison : Je suis noire et belle, filles de Jérusa¬ lem (AL d’Israël), comme les tentes de Cédar, comme les fourrures de Salomon. Les noms mêmes s’appliquent bien au genre de beauté de l’épouse. Les Hébreux disent que Cédar signifie ténèbres. Donc, je suis noire comme les tentes de Cédar, comme les Ethiopiens; belle comme les tapis de Salomon, qu’il fit faire jadis pour Tor- intrantem. Nemo dubitetnigram vocatam, nigram esse formosam. Qui nos sumus, ut cognoscamus Deuni, ut Cantica Cantici prædicemus, ut ab Æthiopiæ finibus,. ut ab extremo terræ veniremus, snpientiam veri audire Salomonis? Et quando Salvatoris vox intonantis audi- tur : « Hegina austri venietin judicium, et condemna- bit liomines generationis hujus, quia venit a finibus terræ audire sapieutiam Salomonis, et ecce plus quam Salomon hic; » Malt, xii, 42, et Luc. xi, 31 ; audi mys- tica quæ dicuntur. Regina Austri venit a finibus terræ, Ecclesia; et condemnat homine3 generationis hujus, id est, Judæos carni et sanguini deditos. Venit a finibus terræ audire sapientiam Salomonis, non illius qui in testamento veteri prædicatur, sed hujus qui in Evan¬ gelio Salomone major est. « Nigra sum, et speciosa, filiæ Jérusalem, » nigra velut tabernacula Cedar, spe- ciosaut pelles Salomonis. Nam ad utrumque respondit: Nigra sum et speciosa, filiæ Jérusalem (al. Israël ), ut tabernacula Cedar, ut pelles Salomonis. Ipsa quoque nomina cum sponsæ décoré conveniunt. AiuntHebræi .« Cedar «interpretrati « tenebras.»Nigrasum ergo, utta- bernacula Cedar, ut Ætbiopes ; speciosa, ut pelles Salo- INTERPRÉTATION DES DEUX HOMÉLIES D’ORIGÈNE. nement du tabernacle, quand il consacra tant de soins et de travaux à l'édification du temple. Sa¬ lomon était riche, en effet, et nul ne fut son égal en aucune sorte de sagesse. Je suis noire et belle, filles de Jérusalem, comme une de ces choses, ou les tentes de Cédar, ou les fourrures de Salomon. Ne vous étonnez pas de ce que je suis devenue noire. Elle va se dépouiller de sa noirceur, et maintenant que la pénitence l’a convertie au bien, elle annonce aux filles de Jérusalem qu’elle est noire à la vérité, mais belle, ainsi que nous venons de l’expliquer; puis elle ajoute : Ne vous étonnez pas de ce que je suis devenue noire. Quoi de surprenant à cela? dit-elle; le soleil m’a touchée, sa lumière a brillé sur moi à pleins rayons, et sa chaleur m’a brûlée, parce que je n’ai pas reçu ses clartés comme il convenait, comme le demandait la dignité du soleil. Vous le voyez : du crime d’Israël est né le salut des nations, et de l’incrédulité des nations, la science d’Israël. L’Apôtre explique l’une et l’autre de ces vérités. « Les fils de ma mère ont combattu contre moi. » Il faut examiner pourquoi l’épouse dit : « Les fils de ma mère ont combattu contre moi. ». et quand ce combat des frères s’élève contre elle. Regardez Paul persécuteur de l’Eglise, et vous comprendrez commentle fils de sa mère combattit contre elle. Les persécuteurs de l’Eglise firent pénitence, et ses adversaires se monis, quas eo tempore in tabernaculi ornamento composuit, quando templum summo studio et labore fabricatus est. Dives quippe Salomon, et in omni sa- pienlia illius nemo præcessit ilium. Sicut unum horum nigra sum, et speciosa, filiæ Jérusalem, ut tabernacula Cedar, ut pelles Salomonis. Ne intueamini me, quia ego sum denigrata. Satisfecit de nigrore suo, et per pœnitentiam ad meliora conversa, annuutiatse filia- bus Jérusalem (al. . Israël) nigram quidem esse, sed pulchram, secundum quod superius exposuimus, et dicit : Ne intueamini me, quia ego sum denigrata. Ne, inquit, admiremini coloris esse me tetri : sol despexit me, pleno quippe radio in me luminis sui fulgor illu- xit, et (al. ut) ejus sum (al. sim) calore fuscata. Neque enim, ut decuerat, ut solis dignitas expetebat, illius iu me lumen accepi. Delicto eorum salus gentibus facta est, et rursum incredulitate gentïum, scientia Israël, Habes utrumque apud Apostolum. « Filii matris meæ pugnaverunt adversum me, » Considerandum quomodo sponsa dicat : « Filii matris meæ pugnaverunt adversum me,.» et quando adver- sus eam fratrum pugnasurrexit. Vide Paulum Ecclesiæ rangeant de nouveau sous les étendards de leur sœur, prêchèrent la foi, qu’ils détruisaient auparavant. C’est ce que chante ici l’épouse sous l'inspiration du souffle prophétique: « Ils ont combattu contre moi, ils m’ont confié la garde des vignes; je n’ai pas gardé ma vigne.» Moi l’Eglise, moi l’épouse, moi sans tache, j’ai été placée à la garde d’un grand nombre de vignes par les fils de ma mère, qui avaient com¬ battu quelque temps contre moi. Distraite par cette sollicitude et ce soin, pendant que je gardais plusieurs vignes, je n’ai pas conservé ma vigne. Entendez cela de Paul et de tout autre saint, qui soit inquiet du salut de tous ; et vous verrez comment ne gardant pas sa vigne, il veille sur les vignobles d’autrui, et comment encore, pour faire le gain d’autrui, il encourt certaines pertes pour lui-méme. Il était libre à l’égard de tous, et volontairement il s’est rendu serviteur de tous, pour en gagner un plus grand nombre: « Il s’est fait faible avec les faibles, Juif avec les Juifs; il a vécu avèc ceux qui étaient sous la Loi, comme s’il eût encore ôté sous la Loi,» I Corinth. îx, 20, 21. 22, et le reste; il peut dire: « Je n’ai point gardé ma vigne. » L’épouse cherche ensuite l’époux qui s’est retiré de sa présence. Et fréquemment dans le cours du livre elle fait des choses qu’on ne peut comprendre* à moins de les éprouver soi-même. Souvent, Dieu m’en est témoin, j’ai persecutorem, et intelliges quomodo filius matris ejus pugnaverit adversus eam. Peraecutores Ecclesiæ ege- runt pœnitentiam, et adversarii ejus rursum ad sororis signa conversi, prædicaverunt fidem, quam ante des- trucbant. Hoc prophetico spiritu sponsa nunc cantans, ait : « Dimicaverunt in me, posuerunt me custodem in vineis; vineam meam non custodivi. » Ego Ecclesia, ego sponsa, ego sine macula, plurimarum custos sum posita vinearum a filiis matris meæ, qui contra me ali- qnando pugnaverant. Qua sollicitudine curaquë dis- tricta (al. distracta ), dumplurescustodio vineas, vineam meam non servavi. Intellige mihi hoc de Paulo et alio quocumque sanctorum, qui pro omnium sit salute sol- licitus ; et videbis quomodo vineam suum non custo- diens, aliorum vineta custodiat ; quomodo etiam, ut alios lucrifaciat, ipse in quibusdam damna sustineat. Et cnm fuerit liber ex omnibus, seipsum servum fecit, ut omnes lucrifaceret : « Factns infirmus infirmis, Ju- dæis Judæus ; his qui sub Lege erant, quasi sub Lege. » 1 Cor. ix, 20, 21, 22, et cætera; dicatque : « Vineam meam non custodivi. » Deinde conspicit sponsum, qui conspectus abscessit. Et fréquenter hoc in loto carminé 116 SAINT JEROME. vu l’époux venir à moi, et demeurer longtemps avec moi; mais s’il s’éloignait soudain, je ne trouvais plus l’objet de mes désirs. Je désire donc de nouveau sa venue, et parfois- il vient de nouveau; puis, après m’être apparu, après que mes mains l’ont touché, il m’échappe encore; quand J\ m’a quitté, je le cherche de nouveau; et mon âme agit ainsi maintes fois, jusqu’à ce qu’elle le possède sans retour, et qu’elle s’élève appuyée sur son fiancé. « Révélez-moi, vous qui êtes l’amour de mon àme, le lieu où vous menez paître, où vous vous reposez sur le midi. » Je ne m'informe pas des autres moments, où vous vous nourrissez le soir, au point du jour, au coucher du soleil; je ne m’enquiers que du moment où, en plein jour, en pleine lumière, vous habitez dans la splendeur de votre majesté, a Révélez-moi, vous qui êtes l’amour de mon àme, le lieu où vous menez paître, où vous vous reposez en plein midi. » Cant. i, 6. Arrêtez-vous attentivement à ce mot midi. C’est à midi que Joseph réunit ses frères autour de sa table ; Genes. xxxi, oi; à midi que les Anges reçoivent l’hospitalité d’A- braham; Genes. xih, 18; il y a cent traits sem¬ blables. Cherchez, et vous trouverez que l’Ecri¬ ture divine n’emploie jamais une expression au hasard ou en vain. Et maintenaut, qui de nous est digne de parveuir à ce midi, et de voir en quel lieu l’époux se nourrit, en quel lieu il facit, quod nisi quis ipse patiatur, non potest intelli- gere. Sæpe, Deus testis est, sponsum mihi adventare conspexi, etmecum esse quam plurimum; quo subito recedente, invenire non potui quod quærebam. Rursus igitur desidero ejus adventum, et nonnunquam iterum venit; etcum apparuerit, meisque manibus fuerit com- prehensus, rursum elabitur ; et cum fuerit elapsus, rursura a me inquiritur ; et hoc crebro facio, donec ilium vere teneam, et ascendant innixa super fratrue- lem meum. . « Annuntiamihi, quem dilexit anima mea,ubi pascis, ubi cubas in meridie. » Non quæro aliatempora,quando diluculo,quando vespere,quando in solis pascis occubitu; illud tempus inquiro, quando inflorente die, quandople- naluce in majestatis tuæ splendore versaris. «Annuntia mihi, quem dilexit anima mea, ubi pascis, ubi cubas in meridie. » Cant. i, 6. Diligenter observa, ubi meridiem legeris. Apud Joseph meridie fratres prandium célé¬ brant ; Genes. xxxi; Àngeli meridie Abrabæ suscipiun- tur hospitio, Genes, xm, 18, 54, et cetera istiusmodi. Quare, etinvenies Scripturam divinam non frustra, seu fortuitu, unumquemque usurpare sermonem. Quis pu- se repose ? « Révélez-moi, vous qui êtes l’amour de mon âme, le lieu où vous menez paître, où vous vous reposez en plein midi. » Si vous ne me le montrez pas vous-même, j’erre à l’aven¬ ture, et, quand c’est vous que je cherche, je tombe dans les troupeaux d’autrui ; aussi, comme j’ai honte d’aller aux autres, j’ai hâte de me voiler la face. Car je suis une épouse belle, et je ne puis montrer mon visage découvert qu’à vous seul, à qui j’ai donné mon premier baiser. « Révélez-moi, ô le bien-aimé de mon âme, le lieu où vous menez paître, où vous vous reposez en plein midi, afin que je sois pas obligée de me voiler la. face devant les troupeaux de vos compagnons. » Evitez-moi cette honte; que je ne sois pas obligée de me voiler, de couvrir mon visage ; peut-être, ar¬ rivant auprès d’autres que vous , je pourrais avoir un commencement d’affection pour ceux que je ne connais pas. Révélez-moi donc le lieu où je dois vous chercher, où je vous trouverai sur le midi, afin que je ne sois pas obligée de me voiler à l’approche des troupeaux de vos compagnons. A ces mots, l’époux lui dit avec reproche : Ou bien vous vous connaissez vous-même , sachant que vous êtes l’épouse du Roi, que vous êtes belle, et que c’est moi qui vous ai faite belle, puisque j’ai fait paraître devant moi mon Eglise pleine de gloire, n’ayant ni tache, ni ride; Ephes. v, 27; tas, estdignus e nobis, nt ad meridiem usque perveniat et videat, ubi pascat, ubi cubet sponsus ? « Annuntia mihi, quem dilexit auima mea, ubi pascis, ubi cubas in meridie. » Nisi enim tu mihi annuntiaveris, ïncipio errabunda jactari; et dum te quæro, in aliorumgreges incurro; et quia alios erubesco, faciem meamatque ora contegere incipio. Sum quippe sponsa formosa et aliis nudam faciem meam non ostendo, nisi tibi soli, quem jam pridem deosculata sum. « Annuntia mihi, quem di¬ lexit anima mea, ubi pascis, ubi cubas in meridie ; ne- quando fiam sicut cooperta super greges sodalium tuo- rum. » Ut ista non patiar, ut non fiam cooperta, ut ora non contegam, et ad alios usque perveniens, incipiam forsitan et eos amare quos nescio : idcirco annuntia mihi, ubi tequæram, et inveniam in meridie, ne forte fiam quasi cooperta super greges sodalium tuorurn. Posthæc verba sponâus ei comminatur, et dicit : Aut cognoscis temetipsam, quoniam regis es sponsa, et for¬ mosa, et a me facta formosa siquidem ego mihi exhibui gloriosam Ecclesiam, non habentem maculam, neque rugam, Ephes . v, 27 ; aut scito, quia si te non cogno- veris, et tuam scierisùlignitntem, palieris hæc quæ se- INTERPRÉTATION DES DEUX HOMÉLIES D’ORIGÈNE. H 7 ou bien vous ne vous connaissez pas vous- même, vous ne connaissez pas votre dignité, et alors je vous l’annonce, voici quels maux vous endurerez. Et ces maux, quels sont-ils ? Si vous no vous connaissez pas vous-même, à belle entre les femmes, sortez sur les traces des troupeaux et menez paître, « non point vos brebis, ni vos agneaux, » mais « vos boucs. » Car Dieu mettra les brebis à sa droite, et les boucs à sa gauche. Mali h, xxv, 33. « Si vous ne vous connaissez point vous-même, ô belle entre les femmes, sortez sur les traces des troupeaux, et faites paître vos boucs près des tentes des pasteurs. » Sur les traces des bergers, dit-il, vous vous avilirez, n’étant plus avec les brebis, mais avec les boucs; et puis¬ que vous habiterez avec eux, vous ne pourrez être avec moi, c'est-à-dire avec le bon pasteur. « Je vous ai rendue semblable à mon coursier au-devant des chars de Pharaon. » Si vous voulez comprendre, ô mon épouse, comment vous devez vous connaître, sachez à qui je vous compare, et vous verrez que vous êtes telle que vous ne devez point vous souiller, après avoir, connu votre beauté. Que signifie donc : « Je vous ai rendue semblable à mon coursier au-devant des chars de Pharaon?» C’est l’époux qui ,’est le cavalier, puisque le prophète a dit : .« Ses coursiers ont été le salut de son peuple. » Abac . m, 8. Vous avez donc été rendue sem¬ blable à mes coursiers au-devant des chars de quuntur. Quænam istasunt?« Si non cognoveris temet- ipsam, o pulchra in mulieribus, egredere tu in vesti¬ giis gregum., et pasce, » non greges ovium, non agno- rum, sed «.hoedos tuos. » Slatuet quippe oves a. dextris ota siuistris hœdos. Maith. xxv, 33. « Si non cognoveris temetipsam, o pulchra in mu¬ lieribus, egredere tu in vestigiis gregum, et pasce hæ- dos tuos intabernaculispastorum. » ïn vestigiis, inquit, pastorum novissima fies non inter oves, sed inter hæ- dos tuos, cum quibus habitans, non poteris mecura, id est, cum bono pastore esse. « Equitatui meo in curri- bus Pharaonis assimilavi te. » Si vis intelligere, o sponsa, quomodo scire te debeas, cognosce cui | te comparaverim, et nunc videbis talem te esse, quæ turpari non debeas, cura tuam speciem cognoveris. Quid est igitur : « Equitatui meo in curribus Pharaonis assimilavi te?» Scio equitem sponsum, propheta di- conte : «Et equilatio ejus salus. » Abac. ni, 8; Assirai- lata es ergo equitatui meo in curribus Pharaonis. Quantum differt equitatus meus, qui sum Dominus, Pharaon. AuLant mes coursiers, à moi qui suis le Seigneur, et qui engloutis dans les flots Pha¬ raon, et ses guerriers aux grands panaches, et ses cavaliers, et ses chevaux, et ses chars, Exod. xiv, autant, dis- je, mes coursiers diffèrent des chevaux de Pharaon, autant vous êtes au-dessus de toutes les filles, vous l’épouse, et vous, âme ecclésiastique, au-dessus de toutes les âmes qui ne sont pas ecclésiastiques. Si vous êtes âme ec¬ clésiastique, vous êtes meilleure que toutes les âmes, et sivousn’êtes pas meilleure, vous n’êtes pas ecclésiastique. « Je vous ai faite semblable à mes coursiers au-devant des chars de Pha¬ raon, ô ma compagne. » Et il décrit ensuite avec un amour spirituel la beauté de l’épouse. « Vos joues sont douces comme la colombe. » 11 loue son visage, et l’incarnat de ses joues enflamme son amour. Car c’est aux joues surtout que réside, dit-on, la beauté des femmes. Ces mots doivent donc être pour nous une figure de la beauté de l’âme, comme dans les lèvres et la langue nous devons voir un sjunbole de l’intelligence. « Votre cou est un vrai collier de perles. » Sans avoir recours à cet ornement que les jeunes vierges ont coutume de suspendre à leur cou et qui s’appelle op[u Il Cor * n, 15, bona opéra tua nardus sunt. Si vero peccaveris, peccata tetro odore redole- bunt. Dicit quippe pœnitens : « Computruerunt, et cor- SAINT JÉROME. 120 « La gangrène et l’infection ont envahi les cica¬ trices de mes iniquités. » Psalm . xxxyii, 6. Le Saint-Esprit n’a nullement dessein denousentre- tenir ici du nard, et l’Evangéliste n’écrit pas à propos des parfums que. voient nos yeux : c’est du nard spirituel qu’il s’agit, du nard qui a donné son odeur. « Le, fils de ma sœur est pour moi la liqueur de myrrhe, la goutte d’eau ou de rosée. » Nous lisons dans l’Exode xxx que, par ordre du Sei¬ gneur, le chrême sacerdotal fut fait avec une goutte d’essence, de myrrhe, de suc de gomme odoriférante. Que si vous contemplez mon Sau¬ veur descendant, vers cette humble terre, vous verrez comment une gouttelette d’eau a coulé sur nous du ciel, pleine de vertu et d’une divine majesté. Cette goutte, le prophète l’a chantée en ces termes : « Et il arrivera que de ce peuple sera rassemblé Jacob tout entier, comme la pluie d’une goutte d’eau.» Mich. n, 11, 12. Suivant un autre sens, la venue de notre Sauveur dans la chair est figurée par la pierre détachée, sous la main de l’homme, d’une montagne; Daniel , n, 34: ce ne fut point en effet toute la montagne qui descendit sur la terre, parce que la fragilité humaine eût été incapable de soutenir la gran¬ deur de cette montagne entière, mais seulement ruptæ sunt cicatrices meæ a facie insipientiæ meæ. » Psal. xxxvii, 6. Non de nardo propositum est nunc Spiritui sancto dicere, neque de hoc quod oculis intue- mur, Evangclista scribit unguento ; sed de nardo spi- rituali, de nardo quæ dédit odorem euum. « Fascicnlus stactes, id est, guttæ, sive stillæ fratrue- lis meus mihi. » Guttam unguenti, casiam, galbanum (al galbani) in Exodo legimus, Cap . xxx, præcepto Do- mini in thymiama, id est, in sacerdotale chrisma con- fectum. Si ergo videris Salvatorem meum ad terrena ûut humilia descendentem, videbis quomodo virtute magna et majeslate divina ad nos modica quædam stilla defluxerit. De hac stilla et Propheta cecinit, di- cens : « Et erit, de stillla populi hujus congregandus congregabitur Jacob. » Mich. u, 11, 12. EL sicuti se- cundum alium sensum, lapis erat præcisus e monte sine manibus, Daniel, n, 34, nostri in carne (a) Salva- torisadventus ; neque enim totus nions fuit, qui descen¬ dit ad terras, nec poterathumana fragilités totius montis magnitudinem capere ; sed lapis ex monte, lapis offen- sionis, et petra ecandali descendit in mundurn; fsai. vin, 16 el xxvm, 14, et I Pet. n, 18 : sic secundum une pierre, la pierre d’achoppement, la pierre de scandale, Isai. vin, m, etxxYiu, 16, etl Peir. iq 8. Dans ce sens, il est question de fragment au lieu de goutte. Il fallait, puisque « les nations sont devant Dieu comme une goutte d’eau dans un vase, » Isai. xl, 15, que celui qui a tout fait pour le salut de toutes, devint une goutte d’eau pour les délivrer. Et que ne s’est-il pas fait pour notre salut ? nous sommes néant; et il s’est anéanti lui-même en prenant la nature d’esclave. Philipp. n, 6, 7. Nous sommes un peuple plein de folie ; et il s’est fait la folie de la prédication, afin que ce qui paraît folie en Dieu fût plus sage que les hommes. I Corinlh . I, 21, 25. Nous sommes faibles ; et ce qui parait en Dieu une faiblesse est plus fort que les hommes Ibid., -25. Toutes les nations ensemble sont devant Dieu comme une goutte d’eau et comme un grain de sable; aussi s’est-il fait gouttelette, afin que par lui notre robe répandit la bonne odeur, con¬ formément à cette parole: «La myrrhe, les par¬ fums et l’encens s’exhalent de vos vêtements et de vos tentes ; aussi les filles des rois vous ont- elles glorifié dans leurs chants d’allégresse, » Psalm. xliv, parole adressée à l’épouse dans le psaume quarante-quatre, « Le fils de ma sœur est pour moi la goutte de parfum. » Recherchons alium intellectum stilla nuncupatur. Oportebat quippe, ut quia «omues gentes in stillum situlæ reputatæ sunt, » Isai. xl, 15, his qui pro omnium salute factus est om- nia, etiam stilla tieret ad eas liberandas. Quid enim pro nostra salute non faclus est? Nos inanes; et ille e.xinanivit semetipsum, formam servi accipiens. Phi¬ lipp. n, 6, 6; I Cor. i, 6, 7. Nos populus stnltus et, non sapiens.; et ille factus est stultitia prædicationis ut fatuum Dei sapientius fieret bominibus. Nos infirmi; Ibid. 25 ; infirmum Dei fortius hominibns factum est. Quia igitur universæ gentes, ut stilla situlæ, et ut momentum stateræ reputatæ sunt ; idcirco factus est stilla, ut per eum a Yestimentis nostris odor stillæ pro- cederet, juxta illud : « Myrrha, et stilla, et casia a vesLimentis tuis,a domibus elephautinis, ex quibus læ- tificaverunt te fillæ regum in honore tuo, » Psal. xliy, quæ in quadragesimo quarto psalmo dicuntur ad spon- sam.« Fasciculus stillæ fratruelis meus mihi. » Consi- deremus quid sibi fratruelis Domine velit. Ecclesia, quæ hoc (al. his) loquitur de fratruele, nos sumus ex gentibus congregati. Salvator noster sororis ejus est filius, id est, Synagogæ. Duæ quippe sorores sunt (a) Ex hao porro Origoniana sententia enormem blàsphemmm excudit Vigilantiiis, quam illi exprobavit Hieronymus Epist. in noslra recen- sione 62, num. 4 : « Inter caleras blasphomias, quas ore saorilego protulisti, ausus es dicere montem, de quo abscissùs est in Daniele lapis sine manibus, esse diabolum, et Japidem Christum ; qui quia asaumpsit corpus ex Adam, qui diabolo ante per vitia cohœserat, natum esse de Virgine, ut a monte, hoc est, a diabolo hominem separaret. » " '121 INTERPRÉTATION DES DEUX HOMÉLIES D’ORIGÈNE. le sens de cette expression : Le fils de ma sœur. C’est nous, la réunion des nations, qui sommes l'Eglise qui parle ici de ce fils de sa sœur. Notre Sauveur est le fils de sa sœur, c’est-à-dire, de la Synagogue. L'Eglise et la Synagogue, ce sont deux sœurs. Le Sauveur, fils de la Synagogue, époux de l’Eglise, est. donc lé fils de la sœur de son épouse: « Le fils de ma sœur est pour moi la goutte d’encens ; il demeurera sur mon sein. » Qui est assez heureux pour avoir la parole de Dieu comme hôte dans le sanctuaire de son cœur, au milieu de son sein, dans sa poitrine? C’est le sens de Ce chant de l’épouse: «Il demeurera au milieu démon sein.» Si votre sein n’a pas été déshonoré, la parole divine fixera en lui sa demeure. 11 convenait, dans un chant nuptial, de désigner le sein plutôt que la poitrine. Du reste, il est facile de voir com¬ ment l’explication de ces paroles : « Il demeu¬ rera au milieu de mon sein, » est faite en ces termes: Si votre sein n’a pas été déshonoré, la parole divine fixera sa demeure en lui. Où ai-je pris: Si votre sein n’a pas été déshonoré ? Dans Ezéchiel. En cét endroit où la voix du Seigneur réprimande Jérusalem, elle lui dit entre autres choses: « Ton sein a été déshonoré en Egypte » Ezech. xxirr, 21. Le sein des chastes vierges n’est pas déshonoré; celui des impures est souillé des rides du vice. Le sein pudique s’épanouit dans Ecclesia et Synagoga ; Salvator ergo, ut diximus filius Synagogæ sororis, vir Ecclesiæ, spousus Ecclesiæ, fra- truelis est sponsæ suæ : « Fasciculus stillæ fratruelis meus raihi,. iu medio uberum rueornm commorabitur. » Quis ita beatus, ut habeat hospitem in principal! [■flYepovLxw] cordis, in medio uberum, in pectore suo, sermonem Dei ? Taie est quippe quod cnnitur : « In medio uberum meorum commornbitur. » Si non fue- rint fractæ mammæ .tuæ, in medio earum babitabit sermo divinus. Decebat in carminé nuptiali maimnas potius nppeUari quam pectus. Et perspicuum est, cur ad expositionem ejus quæ dicit : a ïn medio uberum meorum ^commorabitur, » sit assumptum, si non fue- rint fractæ mammie tuæ, in medio uberum tuornm commornbitur sermo divinus. Dndedixi, si non fuerint fractæ mammie tuæ? De Ezecbiele, Eo quippe loco, ubi Jérusalem dominica'corripitur voce, inter cætera dicitur adeam; « In Ægypto fractæ sunt mammæ tuæ. » Ezech. xxin, 21. Çastarum ubera non franguntur.; sed meretricum ubera Iaxis pellibus irrugantur. Pudicarum erecta sunt ubera et virgioali robore (al. rubore ) tu- mentia. Suscipiunt sermonem sponsi, et dicunt: « ln medio uberum meorum commorabitur. » toute la force de sa virginale jeunesse. La vierge reçoit la parole de l’époux, et elle dit : « 11 fixera sa demeure au milieu de mon sein. » « Le fils de ma sœur estpour moi le bourgeon de Cypre. » Le principe du discours est dans le verbe, et celui de Cypre, c’est-à-dire de la florai¬ son est dans le germe. Aussi dit-elle: « Le fils de ma sœur est pour moi le bourgeon de Cypre,» c’est-à-dire de la floraison. 11 n’est pas pour tous le bourgeon de Cypre, mais seulement pour ceux qui sont dignes de sa fleur. Pour d’autres, il est le raisin enivrant; pour elle seule, qui est noire et belle, il se produit dans tout l’éclat de la fleur. «.Le fils de ma sœur est pour moi le bourgeon de Cypre. » Elle ne se borne pas à. dire; « Le fils de ma sœur est le bourgeon de Cjqpre; » elle ajoute « pour moi, » afin de nous apprendre qu’il ne l’est pas pour tous. Recher¬ chons maintenant en quel pays croit ce bour¬ geon de l’épouse. C’est. « dans les vignes d’En- gaddi, » mot qui signifie « œil de la tentation. » C’est donc dans les vignes de l’œil de la tenta¬ tion, que « Je fils de ma sœur est pour moi le bour¬ geon de Cypre. » L’œil de la tentation, c’est ici-bas, puisque, en ce monde, nous habitons dans la tentation, et que la vie humaine sur la terre est une milice, lob . vrr, I. Tant que nous sommes pèlerins ici-bas, nous sommes dans les vignes d'Engacfdi. Si nous méritons plus « Botrus Cypri fratruelis meus mihi. » Initium est sermouis in verbo, et initium Cypri, id est, floritioms. in germine, unde ait: «Botrus Cypri, id est, floritionis, fratruelis meus mihi. » Non omnibus est botrus Cypri ; sed bis qui ejus flore digni sunt. Aliis uva varia est ; huic soli quæ nigra est et formosa, iu floris décoré se. præbet. « Botrus Cypri fratruelis meus mihi. » Non simpliciter ait : « Botrus Cypri fratruelis meus ; sed cum additameuto, « mihi, » ut doceret non omnibus eum esse botrum Cypri. Videamus autem in quibus regionibus botrus iste sit sponsæ. «In vineis Engaddi, » quod iüterpretatur, « oculus tentationis. » In vineis igitur oculi tentationis «Botrus Cypri fratruelis meus mihi. » Tentationis oculus in pressenti est, siquidem in tentatione moramur in hoc mundo, et tentatio est vita. humana super terram. Job. vu, 1. Dum in bac lace versamur, in vineis sumus Engaddi. Si autem merue- rimus postea trausplantari, a uostro agricola transfe- remur. Nec dubites, quin possis de Engaddi vineis ad Joca meliora transfert. Agricola noster ad transferen- dam vineam crebra meditatione jam colLnit. « Vineam enim ex Ægypto transtutisti, ejecisti gentes, et plan- tastieam. Operuit montes umhra ejus, et arbusta ejus SAINT JÉROME. 122 tard d’ètre transplantés, nons le serons par notre vigneron ; et ne doutons point que nous puissions des vignes d’Engaddi être transportés en des lieux meilleurs. A bien méditer les choses, notre vigneron n’a-t-il pas eu déjà la puissance de transporter sa vigne? « Hors d'Egypte, Sei¬ gneur, vous avez transporté votre vigne, vous avez chassé les nations, et vous l’avez transplan¬ tée. Son ombre a recouvert les montagnes, et ses pampres se sont suspendus aux cèdres de Dieu ( Al. du Liban ), » Psahn . lxxix, 9, 10 et 11. Ce que nous venons de commenter, l’épouse l’a dit de l’époux pour signifier son amour, et la venue de son hôte, de cet époux qui habitera au milieu ds son sein, dans le secret de son cœur. Maintenant l’époux lui répond: « Vous êtes belle, ma compagne, 1 vous êtes belle, et vos yeux sont doux comme ceux de la colombe. » Quand l’épouse dit : « Le fils de ma sœur est beau, » elle n’ajoute pas: Le fils de ma sœur et mon compagnon. Au contraire, quand celui-ci lui parle, à ces mots: «Vous êtes belle, » il ajoute : « O ma compagne. » Pourquoi ne dit- elle pas : Il est beau et il est mon compagnon, mais seulement : 11 est beau ? et pourquoi au lieu de ces seuls mots : Vous ôtes belle, fait- il entendre ceux-ci: « Vous êtes belle et vous êtes ma compagne ? » L’épouse, si elle est séparée de l’époux, n’est pas belle; elle le devient quand elle est unie au verbe de Dieu. C’est donc à bon cedros Dei (al. LibanL) » Psalm . lxxix, 9, 10 et 11. Et hæc quidem, quæ exposuimùs, locuta sit sponsa de sponso, significans amorem suum, et sponsi venientis hospitium, quomodo in medio uberum, et sui cordis areano, sponsué venienscommoretur. Rursus sponsi ad eam sermo dirigitur, et dicit : « Ecce speciosa proxima mea, ecce speciosa, oculi tui columbæ. » Ilia sic dicit ad sponsum : « Ecce spe- ciosus fratruelis meus, » non adjungit, et proximus meus.^Hic autem quando loquitur ad eam : « Ecce speciosa, » adjungit, « et proxima mea. » Quare autem ilia non dicit : Ecce speciosus, proximus mibi ; sed tantum, « ecce speciosus ? » Quare ille non solum speciosa es, sed dicit : « Speciosa es proxima mea ? » Sponsa, si longe fuerit a sponso, . non est speciosa ; tune pulchra fit, quando Dei verbo conjungitur. Et merito nunc docetur a sponso, ut proxima sit, et a suo latere non recedat. « Ecce speciosa proxima mea, ecce speciosa. » Incipis quidem ecce speciosa, ex eo quod proxima mihi es. Postquam autem esse cœperis speciosa, etiam sine additamento proxima absolute es speciosa. « Ecce speciosa proxima mea, ecce speciosa. » droit que l’époux lui enseigne à être sa compa¬ gne, et à ne pas s’éloigner d’auprès de lui. « Vous êtes belle, ô ma compagne, vous êtes ! belle. » Vous commencez d’être belle, parce que vous êtes auprès de moi. Et puisque vous avez commencé d’être belle, vous le serez désormais, même sans que j’ajoute : O ma compagne. « Vous êtes belle, ô ma compagne, vous êtes belle. » Arrêtons-nous à l'éloge qui suit: « Voufs avez les yeux de la colombe, » afin de devenir nous-mêmes semblables à l’épouse. « Quiconque aura regardé une femme pour la convoiter, a déjà commis l’adultère dans son cœur ;» Malth . y, 28; il n'a pas les yeux de la colombe. Et celui qui n’a pas l’œil de la colombe, s’intro¬ duit pour sa condamnation dans la demeure de son frère, n’observant pas le précepte du livre des Proverbes: « N’entrez pas dans la mai¬ son de votre frère pour votre malheur. » Prov. xxvn, 10. Les Septante traduisent « pour votre malheur, » mais Aquila exprime toute la force de l’hébreu par a^ootxov, obliquement. Au con¬ traire, celui qui a les yeux de la colombe, voit droit devant lui, et mérite miséricorde. Oui, celui qui voit correctement mérite la miséricorde *, et qui voit correctement, si ce n’est celui qui a le regard chaste et les yeux purs? N’allez donc point appliquer ce qui vient d’être dit, seule¬ ment aux yeux de la chair, bien qu’il ne soit pas inutile de l’avoir compris en ce sens ; entrez dans Videamusetaliam laudem speciosæ utet'nos æmulemur sponsæ fieri : « Oculi tui columbæ. » « Qui viderit mulierem ad concupiscendum eam, jam mœchatus est eam in corde suo, » Matth. v, 28, oculos non habet columbæ. Si quis vero oculos columbæ non habèt, do- mum -fratris sui ingreditur infelix, non servans illud, quod in Proverbiis est præceptum : « In domum fra¬ tris tui ne ïntres infelix. » P/ov. xxvn, 10. Pro eo quod Septuagînta « infelix» interpretnti sunt, Aquila Hebræam exprimens veritatem âypotxov posuit. Qui autem habet oculos columbæ, videt recta, et misericordiam prome- retur. Videns quippe recta, misericordiam consequetur. Porro quis videt recta, nisi qui casto conspectu et pu- ris intuetur oculis ? Noli igitur mihi de his tantum car- nis oculis intelligere, quæ dicta sunit, licet et de his intellexisse non inutile sit ; sed ingrediens ad interiora cordis tui, et alios oculos mente perquirens, qui et a Dei mandato illuminantur : « Mandatum » quippe «Dei illumiuans oculos, » illud enitere, labora, contende, ut sancte intelligas universa quæ dicta sunt, et similia a spiritu, qui in specie descendit columbæ, audias, quia u oculi tui columbæ. » Si intelligis Legem spiritualiter, 123 INTERPRÉTATION DES DEUX HOMÉLIES D’ORIGÈNE. le for de votre cœur, cherchez-y ces yeux de l’es- prit qui reçoivent leur clarté des préceptes de Dieu, puisqu’il est dit que « les commandements du Seigneur illuminent les yeux, » et consacrez tous vos efforts, votre travail, vos soins à com¬ prendre saintement tout ce qui a été dit ; alors l’Esprit, qui est descendu sous la forme de co¬ lombe, vous dira que vos yeux sont ceux de la colombe. Si vous entendez l’esprit de la Loi, vous avez- ces yeux. Si vous entendez l'Evangile, comme il veut être entendu et prêché, vous voyez que Jésus n’a pas seulement guéri tout mal et toute infirmité à l’époque où cela fut fait selon la chair, mais qu’il les guérit encore à pré¬ sent; et qu’il ne descendit pas alors seulement parmi les hommes, mais qu’il y descend aujour¬ d’hui et qu’il y est présent: « Voilà, dit-il, que je suis avec vous tous les jours jusqu’à la con¬ sommation du siècle. » Matih. xxvm, 20. Vous avez les yeux de la colombe; « vous êtes belle, ù ma compagne, vous êtes belle, parce que vous avez les yeux de la colombe. » A ces louan¬ ges de l’époux, l’épouse répond par des louanges : non point qu’elle prétende, par ses éloges, lui attribuer les dons qu’il n’a pas ; mais parce qu’elle comprend et qu’elle voit sa beauté, « Le fils de ma sœur est beau, il est véritable¬ ment beau, et mystérieuse est notre couche. » oculi tui columbæ sunt. Si intelligïs Evangelium, ut se vult intelligi Evangelium et prædicari, vides Jesum, omnem languorem et infirmitatem, non solum eo tem- pore quo carnaliter facta sunt, fuisse medicatum (Al. meditaturn et meditantem ), sed hodieque medicantem et non tantum tune ad homines descendisse, sed ho¬ dieque descendere et esse præsentem : « Ecce enim, » inquit, «vobiscum sum omnibus diebus usque adeom- summationem sæculi.» Matih. xxvm, 20. Oculi tui co¬ lumbæ sunt : « Ecce speciosa, proximamea, ecce spe- ciosa; oculi tui columbæ. » Has de se sponsa audiens laudes, sponso vicem in laudibus tribuit : non quo ei quod non habet, suo præconio largiatur ; sed intelli- gens decorem ejus, atque conspiciens, ait : « Ecce speciosus fratruelis meus. Equidem pulcher (al. pulchre). Lectus noster umbrosus.» Quæro lectum, in quo sponsus cura sponsa requiescat, et ni fallor, corpus humanum est. Siquidem ille in Evangelio para- lyticus qui jacebat in lecto, et abire in domum suam, sublato grabato, voce jussus est Salvatoris, antequam Je me demande quelle est cette couche, où repo¬ se l’époux avec l’épouse ; c’est le corps humain, si je ne me trompe. Le paralytique de l’Evangile, étendu dans son lit et à qui la voix du Sauveur ordonna d’emporter son grabat et d’aller en sa maison, gisait, avant d’être guéri, sur son corps débile, qui fut ensuite miraculeusement raffermi par Dieu. C’est ainsi que j’interprète ces mots: « Porte ton lit, et va en ta maison. » Marc, n, i l. En effet, le Fils de Dieu n’était pas descendu du ciel sur la terre, pour s'occuper des lits véri¬ tables et ne pas souffrir que celui qui se relève¬ rait de sa maladie physique, s'éloignât sans em¬ porter sa couche. Il ne dit pas en ce sens: « Prends ton grabat, et va en ta demeure. » Vous aussi, dont le Sauveur a guéri l'àme, prenez votre grabat, et allez en votre maison, afin que, lorsque viendra votre époux et qu’il se sera cou¬ ché avec vous dans ce lit, vous puissiez dire: « Voici mon époux, le fils de ma sœur. Il est vraiment beau, et mystérieuse est notre couche nuptiale. » Le fils de ma sœur est beau ; il est à la fois rayonnant de beauté et enveloppé d’om¬ bre. « Le soleil ne te brûlera point pendant le jour, ni la lune pendant la nuit. » Psalm. exx, 6. « Les cèdres sont les poutres de nos demeu¬ res. » C’est le cortège qui parle ainsi. A mon avis, ce sont les suivants de l’époux, que nous sanaretur, Marc, u, 11, super debile membrorumsuorum corpus jacebat, quod postea Dei virtute solidatum est. Sic ergo intelligo : « Toile grabatum tuum, et vade in domum tuam. » Neque enim ad hoc Filius Dei de cœles- tibusad terrenadescenderat, utde lectulis imperaret, et consurgentem ab ægrotatione sua* sine lectulo nonpa- teretur abscedere:» Toile,'» inquiens, « grabatum tuum, etv^de in domum tuam. » Et tu igituraSalvatore sana- tus, toile grabatum tuum, et vade in domum tuam, ut cum ad te sponsnm venerit sponsus, et in eo tecum fueritreclinatus, dicas :|« Ecce sponsus fratruelis meus; equidem pulcher. Acclinatio nostra umbrosa. » Ecce speciosus fratruelis meus, ipse et speciosus est et um¬ brosus. « Per diem » quippe « sol non uret te, neque luna per noctem. » Ps. exx, 6. « Trabes domorum nostrnrum cedri. » Multitudinis verba sunt. Videntur autem mihi viri hæc dicere, qui cum sponso sunt, de quibus superius sermo præfatus est, domos cedrini3 trabibus intextas, et cypressis con- tignatas. Siquidem pro (a) stybe ascendit cypressus, et (û) Corrigit Vielorius Stoebe. Eniwvoro alluditur lsaiæ locus cap. lv, vers, ultimo, iibi in Græco est xal àv-cï rfy; àvaêriaeTOtt xuTriEpiaj'oç, àv-cl 8s rqç xovùÇTy; àw^îTOU p.uphleo$ dicitur, de qua Pli- nius ot Dioscorkles ab eodem Vicîorio laudali agunt. SAINT JÉROME. \U avons mentionnés déjà, qui disent: Nos maisons sont faites de bois de cèdre et recouvertes de bois de cyprès. De même le prophète: « Les pins s'é¬ lèveront à la place des ronces, le myrte croîtra aux lieux où fut l’ortie. » Isai. ly, 13. Demandez- vous donc quelle est la nature de ces arbres et quand vous aurez trouvé que le cèdre est incor¬ ruptible et le cyprès odoriférant, efforcez-vous de couvrir votre maison de telle sorte qu’on puisse dire de vous: « Les poutres de nos demeu¬ res sont de bois de cèdre, et nos toitures de bois de cyprès. » C’est ensuite l’époux qui parle. « Je suis la fleur des champs et le lys de la vallée. » C’est pour moi, qui étais au fond de la vallée, qu’il y est descendu, et qu’il s’y est fait lys ensuite. Au lieu de l’arbre de vie, qui fut planté dans le paradis de Dieu, il est devenu la fleur des champs, c’est-à-dire du inonde, de l’univers entier. Et qu'est-ce qui peut être la fleur du monde autant que le nom de Jésus-Christ? .« Son nom est un parfum répandu. » Autre sens. Il dit lui-même et de lui-même : « Je suis la fleur des champs et le, lys de la vallée ; » puis il loue l’épouse en ces termes: « Comme le lys l’em¬ porte sur les orties, ma compagne l’emporte sur les autres jeunes filles. » Ou plutôt, on ne peut comparer le lys aux épines, parmi lesquelles il croît le plus souvent; et de même ma compagne, au milieu des autres jeunes filles, est semblable à cette fleur au milieu des orties. Ce qu’enten- pro conyzn ascendit myrtus. Tsai. lv, 13. Requirens igitur, cujus naturæ istasunt ligna, et cedrum impu- tribilem, etcypressum odoris optimi deprehendéns, la- bora et tu ita contignare domum tuam, ut de te quo- que possit dici : « -Trabes dorauum nostrarum cedri, et contignationes nostræ cypressi. » Post bæc sponsus loquitur. a Ego flos campi et lilium convallium. » Propter me qui in valle eram, descendit in vallem, et in vallem veniens, fit lilium. Pro ligno vitæ, quod plantatum est in paradiso Dei, totius campi, id est, totius mundi et universæ terrœ flos factus est. Quid enina sic potest esse flos mundi, ut vocabulum Cbristi ? « Unguentum effusum nomen ejus. » Aliter : Ab ipso dicitur : « Ego flos campi, et lilium convallium. » Et bœc quidera de semetipso. Deinde sponsam laudans, ait : « Ut lilium in medio spinarum, sic proxima mea in medio filia- rum. » Sicut lilium non potest spinis coraparari, inter quas semper exoritur, eodem modo proxima mea super omnes filins, lilium est in medio spinarum. Ista au-, diens sponsa, vicem reddit sponso, et sentiens illius etiam suavitatem invocem laudantis erumpit. Unguen- dant l’épouse, elle rend la pareille à l’époux, et sentant encore sa suavité, elle fait entendre de nouvelles louanges. Quoique les parfums exha¬ lent une suave odeur qui flatte l’odorat, toute¬ fois ils ne sont point de telle nature qu’ils, soient agréables à manger. Mais il y a des choses qui sont excellentes et au goût et à l’odo¬ rat, c’est-à-dire, dont. la douceur plaît au palais, et la bonne odeur au cerveau. La pomme, par exemple, possède ces deux qualités. Et l’épouse qui veut louer, outre la bienveillance, la dou¬ ceur sans égale des . discours de l’époux, dit alors : « Comme la pomme parmi les arbres de la forêt, ainsi le fils de ma sœur au milieu des jeunes hommes. » Cani. n, 3. Toutes les bran¬ ches, tous les arbres, en comparaison des dis¬ cours de Dieu, sont regardés comme des forêts infertiles. Eu égard à Jésus-Christ, quoi que vous disiez est terre inculte, et. toutes les paroles ne portent aucun fruit. Que peut-on en effet appeler fructifère, quand on le compare à lui? Les bran¬ ches qui semblaient ployer sous les fruits, mises en regard de sa venue, ont été trouvées stériles. Ainsi, « le üls de ma sœur au milieu des autres jeunes hommes, est semblable au pommier mis en parallèle avec les arbres de la forêt. J’ai dé¬ siré ardemment son ombrage, et je m’y suis assise. » Qu’elle dit avec justesse, non pas : Je soupire après son ombrage, mais bien : « J’ai torum quippe odor, licet suaviter spiret, et sensum odore demulccat ; non tamen ejusmodi est, ut suave sit ad edendum. Est autem aliquod (al. aliud), quod optiini et saporis sit et ‘odoris, id est, ut fauces dulcore delectet, et spiritum mulceat odoratn.Tale estmah'im, istiusmodi est naturæ, ut in se utraque possideat. Id- circo volens non solum benevolentiara sermonis, sed et dulcorem ejus sponsa landare, ait : « Ut rualum in lignis silvæ, itafratruelis meus in me¬ dio fîliorum. » Cani. ïi, 3. Omnia ligna, omnes arbores ad comparationem sermonis Dei, silvæ inferaces exis- timantur. Ad Christum saltus est omne quod dixeris, et infructuosa sunt orimia. Quæ enim possuut dici ad eum comparata fructifera ? Etiam ligna quæ videban- tur fructibus incurvari, ad collatiouem adventus ejus infructuosa monstrata sunt. Ideo, « utmalum in lignis silvæ, ita fratruelis meus in medio fiiiorum. In umbra ejus concupivi, et sedi. » Quam pulcbre, non ait, in umbrailliuscoucupisco, sedwin umbra ejus concupivi, » et non sedeo, sed « sedi. » Siquidera in principio non possumus eum eo proprium conferre sermonem ; ve- rum in principio, ut ita dicnm, quadam majestatis il- INTERPRÉTATION DES DEUX HOMÉLIES D’ORIGÉNE. désiré ardemment son ombrage; » non pas : Je m’assieds, mais bien : « Je me suis assise! >> Nous ne pouvons pas au début nous entretenir directe¬ ment avec Jésus; mais dès le commencement nous jouissons, pour ainsi dire, de l'ombre de sa majesté. Aussi lisons-nous dans les Prophéties : « L’esprit de notre bouche, le Christ, le Seigneur, à qui nous avons dit : Nous vivrons sous votre ombre malgré les nations. » Jerem . Thren . iv, 20. Et nous passons d’une ombre à une autre, a Ils étaient assis dans la région et les ténèbres de la mort, et la lumière s’est levée sur eux. » Isai. ix, 2. Nous passons de l’ombre de la mort à celle de la vie. L’essence môme du progrès est qu’au début chacun désire se fixer à l’ombre des vertus. Aussi j’incline à penser que la naissance de Jésus-Christ a commencé dans l’ombre, mais s’est achevée dans la vérité, et non dans l’om¬ bre. « L’Esprit-Saint, » est-il dit, « descendra en vous, et la vertu du Très-Haut vous couvrira de son ombre. » Luc* i, 35. La naissance de Jésus- Christ a commencé dans l’ombre, et non-seule¬ ment elle a commencé dans l’ombre en Marie, mais c’est ainsi que la parole de Dieu doit éclore en vous, si vous êtes digne d’elle. Faites donc que vous puissiez recevoir son ombre, et lorsque vous serez devenu digne d’elle, en vous viendra, si je puis ainsi dire, son propre corps, dont l’ombre est née. Car « celui qui est fidèle dans les moindres choses, l’est aussi dans les grandes. » lius umbra perfruimur. Unde et in Prophetis legitur : « Spiritus faciei nostræ Christus Dominus, cui dixi- mus : In umbra ejus vivemus in gentibus » ; Thren. iv, 20 ; et ab umbra ad umbram aliam transmigramus. « Sedentibus enim in regione et umbra mortis, lux orla est eis. » Isai. ix, 2. Et transimus ab umbra mor- tia ad umbram vitæ. Semper istiusmodi sunt proféctus, ut in exordio desideret quispiam saltem in virtutum umbra consistere. Ego puto ideo et nativitatem Jesu ab umbra cœpisse, et non in umbra, sed in veritatefi- nitam. « Spiritus, » inquit, « Sanctus veniet in te, et virtus Altissimi obumbravit tibi. » Luc. i, 35. Nativilas Christi ab umbra sumpsit exordium. Non soluru autem in Maria ab umbra ejus nativitas ccepit, sed et in te, si dignus fueris, nascitur sermo Dei. Fac, igitur, ut possis capere umbram ejus, et cum umbra fueris dignus effectus, veniat ad te, ut ita dicam, corpus ejus, ex quo umbra nascitur. Nam, « qui in ruodico fldelis est, et in majoribus erit fidelis. » Luc. xvi, 10. « In umbra ejus concupivi, et sedi. » Vides, quia non semper in umtfra slelit, sed inde ad meliora transierit, dicens : « EL fructus ejus dulcis in gutture meo. » Ego, inquit, 125 Luc. xvi, 10. « J’ai soupiré après son ombrage, et je m’y suis assise. » Vous voÿez qu’elle n’est pas toujours demeurée sous cette ombre, et qu’elle est parvenue à meilleures destinées, puisqu’elle ajoute : « Et son fruit est doux à mon palais. » J’ai désiré, dit -elle, me reposer à son ombre; mais après qu’il m’en a eu donné l’abri, je me suis encore rassasiée de son fruit, et « ce fruit est doux à mon palais. » « Introduisez-moi dans la maison du vin. » L’époux s’est arrêté à la porte, et il a ôté reçu par l’épouse, puisqu’il a reposé sur son sein. Mais les compagnes de l’épouse ne méritent pas de l’avoir pour hôte. C’est une parabole qui s’a¬ dresse à la multitude de ceux qui vont dehors; et je crains fort qu’il n’y ait parmi nous un grand nombre de ces jeunes filles. « Introdui¬ sez-moi dans la maison du vin. » Pourquoi resté-je si longtemps dehors . « Voilà que je suis à la porte et que je frappe. » Si quelqu’un m’ouvre, j'entrerai vers lui, et je souperai avec lui, et lui avec moi. « Introduisez-moi. » C’est ce que le livre saint dit ici : Entendez cet appel de Jésus-Christ, « introduisez-moi. » A vous, caté¬ chumènes, il dit : « Introduisez-moi, » non pas seulement dansla maison, mais « dans la maison du vin. » Que votre àme soit remplie du vin de la joie, du vin du Saint-Esprit. Et alors vous ferez entrer dans votre demeure votre époux, le Verbe, la Sagesse, la Vérité. Et à ceux qui ne desicleravi in umbra ejus requiescere ; sed postquara me sua protexit umbra, etiam frnetu illius saturata sum (al. saturalus sum ), et dico : « Et fructus ejus dul- cis gutturi meo. » « Introduite me in domum vini. » Foris stetit spon- sus, et ab sponsasnsceptus est : In medio quippe ube- rutn illius requievit. Proximæ juveuculæ non sunt is- tiusmodi, ’ ut sponsum hospitem habere mereantur. Multitudini foris in parabolis loquitur. Quani, vereor ne multce odolescentulæ forte nos simus. a Introduite me in domum viui. » Cur tam diu foris maneo ? « Ecce sto ante ostium, et pulso. » Si quis mihi aperuerit, in- grediar ad eurn, et cœnabô cum eo, et ipse mecum. « Introduite me. » Et nunc eadem dicit sermo divi- nus : Ecce ^Christus loquitur, a introduite me. » Vobis quoque catcchumenis loquitur, « introduite me, » non simpliciter in domum, sed « iu domum vini. » Inplea- tur vino lætitiæ, vino Spiritus Sancti anima vestra. Et sic introduite in domum vestram sponsum, Yer- bum, Sapienliam, Verilatem. Potest autem et ad eos dici, qui nondum perfecti sunt : « Iutroducite me in domum vini. Ordinale in me charitatem. » Elcganter SAINT JÉROME. sont point parfaits encore peuvent aussi s’adres¬ ser ces mots : « Introduisez-moi dans la maison du vin. Mettez-moi à mon rang dans votre amour. » Il dit élégamment : « Mettez-moi à mon rang ; » car l’amour de plusieurs est désordon¬ né ; à ce qu’ils doivent aimer avant tout, ils donnent le second rang, et la première place à ce qu’ils doivent aimer en second lieu; ce qui ne doit avoir que la quatrième place obtient la troisième, et réciproquement ; l’ordre de l’amour est tout à fait renversé dans ces cœurs. Au con¬ traire, l’amour des saints est en bon ordre. Je veux, pour l’intelligence de ce passage : « Mettez- moi à mon rang dans votre amour, » donner quelques exemples. Le précepte divin vous or¬ donne d’aimer votre père, votre fils, votre fille ; il vous enjoint aussi d’aimer Jésus-Christ. Il ne vous dit pas : N’ayez point d’affection pour vos enfants, pour vos parents. Mais comment s’ex¬ prime-t-il? N’ayez pas un amour désordonné; n’aimez pas d’abord votre père, ou votre mère, et moi après eux; n’ayez pas un attachement plus grand pour un fils ou pour une fille que pour moi. « Celui qui aime son père ou sa mère plus que moi, n’est pas digne de moi; et celui qui aime son fils ou sa fille plus que moi, n’est pas digne de moi. » Matth. x, 37. Examinez votre conscience sur l’affection que vous avez pour votre père, pour votre mère, pour votre frère, et sur celle que vous avez pour la parole de locutus est, « Ordinate. » Plurimorum quippe inordi- nata est charitas : quod ia primo loco debent diligere, diligunt in secundo : quod in secundo, diligunt iû primo ; et quod oportet amare quarto, amant tertio ; et rursus tertium in quarto, et est in plerisque chari- tatisordo perversus. Saoctorum vero charitas ordinata est. Volo ad intelligeodum hoc quod dietum est, « ordinate in me charitatem, » aliqua exempla repli- care. Te vult divinus sermo diligere patrem, filium, filiam ; vult te sermo divinus diligere Christum. Necdi- cit tibi, ne diligas liberos, ue parentib us charitate junga- ris.Sedquid dicit?Ne ordinatam habeas charitatem, ne primum patrem, aut matrem, deinde me diligas; ne filii et flliae plus quam mei charitate tenearis. « Qui amat patrem aut matrem super me, non est me dignus ; qui amat filium aut filiam super me, non est me dig¬ nus. » Matth. x, 37. Recole conscientiamtuam de patris, matris, fratrisve affectu, et considéra qnolem circa ser- monem Dei et Jesu habeas charitatem : statim depre- hendes niagis te filium et filiam diligere quam Ver- bura; magis te parentes amare, quam Christum. Qnis putas, ita proficit ex nobis, ut præcipuam et primam Dieu et pour Jésus : vous vous apercevrez aus¬ sitôt que vous aimez votre fils ou votre fille plus que le Verbe, vos parents plus que Jésus-Christ. Qui de nous a fait de tels progrès, qu’il affec¬ tionne par-dessus tout la parole de Dieu, mettant les enfants au second rang? C’est d’après cette mesure que vous devez aimer votre femme. Nul en effet n’a jamais haï sa chair, mais il y tient comme à sa chair. « Et ils seront, » est-il dit, « deux en une même chair, >/ Genes. n, 24, mais non en un môme esprit. Aimez Dieu aussi ; mais aimez-le comme esprit, et non comme chair et sang. Celui qui est uni à Dieu, n’a avec lui qu’un même esprit. L’amour est donc dans l’ordre en ceux qui sont parfaits. Après Dieu, nous devons mettre de l’ordre dans nos autres affections ; le premier précepte est d’aimer notre père et notre mère; le second, nos enfants; le troisième, nos serviteurs. Que si votre fils est méchant et votre serviteur bon, donnez à votre serviteur la place de votre fils dans votre affection. C’est de la sorte que l’amour des saints est en bon ordre. Le divin maître, notre Seigneur, établissant dans l’Evangile les préceptes de l’amour, a donné la règle de chaque sorte d’affection, il en a montré l’ordre â ceux qui veulent entendre l’Ecriture : « Donnez-moi mon rang dans votre amour. Vous aimerez le Seigneur votre Dieu de tout votre cœur, de tout votre esprit, de toute votre âme, de toutes vos forces. Vous chérirez votre inter omnes sermones Dei habeat charitatem, qui in secundo loco liberos ponat? Juxta hune modum, ama nxorem tuam. Nullus quippe aliquando snam carnem odio habuit, sed amat ut carnem. « Et erunt, » inquit, « duo incarne una, »Gen. îr, 24, et non in uno spiritu. Ama et Deum ; sed ama ilium, non ut carnem et san- guinem, sed ut spiritum. Qui enim adhæretDeo, unus spiritus est. Igitur ordinata est charitas in perfectis. Ut autem post Deum etiam inter nosordo ponatur, pri- mnm mandatum est, ut diligamus parentes; secun- dum, ut filios ; tertium, ut domesticos nostros. Si au¬ tem fil i us malus est, et domesticus bonus, domesticus in charitate filii collocetur. Et ita fiet, ut sanctorum ordinata sit charitas. Magister quoque et Dominus nos- ter in Evangelio praecepta de charitate constituées, ad uniuscujusqne dileclionem proprium aliquid apposuit, et dédit intelligentiam ordinis his qui possunt oudire Scripturam dicentem : « Ordinate in me charitatem. Diliges Dominum Deum tuum ex toto corde tuo, et ex tota mente tua, et ex tota anima tua, et ex tota vir- tute tua. Diliges proximum tuum, sicut teipsum;» Veut . vi, 39, et Matth. xxn, fi, et Marc . 26, xu, et Luc. INTERPRÉTATION DES DEUX HOMÉLIES D’OR I GÈNE. prochain comme vous-même. » DeuL vu, Mailh. xxu, 39; Marc, xn, 31, et Luc , x, 26. Pour le prochain, il ne dit pas : De tout votre cœur, de toute votre âme, de toutes vos forces, de tout votre esprit. 11 reprend : « Aimez vos enne¬ mis. » Luc. vr, 35 ; mais il n’ajoute pas : De tout votre cœur. La loi divine n’est pas désordonnée, elle ne prescrit point des choses impossibles, telles que : Aimez vos ennemis comme vous- même; mais seulement : Aimez vos ennemis; il suffit, pour ceux-ci, de les aimer, de n’avoir pas de haine contre eux. Le prochain, au con¬ traire, il faut l’aimer comme nous-même; et Dieu, de tout notre cœur, de toute notre âme, de tout notre esprit et de toutes nos forces. Si vous comprenez cela et si vous l’accomplissez, vous êtes fidèle au précepte que donne l’époux : « Introduisez-moi dans la maison du vin, gardez- moi mon rang dans votre affection. » Qui de nous, je vous le demande, a mis cet ordre dans ses attachements? « Etablissez-moi au milieu des parfums. » Un commentateur a mis : oîhv- 0ô>y, dans votre cellier. C’est l’épouse qui parle : « Appuyez-moi sur les pommiers. » Sur quels pommiers? « Le fils de ma sœur au milieu des jeunes hommes est semblable au pommier parmi les arbres de la forêt. » Que les pommiers soient x; non proximum ex toto corde, ex tota anima, et ex Iota virtute, et ex tota mente. Rursus, inquit : u Dili- gite inimicos vestros; » Luc. vi; 35; et non apposuit, ex fcoto corde. Non est inordinatus sermo divinus, nec impossibilia prœeipit, nec dicit : Diligite inimicos ves- trosutvosmetipsos; sed tantum: Diligite inimicos ves- tros; sufficit eis, quod eos diligimus, et odio non ha- bemus. Proximum vero, ut teipsum. Porro Deum ex toto corde, et ex tota anima, et ex tota mente, et ex tota virtute. Si hæc intellexeris, et intellectn comple- veris, fecisti q'ûod sponsi sermone præcipitur : « Intro¬ duite me in domum vini, ordinate in me.charita- tem. » Quis, putas, e nobis charitatis est ordinatse (al. ordinalor )? « Confirmate me in unguentis. » Unus de Interpretibus posuit oîvavôwv (g). Hæc est nu- tem sponsa quæ loquitur : « Stipate me in rnalis?» In quibus rnalis? « Ut malum in lignis silvæ, ita fratruelis meus in medio filiorum. » Idcirco in malis ejus .stipate me, quia vulneratæ charitatis 427 donc mon appui, parce que l’amour m’a blessée. Qu’il est beau, qu’il est admirable d’être blessé par l’amour! L’un a été blessé par l’amour char¬ nel, l’autre par les appétits terrestres ; mais vous, mettez à nu vos membres, et découvrez-vous au trait choisi, au trait de la beauté divine, puisque Dieu est un sagittaire. Ecoutez ce que l’Ecriture dit de sa flèche, ou plutôt soyez ravi d’entendre ce que dit la flèche elle-même : « Il m’a regardé comme une flèche choisie, il m’a tenu en réserve dans son carquois, et il m’a dit : C'est une grande gloire pour toi d’être appelé mon servi¬ teur. » Isai . xnx, 2. Comprenez ce que dit cette flèche et comment Dieu l'a choisie. Qu’il est beau d’être blessé par ce trait! Ils avaient reçu cette blessure, ceux qui se disaient l’un à l’autre : « Notre cœur n’était-il pas embrasé en nous, dans le chemin, lorsqu’il nous découvrait les Ecritures? » Luc . xxiv, 32. Si quelqu'un reçoit une blessure de notre discours et des leçons de l’Ecriture sainte, et s’il peut dire qu'il est blessé d’amour, peut-être en effet ce passage s’adresse également à lui. Que dis-je « peut-être ? » Cela est certain ; il a le droit de dire : « Son bras gauche sera sous ma tête, il m’entourera de son bras droit. » La parole de Dieu a, dans la main droite et dans la gauche, la sagesse, qui, mul- ego sum. Quam jpulchrum est, quam décorum a cha- ritate vulnus accipere ! Abus juculum carnei amoris excepit, alius ex terreua cupidine vulueratns est : tu nuda membra tua, et præbe te jaculo electo, jaculo formoso,si quidemDeussagittarius est. Audi Scripturam de hoc eodem jaculo loquentem; imo ut tu amplius admireris, audi ipsum jaculum quid loquatur : « Posuit me ut sagittam electam, et in pharetra sua servavit me et dixitmihi : Magnum est tibi hoc, vocari puerum meum. » Isai. xlix, 2. Intellige sagittam quid dicat, et quomodo a Deo sit electa . Quam bea- tum est hoc jaculo vulnerari ! Hac sagitta vulnerati fuerant illi qui inter se invicem conferebant, di- centes : ■:< Nonne cor nostrum ardens erat in via, cum aperiret nobis Scripturas ? » Luc. xxiv, 32. Si quis sermone nostro, si quis Scripturæ divinæ ma- gisterio vulneratur, et potest dicere, quia vulneratæ charitatis ego ; hune et illud forsitan sequitur. Quid forsitan dico? manifestam promo sententiam : « Si- (a) Veteres editi, olvav0£vu>v, quæ minime» spernenda est Lectio. Regiu. ms. Lalinis litteris onesiaston ; in aliis aJin reperit Mnrtionæns; sed utique prœferenda irapressa lectio oivav0wv (Martien. oïvâv0u>v)i quod Symmachî versio persuadet, qui interprétatif est olvctv0T|, tametsi minime expedîtmn sit definire, quis iste fuerit Interpres, quom Hieronymus non nominal. — Posuit oïVGtvOaiv. Monuscripli Corbeienses velustis- simi, h posuit in vinariu. Hæc autem, » etc. Exemplar S. Tlieodorici prope ïUiemos, « posait oivotov, id est, eella virmria, * etc. Aliud collegi Paris, Navar. nee non Regium, posuit OINÀNftN. Et in ora marginalî luec addît Nuvar.: oîvéwv, « id est, cella viuaria ; ab eo quod est oîvoç, vimirn. h Porro o!vav0vu>v legimus in voteribus editionibus, «ed melius oîvavOtwv, nam oîvav0T| « est vitis Uorens. » Nisi forte le - gendnm ait otvwvwv, j 'Xta Lntiuam iriterpretationem veterurn mss. libroruui. Maativn. 128 SAINT JÉROME. tiple à cause de la différence des intelligences, quérir les vertus et les forces du champ. » De est une dans celui qui lui est soumis. Salomon lui-même s’est expliqué ailleurs sur la main droite et sur la main gauche de la sagesse : « La durée des années de la vie est dans sa main droite ; la gauche tient les richesses et la gloire. » Prov. III, 16. Par conséquent, l’époux, afin de me procurer le repos, a passé son bras gauche vous ma tête èn guise d’oreiller, en sorte que la principale partie (-hyspovixov) de mon âme s’appuie sur la parole divine. « Son bras gauche1 est sous ma tête, » Il importe que vous, n’ayez pas des chevets que les lamentations puissent assaillir. Il est écrit en Ezéchiel : « Malheur à celles qui font des oreillers pour reposer toutes les tètes! » Ezech . xiii, 18. Ne préparez point de ces oreil¬ lers, ne cherchez point ailleurs le repos de votre tête, puisque vous avez le bras de l’époux ; qu’il soit sous votre tête, et dites : « Son bras gauche est sous ma tête ; » vous aurez ainsi les richesses et la gloire qui sont dans sa main gauche. Vous le dites vous-même, et vous ajoutez : « Son bras droit m’entourera. » Ce bras vous embrasse tout à fait ; c’est que la durée des années de la vie est dans sa main droite ; aussi aurez-vous longue vie et jours nombreux sur la bonne terre, que vous donne le Seigneur votre Dieu. Exod. xx, et Peut, iv, « Je vous ai adjurées, filles de Jérusalem, d’ac- nistra ejus sub capite meo, et dextera illius amplexa- bitur me. » Habet et in siuislra, et in dexLera seraiu Dei sapientiam, qnæ cum pro intellectus varietate sit multiplex, in subjacenti una est. Ipse Salomon de læva et dextera sapientiæ docuit dicens : « Longitudo enim et anni vitæ in dextera ejus : in sinistra autem ipsius divitiæ et gloria. » Prov. in,l6. Igitur læva ejus sub capite meo, ut me facial requiescere, et brachium sponsi bat cervical meum, reclinetur animæ princi¬ pale (^yep-ovixov) super sermonem Dei. « Læva ejus sub capite meo. » Non expedit tibi liabere cervioalia, quæ lamentatio sequatur. In Ezechiele scriptum est : « Væ liis qui consuunt cervicalia sub omni cubitu manus.» Ezech. xm, 18. Noli consuere cervicalia, noli capiti aliunde requiem quærere ; habes sponsi lævam ; sit sub capite tuo, et die : « Læva ejus sub capite meo ; » quam cum habueris, omnia tibi quæ sunt in læva tri- buuntur. Dicisquippe, in sinistra ejus divitiæet gloria, et dextera ejus amplexabitur me. Totum te sponsi dex¬ tera complectatur. Longitndo quippe et anni vitæ, in dextera ejus; et obid longævitæ, etinultorum dierurn eris super terram bonam. quam Dominus Deus tuus dat tibi.» Exod . xx, et Peul. iv. quoi l’épouse adjure-t-elle les filles de Jérusalem? « Levez-vous et réveillez votre amour. » Jusquès à quand dormira- t-il en vous, ô filles de Jérusa¬ lem, ô jeunes filles, l’amour qui ne dort point en moi, parce que j’ai reçu sa blessure ? Mais en vous, qui êtes plusieurs, et jeune filles, et lilles de Jérusalem, dort l’amour de l’époux ? Aussi vous ai-je adjurées, ô filles de Jérusalem, de vous lever, et plus encore de réveiller l’amour qui est en vous. Le créateur de toutes choses, quand il vous créa, a semé dans vos cœurs les germes de l’amour. Et maintenant, de même qu’il est dit ailleurs : « La justice s’est endormie en elle, » Isai I, 21 , de même l'affection sommeille en vous; selon ce qui est dit ailleurs : « L'époux repose comme un lion, ou comme un lionceau. » Gen. xlïx. Dans les infidèles et dans ceux qui ont le doute au cœur, sommeille la parole divine; elle veille dans les saints. Elle sommeille en ceux qui flottent au gré des vents, elle s’éveille à la voix de ceux qui désirent être sauvés sous la garde de l’époux. Matth. vm. Dès qu’il se lève, il se fait un grand calme ; aussitôt les vents et la mer s’apaisent; les démons l’interpellent, et il maîtrise leur rage comme les flots. Dès qu’il dort, c’est la' tempête, la mort et la désespé¬ rance. « Je vous adjure donc, filles de Jérusa¬ lem, au nom des vertus et de la force du champ. » « Adjuravivos, liliæ Jérusalem, in virtutibns et ia viribus agri. » Quid adjurât sponsa filias Jérusalem? a Si levaveriLis et suscitaveritis cbaritatem. » Quarudiu charitas dormit (al. dormioit) la vobis, o filiæ Jérusa¬ lem, o adolesccntulæ, quæ in me non dormit, quia vulnerata sura charilate? In vobis autem, quæ pluros estis, et adolescentulæ, et filiæ Jérusalem, dormit cha- riLas sponsi. Adjuravi érgo vos, filiæ Jérusalem, si le- vuveritis, et non solum levaverilis, sed et suscitaveri¬ tis, quæ in vobis est, cliaritatem. Creator uuiversitatis cum vos conderet, inseruit in cordibus vestris semina charitatis. Nunc autem, sicut alibi dicitur : « J ustitia dormivit in ea, » Isai. i, 21, sic dilectio dormitat in vobis; juxta quod et alibi dicitur : « Sponsus requie- vit ut leo, et ut catulus leonis. » Gen. xlix. Adhuc in infidelibus et in his qui corde sunt dubio, dor¬ mitat sermo divinus; vigilat in sanctis. Dormitat in his qui tempestatibus fluctuant ; suscitatur yero eorum vocibus, qui cupiunt, vigilante sponso, sal- vari. Matth. vm. Statirn fit, eo vigilante, tran- quillitas ; statim undarnm moles conquiescunt, spiritibus contrariis increpatur, fluctuum rabies silet. Illo dorniiente, tempestas, mors etdesperatio est. «Ad- 129 INTERPRÉTATION DES DEUX HOMÉLIES D’ORIGÈNE. De quel champ ? De celui-là sans doute, « qui exhale l’odeur d’une terre féconde, bénie par le Seigneur. » Gen. xxvu, 27. « Levez-vous et réveillez votre amour autant que le demande le fils de ma sœur. Le voici qui vient bondissant au-dessus des montagnes. » C’est en ces termes que l’Eglise exhorte les jeunes files à se tenir prêtes pour la venue de l’époux, si toutefois il daigne venir et les favoriser de son entretien. Comme elle parle encore, l’époux vient; elle le montre du doigt, et dit : « Le voici qui vient posant son pied sur les montagnes. » L’épouse, c’est l’âme heureuse et parfaite, qui voit à l’instant et contemple la venue de la parole divine, qui sent que la sagesse, que l’amour est venu pour elle, et qui dit à ceux qui ne voient pas : « Voici qu’il vient. » Priez pour- que je puisse dire aussi : « Voici qu’il vient. » Si je puis expliquer la parole de Dieu, je dis en quel¬ que manière : « Voici qu’il vient. » Où ? Non pas assurément dans la vallée, dans les bas lieux. Où vient-il ? « Bondissant sur les mon¬ tagnes, bondissant par-dessus les collines. » Si vous êtes montagne, la parole de Dieu pose son pied sur vous ; si vous ne pouvez être mon¬ tagne, si vous n’êtes que colline, il passera par-dessus. Que toutes ees expressions sont belles et justes ! Elle pose son phed sur les mon¬ tagnes, parce qu’elles sont plus élevées ; elle passe par-dessus les . collines, parce qu’elles juro ergo vos, filiæ Jérusalem, in virtutibus et in vi- ribus agri. » Cujus agri?Nempe illius, « cujus odor agri pleni, quem benedixit Dominus. » Gen. xxvu, 27. « Si levaveritis et suscitaveritis charitatem, quoadus- que vclitvox fratruelis mei. Ecce liic venit saliens su¬ per montes. » Hæc adhuc loquitur Ecclesia exhortans adolcscentulus, ut ad sponsi præparentur adventum ; si tamen venire voluerit, et suum illis præbere collo- quium. Adhuc igitur loquente ea, venit sponsus, quem digito monstrat, et dicit : «Ecce hic veuit saliens super moules.» Intellige sponsam (al, sponsæ), animam bea- tarn atque perfectam, quæ citius videat, citius ser- monis contempletur adventum, quæ sibï sapien- tinm, sibi venisse sentiat charitatem, et dicat non videntibus : « Ecce hic venit. » Orate ut et ego possim dicere : « Ecce bic venit. » Si enim potuero Deidisserere sermonem, quodammodo et ego dico (al. dictmi) : « Ecce hic venit. » Quo? Non utique ubi val- lis, non ubi humilia loca. Quo venit? « Saliens su¬ per montes, transiliens super colles. » Si fueris mons. salit in te sermo Dei. Si non valueris esse, mons, sed fueris collis secundus a monte, transiliet TOM. IV . sont moindres. Elle ne franchit pas les mon¬ tagnes pour se poser sur les collines. « Voici qu’il vient posant son pied sur les montagnes et fran¬ chissant les coteaux. » « Le fils de ma sœur est semblable à la gazelle et au faon dans les montagnes de Béthel. » Ces deux animaux sont nommés fréquemment dans les Ecritures, et ce qui est plus digne de re¬ marque, le plus souvent ils le sont ensemble. Voici, est-il écrit, ceux dont vous vous nourrirez; et bientôt après on lit : la gazelle et le cerf. Ici encore il est question de la gazelle et du cerf. C’est que ces animaux ont une ressemblance, une certaine parenté. La gazelle a la vue très- perçante. Le cerf fait une guerre acharnée aux serpents. Qui de nous, je vous le demande, est digne de donner une explication entière de ce mystérieux passage ? Prions Dieu qu’il nous dé¬ couvre les Ecritures, afin que nous puissions dire : « Jésus nous a découvert les Ecritures. » Luc. xxiv, 32. Que disons-nous donc? que le dorcaSy c’est-â-dire la gazelle, suivant la physio¬ logie de ceux qui discutent de la nature de tous les animaux, a reçu ce nom à cause d’une force innée en lui. C’est parce que cet animal est doué d’une vue perçante (oÇu^o/.î'oTspoy), qu’il a reçu le nom de dorcas . Quant au cerf, il est un ennemi tellement redoutable des serpents, qu’il les tire des cavernes avec les narines, en aspi¬ rant, et qu’il s en nourrit avec délices, sans avoir super te. Quain vero pulehru et convenientia rebus vocubula. Salit super montes, quia majores sunt ; tran- silit super colles, quia minores sunt. Non transilit su¬ per montes, non salit super colles. « Ecce bic venit saliens super montes, transiliens super colles. » «Similis estfratruelis meus capreæ, aut binnulo servo- rum inmontibus Bethel. » Ilæc duo animalia in Scrip- turis frequentios nominantur, et quo amplius admire- ris, sæpius juncta ponuntur. Et hæc sunt, ait, quæ manducabis ; post paulnlum inferens, capream et cer- vum. In præsenti quoque libro pariter nominantur cervus et caprea. Quodammodo enim cognata sibi et vicina sunt ista animalia. Caprea, id est dorcas, acu- tissime videt. Cervus interfector serpentum est. Quis, pu tas, estdignus enobis, qui juxtadignitatem looi at¬ que mysterii, plenam possit explicare rationem ? Ore- mus Dominum, ut nobis largiatur sensum ad apericn- das Scripturas, et possimus dicere : « Quomodo ape- ruit nobis Jésus Scripturas. » Luc. xxiv, 32. Quid igitur dicimus ? quia «dorcas,» hoc est, caprea, secundum eo- rum physiologiam, qui de naturis omnium animalium disputant, ex insita sibi vi noruen acceperit. Ab eo enim 9 SAINT JÉROME. 130 rien à redouter de leur venin. Peut-être la ga¬ zelle est-elle la figure de mon Sauveur eu égard à la doctrine, et le cerf eu égard aux œuvres. Quelles sont ces œuvres? Il met à mort les ser¬ pents, lorsqu’il paralyse les puissances enne¬ mies. Aussi lui dirai-je : « Vous avez écrasé la tète des dragons sur l’eau. » Psalm. lxxiii, 13. Le fils de ma sœur est semblable à la gazelle ou au faon sur les montagnes de la maison de Dieu. Béthel, en effet, veut dire maison de Dieu. Toutes les montagnes ne sont pas de la maison de Dieu ; il n’y a que celles qui sont de l’Eglise. On trouve d’autres montagnes qui élèvent leurs hauts sommets contre la science de Dieu, — celles des Egyptiens et des Allophyles. Voulez-vous avoir la certitude que le fils de ma sœur est semblable à la gazelle ou au faon sur les cimes de Béthel? Soyez une montagne de l’Eglise, delà demeure de Dieu ; et l’époux vous viendra sem¬ blable à la gazelle ou au faon sur les monts de Béthel. L’épouse qui auparavant passait sa vie sur les montagnes et sur les collines, sent que l’époux s’est rapproché d’elle; elle le compare à l’animal qui bondit et qui franchit, et puis, quod aeutius videat, id est, (a) o^uSepxeaxspov, dorcas appellata est. Cervus vero serpentum inimicus ac de- bellator est, ita ut spiritu narium eos extrahat de ca- vernis, et superata pernicie veneni, eorumpabulo delec- tetur. Forsitan Salvator meus caprea fit juxta 0ewpi'av; cervus juxta opéra. Quænam ista sunt opéra ?ïnterficit ipse serpentes, cum contrarias fortitudines jugulât. Ideo dicam ei : « Tu contrivisti capita draconum su¬ per aquam. »Psal. lxxiii, 13. Similis est fratruelis meus capreævel hinnulocervorum super montes dormis Dei. Bethel quippe iriterpretatur, « domus Dei. » Non om- nes montes domus Dei sunt; sed hiqui montes Eccie- siæ sunt. Inveniuntur quippe et alii montes Ægyptio- rum et Allophylorum. Vis scire, quia similis est fra¬ truelis meus capreæ, aut hinnulo cervorum super mon¬ tes Bethel ? Esto mons Ecclesiasticus, mons domus Dei ; et veniet ad te sponsus similis capreæ vel hinnulo cer¬ vorum super montes Bethel. Cernit sponsum appropin- quasse vicinius, qui ante super montes versabatur et colles ; assimilât eum transilientem, et post hæc ad se et ad alias adolescentulas advenisse cognoscens, ait : «Ecce hic rétro postparietem nôstrum.» Siædificave- ris parietem, et feceris sedificationem Dei, veniet connaissant qu’il est venu vers elle et vers ses compagnes, elle dit : « Voici qu’il est derrière notre mur. » Si vous élevez un mur et que vous fassiez une construc¬ tion de Dieu, l’époux vient derrière ce mur, « regardant par les fenêtres. » Une fenêtre, c’est tel de vos sens, et l’époux regarde par ce sens. Une autre fenêtre, c’est tout autre de vos sens, et par là encore l’époux observe avec sollicitude. Quels sont en effet les sens par lesquels la pa¬ role de Dieu ne regarde point? Qu’est-ce que regarder par les fenêtres, et comment l’époux observe par ces fenêtres, c’est ce que va nous apprendre l’exemple qui suit. Là où l’époux n’est pas en observation, on voit monter la mort, selon ce mot de Jérémie ; « Voici que la mort s'introduit par vos fenêtres. » Jerem. ix, 21. Quand vous jetez les yeux sur une femme pour la convoiter, c’est la mort qui entre par vos fe¬ nêtres. (c S’élevant à travers les filets. » Compre¬ nez que vous marchez au milieu des pièges, et que vous passez au-dessous d’embûches suspen¬ dues sur vos têtes. Tout est plein de pièges, le diable en a mis partout. Mais si la parole de post parietem tuum, « prospiciens per fenestras. » Una fenestra, unus est sensus ; per huncprospicit sponsus. Alia fenestra, alius est sensus ; et per hune sponsus sollicite contuetur. Per quos enim sensus non pros- picit sermo Dei ? Quid si t autem prospicere per fenes¬ tras, et quomodo per cas sponsus aspiciat, sequens doccbit exemplum. Ubi non prospicit sponsus, ibi mors invenitur ascendens, ut legimus in Jeremia: «Ecce mors ascendit per fenestras vestras. » Jerem. îx, 21. Quando videris mulierem àd concupiscendum eam, jam mors ascendit per fenestras tuas. « Eminens per retia. » Intellige, quia in medio laqueorum ambu- las, et subtus machinas transeas imminentes, Omnia retibus plenasunt ; diabolus laqueis cuncta complevit. Si autem venerit tibi sermo Dei, et cceperit eminere de retibus, dicens : « Anima nostra sicut passer erepta est de laqueo venantium ; laqueus contritus est, et nos liberati sumus; » Pial, cxm, 7 ; « Benedicti nos (al. vos) a Domino, qui fecit cœlum et terram. » Psal. cxm, 15. Eminet igitur sponsus per retia tibi viam faciens. Jésus descendit ad terras, subjecit se retibus mundi. Videns magnum hominum gregem retibus 1 impeditum, nec eum ab alio, nisi a se posse conscindi, (a) Vulgati acte Martian, drrcà TOÜ SspxSLV. Walim dumtaxat dî'uSépxetv uno verbo. Elegantisaime autem nostcr Zeno Sorrnm. do Prrecepto, « Attende tibi, pau'o poat inilium : « Damula, » inqnit, « non j nourrit in laqueum, pro eo quod dicitur visum acutissimum gereret Undo et nominis soi etymologia servotur in Grœcis. » Cæterum receptæ opiuioDi Scaligev refrogatur ad Jib. n Arislotol. de Animât., uom. 130, ■ubi damam vull dici Tcodxa, prou t eam appellat Stagnâtes, cooseuticnte in sua versions Theodoro. — Id est, dî-uSep/icTepov. Peasime io antea editis libris Grœca isibæc confingnut Erasmus et Wariamia, id est , Ttapà TÔ ô£e ax; S^pxetv. Nos geouioa rcsiituimus subsidio velustissi- monim exempta num maouacriptcrum quœ constaDter retinent nomen Gracmn <3î*u8epx£<7TSpOV, uenipe a primilivo d^uSepx*^^, id est acutum ceruens, aeie oeulonuu acri prcuililus, pcrspieax. Uode dî'uSepy.éaxxTOÇ npud Herodotum. Martian. •131 INTERPRÉTATION DES DEUX HOMÉLIES D’ORIGÈNE. Dieu vient à vous, il rompt les pièges , et vous pouvez dire : « Mon âme .s’est échappée comme un passereau s’échappe des rets du chas¬ seur; le piège a été brisé, et ç’a été ma déli¬ vrance; )> Psalm. cxxin, 7; « nous sommes bénis par le Seigneur, qui a fait le ciel et la terre. » Psahn. cxm, 15. L’époux s’élève à travers les filets, vous frayant la route. Jésus était descendu sur la terre, et s’était soumis aux filets du monde. Voyant que la grande famille humaine était prise en des pièges qui ne pouvaient être rompus que par lui seul, il vint à ces pièges, et prenant un corps d’homme enveloppé des chaînes des puis¬ sances ennemies, il brisa ces chaînes pour vous, afin que vous puissiez dire : « Voici qu’il est der¬ rière notre mur, regardant par les fenêtres et s’élevant à travers les filets. » Après .qu’il est hors des embûches , l’Ecriture vous montre comme il vous parle : Le fils de ma sœur répond en ces termes : Levez-vous, venez, vous qui êtes près de moi, je vous ai frayé la route, j’ai rompu les rets; venez donc avec moi, ô ma compagne. « Levoz-vous, venez, vous qui êtes près de moi, ô ma toute belle, ô ma colombe. » Pourquoi dit-il: Levez-vous en toute hâte? Cela signifie : J’ai soutenu pour vous le choc des tempêtes; j’ai affronté les orages qui vous étaient destinés. Pour vous mon âme est devenue triste jusqu’à la mort. MaWi. xvi, et Marc. xiv. Je suis ressuscité d’entre les morts, après avoir brisé l’aiguillon de venit ad retia, assumens corpus humanum, quod ini- raicarum forLitudinum laqueis tenebatur, ea tibi diru- pit, et loqueris : « Ecce hic rétro post parietem nos- trum, prospiciens per fenestras, emineus per retia. » Cum eminuerit, dicit tibi : Respondet fratruelis meus, etdicit : Surge, veui, proxima mea, viam tibi feci, conscidi retia ; sic veui ad me, proxima mea. « Surge, veni, proxima mea, speciosa mea, columba mea. » Car ait : Surge ? Cur propera? Ego pro te sus- tinui rabiem tempestatum ; ego fluctus, qui tibi debe^ bantur, excepi. Tristis est facta anima mea propter te usque ad mortem. Matlh. xvi, et Marc . xiv. Surrexi a mortuis, fractis morLis aculeis, et inferni vinculis dis¬ solues, ideo dico tibi : « Surge, veni, proxima mea, speciosa mea, columba mea ; quia ecce hyems transi- vit, pluvia abiit sibi, flores visi sunt in terra. » Ego a. mortuis surgeus, tempestate compressa, tranquillitatem reddidi. Et quia secundum dispensationem caruîs ex Vir- gine, et voluntate Patris crevi, et sapientiaget ætate profeci, « flores visi sunt in terra, tempus sectionis adest. » Sectio, remissio peccatorum est. Omnem enim ramum, ait, iu me mauentem et afferentem fructum, la mort et les chaînes de l’enfer; c’est pourquoi je vous dis : « Levez-vous, venez, ô ma compa¬ gne, ô ma toute belle, ô ma colombe. L’hiver est passé, la pluie ne tombe plus, et les fleurs sont écloses. » En ressuscitant d’entre les morts, après avoir apaisé la tempête, j’ai ramené le calme. Et parce que, selon mon incarnation dans le sein de la Vierge et par la volonté du Père, j’ai crû en sagesse et en âge, « les fleurs ont paru sur la terre; et voici le temps de la taille. » La taille, c’est la rémission des péchés. L’Evan¬ gile dit : Mon Père émonde toutes les branches qui portent du fruit en moi, afin qu’elles en portent davantage. Joan . xv, 2. Portez des fruits, et vos branches d’autrefois qui étaient stériles, seront retranchées, puisque voici le temps d’émonder les arbres. « La voix de la tourterelle s’est fait entendre sur la terre. » Ce n’est pas sans motif qu’il était prescrit de prendre pour les sacrifices une paire de tourterelles ou deux jeunes colombes ; l’un est l’équivalent de l’autre, et il n’est jamais dit séparément une couple de colombes, mais une paire de tourterelles ou deux jeunes colombes. Levit. i, v, xn et xiv, et Luc. ii. La colombe, c’est l’Esprit-Saint. Mais le Saint-Esprit, quand l’Ecriture parle des grands sacrements, des mys¬ tères les plus cachés et que le plus grand nombre ne peuvent concevoir, est figuré par la tourte¬ relle, oiseau qui habite toujours sur la cime des Pater meus mundat, ut fructus majores afferat. Joan. xv, 2. Habeto fructus, et priora quæ iu te infructuosa (al. fmeluosa) sunt, aufereutur. Tempus quippe sectio- nis adest. « Vox turturis audita est iu terra nostra. » Non sine causa in sacrificiis assumitur par turturum, aut duo pulli columbarum ; nam idem valent, et nuuquam dictum est separatim, par tantummodo columbarum ; sed par turturum et duos pullos columbarum. Cevit. i, v, xii et xiv, et Luc. n. Columba, Spiritus Sanctus est. Spiritus auteru Sanctus, quando de mngnis et oc- cultioribus Sacramentis, et quæ multi capere non possunt, loquitur, in turturis appellatione signatur, id est, in ejus avis, quæ semper in montiuin jugis, et in arborum verticibus commoratur ; in vallibus autem, et his quæ ad homines usque perveniunt, columba as¬ sumitur. Deniqne Salvator, quia homiuem est dignatus assumere, et venit ad terras, multique tune circa Jor- danem peccatores erant; idcirco SpiriLus Sanctus non iu turturem vertitur, sed columba fit. Inter nos, propter hominum mulLitudinem, avis mansuetior conversatur. Turtur autem videtur, verbi gratia, Moysen et unum- SAINT JÉROME. 132 monts et sur le faite des arbres; lorsqu’il s’agit des choses qui sont à la portée de l’homme, il est représenté par la colombe, qui fait sa de¬ meure dans les vallées. Enfin lorsque le Sauveur daigne se revêtir d’un corps humain et vient sur la terre, sur les bords du Jourdain où étaient tant de pécheurs, l’Esprit-Saint n’apparaît pas sous la forme d’une tourterelle, mais sous celle d’une colombe, oiseau de mœurs beaucoup plus douces qui ne craint pas de vivre au milieu de nos multitudes. Et alors la tourterelle désigne Moïse, par exemple, ou tout autre prophète se retirant sur les montagnes ou au désert pour y recevoir les révélations divines. « La voix de la tourterelle s’est fait entendre sur la terre. Le figuier a produit son fruit vert. Dans ce figuier il faut voir un emblème. Lorsqu’il se sera couvert de branches nouvelles et de feuilles, sachez que l'été est proche. » Le livre saint veut nous an¬ noncer qu’après l’hiver, après les tempêtes, la moisson des âmes est proche, et il dit : « Le figuier a produit ses fruits verts , les vignes fleurissent, la nature est embaumée. » Puisque les ceps se couvrent de bourgeons, le temps des raisins viendra bientôt. « Levez-vous donc et venez, ô ma compagne, ô ma toute belle, ô ma colombe. » Les paroles que nous venons de commenter, l’époux les adresse à l’épouse seule, hors de la présence du cortège. Mais écoutons tout ce discours â l’épouse. quemlibet intelligero prophetarum recedentium in montes et deserta, et ibi accipientium sermones Dei. « Yox ergo turturis audita est iu terra nostra. Ficus produxit grossos sues. A fieu cognoscite parabolam. Cum ramus ejus teuer factus fuerit, et folia miserit, scitote quia juxta estæstas. » Vult nobisDei eloquium nuutiare, post hyemem, post procellas, animarum ap- propinquare messem, et ait : « Ficus produxit grossos suos, viles fiorescunt, de- derunt odoreru. » Si vites jam rumpuntur in fiorem, tempus adveniet, et erunt uvæ. « Surge, veni, proxima mea, speciosa mea, columba men. » Hæc quæ superius exposuimus, sponsus, non audienlibus adolescentulis, sed sola spousa audiente, loquitur. Volumus autera et ipsius jam audire sevmonem loquentis ad sponsam. « Surge, veni, proxima mea, columba mea, et veni, columba mea, sub tegmine petræ. » Et Moyses sub tegmine petræ ponitur, ut videat posteriora Dei in tegmine antemuraiis. Exod. xxxm. Primurn veni ad id « Levez-vous, venez, ô ma compagne, ô ma colombe; venez, ô ma colombe, sous le toit de pierre. » Moïse également est placé à l’ouverture du rocher, afiri que, de dessous ce toit en avant du mur, il puisse voir Dieu par derrière. . Exod . xxxm : 11 faut arriver d’abord au pied du mur, avant de pouvoir pénétrer au delà. « Faites-moi voir votre face. » Jusqu’à présent de semblables discours ont ôté tenus à l’épouse. C’est qu’elle ne jouissait pas encore d’assez de confiance pour voir le Seigneur face à face et contempler sa gloire. Maintenant qu’elle est parée de ses orne¬ ments nuptiaux, il lui est dit : « Montrez-moi votre face. » Jusqu’ici, elle n’avait pas eu assez de douceur dans la voix pour mériter ces mots : « Faites que j’entende votre voix. » — Mais quand donc a-t-elle appris à parler? — Silence, Israël; prête l’oreille, et tu sauras le sens des paroles di¬ vines. La voix de l’épouse est devenue douce pour l’époux, quand elle s’est pliée àce précepte du pro¬ phète : « Que ma demande ait pour elle la douceur du miel. » C’est alors que l’époux lui dit : « Faites que j’entende votre voix, parce qu’elle est suave. » Cant . n, 14. Si vous ouvrez votre bouche au Verbe divin, l’époux vous dira : « Votre voix est suave, et votre visage gracieux. » Levons-nous donc, et prions le Seigneur de nous rendre dignes de la parole de l’époux, de la sagesse de Jésus-Christ, à qui appartiennent la gloire et l’empire dans les siècles des siècles. Ainsi soit-il. quod aute murum est, et postea poteris . introire ubi murùs est petræ. « Osteude mihi faciem tuam. » Us- que ad præsenteui diem similia dicuntur ad sponsam. Necdum enim habebat ûduciam, ut revelata fade glo- riam Domini contemplaretur. Quia vero jam ornata est atque composita, dicitur ei : « Ostende mihi faciem tuam. » Nondum euim erat vox ejus ita suavis, ut mereretur ei dici : « Audire me fac vocem tuam. » Quando ergo didicit loqui ? Tace enim, et audi, Israël, et scies f al. scito ) quid loquatur Dominus, Et suavis facta est vox ejus sponso, secundum iilud propheti- cum ; « Suavis fiat ei postulatio mea. » Tune ad eara sponsus effatur : « Et audire me fac vocem tuam, quia vox tua suavis est. » Cant. ii, 14. Si aperueris os tuum Verbo Dei, dicet tibi sponsus : « Vox tua suavis ost, aspectus tuus speciosus. » Qunpropter consurgentes, deprecemur Dominum, ut digni efûciamur sponsi ser- mone, snpieutia Chrisli Jesu, cui est gloria et impe¬ rium in sæcula sæcuiorum. Amen. APPENDICE AU TOME III DES ŒUVRES DE SAINT JÉROME DANS L’ÉDITION DE VALLARSE. PREMIÈRE PARTIE. OU L’ON PASSE EN REVUE L’INTERPRÉTATION EN GREC DU LIVRE DES NOMS HÉBREUX. AVANT-PROPOS. Voici des Mélanges d’expressions grecques, dont Martianay découvrit uu manuscrit dans la Bibliothèque royale de Paris; le premier, il le livra à la publicité, raccompagnant de beaucoup de remarques sur sa rareté et sur sa grande valeur. Et vraiment il fît œuvre méritoire quand, au livre dans lequel saint Jérôme explique les noms hébreux, il joignit ces fragments des anciens commentateurs grecs, et surtout les deux Lexiques d’O- rigène en leur entier; il est permis en effet de se référer pour les étymologies au sentiment de ceux dont saint Jérôme, quand il fit sa belle traduction de ce livre, accepta souvent l’opinion à sa décharge. Mais, dans cet exemplaire d’un copiste peu versé dans la langue grecque, s’étaient glissées tant de fautes, de transpositions, de lacunes, qu’elles créèrent de sérieux embarras à l’éditeur bénédictin, qui fut dans la nécessité de supposer de subtiles conjectures d’après la parenté des lettres ; en fin de compte, à moins de pouvoir le purger de tant de dé¬ fauts au moyen d’un autre manuscrit, cet exemplaire paraissait d’un mince secours pour expliquer les étymolo¬ gies des noms hébreux et pour les composer avec l'interprétation de saint Jérôme. Plus heureux que Martianay, par une bonne fortune que j’appelais de tous mes vœux, et grâce à de patientes investigations faites à la Biblio¬ thèque vaLicane j’ai rencontré un exemplaire sur parchemin, non-seulement antérieur ou un peu moins fautif, mais de beaucoup supérieur; il donne ces mêmes gloses avec une correction bien plus grande, et il y joint heau nombre de noms sacrés qui n’avaient pas encore été mis en lumière; enfin une foule déraisons montrent qu’il est l’archéLype, d’après lequel a été fait le manuscrit de la Bibliothèque Royale, bien que celui-ci en plusieurs endroits, comme il arrive d’ordinaire par l’ignorance du copis Le,. rende mal le premier. C’est ce même recueil qui contient le livre d’Eusèbe intitulé rapi toW Tcmottov 7 pLCKY.dp 10Ç. ’Xoivyp, ovsldov àfulpZGtcr. Bsvta/y.ty, rsxyov oâùv/jç. 'Ps&êV.xk, yccpd. \ 3o S. JÉRÔME. Père voyant le peuple. Père élevé. Fils voyant; voyant au milieu. Action d’entendre ; nom de la demeure. Attaché; pris. Louange ; confession. Il est la récompense. Leur demeure, etc. ; cours de la nuit. Jugement; jugeant. Il m’a conservé ; il m’a dilaté ; ou assurément il m’a enveloppé. Epreuve; petit larron; fortune. Béatitude; heureux. Accroissement. Fils de la droite. Grande patience ; il a reçu beau¬ coup. Brebis ; voyant le commence¬ ment. 11IBRONVMU3. Abraham, pater videns populum. Abram, pater excelsus. Ruben, videns filius, vel videns in medio. Simeon, exauditio, vel nomen habi- taculi. Levi, additus, sive assumptus. Judas, laudatio, sive confessio. Issachar, est merces. Zabulon, habitaculum eorum, etc., vel fluxus| noctis. Dan, judicium, vel judicans. Nephthali, conservavit me, vel dila- tavit me, vel certe implicuit me. Gad,[tentatio, sive latrunculus, vel fortuna. Aser, beatitudo, sive beatus. Joseph, augmentum. Benjamin, filius dextræ. Rebecca, multa patientia, sive mul- tum accepit. Rachel ovis, vel videns principium. 'P v.y'oky 7rpô6«T0v. 2, o lôyoç toü ©sou. (1) De hue etÿœologia nominia Aser sic nos monnît Hioronymus : « Male additco suni diviliœ, id est, tcXoutoç; cum etyinologîa nominis Aser Scriptnrœ auctorjtalo pnudiitur, u etc. « Aser ergo non divitiœ, sed beatus dieilur, h etc. (2) Nomen iOajJiaï- eum tribus seque ni ibus, Mapaunuov, scilicet, '’O'TrqXàç, et nXtv0«, nullatenus pertinent ad sormonem Hebræumj sed p'iræ sunt Grrecœ dietioues, quœ apud vulgus Græeorum usnrp.iri potnere. proverbialiter juxta sensnm verbis singelis affîxnni, itu nt sermo Dei 136 SAINT JÉROME. EXPLICATION LATINE. Sepphora, joie et beauté. Marsippion, consentement. Opélos, gloutonnerie. Plintho, au libertinage. Bethléem, maison de la vie, mai¬ son du saint, maison du pain. Bethphagé, maison delà rencon¬ tre. Béthanie, maison de la gloire. Bersabée, fille du fort. Sara, soumise. Sarra, princesse. Débora, abeille. Moïse, pensée ; pieux ; recher¬ che du Seigneur. Aaron, voyant la vision. Gédéon, qui sonde l’injustice. IXTETVPHETATIO I.ATINA , Sepphora, gaudium et pulchrïtudo. Marsippion, assensus. Opelos ingluvies. PJintho, scortationi. Bethleem, domus vitæ, vel domus sancti, aut domus panis. Bethphage, domus occursus. Bethania, domus gloriœ. Bersabee, fîlia fortis. Sara, subdita. Sarra, princeps. Debora, apis. Moyses, meus, vel pius, aut inda- gatio domini. Aaron, videns visionem. Gedeon, tentator injustitiæ. MANUSCRIT DU VATICAN. Joie et. beauté. L’action d’obéir. Voracité. A la prostitution. Demeure de la vie, du saint, ou du pain. Maison de la réussite. Demeure de la gloire. Fille du puissant. Qui est commandée. Qui commande. Abeille. Esprit; religieux; recherche du Seigneur. Voyant la vision. Mettant à. l’épreuve l’injustice. CODEX VATICANUS. Tfôpa, y^v.pà xctt y,dl\oç. Mapcriirmov, t6 TreiOza-Qat. ‘OînïXàç, yK(Tzptp.apyl(/.t nxivôw, TV? 7 Topvstcf., B'/j otxoç Çor/jç, q otxoç cr.ytov , ;0 otxoç aprov. 1ir,8ycty'of otxoç èmTv^iaç. B odotvict, otscoç lo}'h\7àyc/.nY}Toü ôeoù ’Aêthoü, (îou^eu&iy xupiw. ’lwvàç, TcepLcrrspu. Naoùp., TTapcfx^Yja'tç. ’A y.fic/.'/,oùpL, izv.Tiip iyzipoiv, ormevra «uxov. ’A yyouoq, èoprdÇavToq, Zay/cKpicKÇy vtxyjT^ç lioiv. âyyzXcx;, :o croiT'o plv. xu- p tou. 'Harataç, croÎT'ôpiov '/.vplov. niEnONYMUS. NOM INA PROPHETARUM. Osee, salvans, vel salvatus, aut sal- vator. Amos, fortis, sive robustus, vel popu- lusavulsus,sivepopulum avellens. Michœas, quis hic? vel quis iste ? Joël, incipiens, vel est deus, vel dei. Abdia, servus Domini. Jona, columba vel dolens. Nahum, consolator. Abacuc, amplexaus. Sophonias, abscondens eum. Aggæus, festum, sive solemnis. Zacharias, memoria Domini, vel niemor Domini. Malachia, angélus Domini, vel meus. Isaias, salus Domini. (t) Hic locus maxime depravatus est ab exscriptore, qui verba Epist. ad Hebrœos cap. xr, 23, yeyyT)0e!î Ixpuô'q xpfjJ/qvov, i l est, » natns occultatus est tribus mensibus, u omnino diotnrbavit, et cuna épigraphe ad nomioa Propbetarum apposita bec modo confundit, corruptequo des- cribit : yevy-qQ-qç éxpuê'q xpEjJi'qvov, ovoira irpcxpTixujv. Quod ita posiium nulla ratiooe sut sensu explicari potost. Uncle alinm receo tiorem scriptorein œqne imperitum ia liuiio errorcm induxit, ut putaret genealogiam Prophutûi Osee ac veliquorum esse notation. Quare hæc ab no scripta leguntur in oiargine enm lînca trans versa inter vocabnla Osoe et Amos : f,0 xtç ô TrpO'^X'qt; IHÔç Bapotjj_iou, xal ô xoü irpoSpopLÔt;, uW<; Bxpa^, tpiAïfc Aeuï, %a{ iraXtv "EaSpaç ô xal ’Za'Ka^v^'K lepeüç Ttocx^p Zopo6a6eÀ, 8ç 'qv môç Iyovioir xoüxovdbcécxeLXe Nccëou^oSovoÇôp ô paatXeuç ixexà xôv vdjiov xrpô^ xouç £yxa0éxou<; XapiccpéEa xà 8’ ?0v*q* ot xcc£ ëxpmpotv xà èlSoAa ocùxtov ècxi 8è xal à}0\OÇ 1\Ba8pa<;. Absurdum adoo ae fdlsiim scholion indignum eenseo Latiua ioterpretatione : sed Lectorem mooiium vulim, verlia Epistolœ ad Hebrœos scribeoda esse cum nomine Mosis, vel e regioue ipsinsj dé Mose enim seriptinn est quod « natus occultatus fit tribus mensibus. » (2) Nomina eorrupta in Grœco codioe ms. facile ioternoscuntnr ex coniparationo eorumjqnœ legunlur apud Hieronymum in adverse columna, ut, ’SïjJUoç Omos bio pro Amos, Ambacum pro Abacuc , etc. Similium igîtur eorruptelarum otiose deinceps record aremiu*, cum perspicnai sint, nt diximns, ex comparatD Hieronymo. 438 EXPLICATION LATINE. Jérémie, élevé du Seigneur. Baruch, bénédiction ; bénissez. Ezéchiel, force de Dieu. Daniel, son jugement fort. Séraphins, esprit de résurrec¬ tion; il signifie ceux qui en¬ flamment, ou ardents, Chérubins, science multipliée; ailes; effusion de sagesse. Amen, j’ai cru qu’il en est vrai¬ ment ainsi. Alléluia, glorifiez celui qui est, c’est-à-dire le Seignenr. Michel, chef d’armée du parti de Dieu. Gabriel, jeune adolescent de Dieu. Uriel, feu de Dieu. Raphaël, esprit de Dieu. Eliézer, secours de Dieu. Galilée, révélation. INTEtlPRETATIO I. A TINA . Hieremias, excelsus Domini. Baruch, benedictio, vel bénédicité. Jezechiel, fortitudo Dei. Daniel, judicium ejus forte. Sorapbim , spiritus resurrectionis, vel incendentes reprœsentat, aut ardentes. Cherubim, scientia multiplicata, vel alœ, aut effusio sapientiæ. Amen, credidi quod vere ita sit. Alléluia, glorifîcate eum, qui est, sive Dominum. Michael, dux exercitus ex Deo. Gabriel, adoleseentulus Dei. Uriel, ignis Dei. Raphaël, spiritus Dei. Eliezer, Dei auxilium. Galilæa, revelatio. SAINT JÉROME. MANUSCRIT DU VATICAN. Exalté du Seigneur. Louange; louez. Puissance de Dieu. Sa sentence forte. Souffle de relèvement; il repré¬ sente les incendiaires, ouceux qui chauffent. Connaissance qui a été portée au comble ; ailes ; diffusion de sagesse. J’ai cru comme véritable. Louez celui qui est, ou le Sei¬ gneur. - Généralissime du parti de Dieu. Petit jeune homme de Dieu. Feu de Dieu. Souffle de Dieu. Secours de Dieu. Apocalypse. CODEX VATICANUS. 'ISjOSJUÉaç, XVpiOV. B apov^f sv\oyt&.} y sv\oystrs. ’lsÇexirç)., xparo; Qtov. A xoÉaiç auroü l Gyypd. 'Zspv.fipL l, TTvsufAa «Vaor kotgoç , 'h ifATrpyjo-rà; s^atyst, ôspy,ai- vour c/.ç. Xspov&y. s, k'KiyjoïvK; 7re7r).vj 6vp.~ (j.évrt) vj tït epuyeç, >? yvcnç, voyictç. ’Ap.V^V, K£KL(TTeVy.&.t WÇ «V/J0GOÇ. ’A^yAouta, oùveïrs rov ov tk, yitoltov xvp tou. Mtyv.ylj Hieronymo, sed quia id nominis babuerunt bond pauei bomines in Scriptura sacra. FRAGMENTS EXPLICATION LATINE. jêchonias, pur. pierre, déliant; reconnaissant. Paul, admirable ; élu conseiller. Matthieu, donné en présent. Matthias, don de Dieu, Marc, par mission du Très-Haut. Luc, relevant ou excitant lui- même. Jean, il fut rempli.de grâce. Jean, en qui est la grâce de Dieu. André, vertu glorieuse par ses dehors; qui répond. Jacques, fils d’Alphée. Supplanta¬ tion de l’expérience de la vie. Jacques, supplantateur du travail Philippe, ouverture des mains; ouverture de la lampe. Barthélemy, fils qui suspend les eaux. Thomas, abîme; double. INTERPRETAT 10 J.ATINA . Jêchonias, purus. , XII ÀP0ST0L0IUMN0MINA. Petrus, dissolvens, vel agnoscens. Paulus mirabilis, sive electus.con- siliarius. Matthæus, donatus. Matthias, donum Dei. Marcus, excelsi mandato. Lucas, ipse resurgéns, vel excitans. Joannes, gratificatus fuit. Joannes, in quo est gratia Dei. Andréas, virtus décoré eximia, vel respondens. Jacobus Alphœi, supplantatio dis¬ ciplinée vitœ. Jacobus, supplantator luboris. Phitippus, os manuum, vel os lam- padis. Bartholomæus, filius suspendens aquas. Thomas, abyssus, vel geminus. GRECS DU LIVRE DES NOMS HÉBREUX. 139 MANUSCRIT DU VATICAN. S. JÉRÔME. Pur. NOMS DES DOUZE APÔTRES. Déliant, qui reconnaît. Admirable ; choisi pour con¬ seiller. Donné en présent. Présent de Dieu. Par ordre du Très-Haut. Faisant lever lui-même. Il fut rempli dTo, qui est la grâce de Dieu. Puissance qui a une noble appa¬ rence; répondant. Suppl antation de Y expérience de la vie. Supplantateur du travail. Orifice des mains ; orifice de la lampe. Fils qui tient les eaux en sus¬ pens. Abîme ; didyme. CODEX VATtCANUS. T s'XO'JLua-j xc7Ç 7T0V0U. 4» L X L 7T7T 0 Ç , TT Ô(J.V. yZipoVJ, Y) (TT 6 pa. lupndiïoç. Bv.pOolopa.ÏQç, vloç y.pzu.d.(T(/,çt urhzro:. ©ojukç, aSuo’O’oo’, :h iïiiïvpoç. Préparant, préparation du Sei¬ gneur. Reconnaissant; déliant. Admirable ; choisi. Donné autrefois en présent. Don de Dieu. Elevé par sa mission. Se levant lui-même ; élevant lui- même. En qui est la grâce ; ou grâce du Seigneur. Honneur dans la persévérance; répondant àlanourriture (mais cette étymologie est violente). Millième supplantateur; sur la bouche. Qui supplante. Orifice de la lampe ; ouverture des mains. Fils de celui qui tient les eaux en suspens. Didyme, c’est-à-dire, double ; abîme. HIERONYHUS. Jêchonias, præparans, sive præpa- ralio domini. XII ÀPOSTOLORUM NOHINA. Petrus, agnoscens, sive dissolvens. Paulus, mirabilis, sive electus. Matthœus, donatus quondam. Matthias, donum Dei. Marcus, excelsus mandato. Lucas, ipse consurgens, aut ipse elevans Joannes, in quo est gratia, vel Do- mini gratia. Andréas, decus in statione, vel res¬ pondens pabulo ; sed hoc violen- tum. Jacobus Alphæi, supplantator mille- simus, sive super os. Jacobus, supplantans. Philippus, os lumpadis, vel os ma- nuum. Bartholomæus, filius suspendentis aquas. Thomas, Didymus, id est, geminus, vel abyssus. UO EXPLICATION LATINE, Ananie, glorifiant. Azarias, lion qui voit. Misaël, comment Dieu se relè- vera-t-il ? Ephud, manifestation, vérité. Jésus, Sauveur ; parfait. Eliu, du Seigneur fort. Elisée, vertu de Dieu. Zacchée, vainqueur. Gadès, sanctification. Gadon, saintes. Sigor, humilité. Sion, observatoire ; maison de l’esprit. Aaron, montagne de la force. Jérusalem, vision de la paix. Babylone, confusion. Basan, ignominie, c’est-à-dire honte. Og, clôture. Adonibezec, secours du Sei¬ gneur. INTERPRETATIO LATINA . Ananias, glorificans. Azarias, videns leo. Misnel, quomodo resurgat Deus ? Ephud, manifestatio, et veritas. Jésus, salvator, perfectus. Heliu, fortis Domini. Elisæns, Dei virLus. Zacchæus, victor. Cades, sanctificatio. Cndon, sanctæ. Sigor, humilitas. Sion, spécula, vel domus spiritus. Aaron, mons forti tudinis. Jérusalem, visio pacis, Bubylou, coofusio. Basan, ignominia, id est, puclor. Og, intersepimehtum. Adonibezec, Domini auxilium. SAINT JÉROME. MANUSCRIT DU VATICAN. Rendant gloire. Lion qui voit. Gomment Dieu se lèvera-t-il ? Manifestation, vérité. Sauveur, affranchi. Du for t qui agi t de sa propre main’ Puissance de Dieu. Vainqueur. Sanctification. Saintes. Humilité. Observatoire, maison du souffle. Montagne de la force. Vision de la paix. Confusion. Honte. Action de mettre une barrière. Secours du Seigneur. CODEX VATICAXU8. ’A vuviaç, doÇct'Çùyj. 'A 'Çc/.pLaç,, filéirMv Xàoi'j, M 'OGayX ttojç àlydzic/,. E yovâ, vmA oXyOsLot. Hïjcoüç, aon yp, àvLOvy.e'JOç. 'Rltov, layvpoü tl v.vdivTOv. ?E).t(JO'aiOç, Ùsov (îuvcquç. ZoMyodoç, ytzyjrviç. v.yLv.ay.ôç. K«<îwv, àyLv.ç. Ziyo)p, T«Tîeéjw(Ttç. 2tô)v , cryoïrev-ypLOv, y otzoç roü 7TV£U|y.«70ç. ’Aajowv, o p o ç l o-yvoç. 'I epovaulÿp., opv.dLç elpyvyç. B aëubàv, GÔyyvvLç. B vxGyyvt j. *£ly, (bà'ppaÇiç. "A oy§iw.. S. JÉRÔME. Grâce de Dieu. Secours de Dieu. Quel est le salut de Dieu ? Vêtement de dessus qui s’appelle en grec Ittêv^uk ou Sauveur, qui sauve. Gelui-là est mon Dieu. Salut de mon Dieu. Justifié, juste, qui doit être justi¬ fié. Mot syriaque etnon hébreu. Sainte, changée. Changeant, saint. Petite, qui est au midi. Observatoire, ordre, qui est vain, écueil. Montagne du fort, ou de la force. Vision de la paix. Confusion. Confusion, corpulence, séche¬ resse. Qui rassemble. Dieu de la foudre, Dieu qui mé¬ prise le superbe. HIERON'YMUS. Ananias, gratia Dei. Azarias, auxilium Dei. Misael, quæ est salus Dei? Ephod , superindumentum , quod Græce dicitur ê'rcévSu|jLa, sive é'rctopjç. Jésus, salvator, vel salvans. Eliu, Deus meus iste. Elisæus,Dei mei salus. Zachæus, justificatus, aut justus, vel justiûcandus. Syrum est, non Hebræum. Cades, sancta, vel mulata. Cades, commutans, sive sanctus. Segor, parva, vel meridiana. Sion, spécula, vel mandatum, sive irritum, vel scopulus. Aaron, mons forLis, sive mons forti- tudinis. Jérusalem, visio pacis. Babylon, confusio. Basan, confusio, sive pinguedo, vel siccitas. Og, congregans. Adonibezec, Dominus fulguris ve Dominus contemptus vani. GRECS DU LIVRE DES NOMS HÉBREUX. MANUSCRIT DU VATICAN. FRAGMENTS EXPLICATION LATINE. David, fils chéri. Salomon, miséricordieux; fort de la main ; pacifique. Bachel, souffle fort d’en-haut. Rebecca, souffle d’en-haut. Chananéens, adorant finiquité. Chettéens, interdisan t les iniques. Amorrhéens, pleins d’amertume. phérézéens, ils ont été dispersés. Evéens, tortueux à l’instar des serpents. Gergéséens, demeure vaine. Jébuséens, devenus confus. Pinson, parce que Dieu épargna la faiblesse humaine. Géon, parce que Dieu façonna l’homme avec de la terre. Fils bien-aimé. Miséricordieux ;fort de la main ; pacifique. Souffle fort d’en-haut. Souffle d’en-haut. Adorant l’iniquité. Etonnant les méchants. Rendant amer. Us sont dispersés. Tortueux comme les serpents. Habitation vaine. Couverts de honte. Parce que Dieu eut pitié de la nature humaine. Parce que c’est d’un peu de terre que Dieu fit l’homme. 141 S. JÉRÔME. Fort de la main, désirable, Pacifique, il sera apaisé. Brebis, qui voit le commence¬ ment. Grande patience ; elle a beaucoup reçu. Trafiquants. Tremblants, interdits.. Amers, qui parlent. Qui séparent, disséminés, qui portent des fruits. Farouches, très-méchants. Chassant le colon, étranger qui approche. Foulés aux pieds; leur étable. Ouverture de la pupille, chan¬ gement de l’ouverture. Poitrine, précipice. inteuphetatio latikà. CODES YATICANU3. 11JER0NYMU3. David, filius dilectus. Salomon, rniserîcors, velfortismanu, vel pacificus. Raeliel, flatus superne fortis. Rebecca, flatus superne. Chananæi, adorantes iniquitatem. Gbettæi, obstupefacientes iniquos. Amorrhæi, amaricantes. Pheræzæi, dissipati sunt. Evæi, tortuosi ad instar serpentium. Gergesæi, domicilinm vanum. Jebusæi, pudefacti. Plieison, eo quod Deus pepercit hu- manee nuturæ conditioni. Geion, quia de terra plasmavit deus bomiûem. A«êt£, tAôç àyu'K'nTàç. 2oXo«ov, èXî'opoiVj :h iV.«vô; X£LPL> V sio'/jvt'/.ôç;. 'Vv.yJiX) 7rvo7î âvtoQvj 'ujyypà.. Teêsxxcî, 7ryovî «vwflsv. X«v«v«tot, 7Tjt)oo,3tuvoiîvTeç àvoy.lxv. X£TT«tOl, sîjtOTÀivrâÇ «VÔplWV. ’Apto^ôwtot, nLxpahovTZç. (TY.Op'KlÇO'JTV.L. Eu «tôt, (TXoXtoij OiÇ £7Tt Ô‘v wvôuxae irapà tô cpeîSsaBoa xal a;, iyvzvT'ôç,. ICotîoâvTYïv , ).s7ttô v , :o erxor ourp.oç «’JTMV. XiopQà'Jy TïpQGifopà, G âoypov. K«yjv 0sôy. 'E<£>ÿ>«0«, iïiavolyBrizi. EN Tft KATA AO rit AN ErAITEAIfl. Avyovorou, éo(ot«Çovtoç , $7 êopTi)v 'TzpovTLQsy.évov. ’AStà, 7ZCf.TÔp fAOU Y.VpLOÇ. "A cipùv, opoç HIKHOKY1IU8. Talitha cumi, puella surge. Syrum est. Chananæi, negotiatores. DE MARCO. Arimalhæus, altitudo ejus. Abba, pater. Bartimæus, filius cæcus. Boanerges, filii tonitrui. Beelzebub, habens muscas, aut vir muscarum. Israël, vir videns deum, sed melius, reclus domini. Ephphetha, adaperire. DE LUC A Augusti, solemniter stantis, aut so- leranitatem additam. Abia, pater dominus. Aaron, mons eorum ; alibi , mons fortitudinis. Amen, vere, sive fideliter. ’Apiv, TremtfTWjUgvoç yevotro. (1) Corrnpte Bartimæus scriptnm legitur apud Grœcos pro Barsemia, ut docnit nos sanctus Hieronymus supra in Nommilms do Joanne. Ve* rnra ex isto Origeniani Lexici frugmento manifestissime comprobatur, nomen Bartimæus, aut Barsemia legendnm in Marco, non in Joanne, Consule superiores annotationes nostras in hocce vocabulo. (2) Habes hoc loco etymologiam nominis Israël, quam S. Hieronymus erudite confntat libro Quœstionnm Hebraicarum in Genesim, et alibi atepe. FRAGMENTS GRECS DU LIVRE DES NOMS HÉBREUX. 147 EXPLICATION LATINE. MANUSCRIT DU VATICAN. S. JÉRÔME. Anna, sa grâce. Sa grâce. Sa grâce. Aggée, solennité. Solennité. Solennité. Adaï, fort. Le fort. Robuste. Etymologie forcée, etc. Enoch, rénovation. Renouvellement. Dédicace. Enos, homme. Homme. Homme. Emmaüs, de celui qui méprise le peuple. De celui qui méprise le peuple. Peuple vil. Elisabeth, rassasiement démon Dieu. Rassasiement de mon Dieu. Rassasiement de mon Dieu ou ser¬ ment démon Dieu, ou septième. II érode, vaniteux fait de peau. Vaniteux fait de peau. Vaniteux fait de peau. Iturée, montagneuse. Montagneuse. Montagneuses. Mot syriaque. Jourdain, leur descente. Leur pente. Leur descente, etc. Jean, en qui est la grâce. En qui est la grâce. En qui est la grâce. Jaïre, illuminé. Illuminé. Qui illumine, ou illuminé. César, la possession princière. De la possession princière. Possession princière. Cyrénéen, d’héritier. D'héritier. Cyrénéen ou Quirinus, héritier. Capharnaüm, consolation du village. Consolation du village. Champ, ou village de la con¬ solation. Lévi, placé auprès. Placé auprès. Placé auprès. Lamech, dé celui qui frappe, ou humilité. De celui qui frappe, ou humilité. Humble. Quelques-uns croient pouvoir traduire par qui frap¬ pe ou qui est frappé. Lazare, aidé par le père. Aidé par le père. Aidé. INTBRPRETATIO LATIN A. CÛDBX VATICANUS. BIBRÛNYMUS. Anna, gratia ejus. ’Avvè, yâptç ocutoO. Anna, gratia ejus. Agge, solemnitas. yAyy£f éopzr}. Aggæus, solemnitas. Adai, fortis. iA.âait 6 ixavoç. Addai, robustus ;violenter figura- tum, etc. Enoch, renovatio. ’Evw^, iyxKtv tapât;. Enoch, dedicatio. Enos, homo. ’Evwç, «v0|oeo7roç. Enos, homo. Emmaus, populum abjicienti3. ’Ejxjxaoùç *, ).«dv ànoppi\p3 tfoo-tç, >3 âlâovToç. Nws, àva7rau<7tç. Ntvsu'À, yov/?ç 6)pa.L0Tï}ç. U\pï3^>3. '£v.pef6ù, nvpM$'o<;f îj «prou. 2£iawv, âxouwv \vtvï)v. lÔ^Op-Kf (3oVxV3tU«,1 2 3 ï} 'KVpOiVlÇ. 2«rav, «vrt xsiptsvoç, Y) £p£ou, ôp, npOCFWnOV 6 sou. ÿctpiactLOÇj dicmeyMpuryevoi;. EN TG KATA IGANNHN ETAITEAIG. Atvcov, iz'oyo PaX ikoUot, «7ro/.«Xuiptç, vj xuWr/?, O yeroLYLcryâç,. ’E (ppoctfAy 7,£voç, ^ xctpnofopoiv. Kuvàf XT VJCTf-Ç, :h £XTÏ3(7«TO. YjXsq/.ptsvoç, vj Xptorpç, NaÇ«ps0, x«0«pdr/jç. 'Zulûpiy PpVOVTU. 'Zvyàp, CTUCTXtKcq/dç. Zt)v&)àpt, «7r£ar«)slasvoç. 1 02Ô v, ano tou Ois tv xa’t ne pcrpeysiv, x«i y/}d? y/jysv^ç, h ay0pco7roç, h yoûç, $ digena, vel terra rubra. vis, vel terra rubra, vel sanguis, y>j èoudpà :h capu, S? opioiWtç. vel assimilatio. Abba, pater, vel senior. Aéêà, 7r«r fip, i? TTféaSvz. Abba, pater. Syrum est. Abel, vapor, vel ïuctus, vel elevans, *A6e)., «r (uU, 9} t: iv0o<, >5 «v«yepwv, Abel, luctus, sive vanitas ; vel vapor; aut pars agri fune demensa. h <7yomo-^«. aut miserabilis. Gain, possessio, velinvidia. Kàtv, y. i? Çvj).oTU7rta. Gain, possessio, vel lamentatio. Seth, planta, vel resurrectio. 8 210, yursupta, % ctvàarao-tç. Seth, positio, vel positus ; aut po- culum, sive gramen ; aut semen, sive resurrectio. Enos, oblitus. ’Evw^, 67ri).ay0«vdptey oç. Enos, homo ; sWe desperatus, vel violcntue. Cainan, possessio. Kcuvàv, xr/jo-tç. Chainan, lamentatio, vel possessio eorum. (1) Nomen Adam îd tôt varias etymologias diflqnditur apud Greccos; quia illud confiinduot cum ddama, Damy et Ada : quorum pri- mum pulverem et terram rubram signîGcat; Dam vero sanguir\emi ot Ada testimonium. Souat autem camem poi* abusum, quo Philo et Orir- genes sœpius haud nominum ÈigniGcationes exprimunt vocabulis, sed rerum eventus, aut Patriarcharnm virtutes. Sic ab eis Adam dicitur terra carnea , quia ex terra corpus Àdœ compactum est, Noe alibi mterpretantur etiam justum, propter verba Scriptural ubiyusius dicitur esse inven- tus. Quod vero de Nominibus Adam et Noe hic admonemus, in aliis bene multis consequonter observandum erit curioso Lectori; frequentes enim suntapud memoratos Grœcos scrîptores hnjusmodi interpretàtionos àllegorîcœ ac symbolicœ, Coneule etiam quæ de nomine Aboi jam ob- servata sunt in priori Fragmento. - (2) Non desunt in Manuscripto Grœco Scriptoris errores, nec corruptelœ nominum ; manifesta et confessa vitia plerumque sine notis cmendo ; cœtera deBcribo diligenter, prout scripta leguntnr in oodice Grœco, v. g. £ÎQ pro ’AccpsS pro ’lccpeS ; et EvÜ><; pro Nus. 151 FRAGMENTS GRECS DU LIVRE DES NOMS HÉBREUX. MANUSCRIT DU VATICAN. EXPLICATION LATINE. Malaléel, compensation forte. Jared, descente. Enoch, dédicace. Mathusalem, envoyé. Lainech, douéd’un esprit probe. Noé, repos. Sem, parfait. Cham, audacieux, ou qui tombe en avant. Japhet, dilatation. Àrphaxad, prophétie précipitée. Saled, envoyé. Eber, traversant, ou transition. Nachor , fascicule visible qui vient. Esrom, supplication extrême. Thara, bonne odeur lente. Àbram, père élevé, ou passant. INTERMIETATIO LATINA. Maleleel, compensatio fortis. Jared, descensio. Enoch, dedicatio. Mathusala, missus. Lamech, proba mente præditus; Noe, requies. Sem, perfectus. Cham, audax, vel præceps. Japheth, dilatalio. Arpbaxad, prophetia concitata. Saled, emissus. Eber, trajiciens, aut transilio. Nachor, fasciculus visihilis veniens. Esrom, deprecatio extrema. Thara, fragrantia lenta. Abram, pater excelsus, vel transiter. Obj et durable donné en échange. Descente. Dédicace. Envoyé. Qui pense bien. Repos. Parfait. Audacieux, ou qui tombe en avant. Elargissement. Prophétie précipitée. Envoyé. Traversant, ou passage. Fagot visible qui vient. Supplication extrême. Bonne odeur lente. Père élevé, ou passant. CODEX VATICANU5, M«Xs).£-à)., «vràXXayp.K layupov. ’lâpsÆ, x«rà6«orç. Tvw^, Eyxatv«T|a oç. 1VI«0OU<7«>«, ÙTT$«TUOÇ, Y} 7T£pàr>ÏÇ. (1) Observa, Lector, uoq eodem modo interpretatum fuisse semper Hieronymum Domina eadem Hebraica ; nam supra in libro Numerorum sic ab eo vertitur nomen Sethi : « Setb, positio, sive posuit » De Lamecho eliatn broc babet in Luca : « Lamecb, bumilis ; quidam putant percutieatem, sive percussum posse resonare. (?) Corrupte in manuscripto Regio scriptum est Tt>KX'UJ7 7TCCT i}p 0«Tl|DfA&>V, «TTCC- T'îjp £ît)>ÊXTdç. ’I trace*, yîXcùÇj y.ui yvpù* ’lKücôë', TTT£^V£(TTV)ç , >? £(7^KT« X(OK- T WV. ’Ho-av, kiOokoytov, :q 7rot/)jy.«, S? §pvï - VOÇ. ‘PouSijy., 7 rpa 0gou. V, U7T0XOVMV. Àsvi, ÔTrèp ky.oo y.v/jo’Oeùo'st. ’iovâoiÇj i%opLokây/}a-Lç. 'Iddyv.p, y.ujQàq. Z«oou).6v, $wpov. Aàv, Xjoto-tç. âvrik'o iptç. H1EHONYMUS. Abraham, pater videos populum. Isaac, risus, vel gaudimn. Jacob, supplantator, Esau, factura, sive roboreus, vel acervus lapidum, seu vanus, aut frustra. Ruben, videns filins, vel videns in medio. Symeon, exauditio, vel nomen ha- bitaculi. Levi, additus, sive assumptus. Judas, laudatio, vel confessio. Issachar, est merces. Zabulon, habitaculum eorum, vel jusjurandum ejus, vel fluxus noc- tis. Dan, judicium, aut judicans. Nephthali, conservavit me, vel dila- tavit me, vel certe implicuit me. (a) Conferendus Lie vemt Origenes lib. i contra Colsrnn num. 45, ubi Abraham exponitur TwiThp èxkeY.xà<; x-qç -^xoutrqç, « pator electus sonitus. » EtClemens Alexandr. Simon. I. v, p. 400: ’Aêpaàp. ép[JLY^ve6eT:at iraxnp ixXexxôç ^oOç, « Abraham exponitur pater electus Bomtus. » Uterque autemji Philone interpretaiionem desumpserit, qui lib. do Gigantibus p. 228 : KaXeïxou Trax^p ixXenTàç épu-n- veu6et<; ’Aêpaàp. ô tou airouSodou XoyiapAç- êÇeLXeypivoç yàp *6*«0appivo<; xat Traxhp ? utôç âs- £t«ç. ànôdT o\o<; divMioç, /} (3 C/.dÙsÙÇ, âi'A9.lOÇ} ï? îip-OVSVOiV. TIOI POYBIM. Tovfiïp, OctVp.KG TO$. to£ov «tcôvtov. Xccpp.iv, ôipnùov p.ov. TIOI ZYMEflN. 'Upov'hl, icy/upov. 'Up.lv, ).£uxov. £TOtJ ’J.OÇ, TIOI AEYEr. Asost, aurd^. T'opaùvy 7 TÙpoiy.oçt 153 S. JÉRÔME. Tentation, ou petit voleur, ou fortune. Béatitude, ou heureux. Augmentation. Fils de la droite. Roi juste. FILS DE RUBEN. Voyant le fils, ou voyant au-mi- lieu. Phallu, admirable. Ma vigne, ou ma connaissance. FILS DE SIMÉON. Dieu est son jour. Main droite. Olibama, ma tente en quelqu’un Qui prépare. FILS DE LÉVI. Ajouté. Passager là. eikhonymus. Gad, tentatio, sive lalrunculus, vel fortuna. Aser, beatitudo, sive beatus. Joseph, augmcnlum. Benjamin, filius dextræ. Melchisedec, rex justus. FILII RUBEN. Ruben, videns filius, vel videns in medio. Phallu, mirabilis. Carmi, vinea mea, vel cognitio mea. FILII SYMEON. Jamuel, dies ejus deus. Jamiu, dextra. Olibama, tabernaculum meuru in aliquo. Jachin, præparans. FILII LEVI. Levi, additus. Gerson, advena ibi, 154 SAINT JÉROME. EXPLICATION LATINE. Caatth, orateur. Merari, qui a été aigri. FILS DE JUDA. Er, forêt, où il y a des bêtes sauvages. Aunan, fontaine. Selom, iniquité. Phares, haie. Zaza, illustre. FILS D’iSACHAR. Thola, ver. Phua, je suis là. Job, chéri. Salomon, conservé. FILS DE ZABULON. Zabulon, odorant. Seer, instruit. Elem, sempiternel. Geel, miséricorde du Seigneur, I.NTBRPRETATIO L ATI NA. Coath, coücionator. Merari, amarulentus. filii juda. Er, silva, ubibelluæ. Aunan, fons. Selom, iniquitas. Phares, septum. Zaza, illustris, FILII ISACUAR. Thoda, vermis. Phua, hic sum. Job, dilectum. Salomon, reservatum. FILII ZABULON. Zabulon, fragrans. Seer, institutus. Elom, sempiternus. Geel, misericordia domini. MANUSCRIT DU VATICAN. Qui parle dans une assemblée. Qui a été rendu amer. FUS DE JUDA. Forêt où il y a des bêtes sauva¬ ges. Source. Illégalité. Clôture. Epiphane. fils d’isachar. Ver engendré de la corruption. Je suis là. Chéri. Conservé. FILS DE ZABULON. Qui exhaie une bonne odeur. Instruit. Sempiternel. Miséricorde du Seigneur. CODEX VATICaNUS. K«ct0, Mepcqot, 'KLY.p&.lvàfJLEVOÇ. TI 01 IOYAA. '*Hp, âpvpLoç, fmov Ô'opiûiïov*;. Auvàv, TT ZvAwpt, «voptt«. fycf.p'eÇ) fpv.yiJ.6ç, Z«Çà, èmfavyç. YIOI IZAXAP. ©w^à, av-oj^yjÇ. 4>0uà, 6JQpLMVt T'opovp.evov, YIOI ZABOYAnN. Z«£otAwv, Zeèjo, 'Ksnat^Euy.évoç. atôivtoç. * Ts’h'Xj s\zo<; xupt'ou. / 5. JÉRÔME. / Les dents molaires, ou patience. Amer, ou amertumes. FILS DE JUDA. Veillée, ou fait de peau, ou ac¬ tion de se lever, ou effusion. Leur tristesse. Demande. Division. Orient, ou origine. FILS D’iSSACHAR. Petit ver. Là (adverbe). Mage. Semrom, voyant le nom, ou gar¬ dien. FILS DE ZABULON. Leur habitation. Sarad, afin qu’il descendit. Région champêtre, ou chêne, ou de bois de rouvre. Joalel, vie de Dieu, ou commen¬ cement de Dieu, ou attendant Dieu. HlBnOXYMUS. Caath, molares dentes,sivo patientia. Merari, amarus, vel amaritudinee. FILII JUDA. Er, vigiliæ, sive pellicius, aut sur- rectio, vel effusio. Onan, mœror eorum, Sela, petitio. Pharez, divisio. Zara, oriens, vel ortus. FILII IS9ACHAR. Thola, vermiculus. Phua, hic, adverbium. Job, rnague. Semrom, nomen videns, aut custos. FILII ZABULON. Zabulon, habitaculum eorum. Sarad, ut descenderet. Elom, regio campestris, aut quer- cus, aut roboreus. Joalel, vita dei, sive exordium dei, vel præstolans deum. (I) Non poterat clarius aut efGcacius probari nominum propriorum corruptela, de qna Origenes et llieronymns tam sœpe conqueruntur, quam isttt præaenti vocabtilornni sérié vitiosa : major ecim est cæteris omnibus depravationibug nominum, quæ in ediiis Grœcis exemplaribus visuntur. Ecquis credoret nomen Joalel , vel Jahelel ad tantam corruptelam prolapsura temeritate, vel oseitontia veterum exsmiplorum, ut pro eo legere- tur, Geel ; pro Sephion , Sedon; pro Arodi, Varilei} et sic de relîquis, quorum fœditatem ex comparatione Hîoronymianœ tabulre leclor facile FRAGMENTS GRECS DU LIVRE DES NOMS HÉBREUX. 155 EXPLICATION LATINE. MANUSCRIT DU VATICAN. Ü. JÉRÔME. FILS DE DAN. FILS DE DAN. FILS DE DAN. Sedon, inspecteur, évêque. Evêque. Sephion, la bouche de la tris¬ tesse est sortie. Aggi, fête. Solennité. Ma réjouissance. Somiein, qui me seconde. Qui m’aide. Suni, ma prunelle, ou mon se¬ cond. Hiesba, ma vertu. Ma vertu. Esban, le feu en eux. Mere, mon martyr. Mon martyr. Heri, qui penche. Variléi, ma descente. Ma descente. Arodi, vendangeur suffisant. Tou Ariléi, ma nature. Ma vertu. Areli, lion de mon Dieu. FILS DE NEPHTHÀLI. FILS DE NEPHTHALI. FILS DE NEPHTHALI. Nephthali, prière. Prière. Il m’a conservé, etc. Asael, force du père fort. Force du père fort. Josiel, moitié de Dieu. Goniei, par moi sempiternel. Par moi sempiternel. Guni, mon élévation, ou mon jardin. Jessaar, fort. Fort. Jeser, formation, ou tribulation. Thussilem, parfait. Parfait. Sallem, paix ou qui rend. FILS DE GAAD. FILS DE GAD. FILS DE GAD. Gad, qui vient. Qui vient. Tentation, ou petit voleur, etc. Thuim, image. Image. Usim, précoce d’entre eux. INT ER P a ETA TIO LATJKA. CODEX VATICANUS. UIRRONYMUS. FILII DAN. YIOI AAN. FILII DAN. Sedou, inspector, episcopus. Iziïd'j, iniaxonoç. Sephion, egressum est os tristitiæ. Aggi, festiYitas. ’Ayyst, éopr0AAEÏM. FILII NEPHTÀLl. Nephthalim, precatio. Ns^0«Xs'e/a, r.povivyjo. Nephtali, conservavit me, etc. Asael, fortitudo patris fortis. ’A l YIOI IOSH*. T:p6|J.aL, quod « aannre b et « sancire » fii- gniGcat. Quo seoau « Jasua, » sive « Jesua, » noo abs ro dicitur « tfanaoa, « ntpole « qui portransiit benefacîendo. y/xl imp.evo<;, et 0U«, KpOf/jTWÇ. Aevùâj Ù7V ovpyôç. Moiveoç, vâu-coç àvuLpeatÇj y voùç euo-sSïjç, 'n spevva y,vplov. *P otyou'o^j f0,o<; io-yvpôç. ’IùiOÔ)p, 7V£pUr<7ELK. Ztof'àQ, Çwïj 7r).«T£ta. TIOI 4>APEZ. S. JÉRÔME. Géra, rumination, ou action d’ha¬ biter. Naaman, fidèle, ou leur mouve¬ ment. Echi, mon frère. Ros, tête. Mophim, de leur visage. Ared, qui descend. Phithom, bouche de l’abîme, ou subitement. Pâture, ou teigne, etc. Son oiseau, ou sa beauté, ou qui plaît. Là, ou j’apparaîtrai, ou mieux rouge. Levi, ajouté. Moïse, qui touche, ou qui palpe, ou retiré des eaux, ou assomp- tion. Dépaissance de Dieu, ou Dieu est son ami. Jothor, superflu de celui-ci. Japhet, largeur. FILS DE PHARÈS. Voyant la flèche, etc. Qui épargne. HJBRONYMU3. Géra, ruminatio, vel incolatus. Naaman, fidelis, vel motus eorum. Echi, frater meus. Ros, caput. Mophim, de ore eorum. Ared, descendons. Phithom, os abyssi, vel subito. Ramcsse, pabulum, vel tinea, etc. Sephora, avis ejus, vel pulchritudo ejus, sive placens. Phua, hic, sive apparebo, sed me- lius rubrüm. Levi, additus. Moses, attrectans, vel palpans, aut sumptus ex aqua, sive assumptio. Raguel, pastio dei, sive amicus ejus deus. Jothor, superfluus hujus. Japhet, latitudo. FILll PHARES. Esrom, sagittam videns, etc. Amul, parcens. ’Eapùip., toÇov «hovtov. 'kp-oùl, éfteoç. (tj Ex Grœco et Hebræo facta vûletur etymologia Momphin apud Græcos. Moptpfl enim Grœois est species oris, et affixum q, Hobræis est pronomen primas personæ sing. masc, meus : hinc Momphi, vel Morp hi potes t tüci apud Græcos linguæ Hebraicæ incurîosos, « similitudo mea, b 158 SAINT JÉROME. EXPLICATION LATINE. MANUSCRIT DU VATICAN. S. JÉRÔME. FILS D’EPHRAÏM. FILS D’EPHRAÏM. FILS D’EPHRAÏM. Suthala, dignité apostolique. Bechor, premier-né. Dignité apostolique. Premier-né. Qui a ses racines. Premier-né. FILS DE MANASSÉ. FILS DE MANASSÉ. FILS DE MANASSÉ. Galaad, témoignage. Témoignage. Le monceau du témoignage. FILS DE BRIA. FILS DE BRIA. FILS DE BÉR1A. Eber, ami. Melchiel, envoyé par le fort. Ami. Envoyé par le fort. Passant. Dieu est mon roi. FRAGMENT QUATRIÈ ME. EXPLICATION LATINE. MANUSCRIT DU VATICAN.. 9, JÉRÔME. INTERPRÉTATION des Noms hébreux féminins. INTERPRÉTATION des Noms hébreux féminins. LIVRE des Noms hébreux . Eve, vie. Sara, faisceau vu, ou stérile, ou princesse. Agar, elle-même prosélyte, ou en même temps nourrice, ou elle est étrangère. Vie. Fascicule vu, ou stérile, ou qui commande. Elle-même prosélyte, ou qui a nourri en même temps, ou qui est venue s’établir dans un autre pays. Vie, ou malheur à, ou calamité. Princesse. Etrangère, ou convertie. IXTKRPHETATIO LA TINA . CODHX VATICANUS. H1KH0NTM08. FILII EPHRA1M. Suthala, dignitas apostolica. Bechor, primogenitus. FILM MANASSE. Galaad, testimonium. FILII BRIA. Eber, aniieus. Melchiel, missus a forti. YIOI E$PAIM. 2ou0«).à, U%io>pLU «7T0iod « venientem » sonat. Neque etymologiam « venientis » patitur nomon « Sarai, » si juxta proprietatem linguœ Ilebraicœ illud inlerpretemur. Nos vero cum errore scriptum hic maluimus ^PX°îx®VTt qnam ^pX^P-^vri, propter raorosos quosdam crîti- cos qui codicum mss. sphûlmata venerantur. 160 EXPLICATION LATINE. Ruth, souffle, ou qui se hâte. Susanne, ‘leur joie", ou lis apos¬ tolique, ou résurrection de la . gloire. DES MASCULINS. Phares, haie. Esrom, matière. Athani, sublime. Aminadab, nation désirable. Naasson, repos éternel. Salmon, reçois le vase d’élection. Booz, avènement puissant. Jobed, subordonné. Jessaï, refroidissement. David, désirable, qui obtient miséricorde, ou fort de la main, ou celuipourqui furent préparées les choses cachées. Salomon, pacifique. INTE EU1» ETAT 10 LATINÀ. Ruth, flatus, vel properans. Susanna, lætitia eorum, vel aposto- licum lilium, aut resurrectio glo- riæ. VIRILIUM. Phares, septum. Esrom, materiam. Atham, sublimis. Aminadab, natio desiderabilis. Naasson, requies sempiterna. Salmon, accipe vas electum. Booz, adventus potens. Jobed, subordinatus. Jessæ, refrigeratio. David, desiderabilis, vel qui miseri- cordiam consequitur, aut fortis manu, vel cui parata fuerunt abs- condita. Salomon, pacificus. {1} Noaimis Siisaunœ recordatur Hieronymus SAINT JÉROME. MANUSCRIT DU VATICAN. Souffle, ou qui se hâte. Leur joie, on lis apostolique, ou résurrection de la gloire. . DES MASCULINS. Clôture. Matière. Elevé. Peuple désiré. Repos éternel. Prends le vase choisi. Venue puissante. Soumis. Rafraîchissement. Désirable, ou qui est pardonné, ou fort de la main, ou celui pour qui ont été préparées les choses mystérieuses. Pacifique. CODEX VATICANU8, (POÙ0, 7TVOV7, '0 (77r£UBX VATICANUS. 'PdêoàfA, 1(kqv. \A.êioù* pvpTOVj âcnrEp yotp r o'pvp- rov $£MpsLrca y.cd ^si^wvoç sù0«).sç, xcù eO&i^e)iou, xu|0tou «va7r«uortç ev0sv. $ctpuo), i uô(T%oç xeparicTTWç. Baôouij)., 7 rapÔévoç lo'xvpâ. XsTOvpa, y.txpd. Xîr, (rxeuoç. Fïïpo'wv, 7vdpoiy,o<;. X«)*s£, txuv.vo;. ’hfdovs ïy £TU7r,pfss.. X.tôpow, op(/.<7iç uloivLa. suJ. "E^eju., criy.c) va. 2t(?cov, è'i-eXGe ev xpitret.. ’XzQv.Qà, At).«/x, otxou'/Évïjv. A opôip.svoç EX TTKVTÔÇ. A^à^, CnpyjXo;. ’ltoê, «y«7Tï;TÔ; XU/HOU. r «(tJt£/3, Mo<7 0%, TO^EVTÏJÇ. WE Gep, iïlCOTEpÜV. Tex ràv, pLixpofV'Qç. 'EïpLuiïàiïj xtvov^evoç. Atfltat, x«r«(?atvovT £ç. A Qupoviïàpij opa. rov éipïj).6v. ’OÇàv, klvypovç. ’E flsxuà)., vs^cd (?■/);. 'EOzp.fJAiXa'cl, ixar^p uou i^vpàc, S. JÉRÔME. Chanaan, leur mouvement, ou négociant, ou humble. Chasse du chagrin. Chétéen, aberrarion d’esprit, ou fixe, ou coupé. Du siècle, ou du globe. Guérissant la dépopulation. Elevé. Mage. Gomer, assomption, ou consom¬ mation, ou perfection. Mesecli, prolongation, ou défec¬ tion, ou certainement com¬ primé. Passant. Très-petit. Vers sa principale mère, ou mesure de Dieu. Jaree, lune. Àduram, génération élevée. Aizel, qui se hâte en marchant. Decla, subtilement, ou qui a des palmes: Ebal, vieille vallée, ou monceau de pierres. Abimael, mon père de par Dieu. UIRnnNYUUS. Chauaau, motus eorum, vel uegotia- tor, aut humilis. Sidonn, venatio moeroris. . Chethæus, mentis excessus, sive fi- xus, vël abscissus. Elam, sæculi, vel orbis. Arphaxad, sanaus depopulationem. Aram, excelsus. Job, magus. Gomer, assumptlo, sive consummà- tio, vel perfectio. Mesech, prolongatio, sive- defectio, aut certe compressus. Eber, transitorem. Jectan, parvulus. Elmodad, ad matrem ejus prœci- puam, sive déi mensura. Jaree, luna. Aduram, generatio excelsa. Aizel, pergens. ; Decla, subtile, sive palmata ; Ebal, vallis vêtus, sive acervuslapidum. Abimael, pater meus a Deo. 166 SAINT JÉROME. EXPLICATION LATINE Ophed, lumière delà guérison. Evilath, montre ici. Aram, la plus récente. Jobab, qui chérit le Seigneur. Nachor, dernière supplication. Lot, racheté. Chaldéens, devins, mages. Sychem, épaule. Bethel,, maison du fort. Àggaï, jour de fête. Amarpha, mauvaise rencontre. Ariol, lion, ou nom de roi. Eschod, grappe. Onaan, iniquité. Chobal, il suffit. Damas, ascension taciturne. Batus, haine. Chananéens, adorant l’iniquité. IiNTMIU’HETàTIO LÀTLXA. Ophed, lumen sanationis. Evilath, ostende hic. Aram, Dovissima. Jobab, diligens dominum. Nachor, obsecratio uovissima. Lot, redemptus. Chaldæi, harioli, magi. Sychem, humérus. Bethel, domus fortis. Aggæ, festivitas. Amarpha, occursus malus. Ariol, leo, vel nomen regis. Eschod, botrus. Onaan, miquitas. Chobal, sufficit. Damascus, ascensus taciturnus. Batus, odium. Chananæorum, adorantium iniqui- tatem. MANUSCRIT DU VATICAN. Lumière de la guérison. Fais 'voir ici. La dernière. Aimant le Seigneur. Prière suprême. Racheté. Devins, mages. Epaule, Maison forte. Solennité. Rapprochement fâcheux. Lion, ou nom de roi. Grappe. Iniquité. 11 suffit. Ascension silencieuse. Aversion. Adorant l’iniquité. COU EX YATIC.VNUS. ’itysc?, ywç fcjOKTrstaç. Eùst^àr, «fis. ’Apàp, ècr%aTV}. ’J.o>6ct6f àycarü'j xvpiov. Na%o>p, âéïjcrtç ÀtoT, \ekVTpO}p.évQC. XoàiïctïoLj ptwVrstç, j/AyoL, BvîflvA, ot/.oç ’Ayyal, sopTig. 'Apiupfà, 7T0Vïjpà. ’Aot&A, )éwv >3jt0vo(tA« j3«crt>swç. j36r pva, 'Xiv«àv, avorta. àpy,zï. Aap.«, >Véwv iay^vpôq. ’Aapùy, iâoù irpàyya, iiïov. 'AJovtêsÇ-flX, xvplov j3 ov?0et« . ’Aêt‘ô\ «tvoç. Atvwç, avÔpùiiroç. ’A picij \éte'j. 1 ’A pLpioiv x al Mw «6, êx tou y ho vq pLOvy y,kï sx roO nctrpàq f*ou. S. JÉRÔME. Addo, son serviteur, - ou son té¬ moin, ou sa force. Pierre du secours. Leur douleur. Abel, vanité, ou deuil, ou va¬ peur, ou digne de pitié. Ada, témoignage. Sella, son om¬ bre. Abigal, allégresse 'de mon père. Peuple de chagrin. ~ Père. Mot syrien. Azel, qui s’en va, qui se hâte en marchant. Adama, terre, ou humus, ou ter¬ restre. Lion de mon Dieu. Montagne du fort, ou de la force. Seigneur de la foudre, ou Sei¬ gneur qui méprise l’orgueil¬ leux. Dieu mon père. Homme, ou désespéré, etc. Arié, lion. Ammon, peuple de chagrin, etc. Moab, du père. HIBROKYMUS. Addo, servus, sive testis ejus, vel fortitudo ejus. Abenezer, lapis adjutorii. Ano, dolor eorum. Abel, vaniias, vel luctus, aut vapor, aut miserabilis. Ada, tostimonïum. Sella, umbra ejus. Abigal, patris mei exsullatio. Ainmanibe, populus mœroris. Abba, pater. Syrurn est. Azel, abiens, pergens. Adama, terra, vel humus, sive terrena. Ariel, leo Dei mei. Aaron, mons fortis, sive mous forti- tudinis. Adomibezec, dominus, fulminis, vel dominus contemptus vani. Abiel, pater meus Deus. Enos, homo, sive desperatus, etc. Arie, leo. Ammon, populus mœroris, etc. Moab, ex pâtre. (1) De hisoe nominibus Ammon et Moab Hioronymum audiamus pulchre disseren.tem : Moab , inquit, « iaterpretatur ex pâtre, et totum nomen etymologiam babet. Ammon vero, cujus quasi causa nominis redditur, ûlius generis mei, sive, ut melins est in Hebrœo, filins popul . inei, sic de- rivatur, ut ex parte sensus nominis, et ex parte ipse sit sermo. AMAjl ('’iQy) emm, a quo dicti sunt Ammoaittc, vocatur populus meus. » Sic libro Quæst. Hebr. in Genesiol, FRAGMENTS GRECS DU LIVRE DES NOMS HÉBREUX. EXPLICATION LATINE, Alléluia, louëz, célébrez le Sei¬ gneur par des hymnes. B Bethel, maison de Dieu. Bethléem, maison du pain. Béthanie, maison de la gloire. Bethphagé, maison de l’heureux événement. Bersabée, fille du puissant. Bathuel, qui est de celui qui vient. Bosor, chair. Béliar, chercheur. Beelzeebul, démon des eunu¬ ques. Ràmam, la mère. Baalim, démons. [NTKHPHftTATlO (.A TIN V . MANUSCRIT DU VATICAN. Louez, chantez le Seigneur dans des hymnes. B Demeure de Dieu. Maison du pain. Maison de la gloire. Maison de la réussite. Fille du puissant. Qui est de celui qui vient. Chair. Qui recherche. Démon des eunuques. La mère. Démons. x CODEX VAÏICANCS. 169 S. JÉRÔME. Louez lè Seigneur. B Maison de Dieu. Maison du pain. Maison de l’obéissance, ou mai¬ son de son affliction. Maison de l’entrée des vallées, etc. Bethsabée, fille du rassasiement. Vierge de Dieu. Dans l’angoisse, ou charnel. Impasse obscure, ou fils de la prévarication, etc. Beelzébub, qui ades mouches, ou qui dévore les mouches, etc. Qui possèdent, ou qui montent, ou supérieurs. UIEHONYMUB. Alléluia, laudate, hymnia celebrate dominum. B Bethel, douma Dei. Bethleem, domus panis. i Bethania, domu3 gloriæ. BeLhphage, domus prosperi succes- sus. Bersabee, filia potentis. Bathuel, qui est venientis. Bosor, caro. Beliar, quæsitor. Beelzebul, dæmou Baceloseorum. Bamam, mater. Baalim, dæmonia. ’AXXïjXouta, «ivso’kts, vpvy, c ?at'«wv. BoipttûV&j Vil 7 TSpUTTSpàç, Y) Vtk ’I WV«. r ï'K[lu\LYl\ 6 ).«).VÿT&Ç G tou. r£(?£wv, eXzwv. Voàxàiï, «7tô Évôç. T7v.poi'/.oç. A A sywyjv, ïÔ'joç où a s'0vos. 1 A^>v^ Maptëpî, 6 roO uioù, AcdU^à, '/rplaiç ïp.oi. 2 O ùâpàaoç ’A epptâv, âpôaoç ivo o%ot- ÇopUyvj. E HIERONYMUS. Baritha, Pythonissa, quam Grœci ivyaffrEfxuOov vocant. Baal, babens, sive devorans. Barjona, filius columbæ. G Gamaliel, retributio Dei. Gedeon, circumiens, sive tentaliô iniquitatis eorum. Galaad, acervus testis. Gaza, fortitudo, D Dagon, piscis tristitiæ. Mamre, de visione. Dalila, paupercula, sive situl^. Aermon, anathema mœrorie. E Eloai, Deus. ’EX&jat, ô Ôtôç A Eloi, Deus. Eloethe, Deus venit. ’EXwsÔ'g, Qtôç yXQt'j. Hujus non meminit. (1) Apuç [xaêpsï Drus tnâbre est çvercus Marnée in Geuesi. Mabre. autem Græci et iufra in Lcxico Origoniano, interpretantuv ô voO uioü qui est filii , sire de filio , quia iliud nomen legunt cum b in medio, nt Ma ait prœpositio o, vel ex ; bre rero, sut bar , filius intelligatur. (2) Grœcomm imperitia confundit verba pure Grœca cum nominibus Hekraicis, ut Oudrosos , quod Grœcum est prorsus, non Hebrœuin. Deinde prœpositiones Grœcas copulat cum vocihus Hcbrœis, ê£apfj,a0èv, êi-acva0(ï)[JL, id est, de liamathaim, de Anathoth. Has oroncs ineptias redar- guunt nnmina pure acripta in columna. Hieronymiana, (3) Vocabuia Eloe et Eloethe non recense! Hicronymus in libro Nmnimun Hebraicorum ; aed in Epistola quam scripsit ad Morcellam de dc- çem uominibus Dei, . dicit Eloim et Eloe significare Deum\ Maranatha autem interpretatur supra in Dcmiuibus de Epiât, i ad Corînlbios, Do- miitus noster uem/yaddit que Syrum esse rocnbulum. Ex quo manifestum efct NHbt atha, vel ethe exprimi venit; et Græcorum ’EXwsSè me- rito iuterpretari, Deus venit. ... 171 FRAGMENTS GRECS DU LIVRE DES. NOMS HÉBREUX. EXPLICATION LATINK. MANUSCRIT DU VATICAN. S. JÉRÔME. . Ephraïm, consolateur.. Eliézer, secours de Dieu (Ce nom se traduit aussi par David.) Exarmathem, du jet (du javelot). Exanathom, venant de moi. Ephrata, de la consolation. Dans la terre de Moab, dans la - race de mon père. Eirosodalamites , entrant par Tesprit. De la montagne d’Ephraïm, de la montagne de la consola¬ tion. Elcana, gloire puissante. Elisée, vertu du Dieu. Sur le rejeton de Sabec, dans le plant fort, ou dans le légume doré. D’Aggé, du repos. Dans la terre de Naïin, dans la terre de ceux qui louent. Elimelec, cour de Dieu. Paraclet. Aidé de Dieu (ce nom se traduit aussi par David). Du jet (du javelot). Venant de moi. De la consolation. Dans la race de mon père. Entrant parje souffle. De la montagne de la consola¬ tion. Gloire forte. Vertu de Dieu. Sur le rejeton fort, ou certaine¬ ment sur le légume-doré. Qui porte des fruits, ou qui croit. Mon Dieu, mon secours. Armatliaïm, leur hauteur. Anathoth, réponse, ou signe qui répond, ou obéissance. Ephratha, qui est féconde, ou en vérité tu vois. Moab, du père. Odoll'amites, attestant quelqu’un ou témoignage dans l’eau. Ephraïm, frugifère, ou qui croit. Possession de Dieu. Salut de mon Dieu. Sabech, buisson, ou rejeton. Du repos. Aggô, solennité. Dans la terre de ceux qui célè- Naïra, leur mouvement, brent par des hymnes. Cour de Dieu. Elimélech, mon Dieu est roi. JHTKhPHKTATIO (.ATI N A , Ephraim, consolalor. Eliezer, Dei auxilium ; qui etiam trausfertur David. Exarmathem, de emissioue. ExanaLhom, a me veniens. Ephrata, consolation^. Iû terrain Moab, in geuus patrie mei. Eirosodalamites, per spiritum in- troeuntem. Ex monte Ephraim, de monte eon- solationis. Elcana, potens gloria. Klisæus,- virtus Dei. In virgulto Sabec, in plantatioue forti, sïve auréo olere. Ex Agge, de requie. In terra Naim, in terra laudantium. Elimelee, Dei regia. COOliX YATICAMJS. 'ïifpuîy,, 7VUpC/.'/X'/}T0^ ’EXtsÇsp, 0sov fiotiOsiu, 6; ücà yzrzp- y/)vzûsTUL A 'E^upy.uOéy} sx irpofiol'hc,. . 'EÇavaflwa, 1Ç s [JloO èp'^oaz'joç. ’Eypaflà, KV'puxX'ocreoiç. 1 Eiç yrçv Mwàé, üc, ygvoç ptov. 2 ÜLpoGoâulayiTTjÇ , mev paroi toO si<7zp'%opsvov. ’££ opovç 'Eypuip, Iç opovç Trapu- 'E)aavà, ivyyovuu §à^a. ’E iïv'Juy.Lç dsov. ,’£v yurw 2«{fsx a, sv ©vtw 5X©£V£tÇ TOTTOV ÔîOU. rII).0£v çtç ’À^ey.xà,/?10£V£va,}'ô rstvw. S. JÉRÔME. Ararat, Arménie, ou montagne égratignée. Passant. Maas, serpent. Résurrection de Dieu. Z Justifié, ou juste, ou qui doit être justifié. Lui-même maître de Babylone. c’est-à-dire de la confusion. H Mon Dieu est celui-là. Action de faire, ou de chêne, ou monceau de pierres. Elim, vestibule, ou devant les portes. Apheca, il contiendra, ou il sai- - sira. "niBROMYllUB. Ararat, Armena, sive liions velli- catus. Eber, transitorem. Naaa, serpens. Eliacira, Dei resurrectio. Z Zachæus, justiÛcatus, aut justus, vol justificaDdus. Zorobabeï, ipse mngïster Babylo- nis, id est, confusionis. H Eliu, Deus meus iste. Esau, factura, sive roboreus, vel acervus lapin um. , Edom, rufus, vel terrenus. Elira, vestibulura, vel pro foribus. Apheca, continebit, vel apprehen- det. (i) Bestiæ humérus hic eet in Apocalypsi Joannis xm, 18. At non legimns in Script ura sacra nomen Evinas, quod ita conGctum esso videtur a Græcis, quia ntïmeriee valet 666. Nam E, valet 5 ; u, 400 ; l, 10 ; V 50 J a l ; a, 200 ; q,,œ simul juneta efficiunt y {■ Ç( id est, 666. Inter arcana Hobrœoriun mysteria, modus iste computandi appellulur Guemotria, estque teqnivalcntia sensus ex œquivalentia unmerica dictionqm, quain Grœci tabulam Pylhagoricam nnneupare dicuntur. Non milii licot. ignorare circa numerum bestiœ milita. fuisse a diversis ultro' citroque excogitata : sed cum sint pleraquo manifesta felsa acreprobaj alia aniern dubia ac incorta, bis omnibus recensendis eonjecturis jam super- seileo. 173 FRAGMENTS GRECS DU LIVRE DES NOMS HÉBREUX. explication latine. MANUSCRIT DU VATICAN. S. JÉRÔME. Th. Th. Th. Fille de Bathuel, fille du fort qui vient. Fille du fort qui vient. Bathuel, vierge de Dieu. Thala, creux. Enfoncement. Thalla, son champ, ou action de peser. Tharse, qui a la force de brûler. Brûlante. Chercheurs de l'allégresse’, ou joie. Thara, du feu de l’esprit. Du feu de l’esprit. Chercheurs de l’odeur, ou de l’ascension, ou dépaissance. Thabor, sors de l’esprit. I. Jésus, sauveur. Sors du souffle. I Sauveur, Lumière qui vient. I Sauveur. Josias, sauvé. Sauvé. Josia? où est l’encens du Sei- gneur,ou salut du Seigneur, etc. Jao, invisible. Invisible. Seigneur, nom ineffable. Jochabel, sur l’arclie. Au-dessus de l’arche. Jochabed, où est la gloire? ou gloire du Seigneur, etc. Jou, vois par le Seigneur. Vois du côté du Seigneur. Jeu, lui-méme, ou bien, il est; Jephthaé, recevant Qui reçoit. Jephthé, qui ouvre, ou qui est ouvert. Jésus Josédech, sauveur cle la paix. Jésus celui de Josédech, le sau¬ veur de la paix. Sauveur juste. JH TR RP RE TA Tl 0 HT INA. CODEX VÀTlCANUï; H1BROKTUU&. TH 0 TH Filia Bathuel, filia venientia fortis. SvycÜT'np QvyÛTyp r ou sp- yopiévov la^vpov. Bathuel, virgo Dei. Thala, convallis. 0«Xà, xot),«ç. Thalla, ager ejus, vel appensio. Tharsi8, quæ urendi Yiui habet. 0«po-£tç, r, xauortxrç. Tharsis;, exploratores Lætiliæ, sive gaudium. Tharà, ignia spiritus. 0æp«, ftoTOç 'K'Jîvy.cr.TO-;. Thara, exploratores odoris, vel as- censionis, vel pastio. Thabor, prodi ab ôpirilu. 1 0«êop, âsvpo àiro nvsvp.aro;. I TvjCTOUÇ, GtoTYjp. Thabor, veniens lumen, I Jésus, salvator. Jésus, salvator. Josias, salvatus. ’lajctaç, crwÇ6pt£voç. Josia, ubi est incensum domini, vel domini salua, etc. Jao, invisibilis. 4 ’I«w, ààpccroq. J&O, dominus, nomen ineffabile. Jochabel, super arcam. * ’lw^aés)., U7T£p Xt&»TOU. Jochabed, ubi est gloria, aut domi- ni gloria, etc. Jou, vide a Domino. ’IoÜ, t in vora bistoriafalsam reperimus □ominis « Jocbabed « etymologiam. (3) ConBtans est error Grœcorum in etymologia vorbi $edec} quod hic quoqae confuse accipiunt pro salem; ut supra in nomme Melchisedeo quem regem paris inlerpretantur. Jesum Nave eliam post pauca confundunt cum Jesu Josedec, quod ex sérié prœsenti nominum probari poteit, In que Greçoi Uudom Josedec inferpretaptur justiliam. SAINT JÉROME. 174 EXPLICATION LATINE, Jourdain, confirmé, ou terre ex¬ trême, qui manque, ou saute¬ relle qui ronge lesbiens de la terre. Idum’ée, qui manque, ou saute¬ relle. Jérusalem, de lui-même est l’es¬ prit de grâce. Jésus de Navé, sauveur de la jus¬ tice. Ismaël, audition du fort, ou re¬ tournez-vous, ô Dieu. Jaser, secours du Seigneur. Jonathan, tourtereau qui vient, - ou il est venu. Japheth, largeur. Jonadam, colombe d’un seul. Joannes, qui baptise. Josedec, justice. Jechonias, pur. Joacim, mis à part. Isesias, couvrant de son ombre. K Kedar, qui a une coquille. INTEnPMlTATIO LATIKA. Jordanes, confirmatus, vel terra ul- tirna, deficiens, vel bruchus. Idumsça, deficiens, aut bruchus. Jérusalem, ipsius est spiritus gratiæ. Jésus Nave, salvator justitiæ. Ismael, exauditio fortis, vel respice Deus. Jaser, domini auxilium. Jonathan, columbus veniens, aut venit. Japheth, latitudo. Jonadam, columba unins. Joannes, baptizator. Josedec, jusütia. Jechonias, mundus. Joacim, sepositus. Isesias, obumbrans. K ' Kedar, testacea. MANUSCRIT DU VATICAN. Affermi, ou terre extrême, qui manque, ou sauterelle sans ailes. Qui manque, ou sauterelle. De lui -même le souffle de grâce. Sauveur de la justice. Audition du fort, ou retournez- vous, ô Dieu. Aide de celui qui peut. Pigeon mâle qui vient, ou il est venu. Latitude. Colombe d’un seul. Baptiste, Justice. Pur, Séparé. Ombrageant. K Couverte d’une coquille. Cf»DBX VAT1CANU0. , r, yn str- EY,letno\jcrcr.j ^ fîpovyoç. ’l^oupata, Ix^etTroutra, ij povyoç. ’1 Epo\jj, rqp 6 ri;; ? h rlâz o Osàç. eI «o-vjp, aùfo'vTOu |3 onOüx. ’Iwvct0«v, lïîpUTTSpoç èp^ôixevoç, :o epyzTKt. *ldfzQ, 7r),«Tuo-(aô;. 'loi'JK^àpLj TÏEpLGTEpà £VOÇ. ’looàvyvjç, jS«7TTtOTV3Ç. ’lwa-e^éz, (hxcct oaw/j. ’lî^ovtaç, staflàpioç. ’lwcotetiy., «77oxet^£yoç. ’I asvly.ç, (ruç-xt«Çwy. K îjç Kat ovopta «u rw ’E^xavà, xat o vopta «ùrw t (jyypos ^oÇ«. Kot)tàç, 0aXa<75, rw dLctfioko), rw 'Xsyop.ivcp. P P«X«, X£VÔÇ. 'Pàf, 7TV0V? 7T«T poç. P«^X, TTVO'h tT^UpOU. 9. JÉRÔME. / ’ Noémi, belle. Repos de la lumière, etc. Insensé, etc. Nephthali, il m’a conservé, ou il m’a dilaté, etc. Nécho, frappés. Naboth, remarquable, ou cession, ou exclusion. O Oolla, tabernacle. Ooliba, ma demeure e^Aen elle. P Phasé, passage, pâque. Phétora,, exploration de l’entrée, etc. Bel, vétusté, ou sans. Diable, calomniateur. R Vain. Raab, étendue, ou dilatée. Brebis, ou qui voit Dieu, etc. niliRONYMUS. Noemi, pulchra. Nachor, requies luminis, etc. Nabal, insipiens, etc. Nephthali, conservavit me, vel dila- tavit me, etc. Necho, percussi. Naboth, conspicuus, vel cessio, vel exclusio. O Oolla, tabernaculum. Ooliba , tabernaculum meum in ea. P Phase, transitus, pasca. Phetora, oris exploratio, etc. Bel, vetustas, sive absque. Diabolus, caluraniator. R Raca, vanus. Raab, lata, sive dilatata. Rachel, ovis, vel videns deum, etc. (1) UdcIo bausorint Græci banc sentontiam, nondnm agnovi; sed nullutn est dubimn de nomine B^, quo dæmonium indicare volunt, sive illud ait JBelj sive Belial aut Baal , quorum frequena est memoria in libris saeris. Apud Heaycbium bujus B'a manifesta sunt indicia : B'âXoç, inquit, oûpavôç, «ai Zeùç IIo, u/.ôç [xÉrpov. ^Evayvcz, do£«. <ï>«youvï),, ènifULVMv. ^WVfl SY. ^WVfl ÈV. TflÇ X Xâpouêiy., nrêpvysç. XcpOuS itU, 7TTSpuÇ. Xs).sdaçj Qspéïioç. XeTTtetjm, vvja'o/.ç 7r«),coy. Scripturaï ad suos sensus : nam oti El3 Plintho, à la défécation. Chérubin, science multipliée, ou ailes. Amen, confirmation que c'est vraiment ainsi. MANUSCRIT DU VATICAN. Isaïe encore a dit : Voilà que je susciterai sur vous les Mè¬ des, etc. Béni. Dieu. Seigneur. Invisible. Des courages. Parole de Dieu. Consentement. Gastrimargie. A bordure. Science multipliée, ou ailes. Confirmation de ce qui est. S. JÉRÔME. Béni. Eloé, Dieu. Seigneur. Nom ineffable de Dieu, etc. Des milices, ou des vertus. Science multipliée, ou comme plusieurs. Vraiment, ou fidèlemment. inteupretatio latina. venturus est ex Médis ad debel- landos fideles. De quoetlsaias di- cit : Ecce suscitabo super vos Me- dos, et reliqua. Baruch, benedictus. Eloai, deus. Adonai, dominus. Jao, iuvisibilis. Sabaoth, virtutum. Elimaz, serrno dei. Marsippion, assensus. Opelos, ingluvies ventris. Tfl plintho, scortationi. Cherubim, scientia multiplicata, vel aise. Amen, confirmatio vere sic esse. CODEX TATICANUS. sortv 6 èpy^ôyevoç à-rvo M^Jwv 7To- toÙç ttiotoùç, Tvepi ov xat léyei' ’lJoù e-Kzyepü èf’ yyàç roùçM'oiïovç, /.ai rà \omd. Bapoù^, ed^oyvîTÔç. ’E^coai, Æsôç. ’AJwvat, xuptoç. law, àojoaroç. XaéawÔ, tcov Juvâaswv. 1 ’EX^uaÇ, 6 làyoç tov Ôeov. Mupd'Ô'TTKlO'ifj TÔ 'XetÔSGÔCU. fOi roloç, yc/.GTpitJ.ap'yiy.. Tvj 7rXtvÔw, Tÿ Trojovgfa. XspovGip., hrlyvoxitç tvstï ‘oQvyy.êv'0, Y) 7TT épvysç. ’Ay.yv, memocnç eoç gcÏv&cüç1 2. HIERONYMUS. Baruch, benedictus. Eloe, deus. Adonai, dominus. Jao, nomen dei ineffabile, etc. . Sabaoth, militiarum, sive virtutum. Cherubim, seientia multiplicata, sive quasi plures. Amen, vere, vel fideliter. (1) Quatuor hœc nomina Grœca invcnies in superioribus Fragments. (2) Hucusqne pervenoruat Grœca Fragmenta libri Nomiaum Hebraicorum, quibns expcditior via paratur nobis ad ca percipienda, qnœ Pbiloni Judœo accepta referuntur. Inter bœc tamcn Fragmenta nnum integrumque est, quod Origenem parentem agnoscit : quia totum constat e nomi- nibus Instrument! novi, cujus vocabula fuerant omisse in Lexico Judœi Scriptoris. Cætcra fere omnia, cum e libris veteris Testamentî dcrivata sint, Philoni Yel ctiam Josepbo, auctoribus Judæis adscribenda videntur. Josephum etiam hoc loco auctorem dixi eLymologiarum in Grœcis Frag¬ menté, non omnium certe, sed earum dumtaxat, quæ apud ipsum scriptœ leguntur. Talis est, si rem exemplis probari juvat, etymologia nomïnis Adam, de quo ita disserit lib. i Antiq. Judoic. cap. 2 : cO 8é ctv0pwno<; ouxo<; "À8a|j,o<; êx,Vq0Ti* aTijJLatvei Sè toüto xaxà y^toTTOV twv Eêpauov, itufîpôv, teiS^Tiep ànô nup(5a<; yïÿ; (pupa0e£ il instruisit , tandis qu’il vient de ■{□N illia . Peu importe que cette faute puisse s’atténuer par l’exemple des Septante qui ont parfois rendu "jCJN comme s’il y avait 1Q1. Ainsi, ps. civ (Hebr. cv), 22, pour l’hébreu TIDmS, ils mettent tou iroaSsüaat to&ç ovtccç aircoü, et la Yulgate, « afin qu’il instruisit ses princes. » Et dans Osée x, 10, Î31C3N1, les Seplante mettent 'rtouSeucraL auToùç, et la Vulgate, « qu’ils les corrigent. » Telle encore cette lecture, vicieuso du passage des Septante, 11 Esdr. i, 11, eévoû^oç pacri^et. Pour peu qu’il eût été versé dans les lettres hébraïques, qui portent ’jSftS HpVQ, il aurait corrigé la faute commise en lisant oîvoxooç t# PcktiXsl, au cas où il n’était pas lui- même l’auteur de cette erreur, qu’on ne trouve assurément nulle part dans les exemplaires des Septante. Telle est enfin cette inepte explication du mot Jean, qu’il croit formé du nom ÎTirP comme préfixe, et depn, tandis qu’il est dérivé de ce dernier seul, avec quelques lettres serviles comme préfixes. Souvent aussi il pèche dans la recherche des origines des noms hébreux. Il en devait être ainsi aisément chez un homme dirigeant ses pas à la lumière d’autrui dans des lieux inconnus; cette lumière lui était fournie par le juif Philon, qui avait interprété les noms hébreux de l’Ancien Testament dans un livre spécial, auquel Origène donnait un pendant en son ex¬ position des locutions hébraïques du Nouveau Testament. Mais comment Origène n’aurait-il pas bronché, avec un chef tel que Philon, qui, bien que Juif et descendant de Juifs, avait été touché d’un bien faible souffle des lettres hébraïques, à peu près comme les autres hellénistes? C’est chose peu surprenante chez des hommes nés et élevés â Alexandrie, et dont le tempérament, a écrit saint Jérôme ( Nieron de Scriplor. Ecoles, in Origene ), répugnait à apprendre la langue hébraïque, selon la coutume do tous les Grecs, qui méprisèrent de tous temps 184 SAINT JÉROME. l’étude des langues étrangères. Mais on s’étonne qu’il en soit ainsi chez Josèphe, fils de l’Hébreu Mattathias ; et pourtant, de ses écrits il est facile de conclure qu’il n’apporta pas à cette grande et particulière connaissance des origines judaïques une égale expérience de sa langue paternelle, quoiqu’il nous dise qu’il avait composé en hé¬ breu quelques traités, qui ont péri avec le temps.» A cela que répondent ces inhabiles partisans de Josèphe qui,recevaut à peine une mourante haleine des lettres hébraïques, ne craignent pas de se prononcer sur le sens intime de la loi sacrée, et d’attribuer à cet écrivain une connaissance du langage hébreu, qu’eux-mêmes n’ont pas même saluée de loin? Mais il leur suffit pour se faire applaudir du vulgaire, de se lancer, à cette occasion, dans une longue dispute, où ils dépensent un travail d’autant plus grand à persuader les autres de leur manière de voir, que leur paradoxe s'éloigne davantage de la vraisemblance. Pour nous, donnant notre adhésion à l’avis des hommes de sagesse et d’éruditiou, nous n’hé- siterons à reprendre ni Philon, ni Josèphe, ni Origène, partout où le deuiandera l’intérêt de la vérité. Et pour ne pas nous exposer nous-même au blâme en publiant ce lexique d’Origène, nous le faisons précéder de quel- ques observations générales. Il faut remarquer d’abord l’ordre des noms hébreux, qui, dans tout ce Dictionnaire, sont rangés d’après la série des lettres de l’alphabet grec, sans distinction aucune et sans mention des volumes sacrés. Origène avait- il suivi cet ordre? Ce n’est pas bien prouvé; ou plutôt, l’opinion contraire est plus vraisemblable, soit par l’exem¬ ple de saint Jérôme, marchant presque toujours sur les traces d’Origène, soit d’après le fragment grec d’Origène que nous avons donné plus haut, qui porte les noms hébreux de chaque Evangéliste classés à part selon la série des lettres grecques, de sorte que les mots de cette nature^qui se lisent en saint Matthieu, sont énoncés avant les autres, puis ceux qui sont en saint Marc, et ainsi jusqu’à saint Jean. Je ne-puis me résigner à penser qu’O- rigène aurait suivi l’ordre de catégories distinctes d’après les livres saints dans le fragment du livre des Noms, et que, dans le lexique, qui nous est parvenu tout entier, il aurait adopté une autre marche, en groupant confu¬ sément et pêle-mêle, sous chaque lettre de l’alphabet, les noms de tous les livres de l’Ancien et du Nouveau Testament. Je croirais plutôt que ce lexique a été compilé par les soins fâcheux de certains Grecs, mais em¬ prunté tout entier du livre des Noms hébreux d’Origène, que celui-ci avait publié en y observant la double distinc¬ tion des volumes de l’Ecriture et de l’ordre alphabétique des mots. J’incline d’autant plus à ce sentiment que des compilateurs latins, j’ai pu m’en convaincre, ont fait un travail semblable sur le livre des Noms hébreux de saint Jérôme. C’est ainsi qu’à Venise fpar tes frères Jean et Grégoirede Gregoriis , Van du Seigneur elle vingt- cinquième jour d'août, parut avec ce désordre et cette subversion du plan, au nombre des œuvres de Jérôme, le livre des Noms hébreux, dans lequel, outre qu’on n’y retrouve ni distinction ni mention de livres de l’Ecriture, on lit tous les mots, tant de l’Ancien que du Nouveau Testament, classés dans l’ordre alphabétique suivant leur lettre initiale. La série des mots dans le lexique d’Origène est donc adventice, elle est le fait de quelque mau¬ vais compilateur grec, qui, ayant suivi un ordre vicieux, et non l’ordre primitif, a retranché, aux points de di¬ vision, les courtes remarques et les citations des livres, en sorte qu’au mépris des distinctions et des parties faites par Philon et par Origène, il a, par faiblesse pour son propre mauvais goût, pris la licence de rapprocher ce qui était séparé, de confondre ce qui était bien ordonné. Mais quoique l’ordre des noms soit vicieux dans ce lexique, la matière même cependant et les interprétations des mots sont bien sans mélange : c’est une eau pure et la même qu’à sa source. J’en trouve la preuve convaincante dans deux passages des Questions et Réponses aux Orthodoxes , faussement attribuées au martyr Justin. A la question 82 : « Quelle est l’explication du nom de Béelzébub ? » l’auteur grec joint cette réponse : toü xe BesXÇeêoùX 'x.otl toü BsXEocp, Xéyet tà ôvüuaTa . e"p-rycai8è Ttp ’ftpiyévei toütcav t uv êvopctTiov • f| épp/qveÊa év vq 'E6pocbu5v ôvofJidTwv, c’est-à-dire: « Il exprime les noms de Beelzebub et de Béliar... et de ces noms, l’explication est don¬ née par Origène, dans son Interprétation des Noms Hébreux. » Cette réponse de Técrivain grec, quel qu’il soit, se trouve complètement vérifiée par le lexique d'Origène qui va suivre : on y lit les noms de Beelzebub et de Bé¬ liar corrompus exactement comme ils le sont dans la Réponse citée, et ils ont là les diverses interprétations dont les a fait suivre Origène. Question 86 : « Quelle est l’interprétation de ces mots : Mna, Ephi, Nebel, Gomor, Siclus, Basilicon, Sanctum, Stater, Drachmo, Quadrant, Hormicus, Didrachme, Talent, As, Séraphin, Bezel, Sabaoth, Adonaï, Ephud? De tous ces mots en effet, la connaissance nous est indispensable, puisqu’ils sont tous contenus dans les Ecritures. » Réponse : EïpTyuat tw "lîptYéveq dtvÔpi èiuaTCC[ji,svi») t^v twv 'EêpaEuv SidXex/uov, ir^vTtov t&v èv tocTç Ôetau; ypa(païç v âvopurnuv p,ÉTpiov ^ êp jJ-v^vetoc* è'/.tlvr\v Ç-ryu^aocç, eép^aeu;. èv ocût-q tt|V tz&v tojv épp/qvetav iLv éÇ-ïyr-rç/«, 7ï-«TpOç, 7} 77«TÏ3p UtOÇ, 7} T7£t«, 7J 7 6a90£ta xupîou, ^ rpoyy y.vpiov. "AÇwtoÇj iayùç, v) s Tcvpyévs i«. At^eju, aipt«TW, ydptç, ÔeoO, y ydptç, r ou Qcrydzov, nsptrop^- ’A VtîpOVtXOÇ, &L(ZTVpSltY)Ç. "Avv«, ydptç «utvjç, vj "A vvotç ^«ptÇôpteyoç. ’ÀvTt77arptç, y dp tç avéc soie. ’A? rol\ô>ç7 (Tvvdyoiv ckvtovç. 'À7rj. ’Axxapwv, 0T£tpwc7tç, 'h ixptÇwc7t;. IIIEUONYMUS > Abacuc, amplexans. Aminadad, populus meus volonta- rius. Amon, fîdelis, vel nutritius, etc. Ampliatus, populus malleator. Amphipolis, populus ore corruens. Anameel, cui donavit deus. Ananeel, gratia dei. Andronicus, decorus ad stadium, etc. Anna, gratia ejus. Annas, donans. ' Antipatridis, donantis laudalionem. Violentum. Apollo, miraculum, sive congregans eos. Appii forum, libéra, vel fortis uber- tas. Violentum. Aradii, déponentes, etc. Ararat, Armenia, vel mons convul- sus, sive vellicatus. Arios pagos, primitiva solemnitas. Sed et hoc violentum, etc. Accaron, eruditio tristitiæ, vel steri¬ litas. (1) Pro Te'irtXupév'n codicis manuscripti, legendum, ut nos edidimus, TeTtXXopivq, id est vellicata. Prœterea noinen illud Ararat juxtafidem elementorum testificatio non potost dici; quare adhœrendum Hieronvmo, qui Ararat interpretatur Armeniam) vel montera velli - catum} sive convulsum , ab Hôbrœo PHN ara , id est, cavpsil et decerpsil , et ab erer, quod Latine mous intelligitm'. *90 EXPLICATION LATINE. SAINT JÉROME. S. JÉRÔME. Aculas, torture, élévation. Alléluia, louange au Dieu vivant. Amath, ma foi, ou race qui vient. Ammam, race de qui? Ammon, de. ma race. Ammanite, notre peuple. Amasa, élévation de mon peuple. Amen, qu'il soit fait, ainsi soit-il. Amorrliéen, dit, ou qui irrite, ou peuple arraché. Anathot, réponse vaine, ou compréhension de la mort. Ananias, don du Seigneur. André1, vertu éminente, ou conjuration, ou satisfaisant à la loi. Antioche, manque, ou ( celle ) qui se taira. Apelles, les rassemblant. Apollona, synagogue, leur discipline. Arabie, déclin du soleil, ou soir. Aram, vision, ou lumière, ou discours. Aquila qui se plaint, ou qui enfante. Louez le Seigneur. Amathi, ma vérité, ou mon fidèle. Peuple de chagrin. Fils de mon peuple, etc. Ammoni, qui me comprime, ou me resserre. Amasa, relevant le peuple, ou soulageant. Vraiment, fidèlement. Amer, ou parlant, etc. Anathoth, réponse, ou signe qui répond, ou obéissance. Grâce du Seigneur. Beauté dans le port, ou répondant à la nourriture (mais cette dernière étymologie est forcée}, etc. Silence de la pauvreté. Les rassemblant (étymologie forcée). Apollonie, discipline, ou leur synagogue. Humble, ou occidental. — Araba, déclinant, ou soir. Elevé. INTER PRET AT JO LATINA. Aculas. cruciatus, elevatio. Alléluia, laus doo viventi. Amath, fides mea, vel genus ve- niens. Amman, genus ex quo? Ammon, de généré meo. Ammanitis, populus noster. Amesa, populi mei elevatio. Amen, fiat, ita sit. Amorrhæus, d ictus, vel irritans, vel populus avulsus. Anathot, responsio vana, vel com- preliensio mortis. Ananias, domum domini. Andréas, virtus décora, vol conju- rationem, vel respondens legem. Antiochia, egestas, vel quæ silebit. Apelles, congregans eos. Apollona, synagoga, disciplina eo- rum. Arabia, occasus solis, vel vespera. Aram, visio, vel lumen, aut sermo. CODEX VAT1CANUS. ’A'/uhzç, oeîuyyj, eV etpenç. ’AX^vAoOca, cd'joq tw tôj Çcôvtv. "ApctO, k((ttlç pou, Y} yévoç èpy6p.e- vou, 'Ap-p-àvj yévoç ex tI'joç. ’Ay.ywv, I'/ toO yévooç pou. 'Ap-pLKvlroqy Ictoq ^wv. 'A/^£(T«, XctOU p.0V è'7T«p<7tÇ. ’AfJt^v, yévoiTO, ’A p-oppodoq, ).«).ouy.evoç, >? n txpcdv oivt ij ).koç K7ro eôflupioç, â MeaoTcoTCK.p.la. 8 ’A (TGv.piovy ôV/avoupiov, ’AoT«pTïj, ’Afpo^tr/j, â xat ’Aot«- p&Q. Aôyouoroç, éopràÇwv , kt£6<; pou àyctQàç. 1 ’A^itcü^s^ , à^s^^oç pou rpwÇtç, Pcopcciorë ccxetou ëJ ïjyouv o^o ç vm.i B 2 B «à),, àvaêsêïjxÔTK, ij àvcürgjoa, fl xarwTepa. B«6u).MV, yoç, i? au/xêtSao-p.ôç. BaVfiOCÇ, OtXO^OpUXK.. B«p«ë6àç, uiôç 7 rarpôç, vj utôç < h$cc - 2. rW'sO, 7TOLU.VLOV. râÇa, Lixot. Y Y) où, 7 TapotvUv. opwv, Y, urjpvyj.crpÂç, r/jpo-àp., 7T«potZOÇ SXS4. Fâtcov, (TT'ôÔoç} Y] yù.a-pLr/mJ r) âtu.Toy.'ïi yàpLTQç, o-i'y/.nà yyc S7r),o:5pi6v piou. rcàarici, pi zyuXvvovy.évY), i? ptero txtÇo- y.êvn. rcÙÙMlu, XKTKXtAvOT'À , pt£T OtXta, y àno'AdXvypLç. FsGoûj yapay^ izvlouà, Tsâz wv, 7r«p«t7r«pwv, $ Ù7r- «XOUO-plÔç TIÇ àv«7r«ÙO-£6)Ç, :h CtVTQÇ xùpioç êxptvev. revvv?(rap£T, xvjttoç àp^ovrwv. Fépapct, (ppotypLÔç. Tspyeauïotj t. apoixtav exÇeSVflxorsç, y 7 rapot'/Gov 7 Tpoaaywy'n. Tvîwpaç, o 7 rapotxoç. 1 r^w(70-wxopiwy, UïJ((A«, Y) UipLVL- TOÇ TTOTtaiXOÇ. 1 A«ët(T, tXKVOÇ XSlpïy VJ pLÔVOÇ 7T£7T0- S'oyivoçj y] ^y«7njjLtsvoç, vj)>£vjy^yoç, vj iÇou0£VYjy.«, 2 A£X(?£üà, «ut vj iyp-oyôpyve'j) vj 6(u,«- X«î 7rX«T£l, XCCÏ 7TC0VI. Avj^Tütoç, txwvôç éx^txüv. Actv«, ïiùitT tç «UTVJÇ, AiGÔfxzty-cc, à si, Vj ysrufioXo puôaou, vj 'Kpovx.oupoO t îj xcupov. AlÔcnZoklÇy £V«V«U£Ù(7£t. <7«^0Ç. Ao0«vj, rx«vvj, £x).£t‘^t<;. E *E$£pf vj iïiGazspüv, * ’E^atoç, yvo>y.Y). v, Tjoo^/a. HIEIlÛNYMUS. Aermon, analhema ejus, vel ana- thema mœroris. Damascus, sanguinis polus, sive sanguinis osculum, etc. David, fortis manu, vel desiderabi- lis. Decla, subtile, sive palmata. Demetrius, vehementer innectens, sive nimium persequens. . Dina, judicium islud, vel ejus, Diapsalma, semper, etc. Diospolis, abnuens ; sed melius Græce, civitas solis. Doec, motus, sive sollicitus. Dothaim, sufficientem defectionem. E Eber, transitorom. Ebraeus, transiens. Eglon, vitulus mœroris, etc. (1) Yoram nominis David etyraologiam docet dos columna Hieronymiana. Caetera qnao apud Grœcos legunlnr, Davidi quidam propria suot, si vitam ej ns aotusquo apodes ; sed mnhum aliéna, si nominis etymologiam qutaras. (2) Nomeu istud adeo corrnptum legitur, ut nequeam divinare quid ait, vel unde sumi potucrît. Decla tamen illi opponere viaum est : quia ali- quam habet affinitatow cmn eo, 3) Greeci hoc loco vocem Ebræus interpretantur, ac si scriberetnr cum *T Daleth ab initîo, rrart Dabereth , hoc est sententiat sive verbum. 201 LEXIQUE DES NOMS HÉBREUX. EXPLICATION LATINE. S. JÉRÔME. Edem, délices, ou pointe, ou terre aimée, ou san- guinolence. Ezècias, force. Elééla, science de Dieu. Elessa, oeuvre de Dieu. fct. Eliacim, résurrection de Dieu. Elem, lieu de Dieu. Eexé, grâce de Dieu. Hébreu, passant, ou qui est passé par un lieu. Egcryphias, caché dans un tas de charbons. Edom, de terre, ou d’écarlate, ou qui manque. Elêon, divinité, ou qui travaillent ci... Eléei, science de Dieu. Eléazar, vocation de Dieu. Elênos, divinité. Eliam, mon Dieu, mon père. Eliézer, secours de mon Dieu. Elimélech, cour royale de Dieu. Elisabet, repos du Seigneur, ou satiété. Elisur, salut de Dieu, ou force de mon Dieu. Elisée, salut de Dieu, ou ombrage. Edeu, volupté, ou délices, ou ornement. Fort du Seigneur. Ekléa, vers la science, etc. Elissa, salut de mon Dieu. Résurrection de Dieu. Elim, bélier, ou devant les portes, etc. Elthécé, il fît sortir. Comme plus haut , qui passe, ou passant. Encryphias, c'est un mot grec . Roux, ou de terre D’Eléon, c’est-à-dire du mont des Oliviers, qui s'interprète par divinité ou qui travaillent à... Elidaé, mon Dieu sait. Secours de Dieu, etc. D’Eléon, divinité, rcomme plus haut . Mon Dieu père, etc. Mon Dieu secours. Mon Dieu roi. Elisabeth, rassasiement de mon Dieu. Mon Dieu fort, ou resserrant. Elisué, salut de mon Dieu. JNTEKPnETATIO LATIN*. Edem, deliciæ, vel cuspis, vel terra amata, vel sanguinolentia. Ezecias, fortitudo. Eleela, dci scientia. Elessa, dei factura. Eliacim, dei resurrectio. Elem, locus dei. Eexe, dei gratia. Ebræus, transitor, vel qui pertrau- sivit. Egcryphias, absconditus in carbo- num strue. Edom, terrenus, vel coccineus, vel deficieus. Elæon, divinitas, vel allaborontes. coniix vatllanus. Y) ï) ’fn èpuv- pLZvv), i) ctiuy.TO) (Ttç. 3E Çgy.îaç, y.pcs.ro;. ’ElsYjlày Qzov èxly'Jüicnç. >E).eG‘0‘à, 7ro LYicnq. ’EXiaxg't y,, Otoù «yàoracrtç, ’EXvjg., TÔ7TOÇ Ozov. 1 'EeÇ/j, Qzov %à.pu;. 'Eê^atOÇ, 'KZpÙTYJÇy Y) dw.'Kt'npVyÙiC,. ’E yy.pvLCAÇy JyxpvTrTÔp.îvoç h rrj «v- QpCiXLCt. ’E<5w y.t yvjtvoç, :o xéttïttvoç, Y) 776) V. *£>atov, Oeà tyjç, y) npoaTrovovvTeç» HIBRONYMUS. Eden, voluptas, sive deliciæ, vel ornatus. Ezecias, fortis domini, etc. Eldea, ad scientiam, etc. Elissa, dei mei salvatio, etc. Eliacim, dei resurrectio. Elim, aries, sive pro foribus, etc. Elthece, protulit. Ebræus, ut supra , trausicns, vel transitorem. Encryphias. Græcum est. Edom, rufus, sive terrenus. Elæoui8, id est, montis Oliveti, quod interpretatur divinitas, vel allaborantes. Elidæ, deus meus scit. Eleozar, dei adjutorium, etc. Elæonis, divinitas, ut supra • Eliam, deus meus pater, etc. Eliezer, deus meus adjutor. Elimelech, deus meus rex. Elisabeth, dei mci saturitas^ etc. Elisur, deus meus fortis, vel coo.n- gustans. Elispe, dei mei salus. Eleei, dei scientia. Eleazar, dei vocatio. Elænos, divinités. Eliam, deus meus pater meus. Eliezer, dei mei adjutorium. Elimelech, dei regia. Elisabet, domini requies, vel saiie- tas. Elisur, dei salus, vel dei mei ro- bur. Elisæe, dei salus, vel obumbratio. ’EXs'et, tfgov £77Îyv6)£tov. ’EXto-ccêsr, xvplo 0 àv«7r«u(7tç, Y} o corruptiüsirno Eexe idem sentiendmu dicondumquo ac de superiorî Decdera, 202 SAINT JÉROME. EXPLICATION LATINE. Elcana, possession de Dieu, ou gloire. Elmuné, partie de Dieu. Eloïm, perfection de Dieu. Elsamus, soleil de Dieu. Eloé, ô Dieu. Eloïn, Dieu est venu. Emar et Arphath, et Sapaphareim, idoles chai- déennes. Emmor, discours, ou âne qui parle, Enna, ventre des animaux, utérus. Enoch, dédicace. Ermonè, anathêmatisé, ou lumière sublime. Esrom, prière suprême, ou trait, ou arc éternel. Evelat, montre ici, ou terre habitable. Euphrate, dissipation, ou fertilité, ou salut. Ephud, manifestation et vérité, en lui {était) le Rational, ou rédemption, ou encensoir, ou autel des parfums. Ephra'ïm, latitude, ou consolation, ou dissipa¬ tion Elisa, brebis de mon Dieu. Elisama, audition de Dieu. Elesaph, tranquillité de Dieu. S. JÉRÔME. Possession de Dieu. Elcia, part du Seigneur. Dieu. Dieu soleil. Eloï, t Dieu. Dieu. Emath, et Arphath, indignation, et qui guérit, ou qui doit guérir. Emor, âne. Ennam, voilà celle-là, ou. voilà qu’ils sont là. Dédicace. Ermoni, son anathème. Qui voit la flèche, ou javelots des troupeaux. Evila, qui se plaint, ou qui enfante. Qui porte des fruits , ou qui croît. Vêtement de dessus, que les Grecs appellent £7T£v(îLujy.«, etc. Frugifère, ou qui croît. Mon Dieu salut, etc. Mon Dieu, a entendu. Elisaph, protection de mon Dieu, etc. INTERPRETAT 10 LAÏINA. Elcana, dei possessio, vel gloria. Elmune, dei pars. Eloim, dei perfectio. Elsamus, dei sol. Eloe, deus. Eloin, deus venit. Emar et Arphath, et Sapaphareim, idola Chaldaica. Emmor, sermo, vel asinus loquens. Enna, animalium venter, utérus. Enoch, dedieatio. Ermone, anathematizatus, vel lu¬ men sublime. Esrom, precatio novissima, vel ja- culum, vel arcus sempiternus. Evelat, ostende hic, vel ôrbis. Euphrates, dissipatio, aut fertilitas, vel salus. Ephud, manifestatio et veritas ; in eo ( erat ) Rationale, vel redemp- tio, vel' thuribulum, sive altare suffitus. Ephraim, latitudo, vel consolatio, vel dissipatio. Elisa, dei mei ovis. Elisama, dei auditio. Elesaph, dei tranquillités. C3DEX VAT1CANUS. ’EV/«yà, 0£oü '/.TvjvtÇj ï; âo%a. ’E Xjaouvvî, ôsoù j 'j.spi;. ’E^otjy., dso 0 °E^o-ajy.ouç, Bzov :o\ioç. ■'EXojs, à Ozoç. ’E^olv, 0£OÇ y)\6zv. *E pu/.p i ’ApfàQ, /.ai XaTTayapdi/., kïâoila 'X.alâaï/.â. ’E yy.op, ^oyoç, ï; ovoç ’Evvà, ’C6> wv svuar povj '/ot\ia. *E vw^, èyy.aLVL(T yoq, ’EppLM'/}, àvaT£Ôep.aTit'0 pla. dij'XGjmç '/.aï ak'ôôsia' sv w to \6yiov} Y) 'XvrpoicrLÇy v? dvyta r}r pLO'J . ’Efpaîy.t nXa.Tvarp.âç, Y) napd'/\'o;^, (rvvréletu sipfivyç. ®Ep(rpO(7VVVJÇ, Y) 'Xpvcrohdoç, Y) 0£X£0T£0V, kiOionEÇ, ©EO^tXoÇ, àvxyépwv, Y] eTZKTTpéfOiV. ©spa^iy., Etxovsç üâù- Xwv. ©eoGfizr.ç, kmezpoyfi. ©g Lp.àp, 7Tg tpcOTptÔç. ®0}£s\f crvvayteyY) , fi 7rpô0£<; xai %«p«, àxovapiéç. ’I <7pt«ïî>, zï ipyoyévn dbacç. ’IwOTïf , npÔ(T$£p.<;. HIERONYMUS. Joachas, ubi est, retinere ? etc. Job, magus. Jobel, dimittens, aut mutalus, sive defluet. Josaphat, ipse judicans, etc. Josedec, domini justitia. Josia, domini salus, domini forti- tudo, etc. Jochabed, ubi est gloria? sive do¬ mini gloria, etc. G Gades, sancta, sive mutata. Caath, molares dentes, vel patien- tia, etc. Cades, commutatus, sive sanctus. Cadmonæi, antiqua tristitia, etc. Gain, possessio, vel lamentalio. Cainan, possessio eorum. Cana, possessio, sive possedit. Candaces, commutata. Carmel, cognitto circumcisionis, etc. Garpus, sciens perspicue. Gapharnaüm, villa consolationis, etc. 211 LEXIQUE DES NOMS HÉBREUX. EXPLICATION LATINE. S. JÉRÔME. Kampsaël, congrégation de Dieu. Kydar, obscurcissement, ténèbres. Kephas, pierre. Kinéen, possédé. Kinura, cithare, ou science de la lumière. Klaudius, espérance de la sérénité de Dieu. Kléopas, très-laborieux. Kodrant, petite pièce de monnaie qui est appe¬ lée sesterce. Kolasaïs, de la voix faite. Kolonie, révélée. Koré, chauve. Kornélius, science de la circoncision, Kuartus, qui sonne delà trompette abondamment. Kriscé, ténèbres. Kathama, (choses) abaissées, ou manteaux d’étoffe à fleurs. Kaïsar, jugement principal. Kamuël, résurrection de Dieu. Kariatbeiarem, cité du chêne. Karposinon, non souillé. Kasia, conventicule congénère. Kénéens, possédés. Cabsel, congrégation de Dieu. Gédar, ténèbres, ou chagrin. Géphas, Pierre. Mot syrien. Ginéen, qui possède. Chenneroth, signe des cithares, ou comme des lampes. Glaudiiffe, espérance de la tranquillité. Gléophas. ne s'y lit pas. Codrant, obscurité, ou ténèbres, que nous écri¬ vons quadrant par la lettre Q. Colosses, à la voix faite. Colonie, leur révélation, etc. Goré, calvitie. Cornélius, qui comprend la circoncision. Cuartus, qui retentit d’une manière superflue. Crescens, ténébreux. Garthama, mot grec. César, possession principale. Gamuël, résurrection de Dieu, etc. Cariathjarim, bourg, ou cité des forêts. Garbasimun, mot grec, Gassia, mot grec . Ginéens, qui possèdent. INTBRRRKTÀTIO LATINA. Kampsael, congregatio dei. Kydar, obtenebratio, tenebræ. Kephas, Petrus. Kinæus, possessus. Kinura, cithara, vel scientia lumi- nis. Klaudius, spea serenitatis dei. Kleopaâ, multurn laboriosus. Kodrantes, nummulus unus, qui di- citur nummus. Kolasais, vocis factæ. Kolonia, revelata. Kore, calvus. Kornélius, scientia circumcisionis. Kuartus, buccioans abundanter. Krisce, tenebræ. Kathama, demissa, aut pépia. Kæsar, principale judicium. Kumuel, resurrectio dei. Kariatheiarem, civitas quercus. Karposinon, impollutum. Kasia, conventiculum congenitum. lvenei, possessi. CODBY VATICANU3. avvayoiyh Qeov. K vdàp, crucr/.OT«crfAOç, >3 txotoç. Kvjyàç, ÏÏSTpoç. Ktv»iTeia, etc.. Cosymbi, Grœcum est. Crispus, sciens, vel cognoseens . Cyprius, tristis, aut mœror. Cyrenius, hæres, etc. Colam, vox eorum. (a) Cosymbi, pro nodis acoipîuntur Exodi xxvm, ubi «nodi tuoicarum ex bysso, et tunica nodis anbstricta. » Haie sensui conveniunt verba consoquentia in nodice Grœco, nodos enim Bignificnnt arcte vestes astringentes. De Cosymbo autem bæc Imbet Hesychius : KoffeupêT), xott xd(T(Tup.6o<;, êyxd|j.6w|Aa y.al 7csptÇmp.a aEydiCTtov, ’Aal éyxop.6ouTat. Docet^ergo Hesycbins Cowfmbon indumentum esse Ægyptum, et ornameotuni quasi innodatain et colligation. Alii volunt êyx(5p.6w[J.a fuisse genus veshmenti în nodum constricti, qno sen-i ntebantur. At baie opinioni répugnant ca quæ a Grœcis subjuneta sunt; nimirum Cosymbos etiam dictqs innurata qnœdam ornumenta, sicut [XŸjyttfXOç, qui orna- mentum dieitur eollare, sive monile et torques. Cætera verba, quia omnino eorrupta depravataque leguntur jn codiee mamiscrjpto Grœco, non inlerprctnmur. Patavit nnus o nostris linguœ Grœeœ peritus legi posse àXkov ocrcrouç ëytov, dtpupbtupTa : nt sit sensus, aliam esse interpre- tationem qua vesfis dicatur habens ontlos , id est, occellata, vel etiam y.dCTUixêot erunt ligna ad onora pottanda, hoe est, dt[Atci- "/.upTa ; Non oioittimas tunicam ttoaupêwTàv Exodi xxvm, 4, esse tuoicam cum cirris, qui beno dispositi ornnmento sunt vestibus. Consule August. Quœst. 114 in Exod. 213 LEXIQUE DES NOMS HÉBREUX. EXPLICATION LATINE. S. JÉRÔME. Krète, de la vocation, ou de la création, de la perfection, Kypsalin, vase plié. L Laban, blanchiment, Lazare, aidé. Lebbéen, cœur. Léviatham, lui-même ea . Lia, laborieuse, ou récusée. Laodicée, tribu devenue amie. Léopétra, plainier, foulé au pieds. Louzacarion, qui manque de plumes. Lydda, utilité. Lycaonie, qui est ressuscitée. Lysias, engendré. Lot, du prédicateur lui-même, ou racheté en dernier lieu. Levis, ministre, ou placé auprès. Lybies, bouche de ceux qui ferment. Linus. blanchi. Lomna, blancheur. Lucius, ressuscitant lui-même. Crète, delà vocation, ou de celle qui est appe¬ lée, etc. Cypsalin, mot grec. L Blanc. Aidé, Petit cœur, etc. Léviathan, leur addition. Laborieuse. Tribu aimée du Seigneur; mais mieux, nativité attendue. Léopétra, mot grec. Luza, amande; certains le traduisent par lien du cou. Utilité. Pour ressusciter. Engendré. Lié, ou qui penche, ou vacant. Lévi, ajouté, ou placé auprès. Les entrées. Blanc, ou joueur de flûte. Lobna, blancheur, ou côtés. Ressuscitant lui-même. INTERPRETA T 10 LATINA. Krete, vocationis, vel creatioais, perfectionis. Kypsalin, vas plicatum. L Laban, dealbatio. Lazarus, adjuius. Lebbæus, cor. Léviatham, ipse aqua. Lia, laboriosa, vel recusata. Laodicia, tribus arnica facta. Léopétra, planus, conculcatus. Louzacarion, pennis carens. Lydda, utilitas. Lycaonia, quæ resurrexit. Lysias, generatus. Lot, concionatoris ipsiua, sive re- demptus exlremo. Levis, minister, vel appositus. Libyes, os occludentium. Linus, dealbatus. Lomna, candor. Lucius, ipse suscitans. CODEX VATICANUS. KptTV/, x).ï5<7£wç, 'h xrtascoç, re)£tcô- <7£eoç. Ku^aXiy, rs.yysïov TrXyjxTÔy. A Aa§âv, Xeuxaaytôç. AàÇapoç, 7Tpoo'^oyjôoôiu,£voç. Ae&6aioç, y.apâ ta. À£ut«Ô«y., v.vTÔiïbip. Ata, y.OTTiwaa, i? àya.vsuo pt,év/i. Aaofceta, î, ^tsrpoy. ktto nvpyov Tvvppct. Maye^wy, IÇ hwyys\iuç auroü. Mayot, ttXkvoi. Mv.âiàp., lyéy'/too-tç, h àiz bxpiau;. M«0st«, ttko-^oùo-ïjç. Ma0ouv. Mig&pc/.voq, xaT£7Tf(jp«vv7ç. M£y,0iÉ>«à)>, ex arouaroç aiayvv'/}. Méppoc, 7rt y. p la. MsGrpc/.'hg, ÀtyuTTToç. I\X‘/ÎV«(TXOUÇ, y,6ïvt«x«ç. Mirpct.) % £wvvj. Mtyrot'o'k, rtç ôiq Qzoq 6 Ld^vpài ; $ c/.vSpzïoç Ôzoç. Mwàê, £X 7T O'TpOÇy 7) àxpiç. M oipàdj xXïîpovôixoç. M ûpÔu, KpQvepLÇovGc/.y h xvpiaxvï. HIERONVMUâ. Mandyas. Manue, de requie, etc. Mamzer, de longe, vel alienatus. Maranatha, dominus noster venit. etc. Maria, domina, sermoue Syro. Mariam, ainarum mare, etc. Marcus, excelsus mandato. Martyrium, Græcum est. Machir, restituet, sive venundabit, vel de infirmitate. Madad, mensus est. Maleleel, laudans deum, etc. Melchia, rex meus deus. Michol, de omnibus, etc. Membranas, apertas, sive manifestas. Memphibo.ste, de ore ignominia. Merra, amara. Mesraïm, Ægyptus. Meniscus, Græcum est . Mitra, Græcum est. Michael, quis ut deus ? Moab, ex pâtre. Morasthi, hæres meus. Martha, irritans, domina, etc. 216 EXPLICATION LATINE. SAINT JÉROME. Mariam,. Seigneur de ma génération, ou souve¬ raine, ou smyrne de mer. Masiphpha, observation. Macbma, humilité. Magédéel, d’après la promesse de Dieu. Métaniu, don du Seigneur. Melchel, règne de Dieu. Melchisédech, roi de justice, ou apôtre juste. Memphès, bouche de la confession. Mésopotamie, exaltée. Mésie, Christ, oint. Mida, qui mesurent. Misaël, contact de Dieu, ou visitation de Dieu. Micha, humble. Michée, qui comme le Seigneur? Moïse, assomption hors de l’eau. Moyse, recherche du Seigneur, ou du salut. . N Naas, serpent. Nabau, halte, ou leur pâturage. Nablées, plastérions, sortes de cithares. S. JÉRÔME. Plusieurs pensent qu’il faut l’interpréter par smyr¬ ne de mer; mais je ne suis pas de cet avis, etc. Masépha, observation, etc. Machinas, humilité. Magdiel, d’après la promesse de Dieu, etc. Matthania, don du Seigneur. Melchiel, mon roi Dieu. Roi juste. Memphin, de leur bouche. Elevée parla vocation. Messie, oint, c’est-à-dire Christ. Maédan, qui mesure, on qui répond. Tact de Dieu ; ou qui interrogea. Qui est celui-ci? ou qui est celui-là? Michaïe, qui est celui-ci? ou qui dominera? Moïse, qui touche, ou qui palpe, ou ôté des eaux, ou assomption. ; N Serpent. Nous viendrons, ou dans la conclusion, ou halte, etc. Nom du psaltérion, etc. INTERPRETAT! O LATINA. Mariam, domiuus ex generatione mea, vel domina, aut smyrna maris. Masiphpha, speculatio. Machina, humilitas. Magedeel, de promissione dei. Metaniu, domun domini. Melchel, regnum dei. Melchisedech, rex justitiæ, vel apostolus justus. Memphes, os confessionis. Mesopotamia, exaltata. Mesîas, Christus, unctus. Mida, dimetientes. Misael, contactus dei, aut visitatio dei. Micha, humilie. Michæas, quis sicut dominus ? Moses, de aqua assumptio. Moyses, scrutatio domini vel a sa- lute. N Naas, serpens. Nabau, sessio, vel pabulum eo- vum. Nableæ, psalteria, sicut genus ci- tharæ. CODEX VATICANU3. Maoiày, xu(otoç ex yevvnGSÔiç (v,ou, Y) Y,V p LSVOV GCt, Y) (TfAÙpVU QvXdvtTQ Ç. M c/.tTL'ffàj à'KcxrAÔmvvLq. MCC^XCÎ, T07TÊtVMOTÇ. MàyeiïwXj IÇ èfcctyye\tctç Osov. M erwvâïv, xvpiov. M padilsb. Osoii, Ms^to-s^kx, (hxaiojçï «7rô0«, Eiâàç ri U.Ep(Tty.6v d 7 Tpo t ou 7TUpÔç, WÇ tevoç. ’0Çi«, ’OÇlflX, LGJfÙç 6s où. Ovflo"t^toç, àiroy.pLvô{j(.e'JO<; sùivpené- ot «r«. * OpLov , füç xvptov. 'Opj^KTxôç, fz«vt«xfly, fl $ecr fxbç xu- '/kofep'oç. 'Opvà, wç. ri n«<>, euafôpoç. ïldpdoi , Sie/.'Aor.'h rsXsta. riceptcrrp tierce, zfyyUpOpLévYj . rLce.errofàpice, otxwv, ij 'KZLpceericeç did- XOVOÇ. Il arpwêàç, rJtaXuwv 6gce\ti$. IlauXoç, err6g.ee <7 ceXtergov, 'h Ôcevpce- erroc, V) ix^sxrôç. Uû.rcei, g.v/.pà oieXce ïyovre/, xvj y.êaXa irpocTTeZTr'QyÔTce, cénep lêyovcr tv ot 'Pwp.atot cepgcertiptce. Ileptxvïîjwt^sç, j3pàxt«[F. fîpdXrZce pro Ppcéxio]. ïlEpinrspov, Qzp tvov. HISR0KTMU8. Pharatonites, dissipaus. Odollamites, testimonium in aqua, etc. Ozias, fortitudo domini. Onesiphorus, respondens narratio- nem. Oren, ira. Uriel, lux mea deus. Ochozias, apprehendens deum, etc. P Topazium, bonum. Parthi, dividentes perfecte. Paristrosa, Græcum corruplum. Pastoforia, Græcum est. Patrobas, dissolvens eum, etc. Paulus, mirabilis, sive electus, etc. Peltæ, Græcum est . Pericnemides, Græcum est. Peripterum, Græcum est. SAINT JÉROME. S. JÉRÔME. ■2.20 EXPLICATION LATINE. Perse, dissolvant les flancs. Paraxiphis, petite épée, ou gaine. Parmenan, qni enlève la satiété. Pâque, sacrifice pour le passage, ou dessus, ou prix de la rédemption. Pierre, qui connaît, ou qui dissout, ou qui obéit. Podères, vêtement qui descend jusqu’aux pieds, le plus précieux que portent les prêtres. Poudès, vêtu, volonté. Ptochor, rassemblant le fruit. Pythun, bouche de l'abîme. Pératès, étranger, oriental. Périousion, multiplié. Périopé, sommet du mont. Perses, tentés, ou dissipés. Pithon, bouche éternelle. Pilate, bouche de celui qui travaille avec le mar¬ teau. Ponce, conseil qui incline. Porcius, enlevant leur dureté. Ptoca, connaissant. Ptolémaïs, conduite dans le mesurage. Pyrsos, dissolu. Qui tente, ou décousant ses flancs. C'est un mot g?’ec. Parmenam, plénitude qui divise. Ascension au delà, ou passage au delà. Qui connaît, ou qui dissout. Podéré, mot grec. C'est un mot grec . P ro chorus, rassemblant le fruit. Pithom, bouche de l’abîme. C'est un mot grec , C'est un mot grec . C'est un mot grec. Qui tentent. Pithom, bouche de T abîme. Bouche de celui qui travaille avec le marteau. Déclinant l’avis. Portius, divisant leur dureté. Priscille, reconnaissant. Conduisant à la mesure. Pyrrhus, qui dissout. intkupuktatio latina. Persis, dissolvens latera. Paraxiphis, parvus ensis, vel vagina. Parmenan, tollentem saturitatera. Pascha, sacrificium protransitu, aut super, vel pretium redemptionis. Petrus, cognoscens, vel dissolvens, vel ohediens. Poderes, indumentum quod usque ad pedes dijluit , sacerdotale pre- tiosius. Poudes, indutus, voluntas. Ptochor, fructum congregans. Pythoun, os ahyssi. Perates, advena, orientalis. Périousion, multiplicatum. Periope, summitas montis. Persæ, tenlati, vel dissipati. Pithon, os sempiternum. Pilatus, os malleotoris. Pontius, inclinans consilium. Porcius, lollens duritiem eorum. Ptoca, cognoscens. PtoJemais, ducta in mensurationem. Pyrsos, dissolutus. CODKX VATICAjNUS. ïïepcrtç, èm Ivopévy t« iCkv.yw.. TLotpodZLfiç, p.iy.pà rj n«|3aevàv, Ætaqîouvra 7r).yj (r^ov^v. nâcr^a, $Lcr£c/.Tr)pLOV) jj ut 17 M- rpov [forte ùivepfic/.Trjpiov]. Tiérpoç, il rtyvMy.tov, y ènùvorjj v u7raxouwv. Tioiïép'OÇ) rô g-é%pt twv 7to(?wv ev$u- [ta f îspartxôv rt^wrspov. Iïou^î, lu^UOIAÊVOÇ, fiovlvjuv.. Tlrw^wp, YMpirov avvctyorj. IÏU0OUV, <7T àp.C/. a^U(T(70U. neûàrïjç, 7r àpotxoç, :o àvaro^i'/.ôç. IÏSptOUfftOV, TTîTrXïjflu^USVOV. IleptOTT^, à/pwpsta. üepcrat, nstpc/.ÇôgzvOL, v? ô\aEr/s<5a- Çô^svot. Ilt0ov, (rropa atwvtov. ïlûaroç, crropa } 75 Tzv&vpLoc. ÔsoO. 'P c/.yjo^, npâGuTov 0£oü, ï) ttjoy) to-- %vpà. TfiSsxxa, 7 ToXkf) InipLOvrij y ycsSovt 7« npüro'j oh fi pu, 'P oGoctpi, 7t\uTV<7p.Q<;, Y) £V 7rXï50£l Itxov. 'P owJt, optocrt/., 'PoOçpoç, ’ic/.a tç, lh ày«7r«u<7tç. 'Pcôuvj, OipYj'krj fipovr/). rP««cy /? cf>ù:n- ^«Tl. lIIBBOft-TMUS. R Raab, lata, sive dilatata. Rabbi, magister meus. Rabbin, magistri, vel plures. Rau, pascens, sive pastus est. Ramesse, pabulum, vel tinea, etc. Raphaël. Rachel, ovis, vel videns Deum. Rebecca, multa patientia. Roboam, impetus populi. Rode, videns, vel fortis. Rufus, sanans eos, etc. Roma, sublimis, vel tonitrus. Raasson, placentia. Græci eôSoxtccv vocant. Rabus, magister, vel multus. Ramataim, altitudo eorum. Raguel, pastor dei, vel amicus ejus deus. Raphaim, gigantes, vel medici. Rabsaces, princeps deosculans, etc. 222 EXPLICATION LATINE. SAINT JÉROME. Richab, ascension simultanée. Rubil, esprit de Dieu. Romélie, élévation, ou circoncision. Ruth, celle qui a fait l’abondance. Roboth, brisés par le tonnerre. S Sabéens, Ethiopiens. Sabachar, premier-né. Sabbat, repos, ou conversion de la sanctification. Sabec, rémission, ou propitiation. Sadoc, juste. Salatliiel, pétition de Dieu, ou de celui qui vient. Salmonè, ombre du peuple. Salon, qui pacifie. Samarie, leur garde regardée comme vile. Sampson, leur soleil. Sarabara, sorte de vêtements persans. Sarephtha, affliction du pain. Satan, tentation de l’élévation, ou vase de trois boisseaux. Saïil, demandé, ou acquis par l’usage. Sabèe, rapide, ou plein. S. JÉRÔME. Réchab, ascension, ou qui monte avec. Ruben, fils qui voit, etc. Elevé du Seigneur. Qui se hâte, ou qui voit, etc. Rooboth, places, Raama, des tonnerres. S Captifs, ou qui convertissent. Subachaï, condensé, ou taillis, etc. Sabbath, repos. Rejeton. Juste. Ma demande Dieu. Selmoné, sensible, ou sens. Salomé, pacifique, etc. Leur garde, etc. Samson, leur soleil. Braies, etc. Angoisse du pain, etc. Adversaire, etc. Demandé, ou qui abuse. Satiété, ou sept. IHTEEPRETATIO LATJNA. Richab, conscensio. Rubil, spiritus dei. Romelias, sublimitas, vel circura- cisio. Rutb, quæ fecit exuberare. Roboth, tonitruo fractos. S Sabæ, Æthiopes. Sabachar, primogenitus. Sabbata, requies, aut conversio sanctificationis. Sabec, remissio, vel propitiatio. Sadoc, justus. Salathiel, petitio dei, aut venientis. Salraona, umbra populi. Salon, pacificans. Samaria, custodia ipsorum pro vili habita. Sampson, sol eorum. Sarabara, species indumentorum Persicorum. . Sarephtha, affiictio panis. Satan, tentatio elationis, vel etiam trimodium. Saul, expetitus, aut usu habitus. Sebeæ, eeler, aut plenus. CODEX VATICAKU9. 'Pi^aê, eTrtêacrtç. 'PouêU, 7TV€Up« Ôeoü. 'Popt^^Lcç, pisvswpnrpiôç, % Trsptro- pt/J. ToùÔ, TreptafTevauGOL. 'Pwêwô, êpovrvj pwyAouç. 2 2u^aiJ AlQioTztç. 2c/£àyv.p} 7rpwTÔTO*/oç. 2ࣣa.T «, */ctT«7ï'«u(rtÇj k'Kta’Tpoy.'h V.ytÙ.GpLKTOÇ. CtfEGtÇy i ? &«(TplÔç. 2uâ6r/.j iïUcuoç. 2 £7VLay.£\jjt<; ojpcUa. l£pOÙ%j â'KUpT'Op.CK. 'ZyQ, OtvdaTCiVLÇ COpCitCK. 'ZspOÙ’^y CZpCiltTLp'CC. Ev?«v, 7 uipctapÀ*; $£pp.ô<;. 2t'/.dptot} p.zQv(TTj àvsxeluevoç. X«u^ ctâoleajfoç. Xs6«ot'À, y.v3ïXoO£t(?À>] . T iu.ôQîoç, ctyc/.Oorotàç. Sadcraolli, arva, vel regiones. Simeon, nudi tristiliam, vel pone mœrorem. Sychar, conclusio, sive ramus, etc. Schizai, Græcum est. Sorech, optima, vel electa. T Sophar, speculator ejus, etc. Tabita, dama, vel caprea. Talitha cumi, puella surge. Syrum est. Tabeel, deus bonus. Talenta, Græcum est. Samaria, custodita. Tanis, mandatum hurnile. Taphnos, stupens os serpentis. Tiaræ, pileoli. Tigris. Vide supra . Tertius, adjungens, id est, appli- cans se. Tertullus, placens stcrcorc, vel ng- gere eorum. Tiberius, boni tas ojus, etc. TimoLheus, beneficus. 227 LEXIQUE DES NOMS HÉBREUX. EXPLICATION LATINE. S. JÉRÔME. Tite, recherchant les biens. Trachonite, trafic de la tristesse, ou amabilité. Trochos in trocho, quatre faces. Tryphène, détournant. Troade, rémission. Tympanon, conclusion. Tyran, qui saisit, ou qui prévaut. Timon, qui compte, Tobie, biens du Seigneur. Trissus, arc. Trichaptes, vêtements d’or et de soie. Trophime, déliant les mamelles, Tryphosa, remarquable. Trogliens, séparés. Tyrien, compréhension, affliction. Tychique, silencieux. Y Qui cherche, ou bon; mais mieux qui a lutté. Trafic de la tristesse. Trochos, mot grec . Faisant signe de la tête, ou qui retourne. Repos, ou latitude. Moi grec . Qui les contient, ou qui conforte. Qui compte, etc. Seigneur bon. On ne le lit pas dans saint Jérôme. Mot grec, Ezech . xvi, 10. Rompant les lits nuptiaux. Rem arquablemen t . Troglytes, irritables, ou de l’ouverture. Angoisse. Qui se tait. Y u fils iéménéen, du fils delà droite. Jémim, ma droite. Yménéen, qui dort. F Faam, temps. Fanuel, face. IMTEnPRKTATtO LATtNA . Titus, inquirens bona. Trachonite s, mercatura tristitiæ, sive amabilitas. Trochos in trocho, quatuor faciès. Tryphena, avertens. Troas, remissio. Tympanon, conclusio. Tyrannus, comprehendens, vel præ- valens. Timon, numerans. Tobias, bona domini. Trissus, arcus, Trichapta, vestes deauratæ et sé¬ rie®. Trophimus, dissolvens ubera. Tryphosa, conspicua. Trogli, dispertiti. Tyrus, comprehensio, afflictio. Tychicus, silens. Y Yîou jemenei, fîlii dcxtræ. Ymeneus, dormiens. F Faam, lempus. Fanuel, faciès. Qui sommeille. On ne le trouve Face de Dieu, CODEX VATICAHU3. Téroç, Çyîtwv «y aôu. T pay'ovfrïjç, lpt7ropst« [Pro ipnoplct] XU7T7ÎÇ, 7) 7 ZpOGftXia, Tpôy^o; iv rpoyoi, TSTpc'.'KpÔGwnct. T pxifsvct) «Troo-rpeyouca. Tpwà;, «v£<7 tç. T0p.7r «vov, CTuV/Jeurp-ôç. Tu pævvoç, avvéyoiv, v? xparcov. Tfy/wy, upt$p.à iv. Toêt«ç, «y«ôà xuptou.- T pt *c«p6ç. QavovhX, 7Tpôçw77oy. F pas. Titus, quærentem, sive bonum ; sed melius luctatum. Trachonitis, negotiatio tristitiæ. Trochos, Græcum est. Tryphena, innuens, sive revertens. Troas, requies, sive latitudo. Tympanum, Græcum est. Tyrannus, continens eos, sive con- fortans. Timon, numerans, etc. Tobias, bonus dominus. Trissus, non legüur apud Hieronym. Trichapta, Græcum esty Ezech. xvr, 10. Trophimus, dissolvons thalamos. Tryphosa, perspicue. Troglytæ, iracundi, sive de fora- mine. Tyrus, angustia, etc. Tychicus, tncens. Y Jemini, dextera mea. Ymeneus, dormitans. F Faam, non legüur. Fanuel, faciès dei. HIBRONYMUS. 228 EXPLICATION LATINE. SAINT JÉROME. S. JÉRÔME. Faran, bouche de la vision. Faria, fille do Pharaon. Fasec, passage ou rémission. Felmoni, ange, ou ressemblance de vertu. Fennana, aversion. Festus, nombreux par la bouche. Filémon, admirable à qui Ton a donné. Filex, accident, ou blessure. Filologue, bouche qui élève, Flegon, qui coupe. Fogor, bouche. Foebé, édifiant parla bouche. Fua, rouge, ou accident. Fuel, les Libyens ou Africains. Fylistins, étrangers, admirables. Fonè en rama, clameur dans la terre élevée. Fathuel, largeur de Dieu, ou rencontre de Dieu. Farès, haie, ou séparation. Farisien, séparé. Félethtbi, touché par la fronde. Félonès, face de Dieu. Férézéens, qui dissipent, ou fruits. Augmenté, ou qui croît par dessous, etc. Faraï, ceux-ci avant moi. Ascension au-delà, ou marche au-delà. Felmoni. Fénanna, conversion. Bouche de plusieurs, etc. Admirablement gratifié, ou certainement bouche de leur pain, Félix, ruine de la fracture, etc. Principal par la bouche, etc. Qui dissèque, ou qui divise. Bouche de la peau. Edifiant par la bouche, etc. Foa, ici, mais mieux, rouge. Fut, inclinaison de la Lib3re, ou de la bouche. Qui tombent par la coupe, etc. Rama, élevée, etc. Laiigeur de Dieu, ou Dieu qui ouvre. Division, ou il divisa, ou qui dissipe. Divisé, ou qui divise. Admirablement, ou qui me sauve. Face de Dieu. Qui séparent, ou disséminés, ou qui fructifient. INTEnPRETATtO LATINA. Faran, os visionis. Faria, Pharaonis filia. Fasec, transilus, autremissio. Felmoni, angélus, vel spccies virlutis. Fennana, aversio. Festus, orc ninllns. Filemon, mirabilis donatus. Filex, casus, aut Vulneratio. Filologos, os extollens. Flegon, secans. Fogor, os. Foebe, ore ædifîcans. Fua, rubea, aut casus. ■ Fud, Libyes, aut Aphri. Fylistiim, alienigenæ, mirabiles. Fone en rama, clamor iu terra su- blimi. Fathuel, latitudo défi vel occursus dei. Fares, sepes, vel sectio. Farisæus, separatus. Feleththi, funda tactus. Felones, faciès dei. Ferezæi, dissipantes, vel fructus. CODEX VAT[CAJ\U5. ty&pà'j, <7TÔp.(/. opdaeoiç,. tyocpluj roü il u.orA) dyyzloc,^ :q ihjoç âvjdu.sox;* $î'jv«v«, aTToarpofŸ}. <1 ’SOTOÇ, (TTÔftOtTt nolu ç . *&ll'Ôp.OiV, B(/.liU/y.GXOC, âoiOOÔUiVOCi ‘IhXïîÇ, 7TT6J<7tÇ, ÿ) Tpüvtc, léyorJ} (î'ta/.ÔTTTOJv. 4>O^OJp, OTOfAK. oTo'((/,«rt oly,o^op.ov(Toc. (Pou«, ipvQpà, *0 7TT U£Ç Y] "Afppoi. ^u)vtGTtîia, dAloyv loty Oocvp.c/.crrol. <$>wo h pcs.y.àj j3w ^ è'j yy <]>a0ouïU, Trlv.rva g.ôç 0soü, ; ) TY,fAK QzO'J. (I>aps;, fpv.yp.o^y $ t?t «xo7r-fl. fyr/.ptcrcruïoÇ) rî i«xs^wpt£)v£00i, <7^>£V(îlOVtC7<9£tÇ. ÿilôivyç, 7rpô<7W77ov $eqv. 4>£p£Çat oi, (ÿiKGV.EcSaÇovTfiç, î? YMpiroi. HIKHONTiJUS. Faran, auctus, sive succrescens, est. Farai, hi ante me. Fasce, transcensus, sive transgres¬ sas. Felmoni. Fenanna, conversio. Festus, os multorum, etc. Filemon, mire donatus, vel certe os panis eorum. Félix, ruina fracturæ, etc. Filologus, ore præcipuum, etc. Flegon, dissecans, sive dividens. Fogor, os pellis. Fœben, ore œdificnntem, etc. Foa, hic, sed melius rubrum. Fut, Libyæ, vel oris declinatio. Filisthim, cadeotes poculo, etc. Rama, excelsa, etc. Fathuel, latiLudo dei, vel nperiens deus. Fares, divisio, sive divisit, vel dis- sipans. Farisæus, divisas, sive dividens. Fcletthi, admirabiliter, vel salvans me. Felones, faciès dei. Ferezæi, séparantes, sive disserai- nati, vel frac tifican tes. 2:29 LEXIQUE DES NOMS HEBREUX. EXPLICATION LATINE. Filète, qui décline. Filippe, bouche des lampes. Finéès, licou de la bouche, ou qui se refuse. Forthommen, contraire, ou de tous. Fygellus, Parthes, ou vierges, ou jeunes. Foca, assomption de la bouche. GH Chabor, accouplement sous le joug. Chalané, nous tous. Chaleb, comme le cœur, ou tout le cœur. Chamos, comme l’attouchement, ou Saturne, idole des Moabites. Chanaan, comme la réponse. Chananéenne, qui change. Chaéla, des camps. Chaldéens, devins mages, ou comme des démons. Cham, chaleur. Chananéen, de la mutation, ou très-pauvre, ou qui interprète, ou qui répond. Jj, JÉRÔME. Qui décline, ou ma bouche. Bouche des Lampes. La bouche s’est reposée, ou bouche muette, ou silencieux. Forthommim, division parfaite du peuple glo¬ rieux, etc. Qui vient au-devant, ou contraire. Fethora, exploration de la bouche, etc. GH Conjonction, etc. Chalanné, nous tous, etc. Gomme le cœur, ou tout le cœur, ou chien. Rassemblé, ou comme l’attouchement. c’est-à-dire, leur mouvement, etc. Qui possède, ou possession. Chalech, comme vert. Comine des démons, ou féroces, etc. Chaud. Traficant, ou versatile, ou lui-même très-pauvre. JNTBHPRBTATIO LATLVA, Filetus, declinàns. Filippus, os lampadarum. Finees , oris capistrum , vel re- nuenB. Forthommen, contrarius, aut de omnibus. Fygellus, parlhi, vel virgines, vel juveues. Foca, oris assumptio. GH Chabor, conjugatio. Chalane, omnes nos. Chaleb, sicut cor, vel omne cor. Chamos, sicut attrectatio, aut Sa- turnus, idolum Moabitarum. Clianaan, sicut respoosio. Chananæa, mutans. Chaela, castrorum. Chaldæi, divïnatores magi, aut quasi dæmonia. Cham, calor. Chananœus, mutationis, vel pauper- culus, vol inlerpretans, aut res- pondens. C3DEÏ VAT1CANUS. ‘Ï'Avîtôç, «7roxex).txwç. $l}E7r7rOÇ, (TT 6p.« )^«|7.7ra^WV. aràjxciToq y «vaveùwv. $0pBàp.y:0V> V7ï£V Xavavatoç, iJ.eraëolyjçj r) név'oç, :Q ip~ y.'/)V£ùo) v, i 7 àno'/.pLvày£voq. HtERONYMUS. Filetus, declinàns, sive os meum. Filippus, os lampadarum. Finees, os requievit, sive os mutum, vel silens. Forthommim, divisio perfecta po- puli gloriosi, etc. Fygellus, occurrens, sive contra¬ rius. Fethora, oris exploratio, etc. CH Chabor, conjunctio, etc. Chalanné, omneB nos, etc. Chaleb, quasi cor, aut omno cor, vel canis. Chamos, congregatus, vel quasi ut- trectatio. Chanaan, aiXoq, hoc est, motus eo~ rum, etc.' Chananæa, possidens, sive possessio. Chalech, quasi viride. Chaldæi, quasi dæmonia, aut féro¬ ces, etc. Cham, calidus. Chananœus, negotiator, vel rnuta- biiis, aut ipse paupereulus. AUTRE EXEMPLAIRE DU LEXIQUE D’ORIGÈNE D’APRÈS LE MANUSCRIT GREC 4124, DE LA BIBLIOTHÈQUE DE COLBERT. EXPLICATION LATINE. DE L’ANCIEN TESTAMENT. A Adam, de terre, ou terre rouge. Abraam, père des nations. AUéluia, Dieu est là, louez-le. Ambacum, père de la résurrection. Armathem, émission. Anna, gloire, ou grâce. Aermon, invention. Abiglaé, joie du père. Ananie, pressoir, ou qui a obtenu grâce. Azarias, qui voit ou force. Aermonam, de la trouvaille. Amin, que cela soit. Aser, riche. S. JÉRÔME. A Homme, ou de terre, ou terre rouge, etc. Père voyant la multitude. Louez le Seigneur. Qui les embrasse. Armatliaïin, leur hauteur. Sa grâce. Anathème du chagrin. Abigaïl, père de l’allégresse, ou de la rosée. Grâce du Seigneur, ou grâce dissipée, Secours du Seigneur. Aermonim, son anathème, etc. Amen, véritablement, ou fidèlement. Béatitude, ou heureux. INTBKPRU'f ATIO LATIN A. DE VET. TESTAMENTO. A Adam, terrenus, vel terra rufa. Abraam, pater gentium. Alléluia, deus adest, laudate. Ambacum, pater resuscitationis. Armathem, emissio. Anna, gloria, vel gratïa. Aermon, inventum. Abiglæ, patris lætitia. CODEX COLBERT! N U S. EK TH 2 ÜAAAIAX. A yvjtvoç, s? yo 7 tvppù, ’A fipctàfj., TCC/.T'Ôp sQvài'Jm 'AXke'koùïa, 6 ôsôç irûpEVTVJ, vttvŸj- Ç. ’A pp.c/.dsp., 7 vpo$o\'ô. ’Aw«, ^oÇ«, 'h yû-pi*;. ’A SpfJLÛV, £VpV)p.Ci. ’A êtyXa'ô, TcctTpàç yàpu. ocrùviq. H1ERONYMUS. A Adam, homo, sive terrenus, vel terra rubra, etc. Abraam, pater videns multitudinem. Alléluia, laudate dominum. Ambacum, amplexans eos. Armathaim, altitudo eorum. Anna, gratia ejus. Aermon, anathema mceroris. Abigail, pater exsultationis, sive roris. Ananias, gratia domini, vel gratia dissipata. Azarias, udjutorium domini. Aermonim, anathema ejus, etc. Amen, vere, fideliter. Aser, beatitudo, sive beatus. Ananias, torcular, vel gratiam consecutus. Azarias, videns, aut fortitudo. Aermonam, inventi. Amin, fiat. Aser, dives. ’Av«yt«ç, X/)VÔç, Y.UÏ ^«plTWfAfiyOÇ. ’A Çc/.pictÇy 6püv} v? iayjùç. ’Asp^oyà^, eôpv9p«Toç. ’A^tv, ysvotro. !A G'hp, 7t).oôtoç. LEXIQUE DES NOMS HÉBREUX. 231 EXPLICATION LATINE. André, généreux. Asec, liberté. Enos, hymne. Ariel, lion fort. Aggée, fête. Anathème, de moi qui viens. Ephud, manifestation et vérité. Arimathem, de l’émission. Arsaph, congrégation. Arabe, embûches. Adonaï', Seigneur. Aron, arche. Arra, excitation à la colère. Asiroth, béatitudes. Ætam, petit oiseau. Azotus, force du vivant. Anath, réponse. Amorrhéen, babillard, ou amer. Egypte, terre ténébreuse, persécution. Aetas, biens. Arnon, leur lumière. Aglaon, leur Dieu. Adu, témoignage. Aaron, qui saisit. En grec viril, etc. Calomnie. Homme. Lion de Dieu. Solennité. Mot grec . Ephod, vêtement de dessus. Armathaïm, leur hauteur. Asaph, qui rassemble. Embûches. Seigneur. Arram, malle, arche, pétrin. Aran, irascible, ou beauté. Par la béatitude. Leur oiseau. Feu de cousin-germain, etc. Réponse, etc. Qui parle, ou amer. Tribulation, ou ténèbres. Leur lumière, etc. Eglon, leur vache, etc. Témoignage. Montagne de la force, etc. 1 X TE n PRET AT 10 LATIN A . Andréas, generosus. Asec, Iibertas. Ænos, hymnus. Ariel, leo fortis. Aggæus, festum. Anathema, mei venientis. Ephud, manifestatio et veritas. Arimathem, de emissione. Arsaph, congregalio. Arab, insidiæ. Adonai, dominus. Aron, area. Arra, irritatio ad iram. Asirotb, beatitudines. Ætam, avicula. Azotus, fortitudo viventis. Anath, responsio. Amorrhæus, loquax, vel amarus. Ægyptus, terra tenebrosa, persé¬ cution Aetas, bona. Arnon, lumen eorum. Aglaon, deus eorum. Ada, testimonium. Aaron, comprehendens. CODEX C0LUERTINU5. ’A vc5pe«ç, yîvw.ïoç. ’A sksvOeptoL, Àtvoç, vij.'joç. ’Api/A, Xéoyj iGyvpôç. ’Ayycaoç, sopryj. ’AvKflyjycî, IfAoü ep^ofig'vou. ‘Eipoùt?, vmX vXr,Oita. ’A pty.c/.O'hg-, ex 7r poëoV/jç. ’A pvàfj (Tvvuyuyo . ’Ap«£, héâpa. ’A âorjuî, y.vpioç. A pwv, xt&wTÔç. *Àpp«, 7rry.popyLag.ô<;t ’A atpôiÔj p.avM.pMjp.oi. A tràpt, oovsov. ’AÇcoroç, icryvç Çwvroç. ’Av«0, cavoYpurcç. ’A y.QppXÏQÇy XxkTtTQÇj Y) TÏLYpC/.L'JQÇ, AiyvKTOÇ) (7tÇ. . ‘‘ÀyXa, éoprh. ’À(7«W, TpLMjpfrJV. "A <7£(Sou, IXeoç xuptou. ’À<7£X, (7Xt«. ’Aysp, %0ÛÇ. 'Àju.àX, y.o7roç. ’ActwÔ, yovip.ov, ’AÇcdlX, £(7^Ùç $£OÏ>. ’Àpt'ÀX, p, «ÙX'Ô. ’A fiswnpj 7T«T‘flp Xù^VOU. *AÇïîx«, tcr^/ùç X£vtj . ’AprùS, ôWju.ô<;. ’ÀpGtê&Z, S(77T £p«. ’Ayylfl, lpy«(7jt/oç. ’AdpuctÇctp, fiU7rp£7n?ç (3ovi0£ia. HIEH0NTMU3. Abimelech, pater meus, rex, eLc. Asael, factura Dei. Amesa,. populum tollens, vel levans. Accaron, sterilitas, etc. Agla, festivitas ejus, aut vacca. Adino, tenellus, vel delicatus. Hasadias. Asel. Apher, pulvis, sive humus. Amal, labor. Asolh, patruelis, etc. • Azaeï, fortitudo dei. Uriel, lux mea deus. Armathaim, altitudo eorum. Abenezer, lapis adjutorii. Amorrhæi, loquentes, etc. Asor, atrium, etc. Abenner, pater lucernæ, etc. . Azeca, fortitudo, sive decipula. Araboth, humilem, planam, etc. Arabia, humilis, sive occidentalis. Aggitht, festus, sive solemnis. Agal, vitulus, etc. Adadezer, décorum auxilium, etc. 233 LEXIQUE DES NOMS HÉBREUX. EXPLICATION LATINE. g. JÉRÔME. Aphêci, colère nouvelle. Amathé, ma foi. Asur, qui est d’uu esprit bon et joyeux, ou qui dirige. Asy riens, qui dirigent. Amêtran, chaleur de la rosée. Am os, fort, ou persécuteur. Achaz, qui est tenu. Anathoth, obéissance. Ano, réponse. Asid, miséricorde. Ethiopie, humilité. Achor, nourriture. Azéca, fermeté. Adelpha, enseignement. Aïn, œil. Azôré, orient. Authitis, conseil. Asida, miséricorde. Asoupli, prophétie. Aod, louange. Abelmaula, deuil des prémices. Abiud, pauvreté. Asarom, hauteur du conseil. Àphec, fureur nouvelle, etc. Amathi, mon fidèle, etc. Assur, qui dirige, etc. Assyriens, qui dirigent. Amutal, rosée chauffée. . Fort, ou déracinant le peuple. Qui contient, ou qui saisit. Obéissance, etc. Ana, réponse, ou qui répond. Asida, milan, Hérode. Ténèbres, ou obscurité. Trouble, ou tumulte. Azéca, force, etc. Aléplia, mille. Source, ou œil. Zaré, orient, ou il s’est levé. Ausitis, qui conseille, etc. Milan. Asaph, qui rassemble. Renommé, glorieux, Àbelméola, affliction de celle qui enfante. Force du père, etc. Esrom, il vit la flèche, etc. IîÎTBHPRKTaTIO LATINA. Apheci, ira nova. Amathe, fides mea. Asur, qui est bono et hilari animo, lege dirigeas. Àsyrii, dirigeâtes, Araetran, calor roris. Amos, fortis, vel persecutor. Achaz, qui teaetur. CODEX COLBEnTINUS. Ayssct, Ovy.bç xatvoç. Aj W.Qÿj 7Tt<7TiÇ ptou. A <70 ùo, svÔvpoç, ïege sùGuvwy. 'AGÜpLQL, ÏCOlTsufluVOVTSÇ. *A^Tjoay, Osppo âpôcrov. Ap.wç, L£ywp. BOCTWp, <7«p£. B «p007rtw(r«, àcrSvjeïç sy ovgk toùç ofBctXy.ovç. A opal-Jj. Aeut, .0OU£Tk)v«, (h« TTpQGMnO'jlc/'A-OGUÇy 7 wttkxoy) 0e ou. Zuaswv, ei; )> rerst^to-^eV/: . lofowiuç,) gvvlüç rà xpv 7tt«. T«7T£tVûOO'tÇ. XrîÔ, hvL\-Qî0ïîjwévïî (F. 7r£7rXyj Qvy- yévn.) ÏLÛpy r pôxoq. lévvaapy sxTtvotyyôç. Xvysiiyy i rôvoç, % ào-xvjGTç. XcaiXoç, (hwxTvjç. Ï6V, Ôt?ÔVT£Ç. 2î7T^a)|0a, £7Tt<7’A£^tÇ, 'Q ÙipOUÔ TlflÇ. T TlypiÇy oÇurarov 7rvs vycc. Tlroqy âtà.xpL(7Lç,. UlEKOh'TMUS, Sabaim, captivi. Sabaotb, virtutum, etc. Susanna, lilium, etc. Sophonia, abscondens eum. Simon, audi tristitiam, etc. Seth, positus, vel positio, etc. Sem, nomen. Salem, perfecta, vel reddita. Saul, expetitus. Sanir, dens lucernæ, etc. Sulamitis, mortificata, etc. Sarai, princeps mea. Sara, princeps. Seir, pilosus, vel hispidus. Sennaar, excussio dentium, etc. Sychem, humeri. Saulus, tentatio respicientis, etc. Sin, dentes. Sepphora, avis, vel pulchritudo ejus. T Tigris. Titus, quærens, sive luctatus, etc. LEXIQUE DES NOMS HÉBREUX. 247 EXPLICATION LATINE, S. JÉRÔME. PH PH Pharès, coupure, il enlève. Division. Phit, bouche. Phut, Lybie, ou déclinaison de la bouche. Phison, bouche du feu. Bouche de la pupille, etc. Philippe, vie qui a fui. Bouche des lampes. Phanuël, rédemption de Dieu. Face de Dieu. Phénana, résipiscence. Conversion. Pharan, biche. Leur férocité, etc. Pharisiens, séparés, disséqués. Qui divisent, ou divisés. CH CH Chairr, monceau de l’épi. Chaud, etc. Choreb, jachère. Oreb, corbeau, ou sécheresse. Chelciu, de Dieu qui réveille. Eliciau, la part est le Seigneur. Chérub, multitude. Multitude de la science. 0 0 Osanna, gloire, sauve, je te prie, Sauve, ce qui se dit en grec o-wo-ov Osée, ombrageant, ou gardien. Sauveur, ou qui sauve. lNTEftPftKTATlO AT INA. CuDHX COLUKIITIMJS. . H1EHOXYMUS. PH <1» PH Phares, intercisio, tollit. $c/.pe<;J (SW/otto, (SW'psrat. Phares, divisio. Phit, os. 4>tT, VTÔfJ.QL. Phut, Lybia, sive oris declinatio Phison, os ignis. ‘î’t'TCOV, (TTÔp.a Ttvpôç. Phison, os pupillæ, etc. Phiiippus, quæ effugit vita. ‘KXtTTTTOÇ, Trgyuyy-ivyj Çeovj, Phiiippus, os lampadarum. Phanuel. redemptio dei. XÙTpùXTLÇ, QzOV. Phanuel, faciès dei. Phenana, resipiscentia. sxtêov. Aéxcc ovoyaot Trup' 'E Gpc/.lotç ovoyuÇeTUi 6 @£Ôç, wv sv y'sv ’Aôwvsa léytT «t, 6 sÛa<7iv. Hoc est: y Illud, Domine, per id nomen, quod quatuor litteris constat in Hebraico scriptum fertnr : Quod cnm inefTabile diennt puori (Al. filii) Hebrœorum, pro solo Deo usurpare eonsuevenint. » Quamvis igitnr TeTpàypap.- p-OV intoMigntnr potins quatuor lioearum, quam quatuor Jitterarum, «sus tamen obtinebût apud veteros prœstantissimosque scriptorcs, nt illud nomen HltT inefTabile, T£TpxpYa{J.u/>v diceretur, non vero .T£Tpàyap.piaTOV. Quod quïdem videtur Intuisso Cotclerium, qui ex Regiis codici- bus edidit TeTpàypappotTOV. Nomen Dei proprium ac inefTabile seriptura fuisse in lamina aurea, quam fronto gorebat Toutifes, testâtes est ctinm S. Hieionymus in cap. vi Ezeehiotis : « Quod sæpe, u inquit, « in boc Tropliota dicitur A dosât, Dominus; propter Grrecos et Lûtinos, qui Hobrœœ linguœ non babent scien- tiam, breviter exponendum videtur. Adonai nnum nomen est de decem vocabulis Doi, et significat Dominum; quo sæpe et in homiuibns utimur, Denique et Sara vocans Abraham dominum suum, hoc vocabat noininc. Et ubi dicitur : Domino, mi rex, Adonai scriptnm est. Quando igitnr duo. Domioi, et Doinini juneta surit Domina ; prius nomen commune est ; secundum proprie Dei, quod appellatur Æp^TjTOV, id est, ioeflubilo ; ot quod scriptnm fuit in lamina aurea, qure cral in front e Pont ificis. » Panci sunt, nisi me fallo, qui sensum hujus Joci liquido percipiant; quia nec ex Vulgata Lntina nostra, ncc ex Græca Versione Romana LXX Interpretum manifestum est, in Propheta Ezecliîole, cap. vr, ot alibi erepe scriptnm legî Adonai, « Dominus. » In Grreco enim Jogitur, àxoüaaTS Aoyov xuptou4 twv, (Tuy^ua-tç, p. 320. Ba&Awv, pLsrdBsviÇj p. 293. BaXàx, àvouç, p, 329. B«0ouï)X, Bv ydryp $sov, p. i57. BaXotàjtjt, pLKrcuoç X«oç. BàXXa, */«T«7Toa-tç, p. 428. B evicty.lv t uloç ^epwv, p. 1059, B e àvQpto 7roç, p. 351. ’E fpottpj xap7ro^opt« pLvrçpiç, p. 278. x«p7ïOü)opta sppjvsygrca, p. 78 et 429. 'Efpoov, ^;o0ç, p. 331 . ’E(7«îi, OÇ 770 t'ê p,£V 770tG[JiK) 77 0T£ V, OÇ EppïJVSUETCa TtUpUTGplOVj p. 339. TecÔV, CTT7J0OÇ G 'AZpV.TlÇ WV, p. 52. I ’laxwê, T^TSpvtdT'GÇ) p. 1057. 'lapour}!, ôpüv rov 6s6v. Ib. et p. 480. U«ÿ£0, 7ric, vgusrat Tcpoa-Qey.a, ' p. 1058. ’lodopy lpfy.-/ÎV£U£T«î mpKTŒÔÇj p. 193 et 1060. E £p, dep^^rtvoç ££p.YÎV£U£TCU, p. 73. 'I yélvç, p. 377 et alibi, p. 1065. ’lo-pav^, àv,oh Oeovj p. 480 et 1076. ’lcvâ.yapy p.Lcr06çf p. 233. ’Joutîaç, oç ipp.'/)vsùereu '/.upiop èÇop.o- l6you<7Ùv, ép|y.ï3V£ÙeT«t<7T6^aTOç à\loioi- ou«, epvQpàv sppnvzvsrc/.i, p. 498. IletÔcü ToCi \6yoVj cp rô 'KeiOetv «v«- xetT«t, p. 577. YoVTOp.fV.Vn'X, SV V.'KOT.p'uJU OTO(U« X/5ÏVOU, p. 1059. p opaotpc<à)v, x«t* Àtyu7TTfou; j3a(rt/éa v, g 279 LI\RE DES NOMS DE LIEUX. Smyrne, Ad . i, n, ville de la province de Ly- cie en Asie. Saint Luc en parle ainsi : « Et navi¬ guant sur la mer de Cilicie eide Pamphylie, nous arrivâmes à Smyrne dans la Lycie. » Au lieu de cela, quelques mm s. portent : « Nous arrivâmes â Lystra qui est en Cilicie. » Mais Jérôme, dans le livre des noms hébreux, met Smyrne, qu’il in¬ terprète par amère . Salmon, A d. xxyii, cité maritime de Pile de Crète. Syrtes (les), Ad. xxyii, bancs de sable de la grande mer des plus dangereux et des plus re¬ doutables, en ce qu’ils entraînent tout dans leur tourbillon et que ceux qui les approchent se per¬ dent dans une mer pleine d’écueils. Les Syrtes sont voisines de la mer d’Egypte, avec laquelle on les confond. Syracuse, Ad. xxyiii, métropole de la Sicile, auprès du promontoire de Pachynum. La Sicile en effet se distingue par ses trois promontoires, et appelée d’abord Trinacrie à cause de sa forme triangulaire, c’est du roi Siculus qu’elle prit plus tard le nom qu’elle porte. Le premier promon¬ toire porte le nom de Pelore, et regarde l’aquilon ; la ville de Messane est dans son voisinage, et c’est le cap Cènus qui est en face de lui, du côté de l’Italie, à douze stades d’intervalle. Le second Smyrna, Act. i, ir, civitas Lyciæ provinsse in Asia : cujus Lucas ita meminit : « Et pelagus Ciiiciæ. et Pamphyliæ navigantes venimus in Smyrnam Lyciæ. » Pro quo aliqui codices habent : « Venimus in Lystram, quæ est in Cilicia. » Porro Hieronymus in libris He- bræorum nominum ponit Smyrnam, et interpretatur, amaram . Salmon, Act . xxvii, civitas marilima Cretæ in- sulæ. Syrtes, Act. xxvn, arenosa in mari ruagno loca rnul- tum terribilia et metuenda, eo quod ad se omnia di- ripere soleant, et appropinquantes ( al. appropin - quanti) vadoso mari hæreant. H» autem ad mare Ægyptium vicinæ sunt, et pariter admiscentur. Syracusa, Act. xxvm, metropolis Sicilien, sub pro- montorio Paohyno : siquidem Sicilia ipsa tribus est distincta promontoriis : unde et a trianguli specie, Trinacria quondam vocata, mox a Siculo rege Sicilia dicta est. Primum promontiorum dicitur Pelorum, et spectat ad aquilonem : cui Messana civitas proxima est : et adversum ex Italia dictum est promontorium Cenus, duodecim stadiorum intervallo. Secundum dicitur Pachynum, quod respicit ad Euronotum. Ter- porte le nom de Pachynum ; il est tourné vers l’Euronotus (le sud-est). Le troisième s’appelle Lilybée et porte une ville du même nom; il se dirige vers le couchant. T Tarse, Ad. xxu, ville métropole de la province de Cilicie, célèbre par l’apostolat de Paul. Tyr, Ad. xxi, métropole de la Phénicie dans la tribu de Nephthali, distante à peu près de vingt milles de Césarée de Philippe. Elle était jadis une île en pleine mer, à sept cents pas du littoral, mais Alexandre la rattacha au continent en comblant ce détroit peu spacieux par une digue énorme, afin de s’en emparer. Elle doit sa plus grande célébrité au coquillage qui fournit la pourpre. Troie, Ad. xx, ville maritime d’Asie, appelée aussi Antigonia. Thyatira, Ad. xyi, ville de Lydie, qui est une province d’Asie. Elle était autrefois fameuse par son temple d’Esculape. C’est là qu’habitait cette Lydia nopfup67TMlt<;, c’est-à-dire, vendeuse de pour¬ pre, qui reçut la foi de Jésus-Christ à Philippes. Thessalonique, Ad. xvi, cité de la Macédoine. Théâtre, Ad. xix, lieu qui tire son nom de spec¬ tacle, parce que le peuple s’y rangeait dessus en spectateur pour voir les jeux de la scène. tium appellatur Lilybseum, civitatem ejusdem nominis habens, et dirigitur in occasum. t ; Tarsus, Act. xxu, civitas metropolis Çiliciæ provin- ciæ, Paulo Apostolo gloriosa. Tyrus, AGI. xxi, metropolis Phcenices in tribu Ncph- thalim, vicesimo prope milliario a Cæsaria Philippi. Hæc quondam insula fuit præalto mari, septingentis passibus divisa : sed ab Alexandro terra continens facta est, propler expugnationem, multis in brevi freto aggeribus comportatis; cujus maxime nobilitas con- chylio atque purpura constat. Troas, Act. xx, civitas Asiæ maritima, eadem Anti¬ gonia dicta. Thyatira, Act. xvi, civitas Lydiæ, quæ est provincia Asiæ, templo quondam Æsculapii famosa : cujus civis erat ilia Lydia 'rcopcpup c’est-à-dire le Christ, dont il est dit ; « Voici l’homme dont le nom est Orient ; » Zach. vi, 12; et ailleurs : « Une femme entourera l’homme. » Jerem. xxxi, 22. « Ils ont renversé le mur, » c’est-à-dire, ce mur spirituel des mieux fortifiés, qui défend Israël, ils l’ont percé de leur lance. « Maudite leur fureur, parce qu’elle est entêtée; » c’est lorsque, enflammés d’une furieuse colère, ils livrèrent le Christ à Ponce Pilate, en criant : Qu’on le crucifie, qu’on le crucifie!. Joan. xix, 6. « Et leur indignation, parce qu’elle a été cruelle; » c’est lorsqu’ils ré¬ clamaient la liberté de Barrabas, demandant que le principe de vie fût mis en croix. Mail h. xxvir, 21. « Je les diviserai dans Jacob, et je les disperserai en Israël; » parce que quelques-uns d’entre eux reçurent la foi, et que les autres persistèrent dans leur incrédulité. Les divisés sont ceux qui se séparent de leur nation et se rallient à la foi; les dispersés sont cette race in- Levi principes sacerdotum, qui consilium fecerunt ut Jesum dolo tencrent et occiderent. De quo consilio di- cit : « In concilium eorum ne veniat anima mea. » Horrebat enim tanta scelera, quæ novissimis tempori- bus facturi eraut Judæi. Quia in furore suo occide - runt virum , id est, Christum, de quo dicitur : « Ecce vir orieûs nomen ejus ; » Zach. vi, 12 ; et alibi : « Fe- mina circumdabit virum. » Jerem. xxxi, 22, « Suffode- runt mururn, » id est, ilium spiritalem fortissimum murum, qui custodit Israël, lancea oonfoderuût. Ma- lediolus fur or eorum quia pertinax ; u tique quando furore accensi et ira, obtulerunt Christum Pontio Pi- lato dioentes : Crucifige, crucifige. Joan.x ix, 6. «Et in- dignatio eorum, quia dura » ; dum Barrabam latronem peterent, etpriûcipem vitæ crucifigendum postuleront. Matth. xxvii, 21. « Dividam eos in Jacob, et disper- gam illos in Israël ; » quia nonnulli ex ipsis credide- runt, quidam in infidelitate permanserunt. Dicuntur enim divisi ii qui ab. eis separantur, et veniunt ad fi- dem ; dispersi autem, quorum patria temploque sub¬ verso, per orbem terræ incredulum genus spargitur. « Juda, te laudabunt fratres tui. » Gen. xlix, 8. Per hune Judam verus coûfessor exprimitur Christus, qui 19 SAINT JÉROME. 290 crédule disséminée dans tout l’univers, après la ruine de leur patrie et de leur temple. « Juda, tes frères te loueront. » Gen. xlix, 8. Ce Juda est la figure du véritable confesseur Jésus-Christ, qui est issu de cette tribu selon la chair. Il sera loué de ses frères, c’est-à-dire des apôtres et de tous ses cohéritiers, qui, par l’adoption du Père, sont devenus fils de Dieu, et par la grâce frères du Christ, qui est leur Seigneur par sa nature. . « Tes mains seront sur la tète de tes ennemis. » Et en réalité, ce sont les mômes bras de Jésus étendus sur le trophée de la croix qui protègent les siens et courbent ses ennemis et les puis¬ sances adverses; selon la promesse que lui en a faite le Père en ces mots : « Asseyez-vous à ma droite, jusqu’à ce que je fasse de vos ennemis l’escabeau de vos pieds. » Psalm. cix, 1. « Les fils de ton père t’adoreront; » beaucoup des fils de Jacob adorent le Christ, après avoir été sauvés par un privilège de la grâce. « Lionceau du lion de Juda. » En naissant Jésus s'est fait petit, ainsi qu’il est écrit : « Un petit enfant nous est né. » iî om. xi, 5. « Tu es monté, mon fils, jusqu’à ta proie, » Isai . ix, 6, c’est-à-dire, en montant sur la croix, vous avez racheté les peuples captifs, et ceux que l’ennemi avait subjugués, vous les avez par votre mort arrachés à son joug ; enfin, revenu des enfers, vous êtes monté aux cieux, et vous avez emmené captive la captivité. « En ton repos, tu t’es couché comme le lion. » Psalm . ex ejua tribu secundum carnem est genitus. Ipsum laudabunt fratres sui, Àpostoli scilicet, et omnes co- hæredes ejus, qui per adoptionem Patris, filii Dei ef- fecti sunt, et Christi fratres per gratiam, quorum ipse est Dominus per naturam. « Manus tuæ in cervicibus inimicorum tuorum. » Eisdem enim manibus alque eodem crucis tropæo et suos Lexit, et inimicos et nd- versarias potestales curvavit. Juxta quod et Pater pro- m ittitei dicens : « Sedeaddexteram meam, doneeponam inimicos tuos scabellum pedum tuorum. » Ps. cix, 1. « Àdorabunt te filii patris tui ; » quando multiexfiliis Ja¬ cob adorant eum, per electionem gratise salvifacti.Caiw- lus leonis Juda. Quando nascendo factus est parvulus, sicut seriptum est : a Parvulus natus est nobis. » Rom. xi, 5. « Ad prædam, fili mi, ascendisti ; » Isai. ix, 6 ; id est, ascendens in crucem, captivos populos redemisti; et quos ille contrarius invaserat, tu moriens eripuisti ; danique, rediens ab inferis, ascendisti in altum, cap- tivam duxisti captivitatem. « Requiescens accubuisti ut leo. » Psal. lxvii, 19. Manifestissime Christus in pas- sione accubuit, quando inclinato capite tradidit spi- ritum ; Joan. xix, 30 ; et quando in sepulcro securus, lxvii, 19. 11 est évident que le Christ dans la Passion se coucha, quand, après avoir incliné la tète, il remit son esprit, Joa?i. xix, 30; et encore quand, en sécurité dans le sépulcre, il se reposa comme en un certain sommeil du corps. Mais en quoi est-il comme le lion, et comme le petit du lion? En son sommeil il fut lion, quand, non point par nécessité, mais en vertu de sa puis¬ sance, il accomplit cette parole qui est de lui- même ; « Personne ne me retire mon âme, mais je la dépose moi-même. » Et il est ajouté: « Comme le petit du lion, >\parce qu’il est mort en ce qu’il avait pris en naissant. Le Christ se reposa donc véritablement comme un lion, lui qui non-seulement ne craignit pas l’aiguillon de la mort, mais encore dans la mort même vain¬ quit l’empire de la mort. Mais pourquoi est-il dit: « Qui le ressuscitera? » Parce que ce ne sera nul autre que lui-même, selon sapropre parole: « Détruisez ce temple, et en trois jours je le res¬ susciterai. » Joan . iî, 19. « Les chefs issus de Juda ne feront point défaut, » et le reste. Ceci a trait évidemment à Juda. Longtemps, en effet, sortit de cette race sans tache, chez les Juifs, la suc¬ cession des rois, jusqu’à la naissance du Christ, comme nous l’avons dit plus haut. « Attachant à la vigne son ânon. » Son ânon est le peuple des Gentils, à qui n’avait encore été jamais im¬ posé le fardeau de la Loi. 11 le joignit à la vigne, c’est-à-dire aux Apôtres, qui sont d’entre les velut quodam corporis somno quievit. Sed quare ut leo, et velut catulus leonis? In somno enim suo leo fuit, quando non necessitate, sed potestate hoc ip¬ sum complevit, sicut ipse dicit : « Nemo tollit a me animam meam, sed ego pono eam. » Quod vero addit, et ut catulus leonis ; inde enim mortuus unde natus. Bene ergo Christus ut leo requievit, qui non solum mortis acerbitatem non timuit, sed et in ipsa morte mortis imperium vicit. Quod autem dicit : « Quis susci- tabit eum? » Quia nullus nisi ipse, juxta quod ipse ait : «Solvite templum hoc, et in triduo ressuscitaboillud» Joan. il, 19 « Non deficietdux de Juda, » et reliqua. Hoc manifestissime ad Judam refertur. Diu' enim fuit ex semine illius intemerata apud Judæos successio re- gni, donec Christus nasceretur, sicut supra diximus. AUigans ad vinedm pullum suum. Pullus su us populus est ex gentibus, cui adhuc nunquam fuerat Legis onus impositum. Hune copulavit ad vineam, ad Apo- stolos scilicet, qui ex Judœis sunt. Nam vinea Domini Sabaoth domus Israël est Isa. v, 7. Et ad vilem asinam suam.lpse dicit : «Ego sum vitis vera y>Joan. xv, 1. Ad hanc ergo vitem alligatasinam suam, Synago- 29i SUR LES BÉNÉDICTIONS Juifs. ((Car la vigne du Seigneur des armées est ]a maison d’Israël. » Isai. v, 7. « Et à la souche son ânesse. » Il a dit lui-même : « Je suis la vraie vigne. » Joan . xv, 1. Il attache donc à cette vigne son ânesse, c’est-à-dire la Synagogue at¬ tardée par le lourd fardeau de la Loi, qui l'ac¬ cable. « Il a lavé dans le vin sa robe, « Matth. xxvi, 28, c’est-à-dire, ou sa chair dans le sang de la Passion, ou la sainte Eglise dans ce vin, qui sera répandu pour beaucoup et pour la ré¬ mission des péchés. « Et dans le sang du raisin son manteau. » Ce manteau, ce sont les nations, qu’il a jointes à son corps, selon la parole de l’Ecriture: « C’est moi qui vis, dit le Seigneur, et je me revêts de tous ceux-ci 'comme d’un vê¬ tement. » « Le vin embellit ses yeux. » Gen. xlix, 12. Les yeux du Christ, ce sont les Apôtres et les Evangélistes, qui répandent la lumière de la science de l’Eglise; leurs préceptes l’emportent de beaucoup sur l’austérité du vin de la loi pri¬ mitive, parce qu’ils sont de beaucoup plus légers. « Et ses dents sont plus blanches que le lait. » Les dents sont les saints précepteurs, qui détachent les hommes des erreurs, et les trans¬ mettent dans le corps de Jésus-Christ en les man¬ geant, pour ainsi dire. Or, les docteurs de l’E¬ glise sont plus blancs que le lait de l’ancienne oi. « Zabulon habita sur le littoral de la mer, près des ports des navires. » Gen . xlix, 13. Za¬ bulon se traduit par habitation de la force, et il gam tardigradam scilicet, et gravi Legis pondéré de- pressam. « Lavit in vino stolam suam » Matth, xxvi, 28, sive carnem suam in sanguine passionis, sive sanc- lam Ecclesiam illo vino quod pro multis effundetur in remissionem peccatorum. « Et in sanguine uvæ pal¬ lium suum. » Pallium gentes sunt, quas corpori suo junxit, sicut scribitur: « Vivo ego, dicit Dominus, nisi ho3 omnes induam sicut vestimentum. » « Pulchiores oculiejus vino. » Gen . xlix, 12. Oculi Christi Apostoli sunt et Evangelistœ, qui lumen scicntiæ Ecclesise prse- Btant : quorum præcepta ausleritatem vini priscee Legis superant, quia longe leviora sunt. « Et dentes ejus lacté candidiores. Dentes præceptores sunt sancti, qui præcidunt ab erroribus homines, et eos quasi comedendo in Christi corpus transmittunt. Candi¬ diores autem cffecti sunt doctores Ecclesise lacté ve- teris Legis. « Zabulon habitavit in littore maris, et in statione navium. » Gen . xlix, 15. Zabulon interpretatur habitaculum fortitudinis , et Ecclesiam significat. Hæc in littore maris habitat et in statione navium, ut cre- dentibus sit refugium. et periclitantibus demonstret DU PATRIARCHE JACOB. est la figure de l’Eglise. Elle a sa demeure sur le littoral de la mer, prés des lieux où s’arrêtent les navires, pour être le refuge des pécheurs, et montrer le port de la foi à ceux qui sont en danger. Solide contre tous les ouragans du siècle, inébranlable dans sa fermeté, elle con¬ sidère le naufrage des Juifs, et les tempêtes qui ballottent les hérétiques à tous les vents de la doctrine; leurs flots la frappent sans doute, mais ne la brisênt pas, « Il s'étend jusqu’à Sidon, » c’est-à-dire jusqu’aux Gentils. On lit aussi dans l’Evangile que quelques Apôtres furent choisis en ce pays, et que Notre-Seigneur y enseigna souvent, ainsi qu’il est écrit : « La terre de Zabu¬ lon et celle de. Nephthali, peuple qui était assis dans les ténèbres, ont vu une grande lumière, Matth. iv( 15, 18, d’après Isai , îx, 1. Sidon veut dire chasseur ou chasseresse. Qui sont ces chas¬ seurs, sinon les Apôtres ? ceux, comme nous venons de le dire, qui furent choisis en cette contrée, et dont il est écrit : «J’enverrai de nom¬ breux chasseurs, et ils vous chasseront par toute la montagne. » « Isachar, àne plein de force. » Jerem . xvi, 16. Isachar qui signifie salaire , se rapporte au peuple des Gentils, que le Seigneur racheta au prix de son sang. Cet Isachar est appelé âne plein de force, Gen . xix, 14, parce que la Gentilité vécut d’abord comme un animal brute, irraisonnable et livré à ses passions, mais ensuite porta volontiers le joug de la discipline fidei portum. Hæc contra omnes turbines sæculi in- concussa firmitate solida spectat naufragium Judæo- rum, et hæreticorum procédas, qui circumferuntur omni vento doctrinæ, quorum etsi tunditur flucti- bus, non tamenfrangitur. « Pertenditautem usqueadSi- donem, » hoc est, usque ad gentes. Legitur etiam in Evangelio inde assumptos esse Apostolos aliquos, et ipsis locis Dominum sæpe docuisse, sicut scriptum est : « Terra Zabulon, et terra Nephthalim, populus qui sedebat in tenebris, viditlucemmagnam. » Matth. iv,15, 16, ex Isai. ix, 1. Sidon interpretatur venaior , vel venatrix. Yenatores qui sunt, nisi Apostoli? Qui, ut supra diximus, ex illis locis assumpti sunt, de quibus dioitur : « Mittam venatores multos, et venabuntur vos in omni monte.» « Isachar asinus fortis. » Jerem.xvi, 16. Isachar qui interpretatur merces , refer tu r ad popu- lum gentium, quem Dominus sanguinis sui pretio mercatus est. Hic Isachar asinus fortis scribitur, Gen. xlix, 14, quia prius populus gentilis quasi brutum etluxoriosum animal, nullaque ratione substitit ; sed postmodum jugum disciplinée Evangelicæ -libenter SAINT JÉROME. 292 évangélique. « Celui-ci, couché dans ses limites, vit que le repos était bon, et que la terre était meilleure. » Etre couché dans ses limites, c’est se reposer en attendant la fin du monde, et ne s’in¬ former de rien de ce qui ce passe présentement parmi les hommes, mais désirer le but suprême. Et cet âne plein de force qui voit que le repos et la terre sont choses excellentes, c’est lagentilité ingénue relevant à la force des bonnes œuvres, lorsqu’elle tend à la patrie de la vie éternelle. C’est pourquoi elle place son épaule sous le fardeau, parce que, désireuse de parvenir au repos promis, elle porte volontiers tous les far¬ deaux des commandements. Aussi s’était-elle faite le ministre des tributs, c’est-à-dire qu’elle offre au Christ son roi les trésors de sa foi et les dons des bonnes œuvres. « Dan jugera son peu¬ ple comme les autres tribus en Israël. Qu’il de¬ vienne couleuvre sur la voie, serpent sur le sen¬ tier, Gen, xlix, 16, et le reste. D’aucuns préten¬ dent que ces paroles prédisent que l’Antéchrist sortira da cette tribu, parce qu’en ce passage Dan est représenté comme une couleuvre qui mord et qu’entre les tribus d’Israël Dan le premier fut délimité vers l’Aquilon, figurant ainsi celui qui se proclame assis sur les flan cs[de Y Aquilon, Num . H, 25, et dont le prophète a dit symbolique¬ ment : « Le frémissement de ses chevaux a été entendu du côté :de Dan. » Jerem. vin, 16. L’E- portavit. « Hic accubans inter terminos, vidit requiem quod esset bona, et terram quod optima. » (a) Iuler terminos au tenu cubnre, est prœstolato nuindi fine re- quiesccre, nihiique de iis quæ nunc versantur in me- dio quærere, sed ultima desiderare. Et fortis asinus requiem et terram optimam videt, cum simplex gcntili- tas idcirco se ad robur boni operis erigit, quia ad æter- næ vitæ patriam tendit. Unde etiam apponit liu- mernm suum ad portandum, quia dum ad promis- sam requiem pcrvemre desiderat, cuncta mandatorum onera libenter portât. Unde factus est tribu tis serviens, hoc est, Cliristo régi suæ fidei bonn et opernm bonorum olferens xnunera. « Dan judicabit populuui suum sicut aliæ tribus in Israël. Fiat Dan coluber in via, cerastes in semita» Gen. xuv, 16, et reliqua. Dicunt quidam Anti- christum per bœc verba (b) prædici de ista tribu futu- rum, pro eo quod hoc loco Dan et coluber asseritur etmordens, et quod inter tribus Israël primus Dan ad Aquilonem castrametatus est, ilium significans qui sein lateribus AquiLonis sedere dicit, Num. u, 25, et de qno figuraliter dieit Propheta : « A Dan auditus (a) Ex Gregario, lib. r, Moral . c. 6, (b) Ex Gregm'io, lib. xxxi, Moral, c. 10. crïture ne l’appelle pas seulement couleuvre, mais encore céraste. Et en effet dépura en grec signifie les cornes. Ce serpent est donc repré¬ senté avec des cornes; il est la digne image de l’Antéchrist, [puisque contre la vie des fidèles, outre la morsure et la prédication pestilentielle, il s'armera des cornes de la puissance. Qui ne sait que le sentier est plus étroit que la voie ? Dan devient donc couleuvre sur la voie, parce qu’il les provoque, en les flattant par une sorte d’indulgence, à marcher 'dans le large chemin de la vie présente; mais il mord sur la route, parce qu’il consume du venin de son erreur ceux qu’il a faits libres. 11 devient céraste sur le sen¬ tier, en ce que, pour ceux qu’il trouve fidèles et maintenant leurs pas dans la ligne étroite du précepte divin, non-seulement il leur livre les terribles assauts de sa perfide -persuasion, mais encore il les terrifie par sa force, et dans les lan¬ gueurs delà persécution, après les bienfaits d’une feinte douceur, tourne contre eux les cornes de sa puissance. Le cheval, dont il est dit que le cérastemord le pied, est l’emblème de ce monde, se couvre d’écume à suivre le cours rapide des temps. Et parce que l’Antéchrist s’efforee de saisir les derniers jours de ce monde, on rap¬ porte que le céraste mord le pied du cheval. En effet, mordre le pied du cheval, c’est atteindre en la brisant l’extrémité du siècle. « Afin que est fremitns eqnorum ejus. » Jerem . vin, IG. Qui non solum coluber, sed etiam cerastes vocatur. Répara enim Græce cornua dicuntur. Serpens ergo ille cor- nntus esse perhibetur, per qnem digne Antichrislus asseritur, quia contra vitam fideliunT cum morsu pestiferæ prœdicationis armabitur etiam cornibus potestatis. Quis autem nesciat semitam angustiorem esse quam viam? Fit ergo Dan coluber in via, quia in præsentis vitæ latitudine eos ambulare provocat, quibus quasi parcendo blanditur; sed in via mordet, quia eos quibus libertutem tribnit, erroris sni veneno eonsumit. Fit cerastes in semita, quia quos fidcles reperit, et sese inter angusta præcepti cœlestis iti- nera constringentes, non solum nequitia callidæ per¬ suasion^ impetit, sed etiam terrore potéstatis pre¬ nait, et in persecutionis languore, post bénéficia ûctæ dulcedinis, exercet cornua potestatis. Equus iste, cujus nngnlas cerastes modéré dicitur, hune mundum insinuât, qui per elationem suam in cursn labentium temporum spumat. Et. quia Àntichristu9 extrema mundi hujus apprehendere nilitur, ceras- 293 SUR LES BÉNÉDICTIONS DU PATRIARCHE JACOB, son cavalier tombe en arrière; » le peuple juif Seigneur/, » c’est-à-dire, je crois fermement, infidèle, pris dans les filets de son erreur, au non point en l’Antéchrist comme les infidèles, lieu du Christ, attend l’Antéchrist. C’est à bon mais en Jésus-Christ véritable, celui qui doit ve- droit que Jacob, au même passage, revient sou- nir pour notre rédemption. Ainsi soit-il. dain au cri des élus : « J’attendrai votre salut, tes iste equi ungulas mordere perhibetur. Ungulas loco repente in electorum Yocem conyersus est di- quippo equi mordere, est extrema sæculi feriendo cens : Salutare luum expeclabo, Domine ; id est, non contingere. Ut cadat ascensor ejus rétro (a). Plebs sicut infidèles Anticliristum, sed eum qui in redeua- infidelis Judæa, erroris suis laqueis capta, pro ptionem nostram venturus est, verum credo fideliter Cliristo Antichristum exspectat. Beue Jacob eodem Cbristnm. Amen. (a) la Corb. ms. aio deainit : « Ascenaor quis est, quisquia ioiquitatibus hujus mimdi extollitur, qui rctro cadere dicitnr. * LES BÉNÉDICTIONS DU PATRIARCHE JACOB. AUTRE EXEMPLAIRE. L’inviolable et prophétique bénédiction des saints Patriaches, que l’Esprit Saint par la bou¬ che du bienheureux Jacob, répandit sur chacun d’eux conformément à leur nature, ne se peut pas comprendre partout dans le sens littéral, puisque le même bienheureux Patriarche dit : « Afin que je vous annonce ce qui doit arriver à la fin des temps. » Elle ne doit pas non plus être tellement épuisée dans le sens allégorique, que le sens historique en soit tout à fait exclu. En effet, il y a de ces prédictions, nous le ver¬ rons bientôt, qui sont faites de telle manière, que les unes s’accompliront prochainement, et les autres dans un avenir éloigné ; pourtant la plupart des premières sont énoncées à la fin. Par conséquent, ce qui peut être regardé comme historique, posons -le d’abord comme fonde¬ ment, et, avec le secours de Dieu, donnons-en l’exposé succinct; quant aux choses qui échap¬ pent de toute manière au sens littéral, interpré- tons-les ensuite selon le sens mystique, puisque c’est ainsi qu’elles doivent être comprises, DE BENEDICTIONIBUS JACOB PATRIARCHÆ. ALIUD EXEMPLAR. Sacrosancta atque præsaga sanctorum Patriar- charum benedictio, quæ per Spiritum sauctum at¬ que os beati Jacob singulis est conpetenti qualitate distributa, nec per omnia sensu litterario potest in- telligi ; maxime cum idem beatus Patriarcha dicat : « Ut annuntiem vobis quæ ventura suntin novissimis diebus; » nec ita extenuauda per sensum allegoricum, ut omuimodo [ Cod . omino ] evacuari debeat sensus historicus ; quia quædam, uti post videbimus, sic f Cod. ita] eis prædieta sunt, ut in proximo quædam, quædam multo post venerint, tamen plura ex illis in finem servata sunt. Quæ ergo [ Antea ego ] his- storialiter in ipsis verbis intelligere possumus, pri- mum quasi fundamenta jaciendo, douante Domino, strictim pandamus; quæ autem omnimodis litte- ram refugiunt, ea per spiritalem intelligentiam sic- SUR RUBEN. « Ruben, mon premier-né, qui aurais été ma force et qui fus le principe de ma douleur, tu de¬ vais être le premier à recevoir mes dons, le plus grand dans l’empire. » 11 appert du sens littéral que le bienheureux Jacob ayant eu Ruben pour premier enfant de son épouse Lia, 'si celui-ci s’était conduit en digne fils d’un tel père, c’est à lui qu’eussent appartenu le droit d’ainesse et le commandement. C’est pourquoi il l’appelle son premier-né, comme étant celui à qui auraient été dus les droits d’aînesse; il l’appelle aussi sa force, parce que la force du commandement de¬ vait lui être dévolue. S’il ne s’exprime pas à l’indicatif présent, ce n’est point qu’il prévoie ou qu’il veuille que telles arrivent les choses plus tard; c’est afin que ses paroles excitent Ruben au repentir, en lui rappelant de quelle dignité son péché l’a fait déchoir. Aussi dit-il : « Le principe de ma douleur; « il fut, en effet, la cause de sa douleur, lui qui, brisant le frein de la chasteté, se rue criminellement sur l’épouse ut et spiritali sunt intellectu carpenda, discutia- mus. DE RUBEN. «Ruben primogenitus . meus, tu fortitudo mea, et priucipium doloris mei, priorin donis, major imperio. Patet litteræ sensus, quia beatus Jacob primum filium Ruben ex Lia uxore sua susceperit, qui si se digne tanto pâtre tractasset, ad eura primogenita re- gnumque pertineret. Unde dicit sibi eum primoge- nitum, quasi cui deberentur dona primogenita ; sed et fortitudinem suam eum nominat, eo quo robur iruperii ad eum debuerit declinare. Hæc autem non ideo indicative protulit, quod ita futura esse aut præviderit vel voluerit,; sed ut eum per hæc dicta ad poenitentiam cohortaretur , cum recoleret a quanta dignitate peccando decidisset. Unde dicit, et principium doloris mei ; priucipium namque doloris illius fuit, qui ruptis castimoniæ habenis, iufrenis irruit ad constuprandam conjugem patris, quæ res non mediocri dolorc eum stimulasse creuenda est. Bene autem dicitur principium doloris iste, quia SUR LES BÉNÉDICTIONS DU PATRIARCHE JACOB. de son père pour la violer : horrible violation qui dut, on le comprend aisément, blesser bien douloureusement le cœur de Jacob. C’est avec raison qu’il le nomme cause de douleur, parce que ses autres frères furent accusés auprès de leur père par le bienheureux Joseph de ce crime inouï. Lorsqu’il ajoute: « le premier dans les dons, » ces mots ont trait aux droits qui lui au¬ raient été dus en tant que premier-né ; et ceux- ci : « le plus grand dans le commandement, » indiquent sans détour qu’à la race de Ruben aurait appartenu le privilège d’engendrer les rois des autres frères. Quant aux paroles : « Tu as été répandu comme l’eau, » en voici le sens : De même que l’eau qui n’est plus retenue dans la vase, coule de tous côtés, et plus la pente est rapide vers les bas fonds, plus elle y tombe de tout son poids; de même tu n’as pas contenu ta passion dans les respectueuses limites du mariage, et tu as déversé l’eau corrompue de ta concu¬ piscence là où t’emportait l’entrainement du plaisir. En ajoutant : « Ne croisse plus, » il lui interdit dans l’avenir une si honteuse conduite. C’est ainsi que le Seigneur s'exprime à l’égard de Caïn : « Tu as péché, cesse. » Le but de ce discours s’explique par ce qui suit : « Parce que tu es monté sur le lit de ton père, et que tu as souillé sa couche. » Ces paroles sont un repro¬ che évident du crime d’inceste, que Ruben avait commis sur Bala, l’une. des femmes de son père. et reliqui fratres accusati sunt a beato Joseph apud patrem crimine pessirao. Quod autem ait, prior in donis, ad primogenita pertinet quæ illi tanquam pri- mogenito debebaatur. Quod subjungit , major imperio , aperte declaratur ad eum pertinuisse ut de ejus semine reges reliquorum fratrum crearentur. Quod vero ait, effusus es sicut aqua , liunc babet sen- sum : Sicut aqua quæ vase non cohibetur, quaqua- versum Huit, et ubi declivior locus humiliorem se præbuerit, toto impetu decidit, ita tu nulla mensu- ra conjugali libidinein cohibuisti; sed quo te impetus voluptatis allexït [Ai allcxcrunt], eo sentinam tuæ coucupisçentiæ diffudisti. Cum vero subjungit, non crcscaSy prohibet eum ulterius a tali et simili turpi- tudiue. XJnde et Dominus ad Cain [Cod. eum] : « Pec- casti tu, quiesce. » Quo autem ista tendant, subjuncta verba testantur : « quia ascendisti cubile patris tui et maculasti stratum ejus. » Manifeste enim bis verbis incesti crimen, quod ille in Balam concubinam pa¬ tris sui coramiserat, exaggeratur : quod ne cui for- san violentum videatur eo quod superius præmissum est [Al. promlssum sit] . 295 L’Ecriture ajoute cette phrase, afin que ce qui a été dit d’abord ne semble violent à per¬ sonne. « Je vous annoncerai ce qui doit arriver dans derniers temps. » Ecoutons à. ce sujet le livre des Paralipomènes : « Et encore les fils de Ruben, ce premier-né d’Israël. » Il fut en effet son pre¬ mier-né; mais, après qu’il eut violéle litpaternel, son droit d’ainesse fut transféré aux fils de Jo¬ seph, également fils d’Israël, et il ne fut plus ré¬ puté le premier-né. Au figuré, ce Ruben pre¬ mier-né désigne lepeuple juif, qui fut le premier né de Dieu, selon la parole du Seigneur à Moyse : « Israël est mon premier-né ; » et du bien¬ heureux Jérémie : « Israël saint est pour le Seigneur les prémices de ses fruits. » le peu¬ ple fut sa force, quand, par les Patriarches, les Prophètes et les autres hommes de grande énergie, il lutta vaillamment contre l’idolâtrie et l’impur troupeau des vices de toutes sorte; mais il devint la cause de sa douleur, lorsque, à la vue du Sauveur, il persista dans une or¬ gueilleuse incrédulité et repoussa les enseigne¬ ments divins. Aussi l’Ecriture rapporte que No¬ tre Seigneur pleura à la vue de Jérusalem et qu'il versa des larmes sur l’aveuglement de son peuple lors de la résurrection de Lazare. Ces mots : « le premier dans les dons, » montrent que ce même peuple devança les autres dans la réception des bienfaits de Dieu, et qu'il de- « Annuntiabo vobis quæ ventura sunt in novissimis diebus. » Audiat quid liber Paralipomenon de hac re dicat: « Filii quoque Ruben, iste primogenitus Israël.» Ipse quippe fuit primogenitus ejus; sed, cum violasset torum patris sui, data sunt primogenita ejus tiliis Joseph, filiis Israël, et non est reputatus in primoge- nitum. Typice autem Ruben iste primogenitus popu- lum désignât Judoicum, qui promogenitus fuit Dei, juxta quod de illo Dominus ad Moysen ait: « Filius primogenitus meus Israël est. » Et beatus Jeremias : « Sanctus Israël Domino, primitiæ frugum ejus. » Qui fortitudo illi us fuit, quando (Forte quondam) in Pa- triarchis et Propbetis et cæteris quibusque fortissimis viris contra;;idololatriam, et vitiorum omnium impu- ram cotervam fortiter dimicavit, qui tamen princi- pium doloris ejus præexstitit, quando adveniente Salvatore in incredulitate permauens, doctrinam illius suscipere mente tumida recusavit. XJnde Do¬ minus videns civitatem Jérusalem, flevisse dicitur, et in Lazari resuscitatione pro ejus populi cæcitate lacrymatus esse perhibetur. Cum autem dicitur, . « prior in donis, » ostenditur quidem præces sisse eum- 296 SAINT JÉROME. vait être remplacé par l’Eglise universelle , qui serait comblée des mêmes grâces et de bien plus grandes encore. Quand {l'Ecriture ajoute : « Le plus grand dans le commandement, » il n’est pas surprenant de voir honorer cette même nation qui crut la première aux prérogatives de nos premiers parents, puisque le bienheureux apôtre Paul affirme qu’il est en toute manière beaucoup plus qu’un simple Juif. Le prophète dit ensuite : « Tu as été répandu commel’eau; » il voit en esprit la licence de ce peuple, que ne retint pasgdans de justes bornes le vase delaloi et des préceptes divins, et qui après avoir brisé tous les liens des commandements de Dieu, ouvrit toutes les digues à la violence de ses cris demandant la mort du Sauveur. L’eau peut désigner la bonne ou la mauvaise parole, d’après le témoignage même de la divine Ecri¬ ture, qui dit en bonne part : « Lés paroles de ]a bouche de l’homme sage sont une eau pro¬ fonde, » et en mauvaise part : « Celui qui l⬠che l’eau est [l’instigateur des querelles. » Plus loin les mots : « Ne- croisse plus, » montrent que le même peuple, ainsi que nous le voyous, a été réduit à un . très petit nombre entre toutes les nations. Le passage qui suit donne la raison de ce châtiment : « Parce que tu es monté sur le lit de ton père, et que tu as souillé sa couche. « Ces mots : « le lit de ton père, » figurant la chair du Sauveur, il n’est pas surprenant que par «le dem populum muneribus a Deo collatis, subsecutu- ram vero gentium Ecclesiam, quæ eisdem et nmlto potioribus esset donanda charismatibus. Cum vero subjimgit, « major imperio, » non mirum si honoretur eadem gens quæ prima credidit prærogativa (Al. progafivo) pntrum, quando beatus apostolus Paulus multum per omnem inodum amplius esse Judæo di- cat. Addit « interea, effusus essicut agua, » effrenatio- nem illius populi mente considerans, qui nequaquam vase legis ac præceptorum divinorum coercitus est mensura, sed abjectis omnium præceptorum Def vin- culis, in Saivatoris necem toto conatu locutionis suæ rivos effudit. Nam quod per aquam locutio bona, vel malasigniffcetur, Scriptura ■ testis est divina, quæ in bonodicit ; «Aquaprofundaverbaex ore viri,» itemque in malo : «Qui dimittit aquam caput est jurgiorum, » Quod vero subjungit :«Noncrescas,»ostendit eumdem populum, sicut et oculis cernimus, inter cunctas gén¬ ies paucissimo numéro diminutum ; quare autem ista perpessus sit, subjuncta verba testantur, « quia as- ceudisti cubile patris tui, et maculasti stratum ejus, » lit de son père, » on entende les nations et le corps de Notre- Seigneur, puisque ce même peu¬ ple a été créé par lui, dont il est écrit : « C’est par lui que toutes choses ont été faites. » La cou¬ che est également l’emblème du corps de Jésus, qui fut comme souillé par les Juifs, quand c’est à leurs acclamations que le Seigneur fut sus¬ pendu à la croix, percé d’un coup de lance et couvert de son propre sang. SECOND PATRIARCHE, SIMÉON. « Simeon et Lévi, vases d’iniquité faisant la guerre, » Le sens littéral est évident. Ces deux frères pour venger le déshonneur de leur sœur par une paix trompeuse et une feinte amitié, trompèrent Sychem et son père Emor. L’Ecriture les appelle « vases d’iniquité faisant la guerre, » parce que ce fut une grande injustice d’avoir of¬ fert l’amitié pour la trahir ensuite. « Que mon âme n’entre point dans leur conciliabule ; » le Prophète condamne par lâ toute paix simu¬ lée. Pareillement, le bienheureux David lance ses imprécations contre de semblables four¬ beries : « Ils parlent de paix avec le prochain et de mauvais desseins sont dans leurs cœurs. Faites-leur selon' leurs œuvres. » Quand Jacob ajoute : « Que ma gloire ne soit point dans leur assemblée, » c’est qu’il ne voulait en rien se glorifier d’une victoire ou plutôt d’un massacre où il y avait moins à louer le courage du com- per cubile patris tui, carnem Saivatoris insinuans ; nec mirum cubile patris ejus, geutes et corpus Do- minicum intelligi, quia ab eo idem populus crealus est; namscriptumde eo :«Omnia per ipsum factasunt.» Per stratum vero idem corpus intelligitur, quod quasi a Judæis mnculatum est, quaudo eorum acclamatioue Dominus in cruce suspensus, et lancea transverbe- ralus atque cruore proprio est perfusus. SECONDES PATRIARCHA, SIMEON, « Simeon et Levi vasa iuiquilatis bellantia.' » Patet Litteræ sensus, quia hi duo fratros ob ulciscendum stuprum sororis, subornata pace et fictis amicitiis deceperunt Sychem et Emor patrem illius ;quos « vasa iniquitatis bellantia » nominal, quia iniquum valde fuit amicitiam prætondisse, et eam postea prodidisse. » In concilio eorum neveniat anima mea ; videlicet exse- crans omnem simulatam pacem, Unde et beatus Da¬ vid talibus quibusqueflctisimprecalur : « Quiloquuntur pacem cum proximo suo, mala autem sunt cordibus eorum. Da illis secundum opéra ipsorum. » Quod vero 297 SUR LES BÉNÉDICTIONS DU PATRIARCHE JACOB. battant qu’à reprendre la duplicité du trompeur. « Parce qu’en leur fureur ils ont tué l’homme, et qu’ils ont volontairement renversé le mur. » Par l'homme il faut entendre Sychem et conséquent subjungit, et «incœtu jllorumnonsitgloriamea, »nole- bat h tique lali Victoria et potius cæde gloriari, in qua non virtus bellatoris poterat laudari, sed potins jfolsitas deceptoris conrgui. « Quia in furore suo occi- deruntvirum, et in voluntatesua sufToderuntmurum. w ment tous ceux qui périrent en défendant sa cause. Quant à la ruine des murs, il n’en est pas question dans la Genèse en cette circons¬ tance. : Per virum Sycbem intelligi debet, et per eum onmes quiejus causa perempli sunt. Sulfossio autem mûri non quidern in libro Geneseos legitur ibidem fuisse palrata. AVERTISSEMENT SUR LES DEUX TRAITÉS QUI SUIVENT. Aux Questions hébraïques sur la Genèse , œuvre authentique de Jérôme, que nous avons rapportée plus haut, ces deux traités apocryphes succèdent immédiatement dans la plupart desmss., et entre autres dans le mien, dont je me sers très-souvent en ce tome. Le premier traité, qui a pour titre : Explication des Dix Tentations d'après le Deutéronome, depuis longtemps déjà était mis au rang des écrits faussement attribués au saint Doc¬ teur; le second, dont le titre, dans mon ms., est : Explication du Cantique de Deboraet de Barach d'après le livre des Juges , a été pour la première fois joint parMartianay aux œuvres supposées et publiés par lui. L’au¬ teur des deux Traités est le même, le style et la similitude des maximes ne laissent aucun doute là-dessus. L’éditeur Bénédictin croit que c’est un Hébreu, dont le nom m’échappe; Raban fait son éloge dans les Préfaces des Commentaires sur les livres des Bois et des Paràlipomènes, et le confond avec celui qui, sur les mêmes livres des Rois et des Paralipomènes, a composé des Questions hébraïques , attribuées aussi faussement àJérômo et qne nous aurons bientôt à reconnaître. Pour moi, je me range volontiers à l’opinion qu’il existe la plus grande ressemblance de style et de pensées entre les deux Traités. Mais, je crois devoir le dire, il ne me paraît pas que ces écrits et leur auteur aient été connus de Raban, quand il interpréta le Deutéronome et le Livre des Juges . Enfin, voici le jugement d’Erasme sur le premier, et l’on peut l’appliquer entièrement au second. Le style est d’un écrivain assez ancien; c’est probablement un fragment de Commentaires plus étendus; car le commence¬ ment est trop brusque, et il en est de même de la fin. Je ne vois pas sur quel motif on croirait devoir l’attribuer à Jérôme, si ce n’est sur cette trompeuse conjecture que quelques mots hébreux y sont interprétés. LES DIX TENTATIONS DU PEUPLE D’ISRAËL DANS LE DÉSERT. <( Voici les paroles adressées par Moyse à tout Israël, aupassage du Jourdain, dans le désert, en pleine campagne, en face de la mer Rouge, entre Pharan et Thophel, Laban et Aseroth et l’abondance d’or. Il y a douze jours de marche d’Horeb au mont Séïr, près de Gadés-Barné. » Deut . 1, 1, 2. C’est par ces paroles que Moyse reprocha auxfïls d’Israël les dix tentations, par lesquelles ils tentèrent le Seigneur. De là vient que le Seigneur dit dans le livre des Nombres : « Mais tous les hommes qui ont vu ma majesté et les prodiges que j’ai faits en Egypte et dans le désert, et m’ont pourtant tenté par dix fois et n’ont point obéi à ma voix, ne verront point la terre que j’ai promise par serment à leurs pères.» Num. xiv, 22. Ges tentations, Moyse les énumère ici brièvement et obscurément, lorsqu’il dit : « Dans le désert, » où il montre qu’ils tentèrent deux fois le Seigneur à.cause du manque d'eau. Sur la première tentation, voici ce qu’on lit dans l’Exode : « Le peuple soulevé dit à Moyse : Don¬ nez-nous de l’eau à boire. » Exod. xvri, 5. Moyse leur répondit : « Pourquoi me cherchez-vous DECEM TENTATIONES POPULI ISRAËL IN DESERTO. « Hæc suât verba quæ locutus estMoyses ad ornnem Israël, in transitu Jordanis, in solitudine, in campes- tri, contra mare Rubrum, inter Pharan et Thophel, et Laban et Aseroth et auri abundantiam. Undecirh die- rum iter deHorebadmontem Seir, usqueCades-Barne.» Déni, i, 1, 2. Hæc sunt verba quibus corripuit Moyses filios Israël pro decein tentationibus, qui¬ bus Dominum tentaveruut. Unde Bominus in libro Numerorumdicit : «Àtomneshoinines qui videruntrua- jestatem meam, et signa quæ feci in Ægypto et in so¬ litudine, et tentaverunt me jam per déceni vices, nec obedierunt vocimeæ, non videbunt terrain pro qua ju- ravi patribus eorum. » Num. xiv, 22. Quas tentationes hic breviter et obscure Moyses enumerat dicens : «In solitudine, » in qua ostendit eos pro aquae penuria querelle, pourquoi tentez- vous le Seigneur?» Sur la seconde tentation, le livre des Nombres s’exprime ainsi : «Et comme le peuple manquait d’eau, » etc., Num. xx, 2, jusqu’à ce passage : « G’est-à-dire, l’eau delà contradiction, lorsque les fils d’Israël ont élevé des paroles de querelle contre le Seigneur, et qu’il a été crucifié en eux. » Ibid. 13. La troisième tentation est contenue en ces mots : « Dans la pleine campagne en face de la mer Rouge. » En cet endroit, il est écrit qu’ils murmurèrent contre le Seigneur, après la sub¬ mersion des Egyptiens, en refusant d’ajouter foi à la parole de Moyse qui leur attestait ce fait sur l’ordre de Dieu, et en persistant dans la crainte d’être poursuivis par leurs ennemis. Aussi est-il dit : « Nosjpères ne comprirent pas les miracles, » etc. Psalm . cv, 7. La quatrième et la cinquième tentation sont indiquées en ce pas¬ sage : « Entre Pharan et Thophel, et Laban. » Pharan veut dire onagre , Thophel, sottise , Laban blanc. Ce qu’il faut entendre ainsi : Devenus semblables à l’onagre, les fils d’Israël agirent sottement en tentant le Seigneur par deux fois duabus vicibus tentasse Dominum. De prima tenta- tione ita in Exodo legitur : « Jurgatus populus contra Moyseüait: Da nobis aquamutbibamus.»Erçorf. xvn, 5. Quibus respondit Moyses : «Quid jurgamini contra me, cur tentatis Dominum ? » De secunda tentatione ita in iibroNumerorum dicitur : « Gumque indigeret aqua po¬ pulus, # etc. Num. xx, 2, usque ad eum locuni iu quo ait: « Hoc est, aqua contradiction^, ubi jurgati sunt filii Israël contra Dominum, et sanctificatus est in eis. » Ibid., 13. Tertia tentatio continetur in eo quod ait : «ln campestri contra mare Rubrum. » In quo loco murmurasse dicuntur contra Dominum, quia per- emptos Ægyptios fuisse, Moysi non crediderunt sibi de verbo Domini dicenti, sed potius eos se sub- sequi timuerunt. Unde dicitur : « Patres nostri non in- tellexerunt mirabiiia, » etc. Psal. cv, 7. Quarta et quinta tentatio eontinelurin eo quod ait : « Inter Pha¬ ran et Thophel, et Laban. » Pharan inlerpretatur ohû- ger ; Thophel, stullilia ; Laban, album . Quod ita iu- SAINT JÉROME. 300 au sujet de ce qui est blanc, c’est-à-dire, de la manne. Le blanc désigne bien la manne, selon le passage de l’Exode : « La maison d’Israël lui donna le nom de Man, parce qu'il était blanc comme la graine de coriandre. » Exod. xyi, 31. L’Exode parle ainsi de la première tentation sur la manne : » Voici l’ordre du Seigneur : que chacun en ramasse ce qu’il lui en faut pour se nourrir ; » et un peu plus loin : « Moyse leur dit : que nul n’en garde pour le lendemain ma¬ tin. Ceux-ci ne l’écoutèrent pas, et certains en mirent de côté jusqu’au matin. » Ibid 16, seqq . Plus bas, le même livre nous raconte la seconde. « Amassez-en pendant six jours ; le septième est le Sabbat du Seigneur, et vous n’en trouverez point. Vint le septième jour, et ceux du peuple qui sortirent pour en amasser, n’en trouvèrent pas. Alors le Seigneur dit à Moyse : Jusques à quand voulez-vous ne pas garder mes comman¬ dements et ma loi ? » etc., Ibid. 26, seqq . La sixième tentation est contenue en ces mots : « Aseroth. » Aseroth est une cité voisine du dé¬ sert, et son nom signifie villa. Sur son territoire d’aprèsl’Ecriture, c’est-à-dire dans lessépulcresde la concupiscence, eut lieu la seconde tentation des chairs, qui comprend aussi la première. Au sujet de cette dernière, l’Exode dit : « Moyse et Aaron dirent à tous les fils d’Isaël : Le soir vous saurez que le Seignelir vous a conduits hors de la terre telligitur, quia similes onagro fuctî filii Israël, stulte egerunt tentantes Dominum duobus vicibus super albo, id est, super manna. Manna vero album dici¬ tur, ut est illud Exodi : « Appellavitque domus Israël nomen ejus Man, quod erat quasi semen coriandri al¬ bum. » Exod. xvi, 31. Una tentatio fuit super idem manna, sicut inExodo dicitur : « JHic est sermo quem præcepitDominus : colligat exeo unusquisque quantum sufficit ad vescendum. » Et post pauca : «Dixit adeos Moyses : Nullns ex eo reservet in mane. Qui non au- dierunteum,sed dimiseruntex eo quidam usque mane.» /bld., 1G> seqq. Altéra fuit tentatio, do qua post pauca in eodem libro dicitur : «Sex diebus colligite, in dieautem septima Sabbatum est Domini, idcirco non invenietur. Venit autem septima dîos, etegressi de populo ut colligèrent, non invenernnt. «Dixit autem Dominus ad Moysen : Usquequo non vultis servare mandata mea, et legem meam?»etc. Ibid., 26, seqq. Sexta tentatio oontinetur in eo quod ait : «Et Aserotb.» Aseroth vero civitas est vicina solitudini, et inter- pretatur Villa , in cujus territorio, id est, in sepul- cris concupiscente facta fuisse legitur secunda ten- atiocurnium, in qua et prima tentatio carnium d’Egypte, et le matin vous verrez la gloire du Seigneur ; car il a entendu votre murmure, qui ne s’élève point contre nous, mais contre le Sei¬ gneur. » Ibid. 6, seqq. Et un peu plus loin : « Le Seigneur parla ainsi à Moyse : J’ai entendu les murmures des fils d’Israël ; dis-leur : Le soir vous mangerez les viandes, et le matin vous vous rassasierez de pain, et vous saurez que je suis le Seigneur votre Dieu. Le soir donc arriva, et les cailles s’élevant couvrirent lccamp . » Ibid . 1 1 seqq . Les Nombres disent de la seconde : « Sur ces entrefaites s’éleva un murmure du peuple comme celui de gens qui se plaignent contre le Seigneur de leurs travaux. Il les entendit, et fut plein de courroux, et le feu du Seigneur s’alluma et dévora la partie extrême du camp;: » Num . xr, 1 ; et plus loin : « Sanctifiez-vous, car de¬ main vous mangerez des viandes. Je vous ai en effet entendus dire: Qui nous donnera la nourri¬ ture des viandes? Nous étions mieux en Egypte. Le Seigneur vous donnera des viandes, et vous en mangerez, non pas un jour, ni deux, ni cinq, ni dix, ni même vingt, mais jusqu’au mois des jours, et jusqu’à ce qu’elle sorte par vos narines et se change en nausée ; parce que vous avez repoussé le Seigneur qui est au milieu de vous, et que vous avez dit en pleurant devant lui : « Pourquoi sommes-nous sortis d’Egypte? »Ibid 18 seqq ; et plus bas encore : « Les viandes complectitur. Déprima ita ïn libro Exodi legitur : « Dixerunt Moyses et Aaron ad omnos filios Israël : vespere scietis quia Domines eduxerit vos de terra Ægypti, et mane videbitis gloriam Domini; nudivit enim murmur vestrum ; noc contra nos est inurmur vesteum, sed contraDominum. » Ibid., 6 seqq. ; et post pauca : «Locutus est Dofiiinus ad Moysen dicens : Au- divi murmurationes Hliornm Israël ; loqueread eos : Vespere comedetis carnes, et mane saturabimiui pani- bus, scietisque quod ego sum Dominus Deus vesler Factum estergo vespere, et conscendens coturnix operuit castra. » Ibid., 11 seqq. De secuuda autem in 'Numéris dicitur :« In terea ortuin est murmur populi quasi dolentium pro labore contra Dominum. Quod cum audisset, iratus est, et accensus ignis Domini devoravit extremam partem castrorum; » iVum. xi, 1 ; et post pauca : « Sanctiûcamini, cras etenim comedetis carnes. Ego enim audivi vos dicere : Quis dabit nobis escam carnium ? Bene uobis erat in Ægypto. Dabit Dominus vobis carnes, et comedetis non uno (lie, nec duobus, vel quinque, aut decem, nec viginti quidem, sed usque ad mensem dierum, donec exeat per nares vestras, et vertotur in nauseam ; eo quod repuleritis 301 LES DIX TENTATIONS DU PEUPLE D’ISRAËL. étaient encore entre leurs dents, et cette nourri¬ ture ne manquait pas, et voilà que le courroux du Seigneur se levant contre le peuple, le frappa d’une plaie des plus terribles.» Ibid. 33 seqq. La septième tentation est énoncée en ces termes : « Où ily a beaucoup d’or. » 11 faut remarquer que le texte hébreu dit : « Abondance d’or. » Par cette abondance d’or il faut entendre le veau d’or, que les fils d’Israël se fabriquèrent en guise de dieux, pendant que Moyse était retenu sur la mont Sinaï avec le Seigneur. L’abondance d'or marque la masse de tous les péchés en¬ tassés en idole, et découlant ensuite de cette idole en abondance. La huitième tentation est contenue dans ce passage : « À onze jours de marche de ITIoreb par la route du mont Séir, » ou selon le texte hébreu : « Le chemin onze jours de l’Horeb au mont Séir, » L’idole ayant été fabriquéée au pied de ITIoreb, ils arrivèrent le onzième jour au pied du mont Séir,’ qui est dans le [voisinage de la ville de Gadès-Barnê, et là les fils d’Israël tentèrent le Seigneur, comme le raconte le livre des Nombres : « Jusques à quand cette multitude méchante murmura-t-elle contre moi? J’ai entendu les plaintes des fils d'Is¬ raël. Dis-leur donc: Je vis, dit le Seigneur; comme vous avez parlé, et je vous ai enten¬ dus, ainsi je vous ferai. Ce désert sera jonché de vos cadavres;» Num. xiv, 27 et seqq.\ et un peu Dominum qui iu medio vestri est, et fleveritis coram eo dicentes : Quare egressï sumus ex ÆgypLo?» Ibid . 18 seqq. Item paulo post : « Adhuc carnes erant inter dentes eorurn, nec defecerat hujnscemodi cibus, et ecce furor Domini concitatus in populum, percussit eum plaga magna nimis. » Ibid., 33 seqq. Septima tentatio continetur in eo quod ait : « Ubi auri est plurimum. » Notandum namque £quod in Hebræo et abundantia auri habeatur. Abundantia enim auri intelligitur vi- tulus aureus, quem fabricali sunt sibi filii Israël in deos, morante Moyse cum Domino in monte Sinai. Idcirco abundantia auri dicitur, quia in idolo moles omnium peccatorum consistit, et idolum pro omnibus peccatis abundat. Octava tentatio continetur in eo quod ait : «Undecim diebus de Horeb per viam mon- tis Seir. » Quôd in Hebræo ita habetur: « Undecim dierum iter de Horeb ad montem Seir. » Fubricato itu- que in Horeb idolo, undecimo die venerunt ad mon¬ tem Seir, qui est in suburbano civitatis Cades Barne, ubi filii Israël tentaverunt Dominun, sicut in Libro Numerorum scribitur : a Usquequo multitudo hæc pes- sima murmurât contra me? Querelas filiorum Israël audivi ; die ergo eis: Vivo ego, ait Dominus; sicut après : « D’après 3e nombre des quarante jours pendant lesquels vous avez considéré la terre, il sera compté une année par jour. Pendant qua¬ rante ans vous expierez vos iniquités, et vous connaîtrez ma vengeance ; parce qu’ainsi que je l’ai annoncé, je ferai à cette multitude mau¬ vaise, qui s’est révoltée contre moi. En ce dé¬ sert, elle souffrira la disette et mourra ; » Ibid. 34 seqq. ; et encore : « Moyse apportaltoutes ces paroles au peuple d’Israël, et le peuple pleura beaucoup. Et voilà que, se levant dès l’aurore, ils montèrent sur le sommet de la montagne, et ils dirent : Nous sommes prêts à monter jus¬ qu’au lieu d’où le Seigneur a parlé, parce que nous avons péché. Moyse alors, pourquoi, dit-il, violez-vous la parole du Seigneur, ce qui ne peut tourner à votre prospérité ? Ne montez pas ; le Seigneur n’est pas au milieu de vous, pour vous empêcher de tomber en présence de vos ennemis. » Ibid . 36 seqq. Et encore : « Mais ceux-ci en leur aveuglement, montèrent sur la faite de la montagne; l’Arche seule du testament du Seigneur et Moyse nes’éloignèrentpas du camp. L’Amalécite et le Chananéen, qui habitaient sur la montagne, descendirent, et les frappant et les massacrant, ils les poursuivirent jusqu’à Horma. Ibid. 44 seqq . Par cette montagne, peuplée d'A- malêcites et de Ghananéens, il faut entendre le mont Séir, comme nous l’apprend le Deutêro- loeuti estis, audiente me, sic faeiam vobis. In solitu- dine hae jacebimtcadaveravestra.» /Vwîîî.x iv, 27 et seqq. Et post paululum: « Juxta numerum quadraginLa dierum quibus considerastis terram, auuus pro die computabitur. Quadraginta aunis recipietis iniquitates vestras, et scietis ullionem meam ; quouiam sicut locu- tus sum, ita faeiam huic multüudini pessimæ, quæ cousurrexit adversum me. In sobtudine liac deficiet et morietur. » Ibid., 34 seqq. Itemque : « Locutus est Moyses universa verba hæc ad filios Israël, et luxit populus nimis. Et ecce mane primo surgentes, ascen- derunt verticem montis, et dixerunt: Parati sumus ascendere ad locuin, de quo locutus est Domiuus, quia peccavimus. Quibus Moyses: Cur, iuquit transgredi- mini verbum Domini, quod vobis noncedetin prospe- rurn? Nolite ascendere, non enim est Dominus iu me¬ dio vestrum, ne corruatis coram iuimicis vestris.» Ibid., 39 seqq. Itemque: « At illi contenebrati ascenderunt verticem montis; Area autem testamenti Domini, et Moyses non recesserunt de castris. Descendit Amaleci- tes et Chananæus qui habitabant in monte, et percu- tiens eos atque concidens, persecutus est eos usque Horma. »Ibid., 44 seqq. Mons iste, in quo Amalecites 302 SAINT JÉROME. nome : « L’Amorrhéen, qui habitait sur les mon¬ tagnes, étant sorti et venu à votre rencontre, vous poursuivit, comme le font les abeilles, et il fondit sur vous depuis Séir jusqu’à Horma. » Deut . i,44. La dixième tentation est indiquée par les mots : « Jusqu’à Cadès-Barné. » C’est de là que Moyse envoya des éclaireurs pour recon¬ naître la terre de’ Chanaan, d’après le livre de Nombres : « Et le Seigneur dit à Moyse : Envoie des hommes afin qu’ils reconnaissent la terre de Chanaan, que je veux donner aux fils d’Israël ; » Num . xm, 3 ; et et un peu plus loin : « Et le Sei¬ gneur dit à Moyse : Jusques à quand ce peuple médira-t-il de moi ?* Jusques à quand ne croi¬ ront-ils pas en moi, dans tous les prodiges que j’ai faits sous leurs yeux? Je les frapperai donc de là peste et je les consumerai. Pour toi, je te et Chananæus habitare dicuntur, mous Seir intel- ligitur sicut, in Deuteronomio scribitur: « Itaque egressus Amorrhæns, qui liabitabat in montibus, et obviam veniens, persecutus est vos, sicut soient upes persequi;et cecidit de Seir usque Horma.» Deut. i, 44. Décima tentatio continetur in oo quod ait: « Usque Cades-Barne; » unde Moyses misit exploratores ad terram considerandam Chanaan, sicut in libro Nu- merorum dicitur: « Et locutus ostDominusad Moysen : Mitte viros qui considèrent terram Chanaan, quam daturus sum fîliis Israël.» Num. xm, 3. Et paulo post: «Etdixit Dominus ad Moysen: Usquequo detrahet mihi populus iste? Quousque non credent mihi in om¬ nibus signis quæ feci coram eis? Feriam igitur eos pestilentia, atque consurnam. Te autem faciam in ferai le père d’une grande nation ; » Num . xiv, 11; et encore : « Toutefois tous les hommes qui ont vu ma majesté dans ce que j’ai fait en E- gypte et dans le désert, et qui m’ont déjà tenté par dix fois par leur désobéissance à ma voix, ne verront point la terre que j’ai promise à leurs pères par serment ; aucun de ceux qui aura médit de moi, nela verra. » Num. xiv, 22, 23. Et qu’on n’objecte pas que c’est du désert :de Pha- ran, et non de Cadès-Barné que Moyse envoya ses éclaireurs. Cadès-Barné et Pharan, c’est le même lieu, selon le témoignage du livre de Jo- sué : « Caleb dit à Josué : Vous savez comment le Seigneur parla de vous et de moi à Moyse dans Cadès-Barné. J’avais quarante ans, quand Moyse m’envoya explorer la terre promise. » J os. xiv, 6, 7. gentem magnam. » Num: xiv, 11. Item post pau- lum: « Attamea ornnes hommes qui viderunt noajesta- tem meam, quæ feci iu Ægypto et in solitudiue, et tentaverunt me jam per decem vices, noc obedierunt voci meæ, non videbunt terram, pro qua juravi patri- bus eorum, nec quisquam ex illis, qui detraxerit mihi, intuebitur eam. » Num. xiv, 22, 23. Nec moveatur quis quod a deserto Pharan, non de Cades-Barne Moyses exploratores misit. Cades enim Barne ipsa est Pharan, quod in libro Josüe ita dieitur: a Lo¬ cutus est Caleb ad Josue : Nosti quid locutus sit Do¬ minus ad Moysen de me et te in Cades-Barne. Qua- draginta annorum eram, quando me misit Moyses ad considerandam terram. »Jos. xiv, 6, 7. PAREILLEMENT BÉCAPITULATION SUCCINCTE DES DIX TENTATIONS. La première tentation en la mer Rouge; delà vient qu'il est écrit dans le psaume : « Et ils l’irritèrent pendant leur ascension dans la mer, dans la merRouge. » La seconde eut lieu par la fabrication du veau d’or. La troisième, quand ils murmurèrent, disant : « Pourquoi nous avez-vous conduits hors d’Egypte ? Nos existences sont dé¬ goûtées d’une nourriture trop légère. Et il leur ITEM SUGCINCTA COMMEMORATIO DECEM TENTATIONUM. Prima tentatio in mari Riibro ; unde scriptum est in psalmo : « Et irritaverunt ascendentes in mari, mari Rubro. » Secunda, de creatione vituli. Tertia, quod envoya des serpents de feu. >> La quatrième et la cinquième furent les eaux de la contradiction, une avant, et \Y autre après la mort de Marie. La sixième arriva quand la manne.se corrompit pour eux et se remplit de vers. La septième et la huitième -^sont relatives aux cailles. La neu¬ vième, à Coré. La dixième, aux éclaireurs. murmura vérin t dicentes : « Quare nos cduxisti de Ægypto? Animæ nostræ nanseant super cibo levissimo. Et misit eis serpentes ignitos. » Quarta et quinta, ad aquas contradictiouis : una ante mortem Mariæ, alia post mortem Mariæ. Sexta, quondo manna compu- truit eis, et vermibus ebullivit. Septima et octava, de eoturnicibus. Nona, de Ghore. Décima, de explo- ratoribus. COMMENTAIRE DU CANTIQUE DE DEBBORA « Debbora et Barac, fils d’Abinoé, chantèrent. » Jud. v, 1. La tradition dit que Barac était le mari de la propliétesse Debbora. Le même Ba¬ rac est appelé précédemment Lapidoth, qui signi¬ fie éclair tandis que Barac veut direfoudre. Il était éclair en ce que, avant de venger Israël des Chananêens, semblable à un brillant météore, il resplendissait dans le peuple par ses mérites elles avantages de ses œuvres; mais, après qu’il eut vengé Israël des Chananêens, il s’appela foudre , c’est-à-dire, qui frappe. « Seigneur, quand vous sortîtes de Séir, et que vous passâtes à travers les régions d’Edom, la terre s’ébranla, les deux et les nues dégouttè¬ rent d’eau. »lbid . 4, b. L’Ecriture dit que le Sei¬ gneur [sortit de Séir et traversa Edom, parce que, les ïduméens né voulant pas recevoir sa loi, il la donna aux Israélites sur le mont Sinaï. « La terre fut ébranlée, les deux elles nues dé¬ gouttèrent d’eau. » Allusion au tremblement de terre du mont Sinaï. Et ces mots : « Les deux et les nues dégouttèrent d’eau, » indiquent qu’en COMMENTARIUS IN CANTICUM DEBBORÆ « Cecineruntque Debbora et Barac filius Abinoem.» Jud. v, i. Burnc vir Debboræ proplietidis fuisse tradi- tur. Ipse etiam Barac in præcedentibus Lnpidoth voca- tur; Lnpidoth eniminterpretntur, fulgur \ Barac quoque, fulmen. Fulgur idcirco, quia aritequam ulcisceretur Israël de Channnæis, quasi fulgur splendebnt in po¬ pulo, meritis scilicet et prærogativis operum ; post- quam vero ultus est Israël de Cliananæis, fulmen, id est, percutiens vocatusest. « Domine, cuin exires de Seir, et transires per re- gionesEdom, terra mota est, cœli ac nubes stillave- runt aquis. » Ibid . 4, 5. Exisse Dominus dicitur de Seir, et transisse per Edom, eo quod Idumæis legem suam recipere nolentibus, in monte Sinai legem Israël dederit. «Terra mota,,, est, cœli ac nubes stillaverunt aquis. » Terrœinotus mon lis Sina describitur. Et quod la présence du Seigneur, les cieux dégouttèrent de rosée, comme s’ils eussent été couverts de sueur par la crainte. Même sens pour « les monta¬ gnes coulèrent à la face du Seigneur. » An pas¬ sage suivant : « En présence du Seigneur Dieu d’Israël, le Sinaï, » ilfaut sous-entendre: trembla et se couvrit de fumée. « Aux jours de Sangar, fils d’Anath, aux jours de Jahel, les chemins se reposèrent, et ceux qui s’avançaient, marchèrent par les sentiers dé¬ tournés. » Ibid. G. Il est dit que les routes se re¬ posèrent, parce qu’au temps de Sangar chef d’Israël, ces routes étaient occupées par les em nemis des Israélites, qui n’osaient plus monter librement à la maison de Dieu pour y prier ; et la crainte des ennemis faisait qu’on s’y rendait secrètement et par les sentiers. L’Ecriture at¬ teste que Sangar ne délivra pas entièrement Is¬ raël de ces ennemis. Jud. m, 31. Par les mots : « Aux jours de Jahel, » intercalés un peu plus haut, ilfaut entendre qu’après le meurtre de Si- s ara par Jahel, les routes furent ouvertes, et dicit: « Cœli aenubes stillaverunt aquis, » ad præsen- tiam Domini, cœli quasi quodam pavore sudores emit- tentes, aquis stillavisse dicuntur. Similiter et « mon¬ tes fluxerunt a facie Domini.» Quod vero sequitur: « Si¬ nai a facie Domini Dei Israël, » subüudiendum est, con- tremuit et fumavit. « In diebus Sangar filii Anatb, in diebus Jahel quie- verunt semitæ, et qui ingrediebantur per eas, ambu- laverunt per calles devios. » Ibid. 6. Quievisse dicun¬ tur semitæ, quia tempore Sangar Ducis Israël, præoe- cupatæ erant semitæ ab iûimicis Israël, et non aude- bant in domum Domiûi libère orandi gratia ascen- dere; sed qui ingrediebantur per eas, timoré inimi- corum, lalenter et per calles devios ascendebant. De quibus inimicis non plene eos libérasse Sangar îscri- bitur. Jud. ni, 31. Quod vero interponitur paulo supe¬ rin s, « in diebus Jahel, » intelligendum est, quia inte- rernpto Sisara a Jahel, apertæsunt viæ, et absque ullo timoré ibant in domum Domini, qui antea per calles devios illuc gradiebantur. Et quod Jahel ante Ûebbo- COMMENTAIRE DU CANTIQUE DE DEBBORA. qu’on allait sans crainte à la maison du Sei¬ gneur, au lieu d’y aller comme autrefois par les voies détournées. Si Jahel est placée ici avant Debbora, celle-ci l’a fait par humilité, parce que Jahel, épouse du Cinéen Aber, avait mis à mort Sisara. « Mais les forts en Israël restèrent oisifs, dans le repos, jusqu’à ce que se leva Debbora, mère en Israël. » Ibid. 7, Les forts signifient ici les docteurs et les prédicateurs de la loi, qu’on dit s’être reposés, c’est-à-dire, avoir fait défaut jus¬ qu’à ce que se leva celle qui instruisit Israël par la prédication et l’exhortation, et qui les délivra des ennemis par ses conseils. Plus haut, Debbora avait excité ces forts à bénir le Sei¬ gneur avec elle, quand elle disait: « Vous qui avez spontanément offert vos vies pour Israël et bravé les dangers, bénissez le Seigneur. Ibid. 2. Ces forts, c’est-à-dire, ces docteurs ont exposé leurs vies au danger , c’est-à-dire , se sont soumis à la loi de Dieu et à son service, et nuit et jour dans les méditations de la loi ont brisé de fatigue leur corps et leur âme. « Le Seigneur a fait choix d’un nouveau genre de guerre, et a renversé lui-même les portes des ennemis. Périsse ma langue si un seul bou¬ clier, une seule lance se montre parmi quarante mille Israélites » Ibid . 8. A propos de bouclier et de lance, il faut entendre qu’elle affirme par serment que, parmi quarante mille Israélites, ram fecisse dicitur, eo quod Jahel uxor Àber Cinæi Sisaram interfccerit. « Cessaverunt » autem, «fortes in Israël quieverunt, doncc surgeret Debbora, mater in Israël. » Ibid. 7. Fortes hic doctores et prædicatores legis dicit, qui quievisse, id est, non fuisse dicuntur, donec surge¬ ret quæ Israël et prædicatione et exhortatione doce- ret, et consilio ab hostibus liberaret. Hos etiam fortes in superioribus ad Dominun secum benedicendum ea- dem Debbora verbis bis provocat, dicens : « Qui sponte obtulistis de Israël animas vestras ad pericu- lum, bénédicité Domino » Ibid. 2. Hi fortes, id est, doctores obtulisse dicuntur animas suas ad periculum, legi Dei etservituti ejus se subdidisse, et die noctu- que in meditationibus legis corpus animamque mac- tasse. « Nova bella elegit Dominus, et portas hostium ipse subvertit. Clypeus et hasta si apparuerunt in quadra- ginta millibus Israël. » Ibid. 8. Quod dicit clypeus et hasta, intelligendum est hoc quasi jurejurando dixisse, quod in quadraginta millibus Israël nec cly¬ peus, nec hasta inveniri posset. Idcirco Dominus TOM. IV, on ne pouvait trouver ni un bouclier ni une lance. Delà cette expression: «Le Seigneur a fait choix d’un nouveau genre de guerre et a renversé lui-même les portes des ennemis, ren¬ dant ceux qui étaient sans armes, forts et victo¬ rieux. D’ailleurs, les Israélites avaient été dé¬ pouillés de leurs armes par Jabin, roi de Cha- naan, comme l’atteste un passage antérieur: « Et les fils d’Israël crièrent vers le Seigneur. Jabin avait neuf cents chars armés de faux, et pen¬ dant vingt ans il les opprima avec violence. » Jud. iv, 5. Son oppression fut violente et bru¬ tale, parce qu’il les avait dépouillés de leurs armes, comme le rapporte le livre de Samuël ; « Et lorsque vint le . jour du combat, il ne se trouva ni une épée ni une lance aux mains de tout le peuple qui était avec Saül et Jonathas, si ce n’est aux mains de Saül et de Jonathas son fils. » I Reg. xm, 22. « Mon cœur chérit les princes d'Israël. » Jud. 9, 10. Remarquons que le texte hébreu porte docteurs, et non pas princes. Debbora parle ici au nom de Dieu, qui chérit les docteurs appli¬ qués à l’étude de sa loi. C’est d’eux qu’il est dit ensuite: « Vous qui volontairement avez affronté le péril dans le peuple, bénissez le Seigneur. » Et plushaut, c’est encore à eux qu’il faut rappor¬ ter ce passage: «Vous qui spontanément avez of¬ fert pour Israël vos existences, » etc. « Vous qui êtes montés sur des ânes luisants; » (texte hébreu : nova bella elegisse dicitur, et portas hostium sub- vertisse, eo quod de inermibus fortes et victoriosos fe- cerit. Quod vero Israelitæ armis exspoliaLi fuissent a Jabin rege Chanaan, in superioribus declaratur, ubi dicitur : « Clamaveruntque fila Israël ad Dominum. Nongentos habebat falcatos currus, et per viginti an- nos vehementer opprcssit eos » Jud. iv, 5. Vehemen- ter et fortiter oppressit eos, quia armis exspoliasse dicitur : sicut in libro Samuelis scribitur : « Cumque venissetdies prælii, non inventus est ensis et lancea in manu tolius populi qui erant cum Saul et Jonathan, excepto Saul et Jonathan filio ejus. » I Reg. xm, 22. « Cor meum diligit principes Israël. » Jud v, 9, 10. Notandum quod in Hebræo, non principes, sed doc¬ tores legitur. Hoc Debbora in persona Dei loqnitur, quod Deus diligat doctores legi Dei studenles. De qui- bus sequitur: « Qui propria voluntate obtulistis vos dis- crimini in populo, bénédicité Domino. » De quibua etiam jam superiusdictum est in eo loco ubiait: «Qui sponte obtulistis do Israël animas vestras, >> etc. « Qui ascendistis super nitentes asinos.» In Hebræo, « asinas. Et sedetis in judicio. » In Hebræo, « sedentes super 20 306 SAINT JÉROME. xxxiv, 36. tura septem diernm non venerit. Quod si quis hune locum bene distinxerit, inveniet eura non imraerito culpatum fuisse et inobedientera redargutum. Locus autera hic apud Hebræos ita distinguitur : « Et descen¬ des ante me in Galgala ; ego quippe descendant ad te. » Et postea infertur : « Ad offerendas oblationes et immolandas victimas pacificas, septem diebus exspec¬ tabis, donec veniam ad te, et osteudam tibi quæ facias. » Non enim Samuel suum præstolari adventum Sauli septem dierum tempore præcepit, sed ad offerendas oblationes, et immolandas victimas paciûcas, se ab eo eisdem septem diebus voluit exspectari. Quod i lie ne- quaquam fecit, et ideo merito culpfttur, et stultitiæ elogio deuotatur. (f Responditque alter ad alterum, dicens : Et quis pater eorura? » Ibid. 12. Ac si diceret : Et quis major illo in dignitate et sapientia? Optime enim potest inter Propbetas versari, et pater eorum, id est, magister vocori, qui tara doctus et sapiens est. Pater magister vocatur; sicut Elisæus Eliam patrem, id est, magistrum vocat : « Pater mi, pater mi, currus Israël et auriga ejus. » IV Reg. u, 12. Et in libro Job, Heliu Elipliaz patrem, id est, magistrum vocat, hoc modo : « Pater mi, probetur Job ad finem. » Job . xxxiv, 36. SAINT JÉROME. 320 « Saül était un enfant d’un an, lorsqu’il com¬ mença de régner ; et il régna deux ans sur Is¬ raël » I Reg. xm. d . Il ne s’agit pas ici d’Isboseth, fils de Saül, mais de Saül lui-même. 11 était, au début de son règne, aussi innocent qu’un enfant d’un an, et l’Ecriture dit qu’il persista dans cette innocence pendant deux ans de règne en Israël. « Samuel dit au peuple la loi du règne; » (Hébreu : «le jugement du règne), » et la plaça en présence du Seigneur, » I Reg. x, 25, c'est- à-dire, en présence de l’arche du Seigneur, qui était à Masphat. « Le Seigneur a envoyé Jérubaal, et Bèdan, et Jephta, et Samuël, et il vous a délivrés de la main de vos ennemis qui vous entourent. » I Reg. xii, 11. Jérubaal est le même que Gédéon, et Bedan le même que Samson. « Si vous craignez le Seigneur, et le servez, si vous écoutez sa voix, et si vous ne mettez pas la colère dans sa bouche. » Ibid . 14. « La bouche du Seigneur » est mise là pour « la bou¬ che des Prophètes, « qui parlaient d’après le Seigneur. « Quand les Philistins eurent entendu cela, Saül fit résonner la trompette par toute la terre disant: Que les Hébreux entendent. Et tout Is¬ raël apprit la nouvelle que Saül avait frappé le séjour des Philistins. » I Beg. xm, 3, 4. IL faut éclaircir le sens en sous-entendant « ils furent « Filius unius anni erat Saul cum regnare cœpisset. Duobus autem annis reguavit super Israël. » I Reg. xni, 1. Non de Isboseth filio Saul, sed de eodem Saule dictum est hoc. Sic enim erat innocens, quando re- guare cœpit, sicut filius est unius anni, et in eadem inuocentia duobus régnasse annis dicitur. « Locutus est aulem Samuel ad populum legem re- gni; » I Reg . x, 25. Hebræus : « Judicium regni. » « Et reposuit coram Domino. » Coram Domino, id est, coram area Domini, quæ erat in Masphat. « Et misit Dominus Jérubaal et Bedan, et Jephta, et Samuel, et eruit Vos de manu inimicorum vestro- rum per circuitum. » I Reg. xu, 11. Jérubaal ipse est Gedeon, et Bedan ipse est Samson. « Si timueritis Dominum, et servierHis ei, et audie- ritis vocem ejus, et non exasperaveritis os Domini. » Ibid. 14. Os Domini, dicit os Proplietarum, qui ex ore Domini loquebantur. « Quod cum audissent PhilisLiim, Saul cecinit buc- cina in omni terra, dicens : Audiant Hebræi. Et uni- versus Israelaudivit hujuscemodi famam : Percussit Saul slalionem Philistinorum. » I Reg. xnr, 3, 4. Sic enim intelligendum est, quod cum audissent Philistiim, troublés » après ces mots: Quand les Philistins eurent appris cela. « Saül fit résonner la trom¬ pette. » Cette trompette fut un signe de victoire et d’encouragement , pour faire entendre et savoir aux Hébreux que les Philistins avaient été effrayés et vaincus. De là ce qui suit : « Et tout Israël apprit cette nouvelle : Saül a frappé le séjour des Philistins. » Une nouvelle de cette nature était bien propre à conforter Israël. Et l’Ecriture poursuit': « Israël se dressa contre les Philistins, » c’est-à-dire, commença d’agir viri¬ lement contre eux. « Des fils d’Israël réduits aux abois, car le peuple était dans l’affliction, s’étaient cachés dans les cavernes, dans les bois, dans les mon¬ tagnes, dans les antres, dans les citernes. Mais les Hébreux passèrent le Jourdain sur le terri¬ toire de Gad et de Galaath. » Ibid. 6. Puisqu’Is- raël se cacha dans les lieux cités, comment est- il dit: « Les Hébreux passèrent le Jourdain?» Ceux qui se cachèrent étaient quelques Israélites qui avaient abandonné Saül et le peuple qui le suivait; une partie de ces Israélites, frappés de terreur, désertèrent l’armée de Saül et de leurs compatriotes, et se réfugièrent dans le camp des Philistins. Le sens de ce passage s’explique clairement par ce qu’on lit plus bas : « Les Hébreux eux-mêmes qui étaient allés avec les Philistins la veille et depuis trois jours, subauditur, conturbati sunt. « Saul cecinit buccina. » Hæc buccina signum victoriæ et exhortationis fuit, ut audirent et nossent Hebræi, conturbatos et superatos esse Philistæos. Propterea sequitur : « Et universus Israël audivit hujuscemodi famam : Percussit Saul sta- tionem Philistinorum. » His rebus compertis, conforLa- tus est Israël propter hoc. Et sequitur : « Et erexit se Israël adversus Philistæos, » id est, viriliter cœpit agere contra Philistæos. « Quod cum vidissent filii Israël se in arcto positos, afflictus enim erat populus, ubsconderant se in spelun- cis et in abditis, in pétris quoque et in antris, et in cis- ternis. Hebræi autem transierunt Jordanem in terram Gad et Galaath. » Ibid. 6. Si se abscondit Israël in præ- fatis locis, quid est quod ait : « Hebræi autem transie¬ runt Jordanem? » Absconsis enim quibusdam Israelitis qui Saul et populum qui cum eo erat, reliquerant; quædam pars eorum qui hic Hebræi vocantur timoré perterriti, defecerunt a Saul et a viris qui cum eo erant, et descenderunt in castra PhilisLiim. Quem lo- cum ad intelligendum clarius et manifestius sequentia demonstrant, in eo loco ubi ait : « Sed et Hebræi qui fuerant cum Philistiim ab heri questions hébraïques sur et s'étaient rendus avec eux dans leur camp, retournèrent pour être avec Israël, qui suivait Saül et Jonathas. En outre, tous les Israélites qui s’étaient cachés sur la montagne d’Ephraïm, apprenant que les Philistins avaientpris la fuite, se réunirent aux leurs pour combattre. Quant au butin, on enleva des brebis, des bœufs et des taureaux, qui furent assommés, et que le peuple mangea avec leur sang. » 1 Reg . xiv, 21, 22. Le peuple ne rendit pas vain^lc serment par lequel Saül l’avait engagé en ces termes : «Maudit l'homme qui mangera du pain avant le soir, avant que je sois vengé de mes ennemis, » puis¬ qu’ils avaient alors remporté la victoire ; mais il est dit qu’ils offensèrent le Seigneur et man¬ gèrent avec le sang, parce que, contrairement au précepte de la Loi, ils prirent de la nourri¬ ture avant que le sacrifice du soir eût été fait. L’usage était que, lorsqu’ils avaient mis à mort, soit des leurs, soit des étrangers, ils ne devaient pas manger avant que le sacrifice du soir eût été offert pour eux. Autrement, ils offensaient Dieu et mangeaient avec le sang ; les victimes étant immolées, ils n’apportaient pas au sanctuaire pour les prêtres la graisse et le sang, selon le précepte de la loi , quand ils avaient le sanc¬ tuaire avec eux. Quand le sanctuaire était loin, il est ( ailleurs , il était) prescrit de répandre à terre le sang des victimes dont on préparait les Vian¬ et nudiustertius, ascenderuntque cum eis in castris, reversi saut ut essent cum Israël, qui eraut cum Saul et Jonatban. Omnes quoque (al. ergo) Israélites, qui se abscondèrant in monte Ephraim, audientes quod fugissent Philistiim, sociaverunt se cum suis in prælio. Et versus ad prædam ; tulit oves et boves, et vitulos, et mactaverunt in terra, comeditquè populu9 cum san¬ guine. » I Rrg, xiv, 21, 22. Non fecit populum irritum juramentum, quo eos Saul adjuraverat, diceus : « Ma- ledictus vir, qui comederit panem usque ad vesperam, donec ulciscar me de inimicis meis, » quia Victoria jam potiti eraut; sed peccasse Domino' et cum saugnine comedisse dicuntur, quia contra legis præceptum an- tequam sacrificium vespertinum perageretur, comede- runt. Sic itnque usas erat, ut quando homicidium ab eis, mit in suis, aut in exteris fiebat, ut non comede- rent, antequam sacrificium vespertinum pro eis fieret. Aliter peccasse Domino et comedisse cum sanguine dicunt : quia mactatis victimis, non obtulerunt ad sanctuarium sacerdotibus, juxta legis præceptum, ndi- pem et sanguinem, cum videlicet sanctuarium securn haberent. Quando locus sanctuarii procul erat, jube- tur (al. jnbebatur) sangnis victimarum in terram TOM. IV. LE PREMIER LIVRE DES ROIS. 321 des pour les manger. Si le sanctuaire était sur les lieux, le commandement est de répandre le sang sur l’autel du Seigneur, comme le dit le livre du Deutéronome: « Tu répandras le sang de tes victimes sur l'autel, et tu te nourriras de leurs viandes. » C’est ce que le peuple ne fit pas en cette circonstance, et voilà pourquoi il est accusé de péché,' et d’avoir mangé avec le sang. « Saül éleva un autel au Seigneur. C’est alors pour la première fois qu'il éleva un autel au Seigneur. » Ibid. 35. Le texte hébreu ne porte pas « pour la première fois. » Il faut donc se deman¬ der pourquoi, puisqu’il éleva un autel, quand il fut réprimandé par Samu.ël, il est dit ici : « Alors pour la première fois il éleva un autel au Sei¬ gneur, » Sans doute, il avait auparavant élevé un autel; .mais comme il l’avait fait contraire¬ ment à l’obéissance, c’était comme s’il ne l’avait pas élevé. Cette fois, l’Ecriture rapporte qu’il éleva l’autel, parce qu’il le fit selon l'obéissance et le rite. « Saül dit : Appliquez-y tous les angles du peuple. » Ibid. 38. Les angles du peuple, ce sont les princes du peuple, auxquels le peuple adhé¬ rait. « Allez maintenant, frappez Amalec et semez la ruine par tout son territoire. Ne l’épargnez point, mettez à mort hommes et femmes, l’enfant et le nourrisson, le bœuf et la brebis, le chameau fundi, de bis videlicet victimis quas ad suos esus præ- parabant. Quando vero sanctuarium præsens erat, san- guis hostiarum super al tare Domini jubetur fundi, sicut est illud in libro Deuteronomii : « Sanguinem hostiarum tu arum fundes in altari; carnibus autem ipse vesceris. » Quod præfatus tamen non fécit popu- lns; peccasse idcirco dicitur Domino, et cum sanguine comedisse. « Ædificavit autem Saul altare Domino. Tune pri- mum coepit ædificare altare Domino. » Ibid. 35. He- bræus non habet primum. Quærendum itaque cum antea legatur ædificasse altare, quando a Samuele in- crepatus est, cur bic dicatur, « tune cœpit ædificare altare Domino. » Ædificasse itaque antea legitur altare ; sed quia inobedienter illud ædificavit, non Domino ædificasse inteJligitur. Hic autem quia obedienter et recte illud ædificavit, Domino ædificasse perhibe- tur. « Dixitque Saul : ÀpplicaLe hue universos augulos poptili. » Ibid. 38. Angulos populi, principes populi Yocat, quibus idem populus adhærebat. « Nunc ergo vnde et percute Àrunlee, et demolire universa ejus. Non pareas ei, sed interfice a viro usque 21 322 SAINT JÉROME. et l'âne, et tous ses animaux. » I Reg. xv, 3. Le Seigneur ordonne de détruire jusqu’aux animaux dont se sert Àmalec, pour que sa mémoire ne vive plus même en eux. Le Seigneur en effet avait dit qu’il effacerait la mémoire d’Àmalec sous le ciel. Voilà pourquoi Saül reçoit l’ordre de l’anéantir depuis l’homme jusqu’à la bête de somme. Et parce que la mémoire d’ Amalec ne fut pas complètement abolie, Saül fut accusé de pêché et de désobéissance. Voici ce que le livre du Deutéronome dit d’ Amalec: « Souvicns-toi de ce que t’a fait Àmalec sur la route quand tu sortais d’Egypte; comment il se porta à ta ren¬ contre, et mit; en pièces ton arrière-garde qui s’ôtait arrêtée par fatigue. » Dans, ces hommes fatigués, les Hébreux voient les immondes qui demeuraient hors du camp d’après la loi. Il est dit que les Amalécites les mirent en pièces, parce que, au rapport des mômes interprètes, ils retranchèrent leur circoncision et la lancèrent vers le ciel, en signe de dérision contre Dieu. « Saül dit aux Cinéens : Allez, partez, éloignez- vous, de peur que je ne vous enveloppe dans sa perte. Vous avez en effet agi dans la miséricorde avec tous les fils d’Israël quand ils venaient d’E¬ gypte. )) Ibid. G. Géni est le même que Jéthro, pa¬ rent de Moyse; de lui descendaient les Cinéens, qui étaient venus vers Amalec, avec lequel ils habitaient et qui était d’ailleurs leur allié par le ad mulierem, et parvulum alque lactentem, bovem et ovem, et camelum et asinum, atque jumenta. » ) Reg. xv, 3. Ideo auteoi Dominus jumenta Àmalec demoliri jubet, ut ncc in jumentis ejus memoria fieret. Domi¬ nas enim dixerat se deleturum memoriam Amalec de sub cœlo. Idcireo prsecipitur Sauli, ut eum penitus ab homme usqne ad jumenta deleret. Sed quia ejus me- moria, id est, Àmalec penitus deleta non fuit, Saulis peccatum et inobedientia in causa exstitit. De quo Àmalec ita in Lihro Dcuteronomii dicitur : « Memento quæ fecerit tibi Àmalec in via quando egrediebaris ex Ægypto; quûmodo occnrrerit tibi, et exlremos agmi- nis tui qui lassi residebant, cecidçrit. » Lassos hic Hc- bræi immundos secundum legem extra castra rnanen- tes intelligunt; quos cecidisse Àmalecitso dicuntur, quia, sicut ipsi tradunt, eorum circumcisionem ani- putaverunt et in suhsannationem Dei, in cœlum pro- jecerunt. « Dixitque Saul Ginæo : Abite, recedite atque disce- dite, ne forte involvam te cura eo. Tu enim fecisti misericordiam cum omnibus filiis Israël, cum ascende- rent de Ægypto. » Ibid. 6. Ceni ipse est Jelhro co- gnatus Moysi, de cujus gencre crant Cinoei qui descen- sang; aussi avaient-ils leur héritage sur le même territoire. L’Ecriture dit que Géni agit dans la miséricorde avec les fils d’Israël, soit parce quil accueillit fort bien Moyse dans la terre deMadian, soit parce qu’il Hui donna des conseils sur la manière de gouverner la multitude du peuple. « Samuël reçut la nouvelle que Saül était venu sur le Carmel, et y avait érigé un arc-de-triom- phe. » Ibid. 12. Après la victoire, comme signe de cette victoire, on élevait un arc de branches cle myrte, de palmier et d’olivier. « Le peuple apporta des bœufs et des brebis, les prémices des victimes immolées. » Ibid. 21. Par prémices il faut entendre ici les parties prin¬ cipales et les meilleures. « Or le triomphateur en Israël ne sera point avare, et ne sera point fléchi par le regret ; car il n’est pas un homme, en sorte qu’il puisse se repentir. » Ibid. 29. On lit dans l’Hébreu : « Or le triomphateur ne trompera point Israël. » Ce triomphateur est Dieu. Il ne trompera point, parce qu’il est prodigue des biens qu’il promet à ceux qui le servent. Il n’éprouvera point de re¬ gret, parce qu’il n’a aucun regret des biens qu’il donne. a Maintenant honorez-moi devant les vieillards de mon peuple, et devant Israël. » Ibid. 30. Hono¬ rez-moi en tant que roi, afin que je vous précède comme roi, et vous me suivrez, « afin que j’adore derant ad Amalec, et habitabant cum eo, qui utique consanguineus eorum erat); et hæreditatem in ejus terra habebat. Misericordiam vero Ceni cum filiis Israël fecisse dicitur, sive quia Moysen fovit in terra Madian, sive quia consilium dédit Moysi qualiter mul- litudinem populi gubernaret. « Nunliatum est aulem Samueli eo quod venisset Saul in Carmelum, et erexisset ibi fornicem triumpha- lem. » Ibid. 12. Quando Victoria poliebantur, facie- bant arcum de myrtetis et palmis et olivis, ob signum victoriæ. « Tulit autem populus oves et boves, primitias eo- rnm quæ cæsa sunt. » Ibid. 12. Primitiæ hic ea quæ potiora et meliora erant, intelligendæ sunt. « Porro triumphator in Israël non parcet, et pœni- tudine non flectetur; neque enim homo est, ut agat pœnitenliam. » Ibid. 29. In Hebræo legitur, « porro triumphator Israël non mentietur. » Triumphator iste Deus est. Non mentietur, quia ea quæ promittit . sibi famulautibus, largitur. Pcenitudine non flectetur, quia non pœnitet eum de bonis quæ largitus est. « Sed nunc honora me coram senioribus populi mei, et coram Israël. » Ibid. 30. Honora me sicut regem, 323 questions hébraïques sur le premier livre des rois. le Seigneur ton Dieu. » Les vieillards de son peuple désignent sa tribu, et les mots « en pré¬ sence d’Israël, » les autres tribus. - « Un des enfants répondit : J’ai vu le fils d’Isaï de Bethléem » etc. I Reg. xvi, 18. On rapporte que cet enfant était l’Iduméen Doech, ennemi de David; et tout ce qu’il paraît avoir dit à la lou¬ ange de David, il le disait en haine de lui, parce que, poussé par la haine et l’envie, il voulait qu’il se rendit auprès de Saül, où il trouverait la mort de quelque manière. « Et l’esprit de Dieu fut en David depuis ce jour-là et dans la suite. » Ibid. 13. L’esprit de Dieu fut dirigé sur lui, parce que c’est alors qu’il commença à chanter les Psaumes. « Et un homme impur, du nom de Goliath, sortit du camp des Philistins. » I Reg, xvu, 4. Il est qualifié d’impur parce qu’il était né 'd’un père géant et d’une mère Géthéenne. « Quant à David, il était fils d’unEphratêen de Bethléem de Juda, qui s’appelait Isaï et avait huit enfants. » Ibid, 12. On se demande pour¬ quoi le nombre dès enfants est porté à huit en ce passage, quand les Paralipomènes disent sept seulement. Cela s’explique ainsi. On compte parmi les enfants d’Isaï le prophète Nathan, né de son fils Sammaa, et qu’il avait élevé et nourri comme son propre fils. L’Ecriture dit en effet que sept de ces enfants furent conduits devant ut ego præcedam sicut rex, et tu subsequaris, « ut adorem Dominum Deum tuum. » Senes autem populi sui, suam tribum ; et coram Israël, cæteras tribus Israël dicit. « Et respondens uuus de pueris, ait : Ecce vidi filium Isai Bethlehemitem, » I Reg. xvi, 18, et caetera. Puer iste Doech Idumæus fuisse perhibetur, inimicus David; et omnia quæ de David in laudem dixisse videtur, in odium ejus dixisse dicitur, quia volebat inimicitue causa et invidiæ livore ut ad Saul veniret, quatenus ibi qualibet occasione necaretur. « EL directus est spiritus Domini in David a die ilia et in reliquum. » Ibid. 13. Ideo directus in eum Spiri¬ tus Domini dicitur, eo quod tune Psalmos canere cœ- perit. « Et egressus est vir spurius de castris Pliilistinorum nomine Goliath. » I Reg. xv n, 4. Spurius dicitur, quia à pâtre gigante, matre vero Gethæa natus erat. « David autem erat filius viri Ephratæi de Bethlehem Juda, cui nomen erat Isai, qui hiabebat octo fîlios. » Ibid. 12. Quæritur cur hic octo fîlios habere dicatur, cum in Paralipomenon non amplius quam septem le- gantur. Quod ita solvitur. Nathan, Prophetam filium Sammaa filii sui, quenv in bco filii educaverat et nu- Samuel, que le huitième était aux pâturages. Ibid. 10. Evidemment, on compte parmi ces en¬ fants Nathan, appelé aussi Jonathan, et dont il est dit à la fin du livre de Samuel : « Il fut frappé par Jonathan, fils de Sammaa, frère de David. » II Reg . xni, *21. Il est à remarquer que, partout où il est qualifié Prophète, c’est sous le nom de Nathan, et non de Jonathan; « Vous visiterez vos frères pour savoir s’ils agissent bien et apprendre en quelle compa¬ gnie ils vivent. »I Reg. xvu, 18. Le texte hébreu porte: «Vous visiterez vos frères pour savoir s’ils agissent bien ; etvous prendrez leurs gages.» Par gages en eet endroit, les Hébreux entendent l’acte de répudiation. Ils rapportent que la coutume de leur nation était qu’un Hébreu, quand il partait pour la guerre, donnât à sa femme un acte de répudiation ; en sorte que s’il arrivait à son mari d’étre pris dans le combat et mené en captivité, la femme, après avoir attendu vaine¬ ment son retour pendant trois ans, pouvait se remarier. « Pourquoi êtes-vous venu et avez-vous aban¬ donné votre petit troupeau dans le désert ? Je connais l’orgueil et la méchanceté de votre cœur. » Ibid. Il dit qu’il connaît l’orgueil et la méchanceté de son cœur, parce que dans sa pensée David est enflé de ce que Samuel lui a donné l’onction roj'ale. trierat, inter fîlios annumerat. Nam et coram Samuele septem ejus filii legimtur adducti fuisse, et octavus esse in pascuis. Ibid. 10. Inter quos Nathan adductum fuisse manifestum est, qui et Jonathan vocatur. De quo in extrema parte Samuelis dicitur : « Pereussit autem eum Jonathan filius Sammaa fratris David. » II Reg. xu, 21. Et notandum, quod ubicumque Pro- pheta vocatur, Nathan scribitur, non Jonathan. « Et fratres tu os visitabis si recte a gant; et cum quibus ordinati sunt, disce. » Ibid . 18. In Hebræo ita liabetur : « Et fratres tuos visitabis, si recte agant; et pignora eornm toiles. » Pignora in hoc loco Ilebræi libellos repudii intelligunt. Siquidem usuin illius gen- tis fuisse ferunt, ut quaudo ibatur ab eis in pugnam, libellos repudii uxoribus suis darent; ut si contigis- set virum in prælio capi, et in captivitatem duci, mulier ejus exspectatis tribus annis, si vir ejus non redisset, alium duceret virum. « Quare venisti, et quare dereliquisti pauculas oves illas in deserto ? Ego novi superbiam tuam et nequi- tiam cordis tui. » Ibid. 28. Nosse se dicit illius super¬ biam et nequitiam cordis, quia pulabat eum tumore cordis elevari, eo quod Samuel unxisset ilium in re- gem. 324 SAINT « David, prenant la tôtedu Philistin, la porta à Jérusalem ; il déposa les armes de Goliath dans son tabernacle. » Ibid. 54. C’est par anticipation que David est annoncé comme ayant porté la tête de Goliath à Jérusalem, ce qu’il fit plus tard. Il ne faut pas non plus entendre qu’il déposa les arme9 de son ennemi dans sa demeure, mais dans le tabernacle du Seigneur, d’où elles lui fu¬ rent rendues plus tard par le grand prêtre Abi- mélech. « Abner dit : Vive votre âme, 6 roi, si je sais. » Ibid. 55. C’est une façon de parler conforme à celle de cette phrase : « Naboth bénit Dieu et le roi; » Wl Reg. xxt, 13, comme s’il disait : Périsse votre âme, ô roi, si je sais. Autrement : Que je voie votre mort, si je sais. « Après un autre jour un esprit mauvais dé Dieu envahit Saül, et il prophétisait au milieu de sa maison. » I Reg. xvur, 10. 11 prophétisait â ^a manière des plagiaires; il faut entendre qu’en ce qu’il prophétisait, il ne faisait que rapporter les paroles d’autrui. « Et David sortait, et il rentrait en présenee du peuple. » Ibid A3. Quand on allait au combat il marchait à la tête et retournait de même se¬ lon la coutume royale. « Saül dit : Je la lui donnerai, afin qu’elle se change pour lui en scandale, afin que la main des « Assumens autem David caput Philistæi, attulit illud in Jérusalem ; arma vero ejus posuit in tabernaculo suo. » Ibid. 54. Quod dicit attulisse David caput Pbi- listæi in Jérusalem, anticipatio est, quod postea fecit. Arma vero ejus, id est, Philistæi, non est intelligen- dum quod in suo posuerit tabernaculo, sed in . taber¬ naculo Domioi, de quo tabernaculo postea hæc ab Abimelecb sacerdote suscepit. « Dixitque Abner : Vivat anima tua, rex, si novi. » Ibid. 55. Secundum illud locutionis genus hoc dictum est. quo dictum est illud : « Benedixit Naboth Deo et régi;» III Reg. xxi, 13; ac si diceret: Non vivat anima tua, rex, si novi. Aliter : Videam mortem tuarn, si novi. « Post diem autem alterum.invasit Spiritus Dei ma¬ lus Saul, et prophetabat in medio dornus suæ. » I Reg. xvm, 10. More arreptitiorum prophetabat ; et proplie- tasse suum in hoc loco, non est aliud intelligendum, nisi aliéna retulisse. « Et egrediebatur David, et ingrediebatur in cons- pectu populi. » Ibid. 13. Quando egrediebantur in pu- gnam, ipse prirnus more regio egrediebatur in cons- pectu eorum, et regrediebatur. « Dixitque Saul : Dabo eam illi, nt fiat illi in senn- JÉROME. Philistins s’appesantisse sur lui. » Ibid. 21. Saül pensait queDavidpourrait succomber en ces deux dangers : ou dans les embûches de sa fille, qui lut ôtait très-dévouée, ou â cause des prépuces des Philistins, que David ne pouvait se procurer qu’en entrant en guerre avec ces Philistins. <( Saül donc dit â David ; Vous serez aujourd’hui mon gendre à deux égards. » A deux égards parce que David avait déjà apporté les prépuces des Philistins pour obtenir Mérob que Saül donna au Moholathite Adriel, et qu’il en apporta plus tard deux cents pour obtenir Michol. Quoique Saül ne parle pas ouvertement du premier apport fait par David, toutefois, en lisant attentivement ce qui précède et ce qui suit, on reconnaîtra qu’il y eut deux apports faits par David. On peut encore expliquer autrement : A deux égards vous serez aujourd’hui mon gendre, parce que je vous ai demandé cent prépuces de Philistins, et que vous m’en avez apporté deux cents. « Je sortirai, je me tiendrai auprès de mon père dans le champ où vous serez, je parlerai de vous à mon père et tout ce que je verrai, je vous l’annoncerai. » I Reg. xix, 3. David avait dit que Saül descendrait dans le même champ que Jona¬ than et ilavait concerté avec celui-ci de s’y cacher. Dans ce champ Saül avait coutume d'y venir sou¬ vent tenir conseil et il avait résolu d’y faire met- dalum, ut sit super eum manus Philistinorum. » Ibid. 21. » His duobus periculis Saul David putavit inlerimi posse, scilicet aut insidiis filiæ suæ, a qua se videbat mnltum omari, aut causa præputiorum Philistinorum, propter quæ adipiscenda, Philistæos erat bello aggres- surus. « Dixit ergo Saul ad David : In duabus rebus gener meus eris liodie. » In duabus rebus generum eum sibi futurum dicit, quia jam ei attulerat præputia Philistinorum pro Merob, quam Saul dédit Adrieli MoholatbiLæ, et postea pro Michol ducenta. Et quam- vis non aperte dicatur pro Merob Saul præputia Phi¬ listinorum David dédisse, tamen qui præcedentia et subsequentia perlegerit, et perscrutatus fuerit, inve- uiet eum bis Sauli præputia Philistinorum dedisse. Potest etiam et aliter intelligi. In duabus rebus gener meus eris hodie, quia ego quæsivi a te centum præ¬ putia Philistinorum, et tu obtulisti ducenta. os} sed jussos remansisse ad sarcinas, dicit fuisse. Ait enim ita : « Æqua pars erit descendentis ad prælium, et re- manentis ad sarcinas. » Non ait, qui lassi remunsc- runt ad sarcinas; sed absolute, « remauentis ad sar¬ cinas, » quia si lassi remansissent, nulla eis deberelur de prædis portio. « Quod cum vidisset armiger ejus, videlicet quod mortuus esset Saul, irruit etiam ipse super gladium suum, et mortuus est cum eo. » I Reg . xxxr, 5. Armi- gerum istum Hebræi Doech Idumæum dicuut fuisse,. questions hébraïques sur le deuxième livre des rois. 320 « Saül mourut, et avec lui ses trois fils, son écuyer et tous ses hommes. » Ibid. 6. Par ces hommes, il faut entendre les serviteurs de Saül. Les trois fils tués avec lui sont Jonathan, Melchi- sua et Abinadab, appelé aussi Jôsui. Isboselh était demeuré au logis. U était né, dit-on, l’année de l’établissement de Saül sur le trône» et il. avait quarante ans lorsqu’il essaya de succéder à son père; d’où on déduit que Saül. régna qua¬ rante1 ans. On se demande d’où vient qu’on lit en maints endroits Jésui, en d’autres Abinadab. Jésui se traduit par égal. Il est ainsi nommé parce que, d’après la tradition, il fut en mérites égal h son père. Abinadab se traduit par « mon père volontairement ; » c’est en effet volontaire¬ ment que Saül son père, en agissant mal, mérita de périr ainsi misérablement avec ses fils. SUR LE DEUXIÈME LIVRE DES ROIS. « Le troisième jour parut un homme venant du camp de Saül, » Il Reg . 1, 2, et le reste. Les interprètes hébreux disent qne cet homme était un Amalôcite, fils de Doech. Amaléclte et Idu- méen, c’est tout un, puisque le fils aîné d’Esaü fut Eliphaz, père d’Amalec. Le diadème et les bra¬ celets que cet homme apporta à David, lui avaient été confiés, au dire des Hébreux, par son père Doech. « Ils gémirent, ils pleurèrent, ils jeûnèrent jusqu’au soir sur Saül, sur J on a th as son fils, sur le peuple du Seigneur et sur la maison d’Is¬ raël. » Ibid . 12. Le peuple du Seigneur, ce sont les prêtres, et la maison d’Israël, c’est tout le peuple d’Israël en général. « Et il dit, afin d’enseigner l’arc au fils de qui cerneus Saul mortuum, seipsum ob metura David interemit. « Mortuus est ergo Saul, et très filii ejus et armiger illius, et universi viri ejus. » Ibid. 6. Viri isti, pueri domestici ejus intelligendi sunt. Iii très filii Saul cura eo interfecti sunt, Jonathan, Abinabab, qui et Jesui, et Melchisua. Isboseth autern domi erat, qui anno, quo Saul rex constitutus. est, natus fuisse dicitur, qui etiara quadraginta annorum fuisse legitur, cum re- gnare ccepisset : unde colligitur Saul quadraginta an- nos régnasse. Quæreiidum cur alibi legitur Jesui, et alibi Abinadab. Jesui enira interpretatur « æqualis. » Æqualis idèo dicitur, quia æqualis meriti fuisse filii (al. jilius) cum pâtre memorantur (al. mcmoralur.) Abinadab interpretatur, « pater meus sponto. » S ponte etonira sua pater ejus Saul agendo acquisivit, ut taliter una cum filiis periraeretur. IN L1BRUM II REGUM. « In. die antera terlia; apparuit horao veuiens de ca&tris Saul. » . II Reg. i, 2» et reliqua. Horainem istum Amalecitèm Jlebraei filium Dpoch fuisse dicunt. , Juda: Voilé, qui est écrit au livre des justes. » Ibid . 18. « Et il dit, » sous-entendu « David, » afin d’enseigner, c’est-à-dire, afin que Dieu ensei¬ gnât l’arc aux fils de Juda, c’est-à-dire la force aux rois de Juda, à savoir qu’ils fussent forts, attentifs dans la crainte du Seigneur et ses pré¬ ceptes, de peur que les rois de Juda, par désobéis¬ sance, ne s’éloignassent de la force et de la crainte du Seigneur, comme Saül, et 11e péris¬ sent de la même manière que lui. Quand il est dit : « Voilà qu’il est écrit dans le livre des Justes, » ce livre est celui de Samuel, où sont contenues les paroles du juste, c’est-à-dire de Samuel, de Gad et de Mathan; dans ce livre il est écrit com¬ ment Saül s’éloignant delà crainte du Ssignenr, périt à cause de sa désobéissance. Araalecites enira ("et Idumceus unnm est, quia filins pricnogcnilus Esau Eliphaz fuit,, et luvjus filius Araa- lec. Diaclema autem et armillam, quæ David detulit, a pâtre Doech conuncndata sibi fuisse Hcbræi per- hibent . « Et planxerunt, et lleveruut, et jejunaverunt usque ad vesperara super Saul et super Jonathau filium ejus, et super populum Domiui, et super domum Israël. » Ibid. 12. Populum Domiui, sacerdotes , et domum Israël generaliter oranem populum Israël dicit. « Et dixit, ut doceret filios Juda arcum : Ecce scrip- tura est in libro Justorum, » Ibid. 18. Et dixit, subau- ditur David, ut doceret, subauditur Deus, filios Juda arcum, reges videlicet Juda doceret fortitudinem, sci- licet ut fortes et intenti essent in timoré Domiui, et in præceptis Dei, ne per inobedieutiam reges Juda a for- titudine et timoré Domiui, sicut Saul, recedereut et eo modo, quo ipse perierat, périrent. Quod autem ait: « Ecce scriptum est iu libro Justorum; » liber Justo¬ rum, liber Samuelis est, ubi continentur Prophel.æ justi, Samuel videlicet, Gad et Mathan : in quorum libro scriptum esse perhibetur, qualiter Saul recedeus a timoré Domini, per iuobedieqtiam suam periit, 330 SAINT JÉROME. « Tes hommes glorieux, ô Israël, ont été tués sur les montagnes » Ibid . 18, L’hébreu porte; « sur les hauteurs. » Le sens est : O Saül, les glorieux d’Israël ont été tués sur tes hau¬ teurs, parce qu’ils ont péri avec toi dans le péché de désobéissance. Ta désobéissance a été regardée comme culte rendu aux idoles, c’est-à- dire, sur les hauteurs, comme l’atteste ce passage de Samuel: « L’obéissance est meilleure que les victimes. Il vaut mieux écouter qu’offrir la graisse des béliers, de môme que le péché d’user de divination est une opposition, et le crime d’ido¬ lâtrie un défaut d’acquiescement. » I Reg. xv, 22, 23. « Filles d’Israël, pleurez sur Saül, qui vous vêtait d’écarlate, qui vous fournissait des orne¬ ments d’or. » Ibid. 24. Il leur fournissait des vêtements d’écarlate et des ornements d’or au moyen du butin fait sur les ennemis. « Gomment les forts sont-ils tombés dans le combat? » Ibid , 25. On sous-entend « dans ton péché. » Jonathan a été tué sur tes hauteurs. » L’hébreu ne porte pas: «a été. » Le sens est: O Saül, Jonathan (a été, sous-entendu) tué sur tes hauteurs, c’est-à-dire dans le péché de ta désobéissance. « Et maintenant le Seigneur vous rendra la miséricorde et la vérité. « II Reg. 11, 6. La misé- « Inclyti tui Israël super montes tuos interfecti sunt. » Ibid . 19. In Hebræo habetur, a super excelsa tua. » Et est sensus : O Saul, gloriosi Israël super ex¬ celsa tua interfecti sunt, quia in peccato inobedientiæ tuæ una tecuin perierunt. Inobedientia namque tua pro idolis, id est, excelsis reputata est, sicnt est illud in libro Samuelis : « Melior est enim obedientia, quam victimæ; et auscultare magis, quam offerre adipem arietum; quoniam quasi peccatum hariolandi est re- pugnare, et quasi scelus idololatriæ nolle acquiescere. » I Reg. xv, 22, 23. « Filiæ Israël super Saul flete, qui vestiebat coccino iu deliciis, qui præbebat ornamenta aurea cultui ves- iro. » II Reg . i, 24. Vestiebat eas coccino, et præbebat ornamenta aurea cultui earum de prædis hostium quas agebat. « Quomodo ceciderunt fortes in prælio? » Ibid. 25. subauditur, in peccato tuo. « Jonathau in excelsis tuis occisus est. » In Hebræo non habetur, est. Est enim sensus : O Saul, Jonathan in excelsis tuis, id est in peccato inobedientiæ tuæ occisus, subauditur est. « Et nunc rétribuât quidera vobis Dominus rniseri- cordiam et veritatem. » Il Règ. n, ô. Misericordiam, ricorde en ce monde, la vérité dans l’autre; parce que la miséricorde accordée en ce monde est un mensonge en comparaison de la miséri¬ corde éternelle. a Or Abner, fils de Ner, général de l’armée de Saül, éleva Isboseth, fils de Saül, et le con¬ duisit autour du camp. » Ibid. 8. L’hébreu dit: a II le fit traverser jusqu’à Manaim » qui signifie « le camp. » Il le fit traverser, sous-entendu: Au delà du Jourdain et le proclama roi dans Manaïm. « Au-dessus de Galaad et de Jessuri. » Texte hébreu : « Assuri, » c’est-à-dire, au-dessus de la trtbu d’Asser. « Abner cria à Joab : Eet-ce que ta lance sé¬ vira jusqu’à extermination ? » Ibid. 28. L’hébreu ne porte point « ta. » « Ignores-tu que le déses¬ poir est périlleux?» Le texte hébreu porte: « Ignores-tu que la fin sera ' amère. » Le sens est: Ignores-tu qu’il te viendra de l’amertume de ce que tu t’efforceras de détruire ce peuple. <( Le sixième Jéthraam d’Egla, épouse de David. » II Reg. ni, 5. On se demande pourquoi les autres femmes, dont on a donné les noms, ne sont pas désignées comme épouses de David, tandis qu’Egla est désignée comme telle. Cette Egla est la même que Michol, et seule ici elle est qualifiée d’épouse de David, parce qu’elle fut iu præseuti sæculo, veritatem, in futuro; quia miseri- cordia, quæ in præsenti sæculo tribuitur, ad compa- rationem æternæ misericordiæ mendacium est. « Abner autem filius Ner princeps exercitus Saul, tulit Isboseth Ûlium Saul, et circumduxit eum per castra. » Ibid. 8. In Hebræo habetur, « transduxit eum in Manaim, quæ » interprctantur « castra. » Transduxit eum, intelligendum est ultra Jordancm, et in Manaim regem eum constituisse. « Super Galaad et super Jessuri. » Hebræus, Assuri t id est, super triburn Aser. « Et clamavit Abner ad Joab, et ait : Nuin usque ad internecionem tous mucro dcsæviet ? » Ibid. 26. He¬ bræus non habet, « tuus. » «An iguoras, quod pcricu- losa sit desperatio? » In Hebræo « ita » habetur : « An ignoras, quod amarus erit finis. » Et est sensus : Numquid ignoras, quod ad amaritudinem tibi prove¬ niez eo quod populum hune delere niteris. « Sextus quoque Jéthraam de Egla uxore David. » II Reg , ni, 5. Quæritur cur aliæ uxores David supra notatæ sint, et non dicantur uxores David, et hic sola Egla uxor dicatur David? Egla enim ipsa est Michol, quæ ideo uxor ej us hic sola vocatur, eo quod in ado- lescentia primum ipsam sortitus fuerit in uxorem, 331 questions hébraïques sur le deuxième livre des rois. la première que David en. sa jeunesse obtint en mariage. Elle mourut en enfantant. Egla se tra- druit par génisse . « Suis-je une tête de chien contre Juda? » Ibid. 8. Comme s’il disait: A cause de toi et de la maison de mon père on m’accuse d’ètre une tête de chien contre Juda, en ce que je ne ra¬ mène pas la maison d’Israël à David, que je sais avoir été sacré roi, à qui appartient le sceptre sur tout Israël. Tète de chien, c’est-à-dire vil, en ce que la maison de Juda le regardait comme un chien aboyeur, et comme le chef des chiens, c’est-à-dire, des hommes pleins de sottise. « Je ne te demande qu’une seule chose : il ne verra pas mon visage avant que tu aies amené Michol, fille de Saiil ; tu viendras ainsi et tu me verras. » Ibid . 13. Il y a là une lacune, un sous-entendu nécessaire, la réponse d’Abner à Dàvid qu’il ne pouvait absolument pas lui ra¬ mener Miehol, qui était au pouvoir du roi son frère; cette excuse ayant été avec raison acceptée par David, il envoya des députés à Isboseth sur le même sujet, comme le montre la suite. « David envoya des députés à Isboseth, fils de Saül, avec ces paroles : Rends-moi mon épouse Michol, que j’ai épousée moyennant cent pré¬ puces de Philistins. » Ibid. 14. , qui noluit resistere David in perimendo Uria Etbæo, necdum ultio divina facta fuerat. Idcirco hic ultimus ponitur, ut ultio mortis ejus in populo mons- traretur. Pro quo populo legitur in subsequenLibus David dixisse : « Vertatur manus tua, obsecro, contra me, et contra domum patris mei. » « Et inventa sunt de Israël octingenta millia virorum fortium, qui educorent gladium ; et de Juda quingenta millia pugnatorum. » Ibid. 9. In Hebræo, « Virorum» questions hébraïques sur le troisième livre des rois. 349 « Mille fois mille, cent mille d’Israël, et cinq cent soixante-dix mille de Juda. » I Par. 1,5. Il faut comprendrequeJoab les compta, mais que David n’en a pas voulu montrer la somme, si ce n’est jusqu’au nombre inscrit dans le livre de Samuel. « Le Seigneur envo)ra une peste sur Israël depuis le matin jusqu’au temps marqué. » II Reg. xxiv, 45. Le temps marqué était celui où était offert le sacrifice du soir. « David acheta donc une aire et des bœufs pour cinquante sicles d’argent. » Ibid . 24. A ce sujet on lit dans les Paralipomènes : « David donna à Oman en échange six cents sicles d’or du poids le plus exact. » Par. xxi, 25. Il faut com¬ prendre qu'il acheta les bœufs pour cinquante sicles d’argent, et que l’aire lui coûta six cents sicles d’or. SUR LE TROISIÈME LIVRE DES ROIS. « Adonias, le second en âge après Absalon, était fort beau. » III Reg. 1, 9. Il est,à noter que l’hébreu porte : « Et il engendra après Absalon le même; » on sous-entend, « péché. » « Le prêtre Sadoch, Banaïas fils de Joïada, Na¬ than le prophète, Séméï, Rhéï et les forts d’Is¬ raël n’étaient pas avec Adonias. .» Ibid. 8. Ce Sé¬ méï est le même que Nabath, père de Jéroboam, qui fut précepteur de Salomon et qui était de Bathurim, c’est-à-dire, « du nombre des choisis. » Rhéï est le même qu’Hiram de Zaïr, prêtre, c’est- à-dire, précepteur de David. Quant à ces « très- forts de David, » ce sont ceux qui ont été nommés plus haut. « Seigneur mon roi, n’avez-vous pas fait ce serment à votre servante: Ton fils Salomon ré- legitur. In Paralipomenon vero legitur, « Mille millîa, centum millia de Israël, et de Juda quadriogenta sep- tuaginta inillia. » I Par. 1, 5. Quos quidem intelligen- dum est, a Joab numeratos esse ; sed sunimam eo- rum noluisse ostendere David, nisi tantum quantum in Samuclis Libro scribitur. « Immisitque Dominus pestilentiam in Israël de mane usque;ad tempus constitutum.» II Reg. xxiv,15. Tempus constitutum dici, quando sacrificium vesperti- num offerebatur. « Emit ergo David areum et boves argenti siclis quinquaginta, » Ibid . 24, quod et in Paralipomenon ita legitur : « Dédit ergo David Oman pro loco siclos auri jnstissimi ponderis sexcentos. » I Par. xxi 25. Intel- ligendum namque est boves . argenti siclis quinqua¬ ginta, aream vero sexcentis aureis emisse. IN LIBRUM III REGUM. » Erat autern Adonias pulcher valde, secundus natu post Absalon,» III Reg. 1,6. NotandumquodinHebræo ita legitur : «Et ipsum peperit post Absalon, » subauditur peccatum. gnera après moi et s’asseoira sur mon trône? » Ibid. 47. David fit ce serment, quand il la con¬ sola après la mort de son autre enfant, ainsi que le rapporte le livre de Samuel: « David con¬ sola Bethsabée son épouse. » « Ce sera lorsque le roi mon Seigneur dormira avec ses pères; nous serons, mon fils Salomon et moi, pêcheurs, » c’est-à-dire, mamzères. Aussi Salomon dit-il plus bas que Dieu avait fait mi¬ séricordieusement alliance avec David, en ce qu’il lui avait donné pour successeur un fils qui était entaché de péehé, selon la loi. Il dit: « Vous avez usé de grande miséricorde avec votre serviteur David, et vous lui avez donné un fils qui s’est assis sur son trône où il est aujourd’hui. » « Sadoch vero sacerdos et Banaias filins Joiadæ, et Nathan propficta, et Semei, et Rhei, et robustissimi David non erant cum Adonia. > Ibid. 8. Semei ipse est Nabath, pater Jéroboam, qui fuit magister Salo- monis, et fuit de Bahurim, id est, de electis. Rhei autem ipse est Hiram Zairites sùcerdos, id est, ma¬ gister David. Robustissimi namque David supra no- tati, fortissimi intelliguntur. « Nonne tu, Domine mi rex, jurasti ancillæ tuæ dicens, quod Salomon filius tuus regnabit post me, et ipse sedebit; in tlirono meo ? » Ibid. 17. Jurasse David dicitur, quando eam consolatus est post mor- tem filii, sicut in libro Samuelis legitur : « El consolatus est David Bethsabee uxorern suam. » «Eritque cum dormicrit Dominus meus rex cum patribus suis ; erimus ergo et Salomon filius meus peccatores, » id est, « mamzcres. » Ibid. 21. » Inde misericordia fecisse Dcum cum David. Salomon dicit in subsequentibus, eo quod filins qui secundum legem « manzer » erat, snccessorem illi fecit. Ait enîm ita: « Tu fecisti cum servo tuo David misericordiam gran- dem,et dedistiei fitium sedentem super tbronum ejus sicut esthodie. » 350 SAINT JÉROME. « Prenez avec vous les serviteurs de votre Sei¬ gneur, et placez Salomon mon fils sur ma mule. » Ibid, 33. Ces serviteurs ce sont les Cérèthes et les Phélèthes, c’est-à-dire les soixante-dix vieillards qui jugeaient. « Tu as aussi auprès de toi Séméï, fils de Géra, fils de Gémini de Baburim, qui m’a maudit avec la pire des malédictions. » Reg . ir, 8. Pire se dit en hébreu Nimrezeth qui s’épelle en cinq lettres : nun, mem, res, Zadé, thau. Il y a : dans nun, noeph, adultère ; dans mem, Moa- b ite ; dans res , rasa , impie ; dans zadé , za- rua, lépreux; dans thau, thééba, abominable . « Je lui ai fait le serment devant Dieu: je ne tue¬ rai point par l'épée; » mais par la langue. « Demande-lui aussi le trône. Il est mon frère plus grand que moi ; il a Àbiathar le prêtre et Joab fils de Sarvia. » Ibid, 22. Dans l’hébreu : « Au prêtre Abiathar et à Joab, fils de Sarvia. » Ce qui doit être ainsi entendu : Demande-lui le règne, c’est-à-dire à: Adonias, au prêtre Abiathar et à Joab fils de Sarvia. « 11 vit le Seigneur qui m’a fait une maison, comme il l’avait dit; » Ibid. 24-; c’est-à-dire, selon sa promesse à David, il a fait que je çois roi de la maison de David. « Il les tua et répandit le sang de la guerre du¬ rant la paix; et il mit ce sang sur son manteau,» « Tollite vobiscum servos Domini vestri, et impo- nite Salomonem filium meuui super mulam meam. » Ibid. 33. Servos hi dicit Cerethi et Pbelethi, id est, sèptuaginta senes Judices. « Habes quoquè apud te Semei filium Géra, filii Ge¬ mini de Baburim, qui maledixit mihi maledictione pessima. » Reg. ii, 8. Pessima Hebraice nimrezeth (nïlîSi) dicitur, quod quinque litteris enuntiatur, id est, nun, mem, resj zade, thau. In nun, noeph, id est, aduller \ mem, moabita ; res, rasa, id est, tmpius ; zade,, zAruà, id est, leprosus ; thau, theeba id est abominalus. « Et juravi ei per Deum, dicens : Non te interficiam gladio ; » sed lingua. « Postula ei et regnum. Jpse est frater meus major me : ethabet Abiathar sacerdotem, et Joab filium Sar- viæ. » Ibid. 22. In Hebræo ita habetur : « Et Abia¬ thar sacerdoti, et Joab filio Sarviæ ; »quod ita intelli- gendum est : Postula ei, id est, Adoniæ et Abiathar sacerdoti, et Joab filio Sarviæ regnum. « VivitDominus qui fecit mihi domum, sicutlocutus est, » Ibid. 24, id est, sicufc promisit David, fecit me ut essem rex domus David. « Quos occidit, et elfudit sanguinem belli in pace ; etposuit cruorem in balteo sno,» III Reg. m,5,etc. San- III Reg. rir, 5. Il est dit qu’il répandit le sang de la guerre, parce que, étant en paix, il suscita la guerre. , « La nouvelle parvint à Joab, qu’il s’était tourné vers Adonias, au lieu de marcher à la suite de Salomon. » Ibid. 28. C’est-à-dire, par la rumeur publique il sut qu’on disait dans la mai¬ son de Salomon qu’il n’avait pas suivi Salomon, mais qu’il avait suivi Adonias ; parce que sans doute, avant qu’Adonias convoitâtla couronne, il n’aimait ni ne favorisait Salomon, mais se dé: tournait de lui, ce que l’événement confirma pleinement. « Joab fut enseveli en sa maison dans le dé¬ sert. » Ibid. 34. Désert est dit ici pour pureté. En effet sa maison avait été pure comme le dé¬ sert de souillure et de sang, à l’exception du sang d’Abner et d’Amasa- (c Salomon aima le Seigneur, et marcha dans les préceptes- de son père David ; sauf qu’il im¬ molait sur les hauteurs. ».IIIjRey. îv, 3. Il ressort de cette parole : « Il immolait sur les hauteurs, » que Salomon s’efforça pendant quatre ans d’édi¬ fier la demeure du Seigneur. C’était en effet l’œu¬ vre laplus élevée, c’est-à-dire l’autel fait parMoyse. « Il y avait un préfet établi sur la terre. » III Reg. x, 5. Ce préfet était Azarias, fils de Nathan, dont il est écrit plus haut : « Azarias, fils de Nathan, guinem belli effudisse dicitur, quia cum esset pax, suscitavit bellum. « Venit nuntius ad Joab, quod declinasset post Ado- niam, et non declinasset post Salomonem, » Ibid. 28, id est, venit ad eum fama, quod in domo Salomonis, diceretur ilium secutum non fuisse Salomonem, sed déclinasse post Adoniam ; ùt scilicet antequam Ado¬ nias affectasset regnum, Salomonem non dilexisse, nec ei favisse ; sed ab eo déclinasse diceretur, quod totumrei probavit eventus. « Sepultusque est Joab in domo sua in deserto. » Ibid. 34. Desertum hic pro munditia ponitur. Munda enim sicut desertum domus ejus fuerat ab omni pollutione et sanguine, excepto sanguine Abner et Amasæ. « Dilexit autem Salomon Dominum, ambulans in præceptis David patris sui ; excepto quod in excelsis Immolabat. » III Reg. iv. 3. Hinc patet Salomon in eo, quod ait : «Immolabat in excelsis, » quia quatuor annis cunctatus est ædificare domum Domini. Illud quippe erat excelsum maximum, id est altare illud quod Moyses fecerat. «Et præfectus unus erat super terram. » III Reg. x, 5. Iste præfectus Azarias filius Nathan erat, de quo su- 351 QUESTIONS HÉBRAÏQUES SUR LE TROISIÈME LIVRE DES ROIS. au-dessus des préfets, » non des travaux, mais simplement. « Il était le plus sage des hommes. Plus sage qu'Ethan l’Esraïte, qu’Eman, que Chalchol, et que Darda, fils de Mahol » Ibid. 31. Ethan veut dire « très-dur », Esraïte, Oriental. Ethan n’est autre qu’ Abraham d’Orient. Eman, qui veut dire fidèle , c’est Moyse/Chalchol, qui signifie qui gou¬ verne , c’est Joseph. Darda se traduit par géné¬ ration de la science ; Mahol, par indulgence . La génération de la science désigne les douze tribus. Fils de Mahol, c’est-à-dire de Jacob. « Salomon a dit trois mille paraboles. » Ibid. 32. Il y a dans les Proverbes neuf cent quinze versets, qui renferment trois mille paraboles. « Ses poé¬ sies furent au nombre de cinq mille. Il a discuté au sujet des arbres, depuis le cèdre qui est sur le Liban jusqu’à l’hysope qui sort du mur; il a parlé des animaux de la terre, des oiseaux, des reptiles, et des poissons. » Il a parlé en effet de la nature des bois, des animaux, des reptiles et des poissons, c’est-à-dire de leur force et de leur naturel, du temps où ils naissent, et de la raison pour laquelle tous ne naissent pas sous le même climat. « La quatrième année dans le mois de zib, fut fondée la maison du Seigneur. » III Reg. vi, 37. Ce mois qui s’appelle aussi Var, est celui prascribitur : « Et Azarias filius Nathan super præfec- tos, » non operum, sed simpliciter. « Et erat sapiontior cunctis hominibus. Sapientior Ethan Esraita, et Emam, et Chalchol, et Darda, filiis Mahol. » Ibid. 31. Ethan enim interpretatur, « durissî- mus. » Esraita, « orientalis. » Ethan ipse est Abraham orientalis. Eman qui’interpretatur « fidelis, » est Moyses. Chalchol, qui interpretatur, « gubernans, » est Joseph, Darda interpretatur, « generatioscientiæ. » Mahol, «in- dulgentia.» Generatio scientiæ intelliguntur duodecim tribus : fîlii Mahol, id est, filii Jacob. o Locutus est Salomon tria millia parabolarum. » Ibid . 32. In Proverbiis enim versus nongenti et quin- decim continentur; in quibus otiam continentur tria millia parabolœ. « Et fuerunt carmina ejus quinque millia. Et disputavit super lignis a cedro, quæ est in Libano, usque ad hyssopum, quæ egreditur de pa- riete : et disseruit de jumentis, et volucribus, et repti- libus, et piscibus. » Disputavit enim de naturis ligno- rnm, jumentorum, reptilium et piscium, de vi vide- licet et naturis illorum, et tempore quo nascuntur, et cur non omnia in unaquaqüe terra nascantur. « Anno quarto fundata est dormis Dornini in mense Zib. » III Reg. yi, 37. Mensis iste Aprilis est, qui et Var» d’avril. Zib se traduit par « visage, » et cela parce que, dans la dédicace du Temple, la face du Seigneur couvrit ce temple du nuage de sa gloire. Quant à Var, il signifie « frayeur, » parce qu’on craint que les promesses des fruits de la terre ne soient rendues vaines, en ce mois, par les intem¬ péries. « Le roi Salomon envoya, et il tira de Tyr Hi- ram, fils d’une veuve de la tribu de Nephthali, et dont le père tyrien était ouvrier sur airain. » III Reg. vu, 13: De là ce passage des Paralipo- mènes : « Je t’ai donc envoyé un homme prudent et très-habile, mon père Hùram, fils d’une femme d’entre les filles de Dan, et dont le père était ly- rien. » II Par. ir, 13. Il est à remarquer que Ma- lachie l’appelle Hiéram, et les Paralipo mènes, Huram. Hiram se traduit par « il vit élevé:» Huram, par« Dieu très-haut. » Malachie dit qu’Hiram était de Tyr, fils de père tyrien, dont la veuve était de la tribu de Nephthali. Il faut sa¬ voir que son père était aussi de la tribu de Ne¬ phthali; quand il fut mort, sa femme, la veuve de notre passage, envoya Hiram à Tyr, pour y faire son instruction, et parce qu’il la reçut d’un tyrien, on dit que son père était de Tyr. Mal¬ gré cette façon de parler, son père selon la na¬ ture était bien de la tribu de Nephthali. Quant au passage des Paralipomènes, où le roi Huram vocatur. Zib enim interpretatur, « vultüs. » Idcirco vul- tus quia in dedicatione Templi, nubes gloriævultus Do- mini texit Templum. Var autem interpretatur, «pavor.» Ideo pavor, quia timetur ne ea quæ fruges terræ de- bent, in hoc mense aeris intemperanlia infructuosa fiant. « Misit quoque rex Salomon, et tulit Hiram de. Tyro filium mulieris viduæ de tribu Nephthalim, pâtre Tyrio artificem ærarium. » IH Reg. vir, 13. Unde et in Parali- pomenon legitur : « Misi ergo tibi virum prudentem et scientissimum Huram patrem meum, filium mulieris de filiabus Dan, cujus pater Tyrius fuit » II Par. n, 13. Et notandum, quod in Malachim Hieram dicilur, in Paralipomenon yero Huram. Hiram enim interpreta¬ tur, « vivitsublimis : » Huram autem, «Deusexcelsus. » Hiram in Malachim dicilur fuisse de Tyro, et filius mulie¬ ris viduæ de tribu Nephthalim pâtre Tyrio. Sciendum quodgde tribu Nephthalim pater ej us fuerit, quo mortuo, uxorSejus, quæ hiemulier viduascribitur, eumdem Hi¬ ram in Tyram misisse docendi gratia dicatur, et a quo doctus in Tyru fuit, pater ejus Tyrius vocatur. Idcirco pâtre Tyrio fuisse dicitur, cum utique pater ejus de tribu Nephthalim fuerit. Quod vero in Paralipo¬ menon legitur, Huram regem dixisse : « Misi tibi virum 352 SAINT JÉROME. dit : « Je t’ai envoyé un homme très-sage et très-savant, Huram mon père, » la qualification de mon père est donnée par égard pour la di¬ gnité de l’homme, comme on le trouve en plu¬ sieurs endroits de l’Ecriture. Il était" fils d’une femme d’entre les fils de Dan, puisque sa mère était bien de la tribu de Dan et de la race de Solomith sœur d’Ooliab, fils d’Aïzamas, de cette Solomith dont le fils, né d’un Egyptien, fut la¬ pidé dans le désert, car ce n’est pas librement que Solomith s’était unie à un Egyptien, mais elle avait été victime d’une violence. Aussi, dit l’Ecriture, c’est en récompense de ses mérites qu’une fille de sa race enfanta l’homme quidé" cora la maison de Dieu. C’est ainsi qu’autrefois Bala, concubine de Jacob, fut récompensée pour avoir, après la mort de Racliel, non-seulement élevé Joseph comme son propre enfant, mais encore intercédé auprès de lui pour qu’il par¬ donnât à ses frères coupables. De môme le Sei¬ gneur, pour récompenser Solomith, accorda que de la race d’un de ses fils, de Dan, naquît Ooliab compagnon de Béséléel, et qui bâtit le temple; et de la race d’un autre, de Nephthali, sortît Iliram qui décora le même Temple de Jérusa¬ lem. SUR LE LIVRE PREMIER DES PARALIPOMÈNES. « Eber eut deux fils, dont l’un s’appela Phaleg, parce que c’est en son temps qu’eut lieu le par¬ tage de la terre, » I Par. i, 19. Parce que c’est en son temps que fut élevée la tour, où eut lieu la confusion des langues. « Nemrod commença à être sur la terre, » Ibid. 30, c’est-à-dire, puissant. « Cethura, » Ibid. 32, est la même qu’Agar, comme on le voit évidemment par le psaume : « Les tentes des Iduméens et des Ismaélites, de Moab et des Sarrasins. » Psalm. lxxxiii, 7. Les Is¬ maélites sont les fils d’Jsmaël, qui fut assuré- prudenstsimum et scientissimum Huram patrem meum ; » patrem dignitatis gratia eum vocat, sieut in plerisque locis legitur. Filium vero mulieris de filiabus Dan eum vocat, quia mater ejus de genere Solomith sororis Ooliab filii Aizamas, cujus filius Solomith Ægyptius in eremo lapidatus est : non enim eadem Solomith sponte eidem Ægyptio conjuncta fuit , sed vim ab eo perpessa est. Idcirco meritis ejus factum fuisse dicitur, ut de filiabus ejus talis nasceretur, qui operaretur in dqmp Domini, Nam et meritis Balte concubinee Jacob quondam factum fuisse autumant, quod mortua Rachel, non solum Joseph in loco filii educavit ; verum etiam pro fratribus ejus intarcessit, ut immemor eespt.injuriæ fratrum suorum. Etprohac re Dominus ei tribuit, ut de uno ejus filio Dan nas¬ ceretur Ooliab socius Beseleel, qui ædifiearet domum Domini ; et altero ejus filio. Nephthalim nasceretur Hiram, qui domum Domini in Jérusalem fabricaret. IN LIBRUM I PARALIPOMENON. « Eber nati sunt duo filii : nomen uni Phaleg ; quia in diebus ejus divisa est terra. » I Par. i, 9. Quia in ment fils d’Agar ; les Sarrasins, ce sont les Madia- nites et les autres tribus, que l’Ecriture sainte dit issues de Géthura. « Zéphi fils d’Eliphaz. » Ibid . 36. La Genèse l’appelle Zépho, c’est-à-dire « observateur ; » les Paralipomènes le nomment Zéphi, c’est-à-dire, « observé. » L’un et l’autre sont écrits par la lettre Sadé. Si l’on écrit parla lettre Sin, dans les Paralipomènes, Séphi fils de Sobal, il signifie qui n’a qu’un pied, et le Sépho de la Genèse si¬ gnifie bipède. «Thamna, concubine d’Eliphaz. » Genes . xxxvi, 12, mère d’ Amalec, fut de la race diebus ejus facta est turris, ubi contusio linguarum facta est. « Nemrod cœpit esse in terra, » Ibid. 30, id est polens. « Cethura, » Ibid. 32, ipsa est Agar; quod in psal- mo manifestatur, cum dicitur: « Tabernacula Idumae- orurn et Ismaelitarum Moab et Agereni. » Psal. lxxxi'i. 7. Ismaelitas vocans filios Ismael, . qui utique Agar filius fuit ; et Agarenos, Madianitas, et cæteras tribus, quas de Cethura procreatas sacra Scriptura commé¬ morât. «Zéphi filius Eliphaz,»/àid. 36, qui in Genesi «Zepho,» id est, « speculator, » nominatur , in Paralipomenon Zeplii,id est, «speculatus. » Scribitur enim utrumque per Sade litteram. Sephi filius Sobal, in Paralipomenon, unipes ; Sepho, in Genesi, bipes ; utrumque tamen per Sin litteram. « Thamna, concubina Elipbaz, » Genes. xxxvi, 12, mater Amalec, fuit de genere Chorræorum, qui ante Idumæos babitaverunt in terra Seir. Sed in Paralipomenon inter Èliphaz filios compütatur, quæ quamq.uam ejus. fuerit concubina, et ex eà susceperit Amalec , ut filiam tamen eam educavit. « Heman filius Lothan, I Parai, i, 39, in Genesi, id est QUESTIONS HÉBRAÏQUES SUR LE LIVRE I DES PARALIPOMÈNES. 353 des Chorréens, qui, avant les Iduméens, habi¬ taient dans la terre de Seïr; mais dans lesPara- lipomènes elle est comptée au nom'bre des en¬ fants d’Eliphaz, parce que, bien qu’elle ait été sa concubine et qu’elle lui ait donné Amalec, il l’éleva comme sa propre fille. « Heman, fils de Lothan.» I Par. i, 39, C?est l’or¬ thographe de la Genèse, et alors il signifie « qui trouble, » tandis qu’écrit « Homan, » comme dans les Paralipomènes, il veut dire « trou¬ blé. » « Fils de Sobal Alian de la race des Chorréens, Ibid. 40. La Genèse écrit « Aloan, » c’est-à-dire, « exalté ; » Alian des Paralipomènes veut dire « chassé. » En effet, les Chorréens furent exaltés avant qu’Edom s’emparât de ce territoire; ils furent chassés quand sa victoire leur enleva leur patrie. « Hamaran, fils deDison, filsd’Ana. » Ibid. 4t. Hamaran ainsi écrit veut dire « rougi, couvert de haillons, plongé dans l’ivresse ; » dans la Ge¬ nèse, «Amdan » veut dire « qu’on peut désirer.» Hamaran et Amdan sont le nom d’un môme homme. « Alcan, fils d’Eser, de la race des Chorréens. » Ibid. 42. Orthographe de la Genèse ; il signifie « qui cause de la tribulation. » Les Paralipo¬ mènes écrivent» Jachan, » c’est-à-dire, « frappé de tribulation. » « Phou, » Ibid. 51, c’est-à-dire, » qui vomit. » La Genèse écrit « Phau, » môme signification au « perturbans ; » qui in ParaUpomenon scribitur « Ho- mam, » id est, « perturbatus. » « Filins Sobal Alian de genero Chorræorum ; » Ibid. 40; in Genesi scribitur, « Aluan, » id est, « exal- tatus ; » in Paralipomenon, « Alian, » id est, «ejectus » (Ms. dejectus) ; quia Chorræi exaltati fuerunt, ante- quam Edom terram illam caperet; ejecti postquam ab eo triumphati patriam amiserunt. « Hamaran, filius Dison, filii Anna. » Ibid. 41. In Paralipomenon, « Hamaran, » id est, « rubricatus, sordidus,'» vel « temulentus ; » in Genesi, « Amdan, 'coucupiscibilis. » Hamaran et Amdan unius hominis nomen est (Al. nomina sunt.) « Alchan, filius Eser, do généré Chomeorum ; » Ibid. 42 ; in Genesi, « tribulator ; » in Paralipomenon, «Jachan, » id est, « tribulatus. » «Phou, » id est( cc eructans ; » Ibid. 51, qui in Gene- si scribitur, « Phau, » id est, « éructantes ; » in Para¬ lipomenon, « Phou, eructans; » cujus uxor vocabatur Meetabel, quod iuterpretatur, « benigna Domini, » TOM. IV. pluriel tandis que les Paralipomènes, mettent le singulier. Sa femme s’appelait Méétabel, qui se traduit par « bénigne du Seigneur, » fille de Ma- tred, c’est-à-dire «de la dispensatrice, » ou Mezaab (mss. Emazaab), fille de l’orfévre. Il est écrit de celle-ci qu’elle'eut deux pères pour montrer sous une même interprétation de deux noms, com¬ ment l’orfévre engendra la dispensatrice, et celle-ci la bénignité du Seigneur. « Alua, » Ibid. 52, orthographe .de la Genèse, « élévation ; » les Paralipomènes disent « Aléïa, » c’est-à-dire « au-dessus d’elle. » Il faut remarquer que l’Ecriture écrit d’abord « les rois » d’Edom, puis les « chefs, » alors qu’ils furent « chefs » d’a¬ bord et « rois » ensuite; de ces chefs, elle nomme ici quelques mères, c’est-à-dire épouses d’Esaü, telles qu’Oolibama, sa propre femme, et Thamna concubine d’Eliphaz. « Achan, fils de Channi. » I Par. n, 7. Le livre de Josué dit « Achan, » c’est-à-dire, « couleuvre qui tend des pièges, » mais les Paralipomènes écrivent « Achar, » c’est-à-dire, « perturba¬ teur. » « Calubaï, » ou « Chalubi, fils d’Esrom, fils de Pharès, fils de Juda. » Ibid. 8. C’estle môme que Caleb, fils de Jéphoué. Caleb le Cénézéen du lieu appelé Chanaz. Il prit en mariage Azuba, qui fut mère de Gérioth. Il eut aussi une autre femme du nom d’Ephrala, qui lui donna Hur, époux de Marie, sœur de Moyse, père d’Uri, aïeul de Bésélèel. Les Paralipomènes écrivent Chlubaï, filia Matred, id est, « dispensatricis » (Al. dispensio¬ ns),. Mezaab (Mss. Emazaab), filia aurifiais ; quæ duos patres habere describitur, ad signifieandum mysterium sub una interpretatione nominum, ut aurifex genuerit dispensatricem, dispensatrix genuerit benignitatem Domiui. « Alua, » in Genesi interpretatur, « elevatio ; » Ibid. 52 ; «‘Aleia » in Paralipomenon, « super eam. » Et notandum quod primum reges dixerit de Edom, postea duces, cum prius duces fuerint, ét postea reges; quorum ducum quasdam matres, id est, uxores Esau hic nominat, ut est Oolibama uxor Esau, et Thamna concubina Eliphaz. «Achan, filius Charmi,» Par. n,7, in Jo^ue, «Achan, » id est, « coluber insidians ; » in Paralipomenon, » « Achar, » id est, « turbator. » « Calubai, » vel « Chalubi, filius Esrom, filii Phares, filii Juda; » Ibid. 8 ; ipse est Caleb, filius Jephone. Caleb Cenezæusde loco qui vocatur Chanaz. Ipse duxit uxorem Azuba, ex qua natus est Gerioth. Duxit et aliam uxorem nomine Ephrata, ex qua suscepit Hur, 23 354 SAINT JEROME. «mon chien.» Dans Josuè et dansl’Eptatique(^arï^ doute Eptateuque), Caleb, « chien, » Esrom et Jé- phoné désignent le même homme. Lorsqu’Esrom fut mort, Caleb entra à Epharata. Aussi Epharata est-elle appelée Caleb, parce que celui-ci l’habita. 11 estdit qu’ Esrom avait soixante ans quand il prit pour femme la fille de Macliir, afin de montrer par le nombre des années, et qu'il était sorti d’Egypte, et qu’il vint dans la terre promise, par¬ ce que, depuis vingt ans, et au-dessus jusqu’à soixante, on devait le service militaire. A soixante ans les lévites cessaient leur ministère, et les sol¬ dats leur service. D'où les Romains appellent émérites ceux qui ont fini le service militaire. « Nason engendra Salma. » Ibid. il. Dans les Paralipomènes, « Salma, » c’est-à-dire, «paix;» dans Ruth, « Salmon, » c’est-à-dire, .« paci¬ fique. » Dans les Paralipomènes, Ibid, 12, Isaïe, fils d’Obcd, c’est-à-dire, « mon sacrifice. » Dans les Rois, Jessé, c’est-à-dire « sacrifice; » fils d’Isaïe, Abinadab; fils de Ram, Aminadab. Dans les Paralipomènes, « Simmaa, » dans les Rois, « Samma; » Samma, « la même, » Simmaa « qui peut être exaucée. » Dans les Paralipomènes, Ibid, 16, « Abisaï, » virum Mariæsororis Moysi, patrem Un, avum Beseleel; in Paralipomeuon Chlubni, « cnnis meus. » In Josue et iu Eptatico (Fort. Eplateucho), Caleb, « canis, » Esrom et Jephone unnm est. Cum autem mortuus esset Esrom, iugressus est Caleb ad Ephrata. Idcirco vocatur Caleb Ephrata, quia Caleb fuit vir Epbratoî. Idcirco di- citur Esrom sexaginLa anuos habnisse, quando accepit uxorem filiam Macliir, ut monstretur per aunorum numerum, et de Ægypto ilium egressura fuisse, et in terram repromissiouis veuisse, quia a vigintiaunis et supra ad præliandmn describebantur usque ad anuum sexagesimum. Ab atmo sexagesimo, et lévitæ rainis- trare, et milites pugnare desinebaut. Unde et Romani eos emeritos vocant, qui jam militare desierunt. « Nason genuit Salma. » Ibid. 11. ïn ParaLipomenon, « Salma, » id est, « pax, » In Ruth, « Salmon, » id est, « paci ficus. » « In Paralipomenon, « tsai filius Obed, » id est, « sacri- ficiurn meum.» Ibid. 12. In Regum vero Jesse, id est, « sacrificium ; » filius Isai, Abinadab ; filius Ram, Aminadab. . « In Paralipomenon, « Simmaa. » In Regum, « Sam¬ ma. » Samma, « ibidem ; » Simmaa, « exaudibilis. » Ibid . 13. fils de Sarvia, » c’est-à-dire, « père du sacrifice. » Dans les Rois : « Abisa, mon père, sacrifice. » Dans les Paralipomènes, Ibid. 32, « le fils de Jéther » ismaélite. Dans les Rois : le fils de « Jé- thra» ismaélite. Jéthra, « résidu;» Jéther, « ré¬ sidu modique. » Ce fils est appelé ismaélite, à cause de la nature de ses mérites. « Aalaï, fils de Sésan, Ibid . 32, est le même qu’Elimélech, père de Maalon et de Chélion. Il est dit que Sésan n’eut pas d’enfants, parce que ces derniers moururent sans en avoir. « Ichamia engendra Elisama. » Ibid. 41. Dans Jérémie: « Ismaël, fils de Nathania, fils d’Elisama de race royale. » Quand il dit de race royale, il veut faire entendre Moloch, idole de Moab, dont le nom hébreu signifie roi. « Ziph, » Ibid. 42, est le nom du lieu des Zi- phéens, qui vinrent àSaül. « Gazez, » Ibid. 46, c’est-à-dire, « tondeur, » fils d'Haran, fils de Caleb, est le même que Nabal Carmel. « Ephrath, » Ibid . 60, parce qu’il était d’Eph- raïm ; de son nom Bethléem fut appelée Ephrata. « J air, » Ibid. 22, juge, que le livre des Juges dit fils de Ségab, fils d’Esrom. Ce livre le pré¬ sume de Galaad, parce qu’Esrom épousa la fille In Paralipomenon : « Abisai, » Ibid. 16“ filius Sar- viæ, id est, « pater sacrificii. » In Regum, « Abisa, pater meus, sacrificium. » « In Paralipomeuon : filius « Jetlier, » Ibid. 32, Ismaélites. In Regum : filius « Jethra » Ismaélites. Jethra, « residuum ; » Jether, « modicum resïduum. » Filius Ismaélites vocatur, propter merilormn qualitatem. « Aalai, filius Sesan, » Ibid. 34, ipse est Elimelecli pater Maalon et Chelion. Sesan ideo dicitur filios non habuisse, quia isti absque filiis mortuisunt. « Ichamia, » Ibid. 41, genuit Elisama. In Jeremia : Ismael, filius Natlianiæ, filius Elisama de genere re- gali. Quod vero dicit ilium de semine regio, Moloch vult intelligi idolum Moab : quod in Hebræo rex iuter- pretatur. « Ziph, » Ibid. 42, nomen loci est, a quo fuerunt Ziphæi : qui venerunt ad Saul. « Gazez,» Ibid. 46, id est, « tonsor, » filius Haran, filii Caleb, ipse est Nabal Carmelus. « Ephrath, » Ibid. 50, quia de Epliraim fuit ; a b ejus nomine Bethleem Ephrata vocatur. « Jair, » Ibid. 22, judex, qui in Judicum scribitur, filius Segab, filii Esrom. Idcirco in Judicum GaLaadites putatur, quia Esrom duxit filiam Machir patris Galaad (i) Rotrocedit sœpius Scriptor in bis Question. Hobraicis, dnm post veraua inferiores rosumil snperiorcs in explications, nt bic vers. 22, ot Beqq. ost. 50. questions hébraïques sur le livre i des paralipomênes. 355 de Machir, père de Galaad. Jaïr reçut en héritage soixante villes ou bourgs, parce que son aïeule était la fille de Machir, fils de Manassé. « Assuhur, » Ibid. 24, fils d’Esrom, père de Thécué.Thécué est lavilled’où Joab tira la femme sage. « Onam, fils de Jéraméel, fils d’Esrom,» Ibid. 26, reçut le nom d’Onam, fils de Juda, qui mourut. Ils diffèrent en ce que le fils de Juda s’écrit par nun} et le fils de Jéraméel par mem. « Marèsa, » Ibid. 42, fils d’Ebron. Ebron est le lieu où David régna pendant sept ans. « Choré, fils d*Ebron, Thaphihu, Récem et Samma, » Ibid. 43, étaient fils de Marésa. « Samma engendra Raban, père de Jerehaam. » Ibid 44. Jerehaam est un lieu. « Maon, fils de Sammaï, père de Bethsur. » Ibid . 45. Bethsur est le nom d’un lieu, et un autre prit le nom de Maon, dont parle le livre des Rois. « Saab, fils de Jaddaï, père de Madména.»/6zd. 49. Madména est un lieu. Sué, père de Machbéna. Machbéna était un lieu. Ce furent: les fils de Ca- leb. Et le père Gabaa, c’est-à-dire, le lieu d’où était Saül. « Les fils d’Hur furent : Sobal, père de Caria- thiarim, Salma, père de Béthléem, Hariph, père de Bethgader. » Ibid. 50, 51. Çariathiarim, Be¬ thléem et Bethgader sont des noms de lieu. nxorem. Yieulos et civiLatea sexnginta suscepit Jair in hæreditatem, eo quod esset aviaejus filin Machir, lilii Mauasse. Ibid. 10. Caleb, Ibid. 1 1 , frère de Suaa, est le même que Ram qui se traduit par « très -haut, » tandis que Suaa se traduit par « sublime » (ailleurs , hum¬ ble). « Caleb engendra Machir, » Machir engendra Esthon, Esthon engendra Téhinna. Quant à ce qui est dit de celui-ci, qu’il fut père de la ville de Naas, cela peut s’entendre ou de Bethléem, ou de la mère d’Isaïe, qui, en un autre passage, est appelé Naas, c’est-à-dire, « couleuvre. » Abigaïl est la sœur de David et la fille de Naas, c’est-à- dire d’Isaïe, également connu sous ces deux noms. Getra l’ismaélite prit pour femme Abigaïl, fille de Naas. Dans ce passage : « Ceux-ci sont les fils (ms. les hommes) de Rccha, » Ibid. 12, Rô- cha, signifie « tendre, » et certains veulent qu’il Soboba genuit Jabes, qui fuit doctor, de quo superius dictum est. Quod vero inter Chus et Jabes intro- ducuntur cognitiones Aharhel filii Arum, hæc causa est: Aharhef ipse est Obab, qui interpretatur, « posi exercitum. » Filius Arum, ipse est Jethro. Arum inter- pretutur, « exaltatus. » Quia ergo Jabes docebat eos habitantes in tentoriU, sicut superius dictum est, ideo introducuntur in ejus progenie, quasi a majoribus ejus progenili siut. Hune Jabes ferunt nonnulli adhuc vivere, propterhanesententiam qua dicitur, « præstitit ei Deus quæprecatus est. » Ibid. 10. Caleb, Ibid, il, frater Suaa, ipse est Ram. Ram interpretatur, « excelsus ; » et Saa, « sublimis » (Al. kumilis). « Caleb genuit Machir, » Machir genuit Eston, Eston genuit Tehinna, Quod vero dicit eum patrem urbis Naas, iutelligi potest aut Bethleem, aut mater Isai ; quia Isai in alio loco Naas, id est « coluber » vocatur. Abigaii soror est David, filia Naas, id est, Isai : qui utroque nomine vocabatur. Getra Ismaélites habuit uxorem Abigaii filiam Naas. Quod vero dicit, « isti sunt filii (Ms. viri) Rechu ; » Ibid. 12 ; Recha inter¬ pretatur, « tener, » quem hic David nonnulli intelligi volunt. Sic enim ispe ait : « Ego sum tener et unctua rex. » II Reg. m, 39. Et in alio loco : « Quasi ligni ver- 358 SAINT JÉROME. soit le même que David, qui dit de lui- même: «Je suis le roi tendre et qui a ôté oint. » Il Reg. III, 36 ; et ailleurs : « Comme le petit ver très-tendre du bois. » Ils sont donc appelés hommes de Rêcha, c’est-à-dire, de David, parce qu’ils ont été cités ici pour exprimer la généa¬ logie de David. a Chénez engendra Othoniel etSaraïam. » Ibid. 13. On dit que Saraïa trahit Joab. 11 est appelé le père delà vallée des artisans, parce que de sa descendance furent les architectes qui édi¬ fièrent la maison du Seigneur. « Les fils d’Ezra furent JéLher et Mared, Effer et Jalon. » Ibid. 17. Ezra signifie « secours, » et l’on croit qu’il est le même qu’Amram, père de Moyse et d’Àaron. Jéther, qui signifie « résidu, » est le même qu’Aaron. Mared, qui veut dire « qui se révolte, » est le même que Moyse. Effer, « poussière, » est le même qu’Eldad ; Jalon « loi, » n’est autre que Médad : ces deux derniers, pro¬ phètes. On rapporte en effet que Moyse, après avoir reçu la loi dans le désert, ordonna à son père de se séparer de sa mère, qui était sa tante puisqu’elle était fille de Lévi. Après cette sépa¬ ration, Amram prit une autre femme, et c’est d’elle qu’il eut ces deux fils, Eldad et Médad. Dans le passage suivant : « 11 engendra Marie, Samaï et Jesba, père d’Estémoa, » on veut que Samaï, « céleste, » soit le même que Moyse, Jesba le même qu’Aaron, « louange, » père d’Estémoa miculus tenerulus. » Idcirco enim vîri Recha, id est, David dicimtur, quia propter exprimendam gencalo- giam David, in kac senteulia annolati sunt. « Ckencz genuil Othoniel et Saraiam. » Ibid. 13. De Saraia dicitur prodiisse Joab. Qui ideodicitur paler vallis artiücum, quia de filiis cjus fuerunt arckitccti ad œdikeandum dornum Domini. « Filii Ezra Jetheret Mnreb, Effer et Jalon. » Ibid . 17. Ezra interpretatur, « auxilium,» ipsum enim dicunt Am¬ ram patrem Moysi et Àaron. Jether interpretatur « re- siduum, » ipse est Aaron. Mared, « rebellans, » ipseest Moyses. Effer, « pulvis, » ipse est Eldad; Jalon, « lex, » ipse est Medad : iidem (Ms. id est) duo qui prophelabant. Traditur enim Moysen post acceptant legem in eremo patri injunxisse, ut matrem dimilterct, eo quod illius amita esset : lilia enim fuit Levi, Post cujus dissidium duxisse aliam uxorem Amram ; ex qua suscepit duos filios hos, Eldad et Medad, Quodvero scquitur, «genuil- que Mariam et Samai, et Jesba patrem Estemoa ; » Sa¬ utai Moysen intelligi volunt, qui iuterpretatur, « cœ- lestis. » Jesba Aaron, qui interpretatur, « collaudalio,» c’est-à-dire du « feu qui demeure, » parce que les fils d’Aaron se servaient du feu dans leurs sacrifices assidus. Dans le passage qui suit: « Indaïa engendra Jared, » Indaïa est la même que Jachabetk, mère de Moyse. On veut que presque tous les noms qui suivent s’appliquent à Moyse : il est appelé Jared, « qui descend, » parce qu’il descendit de la montagne ; père de Jédor c’est-à-dire « clôture, » parce qu’il entoura le peuple de la loi comme d’une sorte de clô¬ ture; Héber, ifqui met sous le joug, » parce qu’il mit le peuple sous le joug du service de Dieu1, père de Socho, « de la prophétie, » parce qu’il est lui-même le précepteur des prophètes; Icuthiel, « qui espère en Dieu, » parce qu’il eut l’espérance de délivrer le peuple de Dieu del’Egypte, ouparce qu’il fut délivré des eaux conformément à l’espoir de ses parents; père de Sanoha, «qui gouverne,» parce qu’il eut la grande charge du gouverne¬ ment du peuple dans le désert, ou parce qu’il gouvernait chaque jour par son enseignement. Nous lisons ensuite : « Voici les fils de Béthia, » Ibid . 18, fille de Pharaon, que reçut Mared; L’Ecriture appelieici la fille de Pharaon, mère de Moyse, et Béthia signifie « fille du Seigneur, » à cause de la bonnevolontéqu’elle mit à nourrir l’enfant. 11 est dit qu’elle fut reçue par Mared, c’est-à-dire par Moyse, parce qu’a près avoir aban¬ donné le culte des idoles, elle se convertit au vrai Dieu. patrem Estemoa, id est, « ignem raanentem, » eo quod filii Àaron in assiduis sacrificiis igné utebantur. Quod vero 9equitur, «uxor ejus Indaia genuit Jared ; » Indaia, ipsa est Jachahetk mater Moysi. Nomma vero quæ se- quuutur pene omnia Moysi nomma intelligi volunt, quia ideo Jared vocatur, id est, « descendons, » quod de mouto descendent; pater Iedor, id est« sepium,» eo quod quasi quadain sepe lege circumdederit populum He ber,«junctor,» eo quod populum Deî servilio junxerit; patrem Socho, id est, « propheliæ, » eo quod ipse sit doctor Propketarum, Icuthiel, idest, sperans iu Deum; eo quod spem habuerit liberandi populum de Ægypto, sive quod spe parentum de aquæ periculo liberatus sit ; patrem Sanoha, qui interpretatur, gubernator , eo quod magiiam populo in eremo gubernalionem exhi- buerit, sive quod doctrine sua quotidie guberuarct. Quod vero sequitur: «Hi autem filii. Bethiæ, » IbidAl, filiae Pharaonis,quam accepit Mered ; Pharaonis filiam idcirco in hoc loco matrem Moysi vocat, et interpre¬ tatur, « filia Domini, » propter bonam voluntatem quamin nutriendo puero habuerit, et a Mered, id est, questions hébraïques sur le livre i des paralipomènes. 359 « Charmi, père de Céïla et d’Estamoa, qui fut de Machati. » Ibid . 19. Céïla est le nom d’un lieu, et Machati pareillement. « Simon, père d’Amnon et de Réna, » Ibid. 20, était le fils d’Estamoa, fils d’Odaï, fils d’Asriël, fils de Jalaléel, fils de Cénès, fils de Séla, fils de Juda. « Et le père Lécha. » Ibid. 2] , 23. 11 est cité ici pour rappeler son nom primitif. « Les filiations de ceux qui opèrent dans la maison du serment sont ceux qui, avec Béséléel, demeurèrent pour remplir les œuvres du tabernacle. Cette maison est appelée du serment, de même que l’arche d’alliance, parce qu’elle renfermait, avec l’al¬ liance que Dieu fit avec les hommes, le serment fait à Abraham, à, Isaac et à Jacob. Ce qui suit ; « Qui arrêta le soleil, » remonte à la postérité de Pharez,. ascendant de David, le livre jugeant op¬ portun de terminer à David la descendance de Juda, père de la tribu royale. Les Hébreux rap¬ portent que ce fut au temps d’Elimélech, époux de Noémi, père de Maalon et de Chélion, que le soleil s’ arrêta, à cause des prévaricateurs (ms. des prévarications) contre la loi, afin qu’à la vue d’un si grand miracle, ils se convertissent au Seigneur leur Dieu. Et parce qu’ils dédaignèrent de le faire, la famine devint si grande, qu’Eli- mélech, qui habitait d’abord la tribu de Juda, Moyse accepta esse dicitur, eo quod relictis idolorum cultibus, ad Dei cultum conversa si t. ' « Charroi pater Ceila et Estnmoa, qui fuit de Macha¬ ti. » Ibid. 19. Ceila nomen loci est, et Machati simili- ter. « Simoni, pater Amnon, et Rena, » Ibid. 20, filius fuit Estamoa, filii Odai, filii Asricl, filii Jalalecl, filii Cenes, filii Sela, filii Judæ. « Et pater Lécha. » Ibid . 21-23. Idcirco lue ponilur propter memoriam pristim nominis. « Coguationes ergo domus operantium byssum in domo juramenti, » hi sunt, qui cura Beseleel morati sunt ad explendum opus tabernaculi. Juramenti etenim domus idcirco di¬ citur, sicut et tabernaculum fœderis, quod in eo fœ- dus esset Dei, quod cura hominihus fecit, et juramen- tum quod juravit ad Abraham, Isaac et Jacob. Quod vero sequitur ; « Quid stare fecit solem ; » redit ad progeniem Pharez, de quo ortus est David, opportu- num judioans progeniem Juda, de qua tribus regia orta est, in David terrainare. Traduut enim Hebræi hune fuisse Elimelech virum Noemi, patrem Maalon et Chelion in cujus tempore sol steterit, propter præva- ricatores (Ms. prxvaricaliones) legis, ut tanto raira- cti'lo viso, converterentur ad Dominum Deum suum. non-séulement dut quitter sa patrie avec sa femme et ses fils, mais encore demeura dans l’exil avec ces derniers. Quant aux hommes du mensonge, ce furent Maalon et Chélion, qui sont appelés ici « sûr » et « brûlant, » et dont il est dit qu’ils furent princes en Moab, parce qu’ils épousèrent des femmes Moabitcs. L’hébreu dit très-expressément et les savants versés dans cette langue nous apprennent qu’il ne faut pas lire « princes, » mais « maris. » Ce qui suit, eu égard à celles qui revinrent à Lèliem, se rapporte à Noémi et à Ruth, qui revinrent à/< Léliem, » c’est-à-dire au pain, après la famine ; elles re¬ tournèrent en effet à Bethléem, où elles avaient appris que régnait l’abondance. Comme cette histoire est racontée au livre de Ruth, Ru! h . i, 4, l’Ecriture dit ici : « Ce sont là des paroles an¬ ciennes. » Elle appelle habitant dans les planta¬ tions et les haies, la postérité de Ruth ; elle ha- bita dans les haies et les plantations, puisqu’elle parvint à la dignité royale. « Ils demeurèrent là, » c’est-à-dire à Béthléem, auprès du roi, dans ses œuvres, parce qu’est issu d’eux le roi David, dont les œuvres sont proclamées par la plus.ôcla- tante renommée. <( Les fils de Syméon, » Ibid , 24, 31 et 32, sont cités au nombre de six dans la Genèse. Ici, le sixième est passé sous silence, parce qu’il n’eut Quod quia facere conterapseruat; idcirco famés inva- luit, ut ille, qui iu tribu Juda prior videbatur, famis ino[)ia cura uxore et filiis, non solum patria pellere- tur, sed etiara in eadem peregrinalione cum filiis mo- reretur. Viros aulem mendaeii esse Maalon et Chelion, qui hic, « securus » et « incendeus » appellantur, et de quibus dicitur quod principes fuerint in Moab, eo quod uxores Moabitidas duxerint, in Hebræo expres- sius ponitur, et ab eruditis illius linguee didicimus, ut non principes, sed mariti dieautur. Quod vero sequi¬ tur, quæ reversas sunt in Lehem, Noemi et Rutb de- monstrat, quæ in Lehem, id est, « panem » post ino- piara famis, audita ubertate panis, in Betlileem re¬ vers® sunt. Et quia hæc historia in libro Ruth scribi- tur, Ruth. i, 4, idcirco subsequitur : « Hæc autem verba vetera. » Figulos vero dicit habitantes in plan- tationibus et sepibus, progeniem quæ de Ruth propa- gata est; quæ in sepibus et plantationibus habitasse legitur, quando ad regiam dignitatem hæc plantatio pervenit. « Commorati sunt ibi, » hoc est in Bethleem apud regem in operibus ejus, quia ex eis David rex ortus est, cujus opéra miris præconiis prædicantur. « Filii Symeon. » Ibid. 24, 31 et 32. In Genesi sex describuntur. Hic voro sextus tollitur, eo quod nulla 360 SAINT JÉROME. pas d’enfants. Il y a une raison, du reste, pour que quelques noms soient changés. La Genèse écrit Jémuel, « mer de Dieu, » les Paralipomènes disent Namuël, « parlant avec Dieu. » La Ge¬ nèse nomme un autre Ohad, « louange, » et les Paralipomènes l’appellent Jarid, « qui plaide, » parce que de sa race sortit Zamai, qui, ayant péché avec une courtisane Madianite, fut mis à mort par Phinées. Jachin, « préparation, » de la Genèse est le Zara, « lever, » des Paralipomènes. L’un et l’autre livre citent Saül sous le même nom, mais les Paralipomènes ne disent pas qu’il était fils de Ganan, et trompés par le voi¬ sinage du nom d’un de sesfrères, ils le disent de Zara, qui signifie « issu. » Par le passage « ces villes furent à eux jusqu’au règne de David, » il faut entendre que Sicélech et Bersabée, qui avaient appartenu à la tribu de Juda, et dont s’était emparée la tribu de Syméon, furent réta¬ blies par David dans l’héritage de Juda. Ain Remmon, qui veut dire « fontaine des grenades, est le nom d’une ville. « Et tous leurs petits bourgs autour de ces ci¬ tés jusqu’à Baal. » Ibid. 33. Baal, en ce passage, est la même qui, dans une autre, est appelée Cariathbaal, dont il a été déjà parlé. Sur ce qui reste d’Amalech, il faut remarquer : que Bééra, fils de Baal, de la race de Ruben, est le père du progenies de eo processit, Mutantur vero Domina quædam suis rationibus. In Genesi scribitur, Jemuel. Jeinuel, « mare Dei : » in Paralipomenon Namuel. Na- muel, « loquens cum Deo. » Alius vero in Genesi voentur Oliad : in Paralipomenon Jarib. Ohad interpretatur, « laudatio : » Jarib, « litigans, » quia de ejus progeuie exivit Zamri, qui cum scorto Madianitide peccans,a Plii- nees peremptus est. Jachim in Genesi, quod interpre¬ tatur, «præparatio: » in Paralipomenon Zara, quod in¬ terpretatur, « orlus. » Saul vero, quem eodem nomine in utroque libro commémorât, hic filium Cananitidis tacet, et vicinitate fraterni nominis ex Zara, qui inter¬ pretatur, « ortus, » décorât. Quod dicit, « hæ civitates eorum usque ad regem David ; » hoc vult intclligi, quod Sicelech et Bersabee, quæ tribus Judæ fuerunt, et a tribu Syrneon invasae sunt, a David denuo in pristinam Judæ redierunt hæreditatem. Ain Remmon unius villæ nomen est, quæ interpretatur, « fons ma- lorum granatorum. » « Et universi viculi eorum per circuitum civilatum istarum usque Baal. » Ibid. 33 . Baal in hoc Ioco ipsa est, quæ in alio loco Cariathbaal scribitur, de qua su- perius dictum est. NoUndum de reliquiis Amalech : Prophète Osée, et que Cethuraest lamêmequ’A- gar. Quand les Paralipomènes disent, I Par. \y 19, que ceux de Ruben et de Cad, ceux de la demi- tribu de Manassê combattirent avec les Aga- •rasins, il est entendu que leur portèrent secours les Ituréens, les Naphéens et ceux de Nodab, qui ôtaient évidemment les descendants d’Is- maël. Le même homme que les Paralipomènes appellent Nodab est appelé Cedma par la Genèse. Cedma veut dire, « des antiques ; » Nodab, « l’un des deux. » Ce fut la guerre du Seigneur en ce qu’ils combattirent avec eux. « Theglatphalasar transporta Ruben, Gad et la demi tribu de Manassé, et les conduisit à Hala, à Abor et à Hara, » Ibid. 26, qui n’est autre que Ragès. Dans Malachie, Hara est omise. Le prêtre Josédech, I Par. vi, 15, est le même qu’Ezras. Le livre d’Ezras le prouve, quand il y est dit : « Et après ces paroles sous le règne d’Ar- taxcrxès, roi des Perses, Ezras, fils d’Azarias. » Dans son livre, il s’omet par humilité. Dans ce passage : « Jornan engendra Azarias, » il s’agit d’Azarias qui exerça le sacerdoce dans le Temple que Salomon édifia à Jérusalem, et qui résista au roi Ozias, quand il entra dans le Temple avec l’encensoir, profanation qui amena un grand tremblement de terre. Ou rapporte aussi que cet Beera filius Baal de stirpe Ruben, ipse est Pater Oseæ prophetæ. Notandum quod ipsa sit Cethura quæ et Agar. I Heg. y, 19. Nam cum dicat Rubenitas et Gadditas et dimidiam tribum Manasse pugnasse cum Agarenis, sequïtur præbuisse eis auxilium Ituræos, Naphæos, et Nodab, qui utique filii Israael fuerunt. Idem in Para¬ lipomenon Nodab, in Genesi Cedma vocatur. Cedma interpretatur, « antiquorum, » Nodab, « uter. » Fuit enimbellum Domini:quîa Dominus pugnavit cnra eis. « Transtulit Theglatphalasar, Ruben et Gad et di¬ midiam tribum Manasse, etadduxit eos in Hala, et in Abor et Hara, » Ibid. 26, ipsa est Rages. In Malachim vero Hara prætermittitur. I Par. vi, 15. Josedec sacerdos, ipse est Ezras. De- monstrat hoc liber ejusdem Ezræ, ubi dicit : « Et post hæc verba in regno Artaxerxïs regis Persarum Ézras fi¬ lius Saraiæ filii Azariæ. » Sed in libro suo se præter- mittit humilitatis causa. Quod vero dicit, « Jdanan ge- nuit Azariam, » et ipse est Azarias, qui sacerdotio functusest in domo quam ædificavit Salomon in Jéru¬ salem ; monstrat eumdem Azariam restitisse Oziæ régi, quando intravit in templum Domini cum thuribulo questions hébraïques sur le livre i des paralipômènes. sgi Ezras est le même que le prophète Malachie, qui est le dernier des douze Prophètes. Du même était fils le grand-prêtre Jésus, dont parle le pro¬ phète Zacharie. Il ne faut pas oublier que fré¬ quemment les noms des personnes, les change^- ments et les répétitions des noms couvrent un grand mystère. « Aminadab fils deChaat.» Ibid . 21. Cet Ami¬ nadab est le même que les Nombres appellent Jessaar, père de Coré. Le fils de Samuël qui porte dans les Rois le nom de Johel, est appelé dans les Paralipômènes Vasséni, parce qu’Abia, fils de Samuël, établi juge, se laissa corrompre par des présents. Et parce que ce Johel ou Vasséni con¬ naissait cette conduite et ne la blâmait point, il est dit qu’ils ont tous deux été corrompus. Dans notre passage, il est montré séparé de son frère, parce qu’il recevait des présents. « Eliel, père de Jéroam, fils de Thou. » Ibid . 34. Les Rois écrivent Eliu, et disent : « Son nom est Elcana, fils de Jéroam, fils d’Eliu, fils de Thou. Eliel signifie « Dieu mon Dieu, » Eliu « mon Dieu lui-même. » Ici, il est appelé Eliel, c’est-à-dire, « Dieu mon Dieu; » dans les Rois, où il n’est pas encore désigné pour le ministère du temple, mais est seulement un anneau de le chaîne généalogique, il est appelé Eliu, c’est-à-dire, « mon Dieu lui-même. » Comme le chanteur et terræ motus maguus factus est. Tradunt etiam eumdem Ezram esse Malachiam prophetam, qui in duodecim Prophetis ultimus est. Ipsius filius est Jésus sacerdos maguus, de quo meminit Zacharias propheta. Sciendum sane quia crebræ appellatioues personarum et immutationes nominum et repetitiones,ad magnum mysterium pertinent. « Filii Clïaat Aminadab filius ejus. » Ibid. 21. Iste Aminadab ipse est, qui in Numéris Jessaar scribitur, puter Core. Filius Samuel, qui in Regum Johel nomi- natur : in Paralipomenon Vasséni scribitur, quia Abia filius Samuelis, in judieem constitutus, munerum ac¬ cepter erat. Et quia iste Johel, qui et Vasséni, sciebat hoc, et non corripicbat eum ; ideo dicuntur uterque fecisse. In hoc vero loco. demonstrat eum separatum a fratre suo, quia accepter munerum erat. « Eliel pater Jéroam filius Thou, » Ibid. 34, in Re¬ gum Eliu scribitur. Sic enirn habes, « et nomen ejus Elcana filius Jéroam, filii Eliu, filii Thou. » Eliel inter- pretatur, «Deus meus Deus.» Eliu, «Deus meus ipse.» Et hic Eliel dicitur, id est, « Deus meus Deus; » in Regum vero, ubi needutn ad tcmpli ministerium designatur, sed solummodo genenlogiæ ordo texitur, dicitur Eliu, id est, « Deus meus ipse. » Quod vero dicitur Eman can- Eman, fils de Johel, est cité, la généalogie pour être complète, nomme Asaph son frère. Ce frère n’est pas de même père ou de même mère; on lui donne ce titre comme nous le donnons habituellement à des proches. Si le livre saint reprend la généalogie d’Aaron et la conduit jus¬ qu’à Àchimaas, on croit que c’est àlailouaiige et pour la mémoire de cet Achimaas, parce qu’il fut fidèle en toute occasion à David. « Jemaam avec ses alentours. » Ibid. 68. Les Paralipômènes écrivent Jemaam, qui signifie « action de se venger du peuple; » Josué dit Jee- naan par nun, c’est-à-dire « acquisition du peu¬ ple. » Sans doute pour cette raison que ceux qui avaient été primitivement une [acquisition du peuple par leur vigilance à garder la loi, furent changés par. le péché en une cause de vindicte contre le peuple. « Aner et ses alentours étaient de la demi- tribu de Manassé. » Ibid. '0. Aner prit le nom d’un des enfants d’ Abraham, parce que c’est là qu'il habita et qu’il fut enseveli. Josué l’appelle Thaanath, qui veut dire « il répondit, » tandis qu’Aner se traduit par « lumière. » Les Parali- pomènes écrivent Balaam, c’est-à-dire, a action de troubler le peuple, » et ses alentours; Josué écrit Giblaam, « invétération du peuple. » Ramoth, dont parlent les Paralipômènes en ce tor filius Johel, et explet i genealogia, dicit Asaph fra- trera ejus. Hic frater non unius patris aut matris dici¬ tur, sed eo modo quo solemus propinquos fratres ap- pellare. Quod vero geuealogia Aaron repetitur, et us- que ad Achimaas pervenit, putatur hoc ob laudem et memoriam Achimaas factum esse, eo quod fideliter erga David in omnibus egerit. « Jecmaam cum suburbanis suis. » Ibid. 68. Jec- rnaam, in Paralipomenon, per Mem, quod interpreta- tur, « vindicatio populi ; » in Josue scribitur Jecnaan, per Nun, id est, « acquisitio populi. » Hac vidclicet ra- tione quia qui primitus in custodienda lege fuerunt acquisitio populi, propter peccata sua vérsi sunt in vindictam populi. a Porro ex dimidia tribu Manassc Aner, et subur- bana ejus. » Ibid. 70. Aner ex uno de pueris Abrahæ nomen accepit, qui vocabatur Aner, eo quod ibi habi- tavit, et ibi sepultus est. In Josue vero Thaanath vo- catur. Aner interpretatur, « lumen. » Thannach, « res- poudit. » In Paralipomenon, Balaam et suburbana ejus; in Josue Giblaam scribitur. Giblaam, « invetera- tio populi ; « Balaam, « turbatio populi. » Ibid. 73. Ramoth vero in Palipomenon, scribitur. Unde dicitur, « Ramoth quoque et suburbana ejus, » 362 SAINT JÉROME. passage : « Raraoth et sa banlieue, » Ibid. 73, est dans la tribu d’Issachar. Ramoth Galaad, dont parlent les Rois, est dans la tribu d’Eph- raïm. Les Paralipomènes : « De le tribu d’Aser, Ma- sal avec scs alentours. » Ibid. 74. Ici Masàl se tra¬ duit par « parabole. » Le livre de Josué écrit Misaal qui signifie « interrogation de Dieu. » Les Paralipomènes : a Hucac et ses alentours, » Ibid. 75, Hucac signifiant « il sculpta, » tandis que Helcath, orthographe du livre de Josué, veut dire « portion. ® Il y a deux Cédés : une dans le tribu d’Issa- ehar, et l’autre dans celle de Nepthali en Galilée, où fut Barach, fils d’Achinoem. Dans les Parali- poménes : « Hamon, » c’est-à-dire, a action de chauffer, » « et ses environs;» Ibid. 76; dans Josué Hamatlidor, « chaleur de la génération. » Dans les Paralipomènes : Gariathaïm, » c’est-à-dire « ville de la mer, » et ses environs, dans Josué Carthan; « ville, » dans les Paralipomènes, de la tribu de Gad, a Ramoth en Galaad et ses envi¬ rons. » Ramoth Galaad, dans les Rois, est un seul nom, et appartient à la tribu d’Ephraïm. Dans les Paralipomènes : « Or les fils d’Issa- cliar furent Thola et Sua, Jasub et Siméron. » I Par. vu, 6. Jasub, qui signifie « rappelant, » est appelé Job, c’est-à-dire, « hurlement, » dans la Genèse. Siméron est le nom d’un homme, et Sa- et iû tribu Issacliar. Ramoth vero Galaad, quse in Re- gum scribitur, in tribu Ephraim. In Paralipomenon, « de tribu Aser, Masal cum sub- urbanis suis. » Ibid . 74. Hic Masal « pnrabola» inter- pretatur. In libro vero Josue Misaal scribitur, quod iu- terpretatur « interrogatio Dei. » In Paralipomenon, « Hucac et suburbana ejua; » Ibid. 75; in Josue vero Helcath scribitur. Hucac in- terpretatur «sculpsit; » Helcath, « portio. » Duæsunt Cédés : una in tribu Issachar, et altéra in tribu Nephthalim in Galilæa, ubi fuit Barach filins À- chinoem. Ibid. 76. In Paralipomenon, « Haraon cum suburbanis suis;» in Josue Hamathdor. Hamon iu- terpretatur « calefactio ; » Hamathdor, u c.alefactio ge- nerationis. In Paralipomenon, « Cariathaim et subur¬ bana ejus; » in Josue scribitur Cartban. Cariathaim in- terpretatur « urbs maris; » Carthan, « urbs,» in Parali¬ pomenon, de tribu Gad. « Ramoth in Galaad et subur¬ bana ejus.» Ramoth Galaad, in Regum unum nomen est, et est in tribu Ephraim. In Paralipomenon, «porro filii IssachnrThola et Sua, Jasub et Siineron, » I Rtg. vu. Jasub in Geneei Job rnaron, celui d’une ville. Siméron, nom d’homme, par i ; nom de ville, par a. Les Paralipomènes, Ibid . 3, disent qu’il y eut cinq fils de Jezraïa, qui fut fils unique d’Ozi, et leur nombre s’élève à cinq. Dans les Paralipomènes : « Les fils de Benja¬ min furent Bêla, Béchar et Jadiel, » Ibid . 6, qui signifie « connaissant Dieu, » tandis tque la Gé- nèse écrit Asbel, qui veut dire, « captif de Dieu. » « Tous ceux-ci fils de Bêcher. » Ibid. 8. Par¬ tout où il est écrit dans la loi : «Tous ceux-ci fils de, » cette tournure est employée pour marquer l’excellence ou la dégradation des qualités d_c quelqu’un. Les fils de Bélan furent Jéhus, Benjamin Aotli et Canana, Àoth, de la race de qui fut le juge dn même nom dont il est parlé au livre des Juges. Canana est celui de qui étaient issus les Benjami- tes qui commirent le crime pour lequel un grand carnage eut lieu en Israël au temps des Juges. Dans les Paralipomènes : « Les fils de Neph- thali furent Jasiel, Guni, Jézur et Sellum. » Ibid. 18. Sellum qui signifie « paix, » est écrit Scllem c’est-à-dire « récent, » dans la Genèse . Quant à ce qui suit ; «les fils de Balaa, » qui fut concubine de Jacob, certains pensent qu’elle a été nommée ici parEzra, parce qu’après la mort de Jacob, elle fut intermédiaire entre Joseph et nominatur. Job interpretatur « ululatio ; » Jasub, « revocans. » Siméron, nomen hominis, et Samaron, nomen civitatis. Siméron, ubi nomen est hominis, per i ; ubi nomen est civitatis, per a. Filii Jezraia, Ibid. 3, in Paralipomenon quinque di- cuntur esse, et non sunt nisi quatuor; sed annume- ratur cum eis pnter eorum Jezraia, qui unicus patri suo Ozi fuit, et fiunt quinque. In Paralipomeuon, filii Benjamin, Bêla et Becliar, et Jadiel; Ibid. 6; « in Genesi pro Jadiel Asbelîscrïbitur. Jadiel interpretatur « cognoscens Deum; Asbel, « cap- tivus Dei. » « Omnes isti filii Becher.» Ibid. 8. Ubicumque in loge scribitur, « omnes isti filii ; » cujuslibet aut pro merito- rumexcelleutia, aut pro meritorum deterioratione fiunt. « Filii autem Belan, Jehus et Benjamin et Aoth et Canana. » Ibid. 6. Aoth, de cujus progenie fuit judex AoLh, qui in Judicum libro scribitur. Canana vero iste est, a quo egressi sunt Benjamitæ, qui nefas perpe- traverunt, propter quod magnæ cædes in Israël tem- pore Judicum factæ sunt. Jn ParalipomenoD, « filii Nephthali Jasiel, ,et Guni, et QUESTIONS HÉBRAÏQUES SUR LE LIVRE ] DES PARALIPOMÈNES. 363 les autres patriarches, qui le priaient de ne pas se souvenir de leur faute. Dans les Paralipomènes : « Or Manassé eut pour fils Asriel et pour concubine Syra. » Ibid . 14. Le même Manassé engendra Machir, père de Galaad. On rapporte que cette Syra était fille d’un fils de Laban. En un temps de famine, con¬ duite en Egyptepar son père pour y être vendue, elle excita la pitié de Manassé, qui était préfet des greniers publics. Celui-ci, après avoir donné des vivres au père de Syra, la prit pour femme et de là naquit Machir, père de Galaad. « Les fils de Machir furent Huphim et Suphim.» Ibid. 15. Huphim et Suphim est le nom d'un même homme. Il eut pour sœur Maacha, qu’Es- rom reçut à l’àge de soixante ans, d’où naquit Sô- gub. Huphim signifie « lit nuptial ; » Suphim, « oint. » « Le nom du second fils est Zalphaad. Ibid. Ce¬ lui-ci est dit le second, parce que tous deux, c’est- à-dire Huphim ou Suphim et Zalphaad, étaient les premiers dans la tribu de Manassé. « Sa sœur, » c’est-à-dire de Bédam, fils d’U- lam, « était Rôgina. » Ibid. 18. Ce Bédam est un autre que Bédam ou Samson, dans le livre des Rois. Bédam signifie « dans Dan. » Cette sœur Régina n’est autre que Debbora, épouse de Ba- Jezer, et Sellum ; » Ibid . 18; in Genesi iste Seïlum, Sellem scribitur. Sellum interpretaLur «pax ;.» Sellom, « recens. » Quod vero sequitür, « fila Balaa, » quæ fuit con- cubina Jacob; quidam putant ideo illam in hoc loco ab Ezra nominulaïn, quia post mortem Jacob lega- tione functa fueril inter Joseph etcæteros Patriarchas qua precali sunt eum,ne recordaretur peccati eorum. tn Paralipomenon, « porro lilii Manassé Asriel, con- cubinaque ejus Syra. » Ibid. 14. Idem Manassé peperit Machir patrem Galaad. Ferunt banc Syram|filiam fuisse filii Laban, quæ in Ægypturu famis inopia advenundan- dumapatre ducta, Manassé, jqui horreis præerat, mise- ricorditer suscepta, patri cibariis datis, ab eodem Me¬ nasse in conjugium sumpta est ; peperitquo ei Machir patrem Galaad. « Filii Machir Huphim et Suphim. » Ibid. Huphim et Suphim unum numen est ; et est soror ejus Maacha, quarn accepit Esrom, dum sexaginta esset annorum, ex quà suscepit Segub. Huphim interpretatur « thala¬ mus ; » Suphim, « unctus. » Nomen autem secundi Zalphaad ; Ibid. ; et idcirco iste secundus nominatur, quia hi duo principes eraut in tribu Manassé, id ost Huphim, qui et Suphim, et Zal¬ phaad. rach, connue encore sous le nom de Caphidoth. Suthala, i6ïd.20,fils d’Ephraïm, engendra Eser et Elaad, qui, ayant rassemblé une multitude d’Ismaélites, essayèrent d’entrer dans la terre promise, et furent mis en pièces dans Geth des Philistins. Quant à leurs frères qui vinrent con¬ soler Ephraim, c’étaient, ou ceux des Patriarches qui avaient survécu, ou des proches appelés frè¬ res comme nous le faisons souvent encore. « Sa fille Béria, » c’est-à-dire, « Sara, qui b⬠tit Béthoron inférieur et Ozen-Sara. » L’Ecriture raconte la vertu de cette femme. Ozen-Sara est lo nom d’un lieu. Elisama, fils d’Amiud, Ibid. 26, est un Patriar¬ che de la tribu d’Ephraïm dont parle le livre des Nombres. Celle-là est Sichem, Ibid. 28, que frappèrent Sy- méon et Lévi. Sara, fille d’Àser, fut, dit-on, une prophétesse, comblée des plus rares mérites. « Berzaïth de la race de Melchiel, » Ibid. 31, des fils d’Azer, fut très-riche eu huile et en autres biens, et porta les prémices au prophète Elisée. Eu cela, dit-on, s’accomplit la parole de Moyse sur Azer : « Qu’il teigne son pied dans l’huile. » Aara, fils de Benjamin. 1 Par. vu, 1. La Ge¬ nèse écrit Géra, qui signifie « voyageur ». Aara, « frère de l’odeur, » dans les Paralipomènes. « Soror autem ejus Regina, » Ibid. 18, id est, Be- dan filii Ulam : aliua est iste Bedan, et alius est Be¬ dan in Regum, id est, Samson. Bedan interpretatur, in Dan. Ista soror Regina est Debbora uxor Barach, qui alio nomine Lupbidoth vocatur. Suthala filius Ephraim, genuit Ezer et Elaad, qui congregata multitudioe de Israël ascendere nisi sunt ad terram repromissionis, et in Geth Philistinorum in- vecti sunt. Ibid. 20.Fratres vero qui ad consolnndum Ephraim venerunt, aut eos dicimus, qui de Patriarcliis supererant, aut cognalionem quam fraterno (Legefra- tres ut supra) nomine sæpe nominavimus. « Filia autem Berin, » id est, « Sara, quæ ædificavit Béthoron inferiorem et Ozen-Sara. » Ibid. 24. ;Virtus illius feminæ describitur. Ozen-Sara nomen est loci. Elisama filius Amiud, ipse est Palriarcha de tribu Ephraim, qui in libro Numerorum [scribitur. Ibid. 26. Ista est Sicbem,quam percusserunt Symeon et Levi. Ibid. 28. Sara filia Aser dicitur Prophetissa fuisse,, et meritorum prærogativis exuberasso. « Berzaith de progenie Melchiel, » Ibid. 28, de filiis Aser, fuit dilissimus olei et cæterarum opum, et tulit primitias Elisæo Prophetæ. In eo impletum ferunt, quod Moyses de Aser, ait, « tingat in - oleo pedom suum, » 364 SAINT Remarquons que ce passage passe sous silence cinq des fils de Benjamin; c’est qu’ils n’avaient pas encore eu de postérité. Nohaba, « repos, » des Paralipomènes, Ibid. % est le même que Naaman, « très-beau, » de la Genèse. Dans les Paralipomènes : Rapha, « mé¬ decine ; ». dans la Genèse : Alii, « mon frère » « Ceux-ci sont les fils d’Àhod, princes des pa¬ rentés habitant en Gabaa et qui furent transpor¬ tés en Man ah a th » Ibid 6. Manahath se traduit par « sépulcre. » Ils furent transportés en Manahath, quand, pour le crime commis sur la femme d’un lévite, ils tombèrent sous le glaive. Le passage sui¬ vant : « Naaman, Ahia, et Géra lui-même les trans¬ porta, » indique que. ceux-ci étaient leurs princes et que Géra était au-dessus des deux autres. Aussi sont-ils distingués par le singulier : 11 les trans¬ porta. De ce Géra procéda la race du Géra, qui fut père de Séinéi. Sérachim, Ibid. 8, renvoya ses épouses Usim et Bara, s’enfuit dans la terre de Moab, et prit pour femme Odès, dont il eut les fils qui sont nom¬ més ici. « Ceux-ci mirent en fuite les habitants de Getli, » Ibid . 13, et vengèrent leurs frères fils d’E- phraïm, qui étaient tombés sous le glaive des Gétliéens. « Les fils d'Ulara furent des^hommes très-cou- Aava filius Benjamin; in Genesi ecribitur Géra, quod interpretatur, « peregrimus. » I Par. vm, 1. In Paralipomenon, Aara « frater odoris. » Et notandum, quod liic quinque défilas Benjamin prætermiserit ; de quibus necdum progenies creverat. Nohaba in Paralipomenon, ipse est qui in Genesi, Naaman. Ibid. 2. Nohaba, « rcquies; » Naaman, «pul- cherrimus. » In Paralipomenon, Rapha : in Genesi ecribitur Ahi, quod interpretatur « frater meus; » Ra¬ pha, « medicina. » « Hi sunt filii Ahod principes eognationuin liabitan- tium in Gabaa, qui translati sunt in Manahath. » Ibid . 6. Manahath interpretatur «sepulcrum. » In Manahath translati sunt, quando pro scelere in uxorcm levitæ perpetrato, gladio corruerunt.;Quod vero sequitur: Naa¬ man autem et Ahia et Géra ipse transtulit eos, dési¬ gnât eos fuisse principes et illis eminuisse Géra. Unde et singulari numéro describuntür, ipse transtulit eos. De isto Géra proeessit progenies Géra, qui fuit pater Semei. Sérachim dimisit uxores suas Usim et Bara, et fu- git iu terrain Moab, et accepit uxorem Odee, ex qua suscepit filios, qui hiescribuntur. Ibid. 8. « Hi fugaverunt habitatores Geth, » Ibid. 13, et ulti JÉROME. rageux et pleins de force pour tendre l’arc ; ils eurentdes fils et des neveux en grand nombré ; ils étaient cent cinquante, » Ibid. 40. On rapporte ces « cent cinquante » A « fils d’Ulam, » en sorte que voici le sens : Les füs d’Ulam furent cent cinquante. Il y a IA une byperbate. « Les Nathinnéens, » c’est-à-dire « qui ont été donnés, » sont les Gabaonites, parce que Josué les donna au temple du Seigneur, pour y servir. « Azarias, fils d’Hel chias. » Ibid. u. C’est cet Hel- chias, grand-prêtre, qui trouve le livre de la loi au temps de Josias et qu’on dit avoir été le père du prophète Jérémie. Il est fait mention du charpentier Bachbachar, qui était de la tribu de Lévi, parce qu’il fit des travaux de son art dans la maison du Sei¬ gneur. « Et Baracbia, fils d’Asaph, fils d’Eicana, qui habita aux portes de Nétophati. » Ibid. 15, 16. Nétophati est un lieu qui habita Héléel, fils de Bana, dont il a été parlé plus haut. « Qui étaient la couronne de la maison de Jacob. » Abdia, fils de Sêméia, fils de Galad, fils d’Iditbun. Ce¬ lui-ci était un chanteur de David. On voyait à la porte du roi, dès le matin, à tour de rôle, des fils de Lévi, qui étaient chanteurs; ils venaient, à leur heure, pour psalmodier avec David. « Sellum, fils de Coré, fils d’Abiasaph, fils de sunt fratres suos filios Ephraim, quieorum ceciderant gludio. « Fuerunt autem filii Ulam viri fortissimi et magno robore, teudentes arcum, et multos habentes filios ac nepotes, centuin quinquaginta. » Ibid. £40. Hic cenLum quinquagiuta referunt ad filios Ulam, ut iste sit seu- sus.: Fuerunt autem filii Ulam centum quinquaginta, per tropum qui vocatur hyperbaton. « Natliinnei, » id est, «donati. » I Par. ix. Sunt enim Gabaonitæ, eo quod ad serviendum dati sunt ad templum Domini a Josue. « Azarias quoque filius Helchiæ. » Ibid . 11. Iste est Helchias sacerdos magnus, qui librum legis invenit tempore Josiæ, et dicitur fuisse pater Jeremiæ pro- phetæ. Bachbachar, carpentarius idcirco describitur, quia artificio suo fungebatur in domo Domini, et erat de tribu Levi. «Et Barachia filius Asaph, filii Elcana, qui habitavit in atriis Nétophati. » Ibid, 15, 16. Nétophati nomcn loci est, ubi habitavit Heleel filius Bana, de quo su- perius dictum est. «Qui erant coronæ domus Jacob. » Abdia filius Semeiæ, filii Galad, filii Iditliun. Iste est Idithun cautor David. Observabant in porta regis, ad questions hébraïques sur le livre i des paralipomènes. 365 Coré. » Ibid. 19, 20. Le premier Coré s'écrit par Àleph et a le son de Coré ; le second par Heth, et a le sondeCorach, qui signifie « chauve,» tandis que Coré veut dire « qui crie. » Coracli est celui dont il est question dans le Nombres, xvi et xxvi. « Ce sont les Corites ayant pour ministère de garder le vestibule du tabernacle. » Ils gardaient l’entrée extérieure du tabernacle. Mais leurs pè¬ res, qui sont nommés plus bas, et qui ont des titres dans le Psaltérion, gardaient l’entrée inté¬ rieure du tabernacle du Seigneur, et étaient chanteurs du camp du Seigneur. Le tabernacle est le lieu où reposait le Seigneur. Le nombre des portiers était réparti entre quatre corps de garde, et ces quatre lieux, d'où les gardiens de la maison du Seigneur exerçaient leur surveil¬ lance, sont décrits au livre des Nombres. Ils étaient dans chacun, cinquante-trois, en tout deux cent douze. « Phinéès, fils d’Eléazar, était leur chef devant le Seigneur. » Ce passage mon¬ tre que Phinéès vivait alors encore, et qu’ilfaisait les fonctions de gardien à son tour. Ce tour avait lieu vingt-quatre fois, ils sont donnés plus bas, et il en est fait mention dans l’Évangile, Luc, i, à propos du tour d’Abia. « En Gabaon habitèrent le père de Gabaon Jaïel et son épouse Maacha. » Ibid . 35. Jaïel est le orientem, de filiis Levi per vices suas, qui erant can- tores; et vicibus suis ad psallendum cum David ve- niebant. v Sellum vero filius Core, fiiii Abiasaph, fîlii Core. » Ibid. 19, 20. Hicprior Core per Alepli seribitur, et so- nut Core; secondes vero per Helh, et sonat Coracli. Core, « damans ; » Coracli, « calvus : » ipse est qui in Numéris seribitur, xvi et xxvi. a Ilijsunt Coritæ super opéra ministerii custodes vestibulorum tabernaculi. » lsti custodiebant ostium tabernaculi exterius. Patres vero eorum, qui subter scribuutur, et qui pu Psallerio titulos babent, ipsi custodiebant ostium interius ta¬ bernaculi Domiui, et erant cantores castrorum Do- mini. Tabernaculum dicit, ubi Doniuus requiescebat. His quatuor excubiis creditus erat omnis numerus ja- nitorum; et quatuor partes, quibus observabant cus¬ todes domus Domiui, descriptæ sunt in Iibro Nume- rorurn, Cap. nu Erant enim in unaquaque parte quin- quaginta et très, qui faciunt ducentos duodecim. « Pliinees filius Eleazar erat dux eorum coram Do¬ mino. » Hic monstratur Phinees adhuc in eo tempore vivere, et in tabernaculo vicibus suis excubare. Hæ sunt vices viginti quatuor, quæ in sequentibus descri- buntur, quarum in Evangelio mentio est, Lucœ i, de vice Abia. même que les Rois nomment Abiel, père de Chis, père de Saül. Abiel se traduit par « père mon Dieu, » Jaïel, « désert de Dieu, » à. cause de la distance des mérites. Il est h remarquer qu’entre les fils de Jaïel, Ner et Chis, sont appelés frères, comme ils l’étaient en èfTct; les Rois disaient de même. Plus bas il est dit : « Ner engendra Chis, » non point parce qu’il l’engendra réellement, mais parce qu’il l’éleva. « Ceux-ci habitèrent de la région de leurs frè¬ res à Jérusalem avec leurs frères. » Ibid. 38. Quoi qu’ils fussent établis hors des murs de Jérusalem, on dit, à. cause du voisinage du nom collectif de l’endroit, qu’ils demeuraient dans la ville. « Aminadab, fils de Saül, » Ibid . 32, dans ies Paralipomènes ; les Rois, au passage où il est dit qu'il fut tué avec son père, le nomment Abi- nadab, c’est-à-dire « mon père vœu; » dans les autres endroits, Jesbi, c'est-à-dire, « égalisé à. » a Esbaal, fils de Saül, » Ibid., est le même qu’Is- boseth. Esbaal signifie « mari du feu; » Isboseth, a homme de la confusion. » « Le fils de Jonatham, Mêribaal, » Ibid. 40, est le même Miphiboseth. Mêribaal se traduit par « plaidant avec le mari ; » Méribabaal, « plaidant contre le mari. » Raphaïa et Rapha, Ibid. 43, est le même nom, « la Gabaon autern commorati sunt, pater Gabaon Jaiel et nomen uxoris ejos Maacha. » Ibid. 35. Jaicl, ipse est, qui in Regum seribitur Abiel pater Chis patris Saul. Abiel interpretatur, « pater meus Deus; » Jaiel, «desertus Dei,» propter meritorum distanüam. Et no- landum, quia inter filios Jaiel, Ner et Chis voeantur fratres, sicut et sunt, et in Regum ita habetur. In se¬ quentibus vero dicitur, « Ner genuit Chis; » non quod eum educaverit, genuisse eum dicitur. « lsti liabitaverunt e regione fratrnm suorum in Jérusalem cum fratribus suis.'» Ibid. 38. Quamvisforis muros Jérusalem habitèrent, dicuntur propter vicina- tatem tamen et conventum loci in Jérusalem habi¬ tasse. « Aminadab filius Saul, » Ibid. 39, in Paraliponienon. In Regum vero, ubi occisus est cum pâtre, Abinadab vocatur, id est, « pater meus votum. » In aliis vero locis Jesbi, id est, «coæquatus. » « Asbaal filius Saul, » ipse est Isboseth. Ibid. Esbaal interpretatur, « ignis maritus. » Isboseth, « virconfu- sionis. >* « Filius Jonalliam Mêribaal, qui et Méribabaal, » Ibid. 40, ipse est Miphiboseth. Mêribaal interpretatur, « litigans cum marito. » Méribabaal, « litigans in ma- ritum. » 366 SAINT JÉROME. fils de Binaa, fils de Mosa. Rapha veut dire « qui découle ; * Raphaïa, « médecine de Dieu. » Azaricham Bocru, Ibid, 44, est le nom d’un seul homme. Bocru se traduit par « premier-né. » On rapporte qu’il est le même que 3’iduméen Doch, héraut d’armes de Saül, ou que le fils de Doëch qui porta à David le diadème et le bou¬ clier de Saül. On dit aussi que ce môme Doëch était l’enfant de Saül, et celui avec lequel il alla à la recherche des ânesses de son père. « Saül périt donc avec ses trois fils, et toute sa maison succomba également; » I Par . x, 6 ; sa maison, dit l'Ecriture, succomba également: non parce qu’il n’en survécut aucun, puisque Mar- dochée en était, mais parce qu’elle perdit le trône:. « Et ils clouèrent sa tête dans le temple de Da- gon. » Ibid, 10. L’hébreu ne porte pas « la tète, » mais 3e corps, parce qu'on avait déjà envoyé sa tête pour la faire voir partout. Les Rois écrivent « dans Bethsan, « maison de celui qui dort ; » on rapporte en effet que Bethsan était ap¬ pelée la maison de Dagon. Les Juges et Josuè font mention d’une autre Bethsan, maison de la sécurité. « Joab construisit le reste de la ville, » I Par . xi, 8, c’est-à-dire que, pendant que les Jébuséens étaient passés au fil de l'épée, si quelques Israé¬ lites étaient découverts parmi eux, il les sauvait. Raphnia et Rnpba, Ibid, 43, unum nomcn est, filius Binaa, fila Mosa. Rapha interpretatnr « deflucus; » Raphnia, « medicina Dei. » Azaricham Bocru unius hominis est nomen. Ibid. 44. Bocru interprelatur « primogenitus. » Tradunt enim enm arnügerum Saul Doeoh Idumæum fuisse, et pneruro qui diadema et armillam Saul detulitad David liliiim Doech Idumrei. Ipsum etiam Doecli ferunt pue- rum Saul fuisse, qui cuin eo perrexerat ad requirendas asinns patris sui. « Interiit ergo Saul, et très filii ejus et omnis do- imis ejuspariler. « I Parai, x. Domum ejus pariter con- cidisse dioit, non ut non esset, de quibus fuit Mardo- cliæus, sed ut non regnaret. « Et caput ejus affixerunl in templo Dagon. » Ibid, 10. In Hebræo non caput, sed « corpus» habetur, qnia caput jam miserant ad ûircnmducendum. In Re- gum vero scribitur in Belbsan. Bethsan enim tradnnt vocatam domum Dagon, quœ interpretatur « domus dormientis. » Alia est enim Bethsan in Judicum lihro, et in Josue, quœ interpretatur, « domus securitatis. » « J on b autem reliqua urbis exstruxit, » I Par, xi, 8, id est, pereuntibus Jebusæis gladio, si qui ex Israelitis inter eos invenli fuissent, ab eo salvabanlur. « Jesbaam, fils d’Achamonni, le premier entre trente.» Ibid 11. Jesbaam signifie « siégeant dans le peuple. » Le fils d’Achamonni, « très-sage, » n’est autre que David. De là le passage des Rois : « Très-savant il est assis sur sa chaise; » et il dé¬ chut de sa sagesse, devenant semblable au petit ver le plus tendre du bois, à cause de la faute qu'il commit contre Uri. Comme le livre des Rois dit qu’il en tua huit cents d’un seul choc; les Paralipomènes ici rapportent qu’il en tua trois cents à cause du même péché. Eu une fois s'en¬ tend d’un seul choc qu'il en tua neuf cents, et c'est pourquoi les Rois disent d’un seul choc. Aliobi, Ibid, 12, fut le frère d’Tsaïe, père de Da¬ vid, dont le fils fut Eléazar, qui fut entre les trois plus puissants, c’est-à-dire, Baanaïan, fils de Joïada, Abisaï fils de Sarvia et frère de Joab. « Ils se tinrent debout au milieu du champ, et ils le défendirent. » Ibid. 14. C’est-à-dire David et Eléazar. Ainsi parlent les Paralipomènes. Les- Rois emploient le singulier, pour montrer la force du roi. « Trois des trente principaux descendirent vers la pierre, où David était dans la grotte d’Odolla. » Ibid. 13. Ces trois sont ceux que nous avons nom¬ més plus haut. « David désira donc de l'eau ; » Ibid. ; ce qu’il fit, non point parce qu’il désirait de l’eau, mais « Jesbaam Olius Achamonni priuceps (Al. ponitur) inter triginta. » Ibid. 11. Jesbaam interpretatur « se- dcns in populo ; » filius Achamonni, id e3t, « sapicn- tissimus, » ipse est David. Roc est quod in Reguni scribitur : « Sedet in cathedra sapicntissimus, » et mi¬ nuit ur de sn pi en lin, quasi verra icu lus ligni Lcnerrimua propter peccatum, quod commisil in Uriam. Et cum in Regum volnmine dicat oetîngintos ilium uno im- petu iulerfecisbe; in Pnrnlipomeuon hic dicit trecentos eum interfecisse propter ipsum peccatum. Unavice in- tclligitur uno impelu, et octingiutos interfecisse. Uude et in Regum scribitur, uno iinpetu. Abobi frnter fuit Isai patris Dnvid, Ibid. 12, cujus filius fuit Eleazar, qui fuit inter très potentissimos, id est, Baanaïan filium Joiadæ, et Adisai filium Sarviæ fralrem Joab. « Stelerunt in medio agri, et eum defenderunt. » Ibid. 14. David scilicet et Eleazar. Iloc in Paralipo- menon. In Regum vero singulariter ponitur, ut regis fortitudo monstretnr. « Descenderunt autem très de trigiuta principibus ad petrara, in qna crat David ad speluncam Odollam.» Ibid. 15. Très isti, hi sunt quos supra memoravimus. « Desidcravit ergo David nquam; » Ibid) qui' non de- QUESTIONS HÉBRAÏQUES SUR LE LIVRE I DES PARALIPOMÊNES. 367 pour éprouver s’il se trouverait des hommes as¬ sez courageux pour cette entreprise. Il sacrifia la soif en rendant grâces au Seigneur de ce qu’il avait donné des hommes aussi courageux à Israël. Il est remarquable que le vin, qui était offert à Dieu dans le sacrifice, était mêlé d’eau, « Baanaïa, fils de Joïada, frappa lui-même deux ariel de Moab. »"Ibid. 22. Les Rois disent deux lions, c’est-à-dire deux hommes forts. Le même Baanaïa accomplit beaucoup des œuvres de Gabséel. Gabséel est le nom d’un lieu. L’Ecri¬ ture loue ici ses œuvres, c est- à -dire, sa sagesse parce qu’il était un des soixante-dix vieillards d’Israël. Gabséel, « congégration de Dieu. » Dans les Paralipomênes, Ibid. 27, Sammoth Arodite. C’est le même que les Rois appellent Samma, c’est-à-dire, « là même, » tandis que Samoth veut dire « les noms. » Elles, fils de Phalti de Jaïto, d’après les Rois, est Ellôs Plonite, d’après les Paralipomênes. Ici, l’Ecriture dési¬ gne la généalogie maternelle. Ploni en effet fut le proche parent de Booz, et il est dit de lui dans Ruth : « Il y a un très-proche parent. » Sibbochaï Uphathite des Paralipomênes, Ibid. 29, est le même que Mobunaï des Rois. Mobunaï veut dire « mon édifice; » Sibbochaï, « pris au filet.» lllaï Aothite des Paralipomênes n’est autre que Salomon des Rois. Salomon se traduit par siderio aqnæ hoc fecit, sed ad probandum utrum tam fortes inveniri potuissent, qui hoc attentarent. Sacri- ficavit eam Domino gratias agcns, quia tam fortes vi- ros iu Israël dederat. Et notandum quod viuum, quod Deo in sacrificium offerebatur, aqua mixtmn erat. « Baanaia filius Joiadæ, ipse percussit duos ariel Moab. » Ibid. 22. In Regum scribitur duos leoncs Moab ipse percussit, id est, duos veros fortes de Moab. Idem Baanaias multa opéra perpetravit de Cabseel. Gabseel nomen loci est. Hic opéra ejus laudat, id est, sapien- tiam,; quia unus erat de septuaginta Senioribus Israël Cabseel, « congregatio Dei. » In Paralipomenon, Ibid. 27, Sammoth Arodites, ipse est qui in Regum scribitur Samma. Samma interpreta- tur, « ibidem,» Samoth, «nomina. » Elles filins Phalti de Jaito, quod in Regum scribitur, iu Paralipomcnon Elles Plouites scribitur. Hic progeniem matris désignât. Ploni enim fuit proximus Booz, de quo dicitur in Ruth : «Est quidam propinquior. » In Paralipomenon Sibbochai Uphathites, ipse est qui in Regum scribitur Mobuuai. Mobuuai interpretatur, « ædificium meum; » Sibbochai, « irretitus. » Ibid. 2. In Paralipomenon Illai Aothites, ipse est qui in Re¬ gum scribitur Salmon. Salmon interpretatur « subum- « sous l’ombre, » Uluï par « exaltée. » Aothite, fils d’Aothi, frère d'Isaïe. Celui queles'Paralipomèncs, Ibid. 30, nomment Ileleb, (( graisse, » Je livre des Rois l’appelle Hé- led, « terre. » Dans les Paralipomênes, Ibid. 32, Huraï; dans les Rois, Hédaï. Huraï veut dire « ma fenêtre; » Hédaï, « ma pointe. » Dans les Paralipomênes : Abiel, « mon père Dieu; » dans les Rois : Abial- bon, « mon père douleur. » Les Rois disent : les fils deUasen, de Jonathan; mais il ne faut pas croire que Jasen fût son fils. Jonathan est en effet mis séparément, et dans les Paralipomênes, Ibid. 33, son fils est Sagié. Les fils d’Azem sortaient de Gizoni. Jasen veut dire « dormeur; » Asem, « nommé. » « Aiham,fils de Sachar. » Ibid. 34. Sachar, or¬ thographe des Paralipomênes, signifie « récom¬ pense;» Les Rois écrivent Saar, «‘chanteur. » « Eliphal, » c’est-à-dire, « mon Dieu admira¬ ble, « fils d’Ur, c’est-à-dire « du feu, » des Parali- pomènes, s’écrit Eliphat, c’est-à-dire « mon Dieu délivrera, «fils d’Asbai, c’est-à-dire « ilm’ajépar- gné. » Dans les Paralipomênes : Ibid. 36 : Epher Mé- choratite. Déplier est le même qu’Eliam, père de Bethsabée, fils d’Achitopel. Mechorati, « vendu. » Epher, « fosse. » Eliam, « mon Dieu admira- bra'; » Illai, « exaltatus. » Aolhite3 filius Aothi fratris Isai. Hcleb in Paralipomenon, quiaïn Regum scribitur Heled. Ibid. 30. Heleb, « adeps ; » Heled, « terra. » Huraiin Paralipomenon, in Regum scribitur Hedai. Durai interpretatur, « fenestra mea. » Ibid. 32. Hedai interpretatur, « acumen meum. » Abiel in Paralipo¬ menon, in Regum Abialbon. Abiel, « patermeus Deus. » Abialbon, « pater meus dolor. » In Regum, filii Jasen, Jonathan : non est putandum quod filius ejus sit. Sigillatim eninpponitur Jonathan, et est filius ejus Sagie in Paralipomenon. Filii vero A- sem Gizoni. Jasen interpretatur « domitor, » Asem, « nominatus. » « Aiham filius Sachar, » Ibid. 34, in Paralipomenon ; et interpretatur « merces » ; in Regum scribitur Saar, et interpretatur « cantor. » « Eliphel, filius Ur, » Ibid. 35, in Paralipomenon : in Regum Eliphelet filius Asbai. Eliphel interpretatur « Deusmeus mirabilis; Ur, «ignis; » Eliphelet, «Deus meus liberabit. » Asbai ; « pepercit mihi. » In Paralipomenon, Epher Mechoratites. Hepher ipse est Eliam pater Betbsabee, filius Achitophel. Mecho¬ rati, «venundatus ; » Enber, «foveam.» Ibid.W. Eliam 368 SAINT JÉROME. ble. » Achitopel, « mon frère ruine; » ou encore « mon frère admirable. » Esro, dans les Paralipomènes. Ibid. 37, se tra¬ duit par « son vestibule; » Esraï, dans les Rois, par « mon vestibule. » Dans les Paralipomènes: Nooraï, fils d’Esbaï; dans les Rois, Pharaï d’Arbi. Nooraï, « mon enfant. » Esbaï, « mon hÿsope. » Pharaï, « glu. » Arbi, « sauterelle. » Les Paralipomènes, Ibid. .37, disent Joël, frère de Nathan ; les Rois, Igaal, fils de Nathan. Joël se traduit par a Seigneur Dieu. » Joël et Jonathan ou le prophète Nathan étaient frères et fils de Sammaa, frère de David. Igaal, « racheté. » Les Paralipomènes désignent Joël comme frère, et les Rois comme fils de Nathan ; en voici le motif : Nathan est frère de Joël comme l’ayant élevé, il est son père par nature. Mibahar, fils d’Agari, dans les Paralipomènes; dans les Rois, Bani, de Gaddi. Mibahar signifie « d’entre les élus , » Agari, « mon étranger; » Bani, « mon fils. » De Gaddi, c’est-à-dire, de la tribu de Gad. Hira Jéthréen, Ibid. 41, fils de J éther, père d’A- masa. Urie, mari de Bethsabée, est surnommé Ethéen, du lieu appelé Eth. Là ils furent au nombre de trente-sept avec David, quand il fuyait devant Saül. « Maacha,» Ibid . 43, est le nom d’un office des femmes pour des choses particulières à leur sexe. Maacha, «ingénieuse; » Sélech Ammonite, parce « Deus meus mirabilis. » Achitophel, « frater meus ruina : » item, « frater meus mirabilis. » Esro in Paralipomenon, interpretatur « atrium ejus.'» Ibid . 37. lu Regum, Esrai inlerpretatur, « atrium meum. d In Paralipomenon, Noorai filius Esbni ; in Regum Pharni de Arbi. Noorai, « puer mous, » Eshai, « Hyssopus meus. » Pharai interpretatur « gluto ; » Arbi, « locusta.» In Paralipomenon, Ibid. 37, Joël frater Nathan : in Regum scribitur Igaal filius Nathau. Joël, interpre¬ tatur, « Dominus Deus. » Joël, et Jonathan et Nathan propheta fratres fuerunt, ftlii Sammaa fratris David. Igaal, « redemptus.» Quod vero in Paralipomenon Joël frater Nathan et in Regum filius Nathan scribitur, hæe causa est : illic ponitur pro eduealione pater, hic pro natura frater. Mibahar filius Agari, in Paralipomenon : in Regum, Bani de Gaddi. Mibahar interpretatur, « de clectis ; » Agari, « advena meus. >» Bani, « filius meus : » de Gaddi, hoc est, de tribu Gad. Hira Jethræus, filius Jëther patris Amasæ. Uria, Ibid . 41,Ethæus virBetbsabee,a loco qui vocatur Eth,Ethæus vocatus est. Hi triginta septem fuerunt (Al, fugerunt) cura David cum fugeretante Saul. qu’il remplissait son ministère dans Ammon; Githma Moabite, parce qu’il remplissait le sien dans Moab. Jusqu’ici ç’a été la généalogie des Benjamites, Elcana, Jésia et Azraël. Les Lévites commencent. « Ils fuirent aussi de Gaddi vers David. « I Par. xit, 8. De Gaddi, e’est-à-dire de la tribu de Gad. « Ils donnèrent secours à David contre les vo¬ leurs, o Ibid . 21, c’est-à-dire les Amalécites et ceux quittaient avec eux, lorsqu’ils s’emparèrent de ses femmes. a Jusqu’à ce qu’il se fit un nombre considé¬ rable comme armée de Dieu. » Ibid. 22. Le nom¬ bre de soixante mille, comme à la sortie d’Egy¬ pte. La tradition dit que le prince Joïada, de la race d’Aaron, n’est autre que Phinéès, en com¬ paraison de qui Sadoch est appelé un enfant. Quand l’auteur sacré parle de princes qui vin¬ rent avec lui, cela veut dire des prêtres. D’entre les enfants d’Issachar, des hommes érudits qui connaissaient tous les temps. En effet, ils étaient docteurs, chronologistes, et maîtres pour l’orga¬ nisation des fêtes religieuses et du reste. Aussi est-il dit dans la bénédiction d’Issachar : « Il courba ses épaules et devint le serviteur des tri¬ buts » Gen. xlix, 5. « David rassembla donc tout Israël depuis Sihor d’Egypte. » I Par. xm, 5. Sihor est un fleuve d’E- « Maacha » nomen est officii feminarum de causis muliebribus. Ibid. 43. Maacha, « ingeniosa. » Selech Ammonites, eo quod in Ammon ministerio firageretur. Githma Moabites, eo quod in Moab ministerio fun- geretur. Hactenus Benjamilæ, Elcana, et Jesia, et Az- rael. lncipiunt Levitæ. « Sed et de Gaddi transfugerunt ad David. I Par. xii, 8;de Gaddi, id est, de tribu Gad. « Hi præbuerunt auxilimn David adversum latrun- culos, » Ibid. 21 , id est, Amalecitas, qui prædati sunt uxores ejus, et eorum qui cum eo erant. « Usque dum fieret grandis numerus quasi exereitus Dei. » Ibid. 22. Sexcentorum millium numerus, qui de Ægypto egressi sunt. Joiada quoque princeps de stirpe Aaron, ipsum tradunt fuisse Phinees, ad cujus comparationem, Sadoch puer vocatur. Quod vero di- . cil principes eum eis venisse, idest, saeerdotes,"de fi- liis Issachar viri eruditi, qui norunt singula tempora. Ipsi enirn erant doctores, computatores, et magistri, sive ad festivitates celebrandas, sive ad caetera : et ideo dietum est in benedictiooe Issachar : « Supposuit humeros suos, et factus est tributis serviens. » Gen. XL, IX, 15. questions hébraïques sur l gyp te formé par une dérivation du Nil. Dans Jé¬ rémie : « Pourquoi sur la voie d’Egypte bois-tu les eaux du Sihor ? » Et Josué : « Depuis Sihor, qui est sur la terre d’Egypte, jusqu’aux frontières d’Accaron. » « Lorsqu’ils furent arrivés au plateau de Clii- don. « Ibid. 9. Chidon signifie « bouclier. » La tradition rapporte que cet endroit est celui où il fut dit à Josué : « Lève le bouclier contre la ville d’Aï. » « Eliada, fils de David. » I Par. 32. Les Parali- pomènes, après lui avoir en premier lieu donné ce nom, comme les Rois, l’appellent ensuite Ba- liada. Eliada signifie « mon Dieu connut; » Ba- liada, « le mari connut. » La tradition dit que ce nom fut changé à cause de la transgression de David. « Abinadab » ï Par. xui, 7, signifie « mon père voeu; » Aminadab, « mon peuple vœu. » En ef¬ fet, Aminadab avait ordonné à ses deux fils Oza et Ahio de porter l’arche du Seigneur sur leurs épaules, et parce qu’ils ne la portèrent pas eux- mêmes et ne la donnèrent pas aux Chaatites, pour la porter, Oza fut puni de mort. Ils furent coupables en ne la portant pas, et le châtiment du péché commença quand ils la soulevèrent. Cette distinction est confirmée par l’exemple d'O- za, dont le bras et l’épaule se desséchèrent dès « Congregavit ergo David cunctum Israël, a Sihor Ægypti.» Par. xm, 5. Sihor Ægyptifluvius estaNilode- rivntus. In Jeremia : » Quid tibi est ad viam Egypti, utbibasaquas Sihor ?» lu Josue «De Sihor, qui est super faelem Ægyptfi usque ad termiuos Accaron. » « Cuin pervenissent ad aream Chidon. » Ibid. 9. Chi- dou interpréta tur, « clypeus. » Traditur enim iste lo¬ cus esse, ubi Josue stabat, quando dictum est ei, « leva clypeum contra urbem Ahi. » « Eliada filius David,;» Par. 7. i, 32 in Regum ; et in Pa- ralipomenon, in primo loco nominatur eodem modo, in secundo vero loco Baliada. Eliada interpretatur, « Dcus meus cognovit. » Baliada. « maritus cognovit: » Tradunt propter transgressionem David, hoc nomen immutatum. « Abinadab, ». interpretatur « Pafer meus votum ; » Aminadab, « populus meus votum. » I Par. xu, 7. Jus- serat enim idem Aminadab duobns filiis suis Oza et Ahio, ut portarent aream Domini liumerissuis. Etquia neque ipsi eam portaverunt, neque Chaatitis ad por- tandum dederuut, idcirco Oza mulctatus est morte. Fuit enim peccatum in non portando ; in sustineudo aream, jam pœna peccati. Divisio enim Oza traditur, quod aruissot brachium ejus et humérus, ubi area Do- TD’iI. IV. R LIVRE I DES PARAL1P0MÈNES. 309 qu’il fallut porter Larché; on peut voir là une sorte de division. « Il détourna l’arche de Dieu vers la maison d’Obed-Edom. » Ibid. 13 Obed-Edom était un lé- , vite ; et David ignorait pour quelle cause le cour¬ roux de Dieu avait fondu sur Oza. Mais quand il connut la cause de ce châtiment, il ordonna que l’arche fut portée sur les épaules, connue le fait voir la suite. « Il vint contre eux à revers de ceux qui pleu¬ rent. » I Par. xiv, 8. La tradition rapporte que les Philistins avaient une idole, à laquelle on offrait les larmes des hommes. C’est donc pendant qu’ils lui faisaient un de ces sacrifices selon leur cou¬ tume, que David les surprit par derrière ; quand il vint ainsi, le courroux de Dieu était déjà sus¬ pendu sur leurs têtes Les Gentils redoutèrent David à cause de la destruction de l’idole, à la¬ quelle on offrait les larmes humaines en sacrifice. « 11 lui dressa une tente du tabernacle.» I Par. xv, I, etc. II fit une nouvelle tente qui recouvrait celle que Moyse avait faite dans le désert. « Frappant en chœur sur des cymbales d’ai¬ rain. » Ibid. 16. L’hébreu écrit: « Sur des cymbales d’airain pour se faire entendre, » sans doute parce qu’ils commençaient par le psaume dont les premiers mots sont : a Entendez, Seigneur, ma justice, » et qui est le seizième. mini portanda erat, et in illius loco divisio quædam facta est. «Avertit aream Dei iu domo Obed-Edom. » Ibid. 13. Obed-Edom l.evita erat ; et ignorabat David ob quam causarn indignatio Dei venisset in Ozam. Postquom vero cognovit causarn, pro qua Oza percussus est, jus- sit eam portori in bumeris, sicut sequentia demons- trant. « Vcnitcontrn illos ex adverso flentium. » I Par. xiv, Tradunt Philistæos idolura habuisse, cui in lacrymis hominum sacrifieium parabatur. HuicilU more suo la¬ crymis sacrificabant. Et eis ex adverso David venît, in quorum capitibus jam furor Domini sævicbat, quan¬ do ad eos ventum est. Ideo timuerunt gentes David propter idolurn destructum, cui humanis lacrymis sa- crificabatur. « Teteuditqueei tabernaculuin. » Par. xv, etc. Aliud novum tabernaculum fecit, quo istud (Al. illud) quod a Moyse factum fuerat in eremo, cooperiret. « In cymbalis æneis concrepantes. » Ibid. 19. In Hc- bræo habet « in cymbalis æneis ad audiendum ; » qnia videlicet ab ipso psalmo iucipiebant, qui habet in capite : « Exaudi, Domine, justitiam meam, » qui est soxtus docimu?. 24* 370 SAINT JÉKOMK. « Sur les Psaltérions ils chantaient les mys¬ tères. )> Ibid. 20. L’hébreu ajoute « pour les jeu¬ nes gens, w parce qu’ils commençaient par le psaume quarante-cinq, qui porte cette mention dans le titre. « Sur les cithares ils chantaient l’octave, » Ibid. 21, parce qu’ils commençaient par le psaume six qui a cela dans le titre. Quelques-uns pensent que « pour l’octave » tient lieu de « pour la cir¬ concision. » « Chonénias, prince des Lévites, dirigeait la prophétie en donnant d’avance la mélodie des chants, » Ibid. 22, parce que, sous l’inspiration prophétique, il rappelait à la mémoire les mélo¬ dies et les paroles. « Barachias et Elcana étaient portiers de l’ar¬ che. » Ibid . 23. Ce passage appelle portiers de l’arche ceux qui la portaient. « Le Seigneur étant venu en aide aux lévites qui portaient l’arche d’alliance, » Ibid. 26, redou¬ tant le sort d’Oza. « Obed-Edom et Jéïhel dirigeaient les instru¬ ments de musique. »I Par. xvi, 5. C’est de la race de ce Jéïhel qu’était le prophète Ahiel, qui pro¬ phétisait au temps de Josaphat. « Il réprimanda à cause d’euxdesRois, » Ibid. 21, Pharaon et Abimélôch. »< S ad o ch était prêtre, et ses frères étaient prê¬ tres devant le tabernacle du Seigneur sur le haut « In Nablis arenna cantabant. » Ibid. 20. In Hebræo habet, « pro juventutibus ; » quiaapsalmo quadragesi- rno quinto incipiebant, qui hoc habet in titulo. « In citharis pro octava cantabanl, » Ibid. 21, quia a sexto psalmo incipiebant, qui hoc habet in titulo. Pro octava nutem, quidam putantpro circumcisione. «Chonénias autem, princeps Levilarum, prophetiæ præerat ad præcinendum melodiam; >> Ibid. 22, quia ipse eis spiritu prophetiæ, melodias et verba ad rae- moriam revocabat, «Bnrachias et Elcanajanitores arcæ. » Ibid. 23. Hic janitores portatores vocat. « Cumque adjuvisset Deus levitas, qui portabant nr- cam fœderis, » Ibid. 26, ti mentes casum Ozæ. « Obed-Edom et Jeihel super organa. » Par. xvi. Isto Jeihel est do cujus progenie fuit Ahiel prophètes, qui in diebus Josapbat prophetnvit. « Sed increpavit proeis reges, » Ibid. 21, Pliaraonem et Abimelech. « Sadoch autem sacerdotem, et fratres illius sncer- dotes coram tabernaculo Domini in excelso, qui erant in Gabaon. » Ibid. 39 Hic Gabaon, quidam locum quem- dam arbitrantur esse in Jérusalem, ubi a David tabor- lieu; ils étaienten Gabaon. » Ibid. 39. Quelques-uns pensent que Gabaon était un endroit de Jérusa¬ lem, où David avait placé le tabernacle de l’al¬ liance et l’arche du testament. Gabaon veut dire « vallée. » On croit que ce lieu est qualifié de « haut, » à cause de la sublimité du culte di¬ vin . « David revint afin de bénir sa maison. » Ibid. 43. Quelques-uns pensent que bénédiction » est dit ici par antiphrase. La maison est celle de Michol, fille de Saül, que David réprimanda par¬ ce qu’elle s’était scandalisée en le voyant danser devant l’arche d’alliance. « Il se fit un nom comme celui d’un des ancê¬ tres, qui sont célèbres sur la terre. » I Par.xvi, 8. D’un dos ancêtres : Abraham, ou Isaac, ou Ja¬ cob. « Afin que David enlevât Getd et ses filles des mains des Philistins. » I Par. xyiii, 1. Les Rois disent : « Il enleva le frein du tribut, » afin d’é¬ tendre son empire jusqu’au fleuve de l’Euphrate. Quelque-uns pensent qu’il s’agit ici d’Adadezer, et même de Thibahath eldeChun. Les Rois écri¬ vent Bétlia et Bérothaï. Bétha, « repos. » Béro- tha'i, * mes fontaines. » Thibahat, a boucherie. » Chun,.« frappé. » C’est par dérision en effet que le changement des noms a été fait en cet en¬ droit. « Thou, roi d’Emath, » Ibid. 6, dans les Para- nnculum fœderis et area testament! Domini collocata sunt. Gabaon vallis interpretatur. Exceianm autem propter subli mitatem cnltus divitii existimant. « Reversus est David ut benediceret domui suæ. » Ibid. 43. Quidam beuedictionem hic per antiphrasim dhtam putant. Domum vero Michol, fdiæ Saul, quani increpavit David, eo quod indignai» sit, cum vidisset eum subsilientem coram Domino ante arcam testa- menti. « FeCitque sibi nomen quasi unius majorum, qui celebruntur in terra. » Par. xvu. Unius majorum aut Abraham, aut isaac, aut Jacob. « Ut tolleret David Getd et fîlias ejus de manu Phi- lislinorum. » Par. xvm, 1. In Regum scribitur: « Tulit frenum tributi, » ut dilataret imperium suutn usque ad flumen Euphraten. Quidam putant de Adadezer dic- tnm, neenon et de Thibahath et de Cbun. In Regum Betha et Berotlmi. Betha interpretatur, requies, u Berothai, « fontes mei. » Thibahat, « macel.lum, » Chun « percussus » (AL « compercitssus ») ; propter deri- sionem enim in hoc loco immutaiio noncinum facta est. « Thou rex Emath, in Paralipomenon, in Regum 371 questions hébraïques sur le livre i des paralipomènes. lipomènes ; et dans les Rois, Tlioï. Thoï, « mon erreur, » Thou, « leur erreur,» parce qu’il en¬ voyait son fils à David pour le tromper. C’est pourquoi il y a eu changement de nom. « Il envoya son fils Aduram, » Ibid . 10, c’est- à-dire, « ornement très-haut. » Les Rois disent Joràm, qui signifie « Dieu très-haut » « David, son retour, après avoir pris la Syrie, se fit un nom dans la vallée des Sallines en taillant en pièces dix-huit mille hommes. » Ibid. 12. Les Rois rapportent ce fait de la même manière. Beaucoup écrivent douze mille, induits en erreur par le psaume où il est dit « douze mille. » Mais il est constant que Joab, d’une part, en défit douze mille, et Abisaï dix-huit mille, d’autre part. C’est à cause delà prééminence du nom royal, que la victoire est rapportée à David. Les Paralipomènes en effet disent en termes clairs que ces dix -huit mille ennemis furent taillés en pièces par Abisaï. « Les commentaires. »Ibid. 15. Il s’agit des com¬ mentateurs qui, dans leurs notes sur les événe¬ ments et leurs causes, rapportaient tous ces faits à la mémoire du roi. Dans les Paralipomènes Ibid. 16 : Abimélcch, fils d’Abiathar; dans les Rois : Achimêlech. Abi- inélech, « mon père roi. » Achimêlech, « mon frère roi. » Susa, «joie; » des Paralipomènes, Thoi. Ibid. 9, Thoi, «error meus ; Thou, «error eorum ; » quia filium suum in dolo ad David mittebat. Idcirco nominis immutatio facta est. « Misit Aduram filium suum;» Ibid . 10, in Regum, Joram. Joram, « Deus excelsus. « Aduram,» décor ex- celsus. » a Fecit David sibi nomen cum reverteretur capta Syria, in valle Sallinarum cæsi.s decem et octo milli- bus. » Ibid. 12. Eodem modo et in Regum scriptura est. Multi enira duodecim rnillia habent, errore ducti, eo quod in psalmo scribitur « duodecim rnillia. » Sed illic duodecim rnillia Joab interfecisse perhibetur, lue decem et octo rnillia Abisai ; et propter regalis no¬ minis dignitatem, David Victoria ascribitur. Est enim in Paralipomenon plane scriptum, quod Abisai hæc decem et octo rnillia interfecerit. « Commentarii. » Ibid. 15. Commentatores, qui an- notatis rebus et causis, régi eas ad memoriam refere- bant. Abimelecb filius Abiathar in Paralipomenon, in Re¬ gum Àchimelûchscribitur. Ibid. 16. Abimelecb, « pater meusrex. » Achimêlech, « frater meus rex.» Susascri- biturParalipomenon, in Regum Saraia. Susa, « gau- dium.» Saraia, «princeps Domiui.» Bahurim, interpre- est Saraïa, princesse du Seigneur ; » des Rois. Ba¬ hurim, qui signifie « des élus; » Phalti, « déli¬ vré; » Laïs, « fils du lion. » Il vint jusqu'à Bahurim, » Ibid. 17, jusqu’au lieu des docteurs et des choisis, au nombre des¬ quels il était. Céréthi, « exterminateurs. » Phélé- tlii, « admirables. » On dit en effet que soi¬ xante-dix juges furent mis à la place de ceux que Moyse avait choisis dans le désert, sur l’or¬ dre du Seigneur. Dans les Rois, ils sont appelés « prêtres fils de David, » et dans les Parai ipomè- nes, « les premiers à la main du roi. » Ces deux qualifications rentrent dans le même sens : ils sont appelés premiers et prêtres, à cause de leur noblesse et de -leur priorité. C’étaient en effet ceux qui étaient nés à Ebron. « Je ferai amitié avec Anon, fils de Naas, parce que son père me fut favorable. » I Par . xix, 2. Naas était un roi d’Ammon, dont parle le livre des Rois, et que Saul combattit et vainquit à la défense de Jabès Galaath. Ennemi de Saül, il accueillait. David avec faveur, quand celui-ci ve¬ nait auprès de lui. Les Paralipomènes disent qu’il les rendit chauves et qu’il ouvrit leurs tuni¬ ques par le milieu jusqu’à l’aine; les Rois, qu’il fit couper un côté de leur barbe et fendre leurs vêlements par le milieu jusqu’au bas des reins. Ces deux passages se complètent l’un par fau¬ ta tur, eleclorum. Phalti, liber alus, Lais, filius Iconis . « Venit usqne ad Bahurim, » Ibid. i7, usque ad lo- cum doctorum et electorum, e quibus unus erat. Ce- rethi, « exterminatores.» Phelethi, « admirnbiles. » Di- cuntur enim fuisse septuaginta Judices loco eorum substitut], quos Moyses iu eremo, Domino præci- piente, delegerat. In Regum, filii David sacerdotes, in Paralipomenon, y primi ad manum regis » scribuntur. Ad unum enim sensum utrumque convenit , quia bic dicit eos primos, et illic sacerdotes, propter nobili- tatem etprioratum. Hi enim sunt qui ei in Ebron nati sunt. « Faciam misericordiam cum Anon filio Naas, I Par. xix, præstitit enim pater ejus mihi gratiam. » Naas fuit rex Ammon, qui iri Regum scribitur, cum quo pri- mum Saul in in defensionem Jabes Galaath pugnavit, et vicit eum. Quia ergo erat inimicus Saul, id¬ circo gratiam præstabat David, si qunndo ad eum ve- niebat. In Regum, dimidiam partem barbæ præcidit, et vestes eorum médias usque ad notes. In Paralipo- menon, decalvavft, præcidit tuuicas eorum médias us- que ad inguina. Quod in uno loco deest, in alio ha- betur : unde colligitur eos decavntos fuissi, et barbas rasas eos habuisse, et vestimenta præcisa ante et rétro. SAINT JÉROME. 372 tre; par conséquent, ils furent rendus chauves, on rasa leurs barbes, et leurs vêtements furent ouverts devant et derrière. « Sophach, prince de la milice, était d’Àda- dezer. » Ibid . 16. Sophach se rend par « dont on a arraché les entrailles; » le livre des Rois écrit Sobach, qui signifie « qui ressemble à la co¬ lombe. » « David enleva la couronne de la tète de Mel- chom. » I Par. xx, 2. Melchom est une idole des Ammonites, dont il est parlé dans le livre des Rois, dans les Paralipomènes et dans Sophonie. Melchom signifie « leur roi. » David enleva en effet le diadème de ce simulacre. La loi défendait aux Juifs de prendre quoi que ce fût, or ou ar¬ gent, ayant appartenu aux idoles. Mais, selon la tradition, E thaï le Jéthéen, Philistin d’origine, qui s'était rallié à David, enleva le diadème de la tète de Melchom, afin qu’il fût permis an roi hébreu d’accepter de la main d’un homme, ce qu’il ne pouvait retirer du front d’une idole. Après cela commença la guerre en Gôzer. » Ibid. 48. Les Rois disent : En Gob. Gob signifie « sauterelle. » Gézer, qui est un nom de lieu, signifie « ordination. » Comme des sauterelles, les fils d’Àrapha détruisaient Israël. Arapha était belle-fille de INoémi, et de sa race sortirent les géants, Goliath et ses frères. « Où frappa Sobacliaï Husatithe de Sapliaï. » Ibid. Dans les Rois, Snplx, qui se rend par « Sophach antem princeps militiæ erat Adadezer. » Ibid. 46. Sophach interpretatur, « evisceratu s; »iu Re- gum scribitur Sobach, et iaterpretatur, « columba- ris. » « Tu lit autem coronam David Melchom décapité ejus.» I Par. xx, 2. Melchom idolum Ammouitarum, dequoiù Regnni, et in Pnrulipomenon, et in Sophonia scribitur. Melchom interpretatur, « rex eorurn. » De simulacro enim illius idoli tulit David diadema. [llieiUim erat de idolis aliquid auri appetere, aut argenti, Judæis perlegem. Sed,utipsi traduut, Etbai JetJiœus, qui de Philistinorum ad David venerat, ipse diadema diri- puit de cnpile Melchom, ut liceret Hebræo de manu hominis capere quod décapité idoli non licebat. « Post bœc initum est bellum iu Gezer; » Ibid. 4 ; in Regu ni, « in Gob. » Gob interpretatur, « locusta. » Gezer vero uomen loci est, et interpretatur, « ordi- natio. » Sicut locustæ, ila Ûlii Arapliæ delebant Israël. Arapha enim fuit uurus Noemi, de enjus progenie fuerunl gigantes, Goliath et fratres ejus. « In quo percussit Sobochai H usathites Saphat ; » Ibid . inRegum Saph. Saph interpretatur, « iimiuare. » Sa- « seuil, » Sapliaï, « mon seuil. » Dans les Paralipo¬ mènes, de la race de Raphaim ; dans les Rois, de la race de Raphaf parce que les fils d’Orpha étaient de la race des géants. « Où frappa Adéodat. » Ibid. 6. Dans l’hébreu, on lit : Eléanan, fils de J air, frère Lé é mi te J air, « vigilant, » est écrit dans le livre des Rois, Dr fils de Jaarê, qui se rend par « bois. » Les Rois disent: Bethléémite; les Paralipomènes, frère Léémite. Il mit à mort Goliath le Géthéen, frère de Goliath Philistin, que tua David. En effet, ils furent cinq de la souche d’Orpha, et les passages suivants en parlent. « Jonathan, fils de Sammaa, frère de David, le frappa. » Ibid. 7. Jonathan est le môme que le prophète INathan, qui eut deux frères, Joël et Jonadab. En cet endroit, son nom est suivi de celui de son père, parce qu'on en parle en tant que guerrier. Quand l’Ecriture en parle en tant que prophète, elle ne fait pas mention de son père , parce que celui-ci ne fut pas prophète. « Gela sera une source de péché pour Israël, » I Par . xxi, 3, c’est-à-dire de mort, qui vient à cause du péché. Dans les Paralipomènes Ibid. 5 ; mille fois mille et cent mille; dans les Rois : mille fois trois cent mille. Le premier livre tient compte et de ceux qui restèrent, et de ceux qui furent tués; le second des survivants seuls. Quand l’Ecriture dit que soixante -dix mille furent tués, elle ne phal, « liminare meum. » In Paralipomeuon, de gé¬ néré Raphaim; in Regum, de stirpe Rapha, quia ülii Orphae erant de généré gigantum. « la qao percussit Adeodatus. » Ibid. o. In Hebræo iegitur, Eleanan filins Jair, Lcemi tes f rater. Jair, « vi- gilaus; » in Regum scribiLur Hur filius Jaare, quod in¬ terpretatur « sa I tus. » In Regu ni scribitur, Bethlehe- mites; in Paralipomeuon, Leemites frater. Iuterfecit ergo Goliath Getthæum, fratrem Goliæ PhilUtæi, qnem interfecit David. Fuerunl enim de stirpe Orphæ quia- que, de quibus in sequenlibus dicit. « Et percussit eum Jonathan (ilius Sammaa fratris David. » Ibid. 7. Jonathan ipse est Nathan propheta, qui habuit duos fratres, Joël et Jonadab. Idcirco et hic nomen patris imponitur, quia inter præliatores descri- bitur. Ubi vero de prophetia ejus scribitur, non ei nn- notatur pater, eo quod pater ejus propheta non fuerit. « Quod in peccatum reputatur Israeli, » 1 Par . xxi, 3, id est, in mortem, quæ pro peccato venit. In Paralipomenon, mille inülia,. et centum millia ; iu Regum, mille treceuta millia. Ibid, 5. In Pnralipome- non scribuntnr et hi qui remanserunt, et qui inter- questions hébraïques sur le livre i des paralipoménes. 373 compte que les plus vieux. Quant au peuple, il y en eut autant de tués que le nombre mille dépasse trois cents. Des tribus de Lévi et de Benjamin il 11’y en eut point de tués : Benjamin fut épargné, parce que tout récemment il avait péri presque entièrement sous le glaive de ses frères. Quant à Lévi, on ne le comptait pas, la dignité sacerdotale le mettant au-dessus des au¬ tres. (' Le glaive du Seigneur, la mort et l’Ange du Seigneur. » Ibid. L’Ecriture dit que le Seigneur descendit en Egypte, la frappa de plaies et fit périr les premiers-nés. Exod. xi. En ce passage, ce qu’il y a de terrible dans ces premiers mots « le glaive du Seigneur, «est adouci par la suite: « et l'ange du Seigneur. » Il ne s’agit pas de la main cîe l’homme; ce n'est pas la main de l’homme qui flagelle, mais celle de Dieu, en qui est la miséricorde infinie. Explication nécessaire, puis¬ que le fléau de l’homme est également dans le glaive et dans la famine, attendu qui ceux qui détiennent les blés peuvent en arrêter la vente. « Le Seigneur le vit, et il eut pitié. » Ibid . 15. On dit que le prêtre Sadoch en habits sacerdo¬ taux pria le Seigneur, à l’imitation de son frère Àaron, et que le Seigneur, ayant vu ses prières et sa dévotion, fut pris de pitié. Dans les Paralipoménes, Ibid. 18, seqq. : Or- fecti suât. In Regurn vero vivi tontummodo nume- rantur. Quod vero scribitur, ‘septuaginta millia iuter- fecta fuisse, hic tantum capita seoiorum numerantur. Cæterum de plebe tôt millia interfecta sunt, quot mil- lenarium trecenta numerum excedunt. De tribu Levi et Benjamin, quia non sunt humerati, non sunt in- terfecti; quia Benjamin ideo evasit, quia recenti tem- pore fraterno gladio pene usque ad internecionem cor- ruerat. Levi vero non numerabatur, quia sacerdotii dignitate præcellebat. « Gladium Domini et mortem et Angelum Domini. » Ibid. Dicitur Üominus in Ægyptum descendisse, etper- cüssisse Ægyptum plagis, et peremisse primogenitoa Ægyptiorum. Exod . xi. Hic vero, quod terribiliter po- situm est primum de gladio Domini, temperatur dum dicitur, « et Angelum Domini, » non in manu ho- minis, ut flagellum ejus non esset in manu hominis, sed in manu Dei, quia nmltæ miseratiouis est. Flngel- luni enim hominis et in gladio est, et in famé, quiapos- sunt prohibere venundationes hi apud quos surit fru- menta. « Viclit Dominus, et misertus est. » Ibid . 15. Aiunt Sadoch sacerdotem infulatum Dominum deprecatum fuisse, et imitatum fuisse patrem smmi Aaron ; et il- nan, « lumière pour nous ; » dans les Rois : Areuna, c’est-à-dire, « arche. « Il paraît ici qu’Ornan était Jébuséen, puisque David ne vou¬ lut offrir à Dieu rien qui lui appartînt sans ar¬ gent. La loi le défendait. Quelques-uns disent que le sang fut répandu deux fois par David : pour le sang ennemi qu’il avait versé, et pour celui d'Urie, qui le fut. « Des fils de Gersan, fils de Moyse, Sébuel fut le premier. » I Par. xxm, 1. La tradition ditqu’il n’est autre que le Jonathan du livre des Juges, qui fut prêtre dans la tribu de Dan. Jonathan signifie» don du Seigneur; « Sébuël, » retournant au Seigneur. » Il est écrit de lui : a Lui-même etses fils furent prêtres dans la tribu de Dan, jus¬ qu’au jour de la captivité de la terre, » c’est-à dire, jusqu’au jour où l’arche du Seigneur fut prise par les Allophylcs. Sebuel, « Dieu est re¬ tourné, » selon cette parole du Prophète : » Tour¬ nez-vous vers moi, et je me tournerai vers vous. » Zachar . 1, 3. « Or les fils deRahabiase multiplièrent outre mesure. » Ibid. il. En cela s’accomplit ce que le Seigneur dit à Moyse : « Laisse-moi, afin que je détruise ce peuple, et je te chargerai d’une nation plus considérable que celle-là. '» Exod- xxxn, 10. » Selon le dernier ordre de David, on clénom- lius preccs et devotiouem Dominum vidisse, et miser- tuin fuisse. lu Pavalipomenon Oman, et interpretatur, « lumen uobis ; » Ibid. 18, seqq. in Regurn vero Areuna, id est « area.» Oman, Jebusæum fuisse ibi parcscit, quia uo- luit David absque pecunia nliquid ejus offerre Domino, lu lege enim estproliibitum. Quiffam idcirco dicunt bis snuguinem fusurn a David pro sanguine liostili, quem effudit, et pro sanguine Uriæ,qui effusus est, « Filii Gersan lilii iMoysi, Sebuel pri mus.» I/Jn/\xxm,l. Ipsum feruut esse qui in Judicmn Jonathan scribitur, qui fuit sncerdos in tribu Dau. Jonuthan interpretatur, « Domini donum. » Sebuel, « revertens ad Dominum, » de quo scribitur ; « Ipse et filii ejus fuerunt sacerdoles in tribu Dan, usque ad diem capti vitatis terræ, » id est usque ad diem quando area Domini ab Allophylis capta est. bebuel « revertitur Deus ; » juxta hoc quod habetur in Propheta : « Converlimini ad me, et ego converlnr ad vos. » Zlchar. 1, 3. « Porro filii Rahabia mulliplicati sunt supra mo- dum (Al. domum.) » Ibid; 17. Et hic impletum est quod Dominus dixit ad Moysen : « Dimitteme, ut de- leam populnm istum, elfaciara te in gentem quæ ma¬ jor idta est. « Exod. xxxn, 10. SAINT JÉROME. 374 brerales (ils de Lévi, de vingt ans et au-dessus. » Ibid. 27-29. Quand le tabernacle du Seigneur était transporté d’un lieu à l’autre, ils étaient choisis à compter de trente ans; après que le temple du Seigneur eut été construit, on les dé¬ nombra à partir de vingt ans. Quelques manus¬ crits portent : « sur la farine qu’on fait rôtir; » d’autres « sur ce qu’on fait rôtir » seulement; c’est une interpolation fautive. L’hébreu ne parle pas en cet endroit de « fleur de farine, » parce qu’elle a été déjà nommée plus haut.; il dit : « pour faire rôtir, » avec « les épis » sous-en¬ tendu. En effet, quand on apportait les prémices des blés, on les torréfiait, et l’on mangeait les grains. Ce genre de mets s’appelle vulgairement « la fête des grains. » Quelques manuscrits portent : « Au delà de tout poids et de toute mesure. » Ibid. 27-29. Mais l’hébreu, en cet endroit, n’a pas le mot « poids ; » il parle seulement de mesure sous une double dénomination : mesure qu’on obtient au moyen des bras, des mains ou d’une corde, et me¬ sure qu’on obtient avec des vases. « Les princes du sanctuaire, fils d’Ithamar; les princes de Dieu, d'entre les fils d’Eléazar; les princes des prêtres issus d’Eléazar. » I Par . xxiv, o. Les princes de Dieu sont appelés princes du sanctuaire, fils d’Ithamar, parce que c’est là qu’ils exerçaient leur ministère. « La vingtième Ezéchiel. o Ibid. 16. C’est « Juxta præcepta David novissima, supputabiturfilio- rum Levi numerus, a viginti annis et supra. » Ibid. 27-29. Quando tabernaculum Domini movebatur de loco ad locum, a triginta annis eligebantur ; postquam vero templum Domini ædifleatum est, a viginti annis. Quod vero inquibusdamcodicibushabetur, « ad Ferven- tem simitam, » et in quibusdam ad « ferventem» tan- tummodo, error est. In Hebræo non habet in hoc loco « similam, quia jam pauio superius nominata est, sed a ad torrendum,» in Hebræo ponitur, utsubau- dias spicas. Primitiæ enim spicarum quando defere- bantur, torrebantur, et grana comedebantur. Quod genus cibi vulgo « graneas » vocant. In quibusdam codieibus habetur : Ibid. 27-29. « Super omne pondus et mensnrain ; » sed in Hebræo in hoc loco pondus non habet, sed « mensuram» tantum ge- minato nomiue positam, sive eam quæ brachiis aut manibus, autJfunibus metitur, sive eam quæ vasis. « Principes sanctuarii, fiiii Ithainar : principes Del, de filiis Elenzari; principes sacerdotum de Eleazar. » Par. xxiv, 5. Et idcirco principes Dei dicunturprincipes sanctuarii de Ithamar, quia ibi ministrabant. d’elle que le prophète Ezéchiel tira son nom. « Salomith d’entre les fils d'issachar. » Ibid. 22. Ce nom est ici du féminin; plus bas il est au genre masculin, Salomoth. « Les fils de Mérari, Jaaziahu. » Ibül. 26. Ce Jaaziahu, à la vingt-quatrième, est écrit Maa- zialm. Maaziahu, « du secours de Dieu. » Jaa¬ ziahu, « secours du Seigneur. » « Afin qu’il exalte la force. » I Par. xxv, 5, c’est-à-dire, la force d’Israël, ou la force, c’est- à-dire le roi David. « Dans le vingtième lot Eliba, » Ibid. 27, qui un peu plus haut a été appelé Eliatha. Eliatha signifie « mon Dieu toi ; » Eliba, « mon Dieu viens. » « A Obed-Edom la plaine australe et à ses fils la maison du conseil. » I Par. xxvi, lo. La plupart veulent que par maison du conseil on entende le Saint des Saints, où était le secret du conseil. « Elihu, frère de David, prince de David. » I Par. xxvir, 18. Les Rois l’appellent Eliab, qui veut dire « mon Dieu père, » tandis qu’ Elihu signifie « mon Dieu Seigneur. » « Il ne voulut pas que David les dénombrât au-dessous de vingt ans. » Ibid . 23. La coutume était, en effet, quand on dénombrait depuis vingt ans et au-dessous, de compter ceux qui pouvaient aller à la guerre ou s’acquitter de quelque charge. Et comme David ordonna de « Vicesima Ezechiel,» Ibid. 16, a qua cognomensor- titus est Ezechiel Proplieta. « Salomith de filiis Isachar. » Ibid. 22. Superius gc- neris feminini ; Salomoth vero in sequenLibus generis masculini. « Fiiii Merari Jaaziahu. » Ibid. 26. Hic Jaaziahu, in vicesima quarta Maaziahu scribitur. Maaziahu interpre- tatur, «de auxilio Dei, » Jaaziahu, «auxilium Domiui. » « Ut exaltet cornu, » Par. xxv, id est, cornu Israël, sive cornu, regem David. « lu sorte vicesima Eliba, » Ibid. 27, qui paulo supe- riusEHathanominatusest. Eliatha interpretatur, «Deus meus tu, » Eliba, « Deus meus veui. » «Obed-Edom plaga australis et filiis est domus consi- lii.» Par. xxiv. Domumconsilii pleriqueintelligi volunt Sancta Sanctorum, in quo erat arcanum consilii. «Elihu frater David princeps Juda. » I Par. xxvn, 18, inRegum Eliab vocatur. Eliab, « Deus meus pater, p Elihu, « Deus meus Dominus. » « Noluit autem eos David numerare a viginti annis inferius. » Ibid. 22. Usus enim erat, ut siquando îmme- raretur a viginti annis et supra, uumerarentur hi 375 questions hébraïques sur le livre i des paralipoménes. les dénombrer tous en général, et au-dessus, et au-dessous de vingt ans, il éprouva l’indigna¬ tion du Seigneur. Dans les fastes du roi David, » îbid. 24-, parce que, survenant le courroux du Seigneur, tout cet ordre fut troublé, et ils ne furent pas distribués par fonctions ni en vue de certaines charges « Aux trésorsqui étaient dans la villes. » Ibid . 25. L’Ecriture appelle ici trésors, non-seulement l’argent, mais encore toutes les ressources. « Jonathan, oncle et conseiller de David. » Ibid. 32. C’est le même que le prophète Nathan. 11 est appelé oncle par déférence et pour cause de pa¬ renté. « Jahiel, fils d’Achamoni, était avec les fils du roi. » Ibid . Ce Jahiel, que les^Rois appellent Chi- lab, est le fils de David. Achamoni, « très-sage,» n’est autre que David. « Un taureau avec ses mille libations, » I Par . xxix, 21, c’est-à-dire, avec du vin. « Ils oignirent en second lieu Salomon, lils de David. » Ibid. 22. Ils lui donnèrent l'onction de prince en disant : Qui que ce soit qui règne, toi notre Dieu, sois toujours notre Dieu. « Ceux qui présidaientà l’entretien du roi avec les Eunuques. » I Par. xxvm, 1. On peut deman- qui poterant ad bella procedere, aut aliquo ministerio fungi. Quia vero David generaliter jussit omnes nume- rari, et supra viginti, et infra viginti annos, idcirco indignotionem Dornini expertus est. « In fnctis regis David,» Ibid . 24, quia superveniente indignatione Dei, omnis iste numerus conturbatusest, et non fuerunt distributi per ministeria, neque ad ali- qua officia, u His autem thesauris, qui erant in urbihus. » Ibid. 25. Thesauros in hoc loco, non solum pecuniara, sed et omnes substantias nominat. « Jonatham autem patruus David consiliarius; » Ibid . 32 ; ipse est Nathan propheta. Patruus vero honoris et propinquitatis causa vocatur. « Jahiel filius Achamoni erat eum filius regis.» Ibid. Iste Jahiel est filius David, qui in Regum Chilab nomi- natur. Achamoni, «sapientissimus, » ipse est David. « Taurus mille cum libaminibus suis, » I Par . xxix, id est, cum vino. « Unxerunt secundo Salomonem filium David, a Ibid. 22. Unxerunt autem eum in principem, dicontes : Quicumque regnet,tu Deus noster, tu sempev sis Deus noster. der comment il est dit ici que les Eunuques fu¬ rent appelés à un grand conseil, alors que la loi défendait de faire des Eunuques des Israélites, et que des étrangers ne peuvent être facilement admis à un si grand conseil. Deui. xxui. La tra¬ dition hébraïque dit que ce passage appelle eu¬ nuques ceux qui, étrangers à la vie du siècle, se vouaient entièrement à la prière et à la lecture, et qui se mariaient en dehors de toute idée char¬ nelle, uniquement dans le but d’avoir des des¬ cendants. Josephe, d’après leur secte, les ap¬ pelle Esséniens. « Ecoutez-moi, mes frères et mon peuple, y* Ibid. . 2. En cet endroit, il manifeste à la fois se frater¬ nité et sa priorité. « Salomon s’assit sur le trône du Seigneur, » I Par. xxix, 23, à cause des figures des lions, qui sont aussi l’image des Chérubins. « Les actes deDavid, les premiers et les derniers.» Ibid. 29. Les premiers, quand il régna dans Hé¬ bron; les derniers, quand il régna dans Jérusa¬ lem. 11 faut remarquer qu’on lui attribue qua¬ rante ans de règne, et que dans le second livre de Samuël il est dit qu’il fut roi sept ans et six mois à Hébron, et trente-trois ans à Jérusa¬ lem. « Qui præerant substontiæ régis cum Eunuchis.» Par. xxvm, d. Quæri potestcur hic Eunuchi ad tam grande consilium vocati esse dicantur, cum Israélites abscin- di lex prohiberet, et alieni genæ nonfacile possunt ad- mitti ad tam grande consilium. Veut, xxiii. Tradunt Mebræi inlioc loco illos vocari eunuchos qui ab om¬ nibus actibus sæculi alieni, orationi tantum et lectioni vocabant; eL uxores non causa libidinis, sed suscipieu- dæ prolis gratin hnbebant, quos Joseplius secundum eorum haeresim Essenos vocat. « Audite me, fratres mei etpopnlus meus. » Ibid. 2. In hoc loco et fraternitem et prioratum suum de- moostrat. « Sedilque Salomon super thronum Domini, » Par. xxix, propter similitudinem leonum, qui ctinm in Che- rubim describuntur. « Gesta autem David priora, et novissima. » Ibid. 29. Priora quandoregnavit in Hébron; novissimn, quando regnnvit in Jérusalem. Notondnm quod quadragiuta anuis régnasse perhibetur et in Libro Samuel secundo scribitur septem annis et sex mensibus in Hebrou, in Jérusalem tringinta très. 376 SAINT JÉROME. SUR LE DEUXIÈME LIVRE DES PÀRALIPOMÈNES. «Vous avez eu une grande miséricorde envers mon père, et vous m’avez établi roi à saplace. » II Par. i, 8. Parce que d'après la loi il était inter¬ dit â tout enfant de l’épouse d’un autre d'entrer dans l’Eglise de Dieu. « Il les établit dans les villes des quadriges, et avec le roi dans Jérusalem. » Ibid . 14. L’Ecri¬ ture appelle villes des quadriges, les hangars éle¬ vés dans Jérusalem pourremiserles chars, ceque montrent les paroles qui suivent : « Et avec le roi dans Jérusalem. » « Des cheveux d’Egypte et deChoa. » Ibid. -16. Certains disent que Choa est celle des îles Cy- clades où vécut Esculape. Les Hébreux disent que ce nom signifie aussi congrégation. « Dans les Paralipomènes, Il Par. n, 13, Hu- ram, « Dieu très-haut ; » dans les Rois, Hiram, « il vit, le très-haut. Je vous ai envoyé Huram mon père. « Huram était le fils d’une femme de la race de Salomith, de la tribu de Dan, dont il est parlé au livre des Nombres. La tra¬ dition hébraïque dit que son père était un Hé¬ breu de la race d’Ooliab, de la tribu de Dan, qui travailla dans le désert avec Béséléel. Cette tra¬ dition ajoute qu’il est ici appelé « Tyrien » par extension. En effet, J en hébreu, Zoori signifie « sculpteur.» et « Tyrien, » qu’ils appellent» Sor répond tantôt à « passage étroit, » tantôt à » scul¬ pture. » Le roi de Tyr l’appelle son père, parce que, conduit en ses voyages de la terre d’Israël ù Tyr, il a enseigné au roi la crainte du Sei¬ gneur et Ta amené à la connaissance (Ms. à la congrégation) de Dieu. Moria, II Par. m, 1, signifie « vision, » c’est en effet le lieu au sujet duquel il fut dit à Abra¬ ham : « Va dans la terre de la vision. » Gen. xxir. « Dans la première mesure, » Ibid. 3, c’est- A- dire, la mesure avec laquelle Moyse mesure la taber¬ nacle dans le désert. Jachim Ibid. 17 veut dire «préparateur; » on prétend qu’il est le même que David. Booz, <4 cause de la vertu de chasteté. « Selon la forme que (Dieu, sous-entendu) « avait prescrit de donner. » II Par. rv, 7. « Des bœufs, » enmèmoire du veau d’or fabriqué dans le désert. Une grande basilique où les rois priaient. IN LÏBRUM II PAR ALIPOMENON (a). « Fecisti cura pâtre meo misericordiam magnam ; et constituisti me regem pro eo. » Il Par. i, 8. Quia Becundum legem prohibilum erat, ne quis de alterius uxore geueratus auderet introire Ecclesiam Dei. « Et fecit eos esse in itrbibus qnadrigarum, et cum rege in Jérusalem. » Ibid. 14. Urbes qnadrigarum dieit cortes (1), quæ in Jérusalem erant ædiflcaîæ ad statio- nem curruum, quod et sequentia monstrant, cum di- citur, « et cura rege in Jérusalem. » « Equi de Ægypto et de Choa. » Ibid. 16. Choa alii dicunt iDsulam esse uuara de Cycladibus, in qua fuit Æsculapius. Hebræi dicunt, et hoc Domine cougrega- tionem signiûcari. In Paralipomenon Huram, quod interpretatur « Deus exeelsus; » Il Par- u, 13 ; in Regum Hiram, quod inter¬ pretatur, «vivit exeelsus. » « Misique tibi Huram pa- trem meum. » Hic Huram filius fuit mulieris de proge- nie Salomith, de tribu Dan, qui in Libro Numerorum scribitur. Patrem vero ejus tradunt, Hebræi fuisse Hebræum de progenie Ooliab, de tribu Dan, qui in yemo cum Beseleel operatus est. Quod vero hic Tyrium eum vocat, ïlli dicunt hoc translatione fac¬ tura fuisse. Zoori euiiu lingua eorum plasmator in- telligitur. Tyrus ec.im, quam illi üor vocant, in qui- busdam locis anguslia , in quibusdam plasmalio inlel- ligi solet. Idcirco vocat ilium patrem suum, quia ad eum de terra Israël ad peregrinandura profectus, do- cuit eum timorem Domiui, et adduxit eum ad cogui- tiouem (Ms. congrcgalionem) Dei. Moria interpretatur « Visio; » Il Par. m; ipse est euim locus, de quo dictum est ad Abraham: « Yado in terram visionis. » Gen. xxn. « lu meusura prima, » Ibid. 3, id est, mensura qua Moyses tabernaculum in eremo meusus est. " Jachim iuterpretatnr « præparator; » Imnc voluut iutelligi David. Ibid . 17. Booz, propter virtutem cas- titatis. « Sccundum speciem quam jusserat fieri ; » subaudi- (a) Hic, ut supra, Martinn. poait : « Incipiunt Quæ3tionea Hebraioo partis secuodœ libri Dubrejamio; hisquo aimiliter appeudît nolulam, quam abea : » Sic Iiahct meus ms. Ambrosiaa. lauturn, h lacipit de secumia Parle, » Auiea erat : « lu librum secundum Parnlipomouon. n (l) Significat loca cincta pariotibus, quibus auimalia haboutur, quo scusu et Vitnivius, lib. vi., boum cortes Dominât. ïtulice qooqua, cotri Atque liœc quidem e.xpositio prœfereQdn illi videatur, quæ tradil nrb.Mn Belhmarcaboth , id est, do mura curruum, et Husor-Susu, quod ot corn- moralio equorum^ desiguari. questions hébraïques sur le livre u des pàkaljpomènes. 377 « Le Seigneur dit qu’il voulait habiter dans l’obscurité. » Il Par. vi. I, quand il dit à Moyse : « Voilà que je viens vers toi dans une colonne de nuée. » « Et quand ils viendront prier en ce lieu, exau- cez-les du haut du ciel, donnez-leur le pardon de leurs péchés, et ramenez-les dans la terre que vous avez donnée à leurs pères. » Ibid. 25. Quand l’Ecriture dit qu'ils viendront prier en ce lieu, comment dit-elle : « Et ramenez-les dans la terre que vous avez donnée à leurs pères, » si ce n’est que ceux qui viendront prier pourront obtenir que ceux qui ont été conduits en captivité, soient ramenés ? « Et convertis de leurs péchés, exaucez-les. » Ibid. 2G. Remarquons que lorsqu’on se rend à la prière, il faut se convertir de ses pêchés. « Salomon sanctifia le milieu du vestibule de¬ vant le temple du Seigneur. » Parce qu’à cause du grand nombre des sacrifices, toutes les vic¬ times ne pouvaient être offertes sur l’autel, il dédia le milieu du vestibule afin qu’on y offrit comme sur l’autel. « Le huitième jour, il fit la collecte. » II Par. va, 9. C’est de cette collecte qu’il est question au livre des Nombres (ailleurs , dans le Lévitique.) « Le huitième jour sera pour vous très-célèbre et très-saint ; c’est en effet celui de l’assemblée et tur, Deus. II Par. iv, 7. « Boyes » propter memoriam vituli in eremo condili. Basilicam grandom ubi reges orabant. « Domïuus dixit ut habitarct in caligine, » quando ad Moysen dixit: Il Par. vi, 1 « Ecce ego venio ad te iu cohiuma uubis. » « Et cuni deprecati fuerint iu loco ïsto, exaudi de coelo; et propitinre peccatis eoruni, et recluc eos in terrain quam dedisti patribus eoruni.» Ibid. 25. Cum enim eos injoco ipso oraturos dicat, cur dicit, et reduc eos in tcrram quam dedisti patribus eorum, nisi forte hi qui ibi ad orandum venerint, obtinere valeant ut hi qui iu caplivitatein ducti sunt, redu- cantur? « Et conversi a peccatis suis, exaudias eos. » Ibid. 2o. Nolanduru, quod cum ad orandum pergitur, a pecca¬ tis couvertendum est. « SanctificaviL Salomon medium atrii ente teinplum Dornini. » Quia præ multitudine saerificiorilm* hostiaj non poterant offerri omnes in altari, et ideo mediam purlem atrii dedicavit, ut et in ea ita otîerretur, sicut iu altari. « Fecitque die octavacollectam. » Il Par. vil, 9. Hæc est collecta quæ in libre Nuuierorum (Al. Le vit ici) de la collecte. » Ces collectes se faisaient doux fois par an. Le huitième jour après la Pâque, et le huitième après ,1a fête des Tabernacles. Re¬ marquons que, pour celle qui se célébrait au temps pascal, il est dit : « Vous célébrerez la col¬ lecte pour le Seigneur votre Dieu; » DeuL. vi; tandis que pour celle de la solennité des Taber¬ nacles : « Vous célébrerez la collecte pour vous. » « Ne détournez pas la face de votre Christ ; » Il Par. vr, 42; c’est-à-dire, ne repoussez pas rua prière. D’où il est dit aussi: « Il a reçn votre face. « Pleins d’allégresse et se réjouissant pour les. bienfaits qu’a répandus le Seigneur sur David, Salomon et Israël son peuple. » II Par. vu, 10. Parce qu’à David, apres lui avoir pardonné le péché contre Urie l’Ethéen, il accorda le règne pour toujours ; et qu’à Salomon* à qui la loi in¬ terdisait l’entrée de l’Eglise de Dieu, il accorda, non pas seulement cette grâce, mais encore le trône; et qu’ Israël, après des prévarications sans nombre, mérita la paix et le pardon de Dieu, avec un temple pour y invoquer le Sei¬ gneur. « 11 édifia les villes qu’Iliram avait données à Salomon. » 11 Par. vin, 2. Salomon avait offert des villes à Hiram, qui ne les accepta point, mais les scribitur. c< Dies octavus erit vobis celeberrimus at- que sanctissimus. Est enim cœtus atque colleclæ. » Duabus enim vicibus in anuo hæ collectæ collige- bnutur, id est, die octavo Puschæ, et die oclavo Ta- bernaeulorum. Et uotandum, quod in ea quæ iu Pasclia celebrabatur, dicitur : « Celebrabitis collectant Domino Deo nostro. » Dent. xvi. lu ea vero quæ in solemnilate Tuberuaculorum, «Celebrabitis collectam vobis. » « Non avertas f.iciem Christi tui; » Il Par. vi, 42 ; id est, non reprobes deprecationem menm. Unde et dici¬ tur: « Suscepit faciem tuam. » «Lætantes atque gaudentes super bonis quæ facerat Dominus David et Salomon et Israël populo suo. » II Par. vu, 10. Quia David, diuiisso peccalo Uriæ Ethæi, regnum concessit in sempiteriuun. Et Salb- moni, quem lex probibebut Eeclesiara Dei inlrare, non sohim veniam, sed etiara regnura concessit; et Israël, qui posl înuUitudinem prævaricaliouum, leiu- plum in quo Domiunm invocureut, requiem et Dei graliam meruerunt. « Civitates quas dederat Hiram Salomoni ædifica- vit. » II Par. vin, 2. « Eas civitates quas Salomon dédit Hiram, et isle nohiit cas rccipcre, sed vocovil 378 SAINT JÉROME. appela terre de Chabul. L’Ecriture dit qu’Hiramles donna à Salomon. « Salomon édifia dans Jérusalem et dans le Li¬ ban tout ce qu’il voulut et d’après ses plans. » Ibid. 6. Ici « dans le Liban » signifie « dans le temple, * selon cette parole d’Ezêchiel : « Ouvre tes portes, 6 Liban, pour la solennité des heb- domades, » c’est-à-dire de la Pentecôte. « Le reste des œuvres de Salomon des pre¬ miers et' des derniers temps. » II Par. ix, 29. Des premiers, avant sa prévarication ; des derniers, après sa prévarication. « Dans la vision du voyant Jaddo. » I Par . x, 4. Jaddo est le prophète que Dien envoya à Sa- marie pour reprocher à Jéroboam d’avoir élevé un autel.' « Ton père nous a opprimés sous le plus dur. des jougs ; » parce que vingt-quatre mille à tour de rôle demeuraient chaque mois avec le roi en Jérusalem. « Il tint conseil avec les vieillards qui s’étaient tenus devant soiî père Salomon, v>Ibid. 6, c’est-à- dire, avec Banaïa, fils de Jo'iada, et Jahiel, fils d’Achamoni, connu aussi sous le nom de Chi- lab. • Ayant quitté le conseil des vieillards, il traita avec les jeunes, » Ibid. 8, c’est-à-dire, Adhuram, dont il est dit plus bas qu’il fut lapidé. terrain Gfiabul, ipsas dicit Hiram Salomoni dedisse. « Ornnia quæ volvit Salomon, atque disposait, ædi- ficavit in Jérusalem et in Libano. » Ibid. 6. Hic in Li- bano templum significatur, juxta istud Ezechielis: « Aperi, Libanè, portas tuas,in801emnitatehebdomada- rum, » id est, Rentecostes. « Reliqua autem opéra Salomonis priorum et novis- simorum. » II Par. ix, 29'. Priorum, antcquam præva- ricatus esset; posteriorum , postquam prævarica- tus est. « In visione quoque Jaddo videntis. » II Par . x, 4. Jaddo ipse est prophètes, qui ad arguendum Jéroboam pro allari quod fecerat, a Deo rnissus est in Sama- riam. « Pater tuus durissimo jugo nos oppressit ; » oo quodviginti quatuor milia per vices mensibus singulis mùrabantur eum rege in Jérusalem. « Iniit consilium cum sonibus, qui steterant coram pntre ejus Salomone, y» Ibid. 6, id est, cum Banaia filio Joiudæ, et Jahiel filio Achamoni, qui alio nomino Chilab vocatur. « Relicto consilio sehum, cum juvenibus tractare cœpit, » Ibid. 8, id est, Adhuram, quiinsequenlibus la- pidatus describitur. « Maintenant voyez David votre maison, « Ibid. 16. Que Dieu voie maintenantque si nous nous éloignons de la maison de David, c’est la faute de ses fils, qui nous rejettent. Dans les Rois, Huram ; dans les Paralipomènes Ibid. 18, Adhuram. Huram, « fleuve exalté ; » Adhuram, « ruine exaltée. » « Il édifia des villes murées. » II Par . xi, 5. A cause de la guerre, il bâtit des villes. « Les prêtres des hauts lieux et des démons. » Ibid . 15. Parce que partout où se fabriquait une idole, les dénions répondaient eu elle, et des prê¬ tres leur étaient donnés. « Roboam prit pour épouse Malaad, fille de Jô- rimut, fils de David. » Ibid. 18. Ce Jérimut n’est pas mentionné, ni au livre des Rois, ni dans les Paralipomènes, parce qu’il était fils de concu¬ bine. « 11 prit . Maacha, fille d’Abessalon. » Ibid. 20. Cet Abessalon n’est pas le fils de David, mais un autre, ce qui est prouvé par le livre des Rois. « C’est écrit dans le livre du prophète Séméïe et du voyant Addo. » II Par. xu, 15. Cet Addo a été appelé plus haut Jaddo. « Abia s’arrêta sur le mont de Samaraïm. » II Par. xin, 4. Beaucoup pensent que cela a été dit de Samarie; mais cela ne peut être. C’était une « Nunc autem videdomum tuam David. » Ibid. 16. Nunc autem vïdeat Deus, quia quod nos à domo David recedimus, peccatum est filiorum ejus, qui nos abjieiunt. In Regum; Huram; iu Paralipomenon, Adhuram. Huram, Ibid. 18. « lluvius exaltatus; » Adhuram, « ruina cxaltata. » « Et ædificavit civitates muratas; » II Pur. xi, 5. Causa belli ædificavit civitates. « Sacerdotes excelsorum et dœmomvm. » Ibid. 15. Quia sicobificbat imago, dæmones dabant responsa, et constituebantur eis sacerdoles. « Duxit autem Roboam uxorem Malaad, filiarn Jcri- mul, filii David. » Ibid. 18. Iste Jerimutnon scribitur, neque in Regum, neque in Paralipomenon, quia fuit de filiis concubinarum. « Accepit Maachnm filiam Abessalon. » Ibid. 20. Non est iste Abessalon filius David, sed alius, quod in Re¬ gum volumine demonstratur. « Scripta sunt in libro Semeiæ Prophetæ, et Addo videntis. » Il Par. xn, 15. Hune Addo, superius Jaddo nominavit. « Steiit Abia super montem Samaraim. » II Par . xm, 4. Mùlti putaut hoc de Samaria dielum, quod non potest questions hébraïques sur le livre ii des paralipomènes. 379 montagne en Ephraïm, non loin. du Carmel, où fut Elie. « A lui et à ses fils le pacte du sel. » Ibid . 5. Le pacte du sel, en quelques endroits, est mis pour la loi, qui est le condiment de toutes cho¬ ses; ici, il s’agit de la maison de David, qui fut le condiment de tout Israël. « Roboam était grossier et de cœur craintif, » Ibid . 7, parce qu'il s’effraya des paroles du pro¬ phète Séméï. « Sur un taureau et septbéliers, » Ibid. 9 étaient consacrées les mains de celui qui devait être prê¬ tre. Jéroboam avait établi cette coutume de con¬ sécration pour les prêtres des idoles. « Cinquante mille hommes forts d’Israël tombè¬ rent blessés. » Ibid. 17. Ce furent ceux qui pliè¬ rent le genou devant l’idole. La loi ordonnait en effet que quiconque adorait une idole, fût frappé de mort. « Il prit jBéthel et ses filles. » Ibid, 19. C’est à Béthel que Jéroboam avait établi un veau d’or. « Ephron et ses filles. » Ephron est la même que Sichem. « Azarias, fils d’Odeth. » II Par . xv, 1. Odeth est le même que Jaddo, qui fut envoyé à Jéro¬ boam. « En ce temps-là il n’y aura de paix ni pour ce¬ lui qui sortira ni pour celui qui entrera. » Ibid. 5. esse. Fuit eniui mons in Epliraim, haud procul a Car- melo, ubi fuit Elias. « Ipsi et filiis ejus pactum salis. » Ibid, 5. Pacturu salis in quibusdam locis pro legepouitur, quæ omnium condimentum est, et in hoc loco pro Donio David, qui univcrso Israeli condimentum fuit. « Porro Roboam erat rudis et corde pavido. » Ibid. 7. Quia Semeiæ Prophetæ vcrba extimuit. « In tauro et arietibus septem, » Ibid . 9, consecra- bantur manus illius qui sacerdos futurus erat. Hnnc enim morem Jéroboam ceperat ad sacerdotes idolorum consecrandos. « Et corruerunt vulnerali ex Israël quinquaginta milita virorum fortimn. » Ibid. 17. Ui nimirum qui ante idolum curvaverunt genuu sua. Præceptum enim erat in lege, ut si quis idolum adoraret, moreretur. « Et cepit Bethel et filias ejus. » Ibid. 19. Bethel ipsa est in qna posuerat Jéroboam vitulum, « Ephron quoquo et filias ejus. » Ephron ipsa est Sichem. « Azarias autem ûlius Odeth. » II Par . xv, 1. Odeth ipse est Jaddo, qui ad Jéroboam missus est. « In tempore illo non erit pax egredienti et ingre- dienti- » Ibid . 5. Tradunt hoc quinquaginta duobus anDis post eversionem templi impletum, ita ut in bis La tradition dit que cette parole s’accom¬ plit cinquante-deux ans après la destruction du temple, au point que ni un oiseau ne vola, ni une bète 11e passa par Jérusalem; Israël fut sans espérance, et tous les Gentils dans le trouble. « Il édifia l’autel du Seigneur, qui était devant le portique. » Ibid. 8. Il renouvela celui qui avait été construit par Salomon. « Ils jurèrent dans tout leur cœur. » Ibid. 15. Dans le cœur, dans, le jeûne, dans l’affliction, dans la volonté, dans l'aumône. « Maacha, mère du roi Asa. » Ibid. 16. L’au¬ teur ne dit pas sa mère, parce qu’elle ne mar¬ chait pas dans la voie droite, comme son fils, « Il le déposa de l’auguste commandement, » c’est-à-dire, du sacerdoce « Il brisa l’image de Priape, et la brûla dans le torrent de Cédron. » On rapporte qu’il la brisa et voulut la faire dis¬ paraître en secret; mais le Seigneur pour dé¬ voiler ce fait, fit sortir des flammes de l’eau du Cédron. « 11 ordonna qu’il fût flagellé; » II Par. xvi, 10; parce qu’il s’accusa publiquement. <( Asa se plaignit des pieds. » Ibid. 12. U de¬ vint podagre. Il faut noter que, par déférence, on brûlait au milieu d’aromates les vêtements des rois défunts. D’où la parole : « On fera pour vous les combustions comme pour les ancêtres. » quinquaginta duobus annis, nec avis volaverit, nec bestia pertransierit per Jérusalem, et Israël fuerit absque spe, etomnes gentes in conturbatione. « Et ædiiieavit altare Domini, quod erat ante porti- cum. » Ibid. 8. Illud scilicet quod a Salom one con- structum fuerat, renovavit. « In omni enim corde suo juraverunt. » Ibid. 15. 111 corde, in jejunio, et in afflictione, iu voluntate, in eleemosyna. « Sed et Maacham matrem Asa regis. » Ibid. 16. Idcirco non dixit matrem suam, quia non ambula- bat viam rectara, sicut hlius ejus. « Ex augusto depo- suit imperio; » hoc est, de sacerdotio. « Comminuit simulacrum P ri api, et combussit in torrente Cédron. » Aiunt comminuisse istud, et clam voluisse projicere, quod Dominus ut patefaccret, in torrente Cédron ex aqua ignis processif « Jussit eum in nervum. mitti ; » Il Par. xvi, 10; eo quod pubïice se arguit. « Doluit pedes Asa ; » Ibid. 12 ; quia podagrico hu- more correptus e*t. Notandum quod regibns causa reverentiae combustiones vestimentorum et aroma- tuni fiebant. Unde dicitur, « et juxta çojrjbusUouçm majorum facient tibf >ï 380 SAINT « Il marcha dans les voies primitives de Da¬ vid ; » II Par. xvn, 2; primitives, c'est-à-dire, avant que David devint pécheur. « Après lui, Amasias, fils de Zacri, est consa¬ cré au Seignëur; » 76/d. 16; en ce qu'il était doc¬ teur. « Le roi d’Israël se tenait debout sur son char, contre les Syriens, jusqu’au soir, et il mourut au coucher du soleil. » II Par . xvm, 38. Quand il eut reçu le coup mortel, il ordonna qu'on le soutînt, afin de ne pas être pris par l’ennemi, parce qu’il était blessé, et par sa perte de ne pas donner la victoire aux Syriens en jetant tout le peuple dans les dangers de la fuite. 11 mourut au coucher du soleil, afin que le peuple fût pro¬ tégé dans sa fuite par les ombres de la nuit. « Jéliu, fils d’Anani, » II Par. xiv, Anani est ce prophète qu’Asa, roi de Juda, fit jeter en prison. « Les fils de Moab, les fils d’Ammon, et avec eux des pseudo-Ammonites. » II Par. xx, 1. Ces Ammonites sont les Iduméens, qui, issus du même sang, ne voulaient pas porter les armes contre Israël sous leur vêtement primitif, et se revêtaient de celui des Ammonites. « Des lieux qui sont au delà de la mer. » Ibid. 2. Il s’agit de la mer des Salines, où s’écoule le Jourdain. « Devant le vestibule neuf. » Ibid. 5. Le vesti- « Et ambulavit iu viis David primis; » Il Par. xvn, 3; id est, antequam peccasset David. « Post istum quoque Amasias filius Zacri consecru- tur Domino; » Ibid. 16; eo quod esset de tribu Issachar et esset doctor. « Porro rex Israël stabat iu curru suo contra Syros, usque ad vesperum, et mortuus est occidente sole. » Il Par. xvm, 38. Accepto vulnere mortali, jussït se teneri, ne deprehenderetur ab hostibus quod vulne- ratus esset, et illius ruina et hostibus, victoriam, et populo periculuw fugæ, incuteret. Occidente sole mor- tuus est, ut nocte præsidium fugæ suæ populus habe- ret, « Jehu filius Anani; » Il Par, xix, 2; illius videlicet Prophetæ qui ab Asa rege Juda in carcerem mis- su3 est. « Filii Moab, et Ûlii Ammon, et cum eis de Am- monitis. » II Par. xx, 1 . Ammonitas, Idumæos vult in- telligi, quia, ob reverentiani frnterni nominis, nolebant in prisfino habitu arma movere contra Israël, eed transfigurabant se in babitnin Ammonitarum. « De bis locis quæ trans mare suut; » Ibid. 2 ; mare Saliuarnm est, ubi Jordanis influit. « Ante atrium uovuru. » Ibid. 5. Atrium uovum vo- JÉROME. bule neuf, c’est-à-dire, celui qu’ils avaient fait vieux par leurs péchés, et rendu par la péni¬ tence à sa première beauté. « Votre nom dans cette maison. » Ibid. 9. Parce qu'il était écrit sur le front du Pontife, ou sur le vêtement Ephod; c’est ce que prouve la suite. Cet endroit, depuis ce jour, s’appela Jéruel, c’est-à-dire « crainte de Dieu. » « Ils sortirent à travers le désert de Thécué. »' De là fut la femme Thècuite. « Louons Dieu, parce que sa miséricorde est éternelle. » Ibid, 21. On n’ajoute pas bon, parce qu’en cette circonstance il ne manifesta pas sa bonté, qui tolère tout, mais sa justice. « Ils appelèrent ce lieu la vallée de la Béné¬ diction. » Ibid. 25. La vallée de la Bénédiction n’est autre que Jéruel, dont il a été déjà parlé. « Le nom de sa mère est Azuba, fille de Silaï. » Ibid. 31. Silaï, qui signifie « envoyé, » est le même que le prophète Anani, fils de Jeddo, dont il a été parlé plus haut. Le nom d’envoyé lui est donné, parce qu’il fut envoyé pour prophétiser au père de Josaphat, son gendre. « Eliézer, fils de Dodahu, prophétisa. » Ibid. 37. Dodahu était le fils de l’oncle de Josaphat. « Tous ceux-ci étaient fils de Josaphat, roi de Juda. » II Par . xxi, 2. Ils imitaient les œuvres du cat, id est, atrium quod peccaudo vêtus feceraut, et pcenitendo ad pristinam uovitatem reduxeraut. « Nomen enim tuum iu domo ista. » Ibid. 9. Quod seriptum erat iu fronte Pontificis, sive iu vestimento Ephod, quod iu sequeutibus moustnitur. Idem locus Joruel vocatus est ab en die, id est, « timor Dei. » « Egressi sunt per desertum Thecue. » Ibid. 20. Unde fuitThecnites femina. « Confitemini Domino, quoniam in æternum mise- ricordia ejus. » Ibid. 21. Ideirco deest, bonus, quia iu hac re non mansuetudinem suam, qua omnes tolérât, sed judicium exercuit. « Yôcaverunt locum ilium vallis Benedictionis. » Ibid. 26. VhIüs Benedictionis, ipse est Jeruel, de quo supra dictum est. « Nomen matris ejus Azuba, filia Silai. » Ibid. 31. Silni interpretatur, « missus, » ipse est Anani Prophè¬ tes, filins Jaddo, de quo 3uperius dictum est. Qui idcirco missus vocatus est, co quod ad patrem Josa¬ phat generum suum, ad prophetaudum missus, sit. « Proplietavit Eliezer filius Dodahu. » Ibid. 37. Do- dahp-diïtéïïigîtur filius avunculi ejus Josaphat fuisse. « Omnes hi filii Josaphat regis Juda; » II Par. xxi, 2; quia imitabautur opéra regis Josaphat, ideo 381 questions hébraïques sur le livre ii des paralipomènes. roi Josaphat, et c’est ce qui a fait dire qu’ils étaient ses fils. « Joram marcha dans les voies des rois d’Is¬ raël, comme avait fait la maison d’Achab*, parce que la fille d’Achab était sa femme. » Ibid. 6. Sa femme était Athalie, fille d’Amri, appelée fille d’Achab parce qu’elle l’imita. C’est ainsi que le livre des Rois dit de Joram : « Il était gendre de la maison d’Achab. » « En outre il fabriqua des images des hauts lieux. » Ibid. i l. La plupart pensent qu’il fabri¬ qua ces objets dans la maison du Seigneur située sur le mont Moria. Les gestes du roi Manassé rendent ce fait encore plus manifeste, « 11 ne lui resta d’autre fils que Joachaz. » Ibid. 17. Joachaz est le même qu’Achazias, père de Joas, fils de Joram, dont Josabeth fut la sœur. Josabeth n'était pas fille d’Athalie, mais d’une autre femme de Joram. Ici surgit une question fort embarrassante. 11 est dit que Joram régna huit ans, en vécut quarante, et que son fils. Acha- zias avait quarante-deux ans quand il commença de régner. Si cela était ainsi, il l’aurait engendré deux ans avant d’être né lui-même. A moins d’une explication concluante, le lecteur le plus simple voit quelle absurdité il y aurait là. Mais Joram, que l’on dit ici avoir vécu quarante ans et régné huit ans, vécut quarante ans, mais régna vingt-huit ans. Les huit années passées dupîicatur cnm dicitur, « Omnes isti filii* Josaphat. » « Ambulavit Joram in viis regurn Israël, sicut ego- rat domus Almb. Filia quippe Aliub erat uxorejus. » Ibid. 6. Athalia erat uxor ejus, quæ non Aliab, sed Arnri filia erat, sed imitatione illius, filia vocata est. Unde et in Regum dicitur de Joram : « Erat quippe gener domus Ahab. » « Insuper excelsa fabricatus est. » Ibid. 11. Pleri- que putant in domo Domini ilium excelsa fabricatum fuisse, quæ sita est in monte Moria, quod manifestius in geslis Alunasse regis ostenditur. « Nec remansit eis filius nisi Joaehaz. » Ibid. 17. Joachaz ipse est Acharias, pater Jons, filius Joram, cuju's soror fuit Josabeth. Josabeth vero non fuit filia Athaliæ, sed de alia uxore suscepit eam Joram. Quæ- stio valde perplexa oboritur. Dicit enim rognasse Jo¬ ram octo annis, et vixisse eum quadraginta annis ; et dicit filium ejus Achaziam, cum regnare ccepisset, fuisse quadraginta duorum annorum. Quod si ita est, duobus annis antequam ipse natus est, ipse ilium gê¬ nait. Quod nisi solvatur, quam si t ridiculum, etiam simplex lector advertit. Ipse enim Joram, qui hic quadraginta annis vixisae describitur, et octo annis sur le trône dont on parle ici, sont celles qui précédèrent le meurtre de ses frères, alors qu’il menait encore une vie innocente. On retranche les autres vingt années de son règne, parce qu'il les passa dans la maladie et la tribulation ; et on les rapporte au règne de son fils, qui est regardé comme étant monté sur le trône dès l’ùge de vingt-deux ans, afin que cet intervalle ne produise pas une erreur chronologique, si on ne le comptait pas dans la somme des années attribuées au gouvernement des rois. Achazias en effet vécut vingt-trois ans et ne régna qu’un an. La comparaison avec le livre des Rois et d’un grand secours pour la solution de cette question. « Azarias, fils de Joram, roi de Juda. » H Par. xxir, 4. Cet Azarias, « secours du Seigneur, » vient d’ôtre appelé Achazias. « Saisissant le Sei¬ gneur. » Son nom est changé en un meilleur dans ce passage parce que, conformément au précepte du Seigneur, il était allé visiter un in' firme. « Les fils des frères d’ Achazias qui le ser¬ vaient. » Ibid. 8. L’auteur appelle fils des frères les cousins et ceux du même sang. « La troisième partie à la porte qui est appe¬ lée du fondement, » Il Par. xxm, c’est-à-dire, la porte du sanctuaire. « Que tout le reste du vul¬ gaire observe les gardes du Seigneur, » c’est-à- regnasse, vixit annos quadraginta, et regnavit viginti et octo. Octo enim unni, qui ei in regno tribuuntur, ipsi sunt antequam fratres occideret, cumadhuc inno¬ center viveret. Viginti vero anni quibus regnavit, ideo a numéro ejus auferuntur, quia in languore et in tri, bulatione deduxit eos ; ideo filio ejus tribuuutur, qui non amplius quam viginti duos annos habens, régnasse perhibelur, ne denumerorum summa rémanentes, er- rorem indagini temporum facerent. Achazias enim vixit viginti tribus anuis, uno tantum anno regnavit. Collatio enim lectionis libri Regum luiic solvondæ quæstioni magnum præbet auxilium. « Igitur Azarias filius Joram rex Juda.» II Par. xxm, 4. Hic Azarias paulo superius Achazias norninatus est. Achazias interpretatur , « apprehendens Domi- num ; » Azarias, « adjutorium Domini. » Et ideo muta- tur et nomen in melius in hoc loco, eo quod, juxta præceptucn Domini, ud infirmuin visitandum descen- derat. « Et fllios fratrum Achasiæ, qui ministrabant ei. » Ibid. 8. Filius fratrum dicit consobrinos et consan- gnineos. « Et tertia par,s in porta, quæ appellatur funda- 382 SAINT JÉROME. dire, alors même qu’ils sont nécessaires à rem¬ plir l’œuvre, c’est-à-dire, à confirmer le roi, qu’ils veillent sur la maison du Seigneur, afin qu’aucun profane n’entre dans le lieu, où nul autre que les prêtres et les Lévites ne doit pénétrer. « Us placèrent sur lui le diadème et le testa¬ ment. » Ibid. 11 . Le testament, c’étaient les Phy¬ lactères, parce qu’elles portaient les dix paroles delà loi. «Il fut oint, avec ses fils, parle pontife Joïada » Il s’agit de Zacharie, qui était prophète, et que plus tard le même Joas mit à mort; et ce lui fut une grande cause de damnation d’a¬ voir mis à mort celui qui lui avait donné fonc¬ tion royale. « Il vit le roi assis sur son degré, » Par. 13, c'est-à-dire sur la colonne que Salomon avait préparée pour les rois dans la Basilique. « Joïada se repentit de son alliance avec tout le peuple et avec le roi. » Ibid. 16. Il est mis à la place de la loi. et de Dieu, dont il était le mi¬ nistre. Son nom veut dire, « connaissant le Sei¬ gneur. » 11 s’était allié au peuple et au roi, afin que le peuple et le roi obéissent à Dieu et à ses commandements, que le peuple fût fidèle au roi, et que le roi gouvernât le peuple avec justice. « Sous les mains des prêtres et des Lévites. » Ibid. 18. Afin que les prêtres ne fussent pas pris dans une autre tribu que celle de Lévi. menti. » (II Par. xxm, 5.) Porta fundamenti, porta sanctuarii « Et omne reliqnum vulgus observet ensto- dias Domini, » id est, quamvis necessarii sint ad im- plendum opus, id est, ad confirmandum regem, ob¬ servent tamen enstodias Domini, ne quis exterorum ingredintnr lociim, quem ingredi non debent, nisi sa- cerdotes et Levitæ. « Imposuerunt super cum diadema et testimonium. » Ibid. il. Testimonium erant Phylacteria, eo quod in illis decem verba legis essent. « Dnxitque eum Joïada pou- tifex et filii ejus. » Zacliariam dieit, qui propheta érat, quem postea idem Joas interfccit, ut ad magnum dam- nationis ejus pertineret augmentum, eum interficere qui se in regem unxerat. «Vidit regem stantem super grndum suum ;»Ibid. 13. super columnam videliect, quam Salomon preeparaverat regibus in Basilica. « Pepigit Joiada fœdus inter se universumquo popu- lum et regem. » Ibid. 16. Se in loco legis et Dei, quippe qui minister Dei erat, collocans ; et cujus no- men inlerpretatur, « Dominum , cognoscens. » Et po- pulum et regem ; ut et populus et rex obedirent Deo et legi ejus, et populus erga regem fîdeliter ageret, et rex populum cum justitia regeret. « Il établit des portiers de la maison de Dieu, afin que les impurs n’y entrassent point. » Ibid. 19. C’est-à-dire, afin qu’en aucune occasion au¬ cun des prêtres de Baal ne pût pénétrer dans la maison du Seigneur. « La. ville fut en repos. » Ibid. 21. Soit parce que jusque-là elle avait été troublée par le culte des idoles au temps d’Athalie; soit parce que, après le tumulte au milieu duquel il reçut fonc¬ tion royale et le meurtre d’Athalie, chacun rentra clans sa demeure et toute agitation cessa. « Le nom de sa mère est Sébia, de Bersabée. » II Par. xxiv, 1. Le nom de son père n’est pas indiqué, parce qu’il ne le mérita point par une notoriété suffisante. La célébrité, la puissance, la générosité donnent seules droit à une mention dans l’Histoire. « Sortez vers les cités de Juda, et recueillez par tout Israël l’argent pour les réparations du temple de votre Dieu pour chaque année. » Ibid. 5. Cot argent est celui que la loi prescrivait de donner, qu’on payait à un taux fixe pour chaque année, c’est-à-dire, un demi-sicle pour chacune, et qui n’avait pas été payé depuis le jour cle l’avènement d’Athalie. « En effet, l’impie Athalie et ses fils détruisirent la maison du Seigneur. » Ibid. 7. « Ses fils » doit s’entendre des prêtres des idoles. L’Ecriture « Sub manibus sacerdotum et Levilarum. » Ibid. 18. Ne de alia tribu Sacerdotes fièrent nisi de Levi. « Constituit quoque janilores in portis domus Do¬ mini, ut non ingrederetur iinmundus in omni re ; » Ibid. 19j; id est, ut nullatenus ullajoccaeione iDgredere- tur in domum Domini aliquis de saeerdotibus Baal. « Et urbs quievit ; » Ibid. 21 ; sive quia eatenus idolorum cultibus tempore Athaliœ inquiéta erat, sive quia post tumultum quo rex unctus est, Atlialia in- terfecta, singulis ad domos suas pergentibus, omnis tumultuatio conquievit. « Et nomen matris ejusSebia, de Bersabee. » II Par. xxii, 1 . Idcirco nomen patris ïllîus non scribi- tur, quia non fuit tam célébré ut scribi potuisset. Quorum enim nomina scribuntur, aut celebritate, aut potentia^aut generositate illorum fit. «/Egredimini ad civitntes Juda, et colligite de uni- y^rso Israël pecuniam ad sartalecla templi Dei vestri per singulos annos. » Ibid. 5. Hœc est peenniu quam in dinumeratione ipsius per singulos annos dare cou- sueverant, id est, singuli dimidios siclos, quod a die- bus, ex quo Athalia regnare cœpisset, non dederaiit. « Athalia. enim impiissima et filii ejus destruxerunt domum Domini. » Ibid. 7. Filios ejus, sacerdotes ido- QUESTIONS HÉBRAÏQUES SUR LE donne souvent ce titre, non d'après la naissance, mais à cause de la conformité de conduite. Ils avaient détruit la maison du Seigneur, soit en la dépouillant de ses ornements, soit, comme on le raconte, en causant un tremblement de terre, comme au temps d'Ozias. Celui-ci en en¬ trant dans le sanctuaire avec l’encensoir causa un tremblement ; de même Athalie put en cau¬ ser un, en s’efforçant d’y établir des idoles. « Parce qu’il avait bien agi en Israël, et avec Dieu et avec sa maison. » Ibid. IG. Avec Dieu, en renversant les idoles qui avaient été faites à son mépris. Avec sa maison, parce qu’il répara les ruines et les scissions dans Israël, parce qu’il restaura le règne de la maison de David, en rejetant l’idolâtrie qui avait imposé la domina¬ tion du péché. « Après la mort de Joïada, les princes de Juda entrèrent et vénérèrent le roi. » Ibid. -17. Ils le vénérèrent comme ils auraient adoré Dieu; il y acquiesça, il se laissa séduire parleurs adulations, il permit qu’ils l'adorassent comme un Dieu. « Dieu ( ailleurs le Seigneur) dit : Pourquoi transgressez- vous Je précepte divin ? » Ibid. 20. Comme s’il disait ouvertement: Quel Dieu avez- vous cessé d’avoir, au point de commettre un crime si monstrueux que le pareil n’avait jamais eu lieu parmi vous ? Remarquez que nulle part ailleurs on ne trouve : Voici ce que Dieu dit, » lorum dicit, plcrumque enira iu gacro eloqnio filii non nascendo, sod imitando vocantnr. Destruxerunt autem domum Dei, sive spoliaudo istam ornamentis, sive, ut ferunt, terræ motu facto, aient tempore Oziæ ; ut, sicut illo intrante cuin thuribulo, ita etiam Athalia idola in domum Domini mitlere nitentc, terræraotus factus sit. « Eo quod fecisset bonum in Israël, et cura Deo et cum doino ejus. » Ibid. 16. Cum Deo, quia idola, quæ ad aspersionem Dei facta erant, subvertit ; cum domo ejus, quia ruiuas et scissuras instauravit in Israël, quia regnum domus David instauravit arao- vens inde idololatriam, quæ peccatis illorum dominata fuerat. « Postquam obiit Joiuda, ingressi sunt principes Juda, et adoraverunt regem. » Ibid. 17. Adoraverunt eum ut Deum ; et acquievit eorura obsequiis delinitus, ut se ut Deum cœli permitteret. « Hæc dicit Deus [Al. Dominus] : Quare transgredi- miûi præceptum Domini ? » Ibid. 17. Ac si aperte di- càt : Quem vos Deum habere destitistis, [in tanlum ut taie nofaa feceriLis, quod uunquam ante in vobis fac¬ tum est ? Et notandum quod non in alio loco inveni- LIYRE II DES PÀMLIPOMÈNËS. 383 comme en ce passage. Les fils de Zacharie avaient été tuées avec lui ; il dit la môme chose des fils du grand prêtre Joïada. « Zébatfils de Sammàa Amanitideet Jozabath fils de Samarith Moabitide lui tendirent des em¬ bûches.» Ibid. 29. L’Ecriture les appelle Jils d’A- manitides et de Moabitides, pour montrer l’ex¬ cès de la malice des Israélites qui négligèrent de venger le prêtre de Dieu, ce qui fut fait par des fils d’étrangers. « Ses fils et le trésor. » Ibid. 27. Ses fils que les Syriens tuèrent en sa présence, faisant contre lui des jugements d’ignomimie, soit parce qu’ils accomplirent contre lui des actes honteux, soit parce qu’en massacrant ses fils il lui reprochè¬ rent le crime qu’il avait perpétré contre Zacharie. Dans l’hébreu : « Et le fondement de la maison de Dieu, » parce que le sang de Zacharie parvint jusqu’aux fondements du temple et de l'autel. « Il fit le bien devant le Seigneur, mais dans la perfection de son cœur ; » II Par. xxv, 2; parce qu’il travaillait pour la gloire du siècle présent, et non du siècle avenir. « Il étrangla les serviteurs, qui avaient mis â mort son père. » Ibid, 3. Quoiqu’ils l’eussentmis ù. mort par crainte de Dieu et en union avec Za¬ charie, néanmoins il des condamna justement, parce qu’ils avaient commis le meurtre, non sur la parole du Prophète et d’après le dessein du tur, « Hæc dicit Deus » nisi hic tantum. Filii «Dim, Zachariæ cum eo interfeeti suut ; et ideo dicit fïliorum Joiadæ sacerdotis. « Insidiati sunt ei Zebat filius Semrnaa Amanitidis et Jozabath filiüs Samarith MoaLntidis. » Ibid. 26. Id- circo enim eos dicit filios Amaüitidum et Moabitidum, ad exaggerandam malitiam Israelitarum, qui ulcisci nolueruut sacerdotem Dei, quod iJli feceruut qui filii alieuigenarum fuerunt. « Porro filii ejus et summa pecuniæ ; » îbid, 27; filios ejus, quos Syri interfecerunt coram eo, facientes in eum ignoininiosa «udicia, sive quia turpes iri eum res egerunt, sive quia iuterftcientes fili 6 s ejus impropera- bant ei scelus quod iste in Zacbariain perpetraverat. In Hebræo : « Et fundamentum domus Dei, » eo quod sanguis Zachariæ usque ad fundamentum templi et al- taris perveperit. « Fecitque bonum in conspectu Domini, verumta- men in corde perfeeto ; » II Par. xxv, 2, quia pro præscûtis sæculi dignitale, non pro futura laborabat. « J ugulavitservos qui occideran t regem patrem suum.» Ibid. 3. Quamquam illi Dei timoré et in ultione Za¬ chariæ ilium occiderint, tamen [Al. idcirco] ob eo oc- SAINT JÉROME. Seigneur, mais en n’écoulant que leur présomp¬ tion. « Dieu n’est pas avec Israël et tous les fils d’Ephraïm. » Ibid. 7. Il était avec lesautres tribus, mais non pas avec celle d’Ephraïm, d’où étaient sortis les rois, et cela à cause de la prévarication de Jéroboam et des autres rois. (t Amazias sépara l’armée qui venait à lui d’E¬ phraïm, parce qu’ils avaient avec eux des idoles.» Ibid. -10. Amazias, après avoir taillé en pièces les Iduméens et enlevé les dieux des fils de Séir, adopta ces dieux pour lui-môme. C’est que lors¬ que dix mille Iduméens tombèrent, les idoles qu’ils avaient avec eux répondirent qu’ils étaient morts pour avoir négligé leur culte. Amazias, voyant que ces idoles n’étaient pas muettes et échappaient à la ruine, tomba dans l’erreur et les adora. « 11 envoya un Prophète vers lui. » Ibid. 15. C’est Eliézer, fils de Dodahu, c’est-à-dire de son oncle, dont il a été parlé précédemment. « Le Prophète s’arrêta de parler, puis il reprit. » 11 cessa devant les menaces du roi; il reprit sur l'ordre de Dieu. « Parce que tu as commis ce péché, et qu’en outre tu n’as pas acquiescé à mon avis. » Ibid. 16. Il aurait suivi cet avis, s’il avait brûlé les idoles, déchiré ses vêtements, répandu de la cisi sunt jndicialiter quia non ore Prophatæ, nec consultu Domini ; sed sua præsumptioue ilium occi- derunt. « Nou est Deus cum Israël et cuuctis filiis Ephraiin. » Ibid. 7. Quia cum aliis tribuhus erat ; cum tribu Ephraiin unde reges craut, non erat, propter prævaricutionem Jéroboam et cæterorum regum. « Separavit itaquo Amasias exercitum, qui venerat ad eum ex Ephraiin, quia idola seciim habebant. » Ibid , 10. Ainasias post cædem Idumæorum et nllatos deos filiorum Seir, statuit illosin deos sibi, Cum onirn præ- cipitarentur ilia decem millia, ilia idola, quæ secuiu habebant, responsum dederunt, idco illoa interfectos, quia de cultu eorum négligentes fuissent. Videns ergo ilia idola responsa dare, et a ruina eripi, hoc errore deeeptus, adoravitca. « Misit Prophela ad eum. »\lbld. 13. Propheta hic , Eliezer est, fllius Dodahu, id est, avunculi ejus, do quo superius dictum est. « Cessavitque Propheta,/et dixit. » Ccssavit, ad minas regis ; et dixit, ad impeiuum Domini. . ( « Quia fecisti hoc malum, et insuper non acquie- visticonsilio meo.» Ibid. 16.Consilio autem ejus acquics- ceret, si eos igné combureret, vestimenta disrnmperet, cendre sur sa tète et donné tout son temps à la pénitence. Tel est le conseil qui lui avait donné le Prophète. « Le chardon du Liban, qui est surle Liban. » Ibid. 18. Ce nom de chardon du Liban lui est donné à cause de sa noblesse, lui qui, quand bien même il agirait avec négligence, est né d'illustres ancêtres, puisqu’il était de la race d’Israël. « Tout l’or et l’argent et tout ce qui fut trouvé dans la maison du Seigneur chez Obed-Edom. » Ibid. 20. Chez Obed-Edom, parce que ses fils les gardaient, et ces trésors restaient selon le cata¬ logue qu’il en avait dressé. « Le roi Amazias vécut quinze ans après la mort de son père Joas, fils de Johaaz, roi d’Is¬ raël. » Ibid. 25. En ce temps-là Ozias, qui régna plu^lard à Jérusalem, était dans le sein de sa mère. Il est écrit : « Ozias avait seize ans quand il commença son règne. » Dès qu’Amazias se fut éloigné du Seigneur, une insurrection eut lieu contre lui à Jérusalem, parce que, depuis qu’il avait méprisé le conseil du prophète, et qu’il ne voulut pas se convertir, cette conjura¬ tion se prépara et grandit jusqu’au moment où elle éclata. « Le rapportant sur des chevaux, ils l’enseveli¬ rent. » Ibid. 28. Ce n’est pas sans motif que l’E- cinerem super caput spargeret, et totum se pæui- tentiæ daret; hoc etenim illi consilium Prophètes de- derat. , « Cnrduus Libani, qui est iu Libano. » Ibid. 18. Hic carduum Libani vocat, ob generositatem illius, qui quamvis negligenter ageret, magnis erat majoribus procreatus ; quippo qui de Israël semine erat. «Orniie quoque aurum et argentum et universa quæ reporta sunt in domo Domini apud Obed-Edom.» Ibid. 20. Apud Obed-Edom ; quia ejus filii custodie- todiebant ea, et ab eo descripta sibi permanebant. « Dixit Amasias filius Joas rex, postquam mortuus est Joas filius Joahaaz rex Israël, quindecim annis. » Ibid. 4.Eo tempore in utero habebatur Ozias, qui postea regnavit in Jérusalem. Unde et scribitur, « sexdecim annorum erat Ozias, cum regnare ccepisset. » Ex eo tempore, quo discessit Amazias a Domino, insnrrexit super eum conjuratio in Jérusalem. Quia ex eo tem¬ pore, quo Prophetæ consilium non audivit, neque ad Dominum converti voluit, præparatio conjurationis illius facta est, et eatenus dilata, donecad consumma- tionem pervenîret. « Reporlantesque super equos, sepelicrunt eum. » Ibid. 28. Non enim sine causa Scriptura dicit eum su- questions hébraïques sur le livre ii des paralipomènes. 385 écriture dit. qu’il fut rapporté sur des chevaux, il le fut ainsi, parce qu’il avait adoré les dieux d’E- dom, qui étaient portés sur des chevaux. Et il ne fut point porté sur les épaules, parce qu'il avait négligé de servir le Dieu d’Israël, qui avait ordonné que son arche, sainte fût portée sur les épaules de Chaatites. Ozias, dans les Paralipomènes, Il Par. xxvi, 1 ; dans les Rois, Azarias, fils d’Amazias. Ozias si¬ gnifie « vertu de Dieu; » Azarias, « secours du Seigneur. » Il est appelé vertu de Dieu, parce la puissance de Dieu se manifesta grandement sur lui en le frappant de la lèpre et par le trem¬ blement de terre. « Il chercha Dieu aux jours de Zacharie, qui voyait et comprenait Dieu. » Ibid. 5. Zacharie, fils de Zacharie, fils de Joïada, qui, né après la mort de son père, reçut le nom de son père. Il était dit comprenant Dieu, parce qu’il était prêtre; et voyant, parce qu’il était prophète. « Contre les Arabes qui habitaient à Gurbaal. » Ibid. 7. C’est la même que Gérara, qui eut Abra¬ ham pour hôte. Ozias éleva des tours dans Jérusalem sur la porte de l’angle et sur celle dé la vallée, porte de la cité, depuis la porte d’Ephraïm jusqu’à celle de l’angle; il répara celle qu’avait détruite Joas, roi d’Israël. » Ibid. S. L’Ecriture appelle la porte d’Ephraïm, porte de la vallée. Au sujet per equos portatum ; sed colligiLur ilium portandum super equos, quia deos Edom, qui in equis iportaban- tur, adoraverit. Et idcirco non portatum super hume- ros ; quia neglexerat servire Deo, Israël, cujus mysteria super humeros Chaatitarum portari jusserat, Ozias in Paralipomemon; U Par. xxvi ; in Regum, Azarias scrïbiturfdius Amsiæa. Ozias enirn interpreta- tur, « virtus Dei. » Azarias, « auxilium Domfhi. » Id¬ circo enim virtus Domini vocatur, quia magna in eum virtus Domini ostensa est percussione lepræ, et terrærnotu facto. « Exquisivit Deum in diebus Zachariæ, intetligeutis et videntis Deum. » Ibid. 5. Zacharias filius Zachariac, filii Joiadæ, qui post mortom patris natus, posthumus patris nomen sortitus est. Intelligens enim et vidons dicebatur. Intelligens, propter sacerdotium ; videns, propter prophetiam. « Contra Arabes, qui babitabant in Gurbaal. » Ibid. 7. Ipsa est Gerara, in qua peregrinatus est Abra¬ ham. « Ædifîcavit Ozia turres in Jérusalem super portam anguli, et super porlam vallis, portam civitatis; a porta Ephraim usque ad portam anguli, quam Joas TOM. iy. de la réôdification, elle ne le nomme pas, tandis qu’elle le nomme à propos de la destruc¬ tion. Ce n’est pas sans raison, parce que lui qui immolait aux idoles et avait été complice de la destruction, ne mérita pas d’être mentionné sous son nom propre à propos de l’édification ;■ mais le mot [de vallée rappelle son humilia¬ tion. « Dans la maison séparée, » Ibid. 21, selon ce qui est écrit dans le Lévitique. « Le reste des premiers et des derniers actes d’Ozias, le prophète Isaïe lésa écrits. » Ibid . 22. Le prophète Isaïe a dit : « L’année de la mort du roi Ozias, j’ai vu le Seigneur assis ; » il rap¬ porte qu’il mourut l’année où il fut frappé de la lèpre. « Il construisit beaucoup sur le mur d’Ophel, » II Par. xxvii, 3, d’Ophel, c’est-à-dire « du nuage, » ce qui s’entend du Saint des Saints. En effet le Sei¬ gneur a dit qu’il habitait dans une nuée. « Joatham était un fils de vingt-cinq ans, lors¬ que son règne commença, » Ibid. S. Ce passage indique le commencement de son règne et son innocence, afin de montrer qu’il avait persévéré dans l’innocence de son premier âge. « Masia, fils de Molocb, » Par . xxvm, 7, c’est- à-dire, fils de l’idole d’Ammon, qui s’appelait Mo- loch, c’est-à-dire roi. Il est dit son fils, parce qu’il lui établissait des sacrifices et un culte. Jérémie rex Israël destrnxerat, ipse instauravit: » Ibid . 8. portam enim Ephraim, portam vallis nominat. In ædificando noluit ejus nomen ponere, quod in de- struendo posuerat. Nec immerito ; quia qui idolis im- rnolabat, et particeps in destruendo fuerat, in ædifb catione proprio nomine non meruit nuncupari ; sed nomine vallis censetur, propter humiliationem. « In domo separata, » Ibid . 21, juxtaquod in Levi- tico scribitur. « Reliqua autem scrmonum Oziæ priorum et novis- simorum, scribit Isaias propbota. » Ibid. 22. Isaias et propheta scripsit, « In anno quo mortuus est rex Ozias, vidi Dominum sedentem ; » eo anno ilium mortuum fuisse describit, quo lepra perçussus est. « Etinmuro Opbelmulta construxit.wIIPar. xxvn,3. In muro Ophel, hoc est, in muro « nebulæ; » quod intelligitur Sancta Sanctorum. Dominus enim dixit, ut habitarot in nebula. « Filius viginfi quinque annorum erat Joatham, cum regnare coepisset. » Ibid . 8. Hic et initium regni ejus et innocontia describitur, ut monstraret eum in inno- centia perseverasse qua cœpit. « Masiam filimn Moloch, » II Par . xxvm, 7, id est, 25 386 SAINT- JÉROME. parle de môme d’Ismaël, qui est dit de race royale, quoique n’en étant pas, puisqu’il des¬ cendait de l’esclave égyptien Géra. Jerem.xu. « En ce temps,, il y avait là un prophète du nom d’Obeth. »lbid. 9, 19. C’est le père d’Azarie, qui prophétisa au roi Asa. Pour cela, il était venu à- Samarie, puisqu’il était de Juda. Il s’exprime ainsi: «Voici ce que dit le Seigneur; » parce qu'ils n’étaient pas dignes' de la parole du Prophète. Dieu était irrité contre eux. Dans ce passage seu¬ lement Achaz est appelé roi d’Israël, mais parce qu’il imita les. œuvres des rois de ce pays, au point qu’aucun d’eux auparavant n’avait été aussi perversquelui. Aussi est-il dit de lui qu’il dé¬ pouilla Juda des préceptes et du secours 4e Diéü, comme il est écritd'Aaron qu'il dépouilla le peu¬ ple. « Le roi Achaz lui-même -reculades bornes du péché. » Il y a là un ' pléonasme. L’Ecriture ajouté « lui-même » pour donner plus-de for oe à sa note de réprobation. Elle insiste sursa perver¬ sité, comme elle insiste souvent sur un éloge au moyen de pronom. « Ils l’ensevelirent dans la cité de Jérusalem. » Ibid. 27. Ils ne l’ensevelirent pas dans le sépulcre des rois, mais dans un autre endroit de Jérusalem. Le passage : « Ils ne le reçurent point dans le sépulcre des rois, » semble, dans l’hébreu, dire que ceux- qui étaient en ce sépulcre ne le reçu- fiîium idolis Ammon, quod vocabatur Moîoch, id est, rex. Idcirco enim filius ejus dicitur, quod illi sacra instituebat • et cultus. Hoc et in Jeremia habes de Ismaele, qui describitur de genere regio, cum non de gencre regio fuerit, sed do Géra servo Ægyptio. Jeretn. xu. ■ « Ea tempestate erat ibi Propheta nomme Obcth. » Ibid. 9, 19.' Ipse est pater Azariae, qui Asa régi pro- phctàviU Ad prophetandum enim in Samariam vé¬ nérât, quia de Juda erat. Idcirco non dixit: « Hæc dicit Dominus; » quia non erant digni scrmone Pro- pbetœ. Iratüs enim erat Deus illis. In hoc solo loco Achaz vocatur rex Israël, non quod super omnem Israël regnaverit, sed quia secutus sit opéra regum Israël, in tantum ut nullus ante eum dé regibus ne* quior fuerit. Undè et dicitur de ëo, . quod nudasset Judam prœceptis et auxilio Dei, sicut de Aaron yscri- bitur, quod nudasset populum. « Auxit conternptum ipse rex Achaz. » Quod videtur quasi supcrfluum. Quod dicit « ipse, » causa notationis hoc facit. Notât enim ejus malitiam, sicut et crebro in laudem hoc pronomem poni solet. « Et sepelierunt eum in civitatem Jérusalem; » Ibid. 27; quia' non sepelierunt eum in sepulcro- re- rentpas. Mais il est mieux d’entendre qu’il en fut écarté soit par les édiles qui veillaient sur ces sépulcres, soit de quelque autre manière, mais toujours par la volonté de Dieu. « Le nom de sa mère estAbia, d II Par. xxix,2, fille de Zacharie le posthume, de ce Zacharie prophète et prêtre qui fut mis à mort par le roi Joas. « Lui-même dans la première année et dans' le premier mois de -son règne. » Ibid. 3. Dans 1 idiome hébreu, même le premier jour de son règne est sous-entendu dans cette mention. « Enlevez toute immondice du sanctuaire, » Ibid, b, c’est-à-dire, les idoles qu’y avait placées Achaz, et qui, semblables à des femmes dans leur période, étaient souillées et souillaient. « Ils détournèrent leursfaces du tabernacle du Seigneur et lui tournèrent le dos. » Ibid. 6. Ezé- chiel rapporte le fait sans détours : « Vingt-cinq hommes, dit-il, tournant le dos au temple et ado¬ rant le soleil à son lever,: » « Sept boucs pour ce péché. » Ibid. 21. Il fut fut fait en celte circonstance contrairement à la coutume. G’était toujours un bouc qu’on offrait d’habitude pour un péché. Lêvit, iv, ix, xxxm. Mais comme les péchés étaient en grand nombre, ils durent offrir sept [boucs. Il appelle Gad « voyant, » parce que la prophétie lui venait gum, sed in Jérusalem civitate in alio loco. Quod vero dicit: a Non receperunt eum in sepulcro regum. Israël; » (sonat in Hébrœo, quod quasi ipsi eum non receperiht, qui ibi sepulti sunt; sed quoniam melius intelligi deboat, aut ab ædituis, qui eadem sepulcra custodiebant, probibitum est, aut alio aliquo modo, voluntate tamen Déi. « Nomen màtris ejus Abia, » II Par. xxix, 2, fi lia Zacbariæ posthumi, Zachariæ prophètes et sacerdotis, qui a Jôa rege interfectus erat. « Ipse in anno et mense primo regni sui. » Ibid. 3. In Hebrææ linguæ idiomate, etiam primus dies re¬ gni ejus in hac description e subauditur. « Auferte omnem immunditiam de [sanctuariô, » Ibid. 5, id est, idola quæ Achaz posuerat, quœ in mo- dum mulieris menstruatæ et polluta erant et pol- luebant. « Averterunt faciès suas a tabernaculo Domini, et præbuerunt dorsum. » Ibid. 6. Quod pîene scribitur in Ezechicl, ubi dicitur, «viginti quinque viros haben- tes dorsa ad templum, et adorantes ad ortum solis. » « Hircos septem propeccato. » Ibid. 21. Contra mo- rem in hoc loco factum est. In omnibus enim locis unus pro peccàto hircus ôfferri solebat. Levit. iv, ix. questions hébraïques sur le livre ii des paralipomènes. 387 par la vue. . Les Lévites avaient coutume d’enlever les peaux des holocaustes ; et quand c’était un sacrifice expiatoire, les prêtres les enlevaient pour eux-mêmes. loi, les prêtres enlevaient les peaux puisqu’il s’agissait d’un sacrifice expia¬ toire. Mais comme le nombre des prêtres n’était pas suffisant pour cela, parce qu’au temps d’À- chaz ils avaient été dispersés et n’étaient pas en¬ core ' revenus, leurs frères les Lévites leur vin¬ rent en aide. Il était mieux d’employer, pour les sacrifices, des lévitesque des prêtres, parce que, au temps d’Àchaz, ceux-ci consentirent eux- mêmes à l’erreur; puisqu’un autel fait à l'image de celui de Damas avait été envoyé au pontife Urie. « Il écrivit aussi des lettres à Ephraïm et à Manassé. » II Par. xxx, 1. Pendant qu’il envoyait publiquement des messagers à tout Israël, il en envoyait secrètement, en Ephraïm et en Manassé, à ceux qu’il savait pouvoir se rendre favora¬ bles par des lettres. Ceux-ci étaient tout orgueil¬ leux de ce que la dignité royale était dans la maison d’Ephraïm. « Une grande partie du peuple mangea du Phasé, contrairement à ce qui est écrit. » Ibid. 18. Il était écrit que ceux qui n’avaient pu en manger dans le premier mois, en mangeassent dans le second. Or, au second mois il vint une xxm. Sed quia multa erant peccata, ideo septem hirci offerri debuerunt. Idcirco Gad videntem vocat : quia proplietia per visurn ei veniebat, Mos erat Le- vitis, ut illi detraherent pelles holocaustorum ; et sacerdotibus, ut quando pro peccato 6ebat sacrifi- cium, sacerdotes detraherent. Et idcirco sacerdotes in hoc loco detrahehant pelles : quia pro peccato sacri- ficium erat. Et quia sacerdotum numerus non (Ms, minus) sufficiens erat ad hoc peragendum, quia tempore Achaz regis, dispersi needum reversi erant, ideo juverunt eos fratres eorum Levitæ, quia Levitis rectius erat ad sacrificandum uti, quam sacerdoti¬ bus, eo quod tempore Achaz, et ipsi consenserunt, quippe quia exemplar altaris Damasceni, Uriæ ponti- fici missum est. « Scrjpsit quoque epistolas ad Ephraim et Manassé. » II Par . xxx, 4. Gum omni Israël, publiée misisset nuntips, Manassé et Ephraim latenter misit, ad eos quos sciebat conversum iri posse per epistolas. Illi eniui superbiores erant propter regiam dignitatem quæ erat in domo Ephraim. « Magna enim pars populi comedit de Phase, non juxta^quod scriptum est. » Ibid . 18. Scriptum enim erat, ut qui primo mense non poterant comedere, multitude considérable qui n’était pas purifiée, et ils firent en ce mois : ce qu’il était défendu de faire le troisième. Ezéchias pria pour eux ; il fut exaucé, et le Seigneur s’apaisa à l’égard de son peuple. La tradition est que nul en état de souil¬ lure ne pouvait manger le Phasé sans être frappé de mort. Ils reconnurent que le Seigneur était, apaisé, èn ce qu’en ayant mangé, ils né mouru¬ rent point. « Il revint ignominieusement dans sa terre; » II Par. xxxu, 21. Les Hébreux rapportent qu’en signe d’ignominie un ange lui rasa les cheveux et la barbe, et c’est là ce qui a été dit parle pro¬ phète Isaïe : a En ce jour-là le Seigneur se ser¬ vira du roi des Assyriens comme d’un rasoir loué pour raser la tête et la barbe, » et le reste. Isai. vie. Ainsi couvert de honte, il arriva au temple de son dieu Nesratli, qui était adoré, dit- on, sur les restes de l’arche de Noé. Comme il se plaignait à ce dieu de ce qu’il ne lui avait point donné secours, tandis que lüi-même était prêt à lui sacrifier, s’il le voulait bien, ses fils Adramélech et Sarasar, ceux-ci entendirent ces paroles, et, craignant qu’ après tant de malheurs, de revers et d’ignominies il ne les tuât, ils le mirent à mort. « Leprodige qui était arrivé sur la terre. » Ibid . 31. Il s’agit du recul du soleil sur dix lignes. secundo comederent. Venit enim plurima multitudo quæ purificata non erat in mense secundo, et quia in tertio mense illicitum erat illud peragere, in secundo peregerunt. Pro his oravit Ezéchias, quem exaudivit Dominus et placatus est populo suo. Aiunt, neminem pollutum potuisse Phase comedere, quin statim mo- reretur, et in eo placatum Dominum cognoverunt, quia comedentes exstincti non sunt. « Reversusque est cum ignominia in terram suam. » II Par. xxxu, 21. Tradunt Hebræi illi caput et bar- bain rasam ab Angelo in iguomininm, et hoc fuisse quod per prophetam Isaiam dictum est : « ln. die ilia radet novacula acuta conducta in rege Assyrio- rum caput et barbam, » etcætera. Isai. vu, quem cum eadem. ignominia pervenisse ad templum Dei sui Nes- rath, quem dicunt in reliquiis arcæ Noe culturam ha- buisse. Cum ergo quereretur (Al. quccreretur) depre- cans, cur se non odjuvisset, qui etiam fllios suos Adramelech et Sarasar sibi offerret, si hoc ille ratum duceret; illi hoc audientes post tôt clades, ruinas, et ignominias, timentes ah eo interfici, interfece- runt cum. «Deportento quod acciderat super terram, xlbid. 31, de solis reditu per lineas decem. 388 SAINT JÉROME. Les envoyés du roi de Babylone ne vinrent que pour se renseigner 'sur ce mystère. « Le Sei¬ gneur l’abandonna afin qu’il fût tenté ; » parce qu’il ne lui défendit point par la voix du pro¬ phète de montrer ses trésors, mais ceux de la maison de Dieu. Plus tard le même prophète lui reprocha sa conduite en cette occasion. « Ils l’ensevelirent au-dessus des sépulcres des fils de David. » Ibid. 33. Il est à remarquer que, par un privilège dû à ses mérites, il eut un tom¬ beau plus élevé que ceux des autres fils de David. « Il adora toute la milice du ciel. » II Par. xxxru, 3. La tradition dit qu’il s’agit .des douze si¬ gnes du Zodiaque. « Il les éleva à toute l’armée du ciel, » Ibid. 3, c’est-à-dire, sous le nom desétoiles, aux démons dans la vallée de Bénênon, ailleurs appelée Gé- hennon, c’est-à-dire, vallée des fils d’Ennon. » Cette vallée est proche de Jérusalem, Jérémie et .le livre des. Rois la désignent très-clairement. C’est de là qu’est venu le nom de Géhenne. « Le Seigneur parla à. lui et à son peuple, et ils ne voulurent point être attentifs à la main du prophète Isaïe. »,I6ûL 10. .Les Hébreux rappor¬ tent que Manassès était fils de la fille d’Isaïe. En cet endroit, on cite le nom de sa mère, et non pas celui de son père, parce que ce roi profane était indigne d’un tel ascendant. Isaïe, dit la Ad hoc unum mysterium inquirendum, legnti ré¬ gis Babyloniæ venerunt. « Reliquit eum Deus ut ten- tarelur; » quia nonprohibuit ei per prophetam osten- dere thesauros suos, sed thesouros domus Domini, undeet postea ab codera propheta objurgatus est. « Et sepelierunt eum super sepulcra filiorum David. » Ibid. 33. Et hoc notandum, qiiia excelsius sepulcrum cæteris filiis David habuit meriti prærogativa. « Et adoravit omnem unilitiam cœli. » II Par. xxxmi, 3. Duodecim signa, quæ in zodioco sunt, ut tradunt. « Ædificavit autem ea cuncto exercitui cœli , » Ibid. 3, id est, sub Domine stellarum dæmonibus, in voile Benenon, quæ alio loco Gehennon dicitur, id est, « vallis filiorum Ennon. » Est enim bæc haud procul ab Jérusalem, de qua in Jeremia et in Regum libro plene scribitur. Ab ea enim origine accepit no- men Gebenna. « Locutusque est Dominus ad eum et ad populum ejus; et atlendere nolueruntin manu Isaiæ prophetæ. » Ibid. 10. Tradunt Hebræi eumdem Manassen filium fuisse liliæ Isaiæ; et ideo in hoc loco, quamquam no- raen matris scribatur, patris tamen ilhus non scri- bitur , quia indignus erat profanus rex tanto avo. tradition hébraïque, fut mis à mort, parce qu’il les appela princes de Sodome et de Gomorrhe; et parce qu’il dit : « J’ai vu le Seigneur assis; » Isaï. vi, 1 ; quand Dieu avait dit par Moyse : « Aucun homme ne me verra et vivra. » Exod. xxxni, 20. Et parce qu’il dit : « Dieu ajoutera à tes jours quinze années, » I V Reg.xx, parce que Dieu avait dit par Moyse : « Tu rempliras le nombre de tes jours. » Exod. xxm, 25. Etparce qu’il dit: « Cher¬ chez le Seigneur pendant qu’on peut le trouver, invoquez-le pendant qu’il est près de vous; » Isai. lv, 6; alors qu’il est dit : « Qui est si près que le Seigneur, notre Dieu quand nous l’invo¬ quons. » « Et Manassès connut que le Seigneur est no¬ tre Dieu. » Ibid. 13. En effet, quand il eut été mené à Babylone et plongé dans le vase d’ai¬ rain, au contact du feu, il invoqua tous les noms des. idoles qu’il adorait. Elles ne l’exaucè¬ rent pas ni ne le délivrèrent; il se souvint alors de cette parole qu’il avait souvent entendu ré¬ péter par son père: « Lorsque vous m’invoquerez dans la tribulation, après vous être convertis, je vous exaucerai, » parole écrite dans le Deuté¬ ronome. Le Seigneur l’exauça, le délivra et le ramena dans son royaume, et il y rentra, comme le dit Habacuc, de la même manière qu’il avait été conduit à Babylone. Tradunt Hebræi, idcirco occisum Isaiam, eo quod eos appellaverit principes Sodomorum et Gomorrhæ. Et quia dixit : « Vidi Dominum sedentem ; » Isdt. vi, 1 ; eum per Moysen dixerît : « Non enim videbit me homo et vivet. » Exod. xxxm, 20. Et quia dixit : « Addet Deus ad dics tu os quindecim annos ; » IV Rcg. xx, G; eo quod per Moysen dixerit : « Êt numeruin dieruin tuorum implebis » Exod. xxm, 26. Et quia dixerit: « Quærite Dominum dum inveniri potest, invocate eum dum prope est ; » Isai. lv, 6 ; cum dica- tur : « Quis est tam propinquus, quomodo Dominus Deus noster, quando eum invocamus ? » « Et cognovit Manassès, quod Dominus ipse est Deus. » Ibid, 13. Dum enim in Bnbylonem ductus fuis- set, et in vase æneo perforato missus, admoto igni, invocavit omnia nomina idolorum, quæ colebat ; et cum non fuisset ab eis exauditus neque libérâtes, recordatum fuisse, quod apatrecrebro amlierat: « Cum iuvocaveris me in tribulatione, et convertis fueris, exaudiam te, » ut in Deuteronomio scribitur, exaudi- turnque esse a Domino, et liberatum et reductum in regnum suum, et in1 modum Habacuc reductum sicut ille deductus fuerat in Bubylonem. (1) Hifttoriem Abacuci veram agnoscit Scriptor Hebræiis, Bient et onm Catholici inter antbenticas Scriptnraa racipiuot. questions hébraïques sur le livré ii des paralipomènes. 389 « Il entoura Ophel, » c’est-à-dire, il restaura, pour le Saint des Saints, l’édifice qu’il avait con¬ struit [pour les idoles. « À l’occident de Géon, » c’est-à-dire, il construisit depuis le torrent de Géon jusqu’à la porte des poissons, qui est celle du côté de Joppé. « C’est écrit dans les paroles d’Ozaï. » Ibid. 19. Quelques-uns voulent dans Ozaï voir Isaï. Ozai en effet veut dire « ma vision. » 11 paraît ici avec un changement de nom, afin de montrer que ses mérites sont bien supérieurs à ceux de celui qui le mit à mort. « De tout Juda et Benjamin, et des habitants de Jérusalem. » II Par. xxxly, 9. L’auteur dési¬ gne par « habitants de Jérusalem » la demi-tribu deManassé, qui se compte le plus souvent dans la tribu de Benjamin. « À Holda, qui habitait dans la seconde.» Ibid. 22. Holda était l’épouse de Sellum, oncle du père de Jérémie, et père d’Ananéel. « Elle habi¬ tait dans la seconde ville. » En effet, il y avait, à Jérusalem, un espace hors du mur, c’est-à-dire entre le mur, de la cité et l’avant-mur ; on l’ap¬ pelait « seconde ville; » il en est question dans le prophète Sophonie. Dans les Paralipomènes, Les fils de Tocaat, fils d’Hasra ; dans les Rois, Ticua, fille d’Àraaz. Tocaat, « grincement; »Hasra, « diminution; » Ticua, « espérance; » Araaz, « Circumdedit Ophel, » id est, instauravit ædificium Sanctis Sanctorum, quod pro idolis construxerat. « Ad occidentem Geon, » id est, a torrente Geon sediti- care eoepit usque ad portam piscium, quæ est porta do parte Joppes. « Scripta sunt in sermonibus Ozai. » Ibid. 19. Hic Ozai quidam Isaiam intelligere volunt. Ozai enim interpretatur, « Visio men. » Et ideo immutato nomine introducitur, quod maoifestetur longe istius mérita ab illius meritis distare, qui eum interfecit. «Ab omni quoqueJudaet Benjamin, et habitato- ribus Jérusalem. » II Par. xxxiv, 9. Habitatores Jérusalem dimidiam tribum Manasse dicit, qui plerum- que in tribu Benjamin computantur. . « Ad Holdam quæ habitabat in secunda. » Ibid. 22. Holda uxor fuit Sellum, avunculi patris Jeremiæ, et patris Ananeel. « Habitabat in secunda. » Locus enim erat Ilierosolymis extra murum, id est, inter murum civitatis et antemurale, qui vocabatur secunda, cu- jus mentio fit in Sophonia propheta. In Paralipome- non, ülii Tocaal, filii Hasra; in Regum, Ticua filia Araaz. Tocaat interpretatur, stridor. Hasra, diminulio. Ticua, spes. Araaz, negotiator. « Custodis vestium, » quialemplum Domini servubat. « négociateur. » a Du gardien des vêtements, » parce qu’il gardait le temple du Seigneur. « Placez l’arche dans le sanctuaire du temple qu’a bâti Salomon, fils de 'David, roi d’Israël. » II Par . xxxv, 3. Il faut remarquer que l’arche du Seigneur fut enlevée du temple, et que Josias or¬ donna de l’y reconduire. C’est au temps d’Achaz, quand les idoles furent mises dans le temple, que l’arche en fut ôtée et conduite dans la maison de Sellum, mari d’Holda et oncle de Jérémie; elle y demeura jusqu’au temps de Josias. L’ar¬ che de Dieu nepouvait être en un lieu, oùavaient été introduites les idoles et où l’on observait la coutume des Gentils et Tm rite sacrilège. « Ils étaient dans l’ordre assigné parDavidàses prophètes Asaph, Email et Idithum.» Ibid . 15. Ils étaient appelés prophètes du roi, parce qu’ils chantaient avec le roi David. « Il n’y avait pas eu en Israël un Phasé sem¬ blable à celui-ci depuis les jours du prophète Samuël. » Ibid . 18. Parce que tous ceux qu'avait réunis cette solennité , demeurèrent là sept jours, et se rassasièrent, >ux frais du roi, de tout ce qui a été énuméré plus haut. « Jé combats contre une autre maison; » Ibid. 21; celle du roi Adad Remmon, fils de Tabrimon qui régna à Charcames et que le roi Néchao mit à mort en même temps que Josias. Il y eut, en « Ponite arcam in sanctuario templi, quod ædifi- cavit Salomon filius David rex Israël.» II Par, xxxv, 3, Notandum quod area Domini elata de tempto fuit, quam modo in templum reduci Josias præcepit. Tempore enim Achaz, quando simulacre in templo missa sunt, elata est inde et ducla in domum Sellum, viri Holdæ avunculi Jeremiæ, ubi permansit usque ad tempus Josiæ. Nec enim poteratarca Dei esse in loco, ubi simulacra introducta fuerant, et gentilitius usus et ritus nefondissimus observabatur. « Stabant in ordine juxta præceptum David et Asaph et Eman, et Idithum prophetarum regis. » Ibid. 15. Ideo prophetæ regis vocabantur, quia cum David rege cantabant. « Non fuit Phase simile huic in Israël a diebus Samuelis Prophetæ ; » Ibid . 18 ; quia omnes, qui in- venti sunt, in ilia festivitale, ibi septem diebus com- morati sunt et omnes sufficienter de regis suhstan- tia, et de his, quæ supra memornta sunt, epuïati sunt. « Contra aliam pugno domum ; » Ibid. 21 ; id est contra Adad Remmon regis filii Tabrimon, qui re- gnavit in Charcamis, quem, ea tempestate quando Josiam, rex Nechao interfecit. Factus est enim plane- SAINT, JÉROME. 390 effet, dansMageddo, un grand gémissement dont parle le prophète Zacharie. a 11 ne voulut pas acquiescer aux paroles que Dieu avait fait prononcer à Néchao. » Ibid* 22. Parce que Dieu avait annoncé par le prophète .lé- rémie que Néchao monterait à Gharcames et y serait victorieux; et Néchao avait connaissance de cette prophétie. De même Rapsacès dit de la part de Sennachérib, roi d’Assyrie: « Le Seigneur m’a ordonné d’entrer dans cette terre ; » parce que les prophètes d’Israël avaient déjà prophétisé la venue de ce roi, qui n’ignorait pas leur prédic¬ tion. « Tous les chanteurs et chanteuses jusqu’à ce jour; » Ibid. 25; en ce qu’il est écrit dans les La¬ mentations de Jérémie : « L’esprit de la bouche de Dieu, le Christ Seigneur. » Thren . îv, 20.. « Les premières et les dernières de ses œu¬ vres. » Ibid . 27. L’auteur entend par ses dernières œuvres le fait de. n'avoir pas consulté le Seigneur pour savoir s’il convenait de marcher contre Néchao. u Les autres paroles de Joachim et les abomi- tus magnus in Mageddo : cujus meminit Zacharias propheta. « Noluit acquiescera sermonibus Néchao ex ore Dei ; » Ibid . 22 ; quia per Jeremiam proplietam pro- phetaverat, quod ille ascensurus erat in Charcamis, et Victoria potiturus ; quæ proplietia Néchao regem minime latuit. Unde et Rapsacès dicit de Sennacherib rege Assyriorum : « Dominus jussit me ascendere ad terrain istam. » Quiajam Prophetæ Israël prophetave- rant hoc, quod ille ascensurus esset, quod eum mi¬ nime latuit. « Omnes cantatores et cantatrices, usque in præ- sentem diem, » eo quod scriptum est in Lamentatione Jeremiæ : « Spiritus oris Domini, Christus Dominus.» Thren . iv, 20. « Opéra ejus prima et novissima. » Ibid. 27. Novis- sima in hoc loco ea dicit, eo quod non consuluit Do- minum, utrum pergere deberet contra Néchao. « Reliqua autem verborum Joachim et abomina- tionum ejus, quas operatiis esl, et quæ inventæ sunt nations qu’il fit et qui furent trouvées sur lui. » II Par , xxxvi, 8. Entre autre désobéissances de sa part, il viola la défense suivante de Dieu : « Ne tondez pas vos têtes en rond, ni celles des morts, et ne faites aucune marque sur votre corps. » Or, après son trépas, on trouva tout cela sur son cadavre. « La prophétie de Nabo. » Il y avait une idolo de ce nom que servait ce Nabo. « Chodonaser, qui contient la force créatrice. » . «La première année du règne de Gy rus, roi des Perses, pour l’accomplissement delà volonté dé Dieu qui avait été prédite par la bouche de Jérémie, le Seigneur veilla l’esprit de Gyrus, et celui-ci ordonna qu’on publiât par tout son royaume et même qu’on écrivit en ces termes : Voici ce que dit Gj^rus, roi des Perses : Le Sei¬ gneur Dieu du ciel m’a donné tous les royaumes de la terre et m’a ordonné de lui élever une de¬ meure en Jérusalem. » Ibid . 22. G’ est qu’il avait eu connaissance de la prophétie d’Isaïe, où il est dit,: Voilà ce que moi Seigneur, je dis à mon christ Gyrus, dont j’ai pris la main. » Esdr. i. Le in eo. » II Par . xxxvi, 8. luler cætera mala quæ gessit, etiam hoc fecit in corpore suo, quod Dominus prohi¬ bât, dum diceret : « Non1 tondeatis (a) capita vestraln rotundum, ueque super mortuo, nequo stigma faciatis in corporibus vestris. » Quæ post-juam mortuus est, in corpore ejus inventa sunt 2. u Nabo prophetia. » Ibid. 10. Est. enim noruen (b) idoli, cui idem Nabo serviebat. « Chodonosar, capiens plasma vinum. » « Anno ( c ) primo Cyri regis Persarum, adexplendum sermonem Domini, quem locutus fuerat per os Jere¬ miæ, suscitavit Dominus spiritum Cyri regis Persa¬ rum, qui jussit prædicari in universo regno suo, etiam per scripturam dicens : Hæc dicit Cyrus rex Persa¬ rum : Omnia régna terræ dédit mihi Dominus Deus coeli, et ipse præcepit mihi, ut ædificarem ei domum in Jérusalem. » Ibid . 22. Audierat enim prophetiam Isaiæ, in qua dixerat : « Hæe dicit Dominus christo meo Cyro : cujus apprehendi manum. » I E&drx i. Ezras scriba ei hæc legit, et idcircô dixitsibi a Do- (JH Edit:, « Non tondebitis... super mortuum, ncque stigmata facietis, » etc. (2) Mss. Exiimplariû sic legnnt post « inventa sunt : Est enim nomen idoli, cui idem Joachim serviebat, Cliodonazer, quod interpretatur plasma vinum capiens. d Notandum aulem, Scriptorem Hebrœum hoc loco ponere etymologiam nominis Nabuchodonosorj separans Nabo a Chodonazer ; et consequenter orrorem esse in codicibus manuscriptis. (û) Mas. caput vestrum. Cæterum, quem in suis notât Martianœus, errorem nostri non errant. (ô) Sentiebat e contrario Hieronymus, Nabo non idoli nomen esse, sed civitatis, tametsi longius a vero ejus videatur sententia abesse. In Com- mentariis in Isaiam lib. v, cap. 15, ai vers. 2 : « Dotuus, » inquit, « regia, et urbs Dibon ad idola, quæ in editis posita sunt oscendit super Nabo, et super Medaba, nobiles civitates ululabit universa provincia. In Nabo enim erat Chamos idolum consecratum, quod alio nomine appellatur Beelphegor, » (c) Totaisthac sacri textus pericope septemfore versuum usque ad verba, « ot ipse præcepit mihi, » etc.; in meo ms, non estj nequo in Am- brosiano ; et ahesso quidam rectiiis, neduni absquo expositionis subnexm dispendio potest. questions hébraïques sur le livre ii des paralipomènes. 391 scribe Ezras lui lut ce passage, et voilà pourquoi phéties avant leur naissance, Josias comme ap- il dit que le Seigneur lui a donné cet ordre entre pelé à détruire les idoles et à renouveler le culte tous les rois de la terre. Josias et Cyrus ont été . de Dieu , Cyrus comme appelé à relever le désignés par leurs propres noms dans les pro- temple de ses ruines, mino hoc præceptum de cunctis regibus terrarum. Hi ut destrueret idola, et cultum Dei renovarct. Cyrus, duo per prophetiam antequam nascerentur, propriis ut ruinas terapli instauraret (a), nominibus vocal! sunt, id est, Josias et Cyrus. Josias, (a) Hîc oddeus : « Expliciunt Quœstiones in libro Dnbrejduiin, » Vallars. submittit notarn sequcutem : Sic babent meus atque Ambroaiao. ma. In meo autein siibsequunlur, « in Abacuc prophetom Qiucstioues, » Hierooymo oscriptæ, qnariim est initium : « Cbicumque onus verbi Domini ponitur, gravedo in prophétie ilia signatur. » Sed llieronymianum nomeu montii i illnrum Auctorom, nihil est dubium. AVERTISSEMENT AU SUJET DE L'EXPOSITION INTERLINÉAIRE DU LIVRE DE JOB. Saint Jérôme n’a pas fait de Commentaires sur Job; peut-être, il est vrai, avait-il projeté sur toute l'Ecriture, des Questions Hébraïques, que plus tard, à l’exception de celles sur la Genèse, changeant son premier avis, il abandonna tout à fait, ou qu’il aima mieux laisser périr daus le secret de ses papiers; et alors il aurait préparé, pour l’œuvre qu’il devait parfaire dans la suite, quelques fils et quelques trames sur Job. Voilà ce qui est cer¬ tain, et comme les longues discussions sur ces deux points ne nous sont pas permises, nous donnerons du moins une raison péremptoire. Il n’y a pas un seul mot dans saint Jérôme qui fasse allusion à ces Commentaires ; dans la suite, on ne trouve aucun témoignage de gens qui disent les avoir lus ou vus, excepté celui de Béda ; enfin, il n’en reste pas le moindre fragment qui ait . un caractère incontestable d’origine hyéronimienne. Des Critiques do grand renom se sont laissé prendre à une faute de copiste introduite dans un passage du saint Docteur sur Arnos, cap . v, qui portait naguère encore : .« Dans Job, Nahas est appelé Léviathan; nous avons décrit tout à fait sa- nature et la terreur multiple qu’il inspire dans le livre même. « Mais, en cet endroit, Jé¬ rôme, au lieu de « nous avons décrit, » a rais « nous apprenons. » Martianay a corrigé cette faute d’après doux mss, et nous-mêmes, d’après plusieurs autres, et des plus anciens : Un de Sainte-Croix en Jérusalem écrit vers l’an 700, deux de la collection Palatino-Vaticane et presque de la même époque, et les autres que nous citerons avec éloges à la place voulue, nous apportons une entière certitude à la correction de Martianay. Le sens au¬ thentique de ce passage est celui-ci : Dans le livre de Job, c’est-à-dire, aux chapitres xl et xli, nous pouvous apprendre tout à fait ce qu’étaient LéviaLhau et Béémoth et la terreur considérable qu’ils inspiraient. Quant à saint Jérôme, il n’a publié ni composé aucun Commentaire sur Job. Dès qu’il en est ainsi, il ne nous reste qu’à rechercher l’auteur des Commeutaires qui sont répandus sous le nom de saint Jérôme. Pour cela, il faut remarquer tout d’abord qu'il y a quatre ouvrages de cette espèce, que je crois être des exemplaires d’un même traité, et que l’on regarde en général cotnrne des traités différents. Il convient de montrer en quoi ils se distinguent les uns des autres. Le premier, rangé dans le dernier tome des Œuvres de saint Jérôme parmi les ouvrages supposés, a été tiré de la bibliothèque de Fulda et publié à Bâle eu 1527, par Jean Sichard, qui l’attribue, non sans raison, à Philippe, un des meilleurs disciples du saint Doc¬ teur, bien qu’on y trouve d’évidentes interpolations de gloses étrangères. Le second, si tant est qu’on doive le différencier du précédent, se trouve, sous le nom d’un Nectorius ou Nectérius, abbé ou évêquo, daus le tome IV delà collection- des Œuvres de Bède qui l’a augmenté d’une Préface et même, dans le corps du livre, de quel¬ ques passages de son crû. J'appelle le troisième celui de Martianay, et c’est Y Exposition interlinéaire qui suit; Martianay, qui la tira pour l’éditer d’un ms. de Corbie, l’attribue sans la moindre hésitatiou à ce même dis¬ ciple. de saint Jérôme, que nous citons avec éloge, à Philippe, et cela d'après le témoignage iuscrit par le co¬ piste sur le recueil : « Cette Interprétation est extraite de l’Exposition de Philippe. » Le quatrième enfin est le Meibomien, du nom de Marc Meibomius, dans la bibliothèque duquel il était à Utrecht; Meibomius en vendait des exemplaires comme d’un écrit de la main même de Jérôme, et on le regarda comme tel jusqu'au jour où il en produisit un spécimen en public. Nous l’avons dit, nous ne voyons pas là des monuments d’auteurs divers, mais des extraits différents tirés d’une même OEuvre par des compilateurs, qui, selon leur caprice, ont raccourci ce qui leur semblait trop long, ou amplifié ce qui leur paraissait trop court. Quant aux deux que nous avons nommés les premiers,;, il suffit de les comparer, pour n’avoir aucun doute à cet égard : on n’y retrouve pas seulement les mêmes pensées, mais presque les mêmes mots; bien plus, du chapitre xxx jusqu’à la fin, ils se suivent mot à mot, et même les alinéas et la fin, comme le fait remarquer Valesius, sont exactement les mêmes. Que si le second offre parfois des dé¬ veloppements plus étendus, on doit l’attribuer à la manière de Béda, qui avait coutume d’ajouter du sien aux écrits de ses devanciers ; et Victorius se trompe avec éclat quand il veut rapporter à Béda ce qu’on attribue à Philippe, et à Philippe ce que Béda a intercalé de son crû. Le troisième traité avec l’annotation seule du co¬ piste, n'y aurait-il pas d’autres preuves, s’annonce comme un extrait des Commentaires de Philippe. J’ai cru re- conoaîtro le même Philippe dans le quatrième traité, bien quo le compilateur ait mis tous ses soins ù nous ca¬ cher cette origine sous un changement superficiel des termes. Heumantius, qui, dans les Actes des Erudits de Leipsig, en 1711, en a donné quelques fragments, croit y reconnaître la manière de Raban Maur, et surtout une grande ressemblance de style et de méthode, ce qu’il s’efforce de démontrer par une foule de citatious compa- AVERTISSEMENT SUR L’EXPOSITION INTERIMAIRE DU LIVRE DE JOB. 393 rées. Il avoue (Tailleurs la mince valeur de cet écrit, disant que celui-là rendrait un bien petit service à la République des Lettres, qui en ferait une édition complète, parce qu’il est plein d’interprétations sans érudition ou môme ridicules. A son avis-, que nous avons suivi, le mieux est de recueillir dans ce fumier tout ce qui peut y avoir été enfoui d’utile, et d’éditer à part ce qui pouvait être chosi de page en page. Il y a encore deux mss. qui réclament la prérogative du nom de saint Jérôme; ils n’ont aucune différence entre eux, et mon opinion est qu’ils ne sont autres que la compilation de Meibomius. J’appelle l’un l’exem¬ plaire Romain et l’autre l’exemplaire de Dubois, à cause de la bibliothèque Dubois où il fut apporté, il y a dix ans à peine, par le célèbre Bignon, qui l’avait acquis à La Haye dans une vente publique. C’est, à mon sens, pour en faire ressortir la valeur que les licitateurs, dans leur Catalogue, avancent quelques raisons de nature à leur permettre de l’attribuer à saint Jérôme. Ils les ont tirées du contenu même du livre, et quoique je n’aie pu le voir, je trouve dans ces raisons des marques h peu près certaines que cet exemplaire est le même que l’exemplaire de Rome, qu’il m’a été permis d'examiner et de feuilleter à loisir. Je dois donc faire connaître en peu de mots ce mss. de Rome, que le gardien de la Bibliothèque Vaticane, l’honorable Asseman, a mis à ma disposition avec la plus parfaite urbanité; ce sera mettre en lumière les preuves, ou plutôt les artifices qui ont fait la renommée usurpée de ces exemplaires. Ce ms. est de forme dite carrée, relié en parchemin, ayant envi¬ ron 130 feuillets, et selon moi écrit peu d’années avant l’invention de l’imprimerie, ee qui ressort de la confor¬ mation élégante des lettres. Au début, ii rapporte la première Préface de saint Jérôme sur le livre de Job tra¬ duit de l’hébreu, depuis le commencement : « Je suis contraint, pour chaque livre de la divine Ecriture, de ré¬ pondre aux médisances de mes adversaires; » jusqu’à ces mots : « Que chacun choisisse à son gré, et qu’il me croie épris d’érudition, et non malveillant. » Immédiatement après suit en entier une autre Préface de saint Jérôme sur le même livre de Job de la version des Septante rétabli par lui au moyen de notes critiques et d’as¬ térisques : « Si je tressais un panier de jonc, » jusqu’à la fin : « Persuadé que mes loisirs. seront plus utiles aux Eglises de Jésus-Clirist que les occupations de bien d’autres. » Le compilateur a donc copié mot à mot et tran¬ sporté dans son travail presque en entier les deux Préfaces authentiques de saint Jérôme sur le livre de Job, sur lesquelles nous l’avons dit, l’illustre Docteur n’a fait aucun Commentaire, mais qu’il traduisit d’abord du texte hébreu originul et qu’il conféra ensuite avec l’exemplaire grec. Il est hors de doute que la même fraude existe dans le ms. de Dubois. En effet, ceux qui s’appliquent à prouver qu’il est du saint Docteur, disent qu’il rappelle la manière de Jérôme en ce que l’auteur s’y plaint des rivaux qui médisent à la sourdine de son travuil, en ce qu’il loue les anciens commentateurs, Aquila, Symmaque et Théodotiou, en ce qu’enfin il s’appuie parfois sur l’interprétation hébraïque. Or, voici les expressions mêmes de saint Jérôme : « Je suis contraint, pour chaque livre de l’Ecriture, de répondre aux médisances de mes adversaires, qui font un crime à mon interprétation de corriger parfois celle des Septante; comme si chez les Grecs avant moi, Aquila, Symmaque et Théodotiou n’a¬ vaient pas fait du texte hébreu des traductions mot à mot, ou des Commentaires, ou un genre mitoyen de Ira- duction avec commentaires. » Comme, peu après, ce passage était loué par Béda, beaucoup ont été conduits à Terreur de croire qu’il était extrait du Commentaire de Jérôme; enfin, comme il est aussi dans le ms. de Dubois, il fournit leur maîtresse raison à ceux qui ont l’opinion préconçue de l’origine hyéronomienne de ce traité : « Les Hébreux eux-mêmes, disent-ils, regardent le livre de Job comme ayant un sens détourné et qui échappe, ce que les rhéteurs grecs appellent ia^p.aviap.evoç, (figuré) ; il dit une chose, et en contient une autre; comme si vous vouliez retenir en vos doigts serrés une anguille ou une lamproie, elle glisserait d’autant plus vite que vous la serreriez davantage. » Voilà mot pour mot par quelle explication l’auteur anonyme s’efforce d’en imposer à la bonne foi des lecteurs. Après cela, le contexte qui suit dans le recueil de Rome est le môme que celui du recueil de Meibomius! Viennent, ensuite onze titres dont le premier sur la manière d'expliquer adoptée commence ainsi : « Il y a dans ce livre de l’Hisoife, de l’Allégorie et de la Morale; » etc., et le dernier snr l’exposition morale : « Une foule innombrable de peusées, comme des servantes en l’absence de la maîtresse de maison, abandonnent leur œuvre en l’absence de la raison, » etc. Et ce que nous donnons plus loin dans les Extraits. Enfin ce triple Com¬ mentaire distingué en trois colonnes commence ainsi : « Ils craignent Dieu. » Salo¬ mon : « Celui qui craint Dieu ne néglige rien. » — « Evitant le mal. « Le même Salomon : « Ce- qui qui ofïense Dieu en une seule chose, perd un grand nombre de biens. » L’Ecriture fait con¬ naître les aptitudes de la per¬ sonne avant de raconter le com¬ bat soutenu, afin qu’elle nous paraisse capable de rendre un C’est-à-dire le pays des Gentils, à la louange, de Job qui fut bon au mi¬ lieu des méchants, comme Loth à Sodome, eomme le lys au milieu des épines, ainsi, etc. Au pays de Hus, un homme appelé Job, qui avait le cœur La mansuétude est la principale jus- simple et droit : il craignait tice. Craindre Dieu, c’est ne rien omettre de ce qu’il faut faire. Parce Dieu, et s’éloignait des mé- Sens allégorique. « Job » est la figure de Jésus-Christ souf¬ frant, qui s’est chargé de nos douleurs. « Hus, » conseiller. Il habite la terre de Hus, c’est-à- dire, nos cœurs par les bons conseils qu’il nous donne. D’où le livre de la Sagesse : « Il ha¬ bite dans le conseil. » — « Sim¬ ple et juste. » Nous, par la clé¬ mence nous abandonnons la jus- 394 tel rôle. 11 faut que, dans l’hom¬ me de' bien, la finesse du serpent sauvegarde la simplicité de la colombe, et que la simplicité de la colombe tempère la finesse du serpent. SAINT JÉROME. que le Seigneur n’agrée pas les bons chants, etc. nés œuvres mêlées aux mauvaises. tice, et par la justice, la clémence; l’Homme-Dieu, conserve pleine- mentfune et l’autre. « Craignant Dieu. » II fut plein de l’esprit de la crainte du Seigneur. Il s’é¬ loigna aussi du mal, non point parce qu’il en contracta lasouil- lurc en le faisant, mais parce que le trouvant dans le monde, il le réprouva. .Le Commentaire finit en ces termes : «Pourriez- vous unir entre elles les étoiles brillantes? » Il est évi¬ dent que nul homme ne le peut; mais Job, par cette interrogation, : veut montrer qu’il faut humble¬ ment chercher un refuge auprès de Celui qui séul le pourrait. Pourriez-vous réunir les Moi, je le puis, brillantes Pléiades ou dissé- Scns moral. Chaque jour brillent miner le cercle de TÀrcture ? Lucifer pour les bons et Vesperpour Ferez-vous paraître Lucifer à les méchants, comme l’atteste la’pa- son heure, et sc lever Vesper rôle de Dieu, etc. sur les fils de la terre ? Con¬ naissez-vous l’ordre du ciel et marquerez-vous à la terre sa Caché dans un nuage il mesure? Elèverez-vous votre remplit la maison du Seigneur, c’est- voix dans les nuages? à-dire, les Prophètes et les Prê¬ tres, etc. « Pourriez-vous unir?... » etc. Elles sont désignées au pluriel, parce qu’elles sont à la fois voi¬ sines et distinctes. L’Ecriture dé¬ signe tous les Saints, qu’au mi¬ lieu des ténèbres de cette vie l’Esprit septiforme illumine de la lumière de là grâce ; depuis l’o¬ rigine du monde jusqu’à sa lin, envoyés en divers temps, ils sont séparés, mais unis par la dispo¬ sition d’esprit avec laquelle ils proclament un seul Dieu. « Elè¬ verez-vous dans l@s nuages? etc. Nous donnons des Extraits de tout l’ouvrage après l’Exposition interlinéoire, et ils sont quelque peu plus étendus que ceux de l’édition de Leipsig. Nous avons dit que ces gloses ont toutes été primitivement tirées des Commentaires de Philippe. Quel est le travail qu’on doit de tous points regarder comme la production originale de l’auteur? La question est difficile. Rapportons quelques fragments de son OEuvre, que nous extrayons de la plus ancienne Chaîne sur la Genèse dans le ms. Ambrosien du vu0 siècle environ, marqué F. n°60. Ces fragments mettront en garde contre le péril. «Et Dieu dit : Que la lumière soit. » Philippe. En cet endroit la parole de Dieu est mise pour Pacte qu’il accomplit. De même quand le Seigneur dit au saint homme Job : « Penses-tu que je t’ai parlé pour un autre motif que de faire éclater ta justice ; « il dit « je fai parlé » pour signifier la tribulation au moyen de laquelle il l’éprouva. « Rien sur la terre n’arrive sans cause, et la douleur ne naît pas du sol. » Job, v, 6. Du sol, c’est-à-dire de la nature terrestre entière ne peut naître le mal, puisque rien ne se fait sur la terre sans la justice de Dieu. Cela veut dire qu’aucun mol, appelé ici douleur, n’est naturel, mais que tout mal est un accident de la nature bonne. Il y a aussi un autre mal, celui du châtiment, que Dieu inflige aux hommes pour leur péché. Le péché est assurément un mal, mais il vient du libre arbitre, puisque l’homme pèche volon¬ tairement. La rétribution du mal, c’est-à-dire du péché, est aussi un mol, quand Dieu applique de3 peines aux pécheurs. Par conséquent, il est dit qu’aucun de ces maux aecidentels n’arrive sahs un jugement de Dieu. Aucun n’est tellement dons la nature de l’homme, qu’on le puisse croire créé par Dieu ; de là ce mot : «La dou¬ leur ne naît pas du sol, c’est-à-dire de la nature, mois de la faute.. » « L’homme naît pour travailler et l’oiseau pour voler. » Job, v, 7. C’est-à-dire, le travail attend (peut-être^ avertit) l’homme, afin qu’il marche corrigé de tous les vices. Il on reçoit un tel éveil, que, semblable à l’oiseau à qui le vol est naturel, c’est par les luttes de la vie présente que l’homme s’envole vers les célestes hauteurs. « Périsse le jour où je suis né, et la nuit où il fut dit : « Un homme a été conçu, » Job . ni, 2. Jérémie a dit également : « Maudit le jour où je suie né. » AVERTISSEMENT SUR L’EXPOSITION INTERLINÉAIRE DU LIVRE DE JOB. 395 Certains prétendent que le temps de la naissance de l’homme, qui est passé, lie peut être maudit. Assurément c’est une malédiction superflue, puisqu’il a eu déjà son cours. Et pourtant ces deux saints, pleins de l’esprit de prophétie, maudissent le jour de la. naissance de l'homme, ce qu’il3 ne font pas sans tribulation de leur part; ils sentent en eux-mêmes, avec compassion pour le genre humain, que la sentence de mort a été prononcée par Dieu. Je ne pense donc pas que des Saints aient maudit si rigoureusement le jour qui o. été donné à l’homme pour servir. Il y a là une figure qui indique qu’il s’agit du jour uni à sa nuit. En effet, le jour et la nuit peu¬ vent s’entendre du Diable et de la mort. Non que le Diable soit jour et lumière, puisqu’il se: tient à l’écart de la vraie lumière; mais parce qu’il fut autrefois semblable au jour, lorsqu’il habitait avec Dieu l’éternelle lumière, puisqu’il était Lucifer, semblable à l’aurore matinale, et une pierre précieuse éclatante de beauté dans le paradis de Dieu. Ou encore parce que, pour les impies et les pécheurs, qui se réjouissent de la prospérité et de la féli¬ cité de ce monde, il paraît semblable au jour. De là l’expression : a Les impies se verront enlever leur lumière. » Et Salomon : « La lumière des impies, dit-il, s’éteindra. » Et encore : « Le péché est la splendeur des impies, parole qu’on peut appliquer au Diable, puisqu’il est l’instigateur du péché. « Et il forma l’homme. » On voit la différence entre faire et façonner. Ce que Dieu fit à son image, c’est-à- dire l’âme, il le fit, et ce qu’il façonna, c’est le corps, avec de la terre qu’il rendit vivante en lui insufflant l’âme, qu’il fit. L’image de Dieu se rapporte à l’immortalité; la ressemblance de Dieu, à la puissance et à l'opération, afin que la nature humaine possédât l’image de l’immortalité divine et la ressemblance de sa puissance sur tout ce qu’il avait créé, en sorte que l’homme pût imiter Dieu par ses bonnes œuvres.. « Dieu parle une fois* et ne répète, pas une seconde la même chose. » . . , Dès le commencement du monde, et toujours dans la suite, Dieu a parlé aux hommes, et néanmoins il ne parle qu’une fois. S’il est dit que le Seigneur parle fréquemment, c’est pour indiquer ou que sa loi est multiple, ou que ses prophéties et ses ordres sont diyèrs. Quand il est dit qu’il ne parle qu’une fois, c’est pour montrer que ses desseins sont stables et définis. En effet par Dieu qui parle on doit entendre Dieu qui agit. Comme lorsque le Seigneur adresse ces mots au saint homme Job : « Penses-tu que je t’ai parlé pour un autre motif que pour faire éclater ta justice? » il veut signifier qu’il lui a parlé au moyen de la tribulation par laquelle il réprouva. Ainsi pour Dieu, l’acte qu’il fait est une parole. C’est le sens de la phrase d’IIéliu : « Dieu parle une fois, et ne répète pas une seconde fois la même chose. » C’est-à-dire, il ne change pas ce qu’il doit dire, à moins que le changement de notre vie ne l’exige. « Tous les hommes le voient, chacun le regarde de loin. » Par un effet de la bonté de la nature divine, la notion du Créateur est inhérente aux cœurs des hommes; se- rait-on dépravé et froid, au point de s’appliquer à se rendre étranger au Créateur, nul ne peut échapper à sa chaleur, et tout homme, par conséquent, quoique de loin sent et comprend Dieu. Seulement, la perception n’est différente que lorsqu’il sent que le Seigneur n’est pas un corps créé par l’Esprit; c’est d’une manière qu’on ne peut nommer que Dieu est aperçu par l’œil de l’esprit, tandis que dans l’impression du cœur l’homme voit et comprend à la fois que Dieu est au-dessus de lui. Si l’on compare avec soin ces fragments au Commentaire que nous avons attribué à Philippe, on ne trou¬ vera de différence que celle qui provient de la manière du compilateur. Les interprétations diverses de l’écrit de Philippe, que nous ayons parcourues jusqu’ici, montrent que le Commentaire primitif lui-même n’est pas exempt d’augmentations ou de fautes dues à des mains étrangères, si bien qu’on ne peut affirmer qu’il ait gardé sa pureté originelle. EXPOSITION INTERLINÉAIRE DU LIVRE DE JOB. CHAPITRE PREMIER. Job est appelé homme fort à cause de la force d’âme avec laquelle il surmontait les tentations. Chus et Bus étaient fils de Nachor, frère d’Abraham. La terre de Chus, qu’on interprète par « médiatrice » est le signe précurseur de l’incarnation dans le sein de Marie. Il y avait, au pays de'Hus, un homme fort Job veut dire qui souffre; il était la figure du C’est ainsi appelé Job ; et cet homme avait le cœur sim- Christ. que l'Apôtre dit : « Je désire que vous soyez sages dans le bien et simples dans le mal. » Rom. xvi, 19. Nous voyons ici quelles furent les quatre grandes vertus de Job. La crainte de Dieu consiste à ne né¬ gliger aucune des bonnes œuvres qui sont prescrites, pie et droit : il craignait Dieu et s’éloignait Sept fils; les sept dous du des méchants. Job eut sept fils et trois filles. Saiut-Esprit ; trois filles : la Loi, la Prophétie, l’Evan¬ gile. Les nombres parfaits annoncent la vie parfaite de l’E- Il possédait sept mille brebis, trois mille cha- glise, le peuple du Christ, la famille universelle. Les meaux, cinq cents paires de bœufs, cinq cents EXPOSITIQ 1NTERLINEÀRIS L1BRI JOB. CAPUT PRIMUM. (1) Vir dictus do virtuta animî, qua tentationes ôuperàbat. (2) Chits et Bus filiî fnerunt Nacbor fratris Abraham. Terra Chus assumptum homiiiem ex Mario signifieat, Conciliatrix inter- pretalur. (3) Job dotons in- Vir (1) erat in terra Hus (2), nomme Job (3) ; et terpretatur. Typum Cbristi te rebat, (4) ut opostolus ait : « Voto vos sapieotee esso in bono, simplicos autem in malo. b (Rom. xvr, 19). Quatuor bis pollebat virtmibus. Doum li¬ erai vir ille simplex (4), et rectus, ac timens more est nulla qua*. fucîeuda sunt bona prœlerire : septem Deum, et recedens a malo : natique sunt ei sep- dona Spiritus sancti, Lcgem, Prophetieui, Evangelium. Perfectus numortis perfoctam Eccle- tem filii, et très filiæ. Et fuit possessio ejus, sep- animaux mondes et immondes figurent l’ensemble des ânesses, un grand nombre d’esclaves ; de Juifs et des Gentils. L’Ecriture annonce que la famille de l’Eglise se multipliera dans la foi par des grâces sans nombre. sorte qu’il était devenu puissant entre tous Job était le plus riche de tous les habitants de l’Orient. Le père est riche, et ses enfants vi¬ les Orientaux. Et ses fils allaient et man- ventdans une parfaite union; ils sont en présence de geaient les uns chez les autres, se traitant l’héritage paternel à diviser entre eux, et néanmoins chacun à leur tour; et ils invitaient par des une indissoluble charité fait de tous leurs cœurs un messagers leurs trois sœurs à venir manger seul cœur. Tous les sept jours. et boire avec eux. Lorsque le cerclé des jours En cela Job nous montre sa sainteté et sa religion ; de festin était achevé, Job leur envoyait un il veut que ses enfants soient irréprochables devant messager pour les rappeler à la sainteté, et Dieu, comme il l’est lui-même. Ce passage prouve que lui-même, se levant au point du jour, offrait c’est le premier-né qui offrait les holocaustes et les des sacrifices pour chacun d’eux. Il disait en siœ vitam signîficont, plebem Cbristi siguificant, genlilem populum. tem millia ovium, et tria millia camelorum, Judæormu et gentium populus significalur, quasi mumla et iwuiumla quingenta quoque juga boum, et quingentæ asi- aoimalia; domum Ecclosiœ multipiicatam io fide de diversis gratiia næ, ac familia multa nimis, eratque vir ille signifieat. divîtior super ouines qui babilabant io Orienle. Et pater dives dicitur, magnus inter omnes Orientales. Etibant filii ejus, et filii concordes, pétris dividende inter eos substaotia aderat, corda et faciebant convivia per domos, unusquisque tamen omnium indivise cbaritas rotinehat. in die suo. Et mittentes vocabant très sorores Septem suas, ut comederent et biberent cum eis. Cum- dies fiuiebautur. Exbocotiam que in orbem transissent dies convivii, mittebat sanctitatem et religionem suam ostendit, quia ita cupit eos, sicat se- ad eos Job, et sanctificabat illos, consurgensque 397 EXPOSITION INTERLINÉAIRE DU LIVRE DE JOB. sacrifices. Le copiste n changé le sens, effet : Peut-être que mes enfants auront, com¬ mis quelque péché contre Dieu; je veux du moins qu’ils le bénissent en leurs cœurs. En sûreté. sur les œuvres, il purifiait les cœurs. Ainsi faisait Job tous les jours. Or un jour, Il ne s’agit pas seulement des Anges de Dieu, mais de tous les Saints. 11 lui comme les Anges( Vulg . les Fils) de Dieu étaient fut permis de se glisser au milieu des justes. Cela ne venus se ranger en présence du Seigneur, Sa¬ vent pas dire que Dieu igoore rien. Mais il condamne tan aussi se glissa au milieu d’eux. Le Seigneur les voies de l’orgueil diabolique, auxquelles il est lui dit : D’où viens tu? Et Satan répondit : étranger. On voit ici quelle est la tâche du diable et combien elle est grande. J’ai fait le tour delà terre, et je l’ai parcourue Il ne veut pas prendre un exemple en tous sens. Et le Seigneur lui dit : N’as-tu point remarqué que mon fils Job n’a pas son au ciel..., et rendre témoignage à ses élus, bien qu’il y ait eu un Ange apostat. Comme plus haut, pareil sur la terre, homme simple et droit, craignant Dieu, et s’éloignant du mal? Et Sa- Comme s’il disait sans détours : tan répondit : Est-ce sans profit que Job Quand il a reçu tant de biens sur la terre, quoi d’é- craint Dieu? N’avez point été comme un rem- tonnant, si, à cause d’eux, il se conduit avec innocence? part pour lui, pour sa maison et pour tout ce qu’il [possède, bénissant les œuvres de ses mains, et donnant l'accroissement à ses Comme s’il disait: Otez-ïui ce que vous lui avez donné; biens ici-bas? Mais étendez un peu votre main s’il perd ce qu’il avait reçu, les biens temporels lui étant et frappez tout ce. qui est à lui, et Vous verrez eolevés, vous verrez qu’il méprisera votre grâce. Par s’il vous bénira en face. Le Seigneur répon- antiphrase, l’écrivain dit : Vous verrez s’il vous bé- ditàSatan : Va, tout ce qu’il a est en ton nira en face, n’osant pas prononcer une parole blas- pouvoir; mais je te défends de porter la main phématoire contre Dieu. Dans sa bonté sans égale, le Seigneur donne le pouvoir à notre ennemi contre nous et le contient, lui lâche les rênes et l’arrête; tout en livrant les biens, il protège le corps maintenant, bien qu’il doive peu après le livrer aussi au tentateur ; il ne donne pas ample licence surtout à]l’ennemi, de peur de briser celui qui est éprouvé de toutes parts à la fois. Il sort de devant lui, parce qu’en recevant sur lui. Et Satan sortit aussitôt de devant le le pouvoir d’éprouver Job, le vœu dé sa méchanceté Seigneur. Un jour donc que les fils et les était rempli. filles de Job mangeaient et buvaient ensemble dans la maison de leur frère aîné, un homme «Vosboeufs labouraient,» vint soudain dire à Job : Lorsque vos bœufs melipsnm, Doo irreprehensibiles exbibere. Iq lioc apparet primogonl- diluculo offerebat liolocausta per singulos. Dice- ‘ tnm fuisse, qui holocausta et saciiGcium offerebat. bat enim Job : Ne forte peccaverint filii mei, et Scriptor mutavit sensnm. Securna de operî- benedixerint Deo in cordibus suis. Sic faciebat bus ideo corda mundabat. Job cunctis diebus. Quadam autem die, cum ve- Non solmn Angclos Doi, sed otiam omnes Sanelos intelli- nissent Angeli [Vulg. Filii] Dei, ut assistèrent co- garnus. PermisBiis est se ineerero ia medium Justorum. Non ignornn- ram Domino, adfuit inter eosetiam Satanas. Cui lia Dei exprimitur, sed via» superbiœ diaboli nesciens damnavit. Per dixit Dominus : Unde venis? Qui respondens, hoc Jabor diaboli dignosoitur, adcoque qunnlus. ait : Gircuivi terram, et perambulavi eam. Dixi- in cœlo store comtempsit..., elec- que Dominus ad eum : Numquid considerasti tossuos justiGcare... niminira apoatala angélus fuissot. servum meum Job, quod non sit ei similis in terra Idem quod supra. liomo simplex, et rectus, et timensDeum, ac re- cedens a malo ? Gui respondens Satanas, ait : Ac si nperle dicat : Qui tôt bona in terra rccipit, quid mirum osl, si Numquid frustra timet Job, Deum ? nonne tu pro eis sese innocenter gerit? vallasti eum, ac domum ejus, universamque substantiam per circuitum, operibusque manuum Ac si ilicut ; ejus benedixisti, et possessi'o ejus crevitin terra? Eu qnæ dedisli subtrabe, nam si accepta perdidorit, respectum turc gra- Sed extende paululum manum tuam, et tange tire, ablatis rebus temporalibiis, non quœsierit. Per antiphrasim dictum cuncta quæ possidet, nisi in facie tua benedixerit est, quod non fuit ausus scriptor historiée ore suo in Deum dicero tibi. Dixit ergo Dominus ad Satanam : Eece, uni- vcrbnm blaspbcmiœ. Mngna pietas Uomini nostri, hostem nostrum versa quæ habet, in manu tua sunt ; tantum in permittit et retiaet, relaxât etfranat; subslanlitim prodit, sed tamon corpus protegit, quod quidem postmodum tentotori traditurus est, sed tamen non simal ad omnia relaxai hostem, ne indique ferions frangat civem. A facie ejus exiit, quia eum ne extendas manum tuam. Egressusque est potestatem tentationis accipicns, ad malitiœ sure vota pervenit, Satanas a facie Domini. Gum autem quadam die filii et filiæ ejus comedérent etbiberent in domo fratris sui primogeniti, nuntius venit ad Job, qui SAINT JÉROME. 398 dit-il, aGn de rendre le motif do la douleur plus cui- labouraient, et que vos ânesses paissaient sant en rappelant le fruit qu’aurait eu ce travail, auprès, les Sabéens sont venus fondre tout Le diable a donc fait toutes ces choses, afin que Job, d’un coup, ont tout enlevé, ont passé vos gens exaspéré par tant de calamités, se laissât aller à blas- au fil de l’épée, et je me suis sauvé seul, pour phéiher contre, le Seigneur, lui à qui Dieu avait ac- v'enir vous en apporter là nouvelle. Cet homme cordé un si éclatant témoignage. Comme s’il parlait encore, lorsqu’un second vint dire à disait : Vous endurez la haine de ce Dieu, que vous Job : Le feu du ciel est tombé sur vos moü- avez voulu apaiser par tant d’hosties; vous portez le tons et sur ceux qui les gardaient, et il a tout poids de sa colère, quand vous avez chaque jour con- réduit en cendres; et je me suis sauvé seul sutné tous vos efforts, à son service. Pour qu’il ne pour vous en donner la nouvelle. Il n* avait pas, semble lui rien manquer des adversités, humaines, voilà achevé de parler, qu’un troisième vint dire h qu’on lui annonce encore l’irruption des bandes des Job : Les Chaldéens se sont divisés en trois Chaldéens. Les Snbécns et les Chaldéens, ^dévastateurs bandes ; ils se sont jetés sur vos chameaux et et persécuteurs de l’Eglise, que la perversité de l’hé- les ont enlevés; ils ont tué tous vos serviteurs, résie pousse à chercher la ruine des troupeaux du Sei¬ gneur et de la maison de Jésus-Christ, et je me suis sauvé seul pour venir vous en Boves arabanl, ut vulelieet memoralo fnictu op.eris, diceret : Boves arabant, et asinæ pascebantur causa crescat doloris. Ideo Utce omoia operalua eat dinbolu3, ut tôt ca- juxta eos, et irruerunt Sabæi, tnleruntque omnia, lamitatibus exasperalns, contra Donùmim in blaspheminm orumporot, et pueros percusserunt in gladio, et evasi ego so¬ dé quo Dous ante inagoum testimonium pprliibuisset. lus ut.nuntiarem tibi. Cumque adhuc loqueretur, A.c si dicerot : Ulius aniroadversicnem auilines, quem tôt venit aller et dixit : Ignis Dei cecidit e cœlo et ho3tii3 placare voluisti; ejus irnm toléras, cni quotidie scrviens insu- lactas oves puerosque consumpsit, et effugi ego dubaa. . Ecce itorura no qnïd minus do solus ut nuntiarem tibi. Sed et illo adhuc lo- buiimna adversitûte dolui^set, Clirddæorum turmas irruisse donuntiat. quente, venit alius, et dixit : Ghaldæi fecerunt Sabrei et Clnddœi vastatores et persecutores Eeclesîm, qui hœresîs très turmas, et invaserunt camelos, et tulerunt pravitate grcgea Dominicos et douium Christi dissiporo conlendunt. eos, necnon et pueros percusserunt gladio, et Oallidus hostisprius ego fugi solus, ut nuntiarem tibi. Adhuc loque- parva, et post majora nuntiavit; in exLcmo fiiiorum mortein intulit, batur ille, et ecee alius intravit, et dixit : Filiis L’ennemi plein de ruse an- donner la nouvelle. Cet homme parlait encore, nonce d’abord les moindres malheurs, et les plus grands quand un quatrième se présenta devant Job les derniers; il met la mort des enfants à la fin, pour et lui dit : Gomme vos fils et vos filles man- porter le coup suprême à la patience du saint homme, geaient et buvaient dans la maison dé leur Ils étaient à table dans la maison de leur frère aîné frère aîné,/ un vent impétueux s’étant levé quand ils périssent, parce que lorsque les plus grands tout à coup du désert, a ébranlé les quatre s’adonnent aux voluptés, il est évident que les pas¬ sions ne connaissent pas de frein chez les petits. On sait que les éléments ne peuvent être ébranlés que par la volonté divine, - Le texte fait en- coins de la maison, et l’avant fait tomber sur tendre sous un voile que Dieu a ému lui-même les élé- vos enfants, ceux-ci ont été accablés sous ses ments, lui qui permet qu’on- les émeuve, ruines,, et ils sont tous morts. Je me suis échappé seul pour venir vous en dire la nou- ■ Dans sa force à supporter la douleur, il mar- velle. Alors Job se leva, déchira ses vête- que le deuil, maiè non la tristesse du désespoir, et c’est en cela que les saints se distinguent des impies. Tout ce qui est superflu et inutile doit être re¬ in ents, et s’étant rasé la tête, il se jeta à terre, tranché, La terre produit l'homme nu, et le reçoit nu. et dit : Je suis sorti nu du sein de ma mère, ul paticotiam sancti Viri rumperet. . In majoris fralrîs dotno conviva- tuis et filiabus vescentibus et bibentibus vinum bantur cum përeunt, quia cnm majores voluptatibiis deserviunt, ni- in domo fratris sui primogeniti, repente ventus mirum io minoribus lascivité frona laxantnr. Noluni est, quod absqne vehemens irruit a regione deserti, et consumpsit superno milii elemoüta moveri non possunt. La- [ Vulg: concusslt] quatuor arrgulos domus, quæ. tenter infertur, quod ipse ele/nonln moverot, qui movere pormisit. corruens oppressit libérés tuos, et mortui, sunt In foitiludiriem et effugi ego solus, ut nuntiarem tibi. Tune sur- tolurantire. Significal luctum, non exdesperationo trislitiam, et pios ab impiis sepnratos. Superflue, et inu- rexit Job, et scidit tunicam suam, et tonso ca- tilin resocapdu significat. Hooùuom pi te corruens in terram adoravit, et dixit : Nudus terra nudum producit, et oudum rccipit. Nulln sorde poccati originnlis aspersus. Hœc dicta Cliristo convonîunt. Ad carnera snam re- egressus sum de utero, matris me®, nudus et re- surrectione rediturua. Bonos in lire ce di tatoua sibi, ot ni al 03 abslnlit. vertar illuc. Dominus dédit, Dominus abstulit; Ipse qui dédit, sua recipit, non nostra abslnlit, sit nom en Domini benediclum in sæcula [în 399 EXPOSITION INTERLINÉAIRE DU LIVRE DE JOB. Intact de toute tache du péché originel. Ces paroles conviennent à Jésus-Christ. L’homme doit retourner 5, sa chair par la résurrection, et je retournerai nu dans le sein de la terre. Il s’est donné les bons dans son héritage et en a re- Le Seigneur m’avait, tout donné, le Seigneur tranché les méchants. Puisque c’est lui qui a donné, il m’a tout ôté ; que le nom du Seigneur soit reprend ce qui lui appartient et ne nous ôte rien du nôtre. Parce qu il ne se béni dans tous les siècles. Ainsi dans tout tait point par orgueil de sa bonne conscience, et qu’il ne laisse pas sa langue blasphémer. La sagesse du Père n’a cela Job ne pécha point, et il ne dit rien con- pu rien dire qu’inspirât la folie, tre Dieu qui fût indiscret. CHAPITRE IL Parce que les esprits des Anges retournent tou- Or les enfants de Dieu s’étant un jour pré¬ jours là d’oü leur affection ne s’éloigne jamais. Parce que, bien qu’il ait sentés devant le Seigneur, et Satan étant venu perdu la béatitude, il n’a cependant pas perdu sa res- aussi parmi eux se présenter devant le Sei- semblance avec eux, et que « les yeux du Seigneur, » comme dit l’Ecriture, « sont ouverts sur les bons et les méchants. » Non qu’il l’ignorât, mais pour nous montrer gneur, le Seigneur lui dit : D’où viens-tu? et Quia nec por consoientiam tacitus tumuît, Vulg . âesideratur] . In omnibus his non peccavit nec linguam in coatumnciam laxavit. Stulte non potuit loqui sapientia patris. Job, neque stultum quid contra Deum locutus est. CAPUT IL Quia spiritus Angelorum illne oonvui'- Factum est autem, cum quadam die venissent sione redeunt, nndo milia mentis nversione discodunt. Quia otsi hen- fdii Dei, et starent coram Domino, venisset quo- titudinem perdidit, naluram tamen eis similem non amisit, et « oculi que Satan as inter eos, et staret in conspectu ejus, Domîni, » ut dicit Seriptura, « apeculanlur bonos ot malos, * Nuti pro ut diceret Dominus ad Satanam : Unde venis ? ignoranlia, sed nobîs ut demonstreîur, quid Domino responderil mimions. Quia dum inleriora non appetunt, in extoriorum laboro fastiguntur. , ndversarius interpretalur. Subtiliter Qui respondens, ait : Circuivi terram, et peram- membratim bœc supra axposuimus, roplicare quœ diximus devitamus. bulavi eam. Et clixit Dominus ad Satanam:Num- quid considerasti puerum [Vulg. servum] meum ce que répond l’ennemi. Parce que ceux qui ne re- Satan lui répondit: J’ai faible tour de la terre cherchent pas les biens intérieurs, se lassent inutile- et je l’ai parcourue tout entière. Le Seigneur ment à la poursuite des biens extérieurs. C'est-à-dire à l’ennemi. J’ai minutieusement exposé dit encore à Satan : N’as-tu.. point considéré tout cela plus liant, je n’y reviens pas. mon serviteur Job, qui n’a point d’égal sur la terre, qui est un homme simple, qui craint Dieu et fuit le mal et qui se conserve encore Non que Dieu ait pu se laisser dans l'innocence, quoique tu m’aies porté h pousser par lé diable à tenter Job; mais c’est comme m’élever contre lui pour l'affliger sans qu'il s’il disait : De quoi t’a servi de n’avoir pas voulu croire que Job était un homme des plus forts dans l’ad¬ versité. . Comme s’il l’ait mérité. Satan lui répondit : L’homme disait en tergiversant s’est consolé aisément de la perle donnera toujours peau pour peau, et il aban- de tous ses biens pour sauver sa vie. Comme s’il ne donnera volontiers tout ce qu'il possède pour suffisait pas do tout le mal qu’il a fait à Job, il dc- sauver sa vie ; mais étendez votre main et mande à le frapper dans sa chair, frappez ses os et sa chair, et vous verrez s'il Dieu permet que Job soit encore vous bénira en face. Le Seigneur dit à Satan : éprouvé, mais il l’accompagne de sa garde pour qu’il ne soit pas détruit. « Ne touche pas, c’est-à-dire n’aie pas l’audace de violer sa vie. Il le défend en partie Job; quod non sit ei similis in terra, vir simplex ae timens Deum, et reçedens a malo, et adhuo Non quasi a diabolo Dominus insti- retinens innocentiam ? Tu autem commovistime g a tus esset ad teutandum Job, sod potins ut dicerot : o Quid libi pro- adversum eum, ut affligerem eura frustra. Cui fuit, quia eredero noluisti Job in ndyorsis virum esse fortissimum ? Quasi ' cavillnns dieoret, quod respondens Satan as, ait : Pellem pro pelle, et Job nd liberandam animam simm, ei subslantîam daderit ad everton- cuncta quæ habet liomo, dabit pro anima sua ; dam. Quasi non sufficoret malmn, quod berito Job intnlorat, oarnem alioquin mille manum tuam, et tange os ejus et vidolioet feriendam postulat. carnem, et tune videbis quod in facio benedicat Ei’.ce itc- tibi. Dixit ergo Dominus ad Satanam : Ecce in rum tontari perinittitur, sed custoclia comitatur no Inberetur. Obscrvare ilicitur, id est, irruinporo non audero. e.\ parte a tentaiione prohibuit. manu tua est, verumtamen animam illias ob- Qnomodo Satanas facie Domini oxeat, sorva [Vulg, serva]. Egressus igitur Satanas a 400 SA.INT JEROME. contre la tentation. Nous avons déjà vu com- Va, il est en ta main; Satan étant donc ment Satan sort de devant le Seigneur. Certains croient sorti de devant le Seigneur, frappa Job d'une que Job fut frappé de l’éléphantinsis, et -c’est à cause effroyable plaie, depuis la plante des pieds de l’infection trop grande qu’il quitte sa demeure. Le jusqu’au sommet de la tête. Et Job s’étant as- fumier montre la corruption rapide du corps. Il se sis sur un fumier, ôtait avec un morceau d’un considère lui-même comme fait de boue et fragile. pot de terre la pourriture qui sortait de ses Le diable fut l’instigateur de la langue de la femme, mais il n’obtint rien de ce moyen. Elle l’en- ulcères. Alors sa femme vint lui dire : Quoi! gage ainsi à quitter sa simplicité. vous demeurez encore dans votre simplicité? Dans le sens de malédiction comme plus haut. Cessez de bénir Dieu et mourez. Job lui ré- Aiusi ceux qui blasphèment Dieu doivent être pondit : Vous parlez comme une femme qui regardés comme insensés. C?est une grande consolation n'a point de sens. Si nous avons reçu les dans la tribulation, si, lorsque nous souffrons l’ad- biens de la main du Seigneur, pourquoi n’en versité, nous rapportons les bienfaits à la mémoire de leur auteur. « _ En ce recevrions-nous pas aussi’ les maux? Ainsi qu’il rendit grâces à son père qui le flagellait, et qu’il dans toutes ces choses Job ne pécha point opposa la bonne doctrine aux mauvais couseils de sa femme . Trois rois de la race d’Esaü. par ses lèvres. Cependant trois amis de Job in superioribus oxposuimus. Elcphantiaî morbo a quibnsdaoi creditur, facie Domini, percussit Job ulcéré pessimo, a et iiicirco a fœditate nimia regnum b nu ai rcliqnil. Lntum ot fragilom planta pedis usque ad cervicem [Vulg. verticem] Boraetipsum considérons. Corpus fostino fœtidnm ostondît. Linguam ejus : qui testa sanieui deradebat, sedens in ster- m n lie ris diabolos instigavit, sed ban arte niltil prœvaluit. His diclis quilinio. Dixit autem illi uxor sua : Adhuc pèr- Kimplicitatem deserere docuit eoJem sensu quod supra. mânes in simplicitate tua ? benedic Deo et mo- Blngna consolatio tribulntionis est, si Ergo qui blasphémant Dominum, inter slnltos deputandi sunt. rere. Qui ait ad illam : Quasi una de stultis mu- cnm adversa patîimir, auetoris nostri od mernoriam dona reroccmus. lieribus locuta es. Si bona suscepimus de manu Qui Ilagellami patpi grotias reddidit, et malo suadonti conjugi doctri- Domini, mala quare non suscipiamus ? In om- nam ministravit. nibus his non peccavit Job in labiis suis. Igitur très reges fuorunt de genero Esau. audienles très amici Job omne malum quod ac- apprirent tous les maux qui lui étaient arri¬ vés, et étant partis chacun de leur pays, vin- Théroan, proviuce formant un rent le trouver, Eliphaz de Théman Baldad royaume. En faisantle pacte de Suh et Sophar de Naaman. Car ils s’é- cle venir le consoler dans l’affliction , ils montrent la taient donné jour pour venir ensemble le voir grandeur de leur charité, et ils pèchent néanmoins en et le consoler. Lors donc que de loin ils eu- prenantun engagement téméraire ; toutefois, ils obtien¬ draient facilement leur pardon, s’ils le cherchaient dans une bonne pensée. , Figure des hérétiques qui croient rent levé les yeux, ils ne le reconnurent point, à Dieu et repoussent l’homme, et par là déchirent la et ayant jeté un grand cri, ils commencèrent foi de l’Eglise. Ils re- à pleurer. Ils déchirèrent leurs vêtements, ils couvrent leurs cœurs du sens terrestre et mortel, jetèrent de la poussière en l’air pour la faire Dans ces mots est désigné retomber sur leur tête. Ils demeurèrent avec tout le temps de la vie des hérétiques qui demeurent lui assis sur la terre durant sept jours et du- assis avec Job affligé pendant sept jours et sept nuits ; rant sept nuits ; et nul d'eux ne lui dit aucune persévèrent-ils dans leur endurcissement à ne pas con- parole, car ils voyaient que sa douleur était fesser la foi, ou adhéreront-ils par la persistance de cette visite interrompue pendant sept jours et autant de nuits, nous l’ignorons. Ceci est une réflexion de l’écrivain de cette excessive. Après cela Job ouvrit la bouche, cidisset ei, venernnt singuli de loco suo, Eliphaz Tlieman provincia in qna regnum, Themanites et Baldad Suites [AL Socliites], et Qui ex Sophar Naamanithes [Vulg. Naamathitesj. Con- condielo ad nfllicti coçisolationom voniunt, ehnritatis quantitntem de- dixerant enim, ut pariter venientes visitarent monstrabant et tamon inrnuta locntione delinqnobant, sed facile veniam eum, et consolarentur. Cumque levassent procul mererentnr, qui hono animo qnœreront eam. oculos suos, non cognoverunt eum, et excla- hæreticos figurât creiloutes l)«um, et liominem repellentos, et per hoc GJom Ecclesiœ seindunt. terreuo et mantes ploraverunt, scissisque yestibus, sparse- morlaH sensu corda stui operinnt. In runt pulverem super caput suum in cœlum. Et bis oinna tempus vitœ bœreticorum demonstralur, qui sompor inuli sederunt cum eo in terra septem diebus et sep- septem diebus ac noctibus cum afûicto Job sederint ; an a confessiono fidei perdurant. , ütrum conti- tem noctibus, et nemo loquebatur ei verbum; 401 EXPOSITION INTERLINÉAIRE DU LIVRE DE JOB. histoire, que l’opinion la plus accréditée attribue à et il maudit le jour de sa naissance. Voici Moïse. comment il parla. CHAPITRE III. Cet homme patient ne parle pas ainsi par auîmo- Périsse le jour où je suis né, et la nuit en ei té, mais il désire que revienne par Jésus-Christ l’im- laquelle il a été dit : Un homme a été conçu, mortalité qui a élé détruite par Adam. Il entend le jour avec la nuit dont il a parlé. Il dé¬ signe le diable et la mort. Que la Que ce jour se change en ténèbres, que Dieu mémoire n’en soit pas dans les bénédictions du Sei¬ gneur. De la lumière de ne le regarde pas du ciel, qu’il ne soit point la connaissance de Dieu ou de la pénitence. Que la multitude des pé- éclairé de la lumière. Qu’il soit couvert des chés l’obscurcisse. Le châtiment de l’enfer. L’aveu- ténèbres et de l’ombre de la mort, qu’une glement du coeur. Dansla colère de Dieu, noire obscurité l’environne, et qu’il soit plongé Celle dont il a été parlé. Du diable dans l’amertume. Que cette nuit soit la proie qui a porté le trouble dans le inonde. Au nombre deschré- d’un tourbillon ténébreux; qu’elle ne soit tiens, parce que l’année signifie Jésus- Christ dans les point comptée parmi les jours de l’année, ni douze apôtres. Qu’elle n’ait pas Dieu mise au nombre des mois. Que cette nuit soit nuis certo dieluia ac noctibus totidem iüstantia ei crebræ yisitationis adhæeei'ÎDt, ignoramus. Hoc ail videbant enim dolorem esse vehementem. Post seriplor bistorire, quem Moysen fuisse tradit opinio. hæc aperuit Job os suum, et maledixit diei suo, et locutus est. CAPIJT III. Yir pnliens non de animositate dicit, sed optai ut irr.morta!itas per Pereat dies in qua natus sum, et nox in qua dic- Christum redeat, quœ per Adnm deletaest. Diem cnm nocto dîclam intelligit. tum est: Conceplus est homo.Dies ilia vertatur in Diabolum et mortem signifiât. Xod sit ejus memoria anta Dumimini inboimm. Luraine co- tenebras, et non requirat Deus desuper, et non il- goitionis Dei, vel pœoilentiœ. Peccalornm multitudine rœcetur. Pcona infernatis. lustrelurlumine. Obscurenteum tenebræ etumbro Cæcitas cordis. Furore irœ Dei. mortis, occupet eum caligo, etinvolvatur amaritu- TOM. IV. pour hôte. dans une affreuse solitude, et qu’elle ne soit , Les saints assuré- jamais jugée digne de louange. Que ceux qui ment maudissent la prévarication qui a causé la mort maudissent le jour la maudissent, ceux qui de l’homme, et le diable en résistant à sa domination; ils maudissent son accroissement, parce qu’il ne cesse d’accroître les fautes des hommes. Les pécheurs qui sont prêts à susciter Léviathan. Que les étoiles pensaient briller dans la nuit du siècle grâce aux hon¬ neurs et aux richesses. Que le diable soient obscurcies par sa noirceur, qu’elle at- no connaisse pas la lumière des rédemptions du Christ, tende et qu’elle ne voie point même, la lu- La résurrection du Christ. Il aurait mière des premiers rayons de l’aurore. Parce dû être retenu dans les entrailles de sa mère comme qu’elle n’a point formé le sein .qui m’a porté, par des barrières infranchissables, et il ne serait pas né et qu’elle n’a point détourné de mes yeux les pour endurer des douleurs et des tortures sans trêve. Pourquoi la mortalité elle- maux qui m’accablent. Pourquoi ne suis-je même ne m’a-t-elle pas détruit quand je devais mou- point mort dans le sein de ma mère? Pour¬ rir? Pourquoi vivrais-je, quand je dois mourir et en- quoi n’ai-je point cessé de vivre aussitôt que durer les maux de la mortalité humaine ? Après que j’avais péché ouverte- j’en suis sorti ? Pourquoi m’a-t-on reçu sur ment, pourquoi l’habitude m’a-t-elîe encore ramené au les genoux? Pourquoi ai-je été nourri du lait de qua supra diclum est. Diabolus qui perturbatiooem mundo advexit. dine.Noctemillam tenebrosus türbopossideat; non In numéro Clmstianorum, quia annus Cbristum sîgnificat in Apostolis computetur in diebusanni,necnumereturinmen- Non baboat Demn babitatorera. Saücti sibus. Sit nox ilia solitaria, nec laude digna. Ma- utique prœyaricatinuoDi mortis snæ et diabolum maledicunt resistendn ledicant ei qui maledicunt diei, qui parati sunt dominatiooi ejus. id est additamontum hominum, qui bominilms culpam angora non desistit. Peccaloren, qui jd nocte sœculi in lio- suscitare Leviathan. Obtenebrentur stellæ cali- nore et drvïtiis Incore so pulabant. Diabolus lucom rodemptionibus Cbristi non cogaoscat. gine ejus, exspectet et non videat nec or tum Hesnrrectionem Cbristi. Matrîs visceribus velnt claustris fortibns de- surgentis auroræ. Quia non clusit ostia ventris, buerit detineri, ne ad dolores pasceretnr, dolores et erneintus coati- qui portavit me, nec abstulit mala ab oculis nuos. Quare mnrtalitas ipsa mnrtalem non exstînxit? Quid yiverem meis. Quare non in vulva mortuus sum, vel 402 SAINT JÉROME. péché? Après avoir pris l’habitude du péché, pourquoi l’augmenté-je en en faisant comme ma nourriture? Ne devant verser aucune larme ni de la mamelle? Car je dormirais maintenant pousser aucun gémissement. Je ne serais pas réveillé par les ai- dans le silence et je me reposerais dans mon guillons des tortures Bien qu’ils soient dans l’enfer, leurs corps sommeil, avec les rois et les consuls de la ne sentent pas les tourments. OEuvres vaines, toute de- terre qui durant leur vie se bâtissent des meure qui n’a pas Jésus-Christ pour hôte étant déserle. Il parle niusi pour marquer de grandes richesses. Il tombeaux dans les solitudes, ou avec les dit de diverses façons qu’il aurait voulu éviter les souf- princes qui possèdent l’or et qui remplissent frances qu’il endurait. Ces avortons, ce sont d’argent leurs maisons. Je n’aurais point les hommes avant que la loi fût donnée, paru dans le monde, non plus qu’un fruit Ceux qui viu- avorté dans le sein de sa mère, ou que ceux rent en ce monde après que la loi eût été donnée et qui ayant été conçus n’ont point vu le jour, qui ne virent point l’avénement de Jésus-Christ. Parce que la gloire des superbes sera humiliée dans C’est lâ que les impies cessent d’exciter des l’enfer. Ils auront été délivrés de l’oppression et des tumultes, et c’est là que trouvent le repos ennuis de ce monde. ceux dont les forces sont épuisées par les Il dit qu’ils habitent ensemble en enfer, mais travaux. C’est là que ceux qui étaient autre- loutefois sans châtiment. fois enchaînés ensemble ne souffrent aucun Ils n’ont plus redouter les ordres de maîtres mal, et qu’ils n’entendent plus la voix de ceux iniques. qui exigeaient d’eux des travaux insuppor- Làles petitset les grands entre ceux qui croient tables. Là les grands et les petits se trouvent sont délivrés de la confusion, égaux, là l’esclave est affranchi de la'domi- Alors que dans les enfers, nation de son maître. Pourquoi la lumière comme je le vois, il y a égalité de personnes, pourquoi a-t-elle été donnée à un misérable, et la vie à cette vie pleine de tortures m’a-t-elle été donnée pour mon malheur? Les ceux qui sont dans l’amertume du cœur? Ils hommes cherchent la mort à cause des maux qu’ils attendent la mort, et la mort ne vient pas; souffrent; ils se félicitent de trouver la sépulture qu’ils ont ardemment désirée. Il trouve facilement ce trésor, celui qui repousse loin de lui le fardeau des pensées terrestres. Celui qui s’applique à mortifier son corps, éprouve une ils la cherchent comme s’ils fouillaient la terre joie ineffable dès qu’il a trouvé le repos de la con- pour trouver un trésor, et ils sont ravis de templation. joie, lorsqu’ils ont enfin trouvé le tombeau. Il dît de lui-même que les mérites de sa vie sont ca- Pourquoila vie a-t-elle été donnée à un homme morihirits et pasaurus mala mortalitalis humante? Post apertam culpam, egressus ex utero statim perii? Quare exceptais eur me adlnic in ilia et consueludo suscepit? Post culpœ consuetudincm, cnr ad augmentum illins milritus aura ? Nullum ftütum et genibus? Gur lactatus sum uberibus? Nunc enim Job dormiens silerem, et somno meo requiesce- u In latum editnrns. Non ernm incitntng stimiilis craeinUinm. Lieet in rem; cum regibus et consulibus terræ, qui ædi- iDfei-no sint, tamen corpora non senlinnt tormenta. Yana opora, vol quod déserta snntoinuia, qnœ Cliristum hospilum non liabent. Pro muliitudine dîvitia- ficant sibi solitudines, aut cum principibus, qui ram hoc dieit, Yards modis dieit, quod pœoas, in qnibns erat, optasset possident aurum, et replent domos suas argento ; evadere, Abortivi dicunlur hommes ante legem litteræ, Hi qui post aut sicut abortivum absconditum non subsiste- accoptam legem in hoo mundo nnti sunt, et adventum Cliristi non vi- deriiûl. Qiiia rem, vel qui concepti non viderunt Incem. Ibi glorîa suporborura Immiliatn erit in inferno, ah oppreseione et mo- impii cessaverunt a tumultu, et ibi requieverunt IftBlia mnndi liber ï t i . In infernn simul habitnre dieit, tninen sine poma. fessi robore. Et quondam vincti pariter sine Jusea iniquornm dominorum non verentnr. Parvnli et molestia. Non audierunt vocem exactoris. Par- magni eredentinm ibi libcrnntur a confusione. vus et magnus ibi sunt, et servus liber a domino Cum Bit, ut video, in inferno œqunlitas personarinn, cur mihi suo. Quare data misero est lux, et vita his, qui misero data 08t vita eruciatibus plana ? Pro aognoiiia inortem in amaritudine animæ sunt ? Qui exspectant hommes qnœreDti'S, qui niinium utiquo grutulantur, cum optatam sibi inveneriut Bepulturani. Facile thesaurum invenit, qui a bc molem terrenm cog'tationis repeilii. Qui mortifîcare bc appétit, valde ad mortem, et non venit. Quasi effodientes thesau- inventaro requiem contcniplationis hilareacit. rum, gaudent vehementer cum inveneriut se- De Be dieit, quia absconditum easet meritum vîtæ Buæ. pulcrum. Viro cui \Vulg. cujus] abscondita est 403 EXPOS ITION 1NTËRL1N.ÉA1RE DU LIVRE DE JOB. chés. Les ténèbres, ce sont les obsessions des souf- qui marche dans une route inconnue, et que frnnces. Entre autres tortures, le diable lui avait in- Dieu a environné de ténèbres? Je soupire flîgé ce surcroît de souffrir davantage avant de manger, avant de manger, et les cris que je fais sont alors que ses douleurs n’avaient pas de trêve quand il avait mangé. Dans la suite, il insistera/ sur cet état. Comme comme le bruit d’un débordement de grandes s’il disait : Je craignais d’offenser Dieu en péchant; de eaux, parce que ce qui faisait le sujet de quoi me sert cette crainte, puisqu’il m’abandonne aux ma crainte m'est arrivé, et que ce que j’ap- plus cuisantes douleurs? Ne maudissant, préhendais est tombé sur moi. N’ai-je pas pas ses maux, il fait voir qu’il s’abstient de toute pa- toujoursconservélare tenue? N’ai-je pas gardé rôle oiseuse. le silence ? Ne me suis-je pas tenu dans le re- Le fardeau des plaies. pos?et cependant la colère de Dieu est tombée sur moi. CHAPITRE IV. Alors Eliphaz de Théman prenant la parole 11 montre qu’il va pro- pour répondre, lui dit : Vous trouverez peut- noncer des paroles, non de consolation, mais inju¬ rieuses. En traduisant être mauvais si nous vous parlons ; mais qui ses pensées en paroles, il va donc faire injure à celui qui pourrait retenir ses paroles en une telle ren- Pcenarum erneintibus. Inter cæteros erneiatus, etinm banc inGnnitnlem vita, et circumdedit eum Deus tenebris? Ante- dmbolns oi infixerat, nt ante cibiim torquoatur, et sint ei post cibmn quam comedam, suspiro; et quasi inundantes iihlesinuntos dnlores; de lioç sequentia snhjccit. Ac si dieni; Tunobom aquæ, sic rugi tus meus. Quia timor, quem fi¬ ne peceando Deum oflenderem ; qvtid mibi profuit, quia dolorihus me mebam, ven'it mihi, et quod verebar accidit. torquet ? Non reddens mala, laciturnitatem ab otiosis verbis indicat. Nonne dissimulavi? nonne silui ? nonne quievi ? Molem plagariim dicit. et venit super me indignatio. CAP UT IV. Respondens autem Eliphaz Themanites, dixit : Os tend il so non consolatoria, sed injuriosn veiba locuttinim. Si cœperimus loqui tibi, forsitan moleste acci- Per conceptR ergo verba profert injuriam audienti. pies; sed conceptum sermonem tenere quispos- l’écoute. Vous en avez rappelé plusieurs de l’erreur, contre? Vous en avez autrefois instruit plu- vous avez consolé les pauvres par vos bontés, sieurs, et vous avez soutenu les mains lasses Ceux qui hésitent dans leur religion, et affaiblies. Vos paroles ont affermi ceux qui Tout cela est dit ironiquement contre le saint homme étaient ébranlés, et vous avez affermi les ge- Job. Ceux qui s’écartaient de la droite voie. Il n’a pas perdu courage, il n’a noux tremblants. Et maintenant, à peine la pas été troublé, puisqu'il a béni le Seigneur en toutes plaie est-elle venue. sur vous, que vous perdez choses. courage; Dieu vous frappe, et vous êtes dans Comme s’il disait : Si vous aviez eu réellement la crainte le trouble. Où est cette crainte de Dieu, cette de Dieu, et si votre vie eût été parfaite, yous n’auriez force, cette patience et cette perfection qui a jamais été frappé de maux semblables. Il ignore donc paru dans toutes vos voies? Considérez, je qu’Abel a été mis à mort et que les justes sont fré- vous prie, si jamais un innocent a péri, ou si quemment affligés. ceux qui avaient le cœur droit ont été exter- Nous savons que ceux qui commettent l’ini- minés ? Ne voyons-nous pas au contraire que quité ont péri sous les coups de la colère divine; nous ceux qui travaillent tant à faire des injustices, le voyons par vous. qui sèment les maux et qui les recueillent, 11 revient à ce qu’il a dit. sont renversés soudain par le souffle de Dieu, Multos ab orrore revoeasti, panperos tna bonîtate consolatns es. sit? Ecce docuisti multos, et manus lassas robo- Dubios do ReligioDo sua. Htce onmia in sanetum Job cimi irrisione di- rasti. Vacillantes confirmaverunt sermones tui, cunlur. Déclinantes a rectiludine. et genua trementium \ Vulg . trementia] confor- Non defecit, nec conturbatus est, sed in omnibus Dominnm be- tasti. Nunc autem venit super te plaga, et defe- nodixit. Ac. si diceret : Si ti- cisti ; tetigit te, et conturbatus es. Ubi est timor morcm Dei babuisscs et porfectionem vitœ Luœ, nunquam L&lia passes tuus, fortitudo tua, palientia tua, etperfectio via- fnisscs. ergo ignorana ram tuarum? Recordare, obsecro te, quis un- Àbel innocentem occisum, et justos fréquenter affiietos. quam innocens periit? aut quando recti deleti Opérantes iniquitatem scimua ancillanto iracnndia deperissa sunt? Quin potius vidi eos qui operantur iniqui- sicut te vidimus. tatem, et seminant dolores, et. metunteos; flante 404 SAINT JÉROME. et emportés par le tourbillon de sa oolère ? Il veut dans cette allusion injurieuse, faire enLendre Le rugissement du lion et la voix de la lionne que le saint homme Job a été coupable d’une rapacité cruelle. Les lionceaux ont encore montré plus de rapacité, pour elles dents des lionceaux onl été brisés; le dire que les fils de Job lui ont été semblables en cela. C’est indiquer l’avidité à se jeter sur la proie et à dé- tigre esl mort parce qu'il n'avait point de pouiller les hommes. Les fils de Job ont été frappés comme lui. proie, et les petits du lion ont été dssiipés. Un secret de Dieu, c’est-é-dire le motif de vos souf- Cepcndant une parole m'a été dite en secret, Trances, m’a été montré par révélation. Le fondement et à peine en ai-je entendu les faibles sons de la sentence est arrivé en secret aux oreilles de mon cœuP> Il affirme qu’il qui se dérobaient h mon oreille. Dans l’hor- ne s’agit pas des apparences d’un vain songe, mais reur d’une vision de nuit, lorsque le sommeil qu’il a eu une vision véritable; et pour rendre plus assoupit davantage tous les sens des hom- vraisemblable le récit de cc songe, il précise le moment. 11 marque l’excès de la frayeur que lui a causé mes, je fus saisi de crainte et de tremblement, une vision si extraordinaire. Un et la frayeur pénétra jusque dans mes os. Un ange. Comme esprit vint se présenter devant moi, et les Daniel dit de lui : Cette vision a brisé dans l’épouvante tous les ressorts de mon corps. Un vi- cheveux se dressèrent sur ma Lêle. Je vis sage inconuu inspire une crainte plus grande, quelqu'un dont je ne connaissais point le vi- ïl dit qu’il a vu dans le secret de la foi celui sage, une image parut devant mes yeux, et qu’il ne conuaissait pas d’abord et qui lui dit d’une j'entendis une voix faible comme un petit voix caressante ce qui suit. La créature ne peut être corn- souffle, qui me dit : L'homme osera-t-il se parée au Créateur, parce que la justice de L’homme n’est dire juste en se comparant à Dieu? et sera- qu’mjuslice si on la compare à la justice divine. Le diable et t-il plus pur que celui qui l'acréé?Ceux mêmes ceux qui sont tombés de la gloire de leur nature dans qui servaient Dieu n'ont pas été stables, et il le vice. a trouvé du déréglement jusque dans ses Cela s’entend de’ la nature des hommes, parce Anges. Gomment donc ceux qui habitent dans que nos demeures corporelles mêmes montrent com- des maisons de boue, qui n'ont qu'un fonde- bien nous sommes vils. Comme les vêtements sont ment de terre, ne seront-ils pas beaucoup rongés par les vers, ainsi les corps sont consumés par plus tôt consumés et comme rongés des vers? la mort. Le matin signifie toute la vie des hommes, qui s’affaisse dans la vieillesse. Ceci Du matin au soir ils seront exterminés, et est dit de ceux qui ne croient pas. parce que nul d'eux n'a l'intelligence, ils pé- Ceux qui ont la foi, riront pour jamais. Ceux qui seront restés repolit qnod prins dixerat. Deo périsse, et spiritu iræ ejus esse consumptos. Sœvitiam repienlis oslendit, in quo snnetum Job fallucitcr dénotât. CntLilos rapaciores ad prœ- Rugitusleonis, et vox leænæ, et dentes catulorum dum dicit, iii est filios uj as similes illi cîicit ; Vclocitatem nd pnedarn, ot ad spo- leonum contriti sunt; tigris periit.eo quod non Jiandum hommes ostendit, filios similiter interemptos. habet prædam, et catuli leonum dissipati sunt. Divimun secrctnra ex révélation© inihi ostensum, id ost, causa pœna- Porro ad me dictum est verbum absconditum, mm tuaruin. lateoter nd aures cordis moi virtus sententiæ porvenit, et quasi furtive suscepit auris mea venas susurri Hic asserit, qnod non aliqnam phantasiam vani somnii vident, ejus. In horrore visionis nocturnæ, quando solet sed vonvm visionem. Et nt probabiliorem nsrrationem somnii faciat, sopor occupare hommes, pavor tenuit me et tempus désignât. Niwinm territum se dicit ina-dita visiono. Angelum tremor, et omnia ossa mea perterrita sunt. Et mit ostendero. Sicut Daniel de se dicit : In visione resoluta ost cora- cum spiritus me præsente transiret, inhorrue- pnges mea. lncognitns vuIlus mngis tiniorem incussit. runt pili carnis meœ. Stetit quidam cujus non Occulta fide vidisse se dicit, quem cognoscebam vultum; imago coram oculis meis, prins non cognoacebat, et blande sibi dicentcm istnd quod soqnitnr., Cceatura creatori corn¬ et vocem quasi auræ lenis audivi. Numquid bomo parari uon potest, quia humana juatitiu dimne comparât©, injustitia est. Dei comparatione justificabitur, aut factore suo De diabolo dicit, et de bis qui cecidernnt de purior erit vir? Ecce qui serviunt ei non sunt nutura sua in vitimn. stabiles; et in Angelis suis reperit pravitatem : De natnra bomiimm intclligitur, quia ex ipsis habitaculis noslris viles quanto magis hi qui habitant domos luteas! Qui demonstramui’. Sicnt a tinea vestimenta, ita a morto terrenum habent fundamentum , consumentur corpora consumentur. In mane te ta tu homiumn vitarn significut, quod velut a tinea. De mane usque ad vesperum 403 EXPOSITION INTERLINÉAIRE DU LIVRE DE JOB. Les saints seront emportés d'entre les impies. Les insensés qui de sa race seront, emportés, et ils mourront, n’ont pas la sagesse de craindre Dieu. parce qu'ils n'auront point eu la sagesse. CHAPITRE V. Jusqu’ici il a parlé de ce qu’il prétend avoir vu en Appelez donc à votre secours s'il y a quel- soDge; maintenant il réprimande le saint homme Job. qu'un qui vous réponde, et adressez-vous à Voyez s’il y aura quelqu’un des hommes et des anges qui vous réponde autrement. Il lui reproche d'être colère, quelqu’un des saints. Certes il n’y a que l’in- parce qu’il a maudit le jourdesanaissance.il l’accuse sensé qui se donne la mort par colère, et il de pusillanimité et d’envie. n’y a que les petits esprits qui sc consument Celui qui se croit affermi dans le siècle, par envie. J’ai vu l’insensé qui paraissait af¬ fermi par de profondes racines, et j’ai aus- L’éclat d’une félicité passagère, sitôt donné ma malédiction à tout son vain Tout cela, j’en ai déjà, fait la remarque, est dit éclat. Ses enfants loin de trouver leur salut, en vue d’accuser Job. Seront condamnés hautement par le jugement de tous, seront foulés aux pieds aux portes de la ville et il ne se trouvera personne pour les déli- Le diable, qui est cet homme armé, ce faméli- vrer. Celui qui mourait de faim mangera le que acharné à trahir les hommes, dévore le fruit des bien de cet insensé, l’homme armé s’empa- travaux de l’impie. Les méchants qui paralysent les facul- rera de lui, et ceux qui séchaient de soif boi- tés d’autrui. La leuteur du zèle profite au ront ses richesses. Rien ne se fait dans le sage pour sa récompense, et la précipitation accroît la monde sans sujet, et ce n’est pas de la terre mesure du châtiment de l’homme léger, sans justice. La nature des hommes était bonne et le mal est acci¬ dentel. Comme l'oiseau vole naturel- que naissentles maux. L’homme estné pour le lement, ainsi l’homme s’élève par le travail aux choses célestes. Sans m'enor- travail comme l’oiseau pour voler. C’estpour- gueillir d’être juste et bien méritant, je me coutentc- quoi j’adresserai mes prières au Seigneur et rai de dire devant lui que mon humilité me recom¬ mande à lui. La cause effi- je parlerai avec confiance 'à Dieu, qui fait clés ciente de toutes choses est impénétrable aux hommes, choses grandes et impénétrables, des choses Il est dit : miraculeuses qui sont sans nombre; qui ré- « Il répand la pluie sur les justes et sur les injustes. » pand la pluie sur la face de la terre et qui ar- Mafth. v, 45. Pour montrer l’abondance de la doctrine. Les saints dans son rose d'eau tout l’univers; qui élève ceux qui royaume. Il est dit: «Bienheureux ceux qui étaient abaissés, et console et guérit ceux in senecLule déficit. De noD credentibirt hoc dicit. succidentur, et quia nullus intelligit, in æternum De credeulibus inteIJigit. saneti ab impiïs. peribunt. Qui autem reliqui fuerint auferentur Stnltî non habentes sapientiam timoris Dei, ex eis ; morientur, et non in sapientia. CAPUT V. Hucusque de 1m loqnitur, qiuc in soumis vidisae se dicit; dehiïic Voca ergo si est qui tibi respondeat, et ad ali- increpat sanetnm : Job homioum, vel Angelnrum, si aliqnis oonim tibi aliter respondeat. lracundum dicit, quia ma- quem sanetorum convertere. Virum stultum in- ledixit diei suo. pusillanimum dimotat et invidum. terficit iracundia, et parvulum occidit invidia. Qui ae putat in steeuln fixum. pulebri- Ego vidi stultum firma radie e, et maledi xi pul- tudinem Iransilorito folieîlatis dicit. Hœc omuia, ut aliquoties dixi, in chritudini ejus statim. Longe fient filii ejus a saneti Job ex p rob ratio uem dieuutur. Publiée omnium judicio dauina- salute, conterentur in porta, et non erit qui buntur. Laborem hominis iiiiqui diabolos dévorât, qui armalua et fa- eruat. Cujus messem famelicus comedet, et ipsum melicus dicitur in proditiono bominum. Homiaos mali rapientes facultates aliornm. rapiet armatus, et bibent sitientes divitias ejus. Quando studioso larditas ad præmium proficit, ot desidioso velocitas ud Nihil in terra sine causa fit, et de humo non suppliciuto crescit. Sine justitia. Nature hominuiu bona fuit, sed malum accidit. Sicnt avis per natnram volât, i ta et liomo per la- orietur dolor. Homo ad laborem nascitur, et avis borein ad superna eonacendit. Nibil mihi Iribuons de justitia et morito, hoc loquar ad volatum. Quamobrem ego deprecabor Domi- ante enm, qnod bumilitatem meam ipsi commendat. Effieientia omnium num, et ad Deum ponam eloquium meum. Qui rorum inscrutabilie est bominibus. facit magna et inscrutabilia, et mirabilia absque ut dicitur : « Pluit super justos etinjustos, » Mat. v, 4b, numéro. Qui dat pluviam super faciem terræ, et abundanliam doetrinœ oateodit. Sanclos in reguo. Ut irrigat aquis uni versa. Qui ponit luimiles in su- 406 SAINT JEROME. pleurent maintenant. » Ibid , 5, etc. Les persécuteurs des qui étaient dans les larmes ; qui dissipe les martyrs de Jésus-Christ, afin qu’ils ne puissent achever pensées des méchants, et les empêche d'a¬ ce qu’ils ont commencé ou ce qui a été entrepris par les mains d’autres persécuteurs de l’Eglise de Dieu. Allusion à chever ce qu'ils avaient commencé; qui sur- la finesse selon le monde, que l’Evangile appelle folie, prend les faux sages dans leur propre finesse, Les Juifs et renverse les desseins des injustes. Au mi- sont tombés de la lumière de la loi dans les ténèbres lieu du jour ils trouveront les ténèbres, et ils de la perfidie. Ils ont trouvé la tribulation au lieu de marcheront à tâtons en plein midi, comme la prospérité qu’ils avaient auparavant. Le Christ s’ils étaient dans une profonde nuit. Mais qui s’est fait pauvre pour nous, a été délivré des blas- Dieu sauvera le pauvre des traits de leur pbèmes des Juifs. L’espérance langue et de la violence des injustes. Le pau- de la résurrection par Jésus-Christ. Silence sera juste- vrè ne sera point trompé dans son espérance, ment imposé à la voix sacrilège des Juifs. C’est le pro- et l'iniquité demeurera muette. Heureux verbe : « Dieu châtie ceux qu’il aime. » Tout cela, quoique dit l'homme que Dieu^corrige lui-même. Ne re¬ contre Job comme s’il était prévaricateur, s’applique bien à lui, que le Seigneur instruit comme un fils, jetez donc point le châtiment du Seigneur. Il dit lui-même : « Je donnerai la mort et je rendrai Car c'est lui qui blesse et c’est lui qui réta- la vie. » blit; c'est lui qui frappe, et c'est sa main qui Il énumère de suite apres ces six tribulations, guérit. Après vous avoir affligé six fois il vous délivrera, et le mal ne vous touchera pas une La faim d’entendre la parole de Dieu, septième fois. Pendant la famine il vous sau- Dn péché. Du pouvoir de la mort, vera de la mort, et de l’épée pendant la guerre. La langue Il vous mettra à couvert des traits de la lan- sans frein. La vengeance des méchants, gue perçante, et si l’affliction survient, vous Vous serez plein de joie ne l’appréhenderez point. Vous rirez au mi- pendant que vous verrez les autres livrés à la désola¬ tion et à la mort. La puis- lieu de la désolation et de la famine, et vous sance du diable ou des hommes terrestres. Vous ne craindrez point les bêtes de la terre. Mais aurez toujours la paix avec tous les saints, les pierres des champs seront d'accord avec Les hommes devenus bons de méchants qu’ils vous, et les bêtes sauvages seront douces étaient. Votre corps sera délivré de toutes les pour vous. Vous verrez la paix régner dans peines, en le maintenant digne d’avoir Dieu votre maison, et la tenant dans l'ordre par le pour hôte. soin que vous en aurez, vous ne pécherez point. dicitur : « Beati qui lagon t aime, u Ibid. 5, etc. Persecutnrum Marty- blimi, et niœrentes erigit sospitate. Qui dissipât rnm Cbristi, ne poasiot implora quoil desiderant, vel manns eorum cogitationes malignorum, ne possint implere porsecutorura Eccloeinm Dei. sœculariiiru cal- manus eorum quod ceperinL Qui apprehendit iditàtem signiGeat. por voeem Evangelii in stultiliara depu- sapientes in astutia ipsorum, et consilium pra- tatam. Judæi a die legis in tenebras perfidiæ cecide- vorum dissipât. Per diem incurrent tenebras, et mut, sic tribnlationcm iuvonerunt, sicut prius prosperitatem liabebnnt, Cbristus, qui quasi in nocte sic palpabunt meridie. Porro sal- pro nobis pauper factus est, libaratns est do blasphomiis Judœorum. vum faciet a gladio oris eorum, et de manu vio- Spes Resurrectionis Cbristo, blaspliemia Ju- lenti pauperem. Et erit egeno spes ; iniquitas au- tlæornm merito obtnrelur. ut dicitur : «Quem diligit Dominas, tem contrahet os suum. Beatus homo qui corri- castigat. . Et isla in sanetum Job quasi in prævarieatorem pitur a Deo. . Increpàtionem ergo Domini ne recte dicuntur, qui a Domino eruditur ut filins. ut dîcitur :« Ego occidam, et vivere faciarn. » reprobes. Quia ipse vulnerat et medetur : percu- Statim iu subsequentibuü ipsns tit et manus ejus sanabunt. In sex tribulationibus sex enumerat. liberabit te, et in septima non tanget te malum. audieudi verbiun Dei poccuti de polostutu In famé eruet te de morte, et in bello de manu mur lis ab eflïenata lîugua gladii. Et a flagello linguæ absconderis, et non Vindictam malorum. Lœlatus fueris, cum timebis calamitatem cum venerit. In vastitate et ûlios videris vastitate dolcri. polestatem diaboli, sive terrmiorum bo- fame ridebis, et bestias terræ non formidabis. minum. eum Sanctis omnibus pacem tremper liabebis. homî- Sed cum lapidibus regionum pactum tuum, et nos boni immutati abestiali vita. ab omnibus pœnis corpus bestiæ pacificæ erunt tibi. Et scies quod pacem tuum liborahittfr. dignam exhibons divina visitatione, habet tabernaculum tuum, et visitans speciem EXPOSITION INTEULINKAIRE. DU LIVRE DE JOB. Les enfants selon la chair, ou les fruits des bonnes œuvres. À cause Vous verrez votre race, se multiplier, et votre de la multiplicité, on les compare aux herbes, postérité croître comme l’herbe de la terre. Vous mourrez plein de jours, ou dans l’abondance des bonnes œuvres. Comme le Vous entrerez riche dans le sépulcre, comme blé dans le grenier, ainsi les saints dans la gloire, un monceau de blé qui est serré en son C’est là ce que vous devez méditer en votro temps. Voilà ce que nous ont appris les ré¬ cœur pour votre amendement, flexions les plus sérieuses, et cela est très- véritable; écoutez-le donc etrepasscz-le dans votre esprit. CHAPITRE VL Puisque vous dites que je Job répondit ainsi : Plût à Dieu que les souffre tout cela pour mes péchés, je voudrais que mes péchés par lesquels j’ai mérité la colère de péchés et le3 maux que j’endure fussent mis en balance, Dieu et les maux que je souffre fussent mis et vous reconnaîtriez que mes péchés seraient plus en balance! Ceux-ci surpasseraient les autres légers; mes maux sont de beaucoup plus lourds que de toute la pesanteur du sable de la mer; ne lo méritent mes péchés. Parce que, comme je l’ai dit, mes souffrances surpassent mes fautes, c’est pourquoi mes paroles sont pleines de carnales Glii, sivo Fruc- tuam non peccabis. Scies quoque, quoniam mul- tus bonomm operum. prœ multilndine hcrbis com- tiplex erit semen tuum, et progenies tua quasi pnrantnr. Pionns diermn murieris, vel in abundantia bo- herba terræ. Ingredieris in abundantia sepul- uorum operum. Ment triiir.um in liorr^a, ito Saucti in gloriam.] crum, sicut infertur acervus in tempore suo. i-l est, quod ipso ad eaion- Ecce hoc, ut investigavimus, ita est, quod audi- tum mente pertracta. dationem tuam debes corde percipero. CA PUT VI. Dniu dicitîs, peccatis Respondens autem Job dixit : Utinam appen- meis Facientibus îsta perpeli; velim npprndi peccnla mea eontra cala- derentur peccata mea, quibus iram merui, et mitatem, qnnni patior, et illico videbitis lovia ; ipsa calamités gravier calamitas quam patior in statera; quasi arena est merito pcecatorum meorum. Quia majores sunt poenæ, ut dixi, quaui maris hœc gravior appareret. Unde et verba mea 407 Les aiguillons des maux sont comparés à douleur. Car je sens que le Seigneur m’a mis des flèches, et non-seulement les aiguillons des souf- en butte à ses flèches; l’indignation qu’il ré- frances, mais aussi les morsures des vers que le diable excitait à sucer le sang de Job. Pour ac- pand sur moi épuise mes esprits, et les ter- croître ses souffrances, le diable le remplit de terreur, reurs qu’il me donne combattent contre Les animaux, s’ils ont leur pâture, ne font en- moi. L’onagre crie-t-il lorsqu’il a de l’herbe? tendre aucune plainte; pour lui, c’est l’excès des dou- ou le bœuf mugit-il, lorsqu’il est devant une leurs qui lui arrache de dures paroles. Je n’ai rien fait dont la foi ne fût pas crèche pleine? Peut-on manger d’une viande 10 condiment ; comment donc enduré-je de tels maux? fade, qui n’est point assaisonnée avec le sel? 11 n’apronoucé contre Dieu aucun mot insensé, aucune parole que la foi n’assnisonnât. Comme on a horreur d’un poison, j’avnis horreur du ou quelqu’un peut-il goûter ce qui fait mourir péché. .le me nourris maintenant de celui qui goûte? Ce que mon âme refusait ces paroles amères, que j’avais horreur autrefois de auparavant de toucher, m’est offert mainte- laisser sortir de ma bouche. 11 désirait liant pour me servir de nourriture. Plaise au d’être délivré de ses maux par la mort. Seigneur que ce que je demande soit accom- Puisque pli, et qu’il m'accorde ce que j’attends ! Qu’a- meovuna mérita delietorum. Moleetia pœunrum sagittia comparatur, doloris sunt plena, quia sagittæ Domini in me qnœ nou solum pœnæ iutclligunlnr, sotl vermes (qnos) instigabat dia- sunt, quarum indignatio ebibit spiritum meum, bolns, ut saoguinmn ejus sugerent. ad augmentum poenamm diabolns terrorem eliucutit. Ista animaiia, si et terrores Domini militant contra me. Numquid palmlis abundant, nullnro querelarum vocem omittuut. ille autem rugit onager, cum habuerit herbam, aut mugiet angustiis coaretatur, ut dura loquerolur. niliîl bos, cum ante prœsepe plénum fuerit? Aut po- tijo non condiuim operalns sum, qnomodo liœc patior quse sustineo ? terit comedi insulsum, quod non est sale condi- Nullmu stultum contra Deum verbnoi locutus est, fidc non comlitum. tum? aut potest aliquis gustare, quod gustatum Siout moi tiFcrnm ouonis abliorret, ita ego pecr.atmn contingere perti- afferfc mortem? Quæ prius tangere nolebat, anima mescebam. Kuac verbis [ ascor amarîs, quæ prius timobom ex ore rarn deproniere. Optons desi- mea, nunc præ angustia cibi mei sunt. Quis det dérobât per inortem de erneiatibus liberari. ut veniat petitio mea, et quod expeto tribuat 408 SAINT JÉROME. c’eBt par la permission de Dieu que j’endure ces maux, près avoir commencé, il achève de me ré- il peut faire aussi que la mort me réduise en poudre, duire en poudre, qu’il laisse aller sa main Qu’il m'accorde pour me couper jusqu’à la racine, et que dans la consolation d’obtenir la fin de mes maux parle re- ces douleurs extrêmes dont il m’accablerasans mède de la mort. m’épargner, il me reste au moins cette conso- 11 est de l’humilité des saints de parler ainsi, lation, que je ne contredise jamais en rien aux ordonnances de celui qui est souve- Homme plein de faiblesse, com- rainement sainL. .Quelle est ma force pour ment puis-je soutenir de tels maux ? Comme s’il disait : Si je savais pouvoir subsister dans ces maux? ou quelle quand finiront mes douleurs, j’attendrais patiemment, sera ma fin pour mô conserver dans la pa- Je ne suis pas insensible à la douleur comme tience ? ma force n’est point la force des pier- les pierres. Parce que ma chair tombe en pourriture. La tris- res, et ma chair n’est pas de bronze. Je ne tesse de mon âme résiste à toute consolation. Le Prophète dit la trouve en moi aucun secours et mes propres même chose de Jésus-Christ : « Mes amis et mes proches, » Isa. xxxvn, 12, et le reste. Celui qui ne compatit pas amis m’ont abandonné. Celui qui voyant souf- de tout cœur aux tribulations du prochain, déserte frir son ami n’en a point de compassion, Sicul Deo ainante, pœuas patior, ita potestnte ejus mihi Deus? Et qui cepit, ipse me conterat, solvat mors conterat me. liœc mibi sit cousolatio, manura suam, et succidat me ; et hæc milii sit ni tinem miciatunm meonim remedio mortis obtincam. consolatio, ut affligens me dolore non parcat, hoc convonit dicore bumilitati Sunotorum. Ego hornunculiis, quomodo nec contradicam sermonibus Sancti. Quæ estfor- talia flagella snstinere possum ? ac si dicerat : Si sciram finero doloris titudo mea ut sustineam? aut quis finis meus ut mei, patienter exspectarem. Non sum inscnsatus dolori sicut lapidos, patienter agam? nee fortitudo lapidiim fortitudo quia caro mea corrumpilur sanie. Tristilia renuit coosolari ani- mea, nec caro mea ænea est. Ecce non est auxi- mam uieom. PropLola cadem de Cbristo dicit : « Amici lium mihi in me, et necessarii quoque mihi re- mei, et proximi moi, » Is. xxxvn, 12, et relique. Qui non compatitur ex corde tribulatis, man- cesserunt a me. Qui tollit ab amico suo miseri- data Dci deserit. Omnis cognalio cordiam, timorem Domini dereliquit. Fratres mei les commandements de Dieu. Toute sa pa- abandonne la crainte du Seigneur. Mes pro¬ renté l'a eu en aversion et l’a fui précipitamment. Il près frères ont passé devant moi comme un les plaint d’être tombés, en s'éloignant de lui, au fond torrent qui s’écoule avec rapidité dans les de l’abîme à la manière d’un torrent. Je craignais de commettre les moindres pé- vallées. Ceux qui craignent la gelée seront chés, et je suis châtié maintenant comme si j’avais commis les plus grands. Il fait allusion au temps accablés par la neige. Ils périront au temps de son affliction. Comme se fond qu’ils commenceront à s’écouler; dès que la la neige à la chaleur du soleil, ainsi se fondra leur chaleur viendra, ils tomberont du lieu où ils gloire. La force étaient comme une eau qui se fond. Ils vont de l’âme embarrassée par les supplices. Ils travaillent en par des sentiers embarrassés, ils marchent vain, puisque c’est pour leur perte. Théman et Saba, pro- sur le vide et ils périront. Considérez les sen- vinces d’où les curieux sont venus vers lui. Ils ont tiers de Théman, les chemins de Saba, et voulu me pousser au désespoir par leurs remontrances attendez un peu. Ils sont confus parce que insensées, ils Font essayé en vain, et ils ont été con- j.’ ai toujours espéré; ils sont venus jusqu'à fondus eux-mêmes. En voyant sa douleur, ils ont été couverts de confusion. Ses amis moi et ils ont été couverts de confusion. Vous ejus detestata est omn, et desorens velociter quos ad ima detapsos a se præterierunt me, sicut torrens qui raptim transiit terre n lis more stispirat. Timebam minime peccata perpolrare, et nnne in convallibus. Qui timent pruinam, irruet super crucior quasi maxima perpetrassem. Diem affHctionis suœ recordatur in bis vomeulis. eos nix; tempore quo fuerint dissipati peribunt, sicut calore solis solvilur nix, ita gloria ejus non coraparuit. Yirtus et ut incaluerint, solventur de loco suo. Et invo- onimi suppliuiis iuvoluta. incasMim Jaborant, qui lutæ semitæ gressuum eorum; ambulabunt in periluri sunt. Provincia. vacuum, et peribunt. Considerate Themam, et Proviucia de qnibus ad enm populus oonfluxit. dura nie itinera Saba. Et exspectate paulisper; confusi stultis increpationibus od dusperationom Ücctoi’â nequeuot, ipsi con- funduutur. Videntes dolorem ejus, vultus suos pu- sunt, quia speravi. Yenerunt quoque usque ad dore texorunt, me, et pudore cooperti sunt. Nu ne venistis, et EXPOSITION INTERLINÉAIRE DU LIVRE DE JOB. craignaient pour eux-mêmes de plaies semblables, ne faites que de venir, et aussitôt que vous voyez la plaie dont j’ai été frappé, vous Comme s’iJ disait : Vous ai-je demandé quel- en avez de l'horreur. Vous ai-je dit : Appor- ’que chose, ai-je eu besoin du secours de votre force, tez-moi quelque chose ou donnez-moi de pour que vous me traitiez en pauvre et en indigent? votre bien? ou délivrez-moi de la main de celui qui m’afflige et tirez-moi delà main des Repreuez-moi, si je mens, et je me tairai forts? Instruisez-moi, et je me tairai, et si étant convaincu de mensonge ; et si j'ignore quelque j’ai fait quelque faute par ignorance, faites- chose, votre devoir est de me tirer de mon erreur. Bien le-moi connaître. Pourquoi formez-vous des qu’Eliphaz seul ait parlé encore, Job a compris que médisances contre des paroles de vérité, l’esprit des autres est le même, et il parle également de puisque nul d’entre vous ne peut me repren- tous. Le discours d’Eliphaz est plein dre avec justice? Vous ne vous étudiez dans des accusations les plus mordantes, vos discours qu’à trouver des moyens d’ac- ïls disent volontairement des clio- cuser les autres, et vous ne faites que parler ses vaines. 11 est abandonné de tous les siens comme en l’air. Vous vous jetez sur un homme aban- un orpholiu. Par la raillerie et la donné comme un orphelin, et vous vous effor- médisance. Par les cez d’accablervotre ami. Mais achevez ce que amici aui similem rnioarn plagarum tinaebant eibi. Ac si dicoret : Num- modo videntês plagam meam timetis. Numquid quid aliquid vos petii, ant furtitudino veslra indigui, ut subsaunaiis dixi : Afferte mihi, et de substantia vestra donate me quasi iuopeun et pauperem? mihi? vel Liberale me de manu hostis, et de Rodarguite me, si mnntior, manu robustorum eruite me? Docete me, et ego et tacebo convictus, et si quid aliud ignora, rustrum est errant ern c-or- tacebo; et si quid forte ignoravi, instruite me. rigere. Licol adliuc Eliphaz uqus locutus esset, tameu aiiorum meus Quare detraxistis sermonibus veritatis, cum e eadem obtiuuit, idoo pluraliter de omnibus dixit. Alordacis- vobis nullus sit qui possit arguere me? Ad in- simis incrcpaiionibiia aermo prœfati repie tus est. venu lo- crepandum tantum eloquia concinnatis, et in ven- outi suût propria voluntate. Deaertus est ut pupillus a suis omnibus. tum verba profertis. Super pupillum irruitis), et per irrisionem et subsannationem, subvertere nitimini amioum vestrum. Verumta- per sermoncs Eliphaz, ^corde intelligile men quod cœpistis explete. Præbete auretn, et 409 paroles d’Eliphaz. Comprenez en votre cœur vous avez commencé. Prêtez l’oreille , et que je ne meus pas. Ne vous étudiez pas à des voyez si je mens. Répondez, je vous prie, contradictions qui engendrent les querelles, et quand sans contention, et en parlant jugez des choses aucune ombre d’animosité ne troublera la vue de votre selon la justice. Alors vous ne trouverez point esprit, vous pourrez vous pronoucer eutre vous et moi d’iniquité sur ma langue, ni de folie dans ma conformément à la justice. bouche. CHAPITRE VII. Les hommes de Dieu combattant contre les vices. La vie de l’homme sur la terre est mili- Comme tante, et ses jours sont comme ceux du mer¬ les esclaves et les mercenaires aspirent au salaire de cenaire; comme l’esclave désire l’ombre, et leur servitude et de leur travail, ainsi ceux qui tra- comme le mercenaire soupire après la fin de vaillent pour Dieu attendentles récompenses éternelles, son travail, ainsi j’ai eu des mois vides, et j’ai (De la rétribution dans le temps), compté en moi-même mes nuits de travail. 11 indique en ces mots la persistance des douleurs, le Si je dors, je me demande quand viendra désir qu’il avait de changer de temps pour trouver un l’heure du lever; dès le matin, j’attends le soulagement à ses maux ; le jour il soupirait après la soir, et je suis abreuvé de doùleurs jusqu'à quod non mentiar. Non sit eontrndiccndi studinm, quod contentionis videte an mentiar. Respondete, obsecro, absque général moibum, et ita demain uulla animosilutis caligine porturbati contentione, et loquentes id quod justum judi- poteritie inter me et vos quod juUinn est judicure. cate; et non invenietis in ore meo iniquitatem, nec in faucibus meis stultitia personabit. CAPUT VIL Humilies Dei dimieanies coutra vitia. Militia est vita hominis super terrain, et sicut quomodo sorvi et mer- dies mercenarii dies ejus; sicut servus desiderat cenurii eervitiitis et laboris sui mercedtVni deniderarit, ita pro Deo la- umbram, et sicut mercenarius præstolatur finem borantes præmiu exspectant æterna. (De retributioue in ataéulo.) Id bis. veibis sedulilatuiu dolor.um indieàt, et ad res- operis sui, sic et ego habuianensés vacuos, et pirationem dolorum, mutntionem tompornm desiderâsse, et diem in noctes laboriosas enumeravi mihi. Si dormiero, noete, et noctem in die quœsisse. quando consurgam? et ruisuui exspectabo ves- SAINT JÉROME. 410 nuit, et la nuit, après le jour. Le diable l’a frappé de la venue des ténèbres. Ma chair a été revêtue cet ulcère depuis la plante des pieds jusqu’à la tête, de pourriture et des souillures de la pous- C’est dire : Je suis tout entier changé en pourriture, sière. Ma peau desséchée s’est contractée; Il compare la caducité de la chair aux Gis de la toile, mes jours sont passés plus vite que la toile Je n’ai point mis l’espérance de mou âme eu la vie n'est coupée en dessous par le tisserand ; ils présente. Elle est semblnble au vent qui passe, parce ont été détruits sans aucune espérance. Sou¬ que déjà ma force d’esprit et ma perspicacité sont pas- venez-vous que ma vie est semblable au vent, sées à cause de la douleur. Quand il parlait ainsi, il et que la prospérité ne reviendra plus pour ignorait qu’il dût revenir à la gloire. Nul ne me verra mes yeux, prospérité dans laquelle aucun plus dans cette gloire que je possédais autrefois. Je ne puis soutenir homme ne me verra plus : vos yeux se sont votre regard irrité, arrêtés sur moi, et je ne puis en soutenir la A l’instar d’un nuage, l’homme sera réparé colère. Gomme la nue s'évapore et passe, vec la poussière de la terre dont il est fait. Il ne ainsi l'homme descendu sous la terre ne re¬ monte pas dans l’incorruption, mais il est vêtu d’im- montera plus; il ne reviendra plus ensuite mortalité. Le souffle vital d’ici-bas, ne reviendra plus dans sa maison, et la place qu’il occupait ne dans son corps, ni dans l’homme transformé la ma¬ nière de vivre en ce monde. Je dirai les le reconnaîtra plus. C'est pourquoi je ne mo- peram; ctreplebor doloribus usque ad tenebras. isio vuluere percussus est a diabolo u pluuta pedis usque ad rertieem ; Induta est caro mea putvedine, et sordibus pul- hoe est, tolus eonipiitnd. veris. Cutis mea aruit et contracta est; dies mei fragilitatein carnis telarmn fïlis compnravit. velocius transierunt quani a texente tela succi- mentis fiilucinni in prœsenti vila non posni. Vento prœtereunti ditur; consumpti sunt absque ulla spe. Memento similis est, quia mine jaui præleriit spiiittis mous præ dolore, mentis quia ventus est vita mea, et non reverletur ocu- intuitus. Quando hæc diecbat, ignorabat se reviu’Mirmu ad gloriam. Non aapioiet mo bomo io ea glo- lus meus ut videat bona; nec aspiciet me visus ria, qua auto fui. Iracimdimn visionis tua* sustinere non possum. Homo hominis : oculi tui in me, et non subsistam. Sicut in morom nnliis do pulvere terne repuvabilur. Nod oscendit in încor- consumitur nubes, et pertransit; sic qui descen- rnptionum, sod immnrtnlit ite indnittir. dent ad inferos, non ascendet, nec reverletur maux que m’a causé l’énormité de mes peines, et je dérerai point ma bouche : je parlerai dans la parlerai avec amertume à cause de l’angoisse de mes tribulation de mon esprit; je m'entretiendrai souffrances. Comme s’il disait : avec l'amertume de mon âme. Suis-je la mer La mer et ses monstres, les injustes et les impies avec ou un colosse, que vous m’ayez entouré d’une leur chef le malin esprit, comparé à bon droit à un colosse marin, méritent, et non moi, d’être enfermés dans leur prison. Il appelle prison l’ensemble des souf¬ frances. Si dans mes douleurs je cher- prison ? Si je dis : Mon lit me consolera et che le repos, et si, étendu sur ma couche, je cherche je serai soulagé en m’entretenant avec moi- en mes méditations un soulagement à mes maux. Il dit que ces songes même sur ma couche; vous me terrifierez lui viennent du Seigneur, parce que le Seigneur a par des songes et vous me frapperez d’hor- permis de les lui infliger. Comme s’il disait : J’aime reur par des visions. C'est pourquoi mou mieux, dans ces douleurs intolérables, me résoudre âme a choisi la pendaison et la mort pour au suicide, que de blasphémer contre votre majesté divine. Parce que j’ai dit ce que je ne devais pas mes os. J’ai désespéré, en vain vivrais-je dire, ou bien, j’ai renoncé au bien de la vie présente à cause de mes paroles. Que mes supplications vous apaisent, de désormais. Epargnez-moi, car mes jours ne peur que je ne sois réservé au châtiment là où les jours sont sans fin. Il proclame humblement les bontés de sont rien. Qu’est l’homme pour que vous le spiritus in corpus sumn. piœtoiita nrmndi conversatjo iu ultra in domum suam; neque cognoscet eum lu>.,iiuG iinmutüto, qnœ uiilii eiionniîus amplius locus ejus. Quapropter et ego non par- pœnurum generavit dicum, et cnm amaritndine loquar. cam ori meo : loquar in tribulatione spiritus mei; prie anguslin pœrmnnn. confabulabor cum amaritudine animæ meæ. Ac si diceret : Mare et ceins, iniqni ot impii, oornmque duetor mali- gnus spiritus, recto animal murimim. inenr- Numquid mare sum ego, aut ce tus,, quia cir- eere qonBtringunlur, non ego. Omnem pœiiannn dolorem onreorem dicit. Si io doloribus ad quienceudmn me, cumdedisti me carcere? Si dixero : Gonsolabitur eonverlo. levabor strati solntio, nd relevnndos quo- me lectulus meus, et relovabor loquens me cum que dolores mcos mecum illic volucro loqui. a Domino lioo pnti dîeebut, quia r|iübolns a D'i- in stratu meo; terrebis me per somnia et per mino pormissus eBt ilia irrogare ei. Ac si diceret : Sntius milii est pro visiones horrore conculies. Quamobrem elegit EXPOSITION INTERLINÉAIRE DU LIVRE DE JOB. Dieu pour lui. Pour que vous preniez de lui uu soin glorifiiez et pour que votre cœur se tourne plein de sollicitude? Après les ténèbres de l’ignorance, vous vers lui ? Dès le matin vous le visitez, et vous lui dounez la lumière de la connaissance de Dieu, vous qui connaissez les cœurs des hommes. Délivrez-moi-dc ces le soumettez h l'épreuve. Jusques à quand ne maux que je souffre par votre permission. Il était, entre bien d’au- m'épargnerez-vous pas, et ne me laisserez- tres maux, affligé de dette maladie. En di- vous point le loisir d'avaler ma salive? J’ai santee que je no devais pas dire. A vous, la justice et péché; quelle réparation vous donnerai-je, ô la science mêmes, quelle pénitence puis-je offrir? Pourquoi m'avez-vous per- gardien des hommes? Pourquoi m’avez-vous mis de vous répondre comme je l’ai fait? Un juste ne mis en lutte avec vous, et suis-je devenu à doit pas souffrir des maux tels que ceux qui m’ont poussé à vous répondre ce que je ne devais pas, car la créature ne doit jamais parler contre le Créateur. Evidemment les douleurs charge à moi-même? Pourquoi n’ôtez-vous qui me poussenL au péché, moi qui avais été juste point mon péché, et ne me délivrez-vous pas jusqu’à présent. Comme s’il faisait entendre cette de mon iniquité? Je dormirais dans la pous- pcenarum offlietiono de moa morte cogitare, qiiarn tuæ mojestati blas- phemrnm iirogaro. suspendium anima mea, et mortem ossa mea. Quia diceham qtiro non debili. sive prœsuniis vilœ bona deserui pro sermon e quem dixi. Obscerouti Desperavi, nequaquam ultra jam vivant. Parce esto plaoabilis, no illiu ubi dies sine Gne sunt, inycniar puniendus. Pietatem Dei dirca euin mihi, nihil eniin sunt dies mei. Quid est homo, bumilitor conGtetur. circa eum sollicitam curum impendas ? quia magnificas eum; aut quia ponis erga eum Post tenebras ignornntiæ, divina cogniliono illustras ; cor tuum? Visitas eum diluculo, et subito probas qui corda liominum scis, Ab lus pœnis quas pormissione tua patior. bou enim babeat ilium. Usquequo non parcis mihi, nec dimittis inter coïtera mala dolorum. Loqueus quæ nou mihi [Vulg. me] ut glutiam salivam meam? Pec- debui. Tibi utique, qui justns es, quid emendationis oflevo ? qui om- cavi; quid faciam tibi, o custos bominum? uia nosti. Quaro dediBti mihi copiai» respondendi ut dixi ? juBtus non debet talia Quare posuisti me contrarium tibi, et factus sum pâli, qui tibi respondi quæ non début, quia crealura contra Crentorem mihimetipsi gravis? Cur non tollis peccatum 411 plainte : Ici-bas je souffre la mort de la chair, mais je redoute une condamnation plus terrible encore. Le matin de la résurrection, sière, et si vous me cherchiez le matin, vous ne me trouveriez pas. CHAPITRE VIII. Baldad est offensé de ce que Job a dit qu’il avait ôté un roi plus puissant que les autres rois. II dit : Alors Baldad de Suth prenant la parole, dit jusques à quand , pour montrer que Job est incapable h Job : Jusques à quand direz-vous toutes ces désormais de prononcer des paroles d’édification, choses et votre bouche proférera-t-elle des paroles qui sont comme un vent impétueux? La justice de Dieu n’inflige qu’à un coupable des châ- Dieu est-il injuste dans ses jugements et le timents comme ceux que vous supportez. Tout-Puissant renverse-t-il la justice ? Quoi¬ que vos enfants après avoir péché contre lui, Il les a livrés aux ministres de scs châtiments, aient été livrés à la juste peine de leur ini- Ccla ne peut vous nuire en rien, si vous vons quité; pour vous néanmoins, si vous vous levez pour sortir des ténèbres de vos erreurs et aller empressez d’aller à Dieu, et de conjurer par à la connaissance de Dieu. Si vous êtes pur vos prières le Tout-Puissant; si vous mar- loqui non débat. Dolores u tique per quos pecearo eompellor, qui eram hactenus justus. meum, et quare non aufers iniquitatem meam? Ac si deploret dieons : lu præsenti quidem mortem oarnis patior, et ta- Ecce nunc in pulvere dormiam, et si mane me inoo odhuc ertmorcm sententium poitimesco. In matutino resurrectionis. quæsieris, non subsistam. GAP UT VIII. Ofleusus est Baldad, quia dicebut, J ub quoi) iu regno l'uisset cœ.- teris rogibus præpoteutior. Qui ouiui Us- Respondens autem Baldad Suites, dixit : Us- quequo diuit, quia ædiGcattonis verba jnm portare non possit, ostendit. quequo loqueris. talia, et spiritus multiplex ser- Justitia Doi niai roo tulia pœn;«li« non inscrit, monis oris tui? Numquid Deus supplantai judi- qualia tu sustiues. cium? et onmipotens subvertit quod justum est? in vindiutam suis Etiamsi filii tui peccaverunt ei, et dimisit eos in facioutibus malis dimisit eoe. -Tibi in nullo nocore poterit, sj de er- manu iniquitatis suæ. Tu tamen si diluculo sur- ronim tenebris ad agnitionem diviuœ juslitiæ cousurruxeris. rexeris ad Deum, et omnipotentem fueris depre- SAINT JÉROME. 4.1 2 de cœur et de bouche, il s’empressera aussitôt de ré- chez devant lui avec un cœur pur et droit, il parer votre prospérité. Il déli¬ se lèvera aussitôt pour vous secourir, et il vrcra votre corps de la lutte des souffrances, récompensera votre justice par la paix qu’il Les richesses avant les maux qui l’ont frappé compa¬ rées h la gloire qui suivra vos maux. Ces paroles s’ap- fera régner dans votre maison. Il augmentera pliquent à ceux qui font pénitence, de telle sorte tout ce que vous avez eu de grandeur jusqu'alors, que votre premier état ne paraîtra rien en comparaison du second. Interrogez le souvenir de ceux qui ont vécu dans les Interrogez les races passées; consultez avec temps reculés, et vous reconnaîtrez que les uns ont péri par le déluge, les autres par le feu du ciel. Car notre vie soin les histoires de nos pères; car nous ne n’a ni un long passé, ni une longue durée, sommes que d'hier au monde, et nous igno- Nous séjournons rons beaucoup de choses, parce que nos jours peu sur la terre. Que s’écoulent sur la terre comme l'ombre. Et les méchants ont eu ici-bas des morts diverses, nos ancêtres vous enseigneront ce que je vous Assurément les dis : ils vous parleront et vous découvriront actions des hommes d’autrefois. 11 parle ici ouver- les sentiments de leur cœur. Le jonc peut-il tement de Job. C’est ainsi que vous n’avez pu croître dans verdir sans humidité, ou peut-il croître sans si fueris corde et ore mendus, statim ad reparationem fe- catus : si munduset rectusincesseris, statim evi- Iicitatis tu» instubit. qnietuma pœnariiixi belle corpus tumn dimitiet. gilabit ad te, et pacatum reddet habitaculum diviliœ auto plugaon, ad cnm- justitiæ tuæ. Intantum, ut priora tua fuerint parationem gloriæ post plngaro : hœc anlem pceniteniibns convcniuot. parva, et novissima tua multiplicentur nimis. Memoriam quœre ab his, quorum vîta Ioogior est, et cognosces quod Interroga enim generationem prîstinam, et dili- alii dihivio, alii milphnre perierunt. Non est olim quoi vivimus, etdiu. genter investiga patrum memoriam. Hesterni quippe sumus, et ignoramus, quoniam sicut um- uou 8ubsi»timus. Quod iniqui in prrc- bra suiît dies nostri super terram. Et ipsi doce- senti sæculo diversam mortem Iiabebant. gesta utique homimun prœte- bünt te, loquentur tibi, et de corde suo profèrent ritoruo). Nunc aperte de Job dicit. ita et tu absquo juatitia eloquia. Numquid vivere potest scirpus absque votre ancienne prospérité. Il fait un reproche au saint homme Job d’avoir eau ? À peine est-il dans sa vigueur, que sans mérité de périr avant les pécheurs, comme une herbe qu’on le cueille, il sèche plus tôt que toutes qui se dessèche eu été. Parce que Dieu voit le fond de tous les les herbes. Telle est la voie de tous ceux qui cœurs. Ceux qui feignent la sainteté do la oublient Dieu; et c'est ainsi que périra l’es- vie périront. L’hypocrisic est compa- pérance de l'hypocrite. Il sera forcé h la ün rée à la folie. Le moindre de condamner lui-même sa folie, et ce qui souffle de vent rompt cette toile, fait sa confiance ne sera que comme une toile En se confiant à lui-même. d’araignée. Il voudra s’appuyer sur sa mai- II ne peut son, et elle n’aura point de fermeté; il fera s’élever par ses propres moyens, parce que le Seigneur des efforts pour la soutenir, et elle ne sub- n’est pas sa force. Il paraissait ferme dans la prospérité sistera point. Il est comme une plante qui a et il e?t brisé par les tribulations. Au début, le succès quelque fraîcheur avant que le soleil se lève, lui semble fidèle, mais c'est pour peu de temps, et qui pousse sa tige aussitôt qu’il est levé. Là, privé de la sève de la vie, il mourra sans porter le Ses racines se multiplient dans un tas de fruit des œuvres. Il sera rangé parmi les cœurs durs, sa vie ressemblant à une pierre, pierres, et elle demeure ferme au milieu des in pristioa follcitnte permaoere oon potuisti. huinore? aut crescit carectum [Vuîg. crescere Sicut Iierba io œstate nreacit,iUi snne- biblus] sine aqua? Cum adhuc sit in flore, nec tum Job exprobrat metito suo ante peceutore» perire. carpatur manu, ante omnes herbas arescit; sic quia omnia Deus iatrospicit, Poribmit »i- via omnium, qui obliviscuntur Deum, et spes milantes sanctimoninm vitæ. simulatio vecorJiæ comparatur. hypocritæ peribit. Non enim ei placebit vecordia Quæ utique temii aura: (lamine eorrumpitwr. Conûdendo sua, et sicut tela aranearum fiducia ejus. Innite- in seipao. propriis viribus noo oousurgit, tur super domum suam, et non stabit; fulciet quia Dora in us non est fortitudo ejus. Tribulotionibua frangitur, qui in eam, et non consurget. Humectus videtur ante- prosperitutc stare videtur. In principio prospéré agare videtur, sed quam venîat sol, et in ortu suo germen ejus non permonet. Illic non habendo humorem vilœ, morietur sine fructu egredietur. Super acervum petrarum radices ejus 41 3 EXPOSITION INTERL1NÉA.IRE DU LIVRE DE JOR. C’est-à-dire de ce mondo, C’est-n- cailloux. Si on l’arrache de sa place, le lieu dire, Dieu. même où elle était. la renoncera et lui dira : A cause de vos méchants artifices. Je ne vous ai jamais connue. C'est donc là à Parole ironique. quoi se réduit toute la prospérité de l’hypo- A la place de l’impie qu’il rejetle, Dieu Buscite crite ; il se sèche sur la terre, afin que d'autres le juste. Il jette un regard prennent sa place. Mais Dieu ne rejettera d’amour sur les humbles. H ne portera point point celui qui est simple, et il ne tendra point secours. Assurément aux malins esprits. Il in- la main aux méchants, jusqu’à ce que la joie Jique la joie du cœur. Le chant se répande sur votre visage et les chants du triomphe. Los pécheurs et les d'allégresse sur vos lèvres. Alors ceux qui démons. vous haïssaient seront couverts de confusion, Ceux qui aiment le monde et qui sont subitement en¬ levés do la vie. et la maison des impies ne subsistera plus. CHAPITRE IX. Baldad avait reproché au saint homme Job de se Job répondit à Baldad : Je sais assurément flatter d’être saint et innocent, et c’est sur ce point que que cela est ainsi, et que l’homme, si on le oporum. vitas similitudine inter ducos corde reputabitnr. densabuntur; et inter lapides commorabitur; si de præsenti sœculo. Iloc est, Deus. absorbuerit eum de loco suo, negabit eum, et Per artes iniquas. Per ironiam dietnm legitur. dicet : Non novi te. Hæc est enim lætitia viæ Prnjecto onim iinpio, jnstns snseiiutur. ejus, ut rursum de terra alii germinentur. Deus hnmiles euim aspicit, non riabil nuxilium ntiqnc api- non projiciet simplicem, nec porriget manum riiibtii. lœtitiam cordis indicat. vocem ex- malignis, donec impleatur risu os tuum, et labia Biiltalioais. peccalores et dmmnnts. tua jubilo. Qui oderunt te, induentur confusione, Quia am&toree mundî repente subtrabunliir de ececulo. et tabernaculum impiorum non subsistet. CAPUT IX . Notaverat Baldad sanctum Job, quod aibi de sanetitate et innoeentia Respondens Job, ait : Vere scio quod ita sit, Job commence de lui répondre : La justice de Dieu ré- compare avec Dieu, ne sera point juste. S'il compense celui qui lui est soumis, et celui qui dispute avec lui la perd. Il parle ici de l’homme veut disputer avec Dieu, il ne pourra lui ré- en général. pondre sur une seule chose de mille que Dieu pourra lui objecter. Dieu est sage et Qui s’est miB en lutte contre Dieu, et tout-puissant; qui lui a résisté et est demeuré ne s’est point attiré les coups de sa colère? Les superbes en paix? C'est lui qui transporte les monta- et les orgueilleux, qui ne connoissant pas Dieu, ont été gnes, et ceux mêmes qu’il renverse avec elles renversés à cause cle leur incrédulité. Le peuple dans sa fureur ne s'en aperçoivent pas. C’est juif de sa patrie. lui qui remue la terre de sa place et qui fait Les Prêtres ou les Juges. A la venue de que les colonnes sont ébranlées. C'est lui qui la nuit. commande au soleil, et le soleil ne se lève A la venue du jour. point; et qui tient les étoiles comme enfer- II montre en ce passage la mées sous le sceau. C'est lui qui a formé seul puissance du Créateur. la vaste étendue des cieux, et qui marche Dans ces étoiles, il iu- sur les flots de la mer. C'est lui qui a créé dique que toute la milice des astreB obéit an gouver¬ nement de Dieu. les étoiles de l'Ourse, deTOrion, des Hyades, blendiretiu’ ; et ab hoc ita oî Job inetpît respondere : supposons Deo quod non justifïcabitur homo compositus Deo. justitiam recipit, compositus amiltit. Si voluerit contendere cum eo, non poterit pvo univeraitate liominmn pouit. respondere ei unum de mille. Sapiens corde est, quis eoiitra Dominmn agena, non eibi bel lu m et fortis robore, quis restitit ei et paeem habuit? irtc ejns oommovii? Snperbi et elatœ mentis, qui nescienies Deum, pro Qui transtulit montes , et nescierunt hi quos iufidelitate subvorsi aunt. Judæorutn plebem de patria sua. subvertit in furore suo. Qui commovet terram de Saccr Jotos, vol Judiees. loco suo, et columnæ ejus concutiuntur. Qui adveniente nocto. adveniunie die. præcipit soli, et non oritur; et stellas claudit In hia potenliam Creatoris ostomlit. quasi sub signaculo. Qui extendit cnelos solus, et ln his stellis indicat omoem graditur super fluctus maris. Qui facit Arcturum, 414 SAINT JÉROME. Les chœurs des Anges qui sont le plus près de Dieu. Aucun et celles qui sont plus proches du midi. C'est des siècles passés ne soupçonne que l’homme, terre et lui qui fait des choses grandes et incompré- cendre, pût être agrégé à la société des Auges, hensibles, des choses miraculeuses qui sont Avec les yeux du corps, parce qu’il sans nombre. S'il vient à moi, je ne le verrai est esprit.. S’il ne se rend pas présent lui-même, point; et s’il s'en va, je ne m'en apercevrai S’il nous appelle soudain en jugement, la eréa- pas. S’il interroge tout d’un coup, qui osera tore sera saisie de frayeurs lui répondre? ou qui pourra lui dire : Pour- La colère est l’emblème de quoi faites-vous ainsi? C'est un Dieu à la co¬ la sévérité. Ceux qui 1ère'» duquel nul ne peut résister; et ceux ont les soucis du siècle présent, sont courbés parce mêmes qui gouvernent le monde sont cour- qu’ils fléchissent. Que sont les paroles d’un ver et d’un bés sous lui. Qui suis-je donc, moi, pour lui peu de poussière auprès du langage divin? parler et pour oser lui répondre ? Quand il y Je ne aurait en moi quelque trace de justice, je ne me glorifierai pas de ma justice, mais je supplierai mon répondrais point, mais je conjurerais mon juge de m’être propice. juge de me pardonner. Et lors même qu'il Il parle du jugement aurait exaucé ma prière, je ne croirais pas dernier, où les élus eux-mêmes trembleront, qu'il eût daigné entendre ma voix. Car il me Il faut en- brisera quand il lui plaira, comme d'un coup tendre le diable. Le diable mesure la peine aux de foudre, et il multipliera mes plaies sans démérites. L’inquiétude en que j'en sache même la raison. Il ne me laisse est la cause. pas seulement respirer, et il me remplit d'a¬ il l’a déjà dit : Nul ne peut résister à sa mertume. Si l’on implore quelque puissance, colère. il est tout-puissant; si l’on appelle à la justice d'un juge, il n'y a personne qui osât Parce que Dieu connaît toutes choses. Parce que nul ne rendre justice en ma faveur. Si j 'entre¬ vit sans corruption dans la chair, prends de me justifier, ma propre bouche me Si je me crois innocent. condamnera; si je veux montrer que je suis innocent, il me convaincra d'être coupable.. ParcequeDieu Quand je serais juste et simple, cela même le sait mieux encore. A cause de l’affliction de mes me serait caché, et ma vie me serait à charge maux actuels. à moi-même. Tout ce que j’ai dit se réduit à En l’éprouvant. ce principe : Dieu afflige le juste aussi bien militiam astronim nd Dei regimen pertinere. lnleriores Angelorum et Oriona, et Hyadas, et interiora austri. Qui facit clioros. Nul lift quidem rétro sæeulis snspieabile fuit, ut liomo, terra et magna et incomprchensibilia et mirabilia, quo- cinis, Angelorum cœtibua aggregetur. Non vidubo corporalibns ocnlia, rum non est numerus. Si venerit ad me, non vi- quin spiritua est : si meæ præsentin* non so prœbet. Si subito pro- debo; si abierit, non intelligam eum. Si repente vocat nos ad jndicium, crealnra coiitrcmiaeet. interroget, quis respondebit ei? vel quis dicere Per iram severilas demonstratur. potest, cur facis? Deus cujus rcsistere iræ nemo Qui enraa præscntis særuli tolérant, curvontur defieiendo. potest, et sub quo curvantur qui portant orbem. Quantus ergo suin ego qui respondeam ei? et Quid verba vermift et eineris ad divina eloquia ? loquar verbis meis cum eo? Qui etiamsi habuero non de roea jnstitia gloriabor, sed meurn quippiam justum, non respondebo, sed meum judicem deprocabor ut propitius sit, judicem deprecabor. Et cum invoeantem exau- De futnro judieio loquitur, îd qno et eleiti trcpidabnnt. dierit me, non credo quod audierit vocem meam. Diubolus inUilligitiir. In turbine enim conteret me, et multiplicabit super mei'ita rlinhf'lus mldit pœnarn, Prœ quœdam œgiilu- vulnera mea etiam siue causa. Non concedit re- diae boe ei uceidit. quiescere spirilum meum, et implet me amari- Ut supra dieit : Cujus iræ rcsUtero nemo potest. tudinibus. Si fortitudo quæritur, robustissimus quia i Ile oinnia novit. est. Si œquitas judicii, nemo pro me audet testi- Qnia siue corruptione nemo in earno vivit. monium dicere. Si justificare me voluero, os si me ioncxium deputo. meum condemnabit me; si innocentem osten- quiu ille magis novit. dere, pravum me comprobabit; et si simplex pro afïlb'tionô fuero, hoc ipsum ignorabit anima mea, et tæde- 415 EXPOSITION INTERLINÉAIRE DU LIVRE DE JOB. En le punissant. que l'impie. S'il frappe de plaies, qu'il me Qu’il ne permette pas que le tue tout d'un coup, et qu’il ne se rie pas des diable s’en rie. La chair au démon, peines des innocents. La terre est souvent Il obscurcit livrée entre les mains de l’impie, et alors il leur sagesse, afin que les juges de la terrre ne con¬ naissent pas la vérité. Dieu couvre d’un voile les yeux des juges; si ce seul est victorieux de ses ennemis. Les jours de ma n’est pas lui, qui est-ce donc? Les jours de prospérité. ma vie ont passé plus vite qu'un courrier ; La récompense des mé- ils se sont évanouis sans que j’y aie goûté rites. Celui qui transporte des fruits aucune douceur. Ils ont passé avec la même porte des aliments pour les autres, et n’a que Todeur pour lui. vitesse que les vaisseaux qui portent du fruit, Ainsi mon^bonheur a fui. Il se reproche et qu’un aigle qui fond sur sa proie. Lorsque de parler imprudemment de choses obscures, je dis en moi-même : Je ne parlerai plus pour Je m’abandonne à d’amères plaintes me plaindre, je sens que mon visage change sur mes tristesses. Parce aussitôt et que la douleur me déchire. Je prœsentia plagre. bit me vitæ meæ. Unum est quod locutus sum, huac probnndo, ilium puniuado, et innocentera et impium ipse consumit. Si fla- diubolum ridere non gellat, occidat semel, et non de pœnis innocen- patialur. Caro ejus adversario. aopien- tum rideat. Terra data est in manus impii, vul- tiam obumbmt j ne agnoacant judices terne voritatem. Dens soins ad- tum judicum ejus operit. Quod si non ille, quis verdarios vincit. Pies folicitatis ineæ, ergo est [Al. esset]? Dies mei velociores fuerunt meritornm retributionem. Qui cursore; fugerunt et non viderunt bonum. Per- transierunt quasi naves poma portantes, sicut porna portât, aliis cibum vehit, et sibi odore tantum utilur. Ita félicitas mea reccssit. Repreliendit se incante de obscuris aquila volans ad escam. Cum dixero : Nequa- loqni. Tiistis amarittuUois verba depromam. quam ita loquar, commuto faciem meam, et do- Qnoniam omnia incerta servabnntur in fntnro. lore torqueor. Verebar omnia opéra mea, sciens que tout est incertain jusqu'au jugement à venir, tremblais à' chaque action que je faisais, sa¬ chant que vous ne pardonnez pas à celui qui C’est-à-dire: Si vous voulez, me scruter à fond, pèche. Si après cela je passe pour un mé- vous me trouverez impur, chant, pourquoi aurais-je travaillé en vain? Quand j’aurais l'éclat ou de l’innocence, ou de la grâce ; Quand j’aurais été lavé dans de l’eau de neige, parce que, tant que nous sommes revêtus de cette cor- et que la pureté de mes mains éclaterait, votre ruption, nous ne sommes pas pleinemeut purs, lumière, Seigneur, me. ferait paraître à moi- Mon corps m’a même tout couvert d’ordure, et mes vête- fait impur. ments m’auraient en horreur. Car je n’aurai Il est Dieu, je suis homme, pas h répondre à un homme semblable à moi Parce que le juge vaut mieux que celui qui doitêt&jugé. ni à contester avec lui comme avec mon égal. Qui peut accuser le Dieu puissant comme on accuse un Il n’y a personne qui puisse reprendre les homme injuste? Parce qu’il s’est montré Dieu et deux parties, ni mettre sa main entre les homme. Le lléau de la correction, deux. Qu’il retire donc sa verge loin de moi, et que sa terreur ne m'épouvante pas. Je pourrai vous répondre si vous me délivrez de ces Je parlerai alors sans l’appréhender; car dans Hoc cal, si ad plénum quod non parceres delinquenti. Si autem et sic mfl iavestigaro volueris, immundus inveniar. vel irmocen- impius sum, qaare frustra laboravi? Si lotus tiœ nitore, vol gratîœ. Quia qnamtlin bac corruptione indnimur, non fuero quasi aquis nivis, et fulserint velut mun- plônc mmuli sumns. dissimæ manus meæ, tamen sordibus intinges corpus meiim imuumdum me fecit. me; et abominabuntur me vestimenta mea. Ne- Ille L)«us est, ego liomo. que emm viro, qui similis mei est, respondebo. Quia judex melîor est eo, qui judicandng est. Neque qui mecum in judicio ex æquo possit au- Potentem Denm quis potest arguere quasi iniqunm? diri. Non est qui utrumque valeat arguere, et Quia ÎI in homo et Dons apparnit. plugam ponere manum suam in ambobus. Auferat a me castigationis. Tune virgam suam, et pavor ejus non me terreat. Lo- potero rospondero, si ha;c duo a me amoveas, id ost manum potestatis, quar et non timebo eum, neque enim possum et virgam castigationis. metuens respondere. 416 SAINT JIÎROME. deux, choses, c'est-à-dire, votre main puissante et la verge de la correcLion. la crainte où je suis, je ne puis répondre. CHAPITRE X. Ce passage a été commenté plus haut. Celui qui Ma vie m'est devenue ennuyeuse; je m’a- parle contre Dieu, parle contre lui-même, bandonnerai aux plaintes contre moi-môme; Que l’amertume soit la punition de tout jugement té- je parlerai dans l'amertume de mon âme. Je méraire énoncé par la parole. 11 parle ainsi dans la confiance qu'il a en sa justice, puisqu’il ne connaissait pas encore le jugement secret de Dieu. C’est-à-dire : dirai à Dieu : Ne me condamnez pas; faites- Montrez-moi pourquoi vous me châtiez ainsi en cette moi connaître pourquoi vous me tbaitez de la vie pour que j’aille en sécurité dans l’autre. Il ne parle pas affirmativement; il infirme au sorte. Pourriez-vous vous plaire à me livrer contraire, puisqu’il discute; la réponse, qui est né- h la calomnie, et h m'accabler, moi qui suis gative, est sous-entendue. 3 'ouvrage de vos mains ? Pourriez-vous favo- Des démons ou des amis de Job. riserles mauvais desseins des impies? Avez- Votre jugement n’est vous des yeux de chair, et regardez-vous les pas sujet à erreur, comme celui des hommes. Les choses comme un homme les regarde? Vos jours de votre éternité ont-ils une fin comme ceux des jours sont-ils semblables aux jours de l’homme hommes? et vos années sont-elles comme ses années, Pour rechercher avec le plus grand soin les motifs qui pour vous informer de mes iniquités, et faire voue amèneront à tirer vengeance de mes fautes. Pourquoi in- une exacte recherche de mon péché; et pour terrogez-vous mes fautes avec lee verges, puisque vous me connaissiez même avant de me créer ? Epargnez- savoir que je n'ai rien fait d’impie, n'y ayant moi, Seigneur, parce qu’aucune vertu n’est capable de personne qui puisse me tirer d'entre vos soutenir votre examen. Le mot mains fait entendre l’opération di- mains? Ce sont vos mains, Seigneur, qui vine, qui a tiré l'homme d’un peu de terre. 11 parle m’ont formé; ce sont elles qui ont arrangé contre ceux qui disent qu’il y a eu un Dieu créateur toutes les parties de mon corps; et voudriez- de l’âme, et un autre du corps, vous après cela m’abîmer en unv moment? Il montre la fragilité de la matière charnelle, et son- Souvencz-vous, je vous prie, que vous m'avez pire après la miséricorde du Créateur, fait comme un ouvrage d’argile, et que dans peu de temps vous me réduirez en poudre, Dans cette comparaison il montre que la divinité opère Ne m’avez-vous pas fait d’abord comme un la création de l’homme dans les entrailles de sa mère, lait qui se caille, comme un lait qui s’épaissit Vous m’abandonnez extérieure- et qui se durcit? Vous m'avez revêtu de peau CAPUT X. Do hoc rersicnlo dictum est snporins. Qui contra Tædet animant meam vitæ meæ; dimittam Dcnm Inqnitnr, adversus se loqniiur. AmnriLnJo puuiat adversum me eloquium meum. Loquar in ama- quidquid lingna per mentis jiidioium aconsat. lYo jnstitiœ suœ fiducia riludine animæ meæ; dicam Deo : Noli me con- Uoe dic;t, quia occultmu Dei judicium Donduni cognoacebat. Hoc est, demnare ; indica mihi cur meita judices? Num- quî bic ita punis, osloude mihi, ut illic securus vadam. Non confirmât quid bonum tibi videtur si calumnieris me, et hune sensnm, sed discutiondo et subnegando infirmât. Dœmoniorum, opprimas me opus manuum luarum, et consi- vel amicornm Job, lium impiorum adjuves? Numquid oçuli carnis Non errât judicium tunm, aient ho- [ Vulg . carnei] tibi sunl, aut sicut videt homo, et minnm. Numquid dies œternitatis titra fintuntur sicut hoininum? tu videbis? Numquid sicut dies hominis dies tui, mimmn stn- et anni tui sicut humana sunttempora, ut quæras dio requiras causas, qnibus do me ultioncm copias, iniquilatem meam, etpeccatum meum scruteris? Cur culpas incas verberibus interrogas, quem ncc prinsqnara condide- ris ignoras? Parce, Domine, quia Et scies quia nihil impium fecerim, cum sit nemo nul la rirtiis tibi valut obviaro. ïn manibus operatîonem qui de manu tua possit eruere. Manus tuœ fece- divinam intclligimns, quia liomo do limo plasmatns est. Contra eos di- runt me, et plasmaverimt me totum in circuitu ; rit, qui dicnnt ait or uni Dominum Creatorein animra, alterum corporis. Misericordiam Creaioris et sic repente præcipitas me? Memento, quæso, optât, fragilom carnis maluriaru ostenduns. quod sicut lutam feceris me, et in pulverem re¬ in hac similitudine oslendit, quod iu visceribus rna- duces me. Nonne sicut lac mulsisli me, et sicut trum creationem hominis divinitas operatnr. Foras me ad probationem caséum. me coagulasti? Pelle et carnibus vestisti 417 EXPOSITION INTERLINÉAIRE DU LIVRE DE JOB. renient à l’épreuve, mais, pour que je ne périsse pas, et de chair, vous m’avez affermi d’os et de vous nie conservez en m’affermissant intérieurement au moyen des vertus. C’est-à-dire l’êmc qui donne la vie aux hora- nerfs. Vous m’avez donné la vie et comblé de mes. Dieu visite, pour conserver par sa protection bienfaits; et l’être a conservé mon âme. Quoi- ceux qu’il visite. Vous nie l’avez accordée dés le corn- que vous teniez toutes ces choses cachées en mcncement, mais vous semblez me la tenir cachée, vous-même, je sais néanmoins que vous vous pendant que vous me laissez ainsi abandonné à tous les maux qui me brisent. Si j’ai parfois commis quelque souvenez de tout. Si j'ai péché, et si vous faute, et que vous ne l’ayez point punie, votre indul- m’avez épargné sur l’heure, pourquoi ne per- genee aurait dû se continuer. Si le pardon ôte la faute, mettez-vous pas que je sois au moins à présent comment ne l’a-t-îl pas effacée de votre mémoire? Si je suis juste, c’est tout purifié de mon iniquité? Si j’ai ôté méchant, comme si j’étais impie, puisque je porte le fardeau des malheur à moi; et si je suis juste, je no lè- peines qui sont dues à l’impie, verai point la tête, étant accablé d’affliction Vous assimilez un homme humble et de misère. Vous vous saisirez de moi à à la bête la plus féroce. cause de mon orgueil, comme une lionne Vous ajouterez les anciennes se saisit de sa proie, et vous me tourmenterez deseris, sed tamen iutus ne peroam virlutibus aslriugomlo custodis. U me, et ossibus et nervis compegisti me. Vitam est animara, quœ dat vilnm liominibus. Ot> hoc visitât Dois, et misericordiam tribuisti mihi, et visitatio tua lit visitatos protedioue custodiat. Qure mihi ah inilio conhilisli, sed custodivit spiritum meum. Licet hæc celes in eelare me ca videris, dmn mo ita usquequaque couteroudiim relin- corde tuo, tamen scio, quia universorum memi- quis. Si qnoodam nliqnod delictum commisi, ot ultionûin non quceaisti, neris. Si peccavi, et ad horam pepercisti mihi, debnit indnigentia pordnrare. Si culpam venia abstulit, cni' banc a mo- cur ab iniquitate mea mundum me esse non pa- moi’ia non detersit ? Si jnsLus aiim, idem est tamqunm impius suai, quia pondus teris? Et si impius fuero, væ mihi est : et si jus- prenanim, qiue impio debcotur, smlineo. tus, non levabo caput, saturatus afflictionc et Bestial forocissioaæ hommein humilom assimilas. miseria. Et propter superbiam quasi leænam ca- veteres pœnas novis adjicioo. pies me; reversusque mirabiliter me crucias, et Dimitlis adversarios sravire, qui teslüli sunt me digmim pœnnrum. instauras testes meos contra me. Et multiplions TOM. îv. peines aux nouvelles. Vous per¬ de nouveau d’une terrible manière. Vous pro¬ mettez aux adversaires, qui ont attesté que je méritais duisez contre moi des témoins, vous multi- des peines, de sévir contre moi. La vindicte, pliez sur moi les effets de votre colère, et je Les esprits malins exercent leur cruauté, suis assiégé de maux comme d’une armée. Il n dit de même au début : Pourquoi ne suis-je point Pourquoi m’avez-vous tiré du sein de ma mort dans le sein de ma mère ? mère? Plût h Dieu que je fusse mort, et que Il avait dit de personne ne m’eût jamais vu ! J’aurais été même plus haut : Comme un fruit avorté avant de naî- comme n’ayant point été, n’ayant fait que tre, je n’aurais pas existé. passer du sein de ma mère dans le tombeau. Je passe dans les tourments les jours de ma vie maïn- Lc peu de jours qui me reste ne finira-t-il tenant près d’être épuisés. Accordez-moi le repos. point bientôt? Donnez-moi donc quelque re- Délivré des peines méritées par mes péchés, ou lâche, afin que je puisse un peu respirer dans de la douleur de mes maux. Il a décrit la terre infernale, cela n’est ma douleur ; avant que j’aille, sans espérance douteux pour personne; non point qu’il doive aller à d’aucun retour, en cette terre ténébreuse la terre des ténèbres, puisqu’il a pleuré sa faute; mais couverte do l’obscurité de la mort; cette terre vindictam. inaligni crudelitatom iram tuam adversum me, et pœnre militant in excrcciH. Hoc jam et in principio dixit : Quaro non in vulva mortuus me. Quare de vulva eduxisti me? Qui utinam Kiim ? Do hoc et consumptus essem, ne oculus me videret. Fuis- pritu -dixit : Sieut uborimun ubscondilmn non sr.bjistercm. sem quasi non essem, de utero translatus ad tu- Dies vitæ meœ, qui nunc in brevi præteriti sunt, absque mulum. Numquid non paucitas dierum meorum tormentis non tranaigo. Ilequiem tiibue mihi. finietur brevi? Dimitte ergo me, ut plangam mérita delictorum, sivû dolorem pœnarnm. paululum dolorem meum, antequam vadam et Quod terram inferorum descripsorit nulii dtibium non revertar ad terram tenebrosam, et opertam est ; non quod ad terram tenebrosam, qui culpam deflet, iturus est, morLis caligine, terrain miseriœ et tenebrarum, sed quod ad hnoc procul dubio, qui plungere negligit, vadit. ubi umbra mortis, et nullus ordo, et sempiternus horror inhabitans. T SAINT JÉROME. 418 parce que celui qui néglige la pénitence va certaine- de misère et de ténèbres, où habite r ombre ment vers cette terre. de la mort, où tout est sans ordre, et dans une éternelle horreur. CHAPITRE XL Sophar répond à Job par des propos injurieux. Gomme s’il disait: Un ba- Sophar de Naamath parla ensuite de cette vard mérite-t-il qu’on le loue, lui qui se complaît dans sorte : Celui qui se répand en tant de paroles l’offense faite à Dieu par ses parules oiseuses ? n’écoutera-t-il pas à son tour? et suffira-t-il d’être un grand parleur pour paraître juste ? Il commence son attaque contre le saint homme Job, Faut-il que tous les hommes se taisent pour comme s’il allait dire de grandes et nobles choses, vous entendre seul? et après vous être mo¬ qué des autres, n’y aura-t-il personne qui Paroles calomniatrices et con- vous confonde ? Car vous avez dit à Dieu : Iraires à, la vérité et à la justice. Ma conduite est pure et je suis sans tache Par le mot parlât il a voulu in- devant vos yeux. Qu'il serait à souhaiter que diquer la voix de Dieu, comme s’il avait dit : Je com¬ patis à votre inexpérience plutôt qu’à vos souffrances. Qu’il vous don- Dieu parlât lui-même avec vous et qu’il ou- nât l’intelligence de son langage. Les jugements profonds et se- vrît sa bouche, pour vous découvrir les se- GAPUT XI. lste coûviciis cœpit loqni ad Job. Ac si Respondens autem Sophar Naamathites, dixit: dixisset : Numquid potest vir verbosn* landom Imbere, cum sit in of- Numquid qui multa loquitur, non exaudiet, aut fensîone oimiffi verbositatis otiosiia ? lia aggreditm' sanetmn Job, vir verbosus justiücabitur? Tibi soli tacebunt quasi magna et grandia sit dicturus. homines? et cum cæteros irriseris, a nullo côn- Ergo fahuDaiutoris boic verba tuint, non veritatem et futaberis? Dixisti enim : Purus est sermo meus, jirttitiam prosequontis. et mundus [ Vulg . mundus sum] in conspectu In ioquendo voeom Dei voluii indicare, ac si dioat : Impentiæ tuo. Atque utinam Deus loqueretur tecum, et tuas potins qnurn pceore corapalior. Vocis sme intelligentiam daret, Cordis cjna Rbdita ot remota judicia aperiret labia sua tibi, ut ostenderet tibi sécréta crets de son cœur, dans lesquels sa loi est multiple et crets de sa sagesse et la multitude des pré- iusondable; Vous comprendriez cela, si vous ceptes de sa loi, et pour vous faire compren- aviez rintelligence de vos jugemeuts. dre qu’il exige beaucoup moins de vous que De. môme que Dieu est ne mérite, votre iniquité. Prétendez-vous son- invisible, il est aussi incompréhensible, der ce qui est caché en .Dieu, et connaître Nous croyons parfaitement le Tout-Puissant? Il est plus que Dieu est partout et que toutes choses, qui ont été élevé que le ciel, comment y atteindrez- vous? créées par lui, sont contenues en lui. En ces mots, il dit que Dieu est partout, et il accuse Il est plus profond que l’enfer, comment pé- Job de critiquer le3 jugements de Dieu, parce qu’il nétrerez-vous jusqu’à lui ? La longueur de la souffre des peines qu’il a méritées, terre et la largeur de la mer nous étonnent; mais il s’étend au delà de l’une et de l’autre. Comme le monde au déluge, et les Egyptiens sous les S’il renverse tout, s’il confond toutes choses eaux. Il indi- ensemble, qui pourra s’opposer à lui? car il que par là que Dieu voit et punit ceux qui opèrent connaît la vanité des hommes, et l’iniquité l’iniquité. étant présente à ses yeux, ne la considère-t-il Il noircit la vanité. pas attentivement? L’homme vain s’élève Il veut qu’on entende d’orgueil en lui-même, et il se croit né libre in qnibus Ibx ejus multiplex et inscrutabilis ost. Hoc sapientiæ, et quod multiplex esset lex ejusl Et intelliges, si judicia ejus intenderis, intelligeres quod multo minora exigaris a Deo, Sicnt invisibilis est Deus quam mereretur iniquitas tua. Forsitan vestigia ita et incomprehensibilis. Dei comprehendes, et usque ad perfectum omni- Credimua quod ubique est Deus, et iutra potentem reperies? Excelsior est cœlo, et quid cum omnia, qnæ ab eo exeata sunt, continentur. His veibis dicit Deum ubique esse, et aanctnm Job arguit, faciès? Profundior inferno, et unde cognosces? quod pœuas merito patiatur, et judicia Dei repreheoderit. Sicut mun- Longior terra mensura ejus, et latior mari. Si dum io diluvio, et Ægyptios sub aquis. subverterit omnia, vel in unum coarctaverit, quis contradicet ei? Ipse enim novit hominum Hoc sensu dicit, quod Deus iniqu» agentes et ani- vanitatem, et videns iniquitatem, nonne consi- 419 EXPOSITION INTERLINÉAIRE DU LIVRE DE JOB. toute la race des méchants, rebelle au frein de la dis¬ cipline. Vous avez eu- comme le petit de l'âne sauvage. Mais pour durci votre cœur pour ne pas vous repeDlir. vous, vous avez endurci votre cœur, et ce» Les faux mérites de vos œuvres, pendant vous élevez vos mains vers Dieu. Si Ayant vous bannissez l’iniquité de vos œuvres, et si une conscience sainte en toutes choses, vous pourrez l'injustice, ne demeure point dans votre mai- en priant lever vers Dieu un front sans tache, son, vous pourrez élever alors votre visage Cette confiance vous comme étant sans tache, vous serez stable et rendra ferme et. stable devant Dieu. De la vie présente, parce vous ne craindrez point. Vous oublierez même que plus une âme désire les biens célestes, plus elle la misère où vous aurez été, et elle passera oublie entièrement .ceux, de la terre, dans votre souvenir comme un torrent d’eau A la consommation de vos travaux, qui s’est écoulé. Lorsque votre vie semblera le soleil de justice Jésus-Christ, se lèvera pour votre être h son couchant, vous paraîtrez comme consolation. Après la mort, le soleil dans l’éclat de son midi; et lorsque vous vous lèverez dans la gloire, vous vous croirez perdu, vous vous lèverez Confiance d’une en- c-omme l’étoile du matin. L’espérance qui raadvortat, et puniat. Vanitns obumbrat. Omne ini- derat? Vir vanus in superbiam erigitur, et lam- quorum geo ns vuU intelligî, qnod non est loro dise i pli Dre suetum. quam pullum onagri seliberum natum putat. Tu durnstnit non pœuiteres. falsa me- autem firmasti cor tuum, et expan disti ad Deum ritm'iim opoj'a. manus tuas. Si iniquitatem, quæ est in manu tua, snuctam utiqne possidens conscientiam, libe- abstuleris a te, et non manserit in tabernaculo ram ad depreenndum erigis faciem tuam. tuo injustitia. Tum levare poteris faciem tuam Eris utiquo bac Gdueia fiimus auto Deum, et absque macula, et eris stabilis et non timebis. stabilis. Vitæ prœsenlis quia quanto qnis nmplius cœlestia dosiderat, Miseriæ quoque oblivisceris, et quasi aquarum, tanto plonius terrena obliviscitur. In cousimimationo la- quæ præterierunt, recordaberis. Et quasi meri- borurn tuorum tibi in consolationem soljustitiæ Cbriatns odveniet. dianus fulgor consurget tibi ad vesperam, et cum post mortem consurges in gloriam, quia e consumptum putaveris, orieris ut Lucifer. Et tière guérison après vos plaies. Parce que le juste' vous sera proposée vous remplira de con- qui marche en confiance comme un lion, ne craindra fiance; et entrant dans le sépulcre, vous dor- la rencontre de personne; car plus une âme rejette mirez dans une entière assurance. Vous serez entièrement la crainte qui vient du monde, plus par- en repos sans que personne vous trouble et faitement elle terrasse eu elle-même la concupiscence du monde. Les hypocrites se plaisent à passer pour intercesseurs plusieurs vous supplieront de les regarder en faveur des hommes. Les intentions des désirs charnels, favorablement. Mais les yeux des méchants se consumeront d’envie; les impies périront C’est-à-dire, les honneurs et les sans ressource, et les choses où ils avaient richesses de la vie présente, mis leur espérance, deviendront l’horreur et l’abomination de leur âme. CHAPITRE XII. J’admire Job reprenant la parole lui dit : N’y a-t-il comment vous croyez qu’il n’y a que vous qui soyez donc que vous qui soyez hommes? et la sa- hommes, et qui possédiez la sagesse au point qu’elle ne puisse pas s’étendre jusqu’aux autres. J’ai des con- gesse mourra-t-elle avec vous? J’ai du sens post plflgam reparari poteris. . Quia juatiis aient habebis fiduciam proposita tibi spe, et defossus leo coülidcnlcr ambulat, ad nnJlina pnvebit occursom. Quia tnoto quisquo a se securus dormiens requiesces. Et non erit, qui te plonius pavorem qui ex rnundo est abjicil, qnanto in sometipso vérins mundi concupiscentiam vinoît. Hypacritœ întercesaores videri pro hominibns appelant. exterreat, et precabuntur faciem tuam quamplu- Tntentionca carnaliutn desideriorum. rimi. Oculi autem impiorum deficiunt, et effu- boc est, prœ-entis vitæ bonor et divitiæ. gium peribit ab eis, et spes eorum abominatio animæ. CAPUT XII. Miror eur vos boIos Respondens autem Job, dixit : Ergo vos soli hotniues putatis, et possidere sapientiam, ut ad alîos non possit ae ex- estis homines, et vobiscum morietur sapientia? tendere. ita ego novi aient et vobis. Yerumtamen cognoscite quia mihi est cor, sicut 420 SAINT JÉROME. naissances tout comme vous, aussi bien que vous, et je ne suis point in- Ce que vous dites de la grandeur ou de la férieur; car qui est celui qui ignore ce que justice de Dieu, quel est celui qui peut ou qui doit l’ignorer ? Cela est évident à la lettre dans le vous savez? Celui qui devient comme moi saint homme Job, l’objet des railleries de son ami, invoquera Les Juifs se moquaient Dieu, et Dieu l’exaucera ; car on se moque de de la simplicité de Jésus-Christ. Us montrent qu’ils sont or- la simplicité du juste. C’est une lampe que les güeilleux, puisqu’ils le méprisent dans son affliction, riches regardent avec mépris ; mais qui est lui qui sera revêtu de gloire au jour de la rétribution, prête à luire au temps que Dieu a marqué. Les Sabôens et les Chaldéens sont dans l’abondance Les maisons des voleurs publics sont dans des richesses qu’ils lui ont prises. Parce que les méchants s’enorgueillissent l'abondance, et ils s'élèvent audacieusement d’autant plus contre Dieu, qu’ils s’élèvent davantage contre Dieu, quoique ce soit lui qui leur a dans les honneurs de ce monde, mis entre les mains tout ce qu’ils possèdent. Toutes choses dépendent du gouvernement de Dieu ; Interrogez les animaux, et ils vous enseigne- même les animaux sans raison et les choses insensi- ront; consultez les oiseaux du ciel, et ils sc- et vobis [ Vulg . : Et mihi est cor sicut et vobis], Hæc quæ dicitia de magnitudine nec in fe ri or vestrî sum. Quis hæc quæ nostis Uei vel justilia, qnis est qui possit vol debeat ignorare ? Munifestmn o.-t iu sancto Job secnndnm litterairi. ignorât? Qui deridetur ab amico suo sicut ego, Christi simplioitns a Ju- invocabit Deum, etcxaudiet eura. Deridetur enim dœia irridebatnr. Superhos eos utique donotans, qui despice- justi simplicitas. Lainpas conterapta apud cogi- reot eum afQietiira. qnem gloria iu die retributionis déclarai. tationes divitum, parafa ad tempus statutum. Sabœî et Cbaldæi ejns divitiis abundant. Quia muli eo mn- Abundant tabernacula prædonum, et audaciter gis contra Dominnni superbiunt, quo in sœculi honore extolluntnr. provocant Deum, cum ipse dederit omnia in Quod omniA ad Dei gubernalionem pertineant, manus eorum. Nimirum interroga jumenta, et etiam ea quæ irrationabilia et insensibilia sunt, quædam ratiouo veri- docebunt te, et volatilia cœli indicabunt tibi. Lo- tatis intorrogala rcspondent. quere terræ, et respondebit tibi, et narrabunt blés, si on les iuterroge, proclament en quelque ma- ront vos maîtres. Parlez à la terre, et elle nière cetle vérité. vous répondra, et les poissons de la mer vous instruiront. Car qui ignore que c'est la puis¬ sance de Dieu qui a fait toutes ces choses? La puissance divine, dans laquelle sont spécialement Lui qui tient dans sa main l'âme de tout ce contenus tous les saints. qui a vie, et tous les esprits qui animent la Par oreille il faut entendre chair des hommes? L’oreille ne juge-t-elle les discours. Le palais reçoit les aliments et en pas des paroles, et le palais, de ce qui a du juge le goût. goût? La sagesse est dans les vieillards, et Celui- là prudence est le fruit de la longue vie. Mais là seul, que Daniel appelle Y Ancien des jours> sait la sagesse et la puissance souveraine est en véritablement pour quelle raison et par quelle justice Dieu. C'est lui qui possède le conseil et l'in- il dispense toutes choses. Quoi qu’il veuille détruire par un décret tclligence. S'il détruit une fois, nul ne pourra de sa sagesse, qui pourra lui résister ? Nul ne pourra délivrer celui qui est enfermé édifier; s'il tient un homme enfermé, nul ne en enfer. Au sens mystique, les eaux des pourra lui ouvrir. S’il retient les eaux, tout doctrines sont retenues et puis desséchées dans le deviendra sec; et s’il les lâche, elles inonde- pisces maris. Quis ignorât quod omnia hæc ma¬ in divina potentia, in qna oinnes saticti nus Domini fecerit? in cujus manu anima omnis specialiter ccntinentnr. viventis, et spiritus universæ carnis hominis. Per aures verba intelliguntnr. Fauces comedontium Nonne aures verba dijudicant, et fauees come- stiporem aecipiunt et décernant. dentis saporem? In antiquis est sapientia, et in multo tempore providentia [Vulg. prudentia], Ipse soins vcre novit qno jndîoio et qua justilia uni versa dispense!, qni Apud ipsum est sapientia et fortitudo; ipse ha- in Daniele Antiquus dierum appellatur. Quidquid sspîentire siiæjn- bet consilium et intelligentiam. Si destruxerit, dicio destruere voluorit, quia rcsistere poterit? In inferne eonclusnm nulliis poterit nerao est qui ædificet. Si incluserit hominem, liberare. Sp i ri lua 1 i ter aquæ doctrinanun in Ju- nullus est qui aperiat. Si continuent aquas, om- dæorurn popnlîs continentur alque siccaotur, et terra Ecclesiœ in spi- ritali vita proQcit, secundnm litteram manifoslum est. nia siccabuntur ; si emiserit eas, subvertent ter- 421 EXPOSITION INTERLINÉAIRE DU LIVRE DE JOB. peuple juif, et la terre de l’Eglise progresse daus la vie spirituelle; cela est manifeste à la lettre. Jésus- Christ est la sagesse, et l’Esprit ront la terre. La force et la sagesse résident Saint est la force de Dieu le Père. Comme Achab et ses Prophètes, en lui ; il connaît, et celui qui trompe, et celui Comme nous lisons qu’il advint des qui a trompé. Il fait tomber ceux qui donnent conseillers et des mages de Pharaon, conseil aux autres, en des pensées extrava¬ gantes, dont la fin ést malheureuse, et il Le baudrier frappe d’étourdissement les juges. Il ôte le est la marque de la gloire de celui qui règne. Oter le baudrier indique l'ignominie delà déposition. Il ceindra d’une corde les reins baudrier aux Rois, et il ceint leurs reins avec des pécheurs. Comme il est écrit dans le livre des Rois une corde. Il fait que les Pontifes sont privés au sujet des prêtres Saraja et Sophonie. Il rejette les de leur, gloire, et que les grands tombent à mauvais, et affermit les bons. Quand le juste pèche, la gloire de ses lèvres terre. Il fait que ceux q.ui enseignaient la véri- est ternie. Des Anciens et des Juges té, changent de langage, et il retire la science d’Israël. Comme Saül, méprisé et réprouvé des vieillards. Il fait tomber les princes dans par Dieu. Il éleva au trône David, le mépris et la confusion. Il relève ceux qui qui souffrait auparavant les persécutions de Saül. Il met en lumière les mys- avaient été opprimés. Il découvre ce qui était Supientia Dei Patris Cbristua est, et furlitndo Spiiituâ saue- ram. Apud ipsum est fortitudo et sapientia; ipse tns. ut Achab et ej us Proplictas. Ut în Ægypto novit et decipientem et eum qui decipitur. Et ad- facliim legimus de consiliariis ac magis Pbaraonis. ducit consiliarios in stultum fmem, et judices in Regnantis gloria inlelligitur. [gnomiuia de- posili de regno. Fune peccato- stuporem. Balteum regum dissolvit et præcingit rnm ciremxidabit ronea cornm. Ul in Regnonun libris scribitnr de Sa- fune renes eorum. Ducit sacerdotes inglorios, et raja et Sophonia saccrdotibus : Inîquos amovet, et justos instituit. Quandojii5tiiBpacc.it, innlatur gloria optimates supplantât. Commutans labium vera- labiormn ejus, Scnum ot Judicum Judæoium. Ut Saul cium, et doctrinam senum auferens. Et effundit spretus et reprobatus est a Deo. Ut David tuôlulit in despectionem super principes, et eos qui op- i-egimui, qui prius persoentioucà Saul tolerubal. Myjsteriu legia pa- pressi fuerant relevàns. Qui révélât profunda de tères de la loi. Les pé- caché dans de profondes ténèbres, et il pro- cheurs au jour de la foi. Chaque jour duit au jour l’ombre de la mort. Il multiplie elles croissent par le mariage. Quand elles sont effacées de la scène du moude. Au jour de la les nations, et les perd ensuite ; il les réta- résurrection, elles seront rétablies, blit après leur ruine. Il change le cœur des princes qui sont établis sur les peuples de la ■ Il permet qu’ils soient trompés, ou il est poussé à les tromper à cause de l’iniquité de leurs œuvres. C’est-à-dire, ils croient mar- terre : il les trompe, et les fait marcher inu- cher au gré de leurs caprices, mais ils erreut, parce tilement par des routes égarées. Ils ipont à que celui qui ne veut pas voir la lumière, doit errer tâtons comme dans les ténèbres, au lieu de dans les ténèbres : il va de côté et d’autre, comme un marcher dans la lumière dujour, et il les fera homme ivre. Aiusi les Juifs daus l’aveuglemeut de chanceler h chaque pas, comme s’ils étaient leur esprit, ivres. CHAPITRE XIII. L’œil de mon esprit, qui est le fanal de mon corps, J’ai vu de mes yeux toutes ces choses; je a vu toutes les choses que j’ai dites. Par la révélation les ai entendues de mes oreilles, et je les ai du Seigneur. toutes comprises. Ce que vous savez ne m’est tofecit. Peccatores in lucem fidei. tenebris, et producit in lucem umbram mortis. Quolidie crescendo per carnem, cnm exeunt de mundo. Qui multiplicat gentes, et perdit eas, et subversas In rosurroctione reslanrabuntur. in integrum restituit. Qui mutât cor principum Decipi parmittit, vcl decipere or, a pro meritorum populi terræ, et decipit eos ut frustra incedant. iniquitato compellilur. Hoc est, putant se per suam adinvontionem ambulare, Bed errant, Pèr invium palpabunt quasi in tenebris, et non quia lncém noleos viderc, in tenebris débet errare, Nnnc hue, mine in luce, et errare eos faciet quasi ebrios. illuo graditur ebriosns : sic mente cæcati Judœi. CÀPUT XIII-. Ocwlus mentis niete, qui est luceiua corporis moi, vidit bec oennia Hæc omnia [ Vulg . Ecce oinnià] vidit oculus 422 SAINT JÉROME. Puisque je ne suis pas plus insensé que vous, pointinconnu, etje ne vous suis pointinférieur. J’implorerai sa miséricorde. Dispu- Mais je veux parler au Tout-Puissant, et je ter avec Dieu, c'est discuter les événements de sa pro¬ pre vie soumis à la justice divine. Parce que vous désire m’entretenir avec Dieu, en faisant voir prétendez que je souffre à bon droit tous ces maux, auparavant que vous ôtes des fabricateurs puisque vous dites que nul n’encourt les mêmes peines de mensonges, et des défenseurs d’une doc- que moi, à moins que ses fautes ne l’aient mérité. La chose est manifeste. trine corrompue. Et plût à Dieu que vous demeurassiez dans le silence, afin que vous Dans ce qui suit, il puissiez passer pour sages. Ecoutez donc ce fait connaître ses blâmes à mesure. Parce que sous des pa- que j’ai à dire contre vous; prêtez l’oreille au rôles de consolation ils cachaient des pensées malignes. Comme jugement que mes lèvres prononceront. Dieu s’il disait : Croyez-vous que votre devoir est d’adresser a-t-il besoin de votre mensonge, ou que vous à Dieu de trompeuses adulations? Usur- usiez de déguisements pour le défendre ?Est- pez-vous contre moLle rôle déjugé, pour me condam- ce que vous prétendez favoriser Dieu? et ner par une juste sentence comme il le ferait lui-même? Il con- faites-vous des efforts pour le justifier ? Gela naît votre pensée mauvaise, lui qui sait tout, peut-il plaire à Dieu , h qui rien n’est ca- Comme s’il ignorait les cœurs des hommes et s’il ché? ou se laissera-t-il surprendre, comme ne me jugeait pas selon ce que je mérite, pourrez-vous en imposer à Dieu? Vous méritez d'être un homme, à vos tromperies ? C’est lui-même repris par Dieu. En discutant les desseins secrets de qui vous condamnera, puisque ce n’est que la Providence, vous osez usurper un rôle qui n’ap¬ partient qu’à Dieu. Comme si votre devoir était de l’aduler en votre par. dissimulation que vous défendez ses in- cœur. Il appelle colère de Dieu la juste sévérité de térêts. Aussitôt qu’il fera paraître sa colère, son jugement. il vous épouvantera, et il vous accablera, par La mortalité de l’homme la terreur de son nom. Votre mémoire sera sera comparée à la cendre. L’orgueil se reconnaît à la semblable à la cendre, et vos têtes superbes tête. Il rê¬ ne seront plus que comme de la boue. Dé¬ clamé silence, afin de parler, lui qui est éprouvé par meurez un peu dans le silence, afin que je les douleurs. dise tout ce que mon esprit me suggérera. Sans doute c’est l’excès de la souffrance qui le pous- Pourquoi déchirai-je ma chair avec mes dents ? sait à déchirer sa chair. C’est-à-dire ma vie, souvent désignée et pourquoi mon âme est-elle toujours comme quœ enarravi. révélante Domino. meus, et audivit auris mea, et intellexi singula Cum secundum scientiam vestram. Et ego novi, nec aon Min vobis iosipiontior. ejus miseriudrlium deprocabor. inferior vestrî sum. Sed tamen ad omnipotentem Cum Deo disputare, est ejus jusiitiæ subjeelum vitam suam Biib talî iuüagatîone discutere, Dum as- loquar, et disputare cum Domino cupio. Prius truitis hæc omnia roerito me pâli. Quia diiûtis quod vos ostendam fabricatores mendacii, et cultores nullus hæc mala snsiiueat quœ ego, niai movitia suis oxigentibus. perversorum dogmatum. Atque utinam taceretis, Manifeslum est. Iq seqiicntibiis por singula ut putaremini esse sapientes! Audite ergo cor- easdem correptiones eoarrat. Quia snb vorhis consolato'iis dolose co- reptiones meas, et judicium labiorum meorum gitahant. Ac si diceret ; Numquid Doo fatlaciter adulari dobere vos attendite. Numquid Deus indiget vestro menda- crediiis ? Numquid contra me cio, ut pro illo loquercmini dolos? Numquid fa- personam judicis suscopistis, ut merito tamquam Deus me vestra sen- ciem ejus accipietis, et pro Deo judicare nitimini? teotia condeinnetis ? ista vester ioiquns sensus, cni omnia aperta suât. Aut placebit ei quem celare nihil potest? aut de- Quasi ignorauti eorda bominum, ut de mo non roete judicet, imporiere ei potoritis ? Ut a Duo ar- cipietur ut homo vestris fraudulentiis? Ipse vos guamioi digni estis. Vel in discutiendis judiciîs, quœ abseoadita sunt, arguet. In abscondito [Vulg. Ipse vos arguet, Doi persooam, cui soli boc compatit, vultis asaumore. Ut illi iu corde aduluri dobeatis. quoniam in abscondito, elc.] faciem ejus accipi- Coounotio Dei dicitur judicii ejus justa dis- tis. Statim ut se commoverit, turbabit vos, et ter- trictio. Mortalitas bomiois comparubi- ror ejus irruet super vos. Memoria -vestra com- tur cineri, lo norvice superbia dig- parabitur cineri, et redigentur in lutum cervices ooscitur. Ut ipse in doloribtis positus loqneretur, silentinm poscit. vestræ. Tacete paulisper ut loquar modicum quæ Forsitan prœ nirnio dolore carnem mihi mens suggesserit. Quare lacero carnes meas 423 EXPOSITION INTERLINÉAIRE DU LIVRE DE JOB. par le. mot âme. Comme il a dit si je la portais entre mes mains? Quand Dieu ailleurs : Jusqu’à mou dernier souffle, je ne m’écar- me tuerait, je ne laisserais pas d'espérer en terni pas de mon innocence. C’est ce qui plaidera pour lui; et je m'accuserai néanmoins de toutes mon salut, puisque les corrections ont purifié mes voies, mes fautes en sa présence. Et il sera lui-même Mais vous, qui êLes-vous, pour mon Sauveur; car aucun hypocrite n'osera oser me reprendre comme si vous étiez justes? paraître devant ses yeux. Rendez-vous donc Il dit vérités cachées , attentifs h mes paroles, prêtez l'oreille aux parce qu’ils ne comprenaient pas que les justes pus¬ sent être affligés. A vous vérités cachées que je vais vous dire. Si ma je dis : Il n’y a pas de grief qui puisse me faire con- cause était jugée, je sais que je serais re¬ damner. Mais ces paroles ne s’appliquer f, pas au juge¬ ment de Dieu. Il ne faut pas voir là de l’orgueil, connu innocent.. Qui est celui qui veut entrer mais la confiance que donne une bonne conscience. Pourquoi n’ai-je pas été en- avec moi en jugement? Qu'il vienne ; car pour- tendu d’abord, et si j’avais été coupable, maintenantje quoi me laisserais-je consumer sans avoir serais consumé ? C’est tout ce que le parlé pour ma défense? Je vous demande, saint homme Job demande à Dieu : Qu’il le guérisse Séignéur, seulement deux choses, et après d’abord de ses plaies, et qu’il le délivre ensuite des cela je ne me cacherai point h votre face. suant lacerabat. Id est, vilain meam, qmo solot pro anima vo- dentibus meis, et animam meam porto manibus cabulo dini, Ut alibi dicit ; Douée doficiam, non recédant ab innoccntia meis? Etiamsi occiderit me, in ipso sperabo. Ve- mea. Hoc inibi veniet in salutem, cum vias meas castigationes pnrifi- rumtamen vias meas in conspectu ejus arguam, cotas reddidere. Vos antem qui estis, ut mo et ipse erit Salvator meus. Non enim veniet in tamquaoi justi arguere prœsnmatis ? conspectu ejus.omnis hypocrita. Audite sermo- Qoia non intelligebant quod justi afflignntnr, ideo œnigmala nem meum, et ænigmata percipite auribus ves- ait. Vobis dico, non baboo unde dobeam condemnari ; non de Dei jit- tris. Si fuero judicatus, scio quod justus inveniar. dicio hoc dixit. Hie serrno non arrogantia deputetiu', sed do Gdimia bonœ conscîentiœ. Quis est qui judicet [Vulg. judicetur] mecum? Quare prius non snm anditus, et si rens fuissent, tune consumcrer ? Totmn illnd est, quod veniat; quare tacens consumor? Duo tantum ne coups de la puissance divine qu’il ne peut soutenir. Retirez votre main loin de moi, ne m’épou¬ vantez point par la terreur de votre puis- Qu’il soit placé assez près de Dieu comme sance. Appelez-moi, et je vous répondrai; il le mérite, pour lui parler, et que Dieu lui apprenne permettez que je vous parle, et daignez me pourquoi il supporte ces épreuves. Par lc3 mots crimes et offenses le bienheu- répondre. Combien ai-je commis d’iniquités reux Job désigne les péchés grands et petits ; il désire et de péchés? Faites-moi voir mes crimes et qu’ils lui soient montrés pour connaître la cause de ses maux. Je sois que votre visite et votre pré- mes offenses. Pourquoi me cachez-vous votre sence est une garde, et vous me les cachez, puisque visage? et pourquoi me croyez-vous votre vous permettez que je sois tourmenté de la sorte. Il pèse en lui-même ce qu’il serait à l’égard ennemi? Vous faites éclater votre puissance de Dieu, et il se compare aux plus vils objets, contre une feuille que le vent emporte, et Ces arrêts vous poursuivez une paille sèche. Car vous pleins d’amertume sont les tourments cruels qu’il sup- donnez contre moi des arrêts pleins d’amer- porte par la permission de Dieu. Il demande pardon pour ses fautes de jeunesse tume; et vous voulez me consumer pour les et d’inexpérience. Mettre les pieds dans péchés de ma jeunesse. Vous avez mis mes les ceps, c’est empêcher toutes voies à un homme qu’on enchaîne fortement. Parce qu’il scrute avec soin pieds dans les ceps; vous avez observé tous a Deo sanctus Job postulat, nt prius auforat ab illo plagam ; deinde facias mihi, et tune a facie tua non abscondar. polentiam divinom, quant suslinore non potuit. Manum tuam longe fac a me, et formido tua non Quasi ex æqno cominus posiius dicat ei, quamobrem me terreat. Et voca me, et respondebo tibi : aut illatam sibi sustineat tentationom. lit bis nomioibus certe loquar, et tu responde mihi. Quantas ba- Buelerum et delictorum a beato Job percale grandie et parva signifiean- beo iniquitates, et scelera, et peccata mea, et tur, quo*. sibi ad cognoseeadant plagie cansam deprecalur ostendi. Soîo qnia præsentia tna visitatio et delicta ostende mihi. Cur faciem tuam abscon- custodia est, quant a me abscondis, dum me ita puniri permittis. Porpendit apud dis, et arbitrales me inimicum tuum? Contra fo- se qnid esset ipse ad Deum, et rebtts vilis.'imis se comparât. lium quod vento rapitur ostendis potentiam Amarissimos tuam, et stipulam siccam përsequeris. Scribis 424 SAINT JÉRÔME. chaque action et la nùoindre action de 1’homnie. mes sentiers, et vous avez considéré avec Il donne soin toutes les traces de mes pas, moi qui à entendre combien longue lui a paru la tribulation dans un moment ne serai que pourriture et de sa plaie, lui que la pourriture avait consumé de qui deviendrai comme un vêtement mangé jour en jour, des vers. CHAPITRE XI Y. Il dit que la faute d’Adam h perdu le genre humain, L’homme né de la femme vit très-peu de et a été pour lui la source de beaucoup de misères, temps, et il est rempli de beaucoup de mi- Ce passage nous fait comprendre la caducité sères. Il naît comme une fleur, qui n’est pas du genre humain. plutôt éclose, qu’elle est foulée aux pieds ; il Parce que chaque jour nous croissons, ou que fuit comme l’ombre, et il ne demeure jamais nous décroissons h chaque instant. 11 a ouvert l’œil de sa compas- dans un même état. Et vous croirez, Seigneur, sion sur le genre humaiu, et il a daigné le régénérer qu’il soit digne de vous d’ouvrir seulement eri Jésus-Christ. Les Saints jugeront; c’est ce qui les yeux sur lui, et de le faire entrer en juge- cruciatus, amaritudines Domina vit, quas Dco permittento suetînebut. enim contra me amaritudiaes, et consumere me Pro dtdictis juvontutis et ignoraiiliis deprocatur. lu nervo pedein ponore vis peccatis adolescentiæ meæ. Posuisti in nervo est omnes vias hominis fort i disirictione ulligare. Quia singula qnœquo pedem meum, et observasti omnes semitas minuta homiois opéra diligon'er explorât. meas, et vestigia pedum meorum considerasti. Lougaiu plagœ trilmlolionem sc babero indicat, quem diutiirna putredo Qui quasi putredo consumendus sum, et quasi consumpsorat. vestimentum quod comeditur a tinea. C'APUT XIV. liumatmm gouus dieît iu Adam perditum, Homo natus de muliere, brevi vivens tempore, et replctiini multis miscriis. Hoc loco fragilitutem htimaui replebitur multis miseriis. Quasi flos egredietur gaueris iutulligiuius Quia quotidio cresciuius, mit et conteritur, et fugit velutumbra, et nunquam pov omoia inoiuenta decreseimus. Super hiiiiianum gouus oculos misc- in eodem statu permanet. Et dignum ducis super est dit aux Apôtres : « Vous vous assoierez sur ces sièges pour juger les douze tribus d’Israël. » MalfK.xvu. 28. Il prophétise en esprit notre fu¬ ment avec vous ? Qui peut rendre pur celui ture réconciliation dans le Christ, qui est né d’un sang impur? N’est-ce pas vous seul qui le pouvez? Les jours de l’homme Mes jours ont reçu la mesure de leur fin, sont courts; le nombre de ses mois et de ses et quand ils seront complets, ils ne dépasseront point années est entre vos mains.; vous avez marqué cette limite. les bornes de. sa vie, et il ne peut les dépas- Suspendez les maux de la vie présente, ser. Retirez-vous donc un peu de lui, afin qu’il Moutrez-lui les biens de l’éternel repos, ait quelque repos, jusqu’à ce qu’il trouve comme le mercenaire la fin désirée de tous ses L’homme a l'espérance de sortir d’ici-bàs. Fin de travaux. Un arbre n’est point sans espérance : la vie présente. Le corps revit par la résurrection' quoiqu’on le coupe, il nelaisscpasde reverdir, Les auditeurs fidèles qui suiveut les exemples des bous. L’arbre et ses branches poussent de nouveau. Quand ayant vieilli dans les péchés d’Adam et toutes les bon- sa racine serait vieillie dans la terre, quand nés qualités naturelles qu’il avait dans sa verdeur son tronc desséché serait mort dans la pous- étant déjà mortes, au contact de l’eau baptismale, il sière, il ne laissera pas de pousser aussitôt ratioois aperuit, ut ilhid in Chi'isto repararet, Sancti judicabnnt, ut di- hujusmodi aperire oculos tuos, et adducere eum cilur ad Apostolos ; « Sedebitis supin* sedes judieantea daodecim tribii3 tecum in judicium. Quis potest facere mundum Israël. » Matth. xvn, 28. Reconcilialionem noslram fiUnranjin ChrisLo, de immundo conceptum semine? nonne tu qui propbetavit in spiritu. solus es? Brèves dies hominis sunt, numerus Monsnrarn finis sni dies mei aeccpe- mensium ejus apud te est. Constituisti termiuos runt, ut complément» suî tenuimim non excedant. Flagella vîiœ præ- ejus qui præteriri non poterunt. Recede paulu- aonlis subtraho, Bona quietis ætûrnæ lum ab eo, ut requiescat, donec optata veniat ostende. Homo migrationis do sœeulo, sicut mercenarii dies ejus. Lignum habet spem, de præsonti vita. per resurrectionem corpus roviviseit. Sancti su- et si præcisum fuerit, rursum virescit, et rami ditoros qui bonorum excmpla seqnnntur. In peccatis Adam senoscente ligue ot orani bono ejus pullulant. Si senuerit in terra radix ejus, et nalurre, quod hubuit a viriditate, prtemnrt'in, nd odorcm sqiur bu|ilîs~ iupulvere emortuus fuerit truncus ejus, ad odo- EXPOSITION INTERLINÉAIRE DU LIVRE DE JOB. 86 couvre de nouveau de feuillage, comme dans le qu’il aura senti l’eau, et il se couvrira de premier temps où il fut planté en paradis. Le mé- feuilles comme lorsqu’il a été planté. Mais chant retranché de la vie présente va sans nul doute quand l’homme est mort une fois, que son à sa perte éternelle. corps séparé de son esprit est consumé, que L’homme pur est comparé à la mer. devient-il ? De même que si. les eaux d’une mer ou d’un lac se retiraient et si les fleuves L’âme retirée, abandonnant leur lit, se séchaient; ainsi quand le corps reste vide. l’homme est mort une fois, il ne ressuscitera Il dit que le ciel atmosphérique doit périr, et point jusqu’à ce que le ciel soit consumé et il prédit que l’homme doit ressusciter alors.* détruit; il ne se réveillera point et iL ne sor- Parce que, avant la tira point de son sommeil. Qui pourra me venue de Jésus-Christ, nul ne doit monter dans lo ciel, procurer cette grâce que vous me mettiez à couvert et me cachiez dans l’enfer, jus- Rigueur contre les pécheurs, qu’à ce que votre fureur soit entièrement Défendez- moi, je vous en prie, des rninis- passée, et que vous me marquiez un temps très des enfers, jusqu’à ce que le Christ nous rachète. Il prend sur où vous vous souviendrez de moi? L’homme lui la sentence portée contre l'homme débile, étant mort une fois, pourrait-il bien vivre de matis rursum fronde seit, qmisi cum primmn planlatuui in pumdiào. rem aquæ germinabit, et faciet comam, quasi Ilomo malus præoenli cum primum plantatum est. Homo vero cum vitro subtrucliis, sine ilubio in intât ilmn vadit. mortuus fuerit, et nudatus atque consumptus, Mimduri mari ubi, quæso, est? Quomodo, si recedant aquæ de compara tnr, subduela mari, et fluvius vacuefactus arescat : sic homo anima vacuum remaoet corpus. Aeremn cœlum perilunim cum dormierit, non resurget. Donec atteralur dicit, ol tune humanum corp: s resurrectiirnm prœdicit. cœlum, non evigilabit nec consurget de somno Quia neino anto aHventum Christi ascendii in cœlum. suo. Quis mihi hoc tribuat ut inferno protegas Dislriclio super pcccalo- me, etabscondas me, donec transeat furor tuus, res. Donec Cliristns redimâi uos, obsecro ut a ministris inferonnn do- feudas me. et constituas mihi tempus in quô recorderis mei? 425 Parce que, comme celui qui est engagé nouveau? Dans cette guerre où je me trouve dans une guerre, n’en connaît pas l'issue incertaine, tous les jours de ma vie, j’attends que mon ainsi demeure incertaine la fin qu'auront les travaux de cette vie. ■ Eu m’eusciguant ce qui est de changement arrive. Vous m’appellerez et je précepte. Par l’accomplissement des commandements. , Parce que per- vous répondrai ; vous tendrez . votre main sonne ne peut être sauvé suus cette main, c’est-à-dire sans le Fils de Dieu. , Vous notez droite à l’ouvrage de vos mains. Je sais que chaque œuvre en yue de la rétribution. Vous par- vous avez compté tous mes pas : mais par¬ donnez leurs péchés à ceux qui se repentent. Parce que les péchés des donnez-moi mes péchés. Vous avez mis mes hommes, s’ils ne sont effacés par la pénitence, sont offenses en réserve comme dans un sac ca- réservés dans le secret pour le dernier jugement, cheté; mais vous avez guéri mou iniquité. Parfois les Saints quittent la voie de la justice. Comme une montagne se détruit en tombant Le juste poussé à l’injustice, et comme un rocher est arraché de sa place ; Les esprits malins trompent les cœur3 durs par des comme les eaux cavent les pierres et comme tentations subtiles. l’eau qui bat contre la terre la consume peu Par un juste dessein, vous permettez que les à peu, c’est ainsi que vous perdez l’homme. lufirœoi’iih) in sa sentontiam assmnit. Quoniani Putasne mortuus homo rursum vivat? Cunctis quasi qui in bellu sudat, iueeitos Imbet e va mus, sic in dubio calquai, diebus quibus nunc milito, exspecto donec vé¬ cue clmidatur labor vitro prœsentis. Docondo qnœ sunl legis, Impletione man- niât immutatio mea. Vocabis me, et ego respori- datorum. Quia neino sulvaii potest sine hau dexlora, id est, liiiu Del. debo tibi; operi manuum tuarum porrige-s dex- Siugula opéra pro relribiuioae signas. teram : tu quidem gressus meos dinumerasti, Pcenitontibus pecoata relaxas. Quia pcccuta hum in uni, si non fuorinl sed parcis peccatis meis. Signasti quasi in saô- pceniUMUia deleta, io secruto judioioque reseivaritur. culo delicta mea; sed curasti iniquitatem meam. Ut plonmique saneti de loco juslilïw inunulentur. Mous cadet defïuens [Vulg. cadens destruit], et transferutur ad iniqnilaleui. Duri corde malignïs saxum transferetur de loco suo. Lapides exca- spiritibiid subtdi teutalîouu decipiuaiur. vant aquæ, et alluvione paulatim terra cousu- 426 SAINT JÉROME. tentations éprouvent celui qui se croyait ferme dans la justice. Parce que la vie présente Vous l’avez affermi pour un peu de temps, est courte. Dans la joie ou dans les châtiments. Quand afin qu’il passât ensuite pour jamais ; vous vous le réduisez en poussière par la mort. Non pas changerez son visage, et vous le ferez sortir vers les biens qu’il convoite. Il ne s’agit pas ici de la gloire de la chair, mais de celle de l’âme. On ignore encore ici-bas qui est dans de ce monde. Que ses enfants soient dans l’éclat ou dans l’ignominie quant à>es œuvres et à ses mœurs. 11 donne à eniendre quelle est la véritable l’éclat ou dans l’ignominie, il ne connaîtra ni noblesse. l’un ni l’autre. Sa chair pendant qu’il vivra Parce qu’il ignore si ses œuvres sont approuvées ou ré- sera dans la douleur et son âme déplorera prouvées. Puisque personne n’est digne de se réjouir en lui-même, et qu’il faut mettre sa joie dans le Seigneur, elle-même son état. CHAPITRE XY. Il reproche au saint homme Job de prononcer d’or- Après cela Eliphaz de Théman répondit à gueilleux et vains discours, et il fait allusion à son Job, et lui dit : Le sage doit-il dans ses ré¬ animosité, qui le porte à s’irrilertémérairement contre Dieu comme contre un égal, ponses parler comme en l’air, et remplir son Justo jiulîcio eum qui sibi videbalur stare in rectiludino, tenlari permittis. Quia bro- mitur. Et hominem ergo similiter perdes. Robo- vis ost vitu pi œsene. In gamlium, eive in supplieinm. rasti eum paululum, ut in perpetuum pertransi- Cnm ejus spoeieiu morte atteiis. Ail «a quic se adepturuiu putal* ret. Immutabis faciem ejus, et [In Vulg. abest ] Non hoc do carnali nobililate, seil de spiritual!. Nondurn inielligitnr quis unbilis vcl igno- bilis exslat in operibns et moribus. non emittes eum. Sive nobiles fuerint filii ejus, diclum iiitellig irons, quæ prima est uobilitas. Dum ignorai nlrum opéra sive ignobiles, non intelliget. Attamen caro ejus, ejns approbenlur, an etiam reprobentur. Qniu nemo digne habet iu dum vivit, dolebit; et anima illius super seme- semetipso gaudium, sed in Domino gaudendmn est. tipso lugebit. CAPUT XV. Respondens autem Eliphaz Themanites, dixit : Sanctum Job redargnit iu superbia vaua loquentem. Numquid sapiens respondebit quasi ventum Le fiel de l’emportement. cœur d’une chaleur inconsidérée ? Vous ac¬ cusez dans vos discours celui qui ne vous est Blâme direct contre Job. point égal, et vous parlez d’une manière qui Vous ne peut vous être que désavantageuse. Vous êtes si vaniteux que vous avez banni toute crainte de avez détruit, autant qu’il est en votre pouvoir, Dieu. Vous dédaignez de prier Dieu, la crainte de Dieu, et vous avez banni toutes Quand ce que la les prières qu’on doit lui offrir. Car votre bouche dit vient d’une inspiration mauvaise. Vous iniquité a instruit votre bouche, et vous êtes le disciple de ceux qui blasphèment Dieu, imitez les discours des blasphémateurs. C’est votre propre bouche qui vous con- Vous recueillerez le damnera, et non pas moi, et ce seront vos salaire dû h vos discours, Vous qui avez lèvres qui répondront contre vous. Etes-vous l’amour dos choses de la terre, que parlez-vous des biens éternels ? le premier homme qui ait été créé ? et avez- Avant tontes les créatures angéliques. Il reproche vous été formé avant les collines? Etes-vous avec violence au saint homme Job de penser qu’il est entré dans le conseil de Dieu? et sa sagesse entré dans le conseil de Dieu et que la divine sagesse est au-dessous de la sienne. Il connaissait sera-t-elle inférieure à la vôtre? Que savez- Auiumm ejus voltiii indicare, qui adversus Deuai tamqnam coœqnalenn iiasei prœsnmpserit. felle irarundiœ. [Vulg. in ventum] loquens, et implebit ardore stomachum suum? Arguis verbis eum qui non His verbis increpatur bentus Job ab Eliphaz. est æqualis tuî; et loqueris quod tibi non expe- Tantum olatus es, ut timoré divinu sis vocuiis. et dodi- dit. Quantum in te est, evacuasti timorem, et tu- gneris prerari Dominnm. Qnaudo ex mala via concipilur listi preces coram Deo. Docuit iniquitas tua os quod por os Joqnilur. Iilaspheimni-ium Deum diseipulns es. tuum, et imitaris linguam blasphemantium. Mérita nermonum tuorum reeipies. Condemnabit te os tuum, et non ego. Labia tua Qui lerrena Fapis,cur de tolérais loqueris? respondebunt tibi. Numquid primus homo tu Ante omucs ereuturas Angûlicas. Yohementer increpa- natus es, et ante colles formatus? Numquid con- vit sanctum Job, quod se put are t consilinm Dei liabere, et inferior eo silium Dei audisti, et inferior te erit ejus sapien- EXPOSITION INTERLINÉAIRE DU LIVRE DE JOB. 427 de plus gu’eux Jésus-Cbrist lui-même, et il voyait les vous que nous ignorions? et quelle lumière mystères eu esprit. Ils sont de beau- avez-vous que nous n’ayons pas ? Il y a parmi coup supérieurs en science à vos pères, dont, en fils nous des hommes vénérables par leur grand dépravés vous iniitez les œuvres dépravées, âge et par leur vieillesse, et il y en a de beau- Si vous aviez coup plus anciens que vos pères. Serait-il la foi vraie, vos maux cesseraient sur-le-champ. difficile à Dieu de vous consoler? mais vous l’en empêchez par l’emportement de vos p⬠li l’accuse d’exprimer en ses discours d’or- roles. Pourquoi votre cœur conçoit-il de si gueilleuses et vaines pensées, hauts ressentiments de lui-même, en sorte que l’égarement même de vos yeux témoigne l’orgueil de vos pensées? Pourquoi votre es¬ prit s’enfle-t-il contre Dieu, jusqu’à proférer Il parle ainsi parce qu’il de si étranges discours? Qu’est-ce que l’homme s’est offeusé de ces mots de Job : Si ma cause était pour être sans tache devant Dieu, et pour jugée, je sais que je serais reconnu innocent. Parce paraître juste étant né d’une femme? Entre qu’il trouva de la dépravation dans les premiers Anges, ses saints mêmes, il n’y en a aucun qui ne Les Saints comparés soit sujet au changement, et les cieuxnesont à lui. 11 accuse le saint pas purs devant ses yeux. Combien plus sit divina eapientia. Magis noverat. ipsum Ciiristuni, et mysteria per tia? Quid nosti quod ignoremus ? quid intelligis spiritual vidobat. Miiltiun lus dîfFerunt iu seieutia quam patres quod nesciamus? et senes et antiqui sunt in no- tui, quorum mores pravos, ut Glins pravus iinitaris. bis, multo vetustiores quam patres tui. Numquid Si professîonem fidei oorrigeres, jamdtulum flagolla desine- grande est ut consoletur te Deus? sed verba tua l’uni. prava hoc prohibent. Quid te elevat cor tuum? lnielluctu et cogitaiinno dénotât cnm superba et vana loqncntem. et quasi magna excogitans attonitos habes ocu- los? Quid tumet contra Deum spiritus tuus? ut Offensas proferas de ore tuo hujuscemodi sermones? Quid Jitec locmiis 0 i, quia Job superius dixit : Si fncro jndicntus, seio quod est homo ut immaculatus sit, et justus appareat justus inveniar. Quia ia prioribus AngelUroporit pravitutem. natus dé muliere? Ecce inter sanctos ejus nemo Sancti in ejus compnratione. immutabilis, et ecce cœli non sunt mundi in homme Job d’être inutile et abominable à Dieu, parce qu’il est sans bonnes œuvres. L’insensé pèche sans réfléchir, l’homme qui boit l’iniquité comme l’éau, est- comme s’il avalait un verre d’eau., il abominable et inutile ? Ecoutez-moi, et. je Ce que je dirai, vous vous dirai ce que je pense :je vous rapporte- reconnaîtrez que j’en ai une entière connaissance. Ils ne se défendent pas eux- rai ce que j’ai vu. Les sages publient ce qu’ils mêmes, ni leurs pères à qui ils ressemblent, savent, et ils ne cachent point ce qu’ils ont Il parle des hérétiques, reçu de leurs pères, à qui seuls cette terre a qui croient connaître seuls les mystères. Il faut entendre que les saints sont été donnée, et qui Tont défendue des courses étrangers aux hérétiques. Tout docteur d’iuiquité, ou le diable, des étrangers. L’impie croît en orgueil de jour De son or- en jour, et le nombre des années de sa ty~ gueil. Parce que le diable voit le ju- rannie est incertain. Son oreille est toujours gement de perdition qui l’attend. Il faut entendre frappée de bruits effrayants ; et au milieu ici le diable et tous ses acolytes, même de la paix, il s’imagine toujours qu’on L’impie forme contre lui.de mauvais desseins. Quand désespère qu’il lui soit impossible de retourner h la il est dans la nuit il n’espère plus le retour Sanclmn Job exprobnt quasi abominabilom et conspectu ejus. Quanto magis abominabilis et iantilem Dco siue operibus. Stultus sine medilatione peecat, quasi po- mutabilis [ Vulg . inutilis] homô, qui bibit quasi tum degiutiat. Quod aquas iniquitates! Ostendam tibi, audime; quod loqnar, agoovisso me novoris. Non défendant seipsns, snosque patres vidi narrabo tibi, Sapientes confitentur, et non Blindes g ni. Do luerolieis dieit, qui se solos cre- abscondunt patres suos. Quibus data est terra, dunt mysteria nosso. Saneli alieni ab luerelicis intelligendi sont. et non transivit ,alienus per eos. Gunctis diebus pravus doetor, sivo diubolus. suis impius superbit, et numerus annorum in- do Buporbia ejus hoc dieit. Quia diabobts soi t judieîum certus est tyrannidis ejus. Sonitus terroris [In porditionis sibi fnturuni ; Vulg. desideralur ] ejus semper in auribus illius, Hic diubolus, etouine corpus ejus intelligitur. et cum pax sit, ille insidias suspicatur. Non cre- SAINT JÉROME. 428 pénitence. Redoutant la inort dé tontes parts, de la lumière, et il ne voit de tous côtés que Le pécheur cherchant les satisfac- des épées nues. Lorsqu’il se remue pour ch en¬ tions de la vie présente. - Le diable a toujours présent â l’esprit cher du pain, il se voit près d’être accablé 10 temps du terrible jugement de Dieu, où il redoute les peines éternelles qui lui sont réservées. La terreur des châtiments par le jour des ténèbres. La vue de l’adver- le remplira d’angoisses. sité l’épouvante , et les malheurs qu’il se Allusion au diable ou à l’impie, figure l’assiègent, comme un roi qui se pré- qui, en adversaire de Dieu, se prépare à lui faire la guerre avec ses vices. Dans l'élévation ou l’ex- pare à donner bataille. Car il a porté sa main pansion des mains, il indique la résistance à Dieu. L’impie, à défaut de mérites, puise sa contre Dieu, et il s’est roidi contre le Tout- force dans son audace. Le diable ou l’impie se hâte de faire avec Puissant. Il a couru contre Dieu la tête levée, arrogance ce qui déplaît à Dieu. Image de l’excès de l’orgueil. Les 11 s’est armé d’un orgueil inflexible. La graisse péchés obscurcissent la vue de son âme. Les ministres du dia- a couvert tout son visage, et elle lui pend de ble, qui sont la source de la vanité. Dans les pensées tous côtés. Il a fait sa demeure dans les villes Impiiis desperat, f[uod ad pceuiteDiiain reverti possit. dit quod reverti possit de tenebris [ Vulg . addit Rinc inde sibi præstolans moriem. ad lucem], circumspectans undique gladium. Peccator ad stipiendmm vitœ præsontis. Diabolo Cum se moverit ad quærendum panem, novit niliil alind occurrit anirno, qmim tempus iilud judiuii Dei horrib.Iis, quo sibi pcenap perpétuas irrogandas expavescit. quod paratus est in manu ejus tenebrarum dies. Pressuris coarclabilur prie pavore pœuarum. Terrebit eum tribulatio, et angustia vallabit eum, DiaboLum signiGcat, vol impium hominem, qui bella vitionnn préparât, Deo contrarius. lu elatione, sicut regem qui præparatur ad prælium. Teten- sive expmieione manu», Doo resislentem oslendit. Pro meriti* contn- dit enim adversus Deum manum suam, et contra macia roboratura dicit. Diabolus vel itnpius, oa qms omnipotentem roboratus est. Cucurrit adversus displicoLt Duo, cüm audacia perputrare feslinat. Suporabuudantim) eupoibiatn indicat. eum erecto collo, et pingui cervice armatus est. Monttm aoicnre obscurant pecoaia sua. Diaboli ministri, ex Operuit faciem ejus crassitudo, et de lateribus des méchants. Les sociétés des impies sont appelées désolées, dans des maisons désertes, qui ne désertes, parce qu’elles n’ont pas Dieu pour hôte. Puisqu’il sont plus que des monceaux de pierre. Il ne amasse des biens périssables. Parce qu’il ne tardera pas à s’enrichira point, son bien se dissipera en être puni lui-même. Dans la mémoire des vivants, pour peu de temps, et il ne poussera point de ra- qu’il puisse espérer la gloire future. De l’iu- cine sur la terre. Il ne sortira point des té- fidélité au repentir. Ses penchants et ses nèbres qui l’environnent; et s’il étend ses mauvaises œuvres. De la tribulation. branches, la flamme de la colère de Dieu les Ses desseins ne subsisteront pas. brûlera; un seul souffle de sa bouche l’em- L’impie désespérera de son salut; ou bien le portera. Il ne croira point, dans la vaine er- diable ne peut être racheté de la perdition éternelle, reur qu’il possède, qu’il puisse être racheté Par un ordre anticipé, il est prédestiué d’aucun prix. Il périra avant que ses jours à périr avant le jour du jugement, soient accomplis, et ses mains se sécheront. La vie des méchants ne croit pas ; la chaleur de Tor¬ il se flétrira comme la vigne tendre qui ne gueil et le froid de l’éloignement de Dieu la dessèchent, commençait qu’à fleurir ; et comme l’olivier quibus pendot elatio mentis. Apud cogitotiones iniquonim. ejus arvina dependet. Habitabit in civitatibus Congregatioues impionim duaertœ dieuuiur, quia desolatis, et in domibus desertis quàe in tumu- habitalorotn Deum non bobent. Dnm utique peritura congregat. Quo- lum sunt redactæ. Non ditabitur, nec persôvera- ninm ipso puniendus enim festinus. vivontium memoriom ut sperot bit substantia ejus, nec mittetin terrain radicem future. De înlidelitato ad pcenitontiam. SequaceB suos, et maia suam. Non recedet de tenebris. Ramosejus arefa- opera. Trîbulationis. Non pormanebit consilium ejus. ciet flamma. Auferetur spiritus oris ejus [Vulg. Hnuio ioipins uulto pretio rediinuudtis eriL : eive diabolus de sui]. Non credat frustra errore deceptus, quod intérim perditionis. Ante diem judicii prœs- aliquo pretio redimendus sit. Antequam dies citus iu prwdostiuatione peribit. Vita ejus impleantur, peribit; et manus arescet. Læ- iniquorum non crescit, sod calore superbiie, sive frigore charitatis Dei detur quasi vinea in primo flore botrus ejus, et arescît. Plebs Judtcoruui Chrislum repolleus casllssimum floiem. Haplorem, quasi oliva projiciens florem sùum. Congregatio 429 EXPOSITION INTERLINÉAIRE DU LIVRE DE JOB. Le peuple juif repoussant Jésus-Christ, la plus chaste des fleurs. Eliphaz accuse fausse- qui laisse tomber sa fleur. Car tout ce qu’a- ment ici le saint homme Job d’hypocrisie et de rapine masse l'hypocrite sera sans fruit, et le feu et dit que ses richesses injustement acquises ne lui ont servi de rien. Des présents, c'est-à-dire dévorera les maisons de ceux qui aiment à les éloges des hommes. Quand il médite ses mau- recevoir des présents. Il conçoit la douleur, vais desseins. Lorsqu’il s'efforce do les accomplir. Il faut entendre l’esprit de et il enfante l'iniquité, et son sein s’occupe h l’impie, qui ne cesse de méditer des pièges, inventer de nouveaux pièges. CHAPITRE XVI. Il a été Job répondit à Eliphaz, et lui dit : J’ai cn- décrié de la sorte ou par ses amis ou par d’autres, tendu souvent de pareils discours ; vous ôtes Ces vains dis¬ tous des consolateurs importuns. Ces discours cours auront- ils une fin, c’est-à-dire, un frein qui les rende raisonnables. Il ne lui est point en l’air ne finiront-ils jamais ? et votre avan- à charge, parce que les discours calomnieux sont à tage ne vous est-il point à charge? Je pourrais charge plutôt à qui les entend qu’à celui qui les dit. C'est évident. Si vous aussi moi-même parler comme vous : et plût simulatoremque lus sermonibus aanutum Job deaolut fa Hacher, et dicit enim hypocritæ sterilis, et ignis devorabit taber- quoil nibil proderint ei divitiœ ex iniquitnte congregatæ. Hnmiinu» laudes vultint lligi. nacula eorum, qui munera libenter accipiunt. Cum perverse cogitât. Cam explore contenderit. Impii liominîs Concepit dolorem, et peperit iniquitatem, et moos intelligi potest, quie non (lesinit præpararo dolos. utérus ejus præparavit dolos. CAPUT XVI. Ant ah a miels suie, aut Respondens autem Job dixit : Audivi frequen- ab aliia bnjusinodi contumelina ecccpii. ter talia; consolatores onerosi omnes vos estis. Finera dixit, id est, vel mudum, vel rntionem, voua scilicet. Non Numquid habebunt finem verba ventosa, aut molestmn est, qui injuriosa loquacités umgis eudionti molesta est,quam dicenti. aliquid tibi molestum est si loquaris? Poteram et enduriez les maux que j’endure, je n’agirais pas à votre A Dieu que votre âme fût au même état que égard comme vous agissez envers moi. la mienne ! Je vous consolerais aussi par mes Je donnerais des preuves des sentiments discours, et je témoignerais sur mon visage tendres de mon coeur. J’auraisdespa- ce que je ressentirais pour vous ; je vous for- roles de consolation. Ma voix s’attendrirait et tifierais par mes paroles, et je vous épargne- aurait l’accent de la compassion, rais dans tout ce qui sortirait de ma bouche. Mais est-ce à moi de remplir l’office de consolateur? Que je parle ou que je me taise, Mais que ferai-je? Si je parle, ma douleur ne d’incessantes douleurs me déchirent, s'apaisera point; et si je demeure dans le si- Le fléau de ma plaie. Il se proclame lence, elle ne me quittera point. Ma douleur vaincu, brisé par les douleurs desulcèresqui le rongent, me presse et m’accable maintenant; et tous les membres de mon corps sont réduits à Mes ulcères dégouttants de sanie et de pourri- rien. Les rides qui paraissent sur ma peau, tare disent quels horribles tourments j'endure, rendent témoignage de l’extrémité où je suis; Eliphaz lui-même, ou plutôt le démon, qui n’a pu don- et un homme s’élève en môme temps contre ner la preuve de ce qu’il avait dit au Seigneur : « Frap- moi, pour me contredire et me résister en pez son corps et sa chair, » et le reste. Il sévit avec tout l’a- face par de faux discours. Il s’est armé contre raanifestum est. Si vos quœ sustineo pateremini, ego similia vestri loqui. Atque utinarn esset non îia circa vos agerem, ut vos eirca me agitis. anima vestra pro anima mea! Consolarer et ego Super vos animi mei blandimentuin confir- vos sermonibus, et moverem caput meum super marem. Conaolatoria verba depromerera. Eloquimu teraporarem. vos. Roborarem vos ore meo, et moverem labia Monstrans compaliootis aiïeeturu. Qunmodo eondoiontis impendnm quasi parcens vobis. Sed quid agam? si locutus affeclum ? aivo loquar, sive etiam taceam, inceBsubîli dolore discrucior, fuero, non quiescit dolor meus : et si tacuero, ealamitas plagie. CuLamilatîbua plagœ illiua, quam patiebûUir, viclum non recedit a me. Nunc autem oppressit me do¬ se «lauûitût opprassum. lor meus, et in nihilum redacti sunt artus mei. Qnos patior in sanie Bordes pnlveris, toquunlur quantus crunialus sus- tin eo. Ipsum Elipbaz, sive diabolum dicit, quod ad Dominura dixerat : Rugæ meæ testimonium dicunt contra me; et n Tango os ejus, ut earnem. » Et relique. sus ci ta tu r falsiloqnns ad versus animatn meam SAINT JÉROME. 430 charnement dont il est capable. Le diable menaçait le saint moi de toute sa fureur; il a grincé des dents homme Job par la bouche de ses amis disputant contre lui. Satan, qui troublait son repos en me menaçant; mon ennemi m’a envisagé par d’horribles visions. Ils ont dit cette parole avec un regard terrible. Ils ont ouvert leur qui . fut plus tard dite à Tobie : « Où sont maintenant vos œuvres de justice ? Voilà les maux que vous souf¬ frez. » En lui jetant à la face bouche contre moi, et en me couvrant d’op- les opprobres et les calomnies. L’esprit probres, ils m’ont frappé sur la joue, et se du méchant se rassasie en quelque manière, quand il voit souffrir ceux qu’il poursuit injustement de sa haine. Quand Dieu livre sont rassasiés de mes peines. Dieu m’a fait le corps d’un saint à la persécution. Il a été li- tomber sous la puissance de l’injuste, et il m’a vré aux mains des impies que Satan excile. 11 était roi puis- livré entre les mains des impies. J’ai été tout sant et riche, et le Seigneur a permis qu’il fût tout à d'un coup réduit en poudre, moi qui étais si coup dépouillé de tous ses biens. Il indique l’élévation dosa force puissant autrefois. Le Seigneur m’a fait plier et de sa liberté. S’il y avait en lui quelque le cou sous sa verge, il m’a brisé, et il m’a trace d’orgueil. Comme les archers envoient leurs traits vers uubutqu’ils visent, ainsi le diable dirigeait contre lo saint homme Job les flèches des épreuves. Il mon- mis comme en butte à tous ses traits. Il m’a Indignationem aniani sæviontis effudit. oontradicens mihi. Collegit furorem suum in me, Ore amif.ix'um contra sancinm Job disputanlium diabolus minaba- et comminans mihi, infremoit contra me dentibus tur. DiaboSum dieil, qui ei horreodns imagines in eonino excîtabat. suis. Hostis meus terribilibus oculis me intuitus Dioentes illud, quod postea Tobias audivit : « Ubi sunt Donc jnstilire lnæ? ecce quœ pateris. » Dum ei in faciem est; aperuerunt super me ora sua; et expro- opprobrin et maledicta conjectant. Animus branles percusserunt maxillam meam; satiati main- quodammodo satururi dicitur, dum eos quos immérité oderit, videt crueiari. Qnando earo saneti persécution! traditur. sunt pœnis meis. Conclusit me Deus apud ini- ln mauibns impiorum, quos diabolus instigal, permissus est, Divespîu- quum, et manibus iniquorum me tradidit. Ego rimum et i cx poteos, Bubito oomibus facultntibus destituas est, Domioo permutante, Viitutis ille quondam opulentus, repente contritus sum. ejns et libertalis erectionona significat. Siquid superbiœ habebat. Sicut Tenuit cervicem meam et confregitme, et posuit tre que le diable le tentait de toute manière. Non-seu- environné des pointes de ses lances, il m’en lement son corps était extérieurement couvert d'ul- a percé les reins de toutes parts, il ne m’a cères, mais encore intérieurement il avait été, pour point épargné, et il a répandu mes entrailles ainsi dire, changé tout entier en pourriture. En ajoutant les plaies aux plaies. Les plaies sans nombre qu’il ajoute à sur la terre. Il m’a déchiré, il m’a lait plaie mos maladies et à mes blessures décomposent tous sur plaie, il est venu fondre sur moi comme mes membres. Il ne s’est pas réellement couvert d’iin snc; un géant. J’ai étendu un sac sur ma peau, et c’est une image pour indiquer l’excès d’humiliation. Je suis, dit-il, devenu pour tous un objet de mépris. Parce que les j’ai couvert ma tête de cendres. Mon visage souffrances ont multiplié ses larmes. Sa vue s’est s’est bouffi à force de pleurer, et mes pau- obscurcie, à cause du clignotement de3 paupières. Il met en évi- pières sont couvertes de ténèbres. J’ai souf- dence la cause de son innocence, pour laquelle Dieu fert tout cela sans que ma main fût souillée lui avait rendu témoignage, par l’iniquité, lorsque j’offrais à Dieu des C’est-à-dire, les mérites de l'inno- prières pures. Terre ne couvre point mon cence. Le mot sang veut dire ici condition de la vie présente. Les cris du suppliant indiquent son zèle pour sang, et que mes cris ne se trouvent point sagittùrii ad quiddam signum jacula miltimt, ita diabolus in beatuni sibi quasi in signum. Circumdedit me lanceis Job tentaiioDum t<;la miltobat. Omnimodatn diuboli tentalioDcm dicit. suis; convulneravit lumbos meos; non pepercit; Non eolum deforis enrpore compntruerat, verumeiiam totus inlrinsecus pntredinis sure sanie liquescebat. Dum longuoribus meis et effudit in terra viscera mea. Concidit me addemlo plages p] n gis. et Yiilueribus nddunt pingre innumerabilos, dividor totus rosolulun. Non vulnere super vulnus, irruit in me quasi gigas. perspicue, sed ex sensu hnniilmiiouis sure dixit. In contcmplum, Saccum consuit super cutem meam, et operuit in qui t , dospectionis ab omnibus factus sum. Quia mHjorem planclum habnit in dolnre. cinere carnem meam. Faciès mea intumuit fletu, Oculurum obtuium dicit, qui eo quod palpitent palpebrœ dicuntur, Causam innoeonlire os- et palpebræ meæ caligaverunt. Hæc passus sum lendit, quia Dominus loudasset euin. absque iniquitate manus meæ,’cum habuerim EXPOSITION INTERLINEAIRE DU LIVRE DE JOB. le Seigneur, ou sa sainteté réclamant contre les maux qu’il souffre. C’est, à la lettre que le saint étouffés dans ton sein. Car le témoin de mon homme Job eut le témoignage de Dien pour la pureté innocence est dans le ciel, et celui qui con- de sa vie, naît le fond de mon cœur réside en ces lieux On appelle bavards ceux qui se répandent sublimes. Mes amis se répandent en paroles ; en vaines paroles, comme les amis de Job contre lui. Il pleure devant Dieu, parce que ses larmes ne peuvent mais mes yeux fondent en larmes devant Dieu, lui procurer aucune bonne consolation de la part des hommes. Celui qui dispute avec un homme sait ce qu’il veut Que je souhaiterais qu'un homme pût se jus- dire et ce qu’on dit; il n’en est pas de! môme de celui tifier devant Dieu, comme il peut se justifier que Dieu flagelle et qui ne sait pas pourquoi. Le temps de la vie devant un homme comme lui ! Car mes années ici -bas. Parce qu’il y aura une coulent et passent vite, et je marche par un autre vie après celle-ci. sentier par lequel je ne reviendrai jamais. CHAPITRE XVII. Ces paroles indiquent que sa mort est imminente. Toutes mes forces sont épuisées, mes jours Sanguinis vcro nomme slatnm mundas ad Deum preces. Terra, ne operias san- præsentis vitæ dicit, ne innocenté meritum laleat. In clamore orantis ad Domimnn intentioneni guinem meum, neque inveniat in te latendi lo- iudicat, vel sanctitatem ejus centra pâma n illins reclamantem. Verum est, qnod beatus Job Banctævitæ cum clamor meus. Ecce enim in cœlo testis suce Deum testent sive conscium habuit. Vorboet dicuntur, qu; meus, et conscius meus in excelsis. Verbosi amici vana loqmintnr, sicut isti feccrunt adversns sancium Job. Ad Deum defleat, oum ab bominibus nullum ei ait fidele solatîum per lacrymas. Qui cum homme eon- mei ; ad Deum stillat oculus meus. Atque utinarn tendit, quæ dicere vult, et qnœ dieuotur, agnoscit ; qui uutem a Deo sic judicaretur vir cum Deo, quomodo judicatur flagellatur non ita babel agnoscere. s; patin, prre- filius hominis cum collega suol Ecce enim bre- sentis vitæ. Quia alia erit vita post istam. ves anni transeunt, et semitas per quas non re- vertar ambulo. CAPUT XVII. Jamjamque impendentem mortem bis Bermonibu3 indicat. Spiritus meus attenuabitur, dies mei brevia- 431 Ainsi parlent les saints, tou- ont été abrégés!; et il ne me reste plus que le jours préoccupés de leur fin dernière. En blasphémant contre Dieu, tombeau. Je n'ai point péché et, cependant L’œil de l’esprit. Il en est ainsi pour les saints tout mon œil ne voit rien que de triste et d’affli- le temps qu’ils sont en ce monde. Prolégez-moi, comme Moïse fut protégé par la géant. Délivrez-moi, Seigneur, et me mettez nuée sur la montagne. auprès de vous; et après cela, que la main Des amis de qui que ce soit s'arme contre moi. Vous de Job; ou bien, par un juste jugement de Dieu, le cœur avez éloigné leur cœur de l’intelligence; c’est des hérétiques a été éloigné de l’iuleiligence. L’antique pourquoi ils ne seront point élevés. Il promet ennemi promettait aux malins esprits du butin, c’est- à-dire, les âmes des méchants. Parce que les mé- du butin à ses compagnons; mais les yeux chants ont du dépit de ne pouvoir emporter de ce de ses enfants tomberont dans la défaillance, monde leurs richesses. Il dit de même ailleurs : Ceux qui sont plus jeunes 11 m'a rendu comme la fable du peuple, et je que moi me raillent, et le reste, suis devenu à leurs yeux un exemple de la Maintenant. Job se plaint d’avoir eu justice de Dieu. Le chagrin obscurcit mes lia a sanctis dicitur, qui semper finem considérant. Per buntur, et solum mihi superest sepulcrum. Non blaspheiniam in Deum. sic fiunt sancti qnamdiu .hic erunt. iutentî» pecoavi, et in amaritudinibus moratur oculus monti*. Protégé me, ut Moysns petræ velamine meus. Libéra me, et pone me juxta te, et cujus- protegcbuiur. Amicorum Job; vel bœ- vis manus pugnet contra me. Cor eorum longe reticorum cor longe factum a disciplina justo Dei judicio. fecisti a disciplina, et propterea non exaltabun- Antiquus boatis malignis spiritibus promittebat prædam, hoc esl animas pravorum. Quia pravi iu eo laborant, tur. Prædam pollicetur sooiis, et oculi liliorum quod sciciun de srecillo anferre non valent. Lit alibi dicit : Nnnc autem dérident me juniores ejus déficient. Posuit me quasi in proverbium tempore, et reliqua. Nunc Jnb conque- vulgi, et exemplum sum coram eis. Galigavit ab rit tir sibi caligasse ocilllos mentis ab indignationo, qua ipsum sanctilatîs 8'iæ mérita commovebant. Eo quod bona conscientia pœnas indignatione oculus meus, et membra mea quasi patoretur. Quomodo justes homo pœnis in nihilum redacta sunt. Stupebunt justi super 432 SAINT JÉROME. les yeux de l’esprit obscurcis par le chagrin qu’il a eu yeux, et les membres de mon corps sont d’étre éprouve malgré les mérites de ma sainteté. Tl souffre tous ces maux, malgré la pureté de sa cons¬ cience. Gomment le jusLe est af- comme réduits à rien. Les justes sont épou- fligé des plus grands maux. C’est-à-dire, Job lui. vantés de cet état où je suis, et l'innocent s’é- même. Le démon ou les amis de Job, contre qui il est suscité lui-même dans cette lutte. Il moutre l'affermissc- lèvera contre l’hypocrite. Le juste demeurera ment de la persévérance dans la sainteté, toujours ferme dans sa voie, et celui qui a les Bonnes œuvres. vertueux. La conver- mains pures en deviendra plus fort. Revenez- sion dépend de ce qu’on s'amende, cessez de m'accuser. donc tous, et convertissez-vous, je vous en Parce que les amis de Job prononçaient des pa- prie, et je vous ferai voir qu’il ne se trouvera rôles injurieuses contre lui, que le Seigneur avait loué. On peut entendre les point de sages parmi vous. Mes jours se sont jours de sa prospérité passée, écoulés et toutes les pensées que j’avais, ayant À cause de la tribulation de ses été renversées, ne servent qu’à me déchirer maux. Je n’ai eu de repos ni jour ni nuit, mais la le cœur. Elles ont changé la nuit en jour, et douleur m’a tenu dans de constantes insomnies, j’attends que la lumière reparaisse après les maximis affligitur. Beatus vidolîcet Job. Diabolos sivo amici Job, contra quos io cer- hoc, et innocens contra hypocritam suscitabitur. tamine îpse suscitatur. Perseverantiam in eanctitato roboratam dicit bonis operibua. Et tenebit justus viam suam, et immdis manibus Conversio pertinet ail omewlaiionem , animi virtutom. Cessât© «b inerepatione mca^ addet fortitudinem. Igitur omnes convertimini, Qnia amici Job contra eum, quem Dominos laudavit, iu_ . et venite, et non inveniam in vobis ullam sa- juriosa verha loquercntur. Dies felieïtatîs prretoritœ intelligi possunt, pientiam. Dies mei transeunt, et cogitationes propter plagarum trilmlatiouem. Ut in meœ dissipatæ sunt torquentes cor meum. Noc- dio, sic in nocto requiem non hubui, sëd juges Yigiliiie pi’œ dolore. tem converterunt in diem, et rursum post tene- Domum inferni dicit pro siroilitudine cru- bras spero lucem. Si sustinuero, infernus domus ciatunm. In touebris lectnm strare, est in incerto requiem quæ- mea est; in tenebris stravi lectuin meum ; putre- II appelle sa maison un enfer à cause de ■ténèbres. Quancl j'attendrais jusqu’au bout, la similitude de souffrances. Préparer son lit dans ma maison est un enfer, et je me suis préparé les ténèbres, c’est chercher le repos dans des moyens incertains. Ma chair est pleine mon lit dans les ténèbres. J’ai dit à la pour- de vers et de pourriture, comme si j’avais été eugen- riture : Vous êtes mon père; et au ver : Vous dré par eux. Il a dit de même ail— êtes ma mère et ma sœur. Ouest donc main- leurs : « J’attendais les biens, et ce sont les maux qui sont venus. » Il montre qu'il est fort tenant toute mon attente? et qui est celui qui au milieu de ces tortures. G’est-à-dire l’âme, en qui considère ma patience ? Tout ce que je puis sont contenues toutes les espérances de l’homme, espérer descendra avec moi dans le plus pro- Si je souffre ces maux ici-bas, croyez-vous fond du tombeau ; croyez-vous qu’au moins que j’aurai quelque repos dans le lieu des châtiments? en ce lieu je puisse avoir du repos? CHAPITRE XVIII. Raid ad de Suth répondit à Job, et lui dit : Il accuse le saint homme Job de bavardage. Jusques à quand vous répandrez-vous en tant Gomme s’il n’était pas le seul dont l’Es- de paroles? Comprenez auparavant, et après prit-Saint, au nom duquel il 11e cesse de parler, a il- cela nous parlerons. Pourquoi passons-nous rare. lia in carne mea vermes sunt et putredo, uti Dtts- dini dixi : Pater meus es, mater mea, et soror c.orer ab eia velut ex parente. Podem sonflii qno alibi dicit : k Pxflpec- mea vermibus. Ubi est ergo præstolatio mea, et tabam bona, et Yenertinl mîhi mala. » Portera so in illis crmdatibns ostundit. Àniinam dicit, in qna patientiam meam quis considérât? Inprofundis- omniti status hominis continetnr. Si hic pœnas patior, simum infernum descendent omnia mea; pu- putasne, in locis pœnnrimi erit mibi aliqua requies ? tasne, saltem ibi erit requies mihi? CAP UT XVIII. Yorbosum Respondens autem Baldad Suites, dixit : Usque redarguit Banctum Job. Quasi non flit soins, pro spiritu ad finem verba jactatis; intelligite prius et sic qno loqni non deainat, pluraliter locutua est. Yilidsirai, indignique olloquio. loquamur. Quare reputati sumus ut jumer.ta, et EXPOSITION INTERLINEAIRE DU LIVRE DE JOB. 433 lumiûé les discours. Pour méprisables et indigoes de dans votre esprit pour des animaux sans rai- vos entretiens. son? et pourquoi n'avez-vous que du mépris Aveuglé par votre fureur insensée, vous pour nous? Si vous ôtes résolu à perdre votre donnez la mort à votre Ame. Comme s’il disait : A cause Ame dans votre fureur, la terre sera-t-elle de vous, le monde ne dépendra -t-il pas de Celui qui le abandonnée à cause de vous, et les rochers dirige ? Gela s’entend des gràuds du monde et des su¬ perbes, qui peuvent être appelés rochers en raison de leur gloire mondaine. Allu- seront-ils transportés hors.de leur place? La sion à la prospérité de Job, qu’il dit éteinte, parce qu’il lumière de l'impie ne s'éteindra-t-elle pas, et en a été dépouillé. Il ne la recouvrera pas à cause de la flamme qui sort de son feu ne sera-t-elle son manque de sagesse. La joie actuelle dans les pensées de pas sans éclat? La clarté qui luisait dans sa son cœur: Evidemment, la protection maison sera obscurcie, et la lampe qui éclai- divine. A cause rai t au-dessus de lui perdra sa lumière. Avec des angoisses des tribulations, dont il ne peut abso- toute sa fopce if ne marchera qu'à l'étroit et lurnent sortir. Il est plus que tout autre la dupe de avec peine, et ses conseils le feront tomber ses propres conseils, parce qu’il est plein de confiance en sa vertu. Il a embarrassé ses voies dans le précipice. Car il a engagé scs pieds Fnroris nmontia ooneilntus ani- sorduimus coram vobis? Qui perdis animam mœ tnce intnlis modem. Àc si diccret : NumqniJ proptor te meam in furore tuo ; numquid propter te relin- muudus ad rectorem smnn non perlinet? Excelsi qniquo rnuudi et auperbi iutellignntur, quetur terra, et trànsferentur rupes de loco suo? qui propter honorem sæculi rnpes did possiuit. Félicitaient beat! Job exstinctam dieit, dutn ab ea destituais cat. Fdidlatem piiatioam Nonne lux impii exstinguetur? nec splendebit afcoplurum non esse insipienter didt. Gaiidinm præsens in cogitdlione flamma ignis ejus? Lux obtenebrescet in taber- eordia ejus. Protoctio videlîcet divins. naculo illius, et lucerna quæ super cnm est, Tribulatiomim angnstiis, ut inde otnnino uod exstinguetur. Arctabuntur gressus virtutis ejus, possit oxire. Maxiuio imua consilio suo docipitur, confidena in vîr- tnte sua. binera sua et præcipitabit eum consilium suum : Immisit iu errore peceati invoivit, in que iuiplicatur ut oorrnat. enim in rete pedes suos, et in vinculis [V-ulg, TOM. IV. dans le dédale du péché, où il est enfermé pour sa perte. Lo vieil dans les rets, et il marche au milieu du filet, ennemi amènera sa fiu. Le diable, qui a soif de la Son pied serapris dans ce filet, etla soiflebrû- perte du genre humain. Le mot appât est l’image lera de ses ardeurs. Le piège qu'on lui a des délices du monde, que les ignorants convoitent, préparé est caché sous la terre, et on lui tend comme l’oiseau convoite l’appât un appât le long du sentier. Les terreurs l'as¬ siégeront de toutes parts et l'envelopperont Parce qu’il ne se nourrit pas dans ses démarches. La faim changera sa vie de l’aliment spirituel qui vient de la bouche de Dieu. Son intelligence. en langueur, et son estomac n'ayant point de Dévorera la nourriture deviendra tout faible. La mort la gloire temporelle, qui, étant tout extérieure, est sem- pius terrible dévorera l’éclat de son teint et blable à l’éclat du teint. L’orgueil ou plutôt le diable supplante la gloire du méchant. Souil- elle consumera toute la force de ses bras. Les lé de péchés, il ne peut mettre aucune confiance dans choses où il mettait sa confiance seront arra- les prières qu’il adresse au Seigneur. C’est-à-dire, l’antique en¬ nemi qui donne la mort. En fin décompté, chécs de sa maison; et la mort le foulera aux le méchant est foulé aux pieds par le diable. Il sou- pieds comme un roi qui le dominera. Les Finis ejus anliqno hoste. maculis] ejus ambulat. Tenebitur planta ejus Diabolus, qui aîtit interitnai hunnini generia.Per decipulam laqneo, et exardescet contra eum sitis. Abscon- quœ ponîtur eaeœ, dolidæ miindî signantur, qnod sic ab ignaris appe- dita est in terra pedica ejus, et decipula illius tuntur, aient osca par dccipnlam. linpins timoré pœnœ futurs) toirebilur. super semitam. Undique terrebunt eum formi- Qui non pascitur spiritali dines, et invol vent pedes ejus. Attenuabitur famé alimento, qnod procedit de ore Dd, internos mentis sensus. Gloria lena- robur ejus, et inedia invadet costas illius. Devo- poralis qiue durit foris conspidtur, quasi speciea in ente tenetur. Iniqui ret pulchritudinem cutis ejus, consumât brachia gloiiuiu snperbia supplnnlat, vel diabolus. Peccatis suis pollutus, nulla ei fiducie illius primogenita mors. Evellatur de taberna- sit deprecandi Dontirmm. In uovissiino pravua a diabolo eal- culo suo fiducia ejus, et calcet super eum quasi catur. Àntiqims hostis, quia interitum intulit. Hic oxoptat dœmones esse in domo Job, antiqui rex interitus. Habitent in tabernaculo illius socii 28 434 SAINT JÉROME. hait0 que les démons, ministres de Satan, habitent compagnons de celui qui n'est plus habiteront dans la maison de Job. So,tan n'est plus, en ce sens qu’il dans sa maison et on y répandra le soufre, a perdu son ancienne beauté. Le soufre, c'est-à-dire, la mauvaise odeur du péché dans sa vie. Mauvaises pensées. Ses racines qui tendaient en bas se sécheront, L’œuvre du méchant est méprisée par Dieu, ses branches qui montaient en haut seront Qu’il tombe du piédestal des louanges retranchées. Sa mémoire périra sur la terre, terrestres. Il perdra la joie que lui procuraient ses ri et on ne parlera plus de son nom avec chesses. De la honneur dans les places publiques. On le chassera de la lumière dans les ténèbres, et vie présente dans la mort. Que le juge d’en haut le transporte de ce monde dans l'enfer. Parce que il sera transporté hors de ce monde. Sa race les supplices sont réservés également à tous les mé¬ chants. Parce que le juge incorrupti- ne subsistera plus, il n'aura point de postérité ble met un terme aux iniquités des méchants à la fin parmi son peuple et il n'en restera rien dans même du monde. Au temps de la damnation, lorsqu’arri- son pays. Ceux qui viendront après lui seront vera ce qui vient d’être dit, les impies de toute condi- étonnés de sa perte, et les hommes de son tion seront saisis d’horreur, temps seront saisis d’horreur. Ainsi sera dé- Parce que c’est solée la maison de l’injuste, et la demeure hogtifi minislri. Ideo non est, quia a sum.rin eàscntia rpeeesit. In vite ejus, qui non est; aspergatur in habitatione illiiu peccati fœtorcm, cogitnlinnes malormn. [Vulg. tabernaculo] ejus sulphuv. Deorsum radi¬ ées ejus succidantur [Vulg, siccentur], sursum operalio eorum a Dao despicilur. Terrunre Joudis altiludincm autem atteratur messisejus. Memoriaillius pereat oinitlut. et çaudium mammonis perdet. de terra, et non celebretur nomen ejus in pla- de vita prœsenti in inortem. Dd boc mundo teis. Expellet eum de luce in tenebras et de orbe a superno judice transferalur in tnrtarum. Quia pnpnlua pravornm paritiT in suppliciia transferet eum. Non erit semen ejus ne que pro- manohit. qnoniam districlus jndüx cnm ipso miindi genies in populo suo, necullæ reliquiæin regio- fine iniquitatea illius coiicludit. In tempore dartinationis cnm supra dicta advencrint, nibus ejus. In die ejus stupebunt novissimi, et la demeure qui convient aux dissimulations de l'hy¬ pocrite. de celui qui . ne connaît point Dieu. CHAPITRE XIX. En comptant les discours des amis de Job, on voit Alors Job répondit à Baldad, et lui dit : qu’ils sont jusqu’ici au nombre de cinq; mais parce Jusqu’à quand affligerez-vous mon âme, et qu'il a été cinq fois accusé par eux et qu’il leur a cinq me tourmenterez-vous par vos discours? voilà fois répondu, Job dit qu’ils ont voulu dix fois le con- déjà dix fois que vous voulez me- confondre, fondre. et que vous ne rougissez point de m’accabler. Si vous croyez que je ne connais pas Dieu. Quand je serais dans l’ignorance, mon igno- Vous vous éle- rance ne regarde que moi seul. Mais vous vez à cause de vCtre1 orgueil, vous élevez contre moi, et vous- prétendez En disant qu’il souffre à cause de son impiété, que l’état humiliant où je suis réduit, est une preuve que je suis coupable. Comprenez au 11 dit qu’il n’est pas juste que moins maintenant que ce n’est point par un de telles peines affligent une vie comme la sienne, jugement de justice, que Dieu m’a affligé, et Les verges des maladies. Il parie à la manière m’a frappé de ses plaies. Si je cric dans la des malades. Le Tout-Puissant feint pour violence que je souffre, on ne m’écoutera point ; infimi et procures impii terrebunlnr, primos invadet liorror. Ilæc sunt tabernacuia Qnoniam tulis locus meritis hypocrilie convonil. iniqui, et isle locus ejus qui ignorât Dcum. GAPUT XÏX. Numeralis vocibns locutinnum nrnioorum Job, adlmc quinquiea lo- Respondens Job dixit : usquequo affligitis ani- ciUos osse coçnoscimus, sud propter hoc qnod ab eis quinque iticrepa- mam meam et atteritis me sermonibus? En de- tiones nmlieruL, quorum tncropmioiiibus quinquios ipse respouderat, cies confunditis me, et non eruhescitis oppri- docies se pot'bibui ess-) coufusnm. Si pulntis me ignorare Denm. mentes me. Nempe etsi ignoravi, inècum erit Superbe exallamioi, di- ignorantia mea. Àt vos contra me erigimini, et 435 EXPOSITION INTERLINÉAIRE DU LIVRE DE JOB. quelque temps de ne pas l’écouter, afin que ses mé- si j’élève ma voix, on ne me rendra point jus- rites grandissent à mesure que l'épreuve augmente. J’étais engagé dans le droit chemin, tice. Le Seigneur a fermé de toutes parts le Jl est arrêté par ces douleurs inLolérables. sentier que je suivais, et je ne puis plus pas- 11 a permis les souffrances de mes blessures, ser; et il a répandu des ténèbres dans le che- II m’a privé de la min étroit où je marchais. Il m’a dépouillé gloire du trône. La confiance en ma foi, ou l’hon- de ma gloire, il m’a ôté la couronne de nenr qui était ma couronne. Privé de mes serviteurs, de mes fils, de ma santé. la tête. Il m’a détruit de tous côtés, et Je vois que je péris sans remède. L’espérance de vivre lui a été enlevée, je péris; il m’a ôté toute espérance, comme comme un arbre qu’on déracine. Il donne à sa douleur un arbre qui est arraché. Sa fureur s’est ai¬ le nom de fureur de Dieu, parce qu'il est soumis à Dieu. Comme si je me montrais op- lumée contre moi, et il m’a traité comme son posé à sa volonté. Allusion aux suppôts de Satan, qui lui ennemi. Il est venu accompagné de ses soi¬ ent fait violence et se sont cruellement déchaînés con¬ tre lui. Ils entourent son esprit et son corps de toutes dais; ils m’ont foulé aux pieds, et ils ont as- centes cum pro impietnle patî. arguitis me opprobriis meis. Saltem mine intel- Dicit œqtium uon esse, qund tnlem vitum lalia flagella puni- ligite, quia D eus non æquo judicio afflixerit me, reni. pœnarum verberibns. Ægroloriira more loquitm-. et flagellis suis me cinxerit. Ecce cl.amabo vim ldoo OmnipoLens aliqnando liic audire dissimulât, ut eres- patiens, et nemo audiet; et voeiferabor, et non ceiite Icnlatione, crescnnl mérita. Quautique rocte profieiscebnr. ln- est qui judicet. Semitam meam circumsepsit, et tolerandis doloribus intcrclusit. miserias vulnenim périmait. transire non possum, et in calle meo tenebras gloria regni me privavit. fi.lej meæ lidu- posuit, et spoliavit me gloria mea; et abstulit c>am, vel honoris coronnm. Familia, filiis, et sanilate cnrpu js. coronam de capite meo. Destruxit me undique, Funditn's perire me video. Cujus clinin spes vit«? relut cradicata arbor ablata et pereo, et quasi evalsæ arboris abstulit spem est. Dolorem sinun furorem Dei vocat, oui subjectus est. Quoh meam. Ira tus est furor ejus contra me, et sic me Yoluntati cjns contraria» existerem. Ministri diaboli dcsignaniur, habuit quasi hostem suum. Siraul latrones ej us sortes d’épreuves parce que son ftme leur est interdite. Il dit que Dieu siégé ma tente de toutes parts. Il a écarté a fait ce qu’il n permis de faire. Ainsi le Sauveur luî¬ mes frères loin de moi, et mes amis m’ont fui môme, dans les psaumes, dit à son Père : « Vous avez comme ceux qui m’étaient les plus étrangers, éloigné de moi mes amis et mes proches, » etc. Mes proches m’ont abandonné, et ceux qui me connaissaient plus particulièrement m’ont M es serviteurs. oublié. Mes domestiques et mes servantes m’ont regardé comme un inconnu, et je leur C’est le comble de ai paru comme un étranger. J’ai appelé mon l’injure qu’un serviteur méprise son maître qui lui serviteur, et il ne m’a point répondu, lors parle avec prévenance. C’est ce qui arriva au saint même que je le priais en lui parlant de ma homme Job, à cause de sou infirmité, parce que son propre bouche. Ma femme a eu horreur de corps étant profondément gangrené, il exhalait en par¬ lant une odeur fétide. Je sollicitais quelque compassion mon haleine, et j’usais de prières envers les de la part de ceux que j’ai nourris des maximes de la sagesse. De là un surcroît enfants qui sont sortis de moi. Les insensés d’indignation : Les insensés mêmes se rirent de la sa¬ gesse. Il nous apprend ici que, mêmes me méprisaient, et je ne les avais pas vim ejus facienies, ut ad eum crudeliter dobncclmti sunt. Omnibus ton- vénérant, et fecerunt sibi viam per me, et obse- tationibus mentem eingunt et corpus, quia anima interdicta est eîs. Deum fe- derunt in gyro tabernaculum meam. Fratres ciese dicit, quia fieri pormisit. Nam ot Salvalor in Pful. ait nd Pati em meos longe fecit a me, et noti mei quasi alieni « F.longasti a me ninicutn et proximum, » etc, recesserunt a me. Dereliquerunt me propinqni mei, et qui me noverunt, obliti sant mei. Inqui- Hoc est, servi. lini domus meæ, et ancillæ meæ sicut aliéna m habuerunt me, et sicut peregrinus fui in oculis Ad majorcm injuriam portiaet, cutn dominos servis suis eorum. Servum meum vocavi, et non respondit; bUnde loqm-ntes servi despiciunt. Quod beato Job contigit, ore proprio deprecab.ar ilium. H ali tu m meum ex infirmante accidit, ut in loquendo, odorem fœtidum do pundentia profundi vulneris exbalnret. Quos sapientiic doctrine alui, oralmm ut mihi plncabiles essent. exhorruit uxor mea, et ovabam filios uteri mei. lïinc major nascitur indignaûo, ut sapienliam stnlti irrîdcnnt. Per hoc Stulti quoque despiciebant me, et cum ab eis 436 SAINT JÉROME. pendant ses épreuves, il ne demeurait pas toujours assis sur son fumier. Les Juifs plutôt quittés, qu’ils médisaient de moi. Ceux exécrant Jésus-Christ. du conseil de qui je me servais autrefois Le peuple juif. naont eu en exécration, et celui que j’aimais C’est évident. . A mes autres le plus s’est déclaré mon ennemi. Mes chairs maux s’est ajouté celui de voir ma peau se coller à ont été réduites à rien, mes os se sont collés mes os. Le diable a livré tout mon corps aux à ma peau, et il ne me reste que les lèvres ulcères, ne me laissant que les lèvres, pour exprimer le blasphème auquel il voulait me ppusser par les souf¬ frances. Âccordez-moi la consolation de autour des dents. Ayez piLié de moi, vous au votre pitié à mon malheur. N’imitez pas ceux-ci qui m’ont eu en exécration. moins qui êtes mes amis, ayez pitié de moi; Il m’a fait sentir le poids de sa puissance. La per- carlamaindu Seigneur m’a frappé. Pour- sécution de Dieu consiste dans une salutaire flagella¬ tion des Saints. quoi me persécuLez-vous comme Dieu, et vous Pourquoi me désirez-vous des souffrances? plaisez-vous à vous rassasier de ma chair? Comme il n’a trouvé de consolation auprès de nul Qui m’accordera que mes paroles soient écri- liomme, il se tourne vers Dieu, et prophétise la résili⬠tes ? Qui me donnera qu’elles soient tracées iadicatur, quod non semper in lontatione sun in sterqnilinio sederet. recessissem, detrahebant mihi. Aboininati sunt Judtci Climlnm. congregatin me quondam consiliarii mei, et quem maxime Jndteonmi: manifestuin est. lntor crelera mala lioc diligebam, aversatus est a me. Pelli meæ, con- ndditiim est, ut curnis meæ eorium ndhæserit ossibns mois. Totum cor- sumptis carnibus, adhæsit os meum, et derelicta p iig erueintibus diabolos consmnpsit, sed labiu dereliqnit, ut per ea in blnspliemium exciturer in doloro. Misera- sunt tantummodo labia circa dentes meos. Mise- bili pie ta lis præbetn solatium. JLiect alii, qui supra, abominati sint me. remini mei, miseremini [Vulg. addit mei], sal- Putostate aftlixit me. tem vos, o amici mei, quia manus Domini teti- Persequi Dci, est sanotus benigue flagollaro. Cur gît me. Quare persequimini me sicut Deus, et mihi pœnas optalis. Quo- carnibus [Vulg. addit meis] saturamini? Quis niam a nnllo bominum potuil invenire solatinm, convertit so ad Doum, mihi tribuat ut scribantur sermones mei, quis et resurreclionein futuram propbetavit. Per ferrum, plumbum, aili- mihi det ut exarenlur in libro stylo ferreo, et rection future. Par les mots fer, plomb, pierre, il dans un livre ; qu’elles soient gravées sur une montre de quelle manière durable en ce monde il son- lame de plomb avec une plume de fer, ou sur haite qu’elles soient écrites, la pierre avec le ciseau? car je sais que mon Moi, dis-je, que les ul- Rédempteur est vivant, et que je ressuscite- cères ont rongé tout entier, revêtu d’incorruptibililé rai de la terre au dernier jour, que je serai dans cetle chair mortelle, et glorifié par la résurrection encore revêtu de ma peau, et que je verrai future, je verrai Bien. „ paple ainsi nvec la mon Dieu dans ma chair; que je le verrai, certitude d’un homme inébranlablement fixé sur ce dis-je, moi-même et non un autre, et que je fondement de la foi. L’espé- le contemplerai de mes propres yeux. C’est rance de la résurrection. là l’espérance que j’ai, et qui reposera tou- Dans le secret de mon cœur. Puisque je ne suis jours dans mon sein. Pourquoi donc dites- rien à vos yeux, pourquoi me persécutez-vous? Cher- vous : Persécutons-le, et cherchons jusqu’à cher jusqu’à la racine des paroles, c’est trouver un la racine de ses paroles des prétextes pour le sens mauvais aux bonnes paroles d’autrui. Cessez de m’opprimer, afin d’éviter le glaive, décrier? Fuyez donc de devant l’épée qui vous c’est-à-dire, la juste sentence de Dieu, menace, parce qu’il y a une épée vengeresse cem, dnraturos in sreeulo npices ostomlit, qnibns optât inscribi. plumbi lamina, vel certe sculpantur in silice? Ego, inqnam, jum cor- Scio enim quod redemptor meus vivat, et in no- rtiptn» uiceribus, in bac carne mortali incomiplns, per resurrertio :em vissimo [Vulg. addit die] de terra surrecturus fut il ram glorilicatus videbo Denni. sum. Et riirsmn circùmdabor pelle mea, et in Certus alqne inçomruiilabilis in carne mea videbo Deum. Quem visurus sum ego boc fiindainento fidei isla loqnebalur. ipse, etoculi mei conspecturi sunt, et non alius. spes resurrectiouH : in seereto munlis. Qnid me Reposita est hæc spes mea in sinu meo. Quare tnmquam nihil eredentem persequi vultis? Radieem verbi ergo nunc dicitis : Persequamur eum, et radicem quærero, est inaltnrius beae dietnm mala investignre. Ab oppressiono mea reeo- verbi inveniamus contra eum ? Fugite ergo a facie dite, ut evadere possitis gladinm, id rat, jnslam senteutinm Dei. gladii, quoniam ultor iniquitatum gladius est, et ■ Seitote judieimu Doi, qno polero do subsannatoribus viudîcure. scitote esse judicium. 437 EXPOSITION INTERLINEAIRE DU LIVRE DE JOB. Sachez qu’il y a un jugement de Dieu, de l'iniquité, et vous devez savoir qu’il y a un qui peut me venger de ceux qui me raillent, juge au-dessus des hommes. CHAPITRE XX. Sophar cle Naamath répondit ensuite à Job, Le trouble, dit-il, est dans mes pensée?, et lui dit : C’est pour cela qu’il me vient pen- parce que vous prétendez que vous souffrez ces maux sée sur pensée, et que mon esprit est diver¬ ses motif de la part de Dieu, juste juge. Gomme s’il disait : J’entends vospa- sement agité. J’écouterai les reproches que rôles, mais je discernerai si elles sont vraies grâce à vous me faites; mais l’esprit d’intelligence l'esprit d’intelligence. qui est en moi répondra pour moi. Voici cc que je sais, et ce qui a toujours été vrai de- 11 ne- puis que l’homme a été créé sur la terre : c’est cuse le saint homme Job d’impiété et d’hypocrisie, que la gloire des impies passe bien vite, et parce qu’étant rebelle à Dieu, il feignait d’être juste, et que maintenant il est ouvertement rebelle, que la joie de l’hypocrite n’est que d’un mo- II lui reproche d’être orgueilleux, ment. Quand son orgueil s’élèverait jusqu’au Tumeur d’esprit. Fumier ciel et que sa tête toucherait les nues, il pé- indique qu’il est pourri par toute sorte d’ulcôres. rira à la fin, et il sera rejeté comme un fu- GAPUT XX. Respondens aulem Sophar Naamathites dixit : Ideo, inquit, cogitatîonibus conturbor, quiadicis te bæc main sino causa Idcirco cogitationes meæ variée succedunt sibi, a Deo justo indice snstinerc. et mens in diversa rapilur, eo quod luec mala Ac si pœnarum innocentem asseris te sustinere. Doc- dient : Verba tua andio, sed a1) ita siuq r=piritn intclligcnlito meæ dis- trinam qua me arguis, audiam, et spirilus intel- eoruam. ligentiæ meæ respondebit tibi. Hoc scio ab initio, Snnctiini Job iinpimn et hy- ex quo positus est homo super terram, quodlaus pocritam dénotât, quia Deo rebellis existerot, et juslura se sjmulaverat, impiorum brevis sit, et gaudium hypocritæ ad et mine rebeifis in Demn exstitorit. Superbiirn eum exprohrat. instar puncti. Si ascenderit usque ad ccelos su- Ktevatio mentis. Per onanin perbia ejus, et cap ut ejus nubes tetigerit, quasi Ceux qui l’avaient connu sur le trône, diront mi or; et ceux qui l’avaient vu diront: Où est- d’unevoix insultante : Où est le plus puissant des rois? A cause de la brièveté si grande de la vie. il? Il s'évanouira comme un songe dont on a perdu le souvenir, et il disparaîtra comme un fantôme que l’on voit durant la nuit. L’œil Quel est le lieu qui l’avait vu ne le verra plus, et le lieu où il de l’hypocrite, sinon le cœur de ceux qui le flattent, parce que son cœur se repose là où sont ses bonnes grâces . G'cst la seutence de était ne le reconnaîtra plus. Ses enfants se- Dieu qu’ils soient accablés de la plus grande misère. Parce que les œa- ront accablés de pauvreté, et ses propres vres de ses mains lui vaudront la damnation, mains lui rendront le mal qu’il a fai taux autres. Parce que le commencement de son dérèglement, qui est appelé jeunesse, augmente par la force do l’habî- Les déréglements de sa jeunesse pénétreront tude. Parce que ses vices ne le quit- j usque dans ses os et se reposeront avec lui tent pas jusqu’à la mort. Parce que l'iniquité de l’hy- dans la poussière. Carlorsque le mal est doux . pocrite est ce qu’il y a de plus doux à son cœur. Sa parole mielleuse cache la méchan¬ ceté de son cœur. à sa bouche , il le cache sous sa langue. Parcequ’il ne la punit pas en lui-même. Il ménage cette viande, il ne cesse delà goû- II la cache en son cœur. Satiété de ladi- ter, et la retient clans sa bouche. Le pain qu’il vnlncra putrefactus, sterqn i linio shnilatur, Qui eum in regno no- sterquilinium in fine perdetur ; et qui eum vide- vemut, insultant! voce dicent : Ubi est potentissînius regum? Pro tam brevi exitu vite». runt, dicent : Ubi est? Velut somnium avolans non invenietur, transiet sicut visio nocturna. Quis est locus Oculus qui eum viderai non videbit ; neque ul- bypocritœ, nisî cor adular.tuun, ubi ftirores erunt, ibi quippe cor illius roqniescit. Per üei sentontiain uii- tra intuebitur eum locus su us. Filii ejus atte- serrima ogestale consumentnr. Quia Uaimiationem per opéra manuum rentur egestate, et manus illius reddent ei dolô- suarum reeipiet. Quia îneboatio ejus libidiuia, quæ adoleacentia di- rem suum. Ossa ejus implebuntur vitiis adoles- citur, in forlitudinc consuetudinis creacit. Quia usque ad mortem bæc vïlia ourn non relinqmmt. centiæ ejus, et eum eo in pulvere dormi en t. Gum Quia bypocrilæ iuiquilas auavitaa est cordia ejus. blande loqueus enim dulcc fuerit in ore ejus malum, abscondet 438 SAINT JÉROME. lection temporelle, qui se change enfin en amertume, mange se corrompra dans son estomac, et se lorsque le grand jour fait connaître qu’elle est une changera dans ses entrailles en un fiel d’as- inspiration du diable. La science divine, que les méchants désirent par- pic. Il rejettera les richesses qu’il avait dé- fois connaître; mais comme ils refusent de la pratiquer, vorées, et Dieu les arrachera de ses entrailles, assurément ils la rejettent, et co que le méchant avait injustement acquis, lui sera arraché. L’aspic désigne l’inspiration mauvaise et cachée du Il sucera la tête des aspics, et la langue de la diable; la vipère indique la tentation au grand jour. Les hypocrites ne voient pas les vipère le tuera. Il ne verra point couler sur dons de l’EspriL-Samt. Il y a ici allusion à l’abondance lui les ruisseaux d’un fleuve, ni les torrents des biens du paradis. \\ reçoit le prix de tout ce qu’il de miel et de lait. Il souffrira les peines des a fait. Le feu de la Géhenne, maux qu’il a faits, et n’en sera pas consumé, Selon le mot du Prophète : « Vous rendrez à chacun et l’excès de ses tourments égalera celui de selon ses œuvres. » Il donne les motifs pour lesquels ses crimes. Car il a dépouillé les pauvres, et l’impie mérite de souffrir les châtiments dont il vient il les a foulés aux pieds ; il leur a ravi leur de parler. 11 accuse donc maison, qu’il n’avait pas fait bâtir. Son coeur le saint homme Job d’une insatiable cupidité. C’est ainsi que par un a toujours été insatiable, et après qu’il a ob- aBperitatom serval in corde. Quonium boo in sometipso non punit. illud sub lingua sua. Parcet illi, et non derelin- absuondit in mente. Satîetas tempo- quet illud, et celabit in gutture suo. Panis ejus rnlis dileetiouis, qute in finem amaritudmis vertitur, cum in uovissimo r.oçnoscitnr, banc diaboli osse pcrsuasionem, in utero illius vertetur infel aspidum intrinsecus. Divinam sejeatiam, quant aliqnaudo raodi concupiscent scire; sed quo¬ nium agere récusant, profecto ovomunt, et jextorquebitur ab iniquo Divitias quas devoravit evomet, et de ventre illius quod ÎDjuate nbstnlerat. Per aspidem prava üt latons diaboli suasio ; extrahet eas Deus. Gaput aspidum suget, et occi- per viperam vero aperta diuboli tentatio designatur. Doua Spirilus sancii non videntur det eum liugua viperæ. Non videat rivos fïumi- ab bypocritis. His iiominibus Paradisi aflluentiam signifieat. Juxta om- nis, torrentes mellis et butyri. Luet quæ fecit nia quæ fecit, recipit. gebonna ignîs. Ut Proplieta ait : (.Quia oui nia, nec tamen consumetur. Juxta multi tu¬ tu reddoa siugulia sccundum opéra eorum. » dinem adinventionum suarum, sic et sustinebit ; juste jugement, vous avez perdu votre patrimoine, tenu ce qu’il avaittantdésiré, iln’apu en jouir. Parce qu’il n’a pas nourri les étrangers des restes de Il n’est rien resté de ses repas : C'est pour sa table, et qu’il n’a pas reçu les voyageurs; à cause de cela, qu’il ne demeure rien de tous ses biens, c’est- à-dire, de sa puissance. cela qu’il ne demeurera rien de tous ses biens. Parce que plus il acquiert de biens terrestres, plus il Après qu’il se sera bien rassasié, il se trou- éprouve d’intolérables sollieiLudes pour conserver ce vera dans des étouffements qui le déchireront, qu’il amassa. et les douleurs l’accableront de toutes parts. Il désigne par le mot estomac comme la capacité de l’âme, pour indiquer le moment où l’accumulation de l’iniquité fera monter le blasphème jusqu’au bord des Après qu’il aura pris plaisir à remplir son lèvres. Il appelle fureur les sévices du estomac de viande, Dieu l’attaquera dans sa diable. Qu’il reçoive goutte à goutte sur les fureur, et fera pleuvoir sur lui ses traits et traits des épreuves le rigoureux salaire qu’il mérite. Lorsqu'il croira pouvoir échapper à de ses foudres. S’il suit d’un côté les pointes de légères calamités, qu’il tombe dans les plus grandes. C’est avec raison que le mot fer désigne toute extré¬ mité, parce qu’elle torture, par lablessuredu chagrin, la vie de l’indigent. Cet arc siguifie le diable. fer, il sera percé par un arc d’airain. L’épée De l’enfer. Le diable opprime cruellement tirée du fourreau, l’épée foudroyante le per- lleiulit causas quare pœnus quæ supra dictæ suut, luere mereatur im- quoniam confringens nudavit pauperis domum ; pins. rapuit [Vulg. pauperis domum rapuit], et non His seniioriibus sanctum Job cu- ædificavit eam. Nec est satiatus venter ejus, et pillas Lo iDoxplebilem dicit. Quemadmoduin ot tu ipse juslo judioio potrimonimn tuuuj perdidisli. cum habuerit quæ cupierat, possidere non pote- Quia de meusa ojua Iiospitcs noo pavit, ooc pcivgrinos recepit ; rit. Non remansitde cibo ejus, etpropterea nihil ot propterea nihil remaneat de bonis suis, id est, facullatom illias. Quoniain quauto majora in sm- permanebit de bonis ejus. Cum satiatus fuerit, culo adipiscitur, tnuLo intolerabiliores angustias patitur, quomodo ia- arctabitur, æstuabit, et omnis dolor irruet iu venta custodiat. Quamdam capacitatem animre veutrem dicit, ntusquo adsura- eum. Utinam impleatur venter ejus, et emittat mum oris sui blasphemia cumuletur. lrnm, favoris diaboli sœvitiaui dicit. Gntlatim jaculis tontationum dis¬ in eum iram furoris sui, et pluat super ilium bel- 439 EXPOSITION INTERLINÉAIRE DU LIVRE DE JOB. celui qu’il a saisi. Foudroyant, parce qu’il se cache dans la lumière de l’ange. Les compagnous de ce terriblo cera. cruellement; des ennemis effroyables adversaire sont pleins d'ardeur. Les méchants ea- passeront et repasseront sur lui. Les ténèbres client leurs péchés en leur cœur, et ils se complaisent les plus épaisses sont cachées clans le secret en eux grandement. La vindicte qui brûle sans fin, et de son âme ; il sera dévoré par un feu qui ne qui dévore tout ce qu’ou lui jette. Parce que l’impie, abandonné de s’allume point; et celui qui sera laissé dans Dieu par un juste jugement, sera puni avec son corps. Les Saints ou sa tente, sera pénétré d’affliction. Les cieux les Anges révèlent les oeuvres de l’impie. Parce que les habi- révéleront son iniquité, et la terre s’élèvera tants de la terre portent témoignage contre lui. Les pensées, qu’il connaissait seul aupa¬ ravant, sont découvertes. De son esprit ou de sa vo- conlre lui. Les enfants de sa maison seront lonté. Au jourdu jugement, il sera exposés à la violence ; ils seront retranchés précipité dans les ténèbres extérieures. A chacun selon ses au jour de la fureur de Dieu. C’est le partage œuvres. Tout ce discours est dirigé contre que Dieu réserve h l’impie ; c’est le prix qu’il le saint homme Job, pour le noter d’impiété, recevra du Seigneur pour ses paroles. trictam reU-ibutionetu rocipiat. Cum ae putaverit loviorea calatmtates posso eÛ'ugere, iu ati'o- lum suum. Fugiet arma ferrea, etirruetin arcum ciorea incurral. Omuis nécessitas non incongrue ferrmn vocalur, quia vitam inopis mccroris vuluore crucial. Arcua iste diabolus inlelligitur. de iuforis. Quia inlm- æneum. Eductus egrediens de vagina sua, et rrmno premil quota corrupit. Quia simulyt ae in Angelum luci3. ardeDt fulgurans in amaritudine sua. Vadent et venient s.ieii principis adversarii. [Vulg. in amaritudine sua vadit, et venient, etc. ] Peccata sua pravi in corde aUcon- super eum horribiles. Omnes tenebræ abscon- dunt, eisquü piurimnm deleetantur. Vindicla quœ semper ardel : quec ditæ sunt in occultis ejus. Devorabit eum ignis, omiiia quæ ei injecta fuoriut, concremal. Quia cum corpore suo puniotur impiua qui non succenditur : affligetur relictus in taber- j usto judicio a Deo derelictus. Saucti vel Ang;di opéra impii manifestant. Quia naculo suo. Revelabunt cœli iniquitatem ejus, et temmi testiruonium dicunt contra eum. Cogirationes quas antesolus terra consurget adversus eum. Apertum erit ger- CHAPITRE XXI. Avec quelle perfection il ne se laisse pas émouvoir Job répondit ensuite à Sophar, et dit : par les injures, les priant au contraire avec calme de Ecoutez, je vous prie, mes paroles, et changez prêter l’oreille à ses discours ! et quand ils les aurout entendus et médités, ils reconnaîtront qu’ils doivent se repentir. Attendez avec patience, de sentiment. Souffrez que je parle ; et après S’il y a opportunité. cela moquez-vous, si vous voulez, de ce que Si un tel jugement était rendu parmi les hom- je dis. Est-ce avec un homme que je prétends mes, je ne m’en étonnerais point, parce que chez eux: disputer? N’esi-ce pas avec ;grand sujet que parfois les choses justes sont jugées contrairement à la justice. Considérez quelle est envers moi la je m’afflige ? Jetez les yeux sur moi, et soyez conduite de celui qui est appelé juste. Ce qui est le signe du si- frappé d’étonnement, mettez le doigt sur votre leuce. Comme auparavant je croyais vivre selon le bouche. Pour moi quand je me souviens de bien, je suis épouvanté en ce que j’ignore pourquoi mon état, j’en suis épouvanté, et j’en tremble je souffre, et que je 11e puis découvrir le secret du vrai Dieu. Il répond à ceux qui disent de tout mon corps. Pourquoi donc les impies que l’impie doit être détruit sur l’heure, vivent-ils si heureusement? Pourquoi donc aüiubat, apertæ sunt. Mentis vel intontionis. In die jndicii mittetur in teuebraa exteriores. men doinus illius, detrahetur in die furoris Do- Omninm üperiiin rstribulin. In sandtmn Job om- mini. Hæc est pars hominis impii a Deo, et hære- nia hœe dixerat notaus eum impinra esso. ditas verborum ejus a Domino. CAPUT XXI. Ut perfeetns non motetur injuriis, sed tranquille eos doprecatur ut audientiam præheant ejus sermonibus quibns porceplis et cogni- Respondens autem Job, dixit : Audite, quæso, lis, cognoscant se dignos pœnitouliœ. Palîenter exa- sermones meos, et agite poenitentiam. Süstinete pectute. si ita fnerit optum. me, ut et ego loquar; et postea, si videbitur, Si inter homînos lioc modo judicaret, uon rai- verba mearidete. Numquid contra hominem dis- rarer, apud qnos nonnimqoam justa soient injuste judicari. putatio mea est, ut merito non debeam contris- Admiramini quomodo qui justus dicitur, talîter orga me opo- retur. quod signum ost tari? Attendite me et obstupescite ; superponite SAINT JÉROME. 440 sont-ils si élevés et si remplis de richesses ? La génération qui suit. Ils voient leur race fleurir et se conserver Les fa- devant leurs yeux ; ils sont environnés d'une milles de leurs frères. Ils n’ont pas seulement leurs fils, grande troupe de leurs proches et de leurs mais encoro les neveux devant leurs yeux. 11 n’y a aucune discorde parmi leurs petits-enfants. Leurs maisons jouissent d’une serviteurs. Correction sévère, profonde paix, et la verge de Dieu ne les Sont fécondées. Le troupeau est une source de touche point. Leurs vaches conçoivent et joie pour le maître s’il n’est pas stérilo et qu’il ait été fécondé. Donnent des veaux bien venus. mettent bas à conservent leur fruit, elles s’en déchargent terme, ne mettent point bas avant le temps. La seconde joie du maîlre est sans avorter jamais. On voit sortir en foule de voir naître à terme les produits du troupeau; la de leurs maisons leurs enfants qui dansent troisième, s’il voit arriver les produits à un parfait dé¬ veloppement. Toutes choses, dit Job, que les impies ont souvent. Et puisqu’il leur a été accordé un nom¬ bre plus grand d’animaux, qu’il leur naisse donc aussi un plus grand nombre d’enfants pour les mener paître. Orgueilleux d’hon- et qui sautent en se jouant. Ils tiennent des flilentiii. Quia onm recte vivero ante putabam, bar- digitum ori vestro. Et ego quando recordaius rco in boc, quoniam :gnoro qui'l patior, i't ad sccrctum veri Dei ven’re fuero, pertimesco, et concutitcarnem meam tre- noo possum. lllis respondit qui dieu ut irapium fostiuus [Leye festincj mor. Quare ergo impii vivuut et sublevati sunt, duleuduui, Sequens progenies. confortatique clivitiis ? Semen eorum permanet Fraterna eognutio. Non solmn Glii, sed etiam imputes coram eis. Propi nquorum turba et nepotum in iu coDspectu enruoi. Fnmiliœ eorum nullaua diseordiain haboutes. conspectu eorum. Domus eorum securse sunt et Dura correptio. scuiod rc- pacatæ ; et non est virga Dei super illos. Bos eo- cipit. ante ternpus non parit. enixa est. non ost vitulis aborUc. Dominis gregum prima félicitas, si grex steri- rum concepit, et non abortivil; vacca peperit, et litatem non babens concepit. Secnnda si conceptus ad partum non est privata fœtu suo. Egrediuntur quasi gre- venit ; tertîa autein si lioc quod parium ost, per nutrimonla nd por- eoturn ducalur, quœ orania adesse impiis sæpu demonstrat. Et flicut majora ad baboadum concessa ges parvuli eorum, et infantes eorum exsultant neurs et de biens qui leur viennent de Dieu, ils se tambours et des harpes, et ils se divertissent plongent dans la joie d'amusements serviles, au son des instruments de musique. Ils pas- Semblables à une ombre. Temporels. Après un sent leurs jours dans les plaisirs, et en un temps bien court ils descendent daus les tourments des enfers, parce que l’on reconnaît, quand vient la lin de la vie présente, que sa durée, n’est qu’un mo¬ ment, . Il moment ils descendent dans le tombeau. Ils montre la cause de la perte des impies, disent à Dieu : Retirez-vous de nous, nous ne voulons point connaître vos voies. Qui est le Tout-Puissant pour nous obliger h le ser¬ vir? et si nous le prions, quel bien nous en Parce qu’en échange de leur gloire reviendra-t-il? Mais que les pensées de ces temporelle, ils seront revêtus d’une éternelle ignominie. Parce que leur gloire, impies soient loin de moi, puisque les biens qui a paru dans le temps, n’est pas durable, dont ils jouissent ne sont point en leur puis¬ sance. Combien de fois aussi voyons-nous Leur gloire temporelle. que la lumière des impies s’éteint tout d’un Les tourments sans coup, et qu’il leur survient un déluge de maux, nombre. lorsque Dieu les accable de douleurs, et leur sunt, lia ellaui wulti gerulinenL ad custodieudum. Ciim Domiûi honoribus et rebus tument, snbjccti in hi- lusibüs : tenent tympanum et cytharam, et gau- dicris nrtibns gaudent. Toniporalibus, Um- dent ad sonitum organi. Ducunt in bonis dies' bræ similes. Et intra tempos brevissimum ad tormenta inferorum dos- suos, et in p un cto ad inferna descendant. Qui cendunt, quia omnis longiLudo viite pi-Uïsenib punctus [Leye punclimi] dixerunt Deo : Recede a nobis, scientiam viarum osso cognoscitur, onm fine tenniuafur. Causant pordiiionis impiontin tuarum nolumus. Quis est omnipotens ut servia- aperit. mus ei ? et quid nobis p rodent, si oraverimus Quia gloiia eorum, qute Icm para lis oppuinit, tmiusura nou ilium ? Verumtamen quia non sunt in manu eo- erit. Quia pro boc touiporali gloria, perpétua igno- rura bona sua, consiliura impiorum longe sit a lainiu ioduenlur. gloria temporales. me. Quoties lucerna impiorum exstinguetur, et abimdantia tormontorura. uniciiiquc red- superveniet eis inundatio, et dolores dividet fu- det. Poccatorcs et tinpii ita peritnri simt, ut omoino repa- roris sui? Erunt sicut paleæ ante faciera venti, 441 EXPOSITION INTERLINÉAIRE DU LIVRE DE JOB. A chacun scion ses œuvres. La perte des im¬ partage les effets de sa fureur ? Ils deviennent pies une fois consommée, sera à jamais irréparable, comme la paille que le vent dissipe, et comme la poussière qui est enlevée par un tourbillon. Après le jugement de Dieu, le Diable et les siens su- Dieu fera passer aux enfants la peine du père : bissent des cbàtimeots éternels. Alors le Diable comprendra, c’est-à-dire qu’à l’étendue et après l’avoir puni selon son impiété, alors du châtiment il mesurera la grandeur du crime, il lui fera comprendre la grandeur de son Il verra son châtiment. La vue de sa propre crime. Il verra de ses propres yeux sa ruine souffrance double la souffrance. Autre traduction. Il ne sera pas sauvé par le entière ; et il boira de la fureur du Tout-Puis- Seigneur. Il sait en effet que lui et les siens, qui sont sa sant. Car que lui importe ce que deviendra maison, doivent être éternellement damnés. Le Diable, quand Dieu ruina sa maison après lui, si Dieu lui retranche la le bonheur qu'il avait eu dans le ciel, et que ce bon¬ heur sans lin fut interrompu. Qui peut dire à Dieu : Pour- moitié de ses années? Qui entreprendra d’en- quoi faites-vous ainsi ? comme nous l’avons déjà dit. soigner à Dieu quelque chose, lui qui juge les Il montre encore que la commune grands de la terre? Un homme meurt fort condition des heureux de ce monde est mulheureuse. de corps, sain, riche et heureux, dont les en- ri non possint, Deo rod- et sicut favilla quam turbo dispergit. Deus dente, diabolua cum consenuontibua sibi posons pulihir ætei’mis. Tune seiet diabolus, id est, servabit filiis ülius dolorem patris; et cum ved- scniict qnninlo patietnr. id est pœnnm, quia du- diderit, tune sciet. Videbunt oculi ejus inter- plex iufclicilas, patiet vidcrc. Alii dixerunt, et a Dornino non salvutur, fectio nein eorum [Vulg. suam], et de furore Juin crdui nu vit so cum tlliis, qui sunt omnipotentis bibet. Quid enim ad eum pertinet domiii ejus, in returnum damuandum. Diabolus, cum divitsit Dons feli- de domo ejus post se? et si numerns inensium citutem suaru quarn habuit in cœlo, et inteveisa est ill i iimrortalis fé¬ licitas, Quis Deo poto.it dîcero : Quarn. hœu talia fueis? ejus dimidietur ? Numquid Deurn quispiam do- quæ auto diximus. Beatorum in cebit scientiam, qui excelsos judicat? Iste mori- hoc mundo et infelicem dieit commimeui osse conditionem. tur robustus et sanus, dives et felix. Viscera ejus plena sunt adipe, et medullis ossa illius irrigan- trailles étaient chargées de graisse, les os Nous voyous pleins et comme arrosés de moelle. Un autre doue ici-bas les uns s’engraisser dans l’abondance, les meurt dans l’ amertume de son âme et sans autres se dessécher dans uue indigeuce extrême, aucun bien : et néanmoins ils dormiront tous Gomme le riche et le pauvre naissent dans les mêmes deux dans la poussière du sépulcre, et ils se- doulcurs, ils meurent do la même manière. Qu’en vos ront tous deux mangés des vers. Je connais pensées vous portez contre moi une sentence in- bien vos pensées et les jugements injustes juste. Avec une que vous faites de moi. Car vous dites : Qu’est injurieuse ironie. devenue la maison de ce prince? et où sont Si vous dou- maintenant les tentes des impies? Consultez tezde ces vérités, informez-vous auprès d’eux, et ils le premier de ceux que vous trouverez dans vous diront les même choses que moi. le chemin, et vous verrez qu’il connaît celte Que la distinction des bous et des meme vérité : que le méchant est réservé pour méchants ne se fait pas ici-bas, et que Dieu a fixé le le moment où il doit périr, que le Seigneurie jour où iljugera l’univers. L’impie au jugement vengeur, conduira jusqu’aujour où il doit répandre sur Les voies de l’antique ennemi, ou de lui sa fureur. Qui le reprendra en sa présence Itn et duüc videmus, ut alii abqndiiülia pingucscant, alii summa tur. Alius vero moritur in amaritudine animæ, egeatate lubeacanl. ht diviluui ut patiperuin ima est nns- absque ullis opibus; et tamen simul in pulvere condi coiidilio, ita ut moriondî. dormient, et vernies operient eos. Certe novi co- Quia in cogîtationibns vestris iuiquuui daiis couti’a me seutentiam. gitationes vestras, et sententias contra me ini- Mo utiquu irridentes et insultantes. quas. Dicitis enim : Ubi est domus principis? Si dubita'id an vera tint, et ubi tabernacula impiorum ? Interrogate quem- inquirite ab nliia, et eadem dicent vobia, quœ ego dico. libet de viatoribus, et hæc eadem intelligere co- Quia hic non est diviaio honornm ut mnloruna. Quia sla- gnoscetis. Quia in die perditionis servatur malus, luit Dons diourt, in quo judicet orbem terne. Impius ad judicium vindiette. Àntiqui hostia,vel impii in lioe et ad diem furoris ducetur. Quis arguet coram eo mundo. niai Deus. Inipius ad viam ejus? et quæ fecit quis reddet ei ? Ipse ad 442 SAINT JÉROME. l'impie en ce moude. Si ce n'est Dieu, de ses voies injustes ? et qui lui rendra le mal L’impie dans la mort des tourments qu'il a fait? Il sera un jour porté au tombeau, éternels, après avoir prouvé l’accroissement du Diable par ses péchés, L’impie est pris duns le filet, pendant qu'il considère et il demeurera pour jamais parmi la foule celui qu’il veut séduire. C’est-à-dire, l’enfer aux fils du péché, que clés morts. Sa présence a été agréable sur le le diable trompe parla douceur du péché, en leur faisant imiter son orgueil. Il suivra pour le châtiment ceux rivage du Cocyte ; un nombre innombrable., de qu’il avait trompés. personnes l’y ont précédé, et il y entraînera Il conclut ici le tous les hommes après lui. Comment donc cours de toute sa discussion : ses amis discutent con- voulez-vous me donner une vaine consolation, tre lui sans motif, quand ils affirment qu’il est cou¬ vert de maux à cause de son impiété ; il leur a prouvé a contrario que la prospérité en ce monde est bien puisque j’ai fait voir que ce que vous dites est souvent le partage des impies, contraire à la vérité. CHAPITRE XXII . Eliphaz de Théman, prenant la parole, dit Quoique vous vous imaginiez savoir beaucoup, à Job : L’homme peut-il être comparé à Dieu, uiovtcm videlicet loimenlonim. lu aiigmenUmi diaboli in peccatia. Impôts iovulvitm* duai obsorvat quem so- sepulcra du ce tu r, et in congeriem mortuorum ilucit. Hoc est infenms filiis peeeuti, quos diabolos peecati t-ua- vigilabit. Dulcis fuit glareis Cocyti, et post se vitnlo decipit. ItuUalione siiperbite ej us. Kos quos de^epit ipso seeutm'iis ad omnem hominem trahet, et ante se inriumera- pceoam. Hic couclndit omnem ultercatioiiem disputationis suæ, et ami- biles. Quomodo igitur consolamini me frustra, cos suos sine causa contra eum certare, quia emn affirmant pro iin- pielale o-uciatum ; et ille e contra probavit, quod sæpe in srecnlo impii cum reçponsio vestra repu gn are ostensa sit ve- prosperantnir, ritati, GAP UT XXII. Respondens autem Eliphaz Themanites dixit : Qiiamlibet.multnm scions tibi vidonris, tamen scioDtiœ Dei non poteris Numquid Deo comparari potest homo, ;etiamsi eomparuri. Ncmo justilia sua Doimi meliorcui perfectæ fuerit scientiœ ? Quid prodest si justus votre scionc.e no peut être comparée à celle de Dieu, quand même il aurait une science consom- Nul pnr sa justice ne rend meilleur Dieu de ruée? Que'sert à Dieu que vous soyez juste? qui sort la source de toute justice, ou que lui donnerez-vous quand votre con- , Paroles ironiques : Dites- duite sera sans tache? Vous craindra-t-il lors- moisi Dieu craindrniL d’entrer en jugement avec vous, qu’il vous accusera, et qu’il viendra pour vous juger? Et ne trouvera-t-il pas plutôt en . Plus bas, il sétend sur les causes de clia- vous des dérèglements très-grands et une que iniquité. Il a ravi en ennemi le. infinité d’actions injustes ? Vous avez enlevé bien d’autrui, ou exigé des gages iniques. Que mérite sans raison des gages à vos frères, vous avez celui qui dépouille autrui de ses vêLements, puisque dépouillé de leurs vêtements ceux qui par là celui qui refuse de le vêtir est condamné? Quoique le Seigneur ait or- sont demeurés nus. Vous avez refusé de l'eau donné de donner à boire à celui qui a soif. Refuser à celui qui était abattu de lassitude, et du du pain, péché grave; le ravir, péché plus grave encore. Il le note d’or- pain à celui qui souffrait la faim. Vous vous gueil et de tyrannie, parce qu’il reprenait ses sujets, êtes mis en possession de la terre que vous non avec équité, mais avec cruauté, avez, par la force de vos bras, et vous la conserviez comme étant le plus puissant. ftfGcit, a qno proceasit omnia fous jnstititc. fueris? aut quid ei confers si immaculata fuerit Siibsaimanti sensu lioe dîcit. Si Dcus limons teemn vita tua ? Numquid timens te arguet, et veniet cerlaret judicio, tecum in judicium ? et non propter malitiam infra explanat causas singularum iniqiMlRtiim. tuam plurimam, et infinitas iniquitates tuas? Hostili moro îapuerît aliéna, vel piguora injusla extorsoril. Àbstulisti enim pignusfratrumtuorum sine causa, Quid meretur spoliator, si oegator damnatur ? Sicut Dominus proieipiL et nudos spoliasti vestibus. Aquam lasso non de- siiientibus poluai dare. Panem grave est negasso, gravius abslulisse. Supoi bum cum disti, et esurienti subtraxisti panem. In fortitu- ot tyrannum danolat, quod non æquiiuio, sed cnidelitata snbjeclos aibi dine bracliii tui possidebas terram, et potentis- rudarguyiet. Q nia quod n te postulabul non potuit simus obtinebas eam. Viduas dimisisti vacuas, impetrnre. Dmn eos passus es opprimi. et lacertos.pupillorum commovisti [ Vulg . com- EXPOSITION INTERLINÉAIRE DU LIVRE DE JOB. 443 Parce qu’elle n’a pasobteuu ce qu’elle vous demandait. Vous avez renvoyé la veuve les mains vides En permettant qu’ils fussent opprimés, et vous avez détruit tout l’appui des orphe- Connne s’il disait : Troublé par les remords de lins. C'est pour cela que vous vous trouvez conscience, vous avez même perdu les inspirations de environné de pièges, et frappé tout d'un coup la patience. Vous ne croyiez pas de trouble et de crainte. Et vous pensiez que vous alliez recevoir le châtiment de vos crimes. Le ne devoir point tomber dans les ténèbres, ni fardeau des calamités et de3 misères s’est appesanti sur être accablé par un impétueux débordement vous. Il accuse Job de ne pa3 croire à la présence d'eau. Ne considérez-vous point que Dieu est de Dieu en tous lieux : pensez- vous que vos actions plus élevé 'que le ciel, et qu’il est beaucoup sout cachées pour Dieu? vous croyez qu’il est, mais qu’il reste enfermé dans les demeures du ciel, et qu’il est au-dessous des rois. En ces mots, il af~ plus au-dessus des astres? Et vous dites : firme que le sainthomme Job dit que Dieu peut être que peut connaître Dieu ? Il juge des choses trompé, ou même est sujet à erreur en ses jugements et peut hésiter sur celui qu’il doit prononcer, 11 accuse le saint comme au travers d'un voile. Il est environné homme Job de tomber dans l’erreur et de prétendre que le monde n’est pas gouverné par la divine provi- deuce. Comme s'il abondait dans le sens do d'un nuage ; il ne considère point ce qui se Ac ai (Jicerot : Malœ conscientiæ forinidine tmbatus, miuuisti]. Propterea circumdatus es laqueis, et eliam consilimn patienliœ purdidisli. iUala meritorum Inorum nou cre- conturbat te formido subita. Et putabas te te- debas te accoptunim. Calomitatum et miseriarmu imiil su- nebras non visurum, et iinpetu aquarum inun- per te moleatia. Sanctum Job exprobrol, dantium non oppressum iri An cogitas quod qnod non crederet ubique Oaum : Pnlos Oemn latcre qnod faci.-* ? esse, sed ia cœlornm babitncnlis cnuc’uilu- Deus excelsior est coelo, et super stellarum ver¬ nir, et regno minor ait 'i Ilis Vei-bis asserit aanclum Job tices sublimetur ? et dicis : Quid enim novit Deus? dioere, qnod Deus fullaïur, vol etiam errct in jndiciis onis, dubilans do vero jndicio. Aconsut sanctum Job, ut et quasi per caliginem judicat. Nubes latibulum errorom incurrerel dicens aumdurn divine providentia non régi. Quasi ex sensu sancti Job dicerut, qnod Dens igaoraret eum ejus, nec nostra considérât, et circa cardines cœli ÎQûocoDtem et ideo permitterot eum lati^ari. Numquid imitari vis vitam illormu, qui in diluvio porambulat. Numquid semitam sæculorum cus- Job pour lui faire dire que Dieu ne sait pas qu’il est innocent et que c’est pour cela qu’il permet les maux passe parmi nous ; et il so promène dans le qui l’accablent. Voulez-vous imiter la vie ciel d'un pôle, à l'autre. Voulez-vous suivre la de ceux qui périrent dans le déluge et ù Sodoinc ? route des siècles anciens, et marcher sur les Comme Dathan et Abiron traces de ces impies, qui ont été emportés sous les pas de qui la terre s'ouvrit et qui furent pré¬ cipités en enfer. La colère divine fon- par une mort précipitée, et que le déluge a dant sur eux, la stabilité de leur vie fut détruite, renversés jusqu'aux fondements ; qui disaient Ils furent condamnés à cause de leur upos- tasie ; mais Job ne parle pas ainsi. Ils pensaient à Dieu : Retirez-vous de nous, et qui s'ima- que Dieu lie répand point sa vengeance sur les pa¬ ginaient que le Tout-Puissant ne pouvait rien cheurs. Comme s’il disait : s’ils avaient craint Dieu, contre eux, quoique ce fût lui qui eût comblé ses biens ne leur auraient pas été enlevés. Il met le saint homme leurs maisons de biens. Mais loin de moi les Job au nombre des blasphémateurs. Car la justice de Dieu leur pensées de ces impies. Les justes les verront plaît comme à Dieu lui-même; et ils ont leur joie en périr, et s'en réjouiront; et l'innocent leur eux-mêmes, quand ils voient les antres dans la douleur. Leur orgueil a été complètement abattu ; insultera. Ce qu'ils avaient élevé, n’a-t-il pas et SoJomis periorunl ? Ut Dallian et todire cupis, quani calcaverunt vin iniqui? Qui Abiron, qnos, déhiscente terra, infernus simeepit. Imminuule in se ira, sublati sunt ante tempus suum, et fluvius sub- stnbilitus vitœ eorum aubversa est. Propter npostusiam ergo dainnaii vertit fundamenta eorum. Qui dicebat Deo : Re- oiint. Non ita aanetua. Job. Putabant enim, qnod Deua in peccalorcs cede a nobis : et quasi nihil posset facere omni- ultionem uou eifunderet. Àc si diccret : .Cur non tirum-runt potens, æstimabant eum. Cum ille implesset do- Dpum, ne auferrontur ab aliis ejus bona? Sanctum Job in blaaphomutoL'uua numeruui mos illorum bonis. Quorum sententia procul sit poauit. Plocot enim illis Dei juslitia aient et ipsi Deo; et de se lœta- a me. Videbunt justi et lœtabuntur, et innocens buntur, eum nlioa vidobnnt dolero. Superbia inique eorum omuino doleta eat. subsannabit eos. Nonne succisaest erectio eorum, Ex tréma quœquo poceamiumn in die judicii punienda tribulatioeo. llortalur aanelmn et reliquias eorum clevoravit ignis ? Acquiesce igi- 444 SAINT JEROME. Tout ce qui reste des péchés sera puni été détruit? EL le feu n’en a-t-il pas dévoré par la tribulation au jour du jugement. Il exhorte Job à revenir à Dieu par la les restes? Soumettez-vous donc à Dieu, et pénitence. Après vos maux, vous rece- rentrez dons la paix; et vous vous trouverez vrez de Dieu la paix et la récompense. Apprenez ses commandements, comblé de biens. Recevez la loi de sa bouche, et obscrvez-les. Si et gravez ses paroles dans votre cœur. Si vous vous repentez de vos méfaiLs. Chaque jour vous retournez au Tout-Puissant, vous serez vous rétablirez l’édifice du salut. Ces mots désignent Satan lui- rétabli de nouveau, et vous bannirez l'iniquité même, auteur de toute iniquité. Au lieu d’œu- de votre maison. Il vous donnera au lieu de vres lâches, les œuvres fortes; ou au Heu des biens de la terre, les biens du ciel. Au lieu d‘un cœur dur, les la terre, le rocher, et au lieu de la pierre, des eaux vives de la sagesse. Lorsque vous ferez ce que je dis, Dieu torrents d’or. Le Tout-Puissant se déclarera sera votre défenseur tout-puissant. 11 faut entendre par monceaux contre vos ennemis, et vous aurez des mon- d’argent, la doctrine sainte. Vous serez rempli et enrichi de ceaux d’argent. Vous trouverez vos délices toutes les délices spirituelles. Vous pourrez, en priant dans le Tout-Puissant, et vous élèverez votre Job, ut per pcenilemiarn convertahir ad Deum. Posl plagam, pacem iet remuncralio- tur, et habeto pacem, et semper habebis fructus hciu accipics a Deo. Audi qme prœcipjt, et conserva. optimos. Suscipe ex ore illius legem, et pone Si te factoi'iwi tuorum pœ- sermones ejus in corde tuo. Si reversus fueris uiteat. quotidie reparabis necessoria. Ipse dia- ad omnipotentem, ædificaberis ; et longe faciès bolus, qui auctor est oirmiura iniquitatum hic indicatur. Pro inollilm-t fuctis, for- iniquitatem a tabernaculo tuo. Dabit pro terra lia; vel pro terrenia, ccelestia, Pro duro corde, undas viras sapientiæ. Cnm hæc, quæ silicem; et pro silice torrentes aureos. Erit om- dixi, impetrabis, erit omnipotens defeusor tuus. Eloquium Doiuini in- nipotens contra hostes tuos, et argentum coacer- telligeudum est. Delicîis utique spiritualibus ditatus repleberis. vabitur tibi. Tune super omnipotentem deliciis Liberam frontem ad deprecandum Deum elevabis. afflues, et levabis ad Deum faciem tuam. Roga- Dieu, lever vers lui un front pur. C’est visage vers Dieu. Vous le prierez, et il vous évident. exaucera, et vous vous acquitterez de vos Des desseins toujours justes, vœux avec joie. Vous formerez des desseins, Dans vos bonnes œuvres et ils vous réussiront; et la lumière brillera luira pour vous la lumière de la connaissance de Dieu. dans les voies par lesquelles vous marcherez. Selon le mot de l’Evangile : « Celui qui s’abaissera Car celui qui aura ôté humilié, sera dans la sera élevé, Luc. xiv, 11. Même sens, gloire; et celui qui aura baissé les yeux sera Celui qui ne fait aucun mal. sauvé. L’innocent sera délivré; et il le sera A cause de ses bonnes œuvres, parce que ses mains auront été pures. CHAPITRE XXIII. Abandon- Job parla ensuite de cette sorte : Mes pa¬ nant tout entretien avec mes amis, dont les discours l'oies sont encore pleines d’amertume et la accroissent l’amertume de mes souffrances, je me tour- violence de ma plaie est beaucoup au-dessus nerai vers Dieu, et voici ce que je lui dirai, plein de confiance en ma propre conscience. Il dit qu’il connaît Dieu par de mes gémissements. Que je souhaiterais de l’intelligence. Par les bonnes œuvres, savoir comment je pourrais aller trouver Dieu Blanifestmn est. liera bis eum, et exaudiet te, et vota tua reddes. De- durataxat justam. la bonis aciibus tuis lucobit libi cernes rem, et veniet tibi, et in viis tuis splende- lux uolitiæ llei. Jnxta illud Evangelium : « Qui se hmnïliflverit, exnl- bit lumen. Qui enim humiliât us fuerit, exallabi- tobitur, » Luc. xiv, il. Idem sensus superiori versiculo. tur in gloria; et qui inclinavcrit oculos, ipse sal- Nihil mali operans. vabitur. lnnocens enim salvabitur : salvabitur gratia bonorum Operum. autem munditia manuum suarum. ;caput XXIII. Relictia colloquiis Respondens autem Job, dixit : Nunc quoque amicorum, qui surraonibus suis uddimt amaiitudinem meani, et me in amaritudine est sermo meus, et manus plagæ convertam ad Deum, et dicara ei, pro fiducie conscienlias meœ, qnw meæ aggravata est super gemitum meum. Quis 445 EXPOSITION INTERLINEAIRE DU LIVRE DE JOB. Comme au jour du jugement, où il contemplera la puissance divine. Je sollicite- et me présenter jusqu'à son trône ! J’expose¬ rai de lui-même l’équité de son jugement. C’est-à-dire, je parlerai rais ma cause devant lui et je remplirais ma avec confiance. Par la réponse de mon bouche de mes plaintes ; Afin que je susse Seigneur je saurai pour quelle cause Phomme inno¬ cent est soumis à d’aussi cruelles épreuves. Par con¬ séquent, dans tout ce livre, la plainte du saint homme oe qu'il me répondrait, et que je comprisse Job à Dieu a toujours le même sens. Sa puissance parce qu'an- ce qu’il pourrait me dire. Je ne voudrais point cune créature ne peut la soutenir, qu’il me combattit do toute sa force, ni qu’il Même sens. Il m’accablât par le poids de sa grandeur. Je parle comme quelqu’un qui prie, ou comme quand on souhaiterais qu’il ne proposât contre moi que ordonne. Que la cause de la jus- l’équité et la justice, et j’espérerais gagner tice me reude vainqueur. ma cause devant un tel juge. Mais que forai- En énumérant toutes les parties du monde, il je? Si je vais en Orient, il ne parait point; si dit que Dieu habiLc partout tout entier; il proclame je vais en Occident, je ne l’aperçois point. Si qu’il lui est cependant tout à fait invisible, je me tourne à gauche, je ne puis l’atLcindre; aequuntur. Intclleetu so cognoseerc Donna dicil. nperilms bonis. mihi trihuat ut cognoscam, et inveniam ilium ? In die judieiî, usque ad contemplationum divioæ polestalis. Ab ipso jmlicii ejus et veniam usque ad solium ejus? Ponam coram æqiiilntcm rcquiram. hoc est, cuin Gducia laquai*. eo judicium, et os meurn replebo increpationibus. Ex Domini moi responsionc cognoscain, quid cnnsfe exslitciît, ut lioino innoccii3 malts cnici&luum doputelur. l’er lotum igilnr libellum istuni Ut sciam verba quæ milii respondeat, et in tell i- mio sensu sancto Job ad Deum quei-im>»ma est. rotontia sua, quia omnis créât m*a gam quid mihi loquatur. Nolo multa formidine suBlinere non potest. idipsum repolit, contendat mecum, nec magnitudinis suæ mole Sensu optantis locutus est, non jubenlis. me premat. Proponat æquitatem contra me, et per cnnsam justitire victor existam. Unm om- perveniat ad victoriam judicium meum. Si ad nos partes mundi «mimerai, dieit.eunn nabit&re ubiquo totum ; silo ta- orientem iero, non apparet; si ad occidentem, men omnino osse inviailïilem conGtetur. non intelligam eum. Si ad sinistram, quid agam? non apprehendam eum ; si me vertam ad dexte- II montre qu’il est invisible aux créatures. Parce si je vais à droite, je ne le verrai point. Mais qu’il connaît parfaitement la voie de ma conduite. Gomme l’or dans le il connaît lui-même ma voie et il m’éprouve creuset sur le fen, il m’éprouve parles tribulations. J’ai imité ses comme l’or qui passe par le feu. Mon pied a préceptes. J’ai observé ce qu’il lui a plu d’or- suivi scs traces, j’ai été fidèle à garder sa donner. Pour suivre d’autres voies, voie, et je ne m’en suis point détourné. Je ne me suis point écarté des commandements qui De même David : « J’ai sont sortis de scs lèvres, et j’ai caché dans caché vos commandements dans mon cœur. » Psahn . cxvui, fl. Parce que mon sein les paroles de sa bouche. Car il est son essence est d’être toujours. C’est-à-dire, se dérober à la et subsiste lui seul. Nul ne peut empêcher ses eeience de Dieu, Ce qu’il a décrété, ne peut passer sans être desseins, et il fait absolument tout ce qu’il fait. Lorsqu’il m’aura afiligé de tous les tourments lui plaît. Quand il aura accompli sur moi sa qu’il aura voulu, il pourra m’en infliger encore autant volonté, il lui reste encore beaucoup d’autres qu’il voudra. Devant la puissance de sa mu- moyens semblables. C’est pourquoi le trouble lnvisibilem créa loris eum osteadit. Quia vinm conversation! s ejus optime noterai. ram,nonvidebo ilium. Ipsevero soit viam meam, Tamquam aunun igné excoctum, ita mu irîbulatiooibns probat, et probavit me quasi aurum quod per ignem Pnccopta'ejns imitalus. et quoi! transiit.' Vestigia ejus sec u tu s est pes meus, viam jubé le Yolnil, euatodivi; in partem nllcrmn. ejus custodivi, et non declinavi ex ea. À manda¬ nt David ait : « lu cnrde tis labiorum ejus non recessi, et in sinu meo ab- meo absroudi eloq'iia tua. » Ps, cxvm, il. Quia ejus esse semper est. scondi verba oris ejus. Ipse solus est, et nemo hoc est, absrondere a scienlia Dei., quod statucrit pite- avertere potest cogitationcs ejus, et anima ejus loriro non polerit, Cum me lormonlis nffece- quodeumque voluit, hoc fecit. Cum expleveritin rit nt vüJucrit, quanta adhuc voluerit, mihi infligere me voluntatem suam, et alia multa similia præsto polerit. a potontin mnjestatis «jus. co- sunt ei. Et idcirco a facie ejus turbatus sum; et gitaliooe perpondens . Pavore considerans eum, timoré sollicitor. Dens mollivit SAINT JÉROME. 446 jesté. Attachant sur lui mes mê¬ me saisit en sa présence, et lorsque je le con- ditations. L’a frappé d’effroi, sidère, je suis agité de crainte. Dieu a amolli En jetant la frayeur dans mon esprit, mon cœur, et le Tout-Puissant m’a épouvanté. Je ne suis pas encore livré au désespoir à cause des Car.je ne me suis point perdu en l’oubliant plaies que j’enduro. au milieu des ténèbres qui m’environnent, et L’infidélité n’a pas obscurci ma foi. l’obscurité où je suis n’a point mis un voile sur mon visage. CHAPITRE XXIV. Parce que lui qui a tout créé, sait tout. Les temps n’ont point été cachés par le Tout-Puissant; mais ceux qui le connaissent Parce que nul ne le connaît pleinement. Contrairement ne connaissent point scs jours. Il y en a qui au précepte de Moïse : « Ne passez pas au delà des passent au delà des limites de leurs terres, bornes qu’ont posées vos pères. » Mangent ceux d’autrui. Depuis ce passage jus- qui ravissent les troupeaux, et les mènent qu’à la fin, il parle avec trop d’obscurité, tantôt d’une chose, tantôt de plusieurs. Ils agissent contre la loi, dans leurs pâturages. Ils saisissent l'âne des où il est dit : « Vous n’opprimerez pas la veuve ou l’or- pupilles, et ils amènent pour gage le bœuf de solvit. lnleriora mea solvens timbra. Non cor meum, et omnipotens conturbavit rue. Non (film in desperatione adhno pressus prnpter plagas quas putior. fidem enim perii propter imminentes tenebvas, nec fa- meam infi Iwlitas non operuit. ciem meam operuit caligo. CAPUT XXIV. Qnia ipse ornnia so.it, qui cnnctu creavit. Ab omnipotente non sunt abscondita tempora. Qnia nomo eiim plene novit. Qui autem noverunt eum, ignorant dies illius. Contra illnd prteceptum Moysi : « Nuli transfert tenninos, quos posuo- piint patres lui. » comederunt aliorum. Ab iioc Alii terminos transtulerunt, diripuerunt greges, looo usqne ad fiiiern, nimium obscure dixit, mine pluralitur, nunc sin- g ilariter. et paverunt eos. Asinum pupillorum abegerunt, Contra Legern facîunt, ubi dicilur : ■ Viduam et pupiilnm non oppri¬ mons per calumniarn. n Spnlian- et abstulerunt pro pignore bovem viduæ, Sub- phelin par la calomnie. » En les dépouillant de ce qui leur appar¬ ia veuve. Ils renversent la voie des pauvres, tient, ou en les affligeant par les persécutions. Il assujettissent à la servitude ceux qui n'ont pu ré- et ils oppriment tous ceux qui sont humbles sister. Comme des voleurs, ils ra- et doux sur la Lerre. D’autres sont comme vissent par la ruse les biens d’anLrui. Ce n’est assu- des ânes sauvages dans le désert, ils vont au rément pas l’ouvrage de Dieü, Ils mettent t.ous butin comme à leur ouvrage; ils cherchent leurs soins à fonder avec le bien d’autrui leur aisance leur proie dès le matin, pour donner de quoi et celle de leurs fils. Ils dérobent les fruits vivre à leurs enfants. Ils moissonnent le des champs. Ils pillent les champ qui n’est point à eux, et ils vendïm- vigues des autres. gent la vigne de celui qu’ils ont opprimé par Au mépris du précepte : « Si vous voyez violence. Ils renvoient les hommes tout nus, un homme nu, vétez-le. » Au temps où eelaest lé plus et ils ôtent les habits à ceux qui n’ont pas de utile. Qui sont exposés à re- quoi se couvrir pendant le froid, qui sont cevoir les pluies du ciel en abondance. N’ayant, percés par les pluies des montagnes, et qui pas d’abri, ils se réfugienL dans les cavernes, se trouvant sans vêtements se mettent h cou- II les accuse de deux choses : vert sous les rochers. Ils ravissent le bien des tes eos rébus suis, vol persenutione affiigcnleB. Qui resistere non po- verterunt pauperum viam, et oppresserunt pa- tuerunt, servituii subjecerunt. Qunei prredoncsfurtim rapiunt aliéna. ri ter mansuetos terræ. Alii quasi onagri in de- utiqne non ad opns Uni. Omni vigilanlia in- serto egrediuntur ad opus suum, vigilantesque stant, ut de nliorum rebus sibi et filiïs suis prœparent cibum. De fnicti- ad prædam, prœparant panem liberis. Agrum bus agrorum furaiitur. vioota aliéna diripinuL non suum demetunt, et vineam ejus, quem vi Non îinplentes illud : « Si vnle- oppresserunt, vindemiant. Nudos dimittunt ho- ri fi nudmn, operi eum. » quo lemporo ntilissiinuai fuit. mines indumenta tollentes, quibus non est ope- Aquiï de montibus flnontibus copioso infnmlnn- rimentum in frigore; quos imbres .montium ir- tnr. Qui tegincn non habent, petrarnm nmbracnlis adoporiuutnr. rigant, et non habentes velamen, amplexantur Ib duabu3 rébus eos dénotât, in viqa faeiendo, et pupiilnm opprirnendo. Infir- lapides. Vim fecerunl deprædantes pupillos, et 447 EXPOSITION INTERLINÉAIRE RU LIVRE DE JOB. la violence et l’oppression des orphelins. Sens manifeste : La force des appâts du pupilles par force, et ils dépouillent le pauvre vice séduit les âmes faibles. C’est être plus qu’un ennemi que do dé¬ peuple. Ils arrachent jusqu'à quelque peu pouiller ceux qui sont à moitié nus. Qui sont dénués de la crainte et de la d’épis h ceux qui sont nus, qui vont sans ha- protection de Dieu. Ils leur arrachent les épis, c’est- à-dire, jusqu’à la loi naturelle, jusqu’au fruit de la bonne volonté. C’est le comble de l’ini- bits et meurent do faim. Ils se reposent sur quité que des étrangers se reposent au milieu des fruits d’autrui. Parce le midi au milieu des tas de fruits de ceux que des étrangers s'enivrent de leur vin. qui après avoir foulé le vin dans leurs pres- Toute l’étendue de la ville soirs sont dans la soif. Ils font soupirer les se remplissait des gémissements de ses habitants. De tous les affligés, hommes dans les villes : les âmes blessées soit que le glaive ait frappé leur corps, soit que le chagrin et la crainte aient ébranlé leur âme. Dieu ne permet pas poussent leurs cris au ciel, et Dieu ne laissera que son ennemi échappe à sa vengeance. Evidemment enne- point ces désordres impunis. Ils onL été re¬ mis de Dieu, qui est la vraie lumière. La jus- belles à la lumière ; ils n’ont pas connu les oins mentes forda vitiornm, manifestum est, blandimonta lU'cipîunt. Dei timoré et cnsto;ii(i vulgus pauperum spoliaverunt. Nudis et ince- derelietis, Supra hostil itateru os( nec a semimulîa spolïis nbstineie. lpsam nnturæ logent, dentibus aliis absque vestitu, et esurientibus, vul frugom honæ voluntalts. Hoc ma In ni iniqninsimnm est, ut un b fVuc- tulerunt. spicas. Et inter aeervos eorum meridiati liluis aliorum alii requiuscnnt Quia aüi inehriaütur vino eormn. Vastitan civj- sunt, qui calcatîs torcularibus sit.iunt. De civita- talis usqne ad gemitum in uivitate hnbilnntimn voniebat Oinninm afÛictorum, sivo tibus fecerunt viros gemere, et anima vulnerato- qni in corpore gladio feriunlur, sive qui in nnîmo timoris mairore. Sine vindicla permaoeru non sïuit h- stem. rum clamavit, et Deus inultum abirenon patitur. lnimici utique Dei, qui vers lux est. prœdicti Imninis juatiiinm. Ipsi fuerunt rebelles lumini, nesclerunt vias ejus, ad Deum pœmlemlo redire nolummt Maue dietnm est, nec reversi sunt per semitas illius. Mnne primo eo quod publiée et clara luco maluiu commiltalur. Potest autem et de consurgit homicida, interficit .egenum et paupe- tice de cette lumière. Ils n’ont pas voulu revenir à Dieu voies de Dieu, et ils ne sont point revenus par parla pénitence. Le matin, iparce que le mal se com- ses sentiers. Le meurtrier se lève dès le ma- met publiquement et en plein jour. On peut aussi l’en¬ tendre du juge injuste, qui se lève dès le matin pour prévariquer sur la cause de l’indigent et du pauvre, parce que les présents l’ont corrompu contre ceux dont il devrait, avoir pitié. Celui qui commet l’homicide pu- tin, il tue le faible et le pauvre, et il dérobe bliquement, devient aussi larron de nuit. L’œil de. son cœur qui la nuit comme un larron. L’œil de l’adultère fuit la connaissance delà lumière de Dieu, épie l’obscurité de la nuit; il dit : personne Parce qu’il n'a pas voulu comprendre et faire le bien. Il médite ne me verra ; et il sc couvre le visage. Il perce d’envahir les maisons à la faveur des ténèbres. Ils ont arrêté pou¬ les maisons dans les ténèbres, à l’heure qu’ils dont Je jour leur dessein adultère, s’étaient donnée pendant le jour, et ils n’ont C’est-à-dire Jésus-Christ. Si la lumière de la vie point connu la lumière. Si l’aurore paraît tout paraît sur eux dans une correction de Dieu, ils s’ima¬ ginent voir upparaître la mort à cause des remords de d’un coup, ils croient que c’est l’ombre de la leur conscience. Ils se délectent a vivre au milieu de leurs pé* mort, et ils marchent dans les ténèbres comme îniqiiis judicibns intelligi, qui ml hoc.inaturius surgunt, ut eau sam egenî et pauperum, muneribus comiptî, prævnricenliir, quorum misererî de- buit. Publions homieida, etiam fur noclurnua efficitur. Cordis ejus ocu- rem, per noctem vero erit quasi fur. Ocidus àdul- lus fngitiiis nolitiam luminis Dei. teri observât caliginem dicens : Non me videbit quia nolnit întelligere, ut boue ag.-rcl. oculus: etoperiet, ne agnoscatur [Vulg* non habet In tonubris domonwn irrnptioncm ne agnoscatur], vultum suum. Perfoditintenebris meditutur. Apud se per diem dufiuierunt adnlleriua colloquia. id est, clomos, sicut in die condixerant sibi, et ignora- Cb mium. Si eis per eastigntioncm Dci lumen vitæ ingera- verunt lucem. Si subito apparuerit aurora, ar- tur, pro conseientiæ sute uialo so arbitraniur ruortem snstinere. lia iu pcccatis vivero deloc- bitrantur umbrara mortis. Et sic in tenebris tantnr, ni debuorunt in -luco virtntuiu. De pcccntoribus dicit milium quasi in lu ce ambulant. Levis est super faciem pondus habeutibus fruetmun bouorum. Malédiction partem dixit eam, quœ dod est Dei, sed mumli. Ut nou aquæ : maledicta sit pars ejus in terra, nec am- SAINT JÉROME. 448 chés, comme ils auraiontdft lefaîroau milieu des vertus- Il parle ainsi des péclieurs dont les bon- dans le jour. Il est plus léger que la surface de nés œuvres n’ont aucun poids. Il appelle maudite la part qui n’est pas de l’eau; mais qu’il soit maudit sur la terre, et Dieu, mais du monde. Qu’il 11e suive point la foi de l’Eglise, qu’il ne marche point dans le chemin de la Les impies éprouvent tantôt les ardeurs du. feu vigne. Qu'il passe des eaux froides de la neige et tantôt un froid excessif. La vindicte dans les en- h une chaleur excessive, et que son péché le fers. Dieu, qui n’est pas conduise jusqu’aux enfers. Que la miséri- seulement miséricordieux, mais qui est appelé la mi¬ séricorde môme. Les péchés pour les pé- corde le mette en oubli, que les vers soient cheurs. Qu’il soit étranger au sa douleur et ses délices; qu'on ne se sou- pnrdon de la miséricorde. Le diable, qui 11c porte jamais vienne point de lui, mais qu’il soit arraché des fruits de pénitence, ou les Ames qui ne portent aucun fruit de vertu. comme un arbre qui ne porte point de fruit. Il couve le péché dans l’homme. Cœur Car il a nourri celle qui était stérile et qui sans bonnes œuvres. Il appelle ûme veuve de Dieu n’enfantait point, et il n’a point fait de bien à celle qui est dénuée des forces de la sainteté, et que Dieu n’a pas voulu avertir pour ln ramener. . S’il a terrassé les forts, voyez ce qu’il en la veuve. Il a fait tomber les plus forts par sa sequatnr fidem ruclesiœ. ïuipii mine ignom tirdeulera sen- bulelper viam vinearum. Ad niminm caloreni tient, mine nimium algorem. vindicte apud infuros. transiit ab aquis nivium : usque ad inferos pecca- Dens, qui non solmn misericora , secl otiarn miseri- cordia dicitur. pee- tum illius. Obliviscatur ejus misericordia; dul- enta pcccaloribus. ad venium misenoordiæ non pci-tineut. Dia- cedo illius vermes; non sit in recordatione, sed bolus, qui nunquam [Vueliim pœriitonliæ halu-t. Peccn- conteralur quasi lignum infructuosum. Pavit tnm io homine fovit, sivo animas iuiïuctuosas virtulilms. do corde opéra br»na, Aniuiain vinwn Deum enim sterilem et quæ non parit, et viduœ bene non liabontom, et sanelitntis viribns riestitntiim dicit, quam monere noluit ut rcdirct. Si forles prnslravit, adverle quid fecent de inllroais. non fecit. Detraxit fortes in fortitudine sua; et Non crédit, quod in viln sua tnm perdita stare possit lit excnsHie se non cum steterit, non credet vitæ suæ. Dédit ei Deus possit. benoGrdum pieUti.i per superbiam con- • locum pœnitentiæ, et ille abutitur eo in super- sera des faibles. Il ne croit pas pouvoir demeurer puissance, et lorsqu’il sera le plus ferme, il ferme en sa vie perdue de vices. Afin qu’il ne puisse ne s’assurera point de sa vie. Dieu lui a donné invoquer aucun prétexte. Il méprise par du temps pour faire pénitence, et il en abuse orgueil le bienfait de cette clémence. Jobditmain- pour devenir encore plus superbe ; mais les tenant des méchants en général ce qu’il n dit d’un seul, yeux de Dieu sont sur ses voies. Ces per¬ sonnes s'élèvent pour un moment; et après Ils succombent bientôt. cela ils ne subsistent plus; ils seront humi- Parce que la vie pré¬ liés comme toutes choses, ils seront empor- sentc est courte, la condition inutile des impies est comparée à un songe. Le diable et l’impie sont fa- tés comme un songe et retranchés comme le cilement diminués jusqu’à être réduits à rien. Si vous ne pensez pas comme moi, haut des épis. Si 'cela n’est ainsi, qui pourra qui de vous me convaincra de mensonge ? vous qui me convaincre de mensonge dans ce que je dites que Dieu fait subir en ce monde aux pécheurs les dis, et accuser mes paroles devant Dieu? châtiments qu’ils méritent, chose que vous affirmez pour me décrier. CHAPITRE XX Y. Baldad convaincu de mensonge, dit alors : Dieu ne Baldad de Suth parla ensuite en ces termes : tempsit. Nunc illi piurntilcr dieuntnr, do q libnn prins singularité? biam. Oculi autem ejns in viis ejus [Vulg. sunt dixerat. Rlox in viis illius] elevati sunt ad modiciim. Et non defeoturi. subsistent, et lmmiliabuntur [Vulg. humiliabun- tuv sicut sommia, et aaferentur sicut, etc .], et Quia vita piæseus brovis est, inutilis Blatus impiorum somao oompa- ralur, Diaboius, ot impius tanta fa- sicut somnia auferentur, et sicut summitates spi- eilitale coimnirmiLur, ut ad nihilnm doducrtiur. Quod non itnputatig qiiGinadmodmn dixî, carum conterentur. Quod si non est ita, quisme quis ex vobis de falailate me convinoere potest ? qui dicitis, quod om- nia in boe lemporo addat Dons peccatoribus, quæ morentur, quod in potest arguere esse mentitum, et ponere ante meam suggillatioueni asseritis. Deum verba mea? CAPUT XXV. Conviclus Baldad, dixit : Non jain Doit judiciuni, sed differl in Respondens autem Baldad Suites, dixit : Po- 449 EXPOSITION INTERLINÉAIRE DU LIVRE DE JOB. juge pas ici-bas, mais il diffère le jugement en l’autre vie, et le garde secret en lui. Il jouit Celui-là seul est puissant et redoutable, qui néanmoins de concert avec eux de la paix dans ses Saints ou dans ses Anges. Le nom- fait régner la paix dans ses hauts lieux. Peut- bre de ses soldats est infini. C’est lui on compter le nombre de ses soldats? et sur qui illumine tout homme venant en ce monde. Baldad ne qui salumière ne se lève-t-elle point?L’homme répond pas à ce qu’a dit le saint homme Job, mais il comparé avec Dieu peut-il être justifié? et parle selon le sens dans lequel ont souvent parlé déjà celui qui est né d’une femme paraîtra-t-il pur les trois amis. Les devant lui? La lune môme ne brille point, et Anges et les puissances supérieures ne peuvent pas les étoiles ne sont pas pures devant ses yeux; être comparées à Dieu. L'homme est combien moins le sera l'homme qui n'est que comme un ver, parce qu’il naît de la corruption comme pourriture cl le fils de l’homme qui n'est lui. qu’un ver ! CHAPITRE XX VT. Le saint homme Job n’a jamais répondu avec ai- Alors Job répondit à Baldad, et lui dit : greuràses amis, alors qu'ils l’abreuvaient ouvertement Qui prétendez-vous assister? Est-ceunhomme d'injures; mais à présent, devant une injure directe à faible? Ou soutenez-vous quelqu’un qui n’ait Dieu, transporté d’une juste indignation, il reprend pas le bras assez fort? A qui donnez-vous vertement Baldaà de parler de Dieu comme s’il n'était qu’une faible créature, ayant besoin de secours. Le bieuheureux Job s’étonne que Baldad conseil? Est-ce à celui qui n’a pas assez de ose faire la leçon à son divin Maître, sagesse ? et voulez-vous ainsi signaler votre prudence? Qui entreprenez-vous d’enseigner? C’est-à-dire votre âme. N’cst-ce pas celui qui a créé votre souffle? Le diable, oulesliommessuperbes. Tous les infidèles. Les géants mêmes et ceux qui habitent avec Sous la terre, c’est-à-dire, en enfer, eux, gémissent devant lui sous les eaux. Bien ne peut être caché à la science de Dieu. Le diable L’enfer est nu devant ses yeux, et l’abîme n’a De peut se cacher à la puissance de la majesté divine, point de voile pour se couvrir devant lui. Il donne h Dieu le nom de Soptenlriou, parce qu’il est C’est lui qui fait reposer le pôle du septentrion impénétrable et retiré dans un mystère profond. Parce qu’elle a été faite de rien, ou sur le vide, et qui suspend la terre sur le parce qu’aucun appui ne la soutient. Ici elles sont dites liées, parce quelles ne se néant. C’est lui qui lie les eaux dans les nuées, posternm, Pt apud ee reponitum tenet. Ipse tnmea paeom in Sanotia, testas et lerror apud eum est, qui facit concor- vel iû Angelis suis jnngiierpossidobit. lnGoitus nnmerus est miliium ojiip. diam in subi i mi bus suis. Numquid est nu nier us Jpse enim illuminai omnem hominem vonientem mllitum ejus? et super quem non fulget lumen in bu no. nninrinm. Non Baldad respondet ejus [ Vulg . Surget lumen illius]? Numquid j asti - ad ea, quœ dixil sanetus Job, sed juxti ilium sensnm dicit, quem et iîcari potest homo comparatusDeo? aut apparere illi sœpe dixerunt. mundus natus de muliere? Ecce etiam luna non Angeli et supornœ potesUteB non possnnt compo- splendet, et stellæ non sunl mundæ in cons- ruri Deo. Pro eo quod siuut vormis ex eorruptiono uascitur, pectu ejus. Quanto magis homo putredo, et fi- ita ot homo. lius hominis vermis! CAPUT XXVI. Saoetns Job aipieia suis nunqitam aspere respondît cura illi ei aper- Hespondenâ autem Job, dixit : Cujus adjutor TOM. IV. las injurias irrogarent ; mine autem vidons Deo injuriant fieri, jnsta es, numquid imbecihis? et sustentas brachium ioilignatione nommotus est, et verbisargi.il Baldad, quod ita loqiiure- ejus qui non est fortis? cui dedisti consilium? t:ir, tamqunra Deus infirmus sit, ot egeret auxilio. Beatns J*ib mirons quomodo onsus fuorit docere eum a quo est i Ile. Forsitan illi qui non habet sapientiam? et pru- dentiam tuam ostendisli plurimam. Quem docere id est, animara tuain, Dîobolus, voluisti? nonne eum qui fecit spiramen tuum? vel suporbi hommes, sub torro, id est, in inferno. oranes simul Ecce gigantes gemunt sub aquis, et qui habitant infidèles, Sciontiom Dei niliil latere potest. Diabolos cum eis. Nudus est infernus coram illo; et mil¬ lion potest se abscondero o potentiû majestntis Dei. Septentrionem di- lum est operimentum perditioni. Qui extendit cît, eo quod imponetrnbilis est, et in longo reûiotus silentio. Qnia ex nihilo facta osî, acpiilonem super vacuum, et appendit terrain eîve quia nullo fuleimento snstinetur. Modo dicmitur ligatœ, quia non simul effuadnntiir super nihilo. Qui ligat aquas in nubibus suis, in terras, sieut in dilnvio fuelum legimus. Seutentiam et ut non erumpont pari ter deorsmn. Qui tenuit 59 SAINT JÉROME. 450 répandent pas toutes à la fois sur la terre, comme afin qu'elles ne fondent pas sur la terre toutes l’EcriUire nous dit que cela eut lieu dans le déluge. La sentence et la terreur de son jugement, à la fois ; qui empêche que son trône ne pa- Ses mystères, car bien peu sa- raisse h découvert, et qui répand au-devant vent les secrets de Dieu. Dieu ne permet pas que les nuages qu’il a formés : Qui a renfermé les aes saints soient troublés outre mesure par les infidèles. Parce qu’à la fin du monde eaux dans leurs bornes, pour y demeurer tant le jour et la nuit cesseront de se succéder. Titre que dureront la lumière et les ténèbres? Les honorifique donné aux Anges. Ils vé- colonnes du ciel tremblent devant lui, et il nèrent la présence do leur Créateur. Le les fait trembler au moindre clin d'œil. Sa bienbenreux job montre à Baldad la puissance de puissance a rassemblé les mers en un instant Dieu, afin qu’il ne se flatte pas de lui venir en aide. L’orgueil, c’est-à-dire le diable précipité du haut de son trône céleste. L’Esprit Saiut a orné les Apôtres. Aux Docteurs qui eufaulent dos enfants à la foi, Dieu et sa sagesse a dompté l’orgueil de cet élément, donne son paternel secours pour uue telle oeuvre. La bôte rusée, en Son esprit a orné les cieux, et l’adresse de sa qui rien n’est droit, veut nuire aux Saints de Dieu, qui* la repoussent afin qu’elle n’ait ensuite aucun pouvoir main puissante a fait paraître le serpent plein sur eux. De même plus haut : Nul ne peut com- de replis. Ce que nous venons de dire n’est que terrorom jti-licii aui. Ooeultationem suam, quia rari soient secrets vultum solii sui, et expandit super ilium nebu- Dei. N-ijo siaet Dans Sunetos snos supra mensnram tribu - lari a populis infidclium. Quia in lam suam. Terminum circumdedit aquis, nsque fine nmndi dominent isïn itn voriare. Ançeli pn derni-o dirti, dam finiantur lux et tenebræ. Columnæ ereli præsonMnm con-litoris sui vemiranlur. Hic ben- intrcmiscunt et pavent adventum ejus. In forti- tus Job porentium Dei narrai Buldud, ne so adjutorem Dei restimaret. tudine cjus repente maria congregata sunt, et Diaholmn, qui dejeetm est de mibluni cœlorum scie, Spiritus smtetos prudentia ejus percussit snperbiam. Spiritus Apostolos. Doctoribns partnrieiilibus (ilio.i fi ici, pietntc sua Do minus adjuvat, ul hujusmodî fétus edunt. Nncet suis Sanciis caiüda bestia, a qnibns exclu litur, ni in eis ultra non habcal potestaiein. In quo nibil ejus ornavit cœlos, et obstetricante manu ejus, est rectum. Qui in superiorîlms dicit : eductus est coluber tortuosus. Ecce hæc ex parte Quia nullus ornniu compreliendcro poterit. dicta sunt viarum ejus, et cum vix parvam prendre touLes choses. Allusion à qu’une petite partie de ses œuvres. Si ce que Jésus- Christ fai L homme, que Daniel appelle la pierre nous avons entendu est seulement comme détachée de la montagne. Cela revient à dire : Si nous ne pouvons comprendre pleinement l’homme dont il s’est revêtu, et qui n’est qu’une petite goutte d’eau en comparaison du Dieu qui s’en est. revêtu, combien une goutte en comparaison de ce qu’on peut moins pouvons-nous comprendre la divinité même. La divinité en dire, qui pourra soutenir l’éclat du ton- est comparée au Lonnerre, parce que le tonnerre des¬ cend du ciel vers la terre, lierre de sa grandeur? CHAPITRE XXVII. Ces mots indiquent que ce que Job a dit jusqu’ici, Job prenant encore la parole, et usant du il l’a dit surtout par parabole. Il montre que Dieu per- même discours figuré, continua en ces ter- met que la souffrance le frappe, pour le dispenser du jugement. Le Dieu vivant, sous-entendu ;il fait ce qu’il veut. LesProphèLos se servirent plus tard de ce serment. Il dit mes : Je prends à témoin le Dieu vivant qui que Dieu lui a ôté dans le temps, tandis que la justi- m’a ôté tout moyen de justifier mon inno- fication appartient à l’économie du jugement futur. 11 appelle amertume cence, et le Tout-Puissant qui a rempli mon Ilomiiiom a eumptum dicit, qui in Danielo lapis exeisus dioitur. Hoc onim dicit : Si assumplum liomînem non plenc ititelliginius, qui ad oomparationcm nssnmeuiis Oui stilla pcriuodicfl est, qnanlo magis ipsum divinilatem I Quia divinitas stillam sermonum ejus audierimus, quis poterit loiiilcuo comparatur, quoi do ccelo terris iiitomdt. tonitruum magnitudinis illius intueri? CÀPUT XXVII. Signifient quod ca, qnæ prius dixerat, per parabolam maximo di- Addidit * quoqne Job assumens parabolam corol. Hoc jurainiïiilo postes nsi sont Prophétie. Dura permiitu j.nti, auferre jiidicitiæ dicit. Qui facil quod voluorii snbunlitur, v i vit. Tempore abstulisse dicit, quod suam, etdixit : Vi vit Deus, qui abstulit judicium al dispensationein jusli judicii portinel. JUiseriam prison. meum, et omnipotens qui ad amaritudinem tetn dicit, qua ropleliis est. lmlitua jatn atteouiituo adduxit animam meam. Quia donec superest est in me. Qui corroborât me ut austineum ho.i cruciatus halitûs in me, et spiritus Dei in naribus mcis, 451 EXPOSITION INTERLINÉAIRE DU LIVRE DE JOB. les misères dont il est actuellement accablé. Le souffle de la vie est près de âme d’amertume ; que tant que j’aurai un s’éteindre en moi. La force d’endurer ces tourments, souffle de vie, et que Dieu me laissera la Je ne vous reconnaî- respiration, mes lèvres ne prononceront irai pas justes. rien d’injuste, et ma langue ne dira poinL de mensonge. Dieu me garde de vous croire Mon innocence, que j’ai, dites-vous, per- équitables ; tant que je vivrai, je ne me désis- due par mes paroles impies, terai point de la défense de mon innocence. Tant que je vivrai, je ne déserterai pas ma justification. Je n’abandonnerai point la justification que En cet j’ai commencé de faire de ma conduite : car endroit, par tonte la vie il faut entendre sa vie présente, au temps où il parlait ainsi, parce qu’il ne se rendit pas à leurs mauvais conseils excitant au blasphème mon cœur ne me reproche rien dans toule ses lèvres de Prophète. Il semble dire cela plutôt en esprit de pro- ma vie. Que celui qui se déclare mon ennemi, phétie qu’avec le désir de maudire. Il est aussi en passe lui-même pour un impie, el que celui désaccord avec moi quant à la foi, celui dont les œu- qui me combat, soit regardé comme un in- vres sont en désaccord avec mes œuvres. C’est-à-dire, d’un ami faux et trompeur, juste. Car quelle estl’espérance de l’hypocrite, tu jnat09 vos esse dioam. non loquentur labia mea iniquitalem ; nec lingua mea meditabitur mendacium. Absit a me ut jus- qiium vos quasi tos vos esse judicem. Donec deficiam, non rece- blasphemiis meis me asscritis perdidisse. Donec vivam, justificationora dam ab innocentia mea. Justificationem raeam, meam non doseram. Hoc loco omnis quam cœpi tenere, non deseram; nec enim vitn, præsens ejus vile intelligenda est, tempore quo hæc dicobat, quia male sundentibus et blaspbemiam Proplietantia hortantibus non con- atmsit. reprehendit me cor meum in omni vita mea. spii'itu hoc dieere magis videtur, quam voto malediceutis, A me etinm fido discrepat, Sicut impius inimicus meus, et adversarius meus qui mihi opero non concordat, id est, fictos et dolosos in amicuia. quasi iniques. Quæ enim est spes hypocritæ, si Quasi avaritiæ sitîm patiamÎDÎ intoriium nleum, si non acquioscitis Deo, ut vos in bac vita emaüdaro curetis. avare rapiat, et non liberet Deus animam ejus? s’il ravit le bien d’autrui par son avarice* et Les impies que Dieu ne délivre point son âme? Dieu en- en effet s'aviseront de crier vers Dieu, quand ce ne sera plus le temps de les entendre. Quand le châtiment atteindra tendra-t-il ses cris, lorsque l'affliction viendra l’impie, ce sera sans remède. Celui-là peut se réjouir en Dieu et fondre sur lui ? ou pourra-t-il trouver sa joie l’invoquer, qui aura les dispositions requises pour que dans le Tout-Puissant, et invoquer Dieu en Dieu puisse l’entendre eu tout temps. Il dit les choses que Dieu tient en sa tout temps? Je vous enseignerai avec le secours puissance, parce qu’il voudrait les leur faire connaître- de Dieu ; je ne vous cacherai point ce qui est Toutes ces choses enfermé dans le Tout-Puissant. Mais vous le sont visibles en ma personne. savez déjà tous ; et pourquoi donc vous répan- Sans raison. dez-vous inutilement en de vains discours? Comme s’il disait : Les impies et les violents rendront Voicile partage del’hommeimpie devantDieu, compte à Dieu de leurs voies, non en ce monde, mais et l’héritage que le Tout-Puissant réserve pour au jugement futur. Il a vu croître eu fils et eu neveux les violents. Quand ses enfants seraient en la descendance des méchants, grand nombre, ils passeront tous au .fil de Parce qu’ils sont étrangers à la parenté de la l’épée, et ses petits-enfanls ne seronl point Tune enim impii ad Deum clamnre incipient, quando locus nmi eri exaudmndi cos. Quando impiis nhio Numquid clamorem ejus audiet Deus, cum ve- veüiet, nulliim romedinm erit. Is jo Deo delectari potost, e nerit super ilium angustia? aut polerit in omni- invocare emn, qui se talem exhibuerit ut quolibet tempore mereatnr potente delectariy et invocare Deum in omni aiidiri. Dieit ilia qnæ liabet Deus in potestate sun, quæ etinm ois cupiat tempore? Docebo vos per manum Dei : quæ demonstrare, Quia in uioam omnipotens habeat non abscondam. Ecce vos personam luec universa depromitis. rntioneui non hnhantia, omnes nostis ; et quid sine causa vana loqui- Ac si diceret : Hæo, qnæ aequuatur, impii ac violenti, non mini? Hæc est pars hominis impii apud Deum, modo, aod in future judicio ab omnipotento Deo percipienl, et hæreditas violentorum, quam ab omnipotente ln filiis et nepotibus omnem posteritatem malœ ge- suscipient. Si multiplicati fuerint filii ejus, in nerationia nspexit. Quia a cognitione verîtatis sunt alieni. gladio erunt, et nepotes ejus non saturabuntur 452 SATNT JÉROME. vérité. Ceux qui imitent les mauvais rassassiés de pain. Ceux qui resteront de sa parents sont condamnés à la mort éLcrnclle. sans race seront ensevelis dans leurs ruines, et ses doute le temps ne leur en sera pas laissé. La grandeur de veuves ne le pleureront point. S’il fait un l’avarice des impies est comparée à de la terre et à de la boue à cause de la quantité prodigieuse des richesses, monceau d'argent comme de terre, s’il amasse Dieu le des habits comme il ferait de la boue; il est dépouille, et il accorde aux fidèles la persuasion pour vrai qu’il les préparera; mais le juste s’en rc- prêcher l’Evangile, qui est le vêtement des âmes. Ainsi Salomon dit ; « Les pécheurs amassent des trésors pour les justes, » c’est-à-dire que l’éloquence profane est l'instrument du règne de Jésus-Christ. C’est vêtira, et l’innocent partagera son argent. Il ainsi qu’il se repose dans sa prospérité. Sa joie s’est bâti, comme le Ver, une maison; et il ne passe pas moins vite. s’est fait une cabane comme le gardien d’une Quand il s’endormira dans la mort, il n’aura vigne. Lorsque le riche s’endormira en mou- plus aucun de ses biens. A la résurrec- rant, il n’emportera rien avec lui; il ouvrira tion il 11e trouvera aucun mérite acquis par les bonnes œuvres. line subite indi- les yeux, et il ne trouvera rien. Il sera surpris gence surprendra ce riche. delà pauvreté comme d’une inondation d’eaux, Imilalores malornm parentnm damrmntur morte fntnra. pane; et qui reliqui fuerint ex eo, sepelientur in Non habontea utique temporis copiam. ^ïrtngniiudo interitum, et viduæ ejus non plorabunt. Si com- nvnriiite impiornm terreo et'luti inateriœ comparatm* proptor îmmeusi- putaverit quasi terrain argentum, et sicut lutum tatein diviliunnn. Aufcrene, ot credentibii3 fncundiam præparaverit vestimenta. Præparabit quidem, prœdicandi Evangelium concodit, per quod anîmæ vestinnLur. Ut Salomon ait: « Tlicanui iznntur justÎ3 sed justus vestietur illis. Et argenlnm innocens diviliœ petcatoium, » vel Christiis, eloqnenliaun sœcularium. Sic illo rcquioscil in prospentate snn. tnm dividet. Ædificavit sicut tinea domum suam, et cilo gaudhun ejus transivit. Cnm in somnum mortis sicut custos fecit umbraculum. Dives cum dor- venerit, niliil de facnltatibus 3nis hnbebit, ln rcsurroctione nullum inierit, nihil secuin auferet; aperiet oculos suos, meritnm boni operis inveniot. Prœdictum divitem subila ogestas. et niliil inveniet. Appreliendet eum quasi aqua lu cœcîtate sua. tribulatio. Scntcn- inopia, nocte opprimet eum tempestas. Tollet La tribulation. Eu son avcugle- il sera accablé de la tempête au milieu d’une ment. La sentence de Dieu qui le damne, nuit profonde. Un vent brûlant le saisira et Soudain sans qu’il puisse prévoir le cboc. De son corps, l’emportera, et l’enlèvera de. sa place comme Dieu enverra le châtiment mérité, un tourbillon. Dieu enverra sur lui plaie sur quand il lui rendra selon ses œuvres. Sa main ne le plaie, et ne J’épargnera point; il fera tout son soutiendra plus pour qu’il puisse se sauver. D’autres ont possible pour s'enfuir de ses mains. Celui qui dit : Il frappera des mains sur lui, et l’arrachera de verra le lieu d’où il est tombé, frappera des sa place. Image de l’implacabilité dans le châtiment, mains, et sifflera en lui insultant. CHAPITRE XXVIII. L’homme saint a l’éloquence de la foi qui prend sa L’argent a un principe et une source de ses source dans les sentiments de son âme. Sens caché : la tribulation éprouve les saints comme le feu éprouve l'or. La cor- veines, et l’or a un lieu où il se forme. Le fer rection de la mollesse produit la force. Celui qui est dur de cœur, sc tire de la terre; et la pierre étant fondue La chaleur de la foi. En confession ouverte. Il a mis un par la chaleur, se change en airain. Il a borné lin Dei dananaim ilium. repenle non impetu prœveniet. eum ventus urens, et auferet eum velut turbo. de eorpore Deus pœnam muriiam, cnm oi reddet se- Rapiet eum de loco suo, et mittet super eum, et cuntlum opéra ejus. Non tenebitur manu ejus, ut salvetnr, Alii dixn- non parcet. De manu ejus fugiens fugiet, strin- runt : PUudet super eum omnibus suis, et traliot eum do loco suo. get super eum manus suas, et sibilabit super Alrocitatem pœnte signiGcat. ilium intuens locum ejus. GAP UT XXVIII. Homo sanetus eloqueDtiam fidoi ab anima: sensibus ortam. «piritûli Ilabet argentum venarum suarum principia, et iotellcclui, Quia in lribulalione velut aurrnn in igné probatur. Fortitudo de mol* auro locus est, in quo çonflatur. Ferrum de Jitio emondatur. Durus corde, fidei œsiu, in sonoram cod- terra tollitur ; et lapis solutus calore in œs verti- fessiouem. Finem peccatis, vel malis bomiaibus. quale meritum tur. Tempus posuit tenebris, et universorum fi- 433 EXPOSITION INTERLINÉAIRE DU LIVRE- DE JOB. terme aux péchés, ou aux méchants. Ce que chaque ]es temps des ténèbres ; il considère lui-même homme a mérité de recevoir. Le diable à cause des la fin de toutes choses,, et la pierre même en- erreurs, parce que la mort est la conséquence de sa sevelie dans l'obscurité et dans l’ombre de la doctrine. La passion de Jésus- Christ sépare les mé- mort. Le torrent divise d’avec le peuple chants des Saints qui sont voyageurs ici-bas. Jésus- voyageur et étranger ceux que le pied de Christ oublie ceux qui ne croient pas à l’Evangile. Notez aussi la distinction faite par Jésus-Christ qu’in¬ dique le mot pied, au moyen , duquel, lui qui s’est fait pauvre pour nous, sépare des saints ceux qui vivent l’homme pauvre a oubliés et qui sont hors de hors de la voie de la religion. Allusion à Sodome, dont le terroir fut très- la voie. La terre d’où le pain naissait comme fertile et qui fut détruite à cause des péchés de ses ha¬ bitants. Le sa- de son lieu, a été renversée par le feu. Le sa¬ phir et For sont une allusion aux richesses des habi¬ tants de Sodome. avec l’or on achète phir se trouve dans ses pierres, et ses mottes la terre. Banni de ce territoire, parce qu’à cause sont de l’or. L’oiseau a ignoré la route pour de la multitude des habitants, à peine y avait-il place pour les oiseaux. Sodome se cachait sous des ombrages si y aller, et l’œil du vautour ne l’a point vue. épais, que les oiseaux qui passaient au-dessus ne pou- Les enfants des traficants n’y ont point mar- vaient pas l’apercevoir. Cette terre portait tout ce qui ché, et la lionne n’y a point passé. L’homme homo aoceptunia ait. diabolum propter errores. quod doc- nem ipse considérât, lapidem quoque caliginis tri nam ejus mors eequatur. Iniqnos passio Cbristi a Sauctis, qui bic et umbrain mortis. Dividet torrens a populo pe- porogrini sunt, séparât. obiitus ost Cliriblus connu, qui nou credidunmt Evaugtdio. In pode quoque dic- regrinante, eos quos obiitus est pes egentis ho- pouadtionem Christi advertc, par quem a Sauctis sine via religiouis viventes séparât. Qui pro oobie panper fut Lus est. Quasi mine de Sodoma loquitur, quæ ferti- minis, et invios. Terra de qua oriebatur panis, lissiraa fuit, al propter pcccala habitautium igue subversa est. Quasi pro opibus So¬ in loco suo igné sub versa est. Locus sapphiri domoriun haoe généra gemmarum flicmitur. quia por liu< acquiri solat. J1’ midis exter- lapides ejus, et glebæ illius aurum. Semitam ritcc, quia prœ frequeolia homimuu vix illîe aves esse potaraot, (Tanta) arbormn opacilate coutectaest, ut eatu avos desuper volantes ospicera non poasint. ignoratavis, nec intuitus est euin oculus vulturis. lui était nécessaire, de là, l’inutilité des marchands, appelés aussi fils des traficants à cause de leur désir d’amasser des richesses pour leurs fils. Enfin, à causé de la population nombreuse, les bêtes fauves ne pou¬ vaient passer là. Job se tourne maintenant vers Jésus-Christ, dont la a étendu sa main contre les rochers, et il a force toute-puissante, au dernier avènement du Fils renversé les montagnes jusque dans leurs ra¬ de Dieu, renversera les superbes, ou le diable. Il a répandu sa grâce sur les Apôtres ou sur cines. Il a ouvert les pierres pour en faire les Gentils, qui étaient auparavant des cœurs durs. C’est-à-dire : Dieu a les yeux sortir les ruisseaux, et son œil a vu tout ce sur les justes. Les secrets re- qu’il y a de rare et de précieux. Il a pénétré plis de la conscience des hommes. Il a révélé, jusqu’au fond des fleuves, et il a produit au Leur malice Si Dieu ne jour les choses les plus secrètes. Mais où la montre pas, l’homme ne saurait la trouver, trouvera-t-on la sagesse? et quel est le lieu Elle est si précieuse, que l’homme de l’intelligence? L’homme n’en connaît point ignore entièrementcombien est grande sa valeur, aucun trésor ne lui est comparable. Ej ceux qui le prix, et elle ne se trouve point en la terre servent selon le siècle les voluptés de la chair. C’est-à-dire, de ceux qui vivent dans les délices. L’ablme l’enfer. Parce que les hommes du siècle n’ont pas la sagesse de l’amour de Dieu. C’est-à-dire, le siècle, dit : Elle n’est point h moi, et la mer : Elle Quia sibi ipsa tollus cuncta farebat. Morcalorum, qui proptor îustandi lucrum etiam in posteris buis lilii inbtitoniLü dicli suât. prop- Non calcaverunt eam lilii institorum, nec per¬ ler fraquenliam populoruui ibi bestiio transira non potuorunt. Nuncad Christum eonvertitiu’, ad fortilu- transivit per eam leæna. Ad silicem extendit dineni vi L'tutÎH a rue. superbos, vol diabolum oovisaime subvoraoa. iu advontu Filii Dei. In Apostolia, sive in Gentibns prias dures. gratiaoi auaua manum suam, subvertit a radicibus montes. In dédit. ut est : Oculi Domini super justoe. pétris rivôs scindit, et omne pretiosum videt Sécréta ronbeientiæ heminuin. qui sic deeurrunt ad oculus ejus. Profunda quoque fluviorum scru- mortem quasi flwnina, malitiaui oorum. io revelalionem. Niet tatus est, et abscondita produxit in lucem. Sa- Üeo domouslrante, nec Ab homino invaniri dicit. pientia vero ubi invenitur, et quis est locus in- Tantum protiosa fit, ut quantum sit ejus meritum homo penitue ignoret ; omne vero pretium non est ea dignum. In bis, qui telligentiæVNescit homo pretium ejus, nec inve- 454 SAINT JÉROME. Gela veut dire qu’aucune n’est point avec moi. Elle ne se donne point chose, quelque précieuse qu’elle soit, ne peut être com¬ parée à cette sagesse. Ce qui indique que nul n’a pour l'or le plus pur, elle ne s’achète point au assez de mérite par lui-même pour comprendre ou ex¬ primer cette sagesse. Allusion aux idolâtres des Indes, poids de l’argent. On ne la mettra point en où naissent des marchands fort riches, comparaison avec les marchandises des Indes, Pierres dont les couleurs sont les plus vives, ni avec précieuses, parce que la religion des idoles a le faux la sardonique la plus précieuse, ni avec le éclat du culte de la Divinité. Les hommes considérables qui ont ici-bas l’é- saphir. On ne lui égalera ni l’or ni le cristal, clat des honneurs et la gloire des richesses. Les grands du siècle ne sont rien, s’ils n’ont pas la et on ne la donnera point en échange pour des craintedeDieu. Les grandeurs du siècle seront indignes vases d’or. Ce qu’il y a de plus grand et de plus de tout souvenir, en comparaison de cetle sagesse, élevé ne sera pas seulement nommé auprès Par le don de l’Esprit- Saint, elle est ti- d’elle ; mais la sagesse a une secrète origine rée d’en haut. Il fait passer tous ces mots devant d’où elle se tire. On ne la comparera point l’esprit, parce qu’aucun objet créé n’a le prix de la avec la topaze de l’Ethiopie, ni avec les tein- cruinte de Dieu. Dans le même sens que turcs les plus éclatantes. D’où vient donc la voluptatî caruis serviunt sœcnlariter. Inférons designatur. nitur in terra suaviter viventium. Abyssus dicit ; Quia sæculares boulines supitmtiaui amoris ûei non bubout. bue sæcnlum siguificaüir. Non est in me; et mare loquitur : Non est mc- Hoc dicit, quod uulla res, quarnvia pretioaa sit, Imic sapicotiro eouiparari putcst. Quod su- cum. Non dahitur obrizum pro ea, nec appen- pieotiam istarn tiullus pro merito ejus possit seuliro aut eloqui, hic in- dicat. lu ladia ora- detur argentum in commutatione ejus. Non con- nes îdolorum cultores sjguiGcaütur, in qua eultores pretiosi nascuntur. qui lapides pretiosi sunt, qnod idolorum re- ferctur tinctis Indlæ coloribus, nec lapidi sardo- ligîo nomine fulgeat Deitntis fullaciter. Clari boraincs intcl- uiclio pretiosissimo, vel sapphiro. Non adæqua- liguntmy qui in. hoc sæculo nouilno dignitatis fulgent, et divitianun glovuu Pro nihilo enim duputantur nobilos biturei.aurum vel vitrum ; noncomputabunturpro sœculi, si timorom Dei oon haboot. Celsitudinos sœculi iudiguœ ernut momoria in ea vasa aurea ; excelsa et eminentia non memo- comparatione illius sapiontiœ. Oono Spiritus suucti. rabuntur in compafatione ejus. Trahitur autem plus haut : « Où trouve-t-on la sagesse? » sagesse? et où l’intelhgence se trouve-t-elle? C'est-à-dire de tous ceux qui vivent selon la chair en Elle est cachée aux yeux de tous ceux qui vi¬ ce monde. Il faut entendre les hommes superbes ou légers, vent; elle est inconnue aux oiseaux mêmes qui prétendent aux pensées élevées, et qui croupissent dans la bassesse des sentiments. Le diable et ses satellites. Ils en ont oui du ciel. La perdition et la mort ont dit : Ncus parler, mais ils en ont perdu la possession par la dés¬ obéissance. Assurément Dieu sait où avons ouï parler d’elle. C’est Dieu qui com- va la sagesse, c’est-à-dire, au lieu delà paix éternelle, prend quelle est sa voie; c’est lui qui connaît où il la conduit lui-même. Il nous visite en tout le lieu où elle habite'. Car il voit le monde temps. De même dans le psaume : d’une extrémité. à l’autre, et il considère tout « Le Seigneur a regardé du haut du ciel ce qui se passe parmi les hommes. » Psaltn . xn, 2. La grâce de l’Es- ce qui se passe sous le ciel. C’est lui qui a prit-Saint aux anges eux-mêmes. L'eau, c’est-à-dire les donné dupoidsauxvents ; et c’estlui qui apesé doctrines, qui sont dites avoir un poids à cause de l’effet qu’elles produisent dans la balance où Dieu pèse les mérites. Il veut désigner ici l’enseignement et mesuré l’eau. Lorsqu’il prescrivait une loi de l’un et de l’autre Testament. Lorsqu’il livre passage aux persécutions aux pluies, lorsqu’il marquait un chemin aux de atipernis assumitur. Omnin hæc Domina ideo ad memoriain de occultis sapientia. Non adæquabitur ei topa- duduxit, quia millu ereulura potest comparui i timori Dei. zium de Æthiopia, nec tinctura mundissima Godem sensu dicit, quo super : u Sapientia ubi invoni- componetuv. Unde ergo sapientia veniet, et quis tur ? u id est, omnium curnaliior iu uiunao locus est intelligentiæ? Abscondita est ab oculis viventium. Hommes superbi vel loves, qui ulta omnium viventium ; volucres quoque coeli latet. sapiuut, et iu imis moruntur, intelliguntnr. Diabolus et satellites ejus. Pereepeiunt, sod por inobedîcntiauo habere Perditio etmors dixerunt : Auribus nostris audivi- eam noluerunt. Pro eerto soit Deus quo sapientia properut, cui mus famam ejus. Deusintelligityiam ejus ; ipse no- etîam ipse ducutum prœbôt, ad locmn utiquo puci» æternæ. Yisltaas nos io plenitudine tempormn. ut vitlocum illius. Ipseenimfines mundi intuetur, et in psalmo dicitur : « Domiuns docœlo prospoxit super ülios bominum. « Psal . xim, 2. Cratia Spiritus saucti, vel omniaquœsub cœlo sunt respicit. Qui fecit ven- ipsis Angelis. Doctrinas dicit, quas propter effectuai diviuœ sanctiGca- tionis, poudua habere dicit. ^ Uoctrinam tis pondus, et aquas appendit mensura. Quando EXPOSITION INTERLINfiÂIRE DU LIVRE DE JOB. contre 'Eglise, afin de faire éclater la victoire de se3 saints. Il a prévu que foudres et aux tempêtes, c’est alors qu’il l’a la crainte de Dieu régnerait dans le monde. Par la bouche des prophètes, vue, qu’il l’a découverte, qu’il l’a préparée, et En cherchant la brebis égarée, qu’il en a sondé la profondeur. Et il a dit à Il explique ici ce qu'il avait dit l’homme : La parfaite sagesse est de crain- précédemnient avec plus d’obscurité, dre le Seigneur, et la vraie intelligence est de se retirer du mal. CHAPITRE XXIX. Le titre même de ce chapitre fait connaître que lo saint homme Job, dans ce qui va suivre, va parler par Job, reprenant encore son allégorie, con- paraboles. Il exprime le désir tinua son discours et dit : Qui m’accordera de recouvrer la prospérité qu’il possédait naguère sous la garde.de Dieu. Ma pros- d’être encore comme j’ai été autrefois, dans périté antérieure, où je vivais heureux, ces jours heureux où Dieu prenait lui-même La gloire temporelle. Evidem- soin de me garder; lorsque sa lampe luisait ment sur les autres. Au milieu des pécheurs et vers sur ma tête, et que dans les ténèbres je mar¬ ie but inconnu, je marchais heureux dans sa propre chais h la lueur de sa lumière ; comme j’étais ntriusqne Testament! nobis vol ni t imlicare. Persnciitionibiis Eeclesite ponebatpluviis legem, et viam procellis sonan- prœturoundi viam aperit, ut sanclos suoa non vineunt. Futuruni prævidit timorcm l)oi in munde. ore PropheUiniai tibus. Tune viditillam, et enarravit, et præpara- qnœrens ovem errante!». Nnnc explnnnt, vit, et invéstigavit. Et dixifc ho mini : Ecce timor quod supra obscurins dixeral. Dei ipsa est sapientia, et recedere a malo intelli- gentia. CAPUT XXIX. Per parabolam dicturutn sa net uni Job, quœ subjecta sunt, ipsa tituli Addidit quoque Job, assumens parabolam iuscriptione digiioseitnr. Optât so revoenri ad illam felicitcitei», quam suam, et dixit : Quis rnihi tribuat ut simjuxta duduiu cum Dei eustodia possidebat, Ad fudeitatem primatn. quibus proapero vivebat. merises pristinos, et secundum dies, quibus Deus gloria tomporalis. custodiebat me? Quando resplendebàt lucerna super cæteros evidenler. iuter peceatoros utiijue, et ad ea ejus super caput meum, et ad lumen cjus am- 455 force. Le Tout-Puissant ha- aux jours de ma jeunesse, lorsque Dieu ha¬ bitait spirituellement eu mon cœur, loin du tumulte dés vices. Quand je bitait en secret dans ma maison, lorsque le jouissais de la présence de Dieu. Les vertus deTâmo Tout-Puissant était en moi, et toute ma fa- l’entonraient. Il lavait daus la simplicité mille autour de moi; lorsque je lavais mes des bonnes œuvres les pas de son âme. Le fils du Très- Haut lecom- pieds dans le beurre, et que la pierre répan- blait de ses largesses. Les grâces de l’Esprit-Samt. Parce que dait pour moi des ruisseaux d’huile; lorsque les juges siégeaient à la porte de la ville pour juger j’allais prendre ma place h la porte de la ville, ceux qui y entraient. Quand c’était le temps d’examiner diverses affaires, et que l’on me préparait un siège élevé dans comme maître on me préparait un siège élevé dans la place publique. Par ces mots il moutre la dé- la place publique ? Les jeunes gens me voyant férence dont il était à bon droit l’objet de la part se retiraient par respect et les vieillards se des jeunes gens et des vieillards, des grands et des levant se tenaient debout. Les princes ces- j uges. saient de parler, et ils mettaient le doigt sur leur bouche. Les grands s’imposaient silence, et leur langue demeurait comme attachée à quæ iguorûbam, «mbulabam, prospéra in virtule ipsius. bulabam in tenebris? sicut fui in diebus adoles- Oimiipoleiid iiubilabtit upirituiilor in corde me», re- cenliæ meæ, quandosecreto Deus erat in taber- Lrtûtia vitiorum lum ultibus. Quando prœseulia Dei frnobnr. nacuto meo? Quando erat omnipotens mecum, virlutea animuj adslabant ei. Animœ suœ gresaus bono- et in circuitu meo pue ri mei? Quando la.vabam riitn openmi sjinplicitate lavabat. Filina A [Lissiiui -lurgiter dodit. Gra- pedes meos butyro, et petra fundebat mihi rivos lias piugïios Spiritus sauetns. Quia in porta sedebaot judiees ut j ndicarent iulranles civita- olei? Quando procedebam ad portam civitatis, tem. Cuai leuipus esset ad examinanda diversa negotia, calbeJram et in platea parabant Cathedram mihi? Videbant mihi, ul magislro, parabant iu platea. His versiculis timoris reveran- me juvenes, et abscondebantur, et senes assur- tiam osteodit, quam ei merito defurebant sencs et jiiveneB, principes gentes stabant. Principes cessabant loqui, et et judices. digitum surperponebant ori suo. Vocem suam cohibebant duces, et li ligua eorum gu t tu ri suo SAINT JÉROME. 456 Sa conduite en public était aussi sage leur palais ..L’oreille qui m'écoutait me publiait que le publiait la renommée, et c’est pourquoi tous le bienheureux, et l'œil qui me voyait me ren- louaient. . Je délivrais des maius de l’homme dait témoignage, en publiant que- j’avais dé¬ violent l’indigent opprimé, qui dénonçait par ses cris la violence doDt il était victime. Je délivrais des mains livré le pauvre qui criait, et l’orphelin qui du méchant l’orphelin privé du secours de toute dé- D’autres disent : Le pauvre, n’avait personne pour le secourir. Celui qui fense. Il était béui parmi les veuves, les orphelins et était près de périr me comblait de bénédic- les enfants, tous ceux qui sont petits et affligés, parce tions, et je remplissais de consolation le cœur qu’il ne méprisa jamais aucun de ces humbles. De môme : « Que vos prêtres se revê- de là veuve. Je me suis revêtu do la justice lent de justice. » Psaim . cxxxi, 9. La miséricorde et la et l’équité que j’ai gardée dans mes juge- vérité étaient les vêtements de son âme. De couronne royale, parce qu’en lui la vérité des jugements brillait comme ments, m’a servi comme d’un vêtement royal un diadème. Il montre la tendresse de son et d’un diadème. J’ai été l’œil de l’aveugle et amour pour les affligés. Je leur avais voué une tendresse le pied du boiteux. J’étais le père des pauvres, de père, afin qu’aucun arLifice de leurs ennemis ne pût et je m’instruisais avec un extrême soin des les opprimer. Les mâchoires pei- aflaires que je ne savais pas. Je brisais les Tam sancla erat pressens converaatio ejna, quain adliærebat. Auris audiens beatificabut me, et fuma referebat, et îdeo oraoes laudabaut enua. Opprcs- oculus videns testimonium reddebat mihi, quod aiini egemuu, qui clamnve suo vim pati se iodicabal, de manu vîoleoti ïiberabam. Oi pliamim defou- liberassem pauperem vociferantein, et pupillum aionis auxilio destitutuui ab ioiquo eruebam. lu viduis, et pupiilis, et pneris, cui non esset adjutor. Benedictio pueri [Vulg. omn0 geous humilium et afïlictoniui. Sire ut ali i dixerunt, pomperai. désignât, quorum nullum perituri] super me veniebat, et cor viduæ conso- eprevit. Ut ôst : « Sacordoles lui iuduantur justitiom. » Ps. latus sum. Justitia indutus sum, etvestivi [Vulg, cxxxi, 9. Misericordia et veritas animie illius erant indumeuta. Corona regali, quia iu eo, ai- vestivit] me sicut vestimento et diademate^ judi- cut diadenm, judicii veritas cintoebat. Affect u s pietntis ejus in sermonibus ostendit. Pater- cio meo. Oculus fui cæco, et pes clando. Pater gnent lu puissance dans la méchanceté. Il s’agit des mâchoires de l’injuste, et je lui arrachais la hommes de rapine, à la denL desquels il arrachait de proie d’entre les dents. Je disais Je mour- vive force le bien des pauvres. Dans ma chair, parce que le sage a sans cesse la mort devanL les yeux, à cause de la crainte qu’il a du jour du jugement. 11 dé- rai dans le petit nid que je me suis fait, et je sire que ses jours soieut heureux daus la résurrection, multiplierai mes jours comme le palmier. Mon espérance et la foi, qui sont mon bien dans ce Je suis comme un arbre dont la racine s’étend séjour d’attente, se forLifient dans la parole divine. Le souvenir de la parole divine au le long des eaux, et la rosée se reposera sur temps de la tribulation. Le fruit du fidèle croit toujours pour mes .branches. Ma gloire se renouvellera de l’éLernelle joie. Allusion â la résistance que l’âme forte jour en jour, et mon arc se fortifiera dans ma oppose aux vices. Il montre avec quelle admiration le vénéraieut main. Ceux qui m’écoutaient, attendaient que ceux qui l’écoutaient. Il parle ainsi à cause de sa sagesse, j’eusse parlé, et ils recevaient mon avis avec parce que non-seulement sa sagesse était en grand hon¬ neur auprès d’eux, mais encore ses avis leur étaient fort utiles. Son autorité é* ait si un silence plein de respect. Ils n’osaient rien grande que chacun disait ce qu’il disait lui-même. Sa doctrine pénétrait leur ajouter à mes paroles, et elles tombaient sur num affecturu oslendi eis. No utique nliqua adversanlium ai le oppi i- eram pauperum. Et causam quant nescicbam inerenlur. Fortiurua ail devoraudum pur diligentissime investigabam. Conterebam molas molas desigmuitur. Homioom rapaeem dicii, do enjus oro sulndan- iniqui, et de dentibus illius auferebam prædam. tiaiü pauporis vi ubsiulit. In carne, quia sapiens quotidie anta se moritur præ timoro diei judicii. Dias suo s in , Dicebamque : In nidulo mco moriar, et. sicut resurrectione beatos esse optât. Spes mea et fides, quæ in bac palma multiplicabo dies. Radix inea aperta est exapactationo mea suut, patont ad divina atoquia, Mcmoria divini vorbi iu teinpore Iribulatioois. secus aquas, et ros môrabitur in messioné mea. . Fructus eredentis croseit aemper pro œterno gaudio. repngnatio for- Gloria mea semper innovabitur, et arcus meus tis siguotur contra vida, Auditornm suorum admiro- in manu mea instaurabitur. Qui me audiebant, tionem indicat, qnomodo eum venerarentur. exspectabant sententiam meain [In Vulg. abevt], 457 EXPOSITION INTERLINÉAIRE DU LIVRE DE JOB. intelligence. Par les eux comme les gouttes de la rosée. Ils me mots pluie et eau, il fait entendre la grande'abondunce souhaitaient comme la campagne sèche at- tle sa science et de son érudition, tend l’eau du ciel, et leur bouche s’ouvrait pour m’entendre, comme la terre s'ouvre aux Allusion à la gravité de pluies de l'arrière-saison. Si je riais quelque- ses moeurs. Ils's’étonnaienl de me voir rire, lois avec eux, ils ne pouvaient pas le croire, La sérénité habituelle de son visage n’était jamais trou¬ blée. C’est pour cela qu’ils.considéruient comme un évé¬ nement important tout ce qui se produisait dans cette et la lumière de mon visage ne tombait point sérénité. En alluut parmi les inférieurs, il montre son à terre. Si je voulais aller parmi eux, je pre- humilité. Il usait de nais ma place au-dessus de tous; et lorsque la puissance royale pour être la consolation des mal- j 'étais assis comme un roi au milieu des heureux et des affligés. gardes qui m’environnaient, je ne laissais pas d'être le consolateur des affligés. CHAPITRE XXX. Ce n’est point parce qu’il était orgueilleux de ses Mais maintenant je suis méprisé par des pro sapienliii hoc dicit, [quia apuil illos uou folutn sapientia ejus vlata orat, voruni Mtiam consilmin utile vaille erat. Tanta fuit et intenti tacebant ad consilium meum. Verbis eju& auctoritas, ut nemo quidqmmi loquoretur, niai quod ille loqueba- tur. sousuoa eorum penctrubat meis addere riihil audebant, et super illos stilla- doiitrina ejua, Piuvice ol imbris noaiinibiis, copio- bat eloquium meum. Exspectabant me sicut sam valde erurtitionis siue scientiain esso demonstrat. pluviam, et os suum aperiebant quasi ad im- Pro gravitate inorutn dicit. mirabanttir vi- brem serotinurn. Si quando ridebam ad eos, non dentés me riduntom. Solîta sereuilas rultus ejus frustra turbata est. credebant, et lux vultus mei non cadebat jn Kt idcirco quasi magnum aique pneeipunm snscipiL-bant qtiidquid in serenitate vullns ejus contemplubnntur, Kundo ad inforioras, liumilitatem snam oslendit. terrain. Si voluissem ire ad eos, sedebam pri¬ mas ; cumque sederem quasi rex circüihstante In regui poteutia miS'-ria tl inüHreutibus solammi prœstabat. exercitu, eram tamen mœrentium consolator. CAPÜT XXX. Nun hoc jactunlia fecorat divilianim, sed vüitas impiomm, ut de- Nunc autem dérident me juniores tempore, richesses, mais à cause de leur impiété méprisable, que personnes plus jeunes que moi, dont je n’au- les pères de ceux qui le tournent en dérision lui auraient rais pas daigné autrefois mettre les pères avec paru autrefois indignes d'être comparés à ses chienâ. les chiens de mon troupeau; dont la force et le travail des mains étaient moins que rien h C’est-à-dire, ils ont été méprisés pour mon égard, et qui étaient même regardés leur lâcheté et leur bassesse, comme indignes de la vie ; des gens tout secs de faim et de pauvreté, qui allaient chercher ce qu’ils pourraient ronger dans un désert ; A cause de leur misère et de leur avidité, ils se faisaient dont l'affliction et la misère avaient défiguré un délicieux régal des objets que les hommes et les le visage ; qui mangeaient l’herbe et les écorces bêtes mêmes repoussaient comme aliment, et pour a$- des arbres, et qui se nourrissaient de racines souvir leur faim dévorante, ils parcouraieut le fond des de genévrier; qui allaient ravir ces choses vallées humides. dans le fond des vallées ; et qui en ayant trouvé quelqu’une, y accouraientavec de grands cris ; qui trouvaient même leur joie dans cet état, De même plus haut : « Ceux qui percent les eaux des qui habitaient dans les creux des torrents, montagnes. » dans les cavernes de la terre, ou dans les ro- ridenlium ilium patres noc uuuibus «jus quondum fuerlut digni couipa- quorum non dignabar patres ponerc cura cani- rari. bus gregis mei. Quorum virtus manuum erat id ost, ignavia et vililate despeeti suut. milii pro nihilo, et vita ipsa putabantur indigni. Egestate et famé stériles, qui rodebant in solitu- Prte miseria et aviditato ea etiura, quœ extra cibuni orant ho- dine. Squalentes calamitate et miseria, lierbas ininum, vel ferarum, tainqmim epnlas, ae dolicias iuvadebaut, lmmee- manducabant [Vulg. mandebant] et arborum las couvalles prte nimia egestate sectantes. cortices, et radixjnniperorum erat cibus eorum. Qui de convallibus ista rapientes, cura singula lloc reperissent, ad ea cura clamore currebant. In superius locnlus est, dicens : Quos imbres montium irrigant. desertis habitabant torrentium, et in . cavernis id est, ei in testa suo viliHsimo- terræ, vel super glaream. Qui inter hujuscemodi ni ni sentium foliiii tegerentur. lætabantur, et esse sub sentibus delicias com- putabant. Filii stultorum et ignobilium, et in obscuri, et mamoria peuitus indigni terra penitus non apparentes. N une in eorum 438 SAINT JEROME. C’est-à-dire, d'avoir pour couche nuptiale des chers ; et qui faisaientleurs délices d’être sous ronces desséchées. les ronces et les épines. Ces hommes dont les Obscurs, absolument pères sont insensés et vils, qui sont le mépris indignes qu’on se souvienne d’eux, et le rebut de la terre, sont ceux qui m’insul¬ tent. Je suis devenu le sujet de leurs chan¬ sons, je suis l’objet de leurs railleries. Ils Allusion manifeste à la Passion, m’ont en horreur, et ils fuient loin de moi; ils et qui n’a besoin d’aucun commentaire historique, ne. craignent pas de me cracher au visage. A cause de la multitude des plaies, dont le diable l'a Car Dieu a ouvert son carquois pour me per- affligé. A cause de la douleur, il parlait dif- cer de douleur, et il a mis un frein à mabou- ficilement. C’est-à-dire, c’est par la permission de Dieu que chc. Aussitôt que j’ai commencé à paraître, je souffre tous ces maux. C’est lui qui est l’orient où le jour paraît, et la droite est la vertu du Très-Haut. Les ca¬ mes maux se sont élevés h ma droite; ils ont lamités en se multipliant sur moi, ont détruit, comme renversé mes pieds, et me surprenantils m’ont ieraient les flots, toutes les voies droites de ma con¬ duite. Elles ont porté accablé comme sous leurs flots. Ils ont rompu le trouble dans la voie de ma justice, en me dres- le chemin par lequel je marchais; ils m’ont canticum versus siun, et factus sum eis prover- bium. Abominantur me, et longe fugiunt a me, manifesta sunt, uee iutoiproUtioDO historié» indigent. Pitc et faciem meam conspuerc non verentur. Pha- uiultitndine plagarum, quibus diobnlns aQlixil euni. quia præ retram enim suam a p omit, et afflixit me, et fre- doloi’t) non poluit. uisi dillicnltor loqni. hoc o.it, divinæ virtntis per- num posuit in os menrn, et ad dexteram orientis missuillalœ sont. Zpse ast euirn oricus ei alto, ipso dexiera, id vst vh tus Àltisflinii. Culnmitutes fro- calainitatis meæ illico surrexerunt. Pedes meos quanti repetitione ino affligeâtes, valut lluei'bus omues vias rodas oon- subverterunt, et oppresserunt quasi fluotibus versationis meæ subvérterunt. Viam jiistitiœ meæ conturbavemot, insidiantea semitis suis. Dissipaverunt itinera mea : insidiati mibi. neganlibus proximis mais coiisulutiooem sunt mihi, et prævaluerunt, et non fuit qui ferret impendeve. Tum veloci, inquil, impetu pi ædieia uiula super mo îr- auxilium. Quasi vupto muro, et àperta janua rueront, nullo résistante. ÛTuerunt super nie, et ad meas miserias devo- sant des embûches. dressé des pièges, ils ont eu sur moi P⬠mes proches m’ont refusé toute consolalion. vantage, et il ne s’est trouvé personne pour Ces maux se sont rués sur mci avec me secourir. Ils se sont jetés sur moi, comme une impétuosité si grande, parce que nul ne leur a par la brèche d’une muraille et par une porte résisté. ouverte, et ils sont venus m'accabler dans ma Eu même temps que le salut, vous m’avez misère. J’ai été réduit dans le néant; vous enlevé, puisque vous avez permis qu’il me fût enlevé, avez emporté comme un tourbillon ce qui m’é- le désir de votre rémunération, comme dans un vent tait le plus cher, et ma vie a passé en un mo- violent et comme avec la rapidité d’un nuage qui passe ment comme un nuage. Mon âme est main- et fuit. C’est-à-dire, a vu tomber toute son énergie et tenant toute languissante en moi-même, et je sa vigueur. suis tout pénétré des maux qui m'accablent. Ceci peut s’entendre des vers et des démons, parce que Mes douleurs pendant la nuit transpercent les vers, qui dévoraient ses chairs, ne dormaient pas mes os, et les vers qui me dévorent ne dor- la nuit. GeLte innombrable fourmilière do vers, ment point. Leur multitude consume mon vê- qui se remue sans relâche et ne cesse de ramper sur moi, a rongé jusqu’à mon vêtement. Parce que toutson corps n’étant qu’une tement, et ils m’environnent et me serrent desiderium rémunération^ tuæ, luti sunt. Redactus sum in nihili, et abstulisti pariler cum «ulule, quasi vont! impetu, ot quusi tranpvolantia nnbis quasi ventus desiderium raeum, et velut nubes eeloritate rapuisti, qniu abripi peramisti. id est, a pertransivit salas mea. N une autem in memet- vigoris sui intenlione dissolvitm*. ipso . arescit [Vuhj. marcescit] anima mea, et Quod de veriiiibus et possident me dies afflictionis. Nocte os meum de dæmoüibiiif intolligi potest, quia vernie#, qui carnes ejus eoinede- perforatur doloribus; et qui me comedant, non buut, noctos ducebunt pervigiles. . Seatentium vermium miiltitudo, aeuiper se cûbuïio- dormiunt. In multitudine eorum consümitur vous, dnm per me repere uon cessai, vesiorn nttrivit. vestimentum meum, et quasi capitium tunicæ quoniam tntum in uniue vuluiis re- sic cinxerunt me [ Vulg . capitio tunicæ succin- daetum, iucessubili esu baustuque diseruciat. Ad sumuiain vilitatem perductum se dicit, quod vul- xeruntme]. Comparatus sumluto, et assimilatus 439 EXPOSITION INTERLINÉAIRE DU LIVRE DE JOB. plaie, il éprouve le supplice d'un hoquet continuel. II dit qu’il est ar- comme le haut cl’une tunique. Je suis devenu rivé à'ia dernière dégradation, parce que les ulcères et comme de la boue, je suis semblable à la la pourriture ont fait de lui comme une fange infecte. Il montre son applica- poussiôre et à la cendre. Je crie, vers vous, Ô tioo à prier Dieu. 11 dit mon Dieu, et vous ne m’écoutez point; je me qu’il a une persévérance inébranlable à se tourner vers présente à vous, et vous ne me regardez pas. Dieu. Il dit que Dieu lui a été bon et miséricordieux dans la Vous êtes changé et devenu cruel envers moi, prospérité, et qu’il est changé soudain dans l’adversité. C’est votre puissance qui m’inflige ces maux, puisque et vous employez la dureté de votre main pour vous les permette/,. Vous m’aviez élevé au faîte de la me combattre. Vous m'avez élevé, et me te- gioire et dos honneurs terrestres, et en me les ôtant, nant comme suspendu en l'air, vous m’avez vous m’avez brisé, comme si vous m’aviez suspendu eu l’air pour me précipiLer. Après la laissé tomber et briser entièrement. Je sais désobéissance de notre premier père, l’enfer est devenu que vous me livrerez h la mort, où est mar¬ ia demeure des hommes : c’est là que vous voulez que j'aille. 11 pro- quée la maison de tous ceux qui vivent. Mais phélise la future réconciliation du monde en Jésus- vous n'étendez pas néanmoins votre main Christ. Après la rédemption, qui nous sauve par la foi en Jésus-Christ, si les hommes succombent de nouveau pour les consumer entièrement; car lors- □ di'ibus et sanie sictil lut nui compntresceret. lntentionem oiantis ad Deum ostendit. favillæ et cineri. Clamo ad te, et non exaudis Persaveruuiiuin ad Deum iudeuiinabile n hb babei-e dicit. Piurnet miaencordem Deum me; sto, et non respicis me. Mutatus es mihi in sibi fuisse in proflperis dicit, et iu ad ver si s subito couimu latum. Po- crudelem, et in duritia manus tuæ adversaris lestate lua pœnani iiTogus, quia permisisti. Terreni honoris gloria ma subliuiasti, qna a me subducta, ita eli- mihi. Elevasti me, et quasi super ventum po¬ sas suin, velnti supra veutum me posueris. Post delictum pritui paren- nens, elisisti me valide. Scio quia ruorti trades lis iiii’orinis bomiriura doums rouslitnta ost : ibi me nbire volnisti. me, ubi constituta est domus omni viventi. Reuonciliatioucm murnli ju Cbristo propbetavit fnturain. Post rodemp- Verumtamen non ad consumptionem eorum tioDeui, qua per ûJeua in Cbristo salramur, si itenim per peccatum ruerint homiuas, manu pietatii elevante, per ptenitentiaci ipse sal- emittes [ Vulg. meam emiths] manmn tnani, et au péché, la main de votre bouté les relèvera, et vous les sauverez vous-même au moyen de la péniLcnce. 11 dit qu’il qu’ils sont abattus, vous les sauvez. Je pleu- pleure pour les affligés. Cer- rais autrefois sur celui qui était affligé, et mon Laincinent il était compatissant envers le malheur, âme était compatissante envers le pauvre. Les bienfaits divins. Les misères des plaies. Il J'attendais les biens, et les maux sont venus est arrivé que, de la lumière de la prospérité, je suis fondre sur moi ; j'espérais la lumière, et les tombé dans les ténèbres des tourmenLs. 11 dépeint ses douleurs, ténèbres m’ont enveloppé. Un feu brûle dans dont le feu brûlait ses entrailles, mes entrailles sans me donner aucun repos ; Parce que les jours de l’affliction m’ont prévenu. Je mar- je ne croyais pas mériter de cbâLiment , et j’étais alors chais tout triste, mais sans me laisser aller h sans colère. Mon âme était ferme dans sou ea- l’emportement; je me levais tout d’un coup, pérance, et je vous adressais mes prières, pour la sa¬ tisfaction de tous. et faisais retentir ma voix au milieu du peuple, Abandonné pnr les hommes, je suis devenu semblable J’ai été le frère des dragons, et le compagnon à ces animaux. C’était là le comble de ses suppli- des autruches. Ma peau est devenue toute ces : assis sur un fumier, U seutit pendant longtemps noire sur ma chair, et mes os se sont dessé- les ardeurs du soleil le pénétrer jusqu’aux os. 11 dit que le chés par l’ardeur qui me consume. Ma harpe vabia. Flero se pro afflictis dicit. si corruerint, ipse salvabis. Flebam quondam inique coudolebat mi- super eo qui affîictus erat, et compatiebatur «pro. BeneGcia divin». anima mea pauperi. Exspeclabam bona, et vene- miseriu plagtuuro. Factum e»t, ut pio luce prosperitaUs, le- runt mihi mala : præstolabar lucem, et^erupe- uebras Lormcntonmi îmnirret em. Suas oxprimit poouas, quibus ejus visceia interao ruut tenebræ. Interiora mea efferbuerunt absque fervore (oquebantur. ulla requie. Prævenerunt me dies afflictionis. Quia pœutf mei ilum uusciobuin, et ‘auieu siua iracuudia eram. Anirni Mœr.ens incedebam, sine furore; consurgens in virtuto ad spam, pubiieu satisfuctione exoruvi. Derelictus nb hominibtis, i.lis avibu* assiudlatua turba clamavi. Frater fui draconum, et socius sum. Hoc ad cumnlnm pœnarnm ejus pertiuebat, ut in strnthiommi. Cutis meadeuigrata est super me, et SAINT JÉROME. 460 bonheur de aea jours, et sa joie, ot ses plaisirs se sont s’est changée en de tristes plaintes, et mes chaDgés en affliction. instruments de musique en des voix lugubres. CHAPITRE XXXI. J’ai, dit-il, conclu et arrêté en mon esprit avec les J'ai fait un accord avec mes yeux, pour ne regards de ma chair qu’ils ne me transmettront inté- penser pas seulement à une vierge. Car au- rieurement jamais rien de honteux et d’ob3cène, qui trement quelle union Dieu aurait-il pu avoir serait cause que par l’attrait de la volupté je me vau- avec moi ? Et quelle part le Tout-Puissant me treraia en mon cœur dans de mauvaises pensées. C’est donnerait-il à son céleste héritage ? Dieu ne pourquoi il s’était ceint de la vertu de continence, crai- perdra-t-il pas les méchants? Et ne rejettera- gnant l’œil de Dieu, qui scrute les cœur3, et connaît t-ilpas celui qui commet l'injustice? Ne con- toutes les voies de la conduite humaine, tous les pas sidère-t-il pas mes voies? et ne compte-t-il et toutes les actions des hommes. Vanité est ici pour pas toutes mes démarches? Si j’ai marché orgueil. Le saint homme Job, certain de l’équité des dans la vanité et le mensonge, et si mes pieds jugements de Dieu, désire que ses actions soient ma¬ so sont hâtés pour tendre des pièges aux au- nifestées aux hommes. très, queDieupèsemes actions dans une juste stereore coastilutus, per multa tempora solis ardentissimos radios us* que ad o»sa pateretur, Velioitatem dierum ossa mea aruerunt præ caumate. Versa est in suoriim, et lœtitiam, et jucnnditatem in luctum esse conversai!! dicit. luctum cithara mea, et organuni meum in vo- ceni flentium. CAPUT XXXI. Kgo, iuquit, onimo ciim his obtutibus carois uihdk riefiuivi ac slalui Pepigi l’œdus cum oculis meis, ut ne cogita¬ nt uibil oinuino turpe atque obscœnum mibi iulrinsccus nunliarent, rem quidem de virgine. Quam enim partem quod dclectatione volnptaiis iulra me iniquis cogitutionibus volutareai, haberet.Deus in me desuper, et hæreditatem Et ideirco se virtute continoniiœ pnneinxerat, tiraens oeuluro Dei, cura omnipotens de excelsis? Numquid non perditio ipso scrutator eoi'ilis sit, et oumes vias convtrdatioûis bumanœ, cnnc- est iniquo, et alienatio operantibus injustitiam? tosquo greesus actnum bominum noverit. Nonne ipse considérât vias meas, et cunctos pro olevalione bic vauitas ponitur. gressus meos dinumerat? Et si ambulavi in vani- Qu’illa fasse connnitre aux autres, balance, et qu’il connaisse la simplicité de Mes œuvres de la voie des commande- mon cœur. Si mes pas se sont détournés de meDts de Dieu. Mon cœur a repoussé la concupiscence la voie, si mon cœur a suivi l’attrait de mes que lui offraient mes yeux. Aucune souillure du péché n’a pu s'attacher yeux, et si quelque souillure s’est attachée à à. mes œuvres. Il confirme ccs paroles par une sorte mes mains, que je sème et qu’un antre mange d’imprécation. ce que j’aurai semé, que ma race soit retran- 11 parle con- chée de la terre jusqu’à sa racine. Si l’agré- formément au précepte de la loi naturelle, suivant ce ment d’une femme a séduit mon cœur, et si . qui est écrit dans Tobie : « Ne faites pas à autrui ce j’ai dressé des embûches à la porte de mon que vous ne voudriez pas qu’on vous fit à vous-même.» ami, que ma femme soit déshonorée par une Tob. îv, 16. autre, et qu’elle soit exposée à une prosLiLu- Eu cela, la pensée et l’action sont lion honteuse. Car l’adultère est un crime funestes et détestables. C’est le énorme et une très-grande iniquité. C’est un feu d’une passion contagieuse qui eonsuwe tous les feu qui dévore jusqu’à une perte entière, et avantages des vertus. qui extermine jusqu’aux moindres rejetons; Humilité grande de ce saint homme, si j’ai dédaigné d’entrer en jugement avec Sûûctus Job émus de tequitate jnstiti» tate, et festinavit in dolo pes meus; appendat Dei, manifeste i i se optai hominibns. Scire facial alio.“. me in statera justa, et sciât Deus simplicitatem opéra mea do via mandatonim Dei. Corde meam. Et si declinavit gressus meus de via ejus ; non onngantti coucupisccutiœ, qnam oouli obtulcrunt. Operibus et si secutus est oculus meus cor meum, et in meis nnlla pcceati macula ndhærere poluit. eu ni qna- manibus meis adhæsit macula ; seram-, et alius dam jiirameuti exseeratione confirmât. comedat, et progenies mea eradicetur. Si decep- Secumlum na* tum est cor meum super muliérem, et si ad turœ bonum boc loquitur, ut in Tobia fscriptum est : « Quod tibi non ostium inimici mei insidiatus sum ; scortum sit vis fiori, alierî non feceris. a Tob. iv, 16. alterius uxor mea, et super illam incurventur Hœcfunosta ac detestabilia cogilare vol faccre. alii. Hoc enim nefas est, et iniquitas maxima. Ignis est incentive libîdinis omnia viilutum bona consumons. ïgnis est usque ad perditionem devorans et 461 EXPOSITION INTERLTNÉAJRE DU LIVRE DE JOB. mon serviteur et avec ma servante; lorsqu’ils Grande pensée chi ju- disputaient contre moi. Car que ferai-je gement futur ; pour qu’elle tienne son cœur sans cesse quand Dieu se lèvera pour méjuger, et lors- abaissé dans l'humilité, il ne considère pas, entre lui qu’il me demandera compte de ma vie, que et ses serviteurs, qu’il a une position supérieure, mais qu’il a la même nature qu’eux. Pourquoi ne serions-nous pas lui répondrai-je? Celui qui m’a créé dans le discutés pareillement en jugement sur chaque chose, sein do ma mère, n’a-t-il pas aussi créé celui puisque nous avons été faits semblables par la puis¬ sance du Créateur. Ces paroles montrent que le saint qui me sert? et n’est-ce pas le même Dieu homme était empressé, non-seulement à soulager l’in- qui nous a formés tous deux? Si j’ai refusé digence du pauvre, mois [encore à aller -au-devant de aux pauvres ce qu’ils voulaient, et si j'ai fait ses désirs, Pain pour attendre en vain les yeux de la veuve, si j’ai toute sorte d’aliments ; il accomplissait le précepte : matigé seul mon pain, et si l’ orphelin n'en a « Coupez de votre pain à celui qui a faim. » A la louange du Créateur il pro- pas mangé aussi, car la compassion a grandi clame qn’il en a reçu le don de la bonté, comme il en a reçu l’être; en effet, comme Job ne se fit point par lui-même dès le sein de sa mère, de même il ne fut avec moi dès mon enfance, et elle est sortie magna huniili- omnia eradicans genimina. Si contempsi subire tas sancti Yirî. cum servo meo judicium, et anoiila mea, cum Magna fn tu ri jndioii cogi- discep tarent adversum me. Quid enim faciam tatîo, quæ ut sempor cor in hmuilitute doprimat, nequaquam in eisdem cum surrexerit ad judicandum Deus? Et 'cum famulis conspieit, quod sibi stutus ost dîspar, sed quod natura com¬ munia. Cur non tequo debemus quæsierit, quid respondebo ei? Numquid non in in ciijiislibct negotii jndieio discuti, qui pur conditoris potontiam su- utero l’ecit me, qui et ilium opérât us est, et for- muu œqaaliter facti ? Per hœc dicta vir sanctus osten- mavit main vulva unus? Et si negavi quod vole- ditur, non solurn ad inopiaju pauporibua, sed etium ad ndliibondi diüd- bant pauperibus, et oculos viduœ exspectare derirnn deservisse. Pro omni alimonto dîxit, implens illud : a Frange esurientî feci. Si comedi de panibus [ Vulg . non habet de punem ttllim. > panibus] buccellam meam solus, et non comedit pas bon par lui-même dès le sein de sa mère. Selon le précepte : avec moi du sein de ma mère; si j’ai négligé « Si vous voyez un homme nu, vêtez-le. » En disant de secourir le passant qui n’avant point d’ha¬ ll passant, il montre qu’il a eu compassion du prochain bits mourait de froid, et le pauvre qui était même sans le connaître. Il nous enseigne en tout cela com- sans vêtement; si les membres de son corps ment l’œuvre de la miséricorde doit se pratiquer, c’est- tVdire, qu’il ne faut pas diminuer au prochain la part que la Providence lui réserve en nos aumônes, selon le mot do. Salomon : « Honorez le Seigueur du fruit de ne m’ont pas béni, lorsqu’ils ont été rcchauf- vos travaux comme il convient. » Prov. m, 9. .Te n'ai pas fés par les toisons de mes brebis, si j’ai levé voulu exercer ma puissance contre le pupille, quand la main sur le pupille, lors même que je me en jugement je me suis vu supérieur, même d’après la justice. voyais le plus fort dans l’assemblée des juges; L’épaule désigne les œuvres. Si, dit-il, il n'en est pas que mon épaule tombe étant désunie de sa comme je dis, que tous mes travaux soient estimés en pure perte devant Dieu. La vertu de la persévérance dans les bonnes jointure, et que mon bras se brise avec tous œuvres. Il craint Dieu comme des flots suspendus au- dessus de lui, parce que, dans son désir de la vraie ses os. Car j’ai toujours craint Dieu comme Ad laudem conditoris narrat ab ipso aooe- pupillus ex ea? quia ab infantia mea crevit pisse, ut pins esset, a quo aoeopit ut essetj quia sicut suo opère in mecum miseratio, et de utero matris meœ egressa utero conditus non fuit, iia nec sua virtute ab utero plus fuit. Jnxta illud : « Si videris nudura, opori eunj. » Ignoto etinni est mecum. Si despexi pereuntem, eo quod non proximo misertum se indicat, queui pnotoreuntoni vocat. habuerit indumentum, et absque operimento Hœc omnia locutus est ad significanduin qnomadmo- pauperem. Si non. benedixerunt mihi latera dum opus miscricordio? fiori debcat, id est, ue alii aufeivs uude alii ejus, et de velleribus ovium mearum calefactus dnre te arbitreris, ut Salomon ait : « Honora Doiniuum de tuis justis laboribus. » Proc, in, 9. Potestatcm meum contra pupillum exorcêre nolni, quando me est. Si levavi super pupillum manum meam, iu jndieio, etiom ex justitin, potiorom vidi. etiam cum viderem me in porta superiorem. In huincro opéra dosignantnr. Niai ita est, inquit, ut dico, irriti ante Denm veoiant omnes labo res mai. yirtus porse- Humerus meus a junctura sua cadat, et brachium verantiœ in bonis oporibua. Quia ergo meum cum suis ossibus confringatur. Semper 462 SAINT vie, il méprise toute autre chose. Cora¬ des flots suspendus au-dessus de moi, et je ment pourra-t-il supporter le poids de Dieu celui qui le méconnaît, si Job eut à supporter comme une cor¬ rection ce que la crainte de Dieu lui avait fai L prévoir n’ai pu en supporter le poids. Si j’ai cru que et redouter? Il proclame qu'il a eu l'or l’or était ma force, et si j’ai dit h. l’or le plus dans un souverain mépris. En véritable plii- pur : Vous êtes ma confiance, si j’ai mis ma losopbe, il n’était l’esclave d’aucun vice, et il méprisait joie dans mes grandes richesses, et clans les sans réserve, comme en ce moment même, la cupidité grands biens que j’ai amassés par mon tra- et l’orgueil. Non-seulement, dit-il, je n’ai point pratiqué le vail ; si j’ai regardé le soleil dans son plus culte des idoles, mois encore je n’ai point pris plaisir grand éclat, et la lune lorsqu’elle était le plus è leur beauté ou à l’éclat dont resplendissent ces grands claire; si mon cœur a [ressenti une secrète astres, je n’ai point porté ma main à la bouche en signe joie, et si j’ai porté ma main h ma bouche de vénératiou, comme pour les adorer, et je n’ai pas pour la baiser, ce qui est le comble de l’ini- vénéré la créature è la place du Créateur, quité, et un renoncement du Dieu Très-Haut; Grande vertu si quelqu’un renonce à tirer vengeance si je me suis réjoui de la ruine de celui qui de ses ennemis quand il le pourrait; mais combien il me haïssait, si j’ai été ravi de ce qu’il était est plus beau devant Dieu de ne pas même se réjouir tombé clans quelque mal, car je n’ai point tumentei super, se Quctus Doura metuit, qui dum voram vitntn des!- derat, omnia despicit. enim quasi tumentes super mefluctus timui Deum ; Quomodo pondus Dei poterit furre qui despicit, si hoc el ille in verbere nertulit, quæ per timorem prævidii? Àurum etiam pro nihilo se et pondus ejus ferre non potui. Si putavi aurum hubuisse teslatur. robur meum, et obrizum dixi fiduciam meam Ut verte philosophi» homn nullo n:in [Vulg fiduciamea]. Si lætatus sum super mul- tenebatur, sicut nuoc cupi ditatî s et elatioois coalaniptor fortissiums. lis divitiis meis, et quasi plurima reperit manus Nnn Bolnrn, inquil, idolorum eulturis, verum etiam nec borum pidchi-i- mea. Si vidi solem cum fulgeret, et lunam tudiue uc specie magnormn luminnni delectntns sum, nec quasi adorons incedentem clare : Et lætatum est in abs- ea, corum voncrnlîone osculntus sum mamim meam, nec creaturam condito cor meum, et osculatus sum manum pro Creatore veneratus sum, meam ore meo. Qnæ est iniquitas maxima, et JÉROME. de leur ruine en son cœur! abandonné ma langue au péché pour faire des imprécations contre celui qui ne m’aimait Les serviteurs vaincus par le dégoût du travail, pas; si les gens de ma maison n’ont pas dit maudissent leur maître, parce que, au lieu d’être pour de moi : Qui nous donnera de sa chair, afin eux comme un hôte, et c’est ainsi que les saints furent agréables à Dieu, il n’avait que du mépris pour eux. Il ouvrait vo- que nous en soyons rassasiés? L/étranger îontiers sa porle à tous. n’est point demeuré dehors, ma porte a tou- II parle seule- jours été ouverte au voyageur. Si j’ai tenu meut des péchés qui se commettent par pensées, pé- mon péché secret, comme les hommes font chés même qu’il ne voulut pas cacher, d’ordinaire, et si j’ai caché mon iniquité clans Conséquence de ce qui précède, comme mon sein; si la grande multitude m’a épou- s'il disait : Je n’ai pas rougi de me confesser devant tout le peuple. Parce que, pleins de mépris pour ses misères, vanté, ou si j’ai été effrayé par le mépris de ils ne cessaient de l’abreuver d’injures. Observant ce précepte : « J’ai mis une mes proches; si je ne suis pas au contraire garde à ma bouche, » Psalm. xxxvni, 2, et le reste. . demeuré dans le silence, sans sortir de la Il supplie Dieu de l’écouter porte de ma maison. Qui me donnera une è cause des mérites de sa justice, sachant parfaitement personne qui m’entende, afin que le Tout- BJugnnm ast ai negalio contra Deum altissimum. Si gavisus (h inimicis suis quis, cmn posait, ulcisci non vnlt ; qnanto magis apud sum ad ruinam ejus qui me oderat, et exsultavi Doum speeiosius est, de eorum ruina nec ni corde Jretari ? quod invenissel eum raalum, ut expeterem ma- Famnli labores lœriio victi, malcdice- ledicens animam ejus. Si non dixerunt viri ta- bant Dominnm smnn, quia pro bospitalitate, qua eœteri sancti Üeo bernaculi mei : Quis det de carnibus ejus, ut placuerunt, eorvormn suorum odium traxeral. Quod oimies libenter susciperet. saturemur? Foris non mansil peregrinus; os- Dc bis peccatis tantum dicît, qn« tium meumviatoripatuit. Si abscondi quasihomo cogitfttionibus committuntnr, eo quod nec ipse celaro voluit. peccatum meum, et celavi in sinu meo iniqui- Pendet ex superinribns, ao si dioeret, coram multi- tudinc populi non erubui confiteri. tatem meam. Si expavi ad multitudinem nimiam, 463 EXPOSITION INTERLINÉAIRE DU LIVRE DE JOB. que Dieu est le juge le plus juste. Puissant écou te ce que je désire lui représen- II désirait, ayant justement mérité la récompense, ter, et que celui qui juge écrive toutlui-même qu’un livre fût écrit par Dieu, afin de montrer aux au- sur un livre? afin que je porte ce livre sur mon très sur son épaule, c'est-à-dire, en un endroit visible épaule, et que je le mette autour de ma tête, pour tous, que les mérites des ses œuvres lui avaient comme une couronne. A chaque pas que je valu la couronne de la gloire. Le livre à l'au- ferai j’en prononcerai les paroles ; et je le pré¬ teur de tous les biens, afin que, d’après ce livre, il me juge avec plus de gloire. S'il n’a pas voulu senterai comme à mon prince. Si la terre que en augmenter la possession autant qu’i. aurait pu le faire. Si la terre vivait et je possède crie contre moi, et si ses sillons était douée de raison, elle pourrait crier et pleurer les actions injustes. Il fait voir qu’il n’en a pas re- pleurent avec elle; si j’en ai mangé les fruits cueilli les produits sans avoir rétribué convenablement les ouvriers. Il ne leur a pas im- sans donner d'argent, et si j’ai affligé le cœur posé un travail excessif. Selon cette parole : de ceux qui l’ont cultivée, qu’elle produise « J’attendais qu’elle porterait des bons raisins et elle n’en a porté que des sauvages. » Imi. v, 2. pour moi des ronces au lieu de froment, et Quia in minoriis posito indesinonter præ contemptu injurias irroga- et despectio propinquorum terruit me, et non liant. Observans illud : a Posui ori meo custodiam, » Psal . xxxvmi, 2, et reliqua. Àudito- magis tacui, nec egressus sum ostium. Quis rem Doum implorât pro Untis virtulibus justitiæ siuc,srion9 utique oum mihi tribuat auditorem, ut desiderium meum esse judicem jnstissimum. idon desiderabat ob moritnm juslœ re- omnipotens audiat? Et librum scribat ipse qui tribïitionis njns, librum ab oo conscriptum ; démonstrations ewtoris îu judicat, ut humero meo portem ilium, et eir- linmrro suo, loco videlicet eunctis conspicuo, et pro laboris sui meritis cumdem ilium quasi coronam mihi. Per singu- rorona gluriæ coronatus. I.ibrnm, omuinm los gradus meos pronuntiabo ilium, et quasi bonorum auetoi i, ut eo ino glotioaius judiret. Si possibilîtatis ejus niodnm no- principi offeram eum. Si adversum me terra luit impelraro. Si viveret, ot rationa uterutur, clamare et déflora in¬ juste acta vatorot. In- mea clamat, et cum ipsa sulci ejus deflent. Si Les paroles divinessont éta- des épines au lieu d’or. Ainsi finit le discours blies sur un fondement inébranlable, elles ne sauraient être vaines. de Job. CHAPITRE XXXII. L’auteur de cette histoire dit que Job continuait à Après cela les trois amis de Job cessèrent se croire juste, non pas d’après son propre jugement, de lui répondre, voyant qu’il continuait à se mais de l’avis de trois amis. Chus et Buz furent fils de Nachor frère croire juste. Et alors Eliu fils de Barachel.de d’Abrnham; Job descendait de la race de Chus, Eliu de celle de Buz, et c’est pourquoi il est surnommé de Buz de la famille de Nam entra dans une Buz ou Buzite. C’est, sous un autre nom, le même que Balaam, fils de Béor, qui, ainsi que nous l’apprend le grande colère et se fâcha contre Job, de ce livre des Nombres, i\um. xxxn, avait promis à Ba- lac, roi des Moabites, de maudire Israël ; il eut l’esprit qu’il assurait qu’il était juste devant Dieu. Il de prophétie, mais non pas de la même manière ou par la même grâce que les saints prophètes. Il était s'irrita aussi contre ses amis, de ce qu’ils n’a- de la famille de Ram, c’est-à-dire d’Abraham. Autant que le laconisme des renseignements permet de le voir, vaient rien trouvé de raisonnable pour ré- dicat quod neqne sine competentibna laboris expensis, proventus ejus fructus ejus comedi absque pecunia, et animam assumpsei’it. oeqnaqnam opere duro oppressi. Juxta illud : fExspec- agricolarum ejus afflixi. Pro frumento oriatur tnvi ut facoret uvas, et fecit lab:uscas. » Isai. v, 2. Firmissime stabilita sunt verbu divina, et mihi tribulus, et pro hordeo spina. Finita sunt irrita esse non possunt. verba Job. CAPOT XXXII. Smptor bistoriæ bnjus ox sensu rospondeutium dixit, eo quod jns- Omiserunt autem. très viri isti respondere Job, tus sîbi videretur, non ex suo jndicio. Chus et Buz filii ftierunt Nachor eo quod justus sibi videretur. Et iratus indigna- fratris Abraham. Oo gouorationo Chus nascitur Job, et de genorotiono tusque est Eliu, filius Barachiel \_Vulg. Barachel| Buz (a) Eliu nascitur, uude et Buzites dicitur; et ipso est Balaam al io nomine filins Beor, quom, ut in Numéris legiinus, Num. xxxu, Balac rox Moabitorum ad maledieondum laraeli conduxorat, qui et spiritum propbetiœ liabuit, sod non eo modo vel gratia, quo sanctl Proplietæ. (o) Hue veri Hieronymi in Quastiomlms Hobraicis lu Gonos, cap. xxir, 20, ivferonda sentontia ost : « Sccundus, n inquit, t natus est de Melch. Buz, quem Septuaginia Bauz lransferre voluerunt. Et ox hnjus genere est Balaam ille diviotis, ut Hebræi tradunt, qui in libro Job dicîtur Eliu primum vir saactus, etpropbetos Doi, poslea per innbedientiam et desiderium munerum, dum Israël maledicere cnpit, divîni vocabulo nuncupa. tur : die i turque iu eodetn libro ; Et iratus Eliu fllius Baracluol Buzites, de bujtis vi lolicet Buzi radice dosceudena. » SAINT JÉROME. 4G4 il me paraît que les événements relatifs à Job furent antérieurs à ce que nous lisons Jans les Nombres de cet Eliu ou Balanm, qui vécut plus près des temps d’Abraham et de Nachor que Moïse ; il était jeune quand il prononça ces paroles contre Job, et il arriva à une pondre à Job, mais qu'ils s'étaient contentés vieillesse très-avancée jusqu’au temps de Moïse. Ostensiblement il a attendu, non de le condamner. Eliu attendit donc que Job par déférence pour Job, mais pour les amis, eut cessé de parler, parce qu'il était moins âgé que ceux qui lui avaient répondu. Mais voyant qu’ils n'avaient pu tous trois répondre à Job, il fut transporté de colère. Et. voici la manière dont Eliu fils de Baraehel de la race 11 n’y a que cette courte re- de Buz leur parla : Je suis le plus jeune et marque h faire : Eliu était sage quand il se taisait en vous êtes plus vieux que moi; c'est pourquoi raison de son âge; mais il se montre aussi déraison- je suis demeuré la tête baissée, sans oser scu- nable qu’un enfant quand il méprise en autrui le grand lement dire mon avis. Car je m'attendais nombre des années pour se préférer lui-mème. qu'un âge si avancé vous donnerait des pa¬ roles, et que le grand nombre de vos années Il dit surtout en vous instruirait de la sagesse. Mais, à ce que vue de lui-même que les hommes sont conduits par je vois, quoique l'esprit soit dons tous les l’esprit et que Dieu Tout-Puissant leur accorde l’inspi- hommes, c'est l’inspiration du Tout-Puissant id est, Abraham. Buzites, de cognatione Ram. Iratus est autem adversum Job, eo quod justum se esse diceret Ut ex verberiun conlinentia demoo'dratur, videLui1 coram Deo. Poito adversus amicos ejns iratus miliî quod lirce prias gesta sint, quœ bic legimus, quaoi ilia, qtitc in est, eo quod non invenirent responsionem ratio- Nnmeris légions de hoc Eliu, sivo Iîaluam facta, et vicinior fuisse temporihus Abrahœ et Naehor, quam ïlloyson, et qnando sanction Job varbis redarguit, juvenia fuît, et usque ad tempos Moysis grandtnvus vixit. nabilem, sed tantummodo condemnassent Job. Apeite bento Job non pro Igitur Eliu exspectaverat Job loquentem, eo sua, sed pro amicorum revereutia, .patientiam servavit. quod seniores essent qui loquebantur. Gum au¬ tem vidisset quod très respondere non possent, iratus est vehemter. Respondensque Eliu filius Hoc solum puto bre- Barachiel [ Vulg , Baraehel] Buzites, dixit : Junior viter mtimandnm, quod Eliu, quamdiu pro œtatis snœ respecta tacuit, sum tempore, vos autem antiquiores; ideo de- ration de sa sagesse; il semble donner à entendre que qui donne l'intelligence. Ce ne sont pas tou- ce don lui a été donné à lui seul, et fait ainsi une cri- jours ceux qui ont vécu longtemps qui sont tique indirecte de ceux qui ont parlé avant lui. les plus sages, et la lumière de la justice n'est pas toujours le partage de la vieillesse. C'est pourquoi je vous dirai : Ecoutez-moi, et je Il montre vous ferai voir quelle est ma sagesse. J'ai at- qu'à cause de l’orgueil de Job il s’est tu devant les pa- tendu que vous eussiez achevé de parler; j’ai rôles des vieillards plutôt avec l’attention d’vin juge voulu voir, tant que vous avez disputé contre que parle désir d’apprendre. Job, quelle pouvait être votre sagesse. Je me suis contenté de vous regarder tant que j'ai cru que vous diriez quelque chose ; mais à ce que je vois, nul d'entre vous ne peut convain- Comme s’il cre Job, ni répondre k ce qu'il a dit. Ce serait disait : « Ne croyez pas que Dieu rejette un innocent; en vain quevous diriezpcut-être : Nous avons si Job a été rejeté, c’est qu’il mérite sans restriction de souffrir tous les maux dont il est accablé ; car la vo- trouvé le secret de la vraie sagesse; c'est lonté divine est la justice même. Job, dit-il, Dieu qui l’a rejeté, et non l'homme. Ce n'est n’a pas discuté avec moi; raai3 je ne l’aborde pas, point à moi que Job a adressé la parole et ce comme vous, avec des médisances et de3 invectives, ne sera point selon vos raisonnements que je fapientior fuit; cum vero in allia annonim mnllilu-linem, se pradorens misso capite veritus sum indicare vobis meain despioit, quant pneriliter desipiat, ostendit. sentenliam. Sperabam enim quod ætas provec- tior loqueretur, et annorum multitudo doceret Dinit hoc sibi magîs videri, quod a Bpiritu agmitur sapientiain. Sed ut video spiritus in homnibus hommes, quib is Deus omoipotens sapicotiœ ente inspiratiooem tribuo- est., et spiratio [Vu Ig. inspiratio] omnipolentis rit; quod in Buggillationem prœdictorum quasi ex obliqno dioît, velut dat intelligentiam. Non sunt longævi sapientes, ipsi soli hoc sapientiœ houuin concession sît. nec senesintelligunt judicium. Ideo dico: Audite me; ostendam yobis etiam ego meam senten- In bis Bcrmonibus ostendit se propter superbiam ejus ad verba tiam. Ex>)pectavi enim sermones vestros, audivi senum judicantis p-itius quam discentis studio tacnisse. prudentiam vestram; donec disceptaretis sermo- nibus, et donec putabam vos aliquid dicere, considerabam. Sed ut video, non est qui arguere possit Job, et respondere ex vobis sermonibus 465 EXPOSITION INTERLINÉÀIRE DU LIVRE DE JOB. Eliu dit que les amis de Job ont été lui répondrai. Les voilà intimidés, ils n'ont battus par celui-ci, puisqu'ils sont demeurés jusqu'à plus rien à répondre, ils se sont eux-mêmes présent dans leurs mômes raisonnements concertés fermé la bouche. Puis donc que j’ai attendu d’avance, qu’ils ne savent pas eu sortir, et qu'ils ne et qu'ils n’ont point parlé, et qu’ils sont de- peuvent répondre. meurés muets et sans réponse, je parlerai aussi à mon tour, et je ferai voir quelle est ma science. Car je suis plein des choses que j’ai h dire, et mon esprit est comme en tra¬ vail., voulant enfanter toutes les pensées qu’il Il appelle estomac ou sein, sa mémoire a conçues. Mon estomac est comme un vin môme, parce qu’il y avait amassé comme des aliments, nouveau qui n’a point d’air, qui rompt les pour ainsi dire, à peu près tous les discours de Job et vaisseaux neufs où on le renferme. Je parle- les paroles contraires de ses amis, rai donc pour respirer un peu, j'ouvrirai mes Ma sentence est celle d’un lèvres et je répondrai. Je n’aurai d’égard pour juste jugement, et je n’ai pas à épargner l’honunc, personne, et je n'égalerai point l’homme à puisque je dis la vérité. Je ne ferai pas à Dieu l’injure Dieu. Car je ne sais combien de temps je de prétendre qu’il a frappé Job injustement; et c’est subsisterai sur la terre, et j’ignore si celui Àc si diceret : Nolile pntare, quod insontem Dens abjecerit, et non po- ejns. Ne forte dicatis : Invenimus sapientiam; lins merito suo, ni ilia pcenarutn mata omniu dignissimo susiiuoret ; volunlfts cnira divinn, jnstitia est. Nullam, inquit, nd- Deus projecit eum, et non homo. Nihil locutus versum me Job lmbuit disputalionoin ; eed ueque ego ilium, qneinnd- est milii, et ego non secundum vestros sermoncs modmn vos faeiiis, malodictionibus conviciorum nggredior. II tos amicos beati J ob isio Eliu (ticit al> eo esse respondeboilli. Ettimuerunt, et non responderunt coovjütos, usqne adeo qui in suis eoncertationibus steterunt, non vnlcn- tes ultorius progredi, et respendero ncquivernnt. Proinde et ego Eliu, ait, pro ultra, abstulerunt aseeloquia. Quoniam igiturexs- viribus meis respondere tontabo, et ostendom vobis menni pari ter et Job seioutiam : quod ex jaetsniiA vanitnt’8 diccro cum satis apparet in fiubseqnenubiis. pectavi et non suntlocuti, steterunt et non respon¬ derunt ultra. Respondebo et ego partem meam, et ostendam scientiam meam. Plenus sum enim sermonibus, et coarctat me spiritus uteri mei. Yontrem enim simtn, eive uterum, ipsnm mminrinm stmm dixit, 00 En venter meus quasi mustum absque spiraculo, quod pene omnes scrmones Job et amicoruin ejus nliquandiu discre- quod lagunculas novas disrumpit. Loquar et res- TOM. IV. pourquoi je ne puis taire ce qui est vrai, surtout lors¬ que j’ignore combien de temps je subsisterai en cette vie; peut-être mon Créateur me prendra-t-il pendant qui m’a créé ne m’ôtera point bientôt du que je prononcerai ces paroles, monde. CHAPITRE XXXIII. Ecoutez donc, Job, mes paroles, et soyez IL oüvre enfin sa attentifs tous mes discours. J’ai ouvert ma bouche, que le silence avait longtemps fermée, bouche afin que ma langue vous fasse en¬ tendre distinctement les paroles qu’elle aura Par cet exorde il prépare l’esprit de l’au- formées. Mes discours sortiront de la simpli- diteur : il prononcera les paroles qu’il veut dire comme étant la vérité, avec des lèvres pures, c’est-à-dire, dans cité de mon cœur, et mes lèvres ne pronon- la simplicité de son cœur. Pour donner plus 'ceront que la pure vérité. C'est l'esprit de d’autorité à son discours, il commence par insinuer Dieu qui m'a créé, et c’estle souffle du Tout- que celui qui a été créé p$r l’esprit de Dieu et qui est Puissant qui m’a donné la vie. Répondez-moi, animé du souffle du Tout-Puissant ne peut pas ne pas si vous pouvez, et opposez vos raisons aux dire la vérité la plus entière. Eliu dit cela peut-être de la création du miennes. Dieu est mon créateur comme il est pautiuro, velut cibos intra copacilaiein suie memorim congrf'gaverai. pondebo, paululum aperiam labia meà, et res- Justi judicii moi sententia est, ut ru*c hnmini parcam, vera pondebo. Non accipiam. personam viri, et üeum dicendo ; nec Deo injuriam faemm, ut eum injuste focisse eontendarn : homini non œquabo. Nescio enim quamdiu sub- et idcirco quod vermn eet tacere non possimt, pnesurtim cmn jgnorem sistam, et si post modicum tollat me factor meus. quamdiu in bac vita subsiatnrn; cum forsitan dum hœc ipsa loquar, au- feret me factor et eonditor mena. CAPUT XXXIII. Audi igitur Job, et omnes sermonesmeos auscul- Quasi jam apertum os habens, quod diu silenlio upernornt. ta : Ecceaperui os meum, loquatur linguameaia His verbis prtomissis mentem prrcfjarat auditons, faucibus meis. Simplici corde sermones mei, et quod sine dolo, id est, iu aimplicitato eordis, purisquo Inbiis definitum sermonem tomquoin sentenlinm sit locuturns. sententiam meam labia mea pura. loquentur. Ut det auoioritaiem «e amliondi, ita loqui exorsus est, quod non posait Spiritus Dei fecit me, et spiraculum omnipo- non vera et non recta dicere, is qui Spiritu Dei factus sit, et omnipo- tentis vivificavit me. Si potes responde mihi, et 30 SAIMT JÉROME. 466 premier homme, dans laquelle il indique qu'il a été créé lui-même comme dans une source d’où il a dé¬ coulé. le vôtre, et j’ai été formé de la même boue. Pour rappeler les paroles de Job, il lui demande de la Mais vous ne verrez en moi rien de merveil- patience. pour mieux le frapper de la terreur des me- leux qui vous épouvante, et vous n’y trouve- naces à la faveur de cet exorde insinuant et de ses rez pas non plus une éloquence qui vous ac- consolations hypocrites. De la sorte, Job troublé tout cable. Vous avez dit devant moi et je vous ai à coup succombera plus facilement au flot de ses pa¬ roles. entendu lorsque vous prononciez ces paroles : Ne le disions-nous pas? Le saint homme Job a dit de Je suis pur et sans péché, je suis sans tache Dieu :« Car Dieu a cherché des sujets de plainte contre et il n’y a point d’iniquité en moi. Car Dieu moi, et c'est pourquoi il a cru que j’étais son ennemi ; » a cherché des sujets de plainte contre moi* mais nous ne lisons pas qu’il ait prononcé tout ce c’est pourquoi il a cru que j’étais son ennemi. qu’Eliu arrange comme ayant été dit par le saint homme Il a mis mes pieds h la chaîne, il a observé Job. C'est-à-dire, vous deviez toutes mes démarches. C’est donc en cela vous accuser, et non pas vous louer, même que vous avez montré que vous n’êtes Vous vous efforcez, dit-il, de disputer pas juste, car je vous réponds que Dieu est contre lui, parce qu’il ne vous a pas en quelque sorte plus grand que l'homme. Disputez-vous con- t"ntÎ8 spirnculo animatus. De crealione primi hominis Elîu forsitan boc adversus faciem meam consiste. Ecce et me, dixit, in qua ne velni in f«>nto undc defluxerit, condition dicat. sicut et te, fecit Deus; et de eodem quoque luto Prolaturus Turbo ojns, exspoctatio* ego formatas sum. Yerumtamen miraculum nom déposait, ut aub blandimento qnodara et or>n*olatione simnluta, meum non te terreal; eloquentia mea non sit m immun lerrorem inentiüt, quo perlm-batus Job facile multiloquio gravis tihi. Dixisti ergo in auribus meis, et vo- ipàina codât. Quid ergo diminua, quod boc sensu cem verborum audivi : Mundus sum ego, abs- sanctUB Job de Deo disent : a Quia quorelns non repolit in n:e, cl que delicto, immaculatus, et non est iniquitas ideo arbitfatus est me inimicum tdbi? 1 non Icgimns Job hoc dixisse, in me; quia querelas non reperit in me. Ideo qnre îitiqne quasi ex sodmï ejuadem aancti Job dictu suis varbia biccom- arhitratus est me inimicum sibi; posait in nervo posait. pedes meos; custodivit omnes semitas meas. ld est, accnsare to debueras, non laudare Quamobreui, Hoc est ergo in quo non es justificatus. Respon- donné satisfaction en répondant à chaque parole do tre lui parce qu’il n’a pas répondu h. toutes vos plaintes. Parce qu’il ne change pas ce qu‘il dit, vos paroles? Dieu ne parle qu’une fois et il ' à moins que le changement môme de notre vie ne le demande. C’est par correc- ne répète point ce qu’il a dit. Pendant les tion que Dieu parfois enveloppe l’homme dans un plus lourd sommeil, afin q.ie, les sens du corps étant tous songes, dans les visions de la nuit, lorsque assoupis, l’esprit soit plus libre de recevoir les paroles de l’enseignement du divin Maître. Ce sommeil est de les hommes sont accablés de sommeil, et Dieu. De ces oreilles, le qu’ils dorment clans leur lit; c’est alors que Seigneur dit dans l’Evangile : « Que celui qui a des Dieu leur ouvre l’oreille, qu’il les avertit et oreilles pour entendre, entende. » Lue. vm, 8. les instruit de ce qu’ils doivent savoir, pour C’est-à-dire, des péchés, détourner ainsi l’homme du mal qu’il fait, et Parce que de même pour le délivrer de l’orgueil ; pour tirer son que le glaive donne la mort corporelle, par lo péché on encourt la mort de l’âme, et c’est avec raison qu’Eliu dit que Dieu nous en délivre en nous châtiant et en âme de la corruption, et pour sauver sa vie nous corrigeant. Non-seulement, dit Eliu, de l’épée qui la menace. Il le châtie encore Dieu, pour les corriger de leurs fautes, effraie les âmes deB hommes par de terribles visions, mais encore, et toujours pour les corriger, il leur envoie de cruelles par la douleur qu’il souffre dans son lit, et il inquit, conaria adverses eum eontenderc, co quod non ad siugtila debo tihi quia Deus major est homine ; adver- rerlm querelarum tunnun fila quasi satisfaeiendn rospondoat. suseumeontendis, quod non ad omnia verbares- Qnia non iminutat quod lnquitur, msi boc ipsum ponderittibi. SemelloquiturDeus, etsecundoidip- vitæ nosuæ mulatio deposcerit, Cum incrcpatione Dans nliquando in sum non repetit. Per somnium in visione noclurna, hoimncm gravîorein immittit soporem, ut pensibus coi porin consopitia, quando irruit sopor super homines, et dormiunt animas ad suscipienda Dominiez disciplinai verba reiigotur, qui sopor Duinint dicitur. De bis auribus Dominas in Evang^üo ait : « Qui ba¬ in lectulo. Tune aperit aures virorum, et eru- hel mires oudiendi, audiat. » Lun. vm, 8. diens eos instruit disciplina. Ut avertat bomi- id est, a peccatie. nem ab bis quœ facit, et liberet eum de super- Quoniam sicut por gladium infrtur mors i*ta corporoa, ita per bia. Eruens animam ejus a corruptioné; et peccatura iiicurrilnr mors secimda, a qua castigutos et ememUios me- rito asscrit libcrandos. Non to- vitam illins, ut non transeat. in gladium. Incre- 467 EXPOSITION INTERLIN.ÉAIRE DU LIVRE DE JOB. infirmités corporelles. Lorsque dans ces tour- fait sécher tous ses os. Dans cet état il a le ' rnents l'homme brisé de consomption, est près de ln. pain en horreur et la nourriture qu'il trouvait mort et des griffes des ministres infernaux, s’il existe auparavant délicieuse, devient l’aversion de quelque saint digne de porter le nom d’Ange, il pourra son âme. Toute sa chair se consume, et ses intercéder pour l’homme ainsi flagellé par Dieu à cause os qui étaient couverts paraissent à nu. Il se de ses péchés, pourvu qu'entre les nombreuses bonnes œuvres que cet homme nu rail dû faire, le saiut trouve du moins une bonne œuvre à offrir pour lui comme voit près de la corruption, et sa vie est me- un sacrifice d’expiation. Ou bien quelque ange nacéc d’une mort prochaine. Si un ange choisi du ciel assistant devant la face de Dieu peut intereé- entre mille parle pour lui et qu’il annonce der pour n’importe quel pécheur que Dieu flagelle; car l’équité de l’homme, Dieu aura compassion c’est aux Anges que le Seigneur a confié le soia de de lui et il dira à ses ministres : Délivrez-le garder et do. secourir les hommes en son nom. afin qu’il ne descende point dans la corrup- Job tion ; j’ai trouvé lieu de lui faire grâce. Sa a été frappé,. dit-il, des maux qu’il a mérités; maint.e- chair est consumée par les maux qui sont la nani que le pardon et la bonté divines le ramènent aux jours de l'adolescence, c’est-à-dire, qu’il redevienne peine de ses péchés; qu’il retourne aux jours liim, inqnit Elin, visionibns borrendis terret Dens homimun animas, pat quoque per dolorem in lectulo, et omnia ut corrigat délinquantes, vermn elinm infirmitatibus eorpornm eoa dis- eruciat, ut emendel. Curn per lime itaquo confectus ossa ejus marcere facit. Abominabilis ei fit in liomo atque consumplns, morti et inferiialibna miiiistris Qppropinqna- vita sua panis, et animæ illius cibus ante dési¬ rent, si fuerit qui.-pinen Sanctorum, qui nomeu Angeli meri'niur ba- derabilis. Tabescet caro ejus, et ossa quæ tecta bere, ia pro bnjuaceinodi, qui pro peocatis suis a Deo ita corripitnr, po- terît impetrare, si multia operibus bonis, quæ operarî debuerat, saltem unum opus bonuin, quod tamquam sacrificium pro eo placabilo oflerut, fuerant nudabuntur. Appropinquabit anima valuerit invenire. Sive ejus corruptionibus, et vita illius mortiferis. Si Angélus qnilibet de cceto assistons anie faciein Dei poterit pro quolibot fueril pro eo Angélus loquens unum de millibus, peecatoru in fkgellia posito intercédera; ipsia enim cura injuncta est ut annuntiet hominis æquitatem. Miserebitur a Deo, ut hominibns eustodice stuc opem ferant. ejus, et dicet : Libéra eum, et non descendat in corruptionem. Inveni in quo ei propitier; Rooepit, iuquit, raala pro meritis suis, nunc indnlgentia divinœ pietalis consumpla est caro ejus suppliciis; revertatur sain et sauf. 11 verra sa face, parce qu’il éprou- de sa jeunesse. Il priera Dieu de lui pardon- vera que son visage lui est propice, et qu’il va lui ren- ner, et Dieu lui sera favorable, il verra sa face dre justice pour ses dignes fruits de pénitence, avec un ravissement de joie, et Dieu justifiera de nouveau cet homme. En regardant les Grande chose, et autres hommes, il leur dira : J’ai péché, j’ai très-agréable à Dieu, que l’homme ne rougisse pas de confesser ses erreurs, et qu’il dise : Je souffre peu re- vraiment offensé Dieu, et je n’en ai point été lativementà ce que j’ai mérité de souffrir. Illuminé par la lu- châtié comme je le méritais. Il a ainsi délivré mière de la connaissance de Dieu, il reconnaîtra scs son âme afin qu’elle ne tombât point dans la immenses bienfaits. mort, mais qu’en vivant elle jouît de la lu- 11 est corrigé, et la correction purgée, il est mière. Voilà tout ce que Dieu fait à l’égard délivré. C’est-à-dire, ou par le tra- de chacun des hommes, en les reprenant jus- vail de la conversion, ou par l’épreuve de la tentation qu’à trois fois, pour rappeler leurs âmes de ou par la crainte de L’issue finale. De cette lu- la corruption, et pour les éclairer de la lu¬ mière le Prophète a dit : « Afin que je sois agréable à Dieu en sa présence dons la lumière des vivants. » Psatm. lv, 13- D’après mon enseignement, soyez mière des vivants. Job, soyez attentif et écou- nd dies adolescoûlue roverLatnr, id ost, ut sit itenim sanus et ineolu- mis. Vidohit autem facicm ojus, propitium sibi ad dies adolescentiæ suæ. Deprecabitur Deuni, vnltnm illius eentiens, redditurusque ei digna satisfactions juslitiam. et placabilis ei erit ; et videbit faciem ejus in jubilo. Et reddet homini justitiam suam; etves- Magna res, Deoquc plurimum ao- piciet liomo, et dicet : Pcccavi, et vere deliqui, cepiabilis, ut liomo errores suos non ertibeseat eonfiteri, et parum se et ut eram dignus non recepi. Liberabit animam pro meritis ejus esse paspum dieat. Aenilionis Dei lucem, «t immensa suam ne pergeret in interitum, sed vivens lucem ejns beneûciu ill liminalité agnoscot. AtloriMir, atqne ipso aitritione purgata, libérait) r, id est vel videret. Ecce hæc omnia operatur Deus, tribus labore oou version^, vel teutniionc probationis. vol forraidinc solutio- vicibus per singulos, ut revocet animas eorum nia de quo lumine Prophota dicit : v Ut plneeam a corruptione, et illuminet luce viventium. coram Deo in lumine viventium. » P&. lv, (3. Dor.ente me, obediens esto, et prrebe consensum. Ut incruditum, vol Attende Job, et âudi me, et tace dum ego loquar : impatientera jubet tacere. si autem habes quod loquaris, responde mihi, SAINT JÉROME. 468 obéissant et accordez-moi votre assentiment. Il lui ordonne de se taire, comme on l’or- tez-moi, soyez dans le silence pendant que je donne à un homme sans érudition ou impatient. Il veut montrer ici que le saint homme Job parle. Si vous avez quelque chose h dire, ré- eBt amendé par ses discours, qu’il se rend à la vérité, pondez-moi, parlez; car je veux bien vous et qu'il ne dira plus ce qu’il a dit en opposition aux donner lieu de vous justifier. Si vous n’avez paroles de ses amis. rien à répondre, écoutez-moi, demeurez dans le silence, et je vous enseignerai la sagesse. CHAPITRE XXXIV. Il est dit qu’il parle comme' un juge qui prononce Eliu continuant encore de parler prononça une sentence; en discutant d'une manière générale contre les impies, il veut donner à entendre que le ce qui suit : Sages, écoutez mes paroles ; sa- saint homme Job participe à leur impiété. Comme le palais fait dis- vants, soyez attentifs. Car l'oreille juge des tinguer le goût des mets, de même on juge des paroles discours par l’ouïe, comme le palais juge des par l’ouïe. C’est-à-dire : Discutons d’a- viandes par le goût. Convenons ensemble de bord, avant de condamner un homme, ce qui est selon la justice, et voyons entre nous ce qui doit être regardé comme le meil- Ce n’est pas là ce que Job a dit. Nous ne lisons leur. Car Job a dit : Je suis juste, et Dieu ne îtic vult ostendere suis sermonibus sanctum Job eciendatnm loquere. Volo enim te apparere justum : quod et veritate convietum, et quod contra amicos silos loculus e.ssct, non si non habes, audi me, tace, docebo te sapien- esset aiuplius locutnrns. tiam meam. CAPIJT XXXIV. Quasi ex Bententia pronuntiare dicitur, et bealum Job, dum advor- Pronuntians itaque Eliu, etiam hæc locutus susiinpioB gonoraliter disputât, paiTioipem eonim vult intelligi. est. Audite sapientes verba mea, et eruditi aus- Sicut fuucibus cibormn sapor diguoBcimr, ita et cultate me. Auris enim verba probat, et guttur Tôrba au ri ii m judicio comprobantur. quod est : Peins dis- escas gustu dijudicat. Judicium eligamus nobis, eutirtiuus, aotequam homiuom condemnemus. Xon hune ser- et inter nos videamus quid sit melius. Quia dixit monem Job dixit. similiter et hoc ipsum nou legîtmiB. Job : Jiistus sum, et Deus subvertit judicium pas non plus qu’il ait tenu ce propos, me traite pas selon Y équité. Il y a de la faus¬ seté et de l'abus dans le jugement que l'on a porté contre moi; je suis percé de flèches Sous-en- très-cuisantes sans que j'aie péché. Où trou- tendu : Aucun, qui ne craigue pas d’insulter à Dieu vera-t-on un homme semblable h Job, qui et de s’eu moquer avec autant d’injustice et d’impiété. Ses entrailles sont pleines du poison de cette passion insulte h Dieu avec une impiété qu'il avale comme d’une eau abondante. Il accuse aussi mensongèrement . le comme l'eau ; qui marche avec ceux qui com- saint homme Job d’avoir parlé avec envie contre Dieu, mettent l'iniquité et qui se joint avec les im- S’il y a aucun homme assez grand pour uccom- pies ? Car il a dit : L'homme ne sera point plir tous les commandements de Dieu. Nous ne nous souvenons pas que le saint homme Job ait tenu un tel agréable h Dieu, quand môme il aurait couru langage. Comme après avoir exposé l’impiété dans sa voie. Vous donc qui avez du sens et de Job et l’avoir fait connaître aux auditeurs par les de la sagesse, écoutez-moi. L’impiété est in- paroles impies qu’il aurait di.es, Eliu discute au sujet fmiment éloignée de Dieu, et l'injustice, du de l’équité et de la justice de Dieu. Tout-Puissant, qui rendra h l’homme selon Paroles évidentes, qui n’ont pas besoin de commen- ses œuvres, et il traitera chacun suivant le taire historique. Parce qu’il augmente par l’af- . mérite de sa vie. Certainement Dieu ne con- meum. In judicando enim me mendacium est; Snbamlitnr violenta sagilta mea absque peccato. Quis est « nullus,» qui ut iniquus utique ot impius Donra snbsannare, et deii- dere non metuit. Cujus viscora tauiqimm aquœ abundantia veneno vir ut est Job, qui bibit subsannationem quasi hujtiB passionis impleta tmnt. Item invidioso do Deo sanctum Job locutum fuisso men- aquam? Qui graditur cum operantibus iniquita- titur. pi ita fuerit quis- tem, et ambulat cum viris impiis? Dixit enim : piam magoiis, ut Deo in omnibus jussionibiiB ejus implendis ocour- rat ; quod sanctum Job dicero non momiuinius. Non placebit vir Deo, etiamsi cucurrerit cum eo. Quasi expnsila impietalo sancti Jub, et in medio odientium prolata in Ideo viri cordati, audite me; absit a Deo impie- invidiam Job, qui quasi iinpia sit locutus, de æquitate Dei ac justitia tas, et ab omnipotente iniquitas. Opus enim disputât, manifesta aunt heec, nec historica inter- hominis reddet ei, et juxta vias singulorum 469 EXPOSITION INTERLINÉAIRE DU LIVRE DE JOB. diction les mériLes des innocents. damne point sans sujet, et le Tout-Puissant Sous-entendu : à ne renverse point la justice. A-t-il donc com- anciin autre , parce que lui-même, qui connaît son mis h quelque autre le soin de la terre, et qui œuvre et qui l'aime, la dirige avec non moins de sol- est celui qu’il a établi pour gouverner au lieu licilude qu’il a mis de puissance à la faire. Le cœur est dirigé, de lui le monde qu’il a créé? S’il dirigeait vers quand il est élevé en haut. L’esprit, c’est-à-dire Pâme, soi son cœur, il attirerait h soi dans l’instant qui vivifie l’homme; le souffle, c’est-à-dire, la vie prè¬ le souffle et l’esprit qui l’animent. Toute chair sente, qu’entretient en nos corps la respiration de l'air. Lorsqu’il les enlève aux hommes, périrait en même temps, et tous les hommes Après avoirainsi parlé de retourneraient en cendres. Si vous avez donc la forcent de la justice deDièu.Eliu revient encore à Job. de l’intelligence, écoutez ce que l’on vous dit Il est évident, et soyez attentifs à mes paroles. Peut-on gué- dit-il, que celui qui n’aime pas les jugements justes et droits, ne peut ni corriger son âme des vices, ni cor¬ riger qui que ce soit. Et com- rir celui qui n’aimc point la justice? et com¬ ment avez-vous la hardiesse de noter d’injustice Dieu, ment condamnez-vous avec tant de hardiesse médecin de nos langueurs? Dieu as- celui qui est souverainement juste? Lui qui pretatîouc indigent, quia mérita iunocentum per effliutionem auget. restituet. Vere enim Deus non condemnabit frus- Subaudi- tra, et omnipotens non subvertit judicium. Quem tuv, ‘i nnllum alimn, » quia ipse quum potens est rooditor, ta ni pius est constituit alium super terrain? aut quem po- moderator, qui opua tmum cognoscit, et diligit. Cor enim di- suit super orbem. quem fabricatus est? Si dire- rigitur, si ad supernn eublevatur. Amniom dixit, qnæ vivjûcat homi- nem, vitam prœsentem, quœ corporibus nostris per anhelitum ex hoc acre ministratnr. cum anfert ob xerit ad eum cor suum, spiritum illius et flatumad hominibus. se tràhet. Deficiet omnis caro simul, et homo in Poatea ergo quain de virinto Dei et cinerem revertetur. Si babes ergo intellectum, justifia in prcedictis locutus est Eliu, rursum convertit se ad Job. audiquoddicitur, et ausculta vocem eloquii mei. Manifestum est, inquit, quod is, qui juste et recto judicare non diligit, Numquid qui non amat judicium, sanari potest? neque sauare a vitiis animam, neque corrigere quemquatn potest; et quomodo tu Dmim, sanatorem languonim nôstrorum, iniquitûto notare Etquomodo tu eumquijustus est in tantum coii- surémeut ne considère la personne ni d’un roi, s’il est injuste et rebelle contre lui, ni des chefs, s’ils sont impies ; mais conformément à sa justice incorruptible, dit à un roi : Vous êtes un apostat; qui np- il dit au roi iuique : Vous êtes un aposLat. Les pelle impies les grands, lorsqu’ils le sont; qui Scribes, les Pharisiens et les prêtres, n’a point d’égard à la personne des princes; A cause de leurs péchés. qui n’a point eu de considération pour le tyran Le peuple juif disputait contre Jésus-Christ, qui, alors qu’il possédait toutes les richesses, s'est fait pauvre lorsqu’il disputait contre le pauvre, parce que pour nous. Quoique les sa main a fait tous les hommes. Us mourront méchants sortent vieux de cette vie, ils en sont tout à coup et soudain enlevés dans une subite tempête. Parce qu’ils ne savent point prévoir tout d’un coup, et au milieu de la nuit, les leur fin dans la méditation, peuples seront tous remplis de trouble ; ils Le violent n’aura aucun auxiliaire, qui passeront, et le violent sera emporté sans puisse l’enlever au supplice de la mort. Sans qu’on qu’on voie une main qui le secoure. Car les voie une main, c’est-à-dire que l'ennemi violent sera conduit au supplice en l’abseuce de tout secours, yeux de Dieu sont sur les voies des hommes, Paroles évidentes. Le Psal- et il considère toutes leurs démarches. Il n’y miste dit de même i « Où irai-je pour me dérober à a point de ténèbres, il n’v a point d'ombre de præsumis? Non regis utique, si iuiquuu est, et in ipsum rebollis : demnas? Qui dicit régi, apostata; quivocatju- non duciim, si impii sunt, Deus personam arcipit, sed secundum sia- gtilavem jnstitiam suam dicit régi iniquo : Apoataia. Scriboc, et Phansasi et sacerdotes. dices impios; et qui non accipit personam prin- propier peceata eorum, Populus Jn- çipum, nec cognovit tyrannum cum disceptaret dœorum disceptabat adversus Chnetum, qui cum dives essot, panper advenus pauperem ? Opus enim manuum suarum pro uobis faclns est. Quamlibet sero de bac vita tollantur iniqui, sunt universi; et subito morientur, et in media et reponte tolluntnr in subita Umpestate. quia ftnein suum cogitando prœvidere nesf'iunt. Nnllum ba- nocte turbabuntur populi, pertransibunt, et au-. bebit .idjutnrcoi violent us, quo posait evui a supplicio mortis. Absque ferent violentum absque manu. Oculi enim ejus manu, id est, absque prœsidio erit violentas, inimicus ductus ad sup- ptioium. Mnnifusluni est. super vias hominum, et omnes gressus eorum Do hoc Psalmista ait : « Quo ibo a spiritu tuo V u et considérât. Non sunt tenebræ, et non est umbra 470 SAINT JÉROME. votre esprit, etc. » Ps«lm. gxxxvïü- la mort qui puisse dérober à ses yeux ceux On nous rappelle de quicommeltentl’iniquilé. Non, il n’est plus au ne rien négliger maintenant que nous pouvons, parce pouvoir de l’homme de venir en jugement de- qu'alors nous ne pourrons pas. Nous l'avons déjà dit; ainsi advint-il vant Dieu. Il en exterminera une multitude d’Héli et de Sarnuël, de .David et de Seul, des Juifs et innombrable, et il en établira d’autres en leur des Gentils. Ou peut l’entendre des Juifs, qui ont été pion- place. Car il connaît leurs œuvres, et c’est gés dans la nuit de l’infidélité, et sur qui pèse la vin- pour cela qu’il répandra sur eux une nuit dicte. Tous les pécheurs obscure, et qu’il les brisera. Il les frappera et les impies agissent contrairement au bien mis en de plaies comme des impies, h la vue de tout eux par la nature, et contrairement à toutes les voies le monde, eux qui ont fait un dessein ferme des commandements de Dieu, qui étaient innées en leur cœur; ils ont méprisé de les connaître et de les de s.e retirer de lui, et qui n’ont pas voulu comprendre pour les suivre dans leurs œuvres. Ils ont également comprendre toutes ses voies; en sorte qu’ils agi avec méchanceté contre les hommes, en sorte que ont fait monter jusqu’à, lui les cris de l’indi- la voix des pauvres et des indigents est montée jus- gent, et qu’il a entendu la voix des plaiutes qu’à Dieu. Dieu accordant la paix, nul d’entre des pauvres. Mais s’il donne la paix, qui est reliqua. Ps . cxxxviu. mortis, et abscondantur ibi : quia operantur Idcirco naniqua oieiuoramiir, qui tune oou possu- iniquitatem. Neque enim est ultra in hominis mus, ne nune quoi! possuinus ucgligumns. potestate, ut Yeniat ad Dominum in judicium. Joua superius diximns ; ut factum est de Hcli et Somnole, David et Conteret multos et innumerabiles, et stare faciet Saule, Judæorutu et Gentinm populo. De Judæis intelligi potest, qui. nocte intidelitatis alios pro eis. Novit enim opéra eorum, et idcirco oxeœcati sunt, et puniuntur vindicta. Omnes peecotores inducet noctem, et conterentur. Quasi impios et impii contra inditum sibi bonnio naturœ agunt, omncsqne riae percussit eos in loco Yidentium. Qui quasi in- luandatormn Dei, quas suis cerdibus iugerjitoa babebant, nosse ot in- dustria recesserunt ab eo, et omnes YÎas ejus in- tclligere deU-aotavorunt, ut opéré implorent. contra homines quoque impie telligere noluerunt : ut pervenire facerent ad les hommes ue peut disputer avec lui et le condamner, c’est-à-dire, rendre vain <-o qu'il a fait. S’il ne daigne pas se celui qui le condamnera? S’il cache une fois révéler lui-même à l’homme, nul ne saurait do lui- même le voir. Dieu fait son visage, qui pourra le contempler dans sa tout ce qu’il veut, conduite, sur toutes les nations en général, Le diable est appelé hypo- et sur tous les hommes? C’est lui qui fait ré¬ crite, parce qu’il se transfigure dans la lumière de l’ange, alors qu’il est plutôt lui-même la source des ténèbres. Dieu donc permet que le diable règne sur gner l’homme hypocrite, à cause des péchés les impies. Il se permet d’interpeller Dieu comme du peuple. Puis donc que j’ai parlé à Dieu, s’il était son juge. je ne vous empêcherai point de parler aussi. Il ne ferait pas la question, s’il croyait avoir erré. Si je suis tombé dans quelque erreur, en- seignez-moi ; si ce que j’ai dit n’est pas selon C’est-à-dire, je ne parlerai pas. la justice, je ne dirai rien davantage. Dieu ne vous redemandera-t-il point compte de ce que C’est-à-dire, du blasphème. je puis avoir dit contre la justice, qui vous a Vous avez dit qu’il était injuste, parce qu’il déplu ? Car c’est vous qui avez commencé à vous avait frappé d’une correction injuste, en sorte que, en vous affligeant injustement, il vous poussait au blasphème contre lui, et c’est pourquoi il vous a déplu. Son orgueil parler, et non pas moi. Si vous savez quelque egeraut, ut ad Doum pauperum et egeuorum vox usreuderei. eum clamorem egeni, et audirel yocein paupe- Deo paeem tribueule, milles liuniiniiui poterit discutera, ut rum. Ipso autem concedente pacem, quis est condamne!, id est, factum ejus irritum revocare. Nisi ipso dignatus fuerii se homioi revelnre qui condemnel? Ex quo absconderit vultum uullus 9iit b viribus intueri valebit. Deus, quod suum, quis est qui contempletur eum ? Et super voliierit faciet. Hypocrite diabolus dicitur, eo quod so transfigurât in gentes, et super omnes homines, qui regnare Angelnm Iiicis, cum ipso potius ait auctor teuobrnrnm. Hic ergo ju- dicio Doi dominatur impiis. facit hominem hypocritam propter peccata po- Qnasi in judicio cônstitutum perunltit inlerloqui. puli. Quia ergo locutus sum ad Dominum, te Non enim rcquireret,si se errasse quoque non prohibebo : Si erravi, tu doce me. credidisset. id est, uon luquar. id est, Si iniquitatem locutus sum, ultra non addain. 471 EXPOSITION INTERLINlUlRE DU LIVRE DE JOB. fait qu'il ne croit pas à une scieuce. meilleure. Eliu, chose de meilleur, parlez vous-même. Que méprisant le saint homme Job, se tourne vers ceux des personnes intelligentes me parlent, et qui l'entourent et leur adresse la parole. Il a cru que le saint homme Job a parlé inconsidérément, parce qu’un homme sage m’écoute. Mais Job a qu'il a rappelé, qu’il avait été juste en ses œuvres. Inutile parlé inconsidérément, et il ne parait point de commenter. Mon Porc , parce que l’homme a été créé par Dieu. Que de sagesse dans ses discours. Mon Père, que la plaie de ce fléau s’appesantisse sur lui sans relâche. Job soit éprouvé jusqu’à la fin, ne cessez De lui infliger le châtiment. La me- point de frapper un homme injuste ; parce sure de ces péchés déborde, puisqu'il tombe dans le crime de blasphème. Cepen- qu’il ajoute le blasphème à scs péchés : qu’il dant, qu’il soit condamné parmi nous, de peur que son injustice ne nous soit également imputée. Il n’y soit cependant pressé de nouveau par 110s aura pas complicité de notre part, si désormais il es¬ saie de provoquer Dieu, après avoir connu par nos raisons, et qu’après cela il appelle Dieu en assertions qu’il ue peut aucuuement entrer en juge¬ ment avec Dieu. jugement par ses discours. blaspliemiam. Tu dixisti, quod iniqnns esael, quoi! vi injusl» Numquid a te Deus expetet eam, qui displicuit correptionis exigeret a te ut necosse es*et tme ullo iuiqui- tatis merilo flagellari. videntur esse sapientes. 478 SAINT JÉROME. qu’il se plaint d'être flagellé par Dieu sans l’avoir au¬ cunement mérité par son iniquité, n'osera envisager sa grandeur. CHAPITRE XXXVIII. A cause de la crainte qu’il Alors le Seigneur parla à Job du milieu veut inspirer quand il reprend. Ces paroles de Dieu d'un tourbillon, et lui dit : Qui est celui-là éloignent El ni avec ses discou rsa près l’avoir couvert, de confusion. C’est après avoir éloigné Eli u avec ses pa- qui enveloppe de grands sens sous desparoles rôles peu réfléchies, que Dieu se tourne vers Job. Comme nous ceignons nos reins peu réfléchies? Ceignez vos reins comme un de vêtements, fortifions de même par les bonnes œu- . homme ferme; je vous interrogerai et vous vres la marche de notre âme. C’est-à-dire, lorsque j’affermissais sur me répondrez. Oit étiez-vous quand je jetais le fondement de la foi, l’Eglise formée de l’assemblée du genre humain. Dieu montre sa les fondements de la terre? dites-le-moi, si force, sa puissance dans les mesures du monde qu’il vous avez de l'intelligence. Savez-vous qui a créé et sur lequel il a tendu son cordeau pour en en a réglé toutes les mesures, ou qui a tendu faire un ouvrage bon et correct. Les puissants et tes forts, sou- sur elle le cordeau? Savez-vous sur quoi ses tiens de l’Eglise de Dieu La pierre angulaire est bases sont affermies, ou qui en a posé la CAPUT XXXVIII. ail terroreiii pertinet objurganiis. Respondens autem Dominus de turbine Job, llis verbis Dei amovotnr Eliucum sermonibu9 suis cenfusus. dixit : Quis est iste involvens sententias sermo- Àuioto igitur Elin ctim sermooibus suis iinperitîa, convertit se Donii- nns ad Job. Sicut vestimenta in ltmibia accingiuma, itn gres- nibus imperitis : Accinge sicut vir lumbos tuos Biim animœ bonis operibns munianms. id est, Ejj- interrogabo te, et responde mihi. Ubi eras elesiam do teiru lmmani grneris congregatara, in virlute fidei stabî- lirein. Virlntem suara quando ponebam fundamenta terræ? et indica Deus ot potenliam, mensura9qno mmuii in t-jus coudiliono duacribil, mihi si hffbes intelligentiam. Quis posuit mensu- snpar qnem iineam boni reetique op^m sui teteuderit. ras ejus, si nosti? vel quis tetendit super eam polentes et furtes> qui snslinent Ecclesiara Dei. Iineam? Super quo bases illius solidatæ sunt? celui qui a été posé par Dieu comme fondement de la terre du Seigneur. La pierre angulaire est inébranla¬ ble parce qu’elle est quadrangulaire de toutes ports. Elle est le symbole de Jésus-Christ, en qui tous les peuples sont contenus. C’est-à-dire, les pierre angulaire? Où étiez-vous lorsque les Anges avant leur chute. astres du matin me louaient tous ensemble, Ceux qui ont toujours élé fermes dans le bien, ou les et que tous les enfants de Dieu étaient trans¬ fils de Seth. Les digues de ce siècle, sont les portés de joie? Qui a mis des digues à la mer préceptes du Seigneur, qui font que l’homme n’Cn- geudre pas en œuvres les illusions de sa pensée. Je crois que par sein de pour la tenir enfermée, lorsqu’elle se débor- la mère de la mer il indique le sein de la terre, afin que nous sachions que la mer a été engendrée de la terre, dait en sortant comme du sein de sa mère ; C’est-à-dire, le vêtement que parles mains des minis- lorsque pour vêtement je la couvrais d'un 1res de mon Evangile j’ai étendu sur la mer des peu¬ ples, afin qu’elle ne fht pas desséchée par les ardeurs nuage, et que je l’enveloppais d’obscurité de l’infidélité. ‘ J’ai en- comme on enveloppe les petits enfants ; lors- fermé le siècle dans les bornes de mes commnndc- que je l’ai resserrée dans les bornes que je menU, je lui ai ouvert la porto de la charité, et j’ai lui ai marquées, que j’y ai mis des port.es et brisé les barrières de l’infidélité, afin que si d’aventure des barrières, et que je lui ai dit : Vous vien- l’homme se sent ballotté par les flots de mauvaises drez jusque-là, et vous ne passerez pas plus Lapis angitlaris est, quia Deo præpositns est iu fuodnmcntnm terne Domioicæ. Quia lapis ançulari» quadrangularis ex omm parte stabilu Ht. Chris- aut quis dimisit lapidem angularem ejus? Cum tum significat, in quo populi continentur. id est, Angeli priiuqimm caderent. qui semper in me laudarent simul astra matutina, et injubila- bono sleterunt. Vel Glii Setli. Hoc sœculnm prœccptis Dominicis con- rent omnes filii Dei? Quis conclusit ostiis mare cliKlihir, ne horao illocebras cogitalionis, partnriat in opéra. Ynlvam maria tome 9innm dietara puto, ut mare de eadeua progenitum unve- rirnu9. quando erumpebat quasi de vulva procedens? Hkc est, vestimontnm, qnod per ministrns Evangelii mei super mare Cumponerem nubem vestimentum ejus, et cali- populorum expanilj, ne mGdulilutia caumate torreretur. gine illud quasi pannis infantiœ obvolverem. Terminis mandntornm meorum sœculmn eonclusi, et vectem cliaritatis Circumdedi illud terminis meis, et posui vec- opposui, et ostia infidelitatis destn.xi, ut si qui forte cogitationum ma- tem et ostia, et dixi : üsque hue venies, et non 479 EXPOSITION INTERLINEAIRE DU LIVRE DE JOB. pensées, il ne les réalise pas en œuvre. loin, et vous briserez ici l'orgueil de vos flots? C’est-à-dire, après que vous n’avez pu en naissant Est-ce vous qui depuis que vous êtes au monde faire l’aube de la foi, ni après le coucher de votre mort, avez donné des ordres à l’étoile du matin, et l’aurore de la résurrection. qui avez montré h l’aurore le lieu où elle doit A la fin des temps, les pécheurs seront cha?- naître ? Est-ce vous qui tenant on votre main sés de la terre de l’Eglise. les extrémités de la terre, l'avez ébranlée, et en avez comme secoué et rejeté les impies? Comme le limon même du corps humain sera séparé, La figure empreinte se rétablira comme Tar¬ de môme rame sera pareillement revêtue avec lui du gile et elle demeurera comme un vêtement, vêtement de rimmortalilé. La gloire et le bonheur passagers du monde. La force La lumière des impies leur sera ôtée ; et leur et la puissance selon le siècle, bras quelque élevé qu’il puisse être, sern La mer, c’est le siècle; le fond, tous les pé- brisé. Etes-vous entré jusqu’au fond de la eheurs et les méchants; les réduits les plus secrets de l’abîme, tous les impies et les sacrilèges plus proton - mer? et avez-vous parcouru les réduits les dément tombés dans le péché. Le diable est la porte plus secrets de l'abîme? Les portes de la de la mort; par lui s’est introduite la mort de la per- mort vous ont-elles été ouvertes? les avez- dition. L’intérieur du gouffre des tourments, 'vous vues, ces portes noires et ténébreuses? Urnm fluclns exagilant, non procédant in opéra. procédés amplius, et hic confriuges tumentes id est, posiqusm natus es, in ortu tuo non potuisti fluctustuos. Numquid post ortum tuum præ- diliiculum Gdei faccre, net. post occasain tuæ morlis, anroram resur- cepisti diluculo, et ostendisti auroræ. locum rectionis. De terra Ecclcsie in novissioio tempore concntiendi surit suum? et tenuisti conçutiens extrema terræ; et peccature». - Sicnt ipsum liumauî corporis ]»- excussisti impios ex ea? Resliluetur ut lutum liun separnbitiir, ita et anima cum eo paritor Yeaiiinento immortalita- signaculum, et stabit sicut vestimentum et aufe- tis indutlur. miiudi gloria et félicitas transitoria. \irlus et poien- retur ab impiis lux sua, et brachium exeelsum tia stecularîs. Mare, sœeulnm ; projfunda ejus, omnes prceatores confringetur. Numquid ingressus es profundum et iniqui iiitelliguiilur; novissima abyssi, omnes iinpii et sacrilegi pro- fundioiea in peccatis. maris, et in novissimis abyssi deambulasti? Porta moi tié diabolus est ; per queoi mors perditîonis introivit. iDteriora Numquid apertæ sunt tibi portæ mortis, et ostia Qui, outre que celui qui Ta créée, peut voirl’étenduede Avez-vous considéré toute l’étendue de la la terre, La^doctrine de l’Eglise, terre? déclarez-moi toutes ces choses, si vous L’iiomme qui a une en avez la connaissance. Dites-moi qu’elle vie sainte est la lumière des vertus, et le pécheur est est la voie qui conduit où habite la lumière, le lieu des ténèbres. A la rétribution et quel est le lieu des ténèbres ; afin que vous méritée, soit à la droite, soit à la gauche, conduisiez cette lumière et cette nuit cha¬ cune en son propre lieu, ayant connu le Les pensées des cœnrs. L’homme chemin et les routes de leur demeure. Saviez- peut-il avant de naître, savoir ce qu’il fera, et connaître vous alors que vous deviez naître ? et cônnais- le nombre de jours et d'années de sa vie? Neige etgrêle siez-vous le nombre de vos jours ? Etes-vous donnent à entendre ici les puissances adverses, qui se sont éloignées de la chaleur de l’amour de Dieu. Dieu veut entrés dans les trésors de la neige ? Où avez- désigner par le mot trésor, certaines machinations de nos pensées. Ceux dont les cœurs vous vu les trésors delà grêle, que j’ai préparés impénitents ne devaient jamais se convertir au Sei¬ gneur, sont devenus, dans le plan de la sagesse divine, les ministres des peines, tandis que d’autres ont été pour le temps de l’ennemi, pour le jour de la amendés par la correction de Dieu. La voie est la prédication de guerre et du combat? Savez-vous par quelle Rnt.ri pcpnalis. Latltndinem terra quis intueri valebit, tenebrosa vidisti? Numquid considerasti latitu- n tsi îlle ({ni condîdit ? si militer et Eccjesiœ doctrinam. sanoloe eon- dines terræ? indica mihi, si nosti omnia, in qua rersationis homo lux est virtutum, et viiionun lotus ost homo peccu- via liabitet lux, et tenebrarum quis locus sit? tnr. ad pr æfinitas retributiones, sive ad doxteram, seu ad siniUram, ut ducas unumquodque ad terminos suos, et cogitaliones cordinm. Quis hominnm novit anta- intelligas semitas dotnus ejus. Sciebas tune quod quam ait, quæ facturas ost, odalisque su» (lies et annos coguoscit ? nasciturus esses? et numerum dierum tuorum Sub nïris et grandiras nomme Ii oc loco adversari» potes- noveras? Numquid ingressus es thesauros nivis, Intea iDlelligunlnr, qme longe a calore eharitalis Dei recesserunt. Qui¬ dam sécréta cogilutioQitm machinamenla thesauros Dons voluiL sppel- lare. Qui impœuilçnti corde aut thesauros grand inis aspexisti? Quæ præpa- Dunquam ad Dowionm coarersuri esetut, dispensation» divina cfFeeti suât mînislri pennarum, alii vero per castigatiooem Del ojaendati sudî. ravi in tempus hostis, in diem pugnæ et belli? 480 SAINT JÉROME. l'Evangile, par laquelle la lumière de la foi se répand sur les cœurs des fidèles. Les dons de res- voie la lumière descend du ciel, et la chaleur se prit fervent, de Dieu. Cette pluie impétueuse est répand sur la terre? Qui a donné cours aux l’Evangile du Sauveur, qui par les prodiges et les ver¬ tus s'est tracé la route de la foi parmi les nations avec là terreur du nom de Dieu et au bruit du tonnerre des pluies impétueuses, et passage au bruit miracles, La copieuse abondance de éclatant du tonnerre, pour faire pleuvoir dans la prédication parmi les nations, chez lesquelles aucun une terre qui est sans hommes, dans un dé- des Prophètes n’avait été envoyé. Lapluiede l’Evan- sert oii personne ne demeure, pour inonder gile remplit de la fécondité de l’amour de Dieu la terre de l’Eglise, qui avait été dépeuplée par Dieu. Afin que des champs affreux et inhabités, et pour y la semence de la vie lève de l’abondance des dons cé¬ lestes. Qui de cette eau produire des herbes vertes ? Qui est le père et de cette pluie, dont nous venons de parler, est l’au¬ teur et le créateur, si ce n’est Dieu ? La de la pluie ? et qui a produit la rosée ? Du sentence sévère du fond de son cœur. Parce que les sein de qui la glace est-elle sortie? et qui a cœurs de certains s’endurcissent comme la gelée, au point de ne point sentir la chaleur de l’amour de Dieu. Les impies produit la gelée qui tombe du ciel ? Les eaux tombent dans l’insensible dureté de la pierre, et dans se durcissent comme la pierre, et la surface les plus profondes ténèbres de l’aveuglement de l’âme, de l’abîme se presse et devient solide. Pour¬ vu eut Evangolii prœdientio, per quam lux fidei spnrgitur super renia Per quam viam spargitur lux, dividitur æstus credenthim, Doua ferventis Spiritus saneti. Vehementissiirms ionhur est Salvaloris Evange- super terram? Quis dédit vehementissimo im- lirnn, qui in aigrm atque virtutibus viam sibi fidei feeit in uationibns, tôrrore no-ninis Dei, nique tonitruo miraculonun. Copinsa prte- bri cursum, et viam tonantis tonitrui; ut pîue- dieationis abuudantia in nalionibus in quibiis miMus Pmphetarmn ret super terram absque homme in deserto, mÎ33us fueiat. Evarigolieus im- ubi nullus mortalium commoratur? Ut impleret bor terram Eeelesiœ, quœ fuerat a Deo de •oints, charitatie Dei piriguo- inviam et desolatam, et produceret herbas vi- dine replevit. Ut ex nbertate donorum eœlestium seine □ vitœ snrgat, Quis liujus pluvia?., ot hujus imlu-is Dominini. de quibus rentes? Quis est pluviæ pater, vel genuit stillas supra dixiiinifl, auctor et condilor est, nUi Deus ? De cordis aecreto dietricta senleniia. roris? De cujus utero egressa est glacies; e Les sept étoiles au radieux éclat désignent tous les rez-vous joindre ensemble les étoiles brillan- Saints ornés des sept dons du Saint-Esprit. L’Ourse est composée de sept tes des Pléiades, et détourner l’Ourse de son étoiles; ainsi la perfection dans l’Eglise résulte de la foi en la Trinité et des œuvres des quatre vertus car¬ dinales. Le Christ venant des hauteurs célestes nous cours ? Est-ce vous qui faites paraître en son apporte la lumière de la foi. 11 est aussi appelé l’étoile du soir, parce qu’au temps de la passion, il 8e coucha temps sur les enfants des hommes l’étoile du sur la croix. Afin qu'ils ne soient pas des enfants des té- matin, ou qui faites lever ensuite l’étoile du nèbres, mais des fils de lumière, ou des enfants de Dieu. Vous, Job, avez-vous la prescience pour savoir soir? Savez-vous l’ordre et les mouvements dès h présent quel est l’ordre de l’Eglise dans le ciel et combien de grâces diverses de mon esprit brillent du ciel? Etes-vous l’auteur des influences comme des étoiles? Dans, un lieu où nul ne qu’il exerce sur la terre? Elèverez-vous votre puisse vous voir. La Synagogue des peu- voix dans les nues, et répandront-elles pies vous entourera de résistance, aussitôt sur vous leurs eaux avec abondance? Les Saints sont appelés tonnerres, parce qu’ils sont envoyés par Dieu pour illuminer le monde par la pré¬ dication de l'Evangile. Ils se présentent à Dieu avec Commanderez-vous aux tonnerres, et parti- actions de grâces et avec louange. Jésus-Christ, la sagesse de ront-ils dans l’instant? et en revenant ensuite, Qui qiiorumdam eorda dura insol nhili gain eonstringuntur, ut nonsen- thnt fervorem chaiitatis Dei. lmpii hommes ad instar lapidum gelu de cœlo quis genuit? In similitudinem lapidis Holidi et nimiura dnri cfi'eeti auni, et in profundianima mcütîs obacnri- aquœ durantur; et super faciem abyssi cons¬ tate demcM-guntur. Seplem stellce, quœ splendide emicaut, Sanctos tringitur. Numquid conjungere valebis micantes omnes septiformi Spiritus virtute l’ulgentes signifienut. Àrctunis ex seplein ale.llia constat : îta et Ee- stellas Pléiades; aut gyrum Arcturi poteris dissi- clesia ex fîJe Trinitatis, et operilms quatuor pi ineipalinm virtutuin consummaiur. Clnistus de snbliniibus venions, liietm nobis fidei exliibet ; pare? Numquid producis luciferum in tempore qui et resper appcllatnr, quia in crueo tempore paasioma occnbuït. U suo, et vesperum super filios terrœ consurgere non siat Glii tenebrarum, sed filii Iticiferi, et filii Dei. Numquid tu Job quasi cognitor futnroruni, jam nosti quo facis? Numquid nosti ordinem cceli, et ponis ordine in cœlo EcelÊsin, et quam diversœ gratiœ Spiritus moi volut EXPOSITION INTERLINÉAIRE DU LIVRE DE JOR. Dieu, est descendu dans le sein de lo Vierge, vous diront-ils : Nous voici ? Qui a rïl'is la sa- Lecoq, c’est- gesse dans le cœur de l’homme, ou qui a à-dire, tous les Saints, qui dans la nuit du siècle crient vers le Seigneur par la foi. La foi de l’Eglise donné l’intelligence au coq ? Qui expliquera que désigne le mot ciel, où les vertus angéliques chan¬ tent sans fin les louanges de Dieu, la disposition des cieux? ou qui fera cesser La poussière que l’infidélité l’harmonie du ciel? Lorsque la poussière se rendait aride a été mêlée par le travail apostolique à répandait sur la terre, et que les mottes se la foi féconde de l’Eglise. formaient et se durcissaient, où éliez-vous? L’âme trompée par les ruses du diable. C’est- Prendrez-vous la proie pour la lionne? et en à-dire, ceux qui avaient d’abord appartenu au démon, et qui sont maintenant revenus à Dieu. Dans rassasierez-vous la faim de ses petits lors- les cœurs des hommes impies. Dans ces cavernes les démons sont en embuscade dans les dé¬ tours des péchés. Le cor- qu’ils sont couchés dans leurs antres, et qu’ils beau, c’est le diable. Ses compagnons et tous ceux que épient les passants du fond de leurs cavernes? nous avons eus pour ancêtres dans l’erreur. Les aban- Qui prépare au corbeau sa nourriture, 1 or¬ donnant, tous les fidèles crient vers Dieu dans leur que ses petits crient vers Dieu, cl qu’ils vont Stella? fuiront ? • in oceulto nbi a ration eiu ejus in terra? Numquid elevabis in nemine vid^Rri». resistentium Synagoga populnrnm nebula vocem tuam, et impetus aquarum ope- circnmdahit tu. Sancti fnlgnra dicuntur, qui mîltimlnr a riet te? Numquid mittis fulgura, et ibunt; et Deo? ut prædieotione Evangelii illuminent mundum. C,um gratin mm actione, et laiûle Deo prœsenles ostendunt. ' Cln istus enim Dei revertentia dicunt tib’i : Adsumus? Quis posuit sapîentia in visoera Virginia venit. Omnos Sanetos sigui- in visceribus hominis sapientiam? vel quis dédit fieot, qui in noete sæculi per fMern olumant ad Domimun, fidem ficclosiæ qnœ co*li no- gallo intelligentiam? Quis enarravit cœlorum mine oppellatur : ubi Aagelieæ virtutes indefessa voce cluaiant laudom rationem, et concentum creli quis dormi re facit? Dei. InfideJitato ntiqna pulvis nridus, Apostolieo labore in fnicli- Quando fundebàti.ir pulvis in terram, et glebæ feraro Ecclusiœ fidem mîscotur. Diaholic.a fraude deoeptam aniimini. compingebantur? Numquid capies leænæ præ- id est, eorum qui prias ejus Tueront, sed mine ad Deum conversi snnt. dam, et animam catulorum ejus implebis, tom . 1 v . 481 prière pour demander le pain quotidien, parce qu’iU sont étrangers et voyageurs sur la terre, errants n’ayant rien à manger? CHAPITRE XXXIX. Image des Apôtres et de tous les prédicateurs de la Savez-vous le temps auquel les chèvres vérité, qui, par la grâce du Saint-Esprit dont ils sont pénétrés, enfantent la parole de l’Evangile dans la sauvages enfantent dans les rochers? Où avez- force de la foi, comme au milieu des. rochers. La pa- vous observé l’enfantement desbiches ? Avez- role vive de Dieu pénétrant dans les replis des cœurs, vous compté les mois qu’elles portent leur y suit les développements successifs de la conception spirituelle, comme la conception naturelle se développe fruit, et savez-vous le temps auquel elles, g’ en dans les mois du temps. Parla condescendance vers les infirmes, déchargent? Elles se courbent pour faire sor- Les Saints, poussés par les persécutions tir leur faon, et elles le mettent au jour en ou par l’ardeur de leur amour, crient vers Dieu. De leurs an- jetant des cris et des hurlements. Leurs pe- ciens et charnels désirs. La béatitude Lits ensuite sé séparent d’elles pour aller cher- de la vie éternelle. Progrès dans les vertus, cher leur nourriture, et étant sortis ils ne in oordibus impiorum liominmn. la bis latibulis sedent deemonee quando cubant in an tris, et in specubus insi - in abditis peccàtomm. Corvus diabolus, et soeios ejus, et omnos patres qnos diantur? Quis præparat corvo escam suam, babuimua in errore, signifient. Kt reinqneintes eos, oinnes credentos clamant ad Denm in oratioae, quando pulli ejus ad Deum clamant, vagantes quotidianum postulantes panem, quia peregrinî et iiorpites suât super eo quod non habeant cibum? terram. CAP UT XXXIX. Aposlolos et omnes pratdicntores veritatis signifir-al, qui io fortitu- Numquidnosti tempus partus ibicnm in pétris, (iioefidei, velut in pétris per Spiritum imbueatem eos, verbum Evao* golii pnriunt. Vivum verhum vel parturientes cervas observasli? Diivumerasti Dei pénétrons, in hoc spiritali conceptu profectus quosdnm incremen- menses conceptum earum, et scisti tempus torum, velut per mensos temporum in eordium flinibus operatur. Coodescendendo in infirmioribus, partus earum? Incnrvantur ad fœtum et pariunt, 31 SAINT JÉROME. 482 ' sans retour aux vaines pensées du siècle. Dans ses désirs. reviennent plus k elles. Qui a laissé aller libre Le peuple juif. Les préceptes de la loi, dont ils l’âne sauvage, et qui lui a rompu ses liens? sont maintenant dépouillés. Parce qu’il a été dépouillé de sa puissance. Je lui ai donné une maison dans la solitude, Dans une vie stérile et dans une terre inféconde, et des lieux de retraite dans une terre stérile. L’Eglise et sa communion. Tout Juif méprise ces as¬ semblées. Il méprise toutes les assemblées des villes, il De quiconque prêche la parole de Dieu et la foi de n’entend point la voix d’un maître dur et im- l’Eglise. Les orgueilleux, les Scribes et les Pharisiens, périeux. Il regarde de tous côtés les monta- Leurs traditions, quiconcernent gnes où il trouvera ses pâturages, et il cherche les délices de la chair. Qui n’a qu’une partout des herbages verts. Le rhinocéros corne. La corne désigne l’orgueil. C’est l’image des Gentils. Pour se repaître de voudra-t-il bien vons servir et demeurera-t-il votre doctrine dans l’Eglise. Ce peuple autrefois incirconcis des à votre étable ? Lierez-vous le rhinocéros aux voluptés charnelles, lié avec le lien très-fort de l’amour traits de votre charrue, afin qu’il laboure, et de Jésus-Christ dans la foi, brisera la dureté des pé¬ chés, et cultivera la terre sainte de l’humilité, rompra-t-il après vous avec laherse les mottes Perseeutionibus, sivc afTotlu chnrilatis Sancti compulsi clamant ad Uouro. A carnalibus ot pristinis desjderiis suis. et rugitus emittunt. Separantur filii earum, per- Ad bealitudinem vitre retenue. profieiiml in virtulibus, ad inauos eo- gunt ad pastum; egrediuntur et non revertuntur gitalionos Lmjtis sœculi, Populum Judæornm in desideriis. Legisprœ- ad eas. Quis dimisit onagrum liberum, et vin- cepta, quibus nunc spoliât ï sunt. Quia do regno expnlsi sunt. cula ejus quis solvit? Cui dedi in solitudine do- in vita sterili, et in terra iufriictitosa. Ec- mum, et tabernacula ejus in terra salsuginis, et etesiam communie vitre. liane nudlitndinem quisque Judreus contomnit. Cnjuslibet evan- contemnit multitudinem civitatis. Clamorem gelizantis vorbmn Dci, etfiiem Ecclesiœ. suporbos Scribaset Pbarisœos. - exacto.ris non audit; ci.rcumspicit montes pas- traditiones cornm, quœ ad delicias carm'a pertinent. çuæ suæ,et virentia quæque perquirit. Numquid Idem et nnicornis, Suporbia in cornu designatur, Popnlum Geptilem signiûcat. ad pnstum doo- volet rhinocéros servire tibi, aut morabitur ad trînæ tnœ in Ecclesia. Populus quondam incircmncisus carnalinm prœsepe tuum? Numquid alligabis rhinocerota Moi, Dieu, je connais la force de sa cha- des vallons? Avez-vous confiance en sa grande rité et sa patience, et c’est pourquoi je lui ai laissé force, et lui laisserez-vous le soin de votre pour m’imiter tous les travaux de mon administration, labour? Croirez-vous qu’il vous rendra ce que afin qu’il m’apporte le fruit de l’Eglise. . . vous aurez semé, et qu’il remplira votre aire Il y en a de trois sortes : blanches, noires, de blé? La plume de l’autruche est semblable tachetées; ces trois sortes d’oiseaux signifient les hom- k celle de la cigogne et des éperviers. Lors- mes d’actions diverses; mais ils entrent dans l’Eglise à cause de la similitude des mœurs. Ses œufs, c’est- à-dire, les fils de l’Eglise, qu’elle enfante ici-ba3 par son enseignement. Il est dit qu’elle les abandonne, en qu’elle abandonne ses œufs sur la terre, sera- ce sens qu’elle ne résiste pas aux adversaires. En les réchauffant par sa doctrine, ce vous qui les échaufferez dans la poussière ? Elle nese préoccupe pas. Les dangers de la persécution. Elle oublie qu’on les foulera peut-être aux L’antique serpent en persuadant ce qui est il- pieds ou que les bêtes sauvages les écrase- licite. C’est-à-dire, l’Eglise, parce 'qu’elle n’ambitionne pas une génération terrestre : mais au contraire ne ront. Elle est dure et insensible à ses petits, veut pas la trouver ici-bas. Entendons comme s’ils n’étaient point k elle. Elle a que ce travail n’esl pas inutile. C’est volontairement, et non par crainte de l’ancienne loi, que l’Eglise livreses rendu son Lravail inutile sans y être forcée par YoluptaUim, Im’O fortissimo ehnritatis Chrisli per fidena allîgatus, et ad arandum loro tuo, aut confringet glebas confringot duritiam peccatomm, et colot terrain Dominicain Immilitatis. Kgo Dcub novi fortitudinem eharitntis ejus vallium post te? Numquid fiduciam habebis in et patientiœ ; et ideireo dereliqui ei ad imitandum me omnes lnbores magna fortitudine ejus, et derelinques ei labo- dispensationis mère. Ut mihi Ecclesiœ fi uctum afferat res tuos? Numquid credes ei, quod reddat se- Quormn mentem tibi; et aream tuam congreget? Penna tria aunt généra ; album, nigrum, vnriitm. Hre tros aves hommes di- struthionum similis est pennis herodii et accipi- yersi faeinoris significabt, sed in F.cclesiara simililndine morum perve- niunt. Ecclesiœ filios, qnos b/cc parit per doetrinam. Rclinquero autem tris; quando derelinquit in terra ova sua, tu cob dicitur, dnm adversantibua non resistil. fovendo doctrine. Ecclesia non curât. forsitan in pulvere calefacies ea. Obliviscitur dammnatio persecutionis. serpentos aàtiqui suadendo illicita. quod pes conculcet ea, aut bestiæ agri conte- id ost, Ecclesia, quoniam generationom terrenam non atten- rant. Duratur ad filios suos quasi non sint sui. dit, sed no at ut illic inyeniai. EXPOSITION INTERLINÉAIRE DU LIVRE DE JOB. fila à la persécution. Parce qu’elle regarde les choses aucune crainte. Car Dieu en ceci Ta privée de du monde comme insensées. C’est en cela que Dieu l’a privée de la sagesse selon la chair. De fuir les dommages temporels, sagesse, et ne lui a point donné l’intelligence. Au temps de la récompense. Vers les hauteurs du mé- À la première occasion elle. court, elle tend ses rite. Du diable et de ses satellites, dont on se rira au ailes, elle se moque du cheval et de celui qui dernier jour. Au diable sa force ennemie, est dessus. Est-ce vous qui donnerez au cheval A cause de l’arrogauce avec laquelle il pro- sa force ou qui lui ferez pousser ses hennis- fère contre Dieu des blasphèmes. Parce que, semblable à la sauterelle, il sements? Le ferez-vous bondir comme les désire nuire au champ de Jésus-Christ. L'audace de sa force, quand il prétend sauterelles, tandis que le souffle si fier de ses mettre en fuite ses ennemis, c’est-à-dire les amis de Jésus-Christ. 11 foule aux pieds narines répand la terreur? Il frappe du pied les hommes qui aiment la terre en les plongeant dans les désirs terrestres. Parce qu’il a parfois la prétention de vain- la terre, il s’élance avec audace, il court au- cre ceux qui sont revêtus des armes spirituelles. Parce que souvent devant des hommes armés. Il ne peut être effrayé sur le moment par le glaive de la parole di- touché de la peur; le tranchant des épées ne subanditur, « non frustra. )> Yoluntario, non timoré veteris Legis, Ee- elesia filios suos in porseculione dimisit. Quia slnlla Frustra laboravit, nullo timoré cogente. Privavit inmidi elegit. ldco Ecelesîam privavit carnoli sapientîa, fugero dumna enim eam Deus sapientia, nec dédit illi intelli- terrena, reddendi mercedein. in snblimituleni merili. gentiam. Cum tempus fuerit, in altum alas eri- diabolum et satellites ejus, qiioniuin déficient in novissiaio. git : deridet equum et ascensorem ejus. Numquid diabolo adversai iam potesLalem. pro superbia qua præbebis equo fortitudinem, aut circumdabis oonlra Deum perversa loqnitnr. Quii stout loousta terne, ita diabolug collo ejus hinnitum? Numquid suscitabis eum agro Christi nocere desiderat. FortUudioia ejtia audacia, ut inimicoi sucs quasi locustas? gloria narium ejus terror. Ter- in fugnm vertat, amicos scilieet Christi. Terrenos liomines in terrena demergens superealeat. quia aliqnando contra eos, qui spintalibus ar- ram unguia fodit, et éxsultat : audacter in mis induti sunt, confidît, Qnoniam fréquenter gladio occursum pergit armatis. Contemnit pavorem, verbi Dei ad horam terrilus, revertitur. Locus iuiqui, in qno perfidia absconditur, nec cèdit gladio. Super ipsum sonabit pharetra, 483 vine, il revient néanmoins à l’attaque. Le lieu de l’injuste, où se cache la l’arrête point. Les flèches sifflent autour de perfidie, comme les flèches dans le carquois. Les ruses diverses de ses satellites, avec lesquelles lui, le fer des lances et des dards le frappe il attaque parfois l’armée de Jésus-Christ. Les hommes de ses éclairs. Il écume, il frémit, et semble aux désirs terrestres en son oeuvre. Il ne craint pas d’en- vouloir manger la terre; il est intrépide au tendre les prédications. Quand cet adversaire eu- bruit des trompettes. Lorsqu’on sonne la tend un Docteur de l’Eglise exhortant scs compagnons d’armes, il dit : Allons ! qui se lèvera contre moi ? charge, il dit : allons ; il sent de loin l’appro- c’est-à-dire, qui aura l’audace de me combattre? Il entend de loin ceux qui, par che des troupes, il entend de loin la voix des des exhortations diverses, s’encouragent mutuellement contre le diable, ce qui est figuré par les cris confus capitaines qui encouragent les soldats, et les de l’armée. Qu’il sera orné des dons cris confus de l’armée. Est-ce par votre sa- du baptême, car ici épertier désigne le peuple chrétien. Spirituelle gesse que l’épervier se couvre de plumes éten- ascension dans le zèle de là charité. Des bas-fonds des dant ses ailes vers le midi. L’aigle à votre plaisirs du monde, acquérant la force du vol spirituel. Sa de- commandement s’élèvera-t-il en haut, et fera- sicutaagitlœ in pharotras. Diverses noquîtias aatollitiun ejus dicit, quîbus ipse oxercitum Christi aliqnando aggreditur. terrenos in vibrabit hasta et clypeus. Fervens et fremens opère suo. Prædicationes audire non ti- sorbet terrain, nec reputat tubæ sonare clan- raet. Quando adversarius audierit adhortanteni commilitones siios. Doelorom Ecclcsiœ, dicit : Yah ; quis contra me apcondat ? boe est, ut audeat contra me pugnare. De longe gorem. Ubi audierit buccinam, dicet : Vah. Pro- senlit eos, qui diversis hortatioaibus se invicem contra diubohmi aemmt, cul odoratur bellum, exhortationem dacum, et quod significat ululatus exorcitus. boptismi banis ornabitur, quia nunc ululatum exercitus. Numquid per sapientiam populum Clu'istianum significat, spirîtalem ascenaionein in fervorom tuam plumescit accipiter, expandens alas suas charitatis. de infimis mundi illecobris, tune furtis in spiritali volatu. ad austrum; aut ad præceptum tuum elevabitur in meritis bonis mamionern sueni. In for- aquila? et in arduis ponet nidum suum? In pe- tibus f'indatnenlis blasphemi intelligunlur, qnisiint niminm duri corde. tris manet, et in prœruptis silicibus commora- in cordibus poccatomm lioininum. Per peccatores alios tur, atque inaccessis rupibus. Inde contempla- SAINT JÉROME. 484 meure dans les bonnes œuvres. Le t-il son nid dans les lieux les plus élevés? 11 diable dans le cœur des pécheurs, pierres, montagnes ol roehets désignant les blasphémateurs, dont les cœurs demeure dans des montagnes escarpées et sont de la dureté. Au moyen des dans des rochers inaccessibles. Il cherche de pécheurs, il trompe d’autres âmes. Le regard de l'ennemi des âmes estper- là sa proie, et ses yeux perçants découvrent çant et voit de loin. Les compagnons du diahlo sucent le sang des hommes en ce qu’ils sont dévorés par la soifiuex- Linguible de l'envie. Le diable et de loin. Ses petits sucent le sang, et en quel- ses adeptes, dés qu’ils reconnaissent le péché, y sen- que lieu que paraisse un corps mort, il fond tent.les exhalaisons d’une âme morte, dessus. Le Seigneur parla de nouveau à Job, On voit ici que Job, plein de confiance et lui dit : Celui qui dispute contre Dieu, sc dans sa bonne conscience, a prononcé contre Dieu des réduit-il si facilement au silence? Certain e- paroles quelque peu téméraires ; mais il n’a pas oepen- ment quiconque reprend Dieu, doit lui rô¬ dant blasphémé Dieu, comme quelques-uns le pensent. Le saint hommo Job, reconnaissant qu’il a pondre. Job répondit au Seigneur : Puisque parlé avec légèreté et sans réflexion, dit qu’il ne peut j’ai parlé avec trop de légèreté, comment rien répondre à Dieu. Je n’ai qu'à réparer par queb pourrais-je répondre? Je n’ai qu’à mettre ma decipit. ndeersarii mentis intuitus snbtili intentione long» prospicit. tur escam, et de longe oculi ejus prospiciunt : soeiî diaboli lirn-e invûditc sitb otos sangninem hominum lambuot. Diabolus, et soeii pulli ejus lambunt sanguinem, et ubicumque ejns, ubi peceatnm agnoscunt, fœtorem animte seiunt. cadaver fuerit, statim adest. Et adjecit Dominus, Hie apparct, quod contra Domn quadam et 1 o eut us est Job : Numquid qui con tendit cum piœsumptionis amlacia ox lidueia bous* conscient!® sit looutns, non Deo, tam facile conquiescit? U tique qui arguit tamen bluspliemavorit Demn, aient quilmsddm videtur. Deum, debet respondere ei. Hespondens autem Boatns Job agnoseens se Inviter et non Job Domino clicit : Qui leviter locutus sum, res- conaummate lociitnm, dicit omnino se Doo. non pos?e respondere. Virtnte boni operis tegereculpam pondéré quid possum? Manum meam ponam incante loeutionis. l)no ilia verba. v Ae si dicat : Rectum esse œstimo, qiue ait : a Anima mea elegit suwpendium, et mortein ossa mea. » Et : « Si fla¬ gellât occidat semel, et non de pmnis innoeentum rideat. » qnidem mo inter boniines super os meum : nnuno. locutus sum, quod que. bonne œuvre la faute de mon langage téméraire. Je pense que ces deux témérités de langage sont : « Mon âme a choisi la pendaison et la mort pour mes os;» et : « S’il me frappe, qu’il mo donna la mort une bonne fois, eL qu’il ne se rie pas des tourments des innocents. » main sur ma bouche. J’ai dit une chose que C’est comme s’il disait : Je me croyais juste parmi les je souhaiterais n'avoir point dite .; et une autre hommes ; mais, quand vous avez parlé, j’ai trouvé que j’étais coupable avant mes épreuves et rebelle pendant nies afflictions. Je n’ai donc plus rieu à dire, parce que plus je pénètre le sens profond de vos paroles, plus je me juge digne d’humiliation, encore, et je n'y ajouterai rien davantage. CHAPITRE XL. Avec la vivacité de Le Seigneur parlant à Job du milieu d’un la réprimande. A quiconque parle avec Dieu, tourbillon, lui dit ; Ceignez vos reins comme il est ordonné d’abord de ceindre ses reins de charité. Les Saintes Ecritures nous expliquent en bien des en- un homme; je vous interrogerai, répondez- droits comment Dieu parle aux hommes. Quiconque s’efforce de se défendre lui-même contre les corrections de Dieu, s’efforce de supprimer le jugement de Dieu qui corrige. ou bien interprétez ainsi : moi. Est-ce que vous prétendez détruire l’é- credidi, sed te loqnente, et ante flagella -pramm, et post flagella me rigidum inveni; quibus ultra non addo, quia nunc quooto te âubtüiu* utinam non dixissem; et alterum, quibus ultra Joquentetn intelligo, tanlo memetipsiiDi humilius invesligo. nihil addam. CÀPUT XL. de incropatioai» Hespondens autem Dominus Job de turbine, impetu. Omnis, qui cum Deo loqnitnr, liimbos prius clmrïtito jubotur accingero. Quomodo dixit : Accinge sicut vir lumbos tuos; interro- I)eii8 liominibns inqnalur, mnltis signifientionibus divin® Litteroa nobis indioant. Quisquis contra flagella semelip* gabo te, et indica mihi. Numquid irritum faciès sum defendero nititur, flagellante judicium evaeuare conalur. Aut ila intel ige : Tua quidem bene acta judicium meum ; et condemnabis me, ut tu jus- coneiderns, sed mea occulta judicia ignoras ; bî ex tuis merifis contra mon flagolla disputas, quid.nliud quam me de injuslitia addicere, te justifleando featinas? Àc si diceret : Si quid pôles, ipsos deemonea, quorum tificeris? Et si habes brachium sicut Deus, et si 48o EXPOSITION INTERLINEAIRE ÜU LEVRE DE JOB. Vous considérez vos bonnes œuvres, mais vous ignorez rues jugements cochés ; si vous disputez contre mes corrections d'après vos mérites, que faites-vous autre chose que vous hâter de m’accuser d’injustice en vous quité de mes jugements, et me condamner justifiant? Comme s’il moi-même pour vous justifier? Avez-vous disait : Si vous pouvez quelque chose, combattez et dispersez les démons mêmes, qui vous accablent de comme Dieu un bras tout-puissant, et votre tribulations. Par le mot voix tonne-t-clle. comme la sienne? Revêtez- bras Dieu fait entendre sa puissance, et par le mot voixy la crainte que doit inspirer sa majesté. Non pas que Job soit assez orgueilleux pour s’ériger vous d’éclat et de beauté, montez sur un trône contre Dieu, il n’en avait même pas la pensée, mais élevé, soyez plein de gloire, et parez-vous Dieu le reprend et voici le sens de ses paroles : Voua des vêtements les plus magnifiques. Dissipez ne devriez même pas, à vrai dire, contester ainsi avec Dieu, alors même que vous auriez une force égale à la les superbes dans votre fureur, et humiliez sienne. Précipi- les insolents par un seul de vos regards. Jetez tez dans le gouffre de l’enfer les âmes des superbes et les yeux sur tous les orgueilleux, et confon¬ des arrogants avec tous leurs vains projets. Autant il est impossible qu’étant homme, dez-les. Brisez et foulez aux pieds les impies voua ayez cette puissance, autant il est insensé que dans le lieu même où ils s’élèvent. Cachez- vous parliez comme d’égal à égal contre Dieu, de qui les tous ensemble dans la poussière, enseve- tribulationibus contereris, expugna atque disperge. In bracliio, potentinm divinam; in voce voce simili tonas? Circumda tibi decorem, et in terrorem mujostatis suœ Dons signiGcat-, non qnod beatus Job ila ela- sublime erigere. Et esto gloriosus, et speciosis tu a oit, ut se erigere contra Detim, vel cogitation© conciperet, sed in- crepantis Dei verba talia sunt : Kec si contra Doum velut ex eequo con- induere vestibus. Disperge furore tuo, et respi- tendere deberea, ai tibi esset fortitodo ut Dco. Supeibo- ciens omnem arrogantem humilia. Respicc rtira «t arrogantimn animas cmn inlelioctibmj Buis 'in foveam iufenii demergo. Quam împossi- cunctos superbos, et confunde eos. Et conterc bile est, ut liœc liomo babeas, tain sinltuin ost, ut quasi «x æquali impios in loco suo, et absconde eos in pulvere contra Deum loquaria, a quo humiliter sporaro misericordiam :âobeu, simul, et faciès eorum demerge in foveam. Et ut ejus dextera, id eat, virtuto contra eos, qnoa dixi, superbos et ar- ego confitebor quod salvare te possit dextera rogantea impioeque salveris. Diabolus ita factus est damnatus, ut qui prins in inter! tu roui- tua. Ecce Behemoth, quem feci tecum, fenum vous devez humblement attendre miséricorde, afin que lissez leurs visages, et les jetez au fond de sa droite, c’est-à-dire, sa force vous protège contre les la terre ; et alors je confesserai que votre arrogants et les superbes dont je viens de parler. Le Diable droite a le pouvoir de vous sauver. Consi- a éprouvé un tel dommage, que lui qui s’était anté¬ rieurement réjoui delà perte de plusieurs, maintenant dérez Béhémoth que j'ai créé avec vous ; il malgré lui vit apprivoisé avec vous comme un bœuf. La puissance du Diable sur le genre humain vient surtout de la mangera le foin comme un bœuf. Sa force luxure des hommes. ïl prévaut sur les femmes, est dans ses reins, sa vertu est dans le nom- U consommera la ruine du bril de son ventre. Sa queue se serre et s’é¬ monde par la dureté de l’orgueil et du désespoir. Ces nerfs indiquent la te- lève comme un cèdre; les nerfs de cette par- nacité multiforme des désirs et des plaisirs impurs, tie qui sert h la conservation de l’espèce sont La dureté et la méchan- entrelacésl’undans l’autre. Ses ossontcomme coté inflexible du diable. Il faut entendre ici que le des tuyauxd’ airain, ses cartilages sont comme diable ne s’humiliera jamais devant Dieu par le repen¬ tir. Parce qu’il occupait le premier des lames de fer. Il est le commencement rang parmi les créatures de Dieu pour l’accomplisse¬ ment do ses volontés. C’est-à-dire, il sera lui-même des voies de Dieu ; celui qui l’a fait, appliquera torum gavisus est, nuno invitus mansueto tecum vi vit quasi bos. Unde poteBtae di.iboli io hurnaoo go- quasi bos comedet. Fortitudo ejus in lumbis nere maxime per luxuriam virifl. prævslet. millier! bus. ejus, et virtus illius in umbilico ventris ejus. Novjssirna in duritia superhite et deap^rutionia concludet. Vincula Constringit caudam suam quasi cedros. Nervi illicitarum cupiditutum et libidinum multiformem teoacitatem si gui G-’ caut. ' Duritia et inflexibiiis testiculôrum ejus perplexi sunt. Ossa ejus velut ejus maiitia. Hio intelligitur quod ininquaiti se diabnlus per pw- fistula æris ; cartilago ipsius quasi laininæ fer- uiteotiaui Deo eît hnrniliatiiriis. Qna iu præceptis ejus inter weteras creaturu3 Dei priants lia- bebHtm-. id ost, nt walo quo reæ. Ipse principium viarum Dei; qui fecit eum, alios interomit, ipse puuiatur, id est, Bebeinoth, per aùiinadveri'i'mem judieia. Jucunditatom volnpiatum temporal iuiu applicabit gladium ejus. Huic super montes olfernut ei carnales. socii ejus, mnndi illocebris deleciaii. In sunvi- berbas ferunt; onmes bestiæ agri ludent ibi. 48 G SAINT JÉROME. puni par le mal au moyen duquel il donne la mort aux auLres ; c’est-à-dire, Béhémoth subira la réprobation du jugemeut. Les choses de la chair lui el conduira son épée. Les montagnes lui pro¬ procurent la jouissance des voluptés temporelles. Ses compagnons, délectés duisent des herbages; c’est là que toutes les par les plaisirs du inonde. Dans les bêtes des champs viendront se jouer. Il dort délices des pensées corporelles, et c’est pourquoi ils sous l'ombre dans le secret des roseaux et sont stériles. Les hommes comme imprégnés de voluptés de toutes sortes. C'est-à-dire ses péchés dans les lieux humides. Ses ombres couvrent excusent ceux des autres. Le diable est environné par les hommes l’ombre ; les saules du torrent l’environ- pleins des épines des péchés, et dans leurs paroles comme dans un feuillage offrant l’apparence men¬ songère des fruits des honnes œuvres. Il parle des Gentils, et à bon droit, parce qu’ils nent. Il absorbera le fleuve, et il n’en sera sont sans baptême. Il a l’assurance qu’ils seront lavésdans point étonné; il se promet même que le Jour- la piscine de la rénovation. Dieu dain viendra couler dans sa gueule. On le parle maintenant de son divin Fils, parce que Jésus- prendra par les yeux comme un poisson se Christ paraissait un homme ordinaire aux yeux du Diable. Les pieux sont les Saints; en prend à l’amorce, et. on lui percera les na¬ tale corporalmm cogilalioninn, et iileo sont iulructuosi. Iiomines Sub timbra dormit in secreto calami, et locis omnimodia volnplatibus illiniii. IIû'i est, pcccatis suis alioniai peccata défendit. humentibus. Protegunt timbras umbræ ejus. Diaboluui Loin nies pleni sentibus peccntoriuu, Terbia quoqno tnmqnam foliU.:fnictii9 boiioriim opormn mentientes. Gentilitatcm dixit, Circumdabunt eum salices torrentis. Ecce absor- et ïuerito, quia sine baptisnio sunt. lu eos quoque confi- bebitfluvium, et non mirabitur; habet fiduciam dentiam habet, qui lav&cro reaovationis loti suut. Nunc Devis de Filio quod influât Jordanis in os ejus. In oculis quasi dixit, qiiia îd oculis velut homo diabolo Cbristus videbatur. In Saoctiè, qui Cmcem, por quam victus hànro capiet eum , et in sudibüs perforabit nares est liostis, iudueinenter portant, discretionera culliditatis éjus pordidit. Hô6 est Siônt 'pisois Leviathan, qui in aquis dicilur tisse, ex- traliî non po'tèstj sic diabolos a pclago liumaüi genuria tua virtute non eradicabitur. Dislrictioné ejus. An extraheré poteris Leviathan lianto, et divinœ incrcpatioDis, ejus arcobis doctrinam? Circuli, capietri, forcipis, et fune ligabis linguam ejus? Numquid pones cir¬ eux, qui portent sans cesse la croix, instrument de la victoire contre l’ennemi, Dieu a confondu toutes les ruses du Diable. C’est-à-dire, de même rines avec des pieux. Fourrez-vous enlever que le poisson Léviathan, qu’on diL être dans les eaux, n'en peut être arraché ; de même ce n’est pas votre force Léviathan avec l’hameçon, et lui lier lalangue qui arrachera le Diable de la mer du genre humain. Bepousserez-vous sa doctrine avec l’énergie de le ré¬ pression divine ? Les mots cercle, muselière, te- avec une corde? Lui mettrez-vous un cercle, nailles, anneau indiquent les réprimandes divines, par au nez, et lui percerez-vous la mâchoire avec lesquelles l’orgueilleux est humilié et contraint. Parce qu’ilse soumet à Dieu seul, dont un anneau? Le récluirez-vous à vous faire il sait qu’il est la créature; et que les remords et les terreurs de sa conscience assujettissent à Dieu seul d’instantes prières, et à vous dire des paroles son esprit superbe. En effet, il ne fait jamais volontairement un tel pacte, mais il obéit en cela à l’ordre de la di¬ vine puissance. Parce douces ? Fera-t-il un pacte avec vous, ét le qu’il ne doit jamais plus recouvrer sa dignité d’Ange, recevrez-vous comme un esclave éternel? La force de ce dragon sera tellement humiliée devant Vous jouerez-vous de lui comme d’un oiseau, Dieu, qu’elle sera réduite à rien, et servira de jouet aux et le lierez-vous pour servir de jouet à vos âmes saintes, qui sont les servantes de Jésus-Christ. Los Apôtres et les prédicateurs de la vé- servantes ? Ferez-vous que vos amis le cou- anuillee nomlnibus, intelligunUu' scrmoncs divincc polenliæ, quibns su- culum in naribus ejus, et armilla perforabis perbua hiimiliatua est atque aMrictua. Quia soli Deo, enjus se creaturam esse co¬ in axillam ejus? Numquid multiplicabit ad te gnoscit, GubdiUir ; aique ei tantum ipsa con&cieutia pavens auimua ejus auperbus addicitur. Uoo enim Diilla voluntate preces, aut loquetur tibi mollia? Numquid feriet facit, aed divinœ potustutis imperio. quod Angelioam diguitatem nunquam ait rcoepturns. tecum pactuni, et accipies eum servum sempi- ln tantum Doo himiilhibitm' dracouis istius fortitudo, ut ternum? Numquid illudes ei quasi avi, autliga- onmino pn> nihilo erit, et ah auiiuabus sanetis dchidetur, quro aunt an- cillœ Chri$ti. Apostoli, ot oum'es praç- bis ilium eum ancillis tuis? Concident eum dicatoi-ea veritatia, quia ipsi imilioa a diabolo dividuut. Hoc est : Mi- amici? divident ilium negotiatores? Numquid nislri ejus, qui ei, quasi pellia carni, adhrorcnl, non facile aepuranlur aim doctiina. Caput diaboli mundi prin- implebis sagenas pelle ejus, et gurgustium pis- . EXPOSITION INTERLINÉAIRE DU LIVNE DÉ JOB. rité, parce qu’ils séparent beaucoup d’âmes d’avec le pent par pièces, et que ceux qui trafiquent le Diable. C’est-à-dire, ses adeptes, divisent par morceaux? Remplirez-vous de qui adhèrent à lui comme la peau à la chair, ne sont pas facilement séparés de sa doctrine. La tête du Dia¬ ble, ce sont les princes du monde, qui seront enfer¬ més dans le filet de l’Eglise, comme dans un réservoir sa peau les filets des pêcheurs, et de sa tête de poissons. Vous ne le dompterez le réservoir des poissons? Mettez la main sur point par vos propres forces, parce que c’est un grand et puissant dragon. C’est-à-dire, de la tribulation; elle nous vient lui : souvenez-vous de la guerre, et ne parlez par lui, et ne doit pas nous induire au mal. Parce qu’il se promet plus qu’il ne peut plus.. Il se verra enfin trompé clans ses espé- faire. H sera précipité dans les châtiments à la vue rances, et il sera précipité h la vue de tout le des Anges et de tous les Suints, monde. CHAPITRE XLI. Dieu n’a point suscité cet ennemi à l’homme par un Je ne le susciterai point par un effet de effet de cruauté et comme avec le désir de le punir. Que toute créature cède au seul aspect de la cruauté, car qui est-ce qui peut résister à majesté divine. En ces mots Dieu montre qu’il a seul existé de tout temps. mon visage? Qui m’a donné le premier, afin eipos, qui intra septum Ecdesiœ concludentur, relut intra raceptacu- lum piscium. Tua virilité nou eum dornas, quia cium capite illius pones super eurn manuni magnus, et poteus est draco. Hoc est tribnlationis, quæ tili ab eo evenit, noquuquam to tuam? Memento belli, nec ultra addas loqui. modo in pejus deturbat. Dum plnra sibi promitlit qiiam valcat pci licore. Augelis et Suuetis Ecce ejus spes frustrabitur eum; et videntibus omnibus aspicienlibus in pœnas detrudetm'. cunctis præcipitabitur. CAPUT XLI. Inimicnm nou ut crudolis suscitnvit Deus, qui eum quusi pumre Numquid non quasi crudelis suscitabo eum? douidei'et, Suli aspectui majostaiis L)ei ornais crentura codât. In bis vertus Quis resistere potest vullui meo? Quis ante Dous solus sotnper fuisse monstralur. mani- dedit mihi ut reddam ei. Omnia quæ sub cœlo festurn est. Quia diabolos lieet servus nequam sunt mea sunt. Non paveam ei verbis po- 487 que je lui rende ce qui lui est dû? Tout ce Vérité évidente. Parce que le Dia- qui est sous le ciel est h moi. Je ne l’épar- ble, quoique esclave pervers, est cependant plein de gnerai point, je ne me laisserai point fléchir crainte pour son Créateur. ni h la force de ses paroles ni à ses prières Ses artifices et ses ruses, les plus touchantes. Qui découvrira la super- puisqu’il se montre parfois sous la figure d’un Ange. Qui, autre que Jésus-Christ, ficie de son vêtement, eL qui entrera dans le est entré dans l’enfer pour eu ramener les captifs? Il faut entendre la force ca- milieu de sa gueule? Qui ouvrira l’entrée de chée de son hypocrisie. La terreur et la crainte est autour, sa mâchoire? La terreur habite autour de parce qu’il est toujours prêt à dévorer. Les hérétiques, qui sont son corps, sont; ses dents. Son corps est semblable à des comme fusibles, parce qu’ils s’aiment plus que le corps boucliers d’airain fondu ; il est couvert d’é- de Jésus-Christ, et sont liés au Diable par une indis- cailles qui se serrent et se pressent. L’une soluble connexiou. Les écailles les désignent aussi al- est jointe à l’autre sans que le moindre souffle légoriquement ; elles se serrent tellement et adhèrent passe entre les deux. Elles s’attachent ensem- si bien l’une à l’autre, que les hérétiques, au milieu de leurs mauvaises œuvres incessantes, ne trouvent ble, elles s’entrecroisent sans que jàmais elles sit, tameu tremens suum serilist Craatorein. Yersu- tentibus, et ad deprecandum compositis. Quis lias ealliditatis ejus, qma nliquando se Angelnm os tondit. Quis in iu- revelabit faciem indumenti ejus? et in medium fernuin inlravil, ut inde caplivos redueeret, nisi Cliristus ? Abditam fort itudi nom bypocriaeos oris ejus quis intrabit? Portas vultus ejus quis ejus voit intelligi. Ideo fonnido et tremor iu circuitu, quouiam semper tid devoraudum parutus est, Hære- aperiet? Per gyrum dentium ejus formido. Cor- tici, qui corpus illius smit, idcirco quasi fusibiles, quouiam plus eo di- pus illius quasi scuta fusilia, et compactum ligunt quain corpus CUristi, ot indissouiubili ooiiuexiono diabolo copulati squamis se prementibus. Una uni conjungitur, sunt j quos etiam snb allogoiica dictîooe, squamarum nornïno appel- et ne respiraculum quidem inceclit per eas. Una larit, quæ itS dsosutœ sunt, et sibi iavicom adhcercntoB, ut nullmu alteri adhærebit, et tenentes senequaquam sepa- illîs per îüdesiuehtcs neqnitîas spatium sit reispirandi ad Denm. Qnæ sorties cerebri purgat, significat quod ille in sordi- bus habita»», iode splcndorom simulati luminis ostendit. falsi Pro- rabuntur. Sternutatio ejus splendor ignis, et oculi SAINT JEROME. 488 aucun intervalle pour respirer l’air de Dieu. L’éteruuement expulse les immondices se séparent. Lorsqu'il éternue, il jette des du cerveau. Le diable, qui habite dans les immondices, en fait sortir comme l’éclat d’une fausse lumière. Les faux Prophètes, comme s’ils éclats de feu, et ses yeux étincellent comme étaient doués de la lumière de la science, prennent le masque du juste et de l’homme de lumière. Tous les impies la lumière du point du jour. 11 sort de sa et les blasphémateurs se vantent d'être les lampes de la vraie lumière; mais la colère divine les frappe, et gueule des lampes qui brillent comme des ils brûlent en vain. Des conceptions de son intelli- torches ardentes. Une fumée se répand de gence. C’est l’aveuglement de l’intelligence. Par leurs ses narines comme d'un pot qui bout sur un ruses, ils se préparent le châtiment étemel. La fumée de ses narines et le feu de son haleine, parce qu’il entretient pour lui et ses suppôts le feu éternel* et sa fumée. La brasier. Son haleine allume des charbons, et malice et la colère de ses prédicateurs. On ne peut la flamme sort du fond de sa gueule. La force couvrir la rumeur de son arrogance. Parce que partout où il vient, est dans son cou, et la famine marche de- Pantique ennemi amène avec lui la disette de la vie éternelle. Ses sectateurs, parce qu’ils l’imitent dans vunt lui. Les membres de son corps sont liés les oeuvres charnelles. Dieu enverra les tribula- les uns avec les autres ; les foudres tomberont plietæ quasi lace acientiæ prœditi, so simulant justos cl iliuminatos. impii omneü et ejus ut palpebræ diluculi. Et de orc illius lam- biasphcmi osiendunt se lampadns veri luminis, sed in severitutom veisi iuaniter flagrant . Do pades procedunt, sicut tædæ ignis accensæ. De discretione intelligentim ejus. caligo iotclligentire hoc est : lu tali cal- naribus ejus pvocedit fumus, sicut ollæ accensæ liditate eeternam pccuam præparaut. Fumns e naribus ex balitu ejus ignem æternum ot fumuni subminis trct. atque ferventis. Halitus ejus prunas ardere facit, Malitia iracundia1. de prædicatoribua ejus. In rnmore nrro- et fia m ma de ore ejus egreditur. In collo ejus gautiæ suee iuexsuperabilis. quia ubicumque hostîs autiquus veaerit, morabitur lortitudo, et faciem præcedit egestas. egestatem advebît vitæ œterneo, Sequaces sui, quoniam in caruibus eum sequnntur. Deus tribulatio- Membra carnium ejus cohærentia sibi : mittet nés ûüDtra diaboluin. nisi ad locum sibi destination, nec se ab eis contra eum fulmina, et ad locum alium non diabolus gloriatm* impunitum, Incudo ceaditur, sed non producitur, snpeijecta edo- ferientur. .Cor ejus indu rabitur quasi lapis, et tions contre le Diable. Elles atteindront toujours leur but, et le Diable sur lui sans qu'elles frappent en un autre môme ue se vante pas de pouvoir éviter leur châtiment. On frappe l’enclume, mais elle ne s'étend pus ; lieu. Son cœur s’endurcira comme la pierre, elle dompte le fer qu’on met dessus, et demeure elle- même sans changement. Ainsi le Diable est frappé par les réprimandes des fidèles, mais il reste rigide et dur, et se resserrera comme l'enclume sur laquelle étant réservé pour les châtiments éternels. Cela peut s’entendre de la pre- on bat sans cesse. Lorsqu’il sera élevé, les mière époque du temps, parce que, les mauvais Anges tombant, les bons restèrent debout, affermis et 11e ro- anges craindront, et dans leur frayeur ils se doutant plus la chute. D’autres ont dit plus clairement : a Si purifieront. Si l'on veut le percer de l’épée, ni les lances l’attaquent, elles ne lui feront rien, » c’est- à-dire, nul ne peut être corrigé de sos erreurs et sous- l’épée, ni les dards, ni les cuirasses, ne pour- trait à sa honte. Il méprisera, la force ront subsister devant lui. Car il méprisera le des saints comme la paille d’un fumier, en sorte que son orgueil lu lui fera regarder comme n'étant rien. La vertu des élus. fer comme de la paille, et l’airain comme un Les paroles des Saints ne sauraient bois pourri. L’archer le plus adroit ne le met- amener le Diable au repentir. Les flèches des Saints sont pour lui de la paille, parce qu’il méprise leurs pa- tra point en fuite; les pierres de la fronde mat, et ip$a immobilis stat : ita diabolus fideliuru increpationibus tuu- rtitur, eed manens rigidus et durus, œterois addictua est pceuis. Hoc de primo seeculi stringetur quasi malleatoris incus. Cum sublatus exordio arcipi potest, quia malia cadentibua, boni persifleront, finuali fuerit, timebunt Angeli, et territi purgabuntur. et nunqnam lapsum timentes. À lii muni festin b dixerunt: «Si occurrerunt ei lanceæ, nihil oi faciout,» Cum apprehenderit eum gladius, subsistere non id est, nullus crroiibus et incicpationibuB emendari potest. Fortitiidinem poterit, neque hasta, neque thorax. Heputabit Sanctormn tumqnani palearuin purgamenta bubobit, lit pro superbia enim ferrum quasi paleas, et -quasi lignum putri- ejus bœc omnia pro nibilo peodat. Virtutem electorum quasi liguum putridum æstimabit- dum æs. Non fugabiteumvirsagittarius; in stipu- Seriuonibus Sauctorum non compungitur diabolus ad pceait .ntiam. Ja- cula Saoctorum sibi in stipulam convertit, dum oorum verba pro nt- bilo ducit, superbia in tantum erectus. Hoc totum Deus de lam versi sunt ei lapides fundæ. Quasi stipulam diabolo diversis modia et similfludinibus ideo dicit, ut demonstret lio- æstimabit malleum, et deridebit vibrantem has- EXPOSITION INTERLINEAIRE RU LIVRE RE JOB. rôles, et ne se complaît que dans son orgueil. Dieu dit du Dia- sont pour lui de la paille sèche. Le marteau Me toutes ces choses en comparaisons diverses, pour iuoutrer aux hommes combien il est méchant et puis- ii'esl encore pour lui qu'une paille légère, et sant. Parce il se rira des dards lancés contre lui. Les qu’il entraîna aVec lui une partie des Anges. 11 marche rayons du soleil seront sous lui, et il mar- sur les Saints comme sur la boue, quand il se los as¬ sujettit dans les immondices des péchés. 11 fait chera sur l’or comme sur la boue. 11 fera bouillir pour l’iniquité ce siècle, qui est comparé au bouillir le fond de la mer comme l’eau d’un fond de la mer. Le Diable allume en ses adeptes le feu de la con- pot, et il la fera paraître comme un vaisseau cupiscence charnelle, pour qu’ils brûlent de l’amour plein d’onguents qui s'élèvent par l'ardeur du des choses de la terre. Parce que, à la fin des temps, il comprendra qu’il a besoin de*la pénitence, qu’il ne pourra jamais faire. Il croit feu. Lalumière brillera sur ses traces, il verra que le monde doit toujours demeurer dans le péché, ne s’attendant pas à le voir converti par Jésus-Christ. Parce qu’aucune blanchir l’abîme après lui. Il n’y a point de créaturo n’a ni autant de puissance, ni autant de ma¬ lice, ni autant de corruption. Son cœur n'est pas moins dur que lorsque, primitivement, il était au-des- puissance sur terre qui puisse lui être com- m initia# quantum malus ait, et quant polcns. Quia parlem Angelornm soutim haxit. Sanetos sibi stormt tam. Sub ipso erunt radii solis ; sternit sibi au- quasi latum, cum eos tibi subdilos facit in sordîbus peccatonim. Hoc sæculum, quod maris profundo eom- rum quasi lut uni. Fervescere faciet quasi ollam paratur, forveseere faut nd iniqnitutem. Diabolos silos sequaces carnali concupis. profundum maris, et ponet quasi cum unguenta ceutia accendit, ut ferveant ad amanda terrena, Quin in fine intelliget sa egoro pamit-entia, qnam mm- qiiam adipiscctnr. Mundum crédit ebulliunt. Post eum lucebit semita; æslimabit in peccatis somper mansm um, non attendons post Cluistuni couversum, quia nulla erealura in abyssum quasi senescentem; non est super potestati ta lia est, nec muliiia et uequitia. sîu in duritia est cor terrain potes tas quæ comparetur ei : qui factus ' ejus, dum primo omnes præcellebat. lu sublime atqne in excelsum est ut nullum timeret. Omne sublime videt, et erigitur. Caput et priucops omnium euperbonmi, Augeli ejus et Iiomi- ues impii faeti sunl Glii suporbirc ejus, imilanto# eum. ipse est rex super universos iilios superbiæ. -489 sus de tous les autres. parée, puisqu'il a été créé pour ne rien crain- Son orgueil est le plus grand de tous. Il est le dre. Il ne voit rien que de haut et de sublime, chef et le roi de tous les orgueilleux. Les auges et les c’est lui qiii est le roi de tous les enfants d’or- impies qui l’imitent sont devenus les fils de son orgueil, gueil. CHAPITRE XLIL Vous hu- Job répondit au Seigneur et lui dit : Je sais miliez le Diable quand et comme vous voulez. Job repentant que vous pouvez toutes choses, et qu’il n’y a confesse ses pensées à Dieu. Nul ne point de pensée qui vous soit cachée. Qui est peut vous cacher ses desseins que vous connaissez celui-là qui cache les desseins de Dieu sous comme lui. Dans des paroles dont il n’a pas ! intelligence ? C’est ce qui suit il proclame son erreur et avoue son irré- pourquoi j’avoue que j’aiparlé indiscrètement, flexion, en quoi sans le savoir il a excédé la mesure qu’il faut garder en parlant à Dieu. La réprimande de Dieu lui a ouvert les yeux et l’a conduit à s’arnen- et de choses qui surpassaient sans compa- der. A la suite raison toute la lumière do ma science. Ecou- des reproches de Dieu et après avoir abjuré son er- tez-moi, et je parlerai ; je vous interrogerai, CAPUT XLII. Diabolum Respondens autem Job Domino, dixit : Scio humilias quomndo vis, et quanto vis. B. Job pœuiten# Deo cogiiatione# quia omnia potes, et nulla te latet cogitatio. suas co n G te tu r. Ncmo potest consilium a conscieutia tua abecondere. Quis est qui celât consilium absque scientia? Jam io eubsequeuûbus errorum smioi manifestavit, et iusipieutiam con- filotur, per quam iguorans ad Deum Loquendi modum ûxceeserit, et Ideoinsipienterlocutus sum, et quæ ultra modum por nolitiam iucrepationis diviuœ ad emeudationem ereetii# est. Post iocrepationem Domini, excederent scientiam meam. Audi, et ego loqùar ; doposita in&ipieutia, audet interrogare. Post tenUtionis pro- interrogabo te, et ostende mihi. Auditu auris bationem proxitnior factus divinœ cogoitioui, jam dicit so Deum videre, quein antequam examinai-etur, audite, id est cordis. id est, mentis, se dixit. Quia audivi te; nunc autem oculus meus videt te : Id- quaiito quis propinquius Deum iatelligit, taato liumiiior efTicitur. Sive circo ipse me reprehendo, et ago pœnitentiaui in SAINT JÉROME. 4!>0 rcur, il ose interroger. L’épreuye de la ten- répondez-moi, je Vous prie. J’avais seulement talion l’a rapproché plus qu’il n’était de la connais¬ sance de Dieu, et maintenant il dit qu’il voit droit, entendu parler de vous; mais je vous vois tandis qu’auparavant il l’avait entendu sans le voir. Son cœur lui avait parlé de Dieu ; l'œil de l’intelli¬ gence le lui montre à présent. Parce qu’on homme devient de mes propres yeux. C’estpourquoi je m'ac- d’autant plus humble, qu’il comprend qu’il est plus près de Dieu. D’autres lisent : « C’est pourquoi je me suis méprisé moi-même, et je me suis regardé comme cuse moi:même, et je fais pénitence dans la terre et cendre. » Ici apparaît que poussière et dans la cendre. Le Seigneur les amis de Job lui avaient injustement fait injure, ayant parlé à Job de cette sorte, dit à Eliphaz Il reprend sévèrement ces amis selon de Thérnan : Ma fureur s’est allumée contre sa justice, et il les change par sa miséricorde. Nous vous et contre vos deux amis, parce que vous voyons Iîl qu’il ne convient à personne d’accuser avec n'avez point parlé devant moi dans la droi- aigreur celui que Dieu frappe de sa correction. En ture de la vérité comme mon serviteur Job. appelant Job son serviteur, Dieu montre que ce que Prenez donc sept taureaux et sept béliers, et. le saint homme avait dit pour sa défense ne procédait pas d’un orgueil sans frein, mais était conforme à allez à mon serviteur Job, et offrez-les pour l’humilité. Paroles qui montrent que vous en holocauste. Job mon serviteur priera utalii dixorunt : « Ideo despexi meinotipsura, et œstimavi me torruin et cinerom^ * Hic demonstratur, quod amici Job injuriam nou re' le favilla et cinere. Postquam autem locutus est locuti fnerunt contra eum. Dominus verba hæc ad Job, dixit ad Eliphaz Amicos ejns per justitiam districtu rednrguit, et Themaniten : Jratus est furor meus in te, et in per misericordiam bonigue convertit. Hic intelligimus, qnod nulli duos amicos tuos; quoniam non estis locuti co- expedit cnm insnltatione nrguore ia Doi castigationo coiisiitntnni. ram me rectum, sicut servus meus Job. Sumite Dum oum servuin oppcIUt, ostendit qnod cnncta, quœ iu defmisiorie ergo vobis septem tauros, et scptem arietes, et sua dixorat, non coutmnaci superbia, sed bumilitaie dixit. ite ad servuin meorn Job, et offerte liolocaus- Hic osleudilur, quod peccatum illud exprobra- tum pro vobis, Job autem servus meus orabit tioni ois reinitti non posait ui-i ipae bcatua Job Dominuoi pro illis ora- pro vobis. Faciem ejus suscipiam, ut non vobis verit, et hoiocauslum piopilialiouis ubtuleiit. imputetur stultitia; neque enim locuti estis ad me rectum, sicut servus meus Job. Abierunt le péché de la médisance ne peut leur être remis, à pour vous, je le regarderai et l’écouterai fa- moins que le bienheureux Job lui-même prie le Sei- vorablement, afin que cette imprudence ne gneur pour eux et n’offre un sacrifice de propitiation, vous soitpoint imputée, parce que vous n’avéz point parlé dans la droiture de la vérité comme mon serviteur Job. Eliphaz de Thé- man, Baldacl deSuth et Sophar deNaamath, s’en allèrent donc, et firent ce que le Seigneur Le Seigneur écouta Job, parce que leur avait dit; et le Seigneur écouta Job en quiconque s'efforce d’intercéder pour le prochain, ob-, tient pour lui-même le suffrage de la charité auprès de Dieu. On le voit, Job repentant pour lui- lcur faveur. Le Seigneur aussi se laissa fïé- même mérita d’être exaucé d’autant plus vite, qu’il chir à la pénitence de Job, lorsqu’il priait avait charitablement intercédé pour les autres. Ses biens furent doublés au moyen pour ses amis, et il lui rendit au double tout de ceux que Dieu lui rendit et de ceux qu’il lui accorda après sa calamité; mais cette duplication se lit par des accroissements successifs, et non par une agglo¬ mération soudaine. Il faut entendre ce qu’il possédait auparavant. Tous sesfrères, toute sa parenté, tous ceux de sa race, ses connais- toutes ses sœurs et tous ceux qui l’avaient sances et les amis qui avaient connu sa puissance connu dans son-premier état vinrent le trou- royale. Le repas montre leur déférence pour lui ; il était ver et mangèrent avec lui dans sa maison. ergo Eliphaz Tliemanites, et Baldad Suites, et fecerunt sicut locutus fuerat eis Dominus. Et Deati Job faciem suscepisae dicitur, quia quisquis pro allia intercedore nitilur, aibi potins ox ipsa eharitate Bufïïagatur. Ostenditur, quod otiam suscepit Dominus faciem Job. Dominus quoque pro somelipso pœnilens, tûnlo citius exaudiri meruit, quanto devote conversus est ad pœnitentiam Job, cum ille pro aliis inturceaaerU. Sod et illi duplicati saut' in bis, oraret pro amieis suis. Et addidit Dominus om- qui a Duo translmi sont, et in bis, qnos iterum gennit post anam cola- mitatem; sod bwo duplicatio per aliquantulum crevit, non subito con- nia, quæ fuerantJob, duplicia. Venerunt ad eum globata est. Omnis eognaiîo, et fnimlia rjus geneiis intelligenda est/ omnes fratres sui, et universæ sorores suæ, et ot noli et ainici ejus, qui priua noverant regalom potentiain ejus. In oonvivio honoris ejus cuncti qui noverant eum prius. Et comederunt roverentia ostenditur, quia ab eo omnium sordium squelor abattrais est. . In molli capitis, oouvunieu- cum eo panem in domo ejus. Et moverunt super EXPOSITION INTERLINÉAIRE RU LIVRE DE JOB. désormais délivré de l’aspect repoussant des ulcères. Le mouvement de la tête nous fait connaître la joie de tous ceux qui venaient h lui. Un homme prouve Ils remuèrent- la tête sur lui, et ils le conso- d’autaut plus qu’il a eu compassion d’un mal qui u’cst plus, qu’il se réjouit davantage du retour de son pro¬ vient cle toutes les afflictions que le Seigneur chain à la prospérité. Ils lui firent un présent comme lui avait envoyées; ils lui donnèrent chacun à un homme misérable et qui ne possède absolument rien ; si la réunion de ces petits présents produisit le double de ses richesses, grande fut la multitude de ceux qui viurent le trouver, puisque chacun donna bien peu, et qu’il devint tout à coup possesseur de biens si considérables. une brebis et un pendant d’oreille d’or. Mais L’auteur de ce livre aurait pu dire aussi par anticipa¬ tion que Job après ces épreuves, posséda, grâce à la le Seigneur bénit Job dans son dernier état bénédiction du Seigneur, ses richesses doublées pen¬ dant 140 ans de sa vie; mais l’histoire ne nous apprend plus que dans le premier, et il. eut quatorze pas que le nombre de ses fils ait été doublé. Pour l’é¬ dification de notre foi il faut donc conclure que Dieu lui rendit autant de fils qu’il en avait perdus, afin que mille brebis, six mille chameaux, mille paires le double de tous ses autres bieus lui ayant été rendu par Dieu, il crût également avoir le double de fils, parce que, en tant que serviteur très-fidèle du Seigneur, de bœufs et mille finesses. Il eut aussi sept il ne pouvait douter que ceux qu’il avait envoyés è, Dieu avant lui n’avaient pas péri, fils et trois filles et il appela la première Jé- liuw ad ium lœliliaiu noviimia. OjLmditui' quoil qnanto quia t-oniitur cum caput, et consolati sunt eum super dd cestitnla proximi sainte guuderi*,tanto se imitât do ubUla doluisso. omni malo, quod intulerat Dominus super eum. M uuerla giatiu velnt inopi ot penilua niliil liabeati dedernat, et si iu liac parva colleclione duplicatæ sunt ei divitiæ ej us, grandis multitndo fuit convecientinm ad oum, quia a siogulis parvum aecepit, el subito Et dederuntei unusqpisque ovem unam, etinau- lanlarnm divitiarum faetus est dominus. Potuit hoc scriptor libri liujua eL per rem auream unam. Dominus autem benedixit anticipationem dixisso, ut post teatalionem illam 1 10 min os vitaj suæ, banedicoalc Domino, in duplum cumulatas divitins possoderil, filiorum novissimis Job, magis quam principio ejus, et vero duplicutum nuniorutn non légitima. Propter aïdiGcutionem jiaqua fidoi noatrœ tontos ei üiios a Deo redditos, qnanlos amUerul, sentien- facta sunt ei quatuordecim millia ovium, et sex Juin est, ut ouiniutu bouoruin suorum aubstnnlia in duplum sibi a Deo reddila, etiam üiios in duplum habero se croderot, qui ntpota fidOis- millia camelorum, et mille asinæ, et fuerunt si mus Dei semis, minimo du bit are de bore t aos sibi, quos ad Dvum prœmiserat, non périsse. septem filii, et très fiîiæ. Et vocavit nomen unius 491 mima, la seconde Gassia et la troisième Ke- ren-Happouc. Il ne se trouva point dans tout le reste du monde des femmes belles autant que ces filles de Job: et leur père leur donna leur part dans son* héritage comme à leurs frères. Job vécut après cela cent quarante ans. Il vit ses fils et les enfants de ses fils, jusqu’à la quatrième génération, et il mou¬ rut fort âgé et plein de jours. CONCLUSION. Gloire à vous Dieu le Père, gloire au Fils uni¬ que de Dieu, gloire au Saint-Esprit dans les siè¬ cles des siècles. Le bienheureux Job, en ses paroles et en ses souffrances, a été la figure de Jésus- Christ. Sa femme, au contraire, est remblômedes hommes charnels qui, placés au dedans de l’Eglise, scan¬ dalisent par leurs mœurs la vie des saints. Les amis de Job représentent les hérétiques. Eliu est l’image des Gentils. Mais en dernier lieu, quand la gentilité est éteinte et détruite, les hérétiques sont envoj'ès parüieu au-devant de Jésus-Christ, et sont réconciliés avec Dieu par le médiateur. Dans l’holocauste des septs taureaux et des bé¬ liers, l’Ecriture indique la pénitence qui satisfait Diera, et nomen secundæ Cassiam, et nomen tertiæ Cornustibia. Non sunt autem inventæ mu- lieres speciosæ sicut filiœ Job in universa terra Deditque eis pater suus hæreditatem inter fralres earum. Vixit autem Job post hæc centum qua- draginta annos, et v j dit filios suos, et filios filio- rum usque ad quartam généra tionem, et mor- tuus est senex et plenus dierum. CONCLUSIO. Gloria tibi Patery gloria Ünigmito, cum sanclo Spirilu , in sempiterna suicula. Beatus Vero Job ex suis verbis et passionibus, Chrisli expressit imaginera. Conjux vero ejus carna- lium typum désignât, qui intra E.cclosiain positi, vitam spiritualium tuoribus suis scandalisant. Amici ejusfi- guram hæreticorum désignant. Eliu vero gentilitatis liabuit imaginem. Sed nunc exstincta gentilitate atque 49 2 SAINT JÉROME. par les prières et les aumônes. Quant à ces mots : « Le Seigneur accueillit Job, » et le reste, Jean dit de même: « 11 est lui-même la propi¬ tiation auprès du Père. » Par conséquent, la face du Sauveur est accueillie par le Père, en ce sens qu’il nous exauce lui-même et qu’il est exaucé pour nous. « Et le Seigneur ajouta, » et le reste. Cet accroissement est ajouté à notre Seigneur Jésus-Christ, lorsque la multitude des Gentils est ajoutée au peuple juif. « Tous ses frères et sœurs. » Tout le peuple Juif, sa parenté, Jésus- Christ étant né de cette race. On peut aussi en¬ tendre la multitude de toutes les nations en gé¬ néral. « Ceux qui l’avaient connu auparavant. » Tous les Saints et les Prophètes qui le voyaient en Esprit, et qui annonçaient qu’il viendrait dans la chair. « Ils mangèrent avec lui. » Main¬ tenant dans la maison de l’Eglise du Sauveur, tous les fidèles sont nourris des exhortations des Ecritures. « Et ils remuèrent la tête sur lui. » Tous les Saints sont dans l’allégresse parce qu’ils ont étc faits participants du banquet spirituel et sacré de Jésus-Christ. « Et ils le consolèrent. » La rédemption du monde par sa propre passion est une grande consolation pour notre Sauveur. Or, il est dit que Dieu le Père a livré son fils aux maux de la passion et à la mort, dans le même sens que l’Apôtre a dit : « Il n’a pas épargné son abolita, hæretici ad Christum a Deo præmittuDtur, et per mediatorem Deo reconciliantur. In hoiocausto vero septem taurorum et arietum, orationum atque eleemosynarum satisfactione pcenitentia demonstra- tur. Quod autem ait : « Dominua suscepit fociem Job, » et reliqua; ut Joannes ait : « Ipse est propiLiatio apud Patrem. » Sic itaque faciès Salvatoris a Pâtre suscipitur, dum et ipse exaudit et exauditur pro nobis. « Et adjecit Dominus, » et reliqua. Ilia igitur addita sunt Christo DoraiDO, cum populo Judæorum, Gcn- tiurn multitudo additur. « Omnes fratres et sorores. » Omnis cognatio populi Judæoruni, de quorum familia Cbristus natus est. Sive generaliter omnium Gentium multitudinem mtelligere possunuia. «Qui prius nove- ranteum. » Omnes SancLi et Prophétie qui eurndem videbaDt îd Spiritu, quem eliam in carne veDturum aüDuntiabant. « Comederunt cum eo. » Nunc in do- mo Ecclesiæ Salvatoris, omnes Fideles Scripturarum exhortationibus reliciuntur. « Et moverunt super eum caput. » Omnes Sancti exsultantes quod spirilalis et sacri Cliristi convivii effecti sunt participes. « Et con- solati sunt eum. » Salvatorem noslrum non mediocri- ter consolatur, quod per ejus passionem mundus re- deniptu.s est. Iutulisse nuteni dieit Filio suo Dèum Pa- propre Fils. » « Et chacun lui donna une bre¬ bis. » Chacun de ceux qui viennent à Jésus- Christ par la foi, lui offrira son innocence et l’o¬ béissance de son esprit. « Le Seigneur bénit Job dans son dernier état plus que dans le premier. » L’Ecriture veut dire que le premier état dé Jé¬ sus-Christ notre Dieu et notre Seigneur fut les temps antérieurs de la loi de Moïse, et montre que son dernier état fut son Evangile; or, la ma¬ nifestation de la vérité dans l’Evangile est meil¬ leure que l’ombre des allégories dans le vieux Testament. Pour ce qui est de la signification des noms des animaux, je me souviens de l’a¬ voir donnée au début de ce travail. Les sept fils représentent les sept dons de la grâce du Saint- Esprit; et les trois filles, ]a Loi, les Prophètes et l’Evangile. Expliquons les noms des trois filles : Jé- mima, Gassia, Keren-Happouc. J émima ouïe jour, c’est la loi de Dieu, qui illumine la nuit de l’i¬ gnorance humaine des clartés de la connaissance de la vérité. Cassïa, c’est le don de sainte pro¬ phétie. Keren-Happouc ou Cornustibia, s’appli¬ que admirablement aux richesses évangéliques. Keren ou Corne marque la dignité de l’Eglise. De même que le bienheureux Job après ses per¬ tes fut enrichi dans ses fils, de même le Sau¬ veur, après la perte des Juifs infidèles, fut enri¬ chi dans les Gentils. « Il ne se trouva point d’au- trem ni alu ni passionis et mortis, ut ait Àpostolus : « Qui proprio Filio suo non pepercit. » « Et dederunt ei unusquisque ovem unam. » Unusquisque per fldem ad Christum venientium offeret ei innocentiam suam, mentisque obedientiam. « Dominus autem novissimis Job benedixit magis quam principio ejus. » Principia Christi Dei et Domini nostri, legis Moysi exordia esse significut, uovissiina vero ejus Evangelium esse mons- trat, et melior est manifestatio veritatis in Evongelio, quam allegoriarum umbra in veteri Testamento. Quam vero siguificationem animalium vocabula in se conti- neant, in principio hujus operis dixisse me memini : Septem filii septiformem gratiam Spiritus sancti; et très ûliœ Legem, prophetas, et Evangelium significant. Nomina filiarum ejus, Dies% Ca&sia , Cornustibia. Oies ergo lex Dei est, quee ad agnilionein veritatis, noctem humanae ignorantice illuminât. Cassia sanctæ unctio- nis donum est. Cornustibia conipetentissime Evange- licis copiis coaptatur, Cornu vero ad dignitatem Ec¬ clesiæ pertinet. Quemadmodum vero beatus Job post damnum ditatus est in filiis; ita et Salvator postamïs- sionem infidelium Judæoruni,- ditatus est in Genübus. « Non sunt autem inventæ mulieres speciosæ, » quia eleotorum animæ omne quod in terra conversatur. EXPOSITION INTERLINEAdRË DU LIVRE DE JOB. 49a très femmes belles, » parce que la beauté des âmes des élus surpasse de beaucoup en éclat tout ce qui vit sur la terre. « Et le père leur donna leur part, » et le reste. Les sœurs vien¬ nent à l’héritage comme les frères, parce que les faibles sont admis au royaume de Dieu comme les forts. « 11 vit ses fils. » La sainte Eglise voit 8uæ pulchritudinis décoré transeendunt. « Deditquéeis pater suus, » et relique. Sorores cura fratribus ad liæ- reditatem veniunt, quia infirmi in regnum Dei cura fortibus admittuntur. « Et vidit filios auos. » Sancta Ecclesia videt filios suos, cura primam fideliura sobo- ses fils quand elle considère la première généra¬ tion de ses fidèles; elle voit les fils de ses fils en ce que cesfidèles lui en engendrent d’autres. Elle meurt pleine de jours, parce qu’à travers ces temps passagers, elle opère ce qui no passe pas, en ce que les fidèles de l’Eglise etlcs bonnes œu¬ vres durent éternellement avec Jésus-Christ. lem conspicit ; videt filios filiorum, cura ab eisdem fî- delibus atios gignit fideles. Et plena dierum moritur, quia per hæc transeuntia tempora, operatur quod transire non poterit, quia fldeles Ecclesiœ et opéra bona cura Christo in æternum persévérant. 536 DOM. JOANN1S MARTIANÆJ sime comprobatur, omnium mss. codicum conseil- tiente fide Hieronymum hoc modo scripsisse : « Osanna : salvifica, quod Græce dici tur o-wo-ov â%. ï Utrumque autem nomen per o litteram extensam » legendum. » Non ergo legendum falso ac ridi¬ cule, quod. Græce dicitur wç àwà : quia Osanna Hebræum Græce dicitur gü prophetavit palas , quæ ventilabra vulgo » nuncupant . » Palas igitur, quæ vulgo dicerentur ventilabra, in usu Yeteres habuisse sæpius ad ven- til.audnm, apertissirae nos docuit præsens Hiero- nymi locus, non uno modo aptus ad Eruditorum lites dirimendas, ac Crilicorum cavendas halluci- nationes. Præter jam commemoratas Libri Nominum uti- litates multipliées, præcipuam aliam kabel in ob- scuris sacrorum Bibiiorum illustrandis sermonibus ac trium Scriptorum, quos parentes agnoscit, al- legorico sensu probe manifestando. Multa enim clausa ac tenebris obsepta manent in libris sacris, inque Pbilouis, Origenis, et Hieronymi Gommen- tariis, nisi lucem facemque lectori præferat ad intelligentiam volunien Hebraicorum Nominum. Sed quia longum est argumenta orania et exempla singula recensere, quibus utilitas ilia peculiaris approbari possit, et eam explicare prope res unius est voluminis : sufliciat prudentibus antea signi¬ fiasse ad quid maxime valeat; et quasi in quadarn brevi. tabella situs pinxisse terrarum, totiusque orbis vastitatem et arnbitum oceani, angusto mon- strasse compendio. Nec necesse est super liocsæpe admonero lectorem, elprudentiæ ejns studioque diffidere. PROPHETARUM NOMINA ET NOMINUM ETYMOLOGIÆ HIERONYMUS. Osee, interpretatur crwÇwv, quem nos salvantem possumus dicere. Joël, àjo^ofzsvoç, id est, incipiens. Amos, ^«cttkÇwv, qui apud Latinos portans dicitur. Àbdias, id est, Obedia, <5oü>oç Kupiou, id est, ser- vus Domini. Jonas, TTsptor sp«, hoc est, columba. Micho, r tç wç, ex duabus orationis partibus nomen compositum, quod apud nos sonat quis qua$i} aut quis velut ? Naum, 7r«io«x)vï?<7tç, id est, consolatio. Abacuc, id est, amplexus, sive lu- ctans. Sophonia, xE'/.pup.uévo<; Kvpiovy hoc est, arcanus Do- mini. Aggæus, sopraÇwv, quem nos festivum, sive solem- nem possumus dicere. Zacharia, pv'épo Kupiou, id est, memoria Domini. Malacki, dyyiiM pov, id est nuntius meus. Isaias, c r«rï?p£a Kupfou dicitur, id est, salus Domini. Ezecl.'iel, xo«toç K upi'ou, quod nos robur, vel im¬ perium Domini possumus appeilare. Jeremias, Kuptou, id est, excelsus Domini. Daniel, sxpivs pt Küpios, id est, judicavit me Do¬ minas. GRÆCI. Osee, o-xta^wv, 'h yûXaÇ, id est, obumbrans, vel custos. . . Joël, «y«7r/?TO’j dilecti Dei. Am OS, X«pT£pOÇ, Y) T7LGT Ô ç , Y) aTTOOTTCdy, ValiduS, vel tidelis, vel pftpulum avellens. Abdias, Kuptw, serviens Domino. Jonas, 77£pi mais Isaïe ne vit point sa face, ni Moïse non plus. Moise vitle Seigneur par derrière (c’est le témoignage deTEcriture); mais quoiqu’il n’apercut point sa face, il nelevitpasmoins et par conséquent Isaïelevitaussi, quoiqu’il nepût voir saface. C’est in medio quoque populi et immunda labia habentis ha- bito. » Seraphim quod missnm fuit, mundavit labia Prophetæ, non mundavit autem labia populi. Confes¬ sas est enim ipse immunda labia sehabere, et in medio populi immunda labia habentis babitare ; sed hoc quod missum est Seraphim, non judicavit dignos esse de populo, ut et illorum labia emundaret, et idcirco adhuc impie agunt, idcirco adhne Domino meo Jesn Cbrislo répugnant, adhuc ei maledicunt immundisla- biis. Ego autem precor, ut veniens Seraphim, emundet labia mea. Y. « Et regem Dominum Sabaoth vidi ocuïis meis. » Car non dicamus in præsenti traditiouem quamdam Judæoruin verisimiiem quidem, nec tamen veram, et solutionem ejus quare non inveniamus ? Aiunt. ideo, Isaiam esse (a) sectum a populo, quasi ïegem prævari- cantcm et extra Scripturas annuntiaLem. Scriptura enim dicit : « Nemo videbit faciem meam et vivet; » Exod . xxxnr, 20; istc vero ait : « Vidi Dominum Sabaoth. » Moyses (aiunt) non vidit, et tu vidisti. Et propter («) Perquam eleganter Hieron. in Isai. cap. i : a Aient Hebrrei ob duas causas interfuctum Isaiam, quod principes Sodomornm et populmn Gomorrhæ cos appcllaveiit; » et quod Domino dicente ad Moysem : « Non poterîs vîdere faciem meam, « iate auans sitdicero: a Vidi Dominum sedentem snpor thronum excfdsum el elevatum ; » non considérantes quod faciem et pedes Dei sive silos, quia in Hebrœo ambiguë legltnr, Se- sapliim texerinl, et media lantum ejus Isaias vidiase se scribat. TRADUCTION DES NEUF donc à lorsqu’ils condamnèrent le Prophète. «Et j’ai yu le roi, le Seigneur des armées, de nies propres yeux, et l’an des Séraphins fut envoyé vers moi. ».U. n’y pas en qu’une seule venue, qu’une seule descente de notre Seigneur Jésus- Christ sur. la terre; il est venu à Isaïe, il est venu à.Moisc, il; est venu au peuple israèlite, il est venu à chacun des Prophètes; et vous, mon frère, ne craignez point : bien qu’il soit remonté au ciel, il en viendra de nouveau. Pour ce qui est d’èlre venu vers les hommes avant qu’il fût présent ici-bas par son incarnation, écoutez le témoignage qu’il nous en donne lui-même en ces termes : « Jérusalem, Jérusalem, qui tues les Prophètes et qui lapides ceux qui sont envoyés vers toi, combien de fois ai-je voulu rassembler tes enfants! » Maüh. xxm, 37. Combien de fois j’ai voulu 1 Jlne dit pas : Je ne t’ai vue que dans ce seul avônément; il dit : Combien de fois j’ai HOMÉLIES D’ÜRIGÉNE. 559 voulu, il montre qu’il cacha son intervention derrière la mission de chaque Prophète : C’était moi, Jésus-Christ, dit-il, qui parlais par la bou¬ che, des Prophètes. A mon tour, je vous ai donné ce conseil : Ne craignez pas, Jésus-Christ main¬ tenant est encore envoyé vers nous. Il ne ment pas et c’est lui qui a dit : « Je suis avec vous tous les jours jusqu’à la consommation des siècles. » Maüh. xxviii, 20. ïl ne ment, pas. « Là où deux ou trois s’assemblent pour prier en mon nom, je suis présentait milieu d’eux. » Maüh . xxvnr. Puis donc que Jésus sc trouve là présent auprès de nous, pontife des 'pontifes toujours prêt à of¬ frir à son Père tous nos appels, levons-nous pour offrir parlui nos sacrifices à Dieu le Père. Et en effet, la victime expiatoire pour nos péchés, c’est lui-même, à qui gloire et toute-puissance appar¬ tement dans les siècles des siècles. Ainsi soit-il. HOMÉLIE IL « Sur cette prophétie : « Une vierge concevra,)) etc. Isa . vii, 14. A ne considérer que les termes, Achaz agit avec retenue alors que, quand il lui. eut été hocenm secuerunt et. condomnaveruut eum ut im- pium. Non enim sciebant quia duabus alis velaverunt faciem Dei Seraphim. « Vicli Dominnm ; j> sed faciera non vidit Isaias, nec Moyses vidit. Posleriora vidit (ut Bcriptum est) Moyses; vernmtamen vidit Domiuum, etsi faciem ejus non vidit. Et hic ergo vidit, licet fa- ciem non vident. Male igilur condemnaveruut Pro- plielam. « Et regem Domiuum Subaoth vidi oculis meis, et missus est ad me nnus de Seraphim. » Non est unus Domini mei Jesu Clirisli adventus, quo des¬ cendit ad terras, et ad Isaiam venit, et ad Moysen ve- nit, et ad populum venit, et ad unumquemque Pro- phetarum venit; neque tu timeas, etiumsi jnm cœlo receptus est, i.terum veniet. Quia aulem et ante præ- senliam carnalem ad homines venerit, ipsum accipe testem denuntiantem atque dicentem « Jérusalem, Jérusalem, quœ occidis Prophetas et lapidas eos qui missi suut a 1 te, quoties volui colligere .fjlios tuos I » Matth. xxm, 37. Quoties volui ! Non dicil: Non vidi te nisi isto adventu; sed dlcit ; Quoties volui. Et per singulos Prophetarumconvertensse: Ego, inquit, eram Clirislus, qui loquebar per Prophetas. Dixi ; Neque tu timeas, et nunc miltitur Jésus Cliristus. Non inentilur. ordonné de demander un prodige ou du fond de la terre ou du plus haut du ciel, il donna la raison pour laquelle il ne le voulait pas deman¬ der. Isa. vu, I I, 12. Il répondit en effet : «Je ne « Vobiscum sum, » ait Dominus, « omnes dies usque ad cousummationem seeculi. » Matth. xxvm, 20. » Non rnentitur. « Ubi duo vel très collecli sunt in nomine meo, et ego snm in medio eorura. » Quoniam igitur præsto est et assistit Jésus Christus, et paratus est et preecinctus summus sacerdos offerre Patri interpella- tiones nostras. surgentes per ipsum sacrificia Patri offeraraus. Ipse enim propitiatio est pro peccatis nos- tris, cui est gloria et imperium in sæcula sæculorum. Amen. HOMILU SECUNDA. I. De eo quod scriptum est ; « Ecce virgo in utero concipiet, » etc. Isa. vm, 14. Quantum ad dictum at~ tinet, ve.recunde fecit Achaz, cum ei fuisset impera- tum, ut peteret signum in profundum aut in excel- sum, et rotionem reddit cur petere noluerit. Isa, vu, ■11,. 12. Ait quippe: « Non petam, et non tentabo Do- ininum. » Est tamen super hoc vorbo culpatus* et dicitur ad eum : « Audite nunc, domus David : Num- 860 SAINT JÉROME. le demanderai pas, et je ne tenterai point le Sei¬ gneur. » Cette réponse pourtantlui est reprochée comme une faute en ces termes : « Ecoutez donc, maison de David : Ne vous suffit-il pas de lasser la patience des hommes, sans lasser encore celle de Dieu ? » Et aussitôt après est formulée cette promesse : « C'est pourquoi le Seigneur vous donnera lui-même un prodige : Une vierge con¬ cevra, et elle enfantera un fils que vous appel¬ lerez Emmanuel. » Expliquons cette partie de la prophétie, et nous en verrons ensuite le reste, mais toujours avec le secours delà grâce de Dieu qui sera notre lumière. Achaz reçoit l'ordre de demander un prodige, non pas simplement, mais pour lui-même, puisque le texte dit : « De¬ mandez pour vous au Seigneur votre Dieu un prodige ou du fond de la terre, pu du plus haut du ciel. » Le prodige proposé, c’est notre Sei¬ gneur Jésus-Christ; c’est bien lui, le prodige qu’ Achaz reçoit Tordre de demander ou du fond de la terre ou du plus haut du ciel : du fond de l'abime, car celui qui y descend, c’est Jésus- Christ lui-même; au plus haut du ciel : car celui qui monte par dessus tous les cieux, c’est lui en¬ core. Ce prodige, notre Seigneur Jésus-Christ, qui m’est proposé du fond de l’abîme ou du plus haut du ciel, ne sert de rien, si le mystère de son abaissement et de son élévation ne se fait pas pour moi. C'est lorsque j’aurai reçu le mys¬ tère de l’abaissement et de l’élévation de Jésus- Christ, que je recevrai aussi le prodige selon le quid modioum vobis præstare certamen hominibus, et quomodo Domino præstatis certamen ? » Deinde dici- tur hæc repromissio : « Ideo Dominus ipse dabii vobis signum. Ecce virgo in utero concipiet, et pariet filium, et vocabis nomen ejus Emmanuel. » Hæc exponnntur, et de reliquis videbimus, indigentes et in illis gratia Dei ut manifestentur. Jubetur ut petat signum, non simpliciter, sed sibi ipsi, sermo quippe ait : « Pete tibi signum a Domino Deo tuo in profundum aut in excel- sum, » Propositum est signum Dominus meus Jésus Christus. Hoc enim est signum quod jubetur ut sibi postulet in profundum aut in excelsum : in profundum quidem, quia qui descendit, ipse est; in excelsum vero, quia qui ascendit super omnes cœlos, ipse est. Mihi autem hoc signum propositum Dominus meus Jésus Christus in profundum et in excelsum, nihil prodest, si non mihi fiat mysterium de profundo et excelso ejus. Cum enim ego recepero mysterium de Christo Jesu de profundo et excelso, tune accipiam si¬ gnum secundum præceptum Doruini, et dicetur mihi précepte du Seigneur, et que cette parole me sera adressée comme ayant en moi-même l’a¬ baissement et l’élévation : « Ne dites point en votre cœur :Qui pourra monter au ciel? c’est-à- dire, pour en faire descendre Jésus- Christ; ou : Qui pourra descendre au fond de la terre ? c’est- à-dire pour appeler Jésus-Christ d’entre les morts. La parole » qui vous inspire la violence « est près de vous, dans votre bouche et dans votre cœur. » Rom. x, 6-8. Il est donc prescrit à nous tous de demander ce prodige, afin que celui que le Seigneur Dieu donne au fond de la terre et au plus haut du ciel nous soit utile. Quiconque a la vraie science, l’œil de la raison lui fera voir aussi que ces mots, « au fond de la terre et au plus haut du ciel, » n’ont pas été dits avec disjonc¬ tion, puisqu’ils signifient que Dieu peut l’un et Tautreprodige «Demandezpourvousau Seigneur' un prodige au fond de la terre ou au plus haut du ciel. » Or l’Apôtre a dit aussi sous forme de promesse : « Afin que nous connaissions ce que sont la hauteur, la profondeur, la longueur et la largeur. » Ephes . m, 18. Achaz répondit : « Je ne demanderai pas. » 11 fut incrédule. Sa réponse équivaut à celle-ci : Demandez pour vous- même. Or le peuple jusqu’à ce jour ne demande pas le prodige: il ne Ta donc pas, et ce peuple qui ne reçoit point notre Seigneur Jésus-Christ, présente la lutte au Seigneur. Une autre question suit celle-là. Aehaz répondant : « Je ne deman¬ derai pas, et je ne tenterai point le Seigneur, » quasi habenti in memetipso profundum et excelsum : « Neque dixeris ïn corde tuo : Qnis ascendit in cœlnm ? hoc est, Christum deducere ; aut : Quis descendit in abyssum? hoc est, Christum ex mortuis reducere. Juxta est verbum » tuum vehemens « in ore, et in corde tuo. » Rom. x, 6-8. Præcipitur ergo nobis om¬ nibus, ut petamus nobis hoc signum, ut nobis utile fiat signum quod dat Dominus Deus in profundum et in excelsum. Si quis autem est qui sciât, et rationabili contcmplatione cognoscat hoc quod dictum est, « in profundum et in excelsum, » non disjunctive esse dictùm, signifient enim hoc quod utrumque possit : « Pete tibi signum a Domino in profundum et in ex¬ celsum. » Et in promissione autem dixit Apostolus: « Ut cognoscamus quid sïl profundum, et excelsum, etfiongitudo, et latiLudo. » Ephes. in. « Et dixit Achaz : Non petam. » Ivcredulus fuit. Dixit enim : Pete tibi ipsi. Populus autem usque hodie non petit signum, propterea non habet ilium, et præbet Domino certa¬ men populus qui non recipit Üominum meum Jesum TRADUCTION DES NEUF HOMÉLIES D’ORIGÈNE. 561 estimant que ce serait le tenter que de lui de¬ mander ce prodige, le prophète lui dit : « Ecou¬ tez donc, maison de David : Ne vous suïfit-ilpas de vous mettre en lutte avec les hommes, sans vous mettre en lutte avec le Seigneur ? » Or il n'est pas une occasion de lutte pour le Sei¬ gneur, et je crois qu’il ne l’est pas non plus pour les hommes, celui qui demande un prodige au fond de la terre ou au plus haut du ciel. Dieu combat uniquement dans le but de sauver l’homme, et par conséquent celui qui cherche un refuge dans le salut, ne se met pas en lutte avec le Seigneur. Celui au contraire qui, tandis que le Seigneur combat pour sauver l’homme, fuit le salut et s’éloigne du Seigneur, celui-là se met en lutte avec lui. a C’est pourquoi le Sei¬ gneur vous donnera lui-mème un prodige : Une vierge concevra, et elle enfantera un fils que vous appellerez Emmanuel. » MaUh. 1, 13. Les exemplaires authentiques de ce prophète disent: « Vous appellerez, » bien que*' nous le savons, on ne se fasse pas faute de lire souvent dans saint. Matthieu : « Il sera appelé Emmanuel. » Nous ne pouvons prétendre qu’il faille faire moins de cas de la prophétie. Comment donc l’Evangile a-t-il cette rédaction ? Lui vient-elle de quelque co¬ piste inintelligent et courant au plus facile, ou, comme quelqu’un le dira peut-être, l’Evangile a-t-il été édité ainsi dès le principe ? En délibère Christum. Deinde alia sequitur quæslio. Isto enim di- centé : « Non petam, neque tentabo Dominum, » et {estimante tentalionem esse, si peteret signum, ait: « Audite nunc, domus David: Numquid vobis modi- cum est præstarelcertamen hominibus, et quomodo Do¬ mino præstati§ certamen? » non præstat autem certa- men Domino, neque hominibus eum arbitror præs- tare certamen, qui petit signum in profundum aut in excelsum. Certamen quippe Dei est, quomodo salvet hominem ; non præstat igitur certamen Domino qui confugit ad salutem. Qui vero Domino certante, ut salvet homioera, fugit a salute et procul recedit a Do¬ mino, præstat Domino certamen. « Ideo dabit Dominus ipse vobis signum : Ecco virgo in utero concipiet, et pariet filium, et vocabis nomen ejus Emmanuel. » Maltk . i, 13. Veritas exemplarium Prophetæ hujus dicit, « vocabis, » In MatLhæo porro scimus lectitari : .« Et vocabitur nomen ejus Emmanuel. » Non possu- mus dicere, quia oportoat minus aliquid facere de Propheta. Quomodo vero Evangelium hanc habet scripturam? ULrum ab aliquo non intelligente et ad faciliora currente, quomodo et in aliis multis factum est, an sic a principio, utdicat forsitan aliquis, editum TOM. IV. qui voudra. Mais la Prophétie porte évidemment « Et vous lui donnerez le nom d’Emmanuel. » Je connais un lecteur qui, à la lecture de ces mots, au commencement de l’Evangile : «Et vous l’ap¬ pellerez Emmanuel, » se dit à part lui : Que vient faire là: « Vous appellerez? » Qui appellera? Achaz. Mais est- il admissible qu’Achaz ait reçu, au sujet du Sauveur, qui vint plusieurs généra¬ tions après, cette recommandation : « Vous l’ap¬ pellerez Emmanuel ?» Et voilà comment on a remplacé: « Vous l’appellerez » par « il sera ap¬ pelé. » Or ce n’est point à Achaz que s’adressent ces paroles : « Vous l’appellerez Emmanuel ; » il est de toute évidence qu’elles s'adressent à la maison de David : . L’esprit de sagesse vint après les pin¬ cettes et le charbon ardent, il vint à celui qui avait ces lèvres souillées, mais il ne se reposa pas. lise servit du ministère d’Isaïe, mafsil ne se reposa pas en lui. A quelque homme qu’il vienne, il est troublé. Car tout homme pèche, et il n’y a pas un seul juste sur la terre qui, tout en faisant le bien, ne pèche pas. « Personne n’est pur de toutes souillures, quand même sa vie ne serait que d’un seul jour, et d’ailleurs ses mois sont comptés. » Job. xv. L’Esprit de Dieu ne se repose donc sur aucun. Nous pourrions en¬ core prouver, l’Evangile en main, qu’il est venu sur plusieurs, et qu’il ne s’est fixé en aucun. Plus haut, dans Isaïe, nous avons lu ces paro¬ les : « Mon Esprit ne demeurera pas à jamais dans ces hommes. » il n’y a point : Ne sera pas; mais : Ne demeurera pas. Jean vit le seul homme sur lequel il s’est arrêté jamais, et voici quel était le signe : « Celui sur lequel vous verrez l’Esprit descendre du ciel et demeurer sur lui, celui-là est le Fils de Dieu. » Et sur l’ordre de Dieu, Jean prêta son ministère à cette descente de l’Esprit ; mais peu de temps après ilprononce uneparole oiseuse, etnlême je ne sais pas si après s’être relevé il ne pécha pas encore. Or croyez- vous qu’on puisse pécher tant que l’Esprit est présent ? L’Esprit de Dieu ne s’est donc reposé sur personne selon cette parole de l’Ecriture : « Une verge est sortie de la racine de Jessé, et quidem eo usus est, non autem requievit. Thibulatur ad quemeumque venerit hominem. Peccatenim omnis homo, nec est justus super terrain qui faciat bonum, et Don peccet. « Nerno mundus a sordibus, neque si una die sit vita ejus, numerati autem menses ejus. » Job. xv. Igitur super milium requiescit. Possumus et de Evangelio. probare, quia venit spiritus super mul¬ tos, et non mansit in eis. Ante paululum leetum est ; « Non permanebit spiritus meus in hominibus istïs in æternum. » Non ait : Non erit, sed : Non permane¬ bit. Unum vidit Joannes solum, in quo permansit, et signum hoc erat : « Super quem videris spiritum, des’ cendentem et maneutem in eo, iste est Filius Dei. » Ministravit quidem verbo Dei spiritu descendente ; post modicum peccat, post modioum otiosum verbura loquitur, nescio autem si et sine peccato maneat. Pu- tasne, præsente spiritu, peccare conceditur? Super nullum ergo requievit spiritus Dei secundum quod scripl.um est: « Exiit virga de radice Jesse, et flos de radice ejus ascendit, et requiescit super eum spiritus Dei, spiritus sapientiæ, spiritus intellectus, spiritus consilii et virtutis. » Propter hoc magui consilii est une fleur s’est élevée de sa racine, et l’Esprit de Dieu s’est reposé sur lui, l’esprit de sagesse, l’es¬ prit d’intelligence, l'esprit de conseiletde force.» C’est pourquoi il est l’auge du grand conseil; c’est pour cela qu’il grandit en force, et en gran¬ dissant en force il s’élève, et les Vertus l’admi¬ rent dans son ascension et disent de lui : « Ce¬ lui-ci est le Seigneur fort et puissant dans le com¬ bat, et l’Esprit de conseil et de force s’est re¬ posé sur lui. » Et moi aussi, m’adressant à Jésus en son ascension ou à sa force, je m’écrierai : Le Seigneur est ma force et ma gloire, il est devenu mon salut. Je le répète donc, c’estsur Jésus-Christ que s’est reposé l’Esprit de Dieu, l’esprit de sa¬ gesse et d’intelligence, l’esprit de conseil et de force, l’esprit de science et de piété, et il a été rempli de l’esprit de la crainte du Seigneur. Ces femmes donc cherchant qui prendre, choi¬ siront toutes sept ce seul homme. Ceci découle de ce qui a été dit antérieurement et il importe de connaître d’abord en quelles circonstances les sept femmes recevront un seul homme. Lors¬ que les forts de Jérusalem aurpv/_ o-tè terrassés, lorsque ses armoires pleure7. les ornements des filles de Sion, loi. ^a’elle aura été laissée seule, lorsqu’elle aura été meurtrie contre terre, « en ce temps-là sept jfemmes prendront un homme et elles lui diront : «Nous nous nourrirons nous-mêmes et nous nous entretiendrons nous- mêmes d’habits ; agréez seulement que nous angélus ; propter hoc iuvaluit, et iuvalescens ascendit, et mirantur eum virtutes ascendentem, et dicunt de eo : Iste est Domînus fortis et potens in prœlio, « et requievit super eum spiritus consilii et fortitudi- nis. » Ad hune ergo dicam in cœlestia ascendentem vel ad fortitudinem ejus: Fortitudo meo et laus mea Domiuus, et factus est mihi in salutem. Requievit ergo super eum spiritus Dei, spiritus sapientiæ et intellec¬ tus, spiritus consilii et fortitudinis, spiritus scientiæ et pietatis, et implevit eum spiritus timoris Domiui. III. Mulieres igitur quærentes quem assumant, ap¬ préhendent septem unum hominem. Et hoc ex priori- bus pendet, et oportet primo cognoscere quando reci- piant septem mulieres unum hominem. Cum fortes Jérusalem humiliati fuerint, cum luxerint thecæ eorum ornamenta filiarum Sion, cum derelicta fuerit ilia sola, cum elisa fuerit ad terram, « tune appréhendent sep¬ tem mulieres unum hominem dicentes : Panem nos- trum manducabimus, et vestinientis nostris operiemur; verumtamen nomen tuum invocetur super nos. » ïaa. iv, 1, Tune appreheudent et vere tenebunt septem mulieres hominem unum, Jesum Cbristum Dominum TRADUCTION DES NEUF portions votre nom. » Isa. iv, 1. C’est alors que les sept femmes prendront et tiendront vrai¬ ment un homme, Notre Seigneur Jésus -Christ en ce qu’il est entendu comme homme, en tant qu’il est né, en tant qu’il a pris un corps. Les sept femmes prendront cet homme et elles lui diront : Nous mangerons notre pain. 11 y aune multitude d’hommes autour d’elles, et ces fem¬ mes n’en retiennent aucun, aucun de ceux-là ne leur plaît. Ce n’est pas en effet parce qu’il y a disette d’hommes qu'elles n’en prennent qu’un ; c’est parce qu’il était inouï d’en trouver un tel qu’elles le voulaient et le cherchaient; elles pri¬ rent le seul qu’elles trouvèrent à qui il leur fût permis de dire : « Nous mangerons notre pain et nous nous entretiendrons nous-mêmes d’ha¬ bits. » Il y a un aliment de la sagesse et il y a aussi un aliment de l’intelligence et des autres esprits. Mais quel est cet aliment? Je ne crains pas de dire que l’aliment est tout autre hors de ces esprits. Peut-être, comme est mon aliment la parole de Dieu qui dit : « Je suis le pain vi¬ vant qui suis descendu du ciel, et je donne la vie au monde, » Joan. vr, ainsi le Père lui-même est l’aliment de la sagesse. De là cette parole : « Ma nourriture est de faire la volonté de celui qui m’a envoyé et de consommer son œuvre. » Joan . iv, 34. Et il ne faut pas croire que la sa¬ gesse, que l’intelligence, qu’un des autres es- noslrum juxta quod intelligiturhomo, juxta quod na- tus est, juxta quod corpus assumpsit. Appréhendent septem mulieres homincm unurn, dicentes : Panem nostrum manducabimus. Multi ambulant homines, et nullum apprehendunl mulieres, nullus eis placet ho- mo. Non euim propter inopiam hominum uuum ho- minern apprehendunt; sed propter raritatem hominis qualem voluerunt, talem quæsierunt ; unurn solum repereruut hominem quem apprehenderunt, ut dicant ei : « Pauem nostrum monducabimns, et vestimentis nostris operiemur. » Est quidam cibus sapientiæ, est quidam cibus similiter intellectus, et reliquorum spi- rHuum. Quis est iste cibus? Non timeo dicere, cibus alius est extra istos. Forte ut meus est cibus sermo Dci, qui ait : « Ego sum panis vivons, qui de cœlo descendi, et vitam do mundo,» Joan. vi, sic sapientiæ cibus ipse Pater. Propter hoc est : « Meus cibus est, ut faciam voluntutem ejus, qui me misit, ut consum- mem opus eju3. » Joan . îv, 34. Ncc putandum est ali- quo indigere sapientiain et intellectum, cæterosque spirilus, quia alium cibum babenut, cum Loti us dis- HOMÉLIES D’ORIGÊNE. 367 prits manque d’intelligence, parce que cha¬ cun a une nourriture autre que Jésus-Christ, puisque la nature divine esÜ’unique aliment qui pourvoit à tous. « Nous mangerons notre pain et nous nous vêtirons de nos propres habits. » Tl y a un ornement de la sagesse qui la pare ; la sagesse a la parole pour ornement. Chacune des sept femmes à ses ornements. « Agréez seule¬ ment que nous portions votre nom et dèlivrez- nous de l’opprobre où nous sommes. » Quel est le nom de la sagesse ? Jésus. Qu’est-ce à dire : « Que nous portions votre nom ? » Je suis la. sa¬ gesse, et je veux porter ton nom et qu’on m’ap¬ pelle Jésus, et que l’intelligence et le conseil, la force et la science, la piété et la crainte de Dieu s’appellent Jésus, etqu’cnfm votre nom devienne tout en toutes choses. « Agréez que nous por¬ tions votre nom, et délivrez-nous de notre op¬ probre. » Et Jésus a réellement effacé notre op¬ probre. Levons-nous donc et prions Dieu, qui a envoyé cet homme pour que l’esprit des sept femmes se reposât en lui, et cet homme nous accordera d’être en communion avec les sept femmes; nous les prendrons et nous deviendrons savants, intelligents en Dieu et parmi les hom¬ mes, et nous orneronsnotre àme en Jésus-Christ, à qui gloire et commandement appartiennent dans les siècles des siècles. Ainsi soit-il. pensationis unus Bit cibus natura Dei. « Panem nos- trum nianducabimus, et vestimentis nostris operie¬ mur, » Est quidam ornatus sapientiæ quo decoratur ; oroataestsermonesapientia. Singulæharum mulierum habent ornamenta. « Verumlamen nomen tuum invo- cetur super nos, aufer opprobrium nostrum. )/ Quod est nomen sapientiæ? Jésus. Quid est. « Invocetur nomen tuum super nos ? » Ego sum sapientia, volo tuo nomine vocari, ut ego sapientia dicar Jésus, ut intellectus et consilium magnum et forlitudo, et scien- tia, et pietas et timor Dei nominentur Jésus, ut omnia in omnibus nomen tuum fiat. « Nomen tuum invoce¬ tur super nos, aufer opprobrium nostrum. » Révéra abstulit opprobrium Jésus, ldcirco surgentes oremus Deurn, qui hune misit liominem, ut septem mulierum spiritus in eo requiesceret, ut nobis iste homo tribiiat communionem harum mulierum ; ut assumentes ens fiamus sapientes, intelligentes in Deo et hominibus, virtutibus adornantes aniniam nostram in ChrisLo Jesu, cui est gloria et imperium in sæcula sæculorum . Amen. 568 SAINT JÉRÔME. HOMÉLIE IV. Au sujet de la vision de Dieu et des Séraphins. Isa. vi. Il est impossible de trouver à Dieu un com¬ mencement. Vous ne sauriez concevoir, mon frère, qu’il y ait quelque part dans le temps un point de départ, un'commencement de Dieu. Et je dis : Ni vous, ni tout autre, ni aucun être quel qu'il soit. Le Sauveur seul et l’Esprit-Saint, . qui ont toujours été avec Dieu, voient sa face ; et peut-être les Anges qui voient sans cesse la face du Père qui est dans les cieux, voient aussi les origines des choses. De même les Séraphins ca¬ chent les pieds de Dieu aux hommes. Et en effet ce qui doit arriver tel qu’il est, ne peut pas être raconté. Qui annoncera ce qui doit arriver? dit l’Ecriture. Isa . xvi. Ce que nous voyons (en accordant toutefois que nous voyons quelque chose) est intermédiaire; ce qui a été avant le monde, nous l’ignorons, et pourtant il y a eu quelque chose avant le monde. Ce qui doit être après le monde, nous ne le concevons pas avec cer¬ titude, et pourtant il y aura autre chose après le monde. Notre intelligence s’arrête donc à ces paroles de l’Ecriture : « Au commencement Dieu fit le ciel et la terre; la terre était invisible, in¬ forme, les ténèbres étaient au-dessus del’abîme, etl’Esprit de Dieu étaitporté sur les eaux. » Gen. i. Elles étaient pures, les eaux sur lesquelles se HOMILIÀ QU ART A. I. « De visioneDei etSeraphim. » Gap. vi. 1 Impossi¬ ble est invenire principium Dei. Principium ortus Dei nusquam comprehendis. Non dico tu, sed neque aliud quidquam eoruru quæ aubsistuut. Solus Salva- tor et Spiritus sanctus, qui semper fuerunt cum Deo, vident faciem ejus ; et forte Àngeli qui vident jugiter facieru Patris qui est in cœiis, vident et principia ne- goiiorum. Sic autem et pedes abscondunt ante homi- nes Seraphiin. Novissima enim ut sunt, non valent enarrari. Quib annuntiabit de novissimis ? ait Scrip- tura. Isa. xu. Quæ videmus (ut taruen concedatur, quia aliqua videmns) media sunt ; quæ ante mundum fuerint, ignoramus. Fuerunt porro quædam ante mun¬ dum. Quæ post mundum secutura sint, ad certum non apprehendimus. Erunt autem alia post mundum. Ea igitur quæ scripta sunt : « In principio fecit Deus cœlum et terram ; terra autem erat invisibilis, incom- pencliait l’Esprit de Dieu. Quant aux ténèbres quicouvraient l’abime, elles ne sont pas incrées. Les unes et les autres ont été créées de rien. Entendez le Seigneur qui dit dans Isaie : « C’est moi Dieu, qui ai formé la lumière et créé les ténèbres.» Isa. xiv. Entendez la sagesse procla¬ mant dans les Proverbes « qu’elles est née avant tous les abîmes. » lJrov. vm. Toutes ces choses n’étaient pas incréées ; mais quand et comment elles sont nées, c’est ce que j’ignore. Et en effet les premiers d’entre les ouvrages de Dieu, c’est- à-dire sa face, sont voilés par les Séraphins; et ses pieds sont voilés pareillement. Les choses qui, après le dernier siècle, doivent arriver dans les siècles des siècles, ^u: j)£ut les raconter? En promettre la connaissance A appartient qu’à de téméraires bavards, qui ne savent pas que l’homme peut comprendre seulement les choses qui tiennent le milieu entre ces deux extrêmes, et celles qui doivent arriver après le monde jus¬ qu’à la consommation dans le jugement der¬ nier, au sujet des peines et des récompenses. Et même parmi ces choses un grand nombre sont cachées pour nous. Voilà pourquoi il est écrit : « Ils voilaient de deux ailes la face. » Non seule¬ ment ils voilaient, mais ils recouvraient entière¬ ment, c’est-à-direilsvoilaientde telle sorte qu’on ne pouvait entrevoir le moindre indice des cho- posita, et tenebræ erant super abyssuru, et spiritus Dei ferebatur super aquas, » apprehenduntur. Gen. i. Mundæ eraut aquæ istæ, in quibus incubabat spiritus Dei. Sed et teuebræ quæ super abyssum erant, non sunt ingenitæ. Utrumque enim ex nihilo creatum est. Audi in Isaia dicentem Dominum : « Ego Deus qui construxi lucem et feci tenebras. » Isa. xlv. Audi sa- pientiam in Proverbiis prædicantem : «Ante omnes abyssos nata sum. » Proo. vm. Non erant ista ingenita ; sed quando vel quomodo sunt nata, nescio. Velanlur enim a Seraphim priora operum Dei, id est, faciès Dei ; similiter autem et pedes. Ea quæ post extremum sæculum futura sunt in sæcula sæculorum, quis po- test exponere ? Garrulorum est hominum horum no- tiliam polliceri, nescientium quia homo ea tantum po- test capere quæ media sunt, et ea quæ post mundum usque ad consummationem in judicio sunt future, de pœnis, de retributione. Et horum quoque multa abs- consa sunt nobis, ut propter hoc quidem scriptum TRADUCTION DES NEUF HOMÉLIES D'OR [GÈNE. ses antérieures, je veux dire de la face, ni re¬ connaître la plus légère apparence des choses qui doivent arriver, c’est-à-dire, des pieds de Dieu. « Ils voilaient de deux ailes. » Ce qui est intermédiaire est ouvert à la vue. « Et ils criaient l’un à l’autre. » Non pas un à plusieurs; mais l’un à l’autre. 11 n’y a en effet, à cause de la ma¬ jesté divine, que le Saint-Esprit qui puisse en¬ tendre la sainteté de Dieu que le Sauveur an¬ nonce, et d’autre part le Sauveur seul peut ha¬ biter dans la sainteté de Dieu qu’annonce le Saint-Esprit. C’est pourquoi ils criaient l’un à l’autre, et ils disaient : « Saint, saint, saint. » 11 ne leur suffit de crier saint une fois, ou deux fois, mais ils observent le nombre parfait de la Tri¬ nité, Isa, vi, afin de manifester la multiplicité de la sainteté de Dieu, qui est la communion répé¬ tée d’une triple sainteLé. celle du Père, celle du Fils unique, et celle du Saint-Esprit. Aussi celui qui sanctifie et ceux qui sont sanctifiés viennent tous d’un même principe. Hebr. n. U. Celui qui sanctifie, c’estle Sauveur, en ce qu’il est l’homme recevant la sainteté de Dieu le Père. Ils disent donc : « Saint, saint, saint, est Dieu Sabaoth, » c’est-à-dire, Seigneur des armées, d’après l’inter¬ prétation d’Aquila. « La terre est toute remplie de sa gloire. » Au¬ trefois la maison était pleine de sa gloire; ici le Séraphin prophétise à ceux qui sont sur la terre sit : « Duabus velabant faciem. » Non solum autem velabant, sed et contegebant, id est sic velabant, ut ncc modicum videretur priorum, dico autem faciei ; neque paululum quid agnosceretur novissimorum, hoc est, pedum ejus. « Duabus volabant. » Aperta sunt media ad contemplondnm. « Et cl'amabant aller ad alterum. » Non alter ad plures, sed aller ad alte- rum. Audireenim sanctitudinem Dei quæ aununtialur a Salvatore, juxta dignitatem rei nemo polest nisi Spi- ritus sanctus ; quomodo rursum inhabitare sanctimo- niam Deiquæannuntiatur a Spiritu sancto, nemopotest nisi solus Salvator. Ob id alter ad alterum clamabont, et dicebant : « Sanctus, sanctus, sauctus. » Non eis sufticit semel clamare sanctus, neque bis, sed perfec- tum numerum Trinitatis assumunt, Isa. vi, ut multi- tudincm sanctitatis manifestent Dei, quæ est trinæ sanctitatis repetita communitas, sanctitns Patris, sauc- titas unigeniti Filii, et Spiritus sancti. Etenim sauc- tificans etsanctificati ex uno omnes. Heb, n. Qui sauc- Lificat Salvator est, juxta hoc quod homo est a Deo Pâtre accipiens sanctitatem. Dicuntitaque : « Sanctus, sanctus, sanctus, Dominus Deus Sabaoth. » Interpro- tatur Sabaoth (ut Aquila tradidit) Dominus militiarum. 569 qu’il arrivera que la terre entière sera remplie de la gloire de Jésus-Christ mon Dieu. Et en effet, la gloire de Dieu est dans tous afin qu’ils le glo¬ rifient, et c’est ainsi qu’elle remplit le monde en¬ tier. Autrefois, alors qu’on disait Dieu est connu dans la Judée, son nom est grand dans Israël, » ce n’était qu’un petit coin de terre, et non pas toute la terre, qui était rempli de la gloire de Dieu. Gloire donc à Dieu qui a envoyé son Fils afin que toute la terre fût remplie de sa gloire. Mais de quoi vous sert, mon frère, que la terre soit remplie de la gloire de Dieu à cause des églises de fidèles qui sont partout, si vous ne participez pas vous-même à cette plénitude ? Travaillez donc, vous aussi, efforcez-vous en tou¬ tes choses de rechercher la gloire de Dieu, afin qu’ellehabite et qu’elle trouve une place en vous, et que vous en soyez rempli vous-même comme toute la terre en est remplie. Mais comment s’o¬ père par chacun de nous la plénitudedela gloire de Dieu ? Si ce que je fais, ce que je dis, jele des¬ tine à la gloire de Dieu, mes paroles et mes ac¬ tions font cette gloire. Si tous mes pas, et toutes mes démarches, si le manger, si le boire, si tout ce que je fais, je le fais à la gloire de Dieu, j’ai moi aussi ma part dans ce témoignage : « La terre est remplie de sa gloire. » Et c’est lorsque j’aurai fait tout cela qu’à la voix des Séraphins qui crient s’élèvera le dessus de la porte du ciel. IL « Plena est omnis terra gloria ejus. » Olim plena domus erat gloria ; nunc vero his qui super terraru sunt a Seraphim prophetatur, quia futurum sit, ut universam terrain gloria Dei mei Christus impleat. In omnibus quippe qui conversatione sua glorificcnt Deum, gloria Dei est, alque ita universa terra plena est gloria Dei. Olim non omnis terra plena erat glo¬ ria Dei, sed unus angnlus terræ, quando dicebatur : a Notus in JudæaDeus, in Israël magnum nomen ejus. » Gloria Deo, qui misit Filium suum, ut omnis terra plena fieret gloria sua. Sed quid tibi prodest, si terra plena sit propter ecclesias beatoriim, qui ubicum- que sunt, gloria Dei, tu autem non sis particeps glo¬ rifie plenitudinis Dei? Et tu ergo labora et in cunctis enitere ut sis gloriam Dei quærens, utinhabitet et inveniat locum in te, et fias etiam tu cum omni ter¬ ra, iu qua est gloria Dei, plena, gloria ejus. Quomo¬ do fit per singulos nostrum pleuitudo gloriæ Dei? Si qnæ facio, quæ loquor, in gloriam Dei fiant, plcnus sermo meus et actus fit gloria Dei. Si et processus et ingressus meus in gloriam Dei est, si cibus, si potus meus, si omnia quæ facio in gloriam Dei fiant, et ego particeps sum istius dicti : « Plenu SAINT JÉROME. 570 Il est donc heureux pour chacun de nous défaire tendre tous ses efforts à obtenir une part de la porte et du dessus de la porte, par quoi on doit entendre une part de Jésus-Christ. Car jene crois pas qu’il y ait irrévérence à dire que la porte représente le corps de Jésus-Christ, et le dessus de la porte, le Verbe. « Le dessus de la porte fut élevé par le reten¬ tissement de leur grand cri, et la maison fut remplie de fumée. » Cette fumée est un don de la gloire de Dieu. « Et je dis : Malheureux que je suis parce que j’ai senti l’aiguillon ! » Avant d'avoir la vision, vous ne faisiez pas cet aveu de votre misère, ô Isaïe ? — Non, me répond-il ; et tant que vécut Osias, il ne me vint pas à l’idée que je fusse malheureux. Mais je reconnais que je suis malheureux, quand j’ai la vision, après la mort en moi du roi lépreux Osias, et je m’écrie : « Malheureux que je suis ! » Parai . xxvr. Et à mon tour je fais maintenant le même aveu au Seigneur et, comme Isaïe le disait de lui, je commence àdire de moi-même: Malheureux que je suis! Et l’Apôtre aussi jette presque le même cri : « Malheureux homme que je suis ! qui me délivrera de ce corps de mort? » Rom . vit, 24. C’est donc un bonheur pour moi de confesser que je suis malheureux. Si je m’hu¬ milie, si je pleure sur mes péchés, le Seigneur m’entendra, il me donnera un libérateur, et je est terra gloria-ejus. » Cum ergo omnia ista fecero, elevatum est superUminare a voce Seraphim, qua clamabant. Beatum est itaque unumquemque nos- trum ita laborare ut particeps fiat ostii et superli- miuaris ostii, quod juxta intellectum est Christus Deus. Neque enirn mdecens dictu reor ostium car- nem et superlimimire verbum nuncupari. III. «Elevatum est superliminare a voce qua clama¬ bant, et domus repleta est fumo. » Fumus iste donum est de gloria Dei. « Etdixi : 0 miser ego quoniam com- punctus sum. » Antequam videas visionem , non confi- teris te esse miserura, o ïsaia? Nod, ait, quamdiu vixit Osias, neque in seusum meum venit quia miser essem. Incipio autern nosse quia miser sum, quando video visionem, moriente milii Osia rege leproso, et dico : « O miser ego ! » Parai, xxvi. Nunc incipio et ego conGteri Domino, et dicere de memetipso : O miser ego! quomodo Isaias dicit : O miser ego ! Pro- xime autem huic et Apostolus dicit : « Miser ego homo, quismeliberabit decorpore mortis hujus? » Rom. vu, 24. Beatum est ergo ut miserura me fatear. Si me hu- miliavero, et pœnitens super peccatis meis flevero, exandiet me Deus, et dabit mihi überalorem, et di- rendrai grâces à Dieu par Jésus -Christ notre Sei¬ gneur. Ibid. y 25. Ecrions-nous donc dans toute la franchise de notre cœur : Je suis malheureux. Que chacun évoque en sa mémoire les causes de ses misères et toutes ses fautes, etlevons-nous ensuite pour prier, nous souvenant des pêchés en gens qui en font l’aveu, les ayant oubliés en gens qui ne les commettenlplus, etdisons: «Mal¬ heureux que je suis, car j’ai senti l’aiguillon du remords! » Il ne sentit pas l’aiguillon avant d’a¬ voir la vision, avant qu Osias lut mort ; c’est dès qu’il commence à faire pénitence qu’il s’écrie aussitôt : « J’ai senti l’aiguillon. » Quiconque, en état de péché, est inseiu'bleen son for intérieur, ne sent pas l’aiguillon qu’on pénétrer dans ses membres ; ainsi le pécheur qm est dans la mort du péché et qui ne fait point pénitence, bien qu’on l’aiguillonne avec la parole di¬ vine, n’est ni affligé ni repentant ; il n’a pas la tristesse qui opère la confession, cette tristesse qui est selon Dieu. Quiconque au con¬ traire veut être sauvé, dès qu’il entend la parole qui le reprend et le corrige, s’écrie aussitôt: Mal¬ heureux que je suis ! Et il ne suffit pas de dire : Je suis malheureux; il faut ajouter : Parce que je sens l’aiguillon delà conscience. Plaise au ciel que nous sentions cet aiguillon toujours davan¬ tage! EL en effet, plus nous le sentons, etplusles liens du péché se relâchent pour nous. Voilà cnm gratias Deo per Jeaum Christum Dominum no- struin. Ibid. y 25. Verum ex corde dicamus: Miser ego sum. Unusquisque recordetur causas miseria- rum suarum et delicta, et dicamus surgentes ad orationem, memores quidem quasi conGtentes, obliti autem quasi jam non facientes, et dicamus : « Miser ego, quoniam compunctus sum ! » Non est compunctus antequam videret visionem, antequam Osias, more- retnr; cucn incipit pœnitentiam agere, statim dicit: «quoniam compunctus sum. » Si quis sine sensu estjux- ta interiorem hominem, cum peccator sit, non eom- pungitur ; sed quasi in ext.eriora membra licet adlii- beas stimulum non sentit mortuum corpus, eodem modo si adhibeas peccatori verba divina morliûcnto per peccatum et non agenti pœnitentiam, neque mœstus est neque pœnitet, neque habet tristitïaru , operantem confessionem, tristitiam quae secundum Deum est. Si quis autem vult salvari, et audierit ser- mones arguentis se et corripientis, statim dicit : O miser ego I Nec sufficit dicere: Miser ego ; apponen- dum est ei : Quia compunctus suni- IJtinam amplius compungamqr ! Quanto enim plus compungi- mur, tanto plus nobis peccalorum vincula laxan- TRADUCTION DES NEUF HOMÉLIES D’ORIGÈNE. pourquoi Achab ne retira pas grand profit de sa componction, parce qu’elle ne fut pas grande ; il ne l’éprouva en effet qu’une seule fois, et delà, cette parole : « Vous avez vu Acliaz humilié de¬ vant moi. » lîl Reg. xxi, 29. Mais celui qui ne cesse d’être dans la componction dit avec l’A¬ pôtre : « Je ne suis pas digne d’être appelé Apô¬ tre parce que j’ai persécuté l’Eglise de Dieu... » I Corinih. xv, 9... « A moi le moindre de tous les saints a été accordée cette grâce... » Galat. xv, r... «Dieu fidèle, puisque Jésus-Christ est venu en ce monde pour sauver les pécheurs, au pre¬ mier rang desquels jesuismoi-même. » I Corinih. xv. Voyez-vousbienqu’ils’humilie grandement, et non pas une fois, mais sans cesse, dans ses écrits, dans ses paroles, dans ses actions ? Comme Isaïe quand il s’écrie ici : « Malheureux que je suis ! et je dois m’humilier, car je suis un homme qui a les lèvres souillées et qui habite au milieu d’un peuple, qui a aussi les lèvres souillées. » Une nuance dont il faut faire la remarque, c’est que les péchés d’Isaïe consistaient, non pas en ac¬ tions, mais seulement en paroles, et de là ces expressions : « Parce que je suis.un homme dont les lèvres sont. souillées. » Et le peuple aussi, dit- il, avait les lèvres souillées. En s’humiliant, il ne lui eût pas convenu en effet de s’ériger en accu¬ sateur des autres et de leur reprocher d’au- tur. Propter hoc Achab ille non multum utilitatis est consecutus, quia non multum compunctus est Sed compunctus quidem esL semen tantum; quamob- rem dictum est : « Vidisti quomodo compunctus est Achab. » III Reg. xxi, 29* Si vero quis talis fuerit ut non cesset compungi, dicit similiter ut Apostolus : <( Non sum dignus vocari Apostolus propter hoc quod persecutus sum Ecclesiam Dei ; » I Corinih. xv, 9 ; eL : «Milii niiuimooruniuin sanctorum data est ista gratia ; » Gai. r; et : «Fidelis Deus, quia Christus venit in hune mundum, peccatores salvare, quorum primus ego eum.» I Corinih. xv. Videsue quia multum compunctus est, et non semel, sed sernper scribens, et loquens, et agens compunctus est? quomodo et Isaias in præ- senti,qui dicit : «O miser ego sum, compunctus sum, quia cum sim homo et immnnda labia habeam, et in medio quoque populi immunda labia hobeutis hahi- tem. » Aunotemuset aliud quiddam, quia peccata Isaiæ non in factis, sed tantum in sermon i b us erant. Propter quod ait : « Quia cum homo sim, et immunda labia habeam. » Erat autem et populus immunda la¬ bia habens. Non decuit eum accusare populum, et dicere plura peccata in eo esse, quam immundorum labiornm. 61 i très péchés que ceux qui souillent les lèvres. « Et j’ai vu de mes propres yeux le Roi Sei¬ gneur des armées. » Si la pensée nous vient de Dieu pendant que nous sommes encore dans le péché, répétons nous aussi ces paroles du Pro¬ phète : « Et l’un des Séraphins fut envoyé vers moi. » Que Dieu est bon ! Puisque, dit-il, j’en¬ tends Isaïe faire l’aveu de ses fautes et s'écrier : Malheureux queje suis ! puisque j’entends ce cri de son repentir : « Je sens l’aiguillon de ma con¬ science ; » puisqu’il a fait cette confession franche de ses fautes : Je suis un homme dont les lèvres sont souillées etj’habite au milieu d’un peuple dont les lèvres sont souillées; » à mon tour, et pen¬ dant qu’il parle encore, je lui dis : Me voici. « Et l’un des Séraphinsfut envoyé vers moi, et il avait dans sa main un charbon de feu.» Ce charbon est apportéau prophète, afin que le feu purifie eu les brûlant ses lèvres qui avaient péché. Quel est celui-là, un des deux Séraphins ? C’est notre Seigneur Jésus-Christ qui, selon le but de son incarnation, a été envoyé, tenant en sa main un charbon de feu et disant: « Je suis venu apporter le feu sur la terre. » Et plaise à Dieu qu’il brûle en nous ! « Et l’un des Séraphins fut envoyé vers moi ; il avait en sa main un charbon de feu qu’il avait pris avec des pincettes sur l’autel. » Ce n’est pas IV. « Et regem Domiuura Sabaoth vidi oculis meis. » Si quando de Deo cogitaverimus, cum, adhuc sumus peccatores, et nos dicamus, quæ mioc dicit Pro- pheta : « Et rnissus est ad me unus de Serapbim. » Quam bonus Deus I Quia, inquit, audio confitentem Isaiam, dixit enim : O miser ego, quoniam audio pœuitentem, ait quippe : « Compunctus sum ; » quia propria delicta pronu ntiavit dicens : Quia cum sim homo, et immunda labia habeo, et in medio quoque populi immunda labia habentis hnbitem ; et ego, adhuc loquente eo, dico : Ecce adsum. « Et missus est nd me unus de Seraphim, et in manu sua habebat carbonem. » Carbo defertur ad Prophetam, ut per ignis ustionem purgeutur labia ejus, quæ aliquando peccaverant. Quis -est iste unus de Seraphim? Do¬ minas meus Jésus Christus, iste juxta dispensatio- nem carnis missus est habens in manu sua carbonem, et dicens : « Ignem veni mittere super terram. » Et utinam jam nrdeat ! Y. « Et missus est ad me unus de Seraphim, et in manu ejus habebat carbonem, quem acceperat forcipe de altari. » Non quocumque sirapliciter et fortuite Propheta igné purgatur, sed qui est de altari Dei. Si purgatusnon fueris altaris igné, residettibi ille, de 572 SAINT JÉROME. un feu quelconque et pris au hasard qui purifie le Prophète, c’est celui qui provient de l'autel de Dieu. Si vous n’êtes pas purifié par le feu de l’autel, il vous restera celui dont il est écrit : Al¬ lez loin de moi dans le feu éternel qui a été pré¬ paré pour le diable et pour ses anges. Tel n’eât pas le feu de l’autel. Tous doivent être livrés au feu, mais non pas au même feu ; aux uns est réservé le feu de l’autel, aux autres, celui qui a été préparé pour tle diable et pour ses anges. Ainsi donc, que la parole ardente qui purifie, touche les lèvres de notre esprit et de notre âme afin que nous puissions dire à notre tour : « Le feu a touché ma bouche. » Si je purifie ma bouche au point de ne plus prononcer un seul mot oiseux, un seul téméraire, un seul honteux, un seul ridicule, et pour tout dire à la fois, un seul mot de ceux qui sont défendus, alors on pourra dire : « Il a touché ma bouche. » Mais tant que j’ai les lèvres souillées et qu’aux actions impures je mêle les paroles coupables, le feu de l’autel ne touche pas ma bouche, et l’un des Séraphins n’est pas envoyé vers moi. « Et il dit : J’ai touché vos lèvres, et j’ai ôté vos iniquités, et vous avez été purifié de vos pé¬ chés. » Que la parole divine nous fasse sentir sa morsure, qu’elle brûle nos âmes. Ecrions-nous en l’entendant : « N’est-il pa. vrai que notre cœur était tout brûlant en nous? » 32, afin que nos iniquités et nos péchés nous ^ient ôtés et que devenus purs, avec une bouche pure, un cœur pur et une conscience toute pure, nous rendions grâces à Dieu tout-puissant en Jésus- Christ, à qui gloire et commandement appar¬ tiennent dans les siècles des siècles. Ainsi soit-il. HOMÉLIE Y. Au sujet de cette parole de l’Ecriture : « Qui a fait sortir la justice de l’orient ? » Isa, xn, et nouvelle analyse de la vision de Dieu et des Sé¬ raphins. (Le texte grec de cette allocution a été grande¬ ment altéré *, c’est donc plutôt d’après le sens gé¬ néral et le plan que d’après les mots que la tra¬ duction en a été faite). Le prophète dit que Jésus-Christ est la justice quo dictum est : Ite a me in ignem æternum, qui præparatus est Zabuio et angelis ejus. Non est talis iguis de altari. Omnes igni tradendi sunt, sed non uni igni; alios de altari ignîs expectat, alios ignis qui præparatus est Zabulo et angelis ejus. Tangat ergo labia mentis et animæ nostræ sermo corripiens, ut et nos dicamus : «Et tetigit os meum. » Si mun- davero os meum, ut nihil otiosum, nihil fatuurn, nihi turpe, nihil scurrile, (ut omnia semel nomiuem) nihil eorum quæ interdicta sunt, loquar, tune possumus dicere : «Tetigit os meuin. » Porro quamdiu immunda labia habeo et iminundas res gero propter verba peccati, non tangit 03 meum ignis de altari, neque mittitur ad me unus de Seraphiw. VI. « Et dixit : Ecce tetigi labia tua, et abstuli ini- quitates tuas, et peccatatua ciroumpurgavi. » Murdeat nos sermo divinus, exurat animas nostras. Dicamus audientes : «Nonne cor nostrum ardens erat in no- bis ? »> Luc, xxiv, 32, ut auferantur iniquitates nostræ, vivante, quand nous avions cru jusqu’ici que l’Apôtre seul avait appelé Jésus -Christ « la jus¬ tice, la sanctification, la rédemption et la sa¬ gesse. » I Corinth. i. Or c’est peut-être chez les Prophètes, dont il était nourri, que l’Apôtre avait puisé cette notion de la justice animée et vivante. Quelle est cette justice? Le Fils unique de Dieu. Ce n’est donc pas seulement de l’Apôtre qu’est venue la croyance que Jésus-Christ est la atquc peccata, et mundi effecti mundo are, mundoque' corde, et munda tota conscientia, gratias agamus omnipotenti Deo in Christo Jesu, cui est gloria et im¬ perium in sæcula sæculorum. Amen, HOMILIA QUINTA. De eo, quod scriptum est : « Quis elevavit ab Oriente justitiam? » Isa . xli, et de visione iterum aliter. Hæc Allocutio in Græeo perperam valde fuit; ideo juxta sensum et ordinem, non etiam juxia verba translata. I. Ait Prophètes esse Christum viventem justitiam, et putabamus nos ab Apostolo solum dictum esse, quia Christus sit « justifia, et sanctificatio, et redemptio, etsapientia. » I Corinth. i. Forte autem etApostolus, instructus a Prophetis, novil animatam esse justitiam et viventem. Quæ est ista justitia? Unigenitus Dei. Quia autem non solum ab Apostolo ortura est Christum esse justitiam, et viventem et subsistentem justitiam; TRADUCTION DES NEUF HOMÉLIES D’ORIGÈNE. 573 justice, et la justice vivante et permanente ; mais ce mystère nous est proposé aussi dans les écrits des Prophètes : cela est mis hors de tout doute par ce passage sur lequel viennent de s’arrêter mes yeux : « Qui a fait sortir la justice de l’O¬ rient et qui l’a appelée à ses pieds? » Isa. vu, 2. Dieu appelle la justice. Evidemment elle est animée, puisqu’elle marche quand il l’appelle. Or le Père a appelé Jésus-Christ, afin qu’il se mît en route et descendît du ciel vers nous pour opérer notre salut. Et en effet personne ne monte dans le ciel, si ce n’est le Fils de l’homme qui en est descendu. Dieu l’a lait venir de l’orient non point de celui qni tombe sous nos sens, mais de l’orient de la vraie lumière. C’est à, cause de cela qu’il est écrit : « Qui a fait sortir la justice de l’orient et qui l’a appelée à ses pieds?» Le Père a appelé le Fils, ou plutôt, pour parler plus exactement, Dieu a appelé l’homme-justice à ses pieds, c’est-à-dire, l’incarnation de son Fils. Aussi adorons-nous le marche-pied du Fils, selon ce qui est écrit : « Adorez son marche-pied, par¬ ce qu’il est saint. » Le corps de notre Seigneur participe ainsi aux honneurs rendus à sa divi¬ nité. Mais le commencement de la vision d’Isaïe a un sens profond qu’il faut expliquer, deman¬ dons au roi suprême que sa parole, qui s’en était allée après qu’il l’eut appelée, vienne de nou¬ veau à nous, afin que nous puissions émettre quelques réflexions sur ce sujet. sed invenies et a propheLicis sermonibus hoc nobis mysterium exhibitum, certum et a capitulo, iu quo ûunc lectio conquievit : « Quis enim, » inquit, « surgere fecit ab Oriente justitiam, et vocavit eam ad pedes s u os ? » Isa. xli, 2. Vocavit justitiam. Manifestum est animatam eam esse, si ambulet vocata. Vocavit autem Christum Pater, quo ob nostram salutem ad nos iter faceret et descendent de ccelo ad nos. Nemo enim ascendit in ccelum, nisi qui de ccelo descendit Fi- Jius hominis. Vocavit eum de Oriente ; non de isto sensibili, sed de oriente lucis veræ. Propter quod scriptum est : « Quis exsurgere de Oriente feciL justi¬ tiam et vocavit eam ad pedes suos?» Pater vocavit Filium, imo ut vere dicamus, Deus hominem vo¬ cavit justitiam ad pedes suos, id est, incarnationem Filii sui. ïdeo et adoramus scabellum pedum illius, juxtaquod scriptum est : « Adorate scabellum pedum ejus, quia sanctum est. » Garo siquidem Domini hono- rem deitatis assumit. Quia autem principium lec- tionis altiori indiget expositione, oremus summum regem, ut sermo qui vocatus abierat, ad nos iterum « Voici ce qui arrivera l’année de la mort du roi Osias : Je vis le Seigneur assis sur un trône élevé, et la maison était remplie de sa gloire ; et les Séraphins étaient autour de lui, l’un ayant six ailes'et l’autre six ailes: deux dont ils voilaient saface, deux dont ils voilaient ses pieds, et deux dont ils volaient; et ils criaient l’un A l’autre, et ils disaient : Saint, saint, saint Dieu Sabaoth, et la terre est remplie de sa gloire, » etc. Isa. vi, 1 et seqq . Or pourvoir nous-mêmes la vision que . vit Isaïe, faisons appel à Jésus qui a donné des yeux à ceux qui ne voient pas. Ilpeut en effet venir même à présent et faire que nous discernionsà pleine vue les mystères cachés dans ces leçons du prophète, pourvu que nous lui promettions de ne plus faire désormais du corps du Christ un corps de|courtisane etjde ne plus produire'des œuvres sur lesquelles il faut pleurer. Que chacun de nous adresse à Dieu ce serment du fond de son cœur, et prions-le de descendre parmi nous môme à présent. Car si Jésus ne vient pas, notre vue ne saurait pénétrer ces mystères. Je prie Dieu moi- même d’envoyer vers moi le Séraphin avec les pincettes tenant le charbon, afin qu’il purifie mes lèvres. Que dis-je? mes lèvres; Isaïe était saint, et ses lèvres seules furent purifiées parce qu’il n’avait péché que des lèvres, c’est-à-dire, par la parole. Mais moi, il ne m’est pas permis de dire que mes lèvre seules sont souillées, et je ne crains que trop d’avoir un cœur impur, des revertatur, ut pauca juxta possibilitatem nostram edisseramus. IL « Et factum est in anno, quo mortuus est rex Osias : Vidi Dominum sedentem supra thronum excel- sum, et plena erat domus gloria ejus; et Seraphim stabantin circuitu ejus, sex alæ uni, et sex alæ alteri, et duabus quidem velabant faciemejus, et duabus ve- labant pedes, et duabus volabant ; et clamabant alter ad alterum, et dicebant : Sanctus, sanctus, sanctus Dominus Deus Sabaoth, plena est terra gloria ejus. »îsa . vi, 1 et seqq. et reliqua. V.erum ut et nos videamus visioiiem, quam viditlsaias, vocemus Jesum, qui non videntibus largilus estoculos. Potestenim etiam nunc venire et facere, ut ea, quæ in lectione sacramenta dicta sunt, apertis oculis intueamur; repromittamus ei jam nos non ultra facere corpus ChrisLi corpus mere- tricis, nec facere opéra digna luctu. Unusquisque nos- trum hæc corde loquatur adBeum, etprecemur ut ad- ventus ejus etiam nunc fiat. Si enim non advenerit Jésus, ista videre non possumus. Precor ut mittatur etiam ad me Seraphim, et, comprehenso de forcipe SAINT JÉROME. 574 yeux impurs, impures les oreilles et la bouche impure. Tant que je pèche en toutes ces choses jesuis tout impureté. Si la vue d’une femme éveille en moi des désirs charnels, j’ai dès lors commis l’adultère avec elle en mon cœur, et j’ai des yeux impurs. Si de mon sein sortent des pen¬ sées mauvaises d’adultère, cle fornication, de faux témoignage, voilà que mon'cœur est impur. « Qu’ils sont beaux les pieds de ceux qui annon¬ cent la paix, qui annoncent labonne nouvelle! » Isa. lit, 7. Mais moi je crains que mes pas ne soient tournés vers le mal et que j’aie les pieds souillés. J’élève mes mains vers le Seigneur, et peut-être détourne-t-il sa face en disant : « Si vous élevez les mains, je détournerai ma face. » Isa. t, 19. Qui donc me purifiera? Qui ôtera la souillure de mes pieds? Venez, Jésus : j’ai les pieds souillés, faites-vous serviteur à cause de moi, faites couler votre eau dans votre bassin, venez, lavez mes pieds. Et je ne l’ignore pas, c’est là une demande bien téméraire ; mais je tremble devant cette menace du Sauveur : « Si je ne lave point vos pieds, vous n’aurez point part à l’héritage avec moi. » Joan. xm, 8. Lavez-les donc, Seigneur, afin quej’aiepart avec vous. La¬ vez mes pieds, ai-je dit? Il pouvait dire cela, Pierre dont les pieds seuls avaient besoin d’être lavés et qui était tout pur. Pour moi, qui ai été lavé carbone, purget labia mea; et quid dico labia mea? Isaias sanctus erat, et ideo tantum labia ejus purgata sunt, quia labiis tantum, id est, sermone deliquerat. Ego vero non sum talis, ut possim dicere, quod so- lura immunda labia haboo ; sed metuo ne immundum cor habeam, immundos oculos, immundas aures, im¬ mundum os. Quamdiu in omnibus istis pecco, lotus immundus sum. Si videro mnlierem ad concupiscen- dum, jam mcechatus sum eam in corde meo; ecce immundos oculos habeo. Si de pectore meo exeant eo- giLationes pessimæ, adulteria, fornicationes, falsa tesLi- monia, ecce cor immundum h*beo. « Quam formosi pedes evangelizantiumpacem, evangelizantium bonal » Isai . lu, 7. Ego vero. timeo ne currens ad mala im- mundos pedes habeam. ExLendo ad Dominum manns meas; et forte avertens faciem snam dicit : « Si exten- deritis manus, avertam faciem meam a vobis. » Isaî. x, 19. Quis ergo me mandat? Quis lavat pedes meos ? Jesu, veni, sordidos habeo pedes, propLer me fias ser- vus; mille aquam tuam in pelvim tuaui, veni, lava pedes meos. Et scio temerarium esse quod dico; sed timeo comminationem dicentis : « Si non lavero pedes tuos, non habebis parlera mecum. » Joan. xm. Ideo lava pedes meos, ut habeam partem tecum. Sed quid une première fois, j’ai surtout besoin de ce baptême dont notre Seigneur a dit : « J’ai un autre baptême dans lequelje purifie le inonde. » Mais pourquoi parlé-je ainsi ?vOOur préparer cet auditoire et moi à de plus grancu mystères, pour¬ vu toutefois que vienne et que c'f^ende vers nous la parole de Dieu; car je craint encore qu’elle lia me fuie, qu’elle ne rejette mes louan¬ ges. Elle a fui jadis le peuple, cette parole, à cause du seul pécheur Achar; elle l’a fui, je le répète, à cause d’un seul pécheur, Achar, fils de’ Zamri fils de Zara de la tribu de fuda, qui dés¬ obéit à Dieu et fut anathématisé pour cela. Jos. vu, 2 5. Et maintenant que l’affluence des fidèles est plus grande à cause de ce temps de prépa¬ ration à la Pâque et surtout de ce jour du Di¬ manche qui rappelle la passion de Jésus-Christ (car la résurrection de notre Seigneur se célèbre plusieurs fois dans l’année et non point après sept jours dans toutes les circonstances), priez Dieu tout-puissant, afin que sa parole vienne vers nous. Quoique vous soyez pécheur, priez-le. Dieu écouteaussi la voix des pécheurs. Etsi vous vous effrayez de cette parole écrite en l'Evangile : « Nous savons que Dieu ■ n’exauce pas les pé¬ cheurs », Joan . ix, 13, bannissez cette crainte, rejetez cette croyance. Celui qui a dit cela était aveuglé. Ajoutez foi plutôt à Celui qui dit, et il aio, lava pedes meos.?Petrus hoepotuit dicere, qui non habnit nocesse, nisi tantum nt pedes ejns lavarentur, totns quippe mnndus erat. Ego potins cum semel lo¬ tus sum ( Leg . sim), illo indigeo baptismaLe, de quo Dominus ait : « Ego aliud Baptisma habeo baptizare. » Gur ista diximus? Præparo et me et audientes ad ma¬ jora mysteria, si tamen veniat, si descendat ad nos sermo Dei; timeo enim ne me fugiat, ne benedictionem quoque meam dedignetur. Fugit quondam sermo po- pulum propter Achar anura peccatorem; fugit, in- quam, sermo populumpropïeruaum peccatorem Achar, filium Zarnbri filii Zara ex tribu Juda.qui inobediens fuit Deo et ideo aoathematizatus est. Jos. vu, 25. Et quia nunc populi multitudo est propter parasceven, et maxime in Dominica die, qnæ passionis ChrisLi eom- memoratrix est (îieque enim resurrectio Domini se- mel in auno, et non semper post septem dies cele- bratur), orate Deuin omnipotentem, ut veniat ad nos sermo ejus. Etiamsi peccatores estis, orate Domi¬ num. Peccalores exaudit Deus. Quod si timetis illud, quod in Evangeho dicitur : « Scimns quia peccatores. non exaudiat Deus, » Joan. îx, 13, no- lite pertimescere, noliLe credere. Gæcus erat qui hoc dixit. Magis autem crédité ei, qui dicit, et non menti- TRADUCTION DES NEUF HOMÉLIES Û’ORIGÈNE. ne ment jamais : « Quand vos péchés seraient comme l’écarlate, je les rendrai blancs comme la laine...» lsa.\ , 10... «Sivous voulez m’écouter, vous serez rassasiésdes biens de la terre; »lbid. 19. Or si vous voulez l’écouter en ce moment môme, prions en commun le Seigneur pour que du moins, la parole venant à nous nous puis¬ sions voir le sens des paroles duprophète. « Voici, dit-il, ce qui arriva l’année de la mort duroiOsias: Je vis le Seigneur assis sur un trône élevé. » Et il écrit à la suite sa vision. Pourquoi précise-t-il l’époque et le roi ? Compre¬ nez bien en quelles circonstances la vision s’est produite. C’est lorsque le roi Osias fut mort, qu’I- saïe vit Dieu Sabaolh assis sur un trône élevé. Si quelqu’un des nôtres sait qui fut Osias et quelles actions il fit, celui-là peut savoir ce que l’Esprit nous enseigne par le Prophète, ce que nous propose le texte sacré. J’irai à la vie d’Osias et je m’enquerrai à son sujet dans le livre des Rois et dans les Paralipomènes ; là j’apprendrai qu’il est nécessaire, pour que je voie le Seigneur des armées assis sur un trône élevé, que le roi Osiasmeure enmoi. UPar. xxvi. CetOsias,descen- dantde la race de David et'roidu peuplcde Juda, tant que vécut Zacharie qui avait le don d’in¬ telligence (tel est le récit du second livre des Pa- ralipomônes), fit ce qui était droit aux yeux de Dieu. Non content de cela, il fit de grands lumi¬ naires au Seigneur, il embellit le temple de Dieu tnr : « Et si fuerint peccata vestra ut cocciuum, ut lanam dealbabo; » Isa. i, 18; et: « Si volueriLis, etau- dieritis me, bona terræ edetis.» Ibid.} 19. Sivultisvel nunc audire, oremus iu commune Dominion, ut sal- tem nunc, adveniente verbo, prophetica verba dicta valeamus advertere, III. «Factum est,» inquit, «iu anno, quo mortuusest Osias rex: Vidi Domic um sedentem super Lhronum excel- sum. » Visio ascripta est. Cur regis Lempus signitica- tum ? IuLendite quando oborta sitvisio. Cura mortuus est Osias rex, vidit Isaias Dorninum Sabaot.h sedentem super thronum exeelsum. Si quis ex nostris novit qui fuerit Osias et quæ gesserit, ille potest nosse quid do- cuerit Propheta per spiritual, quid exhibeat nobis serino divinus. Vadam ad vitam Osiæ, et requiram ex Uegnorum libris et exParulipomenon lüstoria de Osia ; ibique videbo, quianecessorimnsifisi futurum sit ut vi- deam Dominum Sabaolh sedentem super thronum ex- celsum, mihi mori Osiam regem. II Par. xxvi. Isto Osias, ex seraine David descoudens et regnans in po¬ pulo Judn, quamdiu quidem vixit Zachniias qui in- telligebat (sic enim scriptum est secundo libro Para- 575 et ses vertus religieuses furent nombreuses. Mais après la mort cle Zacharie qui avait le don d’in¬ telligence, il fit le mal. Qui est celui qui fit le mal? le roi et non le prêtre, la dignité royale est tout autre que la dignité sacerdotale. 11 vou¬ lut entrer dans le temple, y prendre la place du prêtre, y exercer une fonction qui ne lui avait pas été accordée. Il trompa la vigilance des prê¬ tres, il entra et il s’empara de l’encensoir. Le prince des prêtres de ce temps-là entra aussitôt après lui, accompagné de quatre-vingts prê¬ tres, et il dit au roi : IN’ètes-vous point Osias, et vous croyez -vous prêtre ? Le roi persévéra dans sa violence, et aussitôt la lèpre parut sur son front. 11 fut rejeté eomme un cadavre, il se hâta de sortir du temple et le Seigneur le chassa aux abords de la ville. Il devint donc lépreux à cause de cette violation de la loi. Chacun de nous est sous la royauté ou du péché ou de la justice. Si le péché règne sur moi, je suis le sujet d’un des rois d’Israël qui sont entrés par la violence dans le temple. Si je suis juste dans la mesure de mes forces, si je fais ce qui est droit aux yeux de Dieu et si j’y persévère, c’est la justice qui règnesur moi. Tantquelelépreux vécut, Isaïe eut les lèvres souillées. Tant que l’injuste vécut, Isaïe ne put voir le Seigneur des armées et il eut les lèvres impures, parce qu’il était sous la puissance de ce roi injuste. Et à quel moment commence-t-il à voir la vision de Dieu ? l’année lipomonon), fecit rectum in conspectu Domini. Nec sufficiens isto, fecit luminaria magna Domino, et com¬ posait terapluin Dei, et multæ fuerunt in religiono ejus vivtutes. Quando autenfmorLuus est Zacharias in- telligens, tune fecit malignum. Quis hic fecit mali- gnum? Rex erat, non sacerdos. Alius ordo regius, alius ordo sacerdotalis. Voluit ingredi in templum, et locum ageresacerdotis, et facere opus, quod non fue- rat ei concessum. Introiit* præveniens sacerdotes, et assumpsit vas libarainis. Ingressus autem et princeps sacerdotum, qui tempore illo erat, et octoginta sacer¬ dotes cum eo; dixit ad euin princeps sacerdotum: Nonne tu es Osias, et non sacerdos? Violenter persévéra vit et lepra ascendit in frontem ejus. Projectus est mor¬ tuus, egressus est de templo, eduxit eum Dominus. Igitur leprosus factus est propter prævaricaLionem le- gis. Unusquisque sub regno est sive peccati, sive jus¬ tifiée. Si peccatum mihi régnât, unus sum de regibus Israël, qui templum violenter ingressi sunt. Si justus sum juxta mensuram profectus mei, et facio rec¬ tum, et persevero ante conspeetum Dei, régnât mihi justifia. Quamdiu Yero vixit leprosus, Isaias immunda 576 SAINT JÉROME. de la mort d’Osias. On peut, Dieu aidant, ap¬ pliquer les mêmes considérations à plusieurs au¬ tres passages des livres saints. Ainsi, il y a dans l’Exode quelque chose d’approchant : « Et il ar¬ riva après quelques jours que le roi d’Egypte mourut, et les enfants d’Israël soupirèrent, et leur cri monta jusqu’à Dieu. » Exod. u, 23. Tant que Pharaon vécut, les enfants d’Israël ne firent pas entendre leurs soupirs; placés dans la pire des conditions, ils n’avaient, môme pas la liberté de gémir, parce que ce roi vivait, qui leur or¬ donnait de faire de pénibles ouvrages de briques et de mortier. Tant que Pharaon vécut, ils ne soupirèrent point vers Dieu; c’est lorsqu’il fut mort, qu’ils osèrent lever leurs visages baignés de larmes. Tant que vit le pharaon, Satan, ce roi méchant, vit en notre cœur. Alors nous fai¬ sons des ouvrages de briques et de mortier, et nous dévorons nos larmes en 'silence, et nous accomplissons les maitresses-œuvres d’iniquité. Lorsque ce roi est mort, le Seigneur Dieu nous visite, et c’est alors seulement que nous soupi¬ rons vers lui. Prions donc le Seigneur de faire mourir le règne du péché qui est dans notre corps mortel, puisqu’il estdit : « Lepéchéest mort, et moi je suis ressuscité;... le péché est ressus¬ cité, et moi je suis mort. » Rom. yii, 9, 10. Osias, labia habuit. Quamdiu vixit iniquus, nonpotuit Isaias DominumSabaoth videreet immundalabia habuit, sub iniquo quippe rego erat. Quaado enim incipit videre visionem Dei? Anno quo mortuus est Osias. His si- milia, et de multis scriptis poteris dicere, tribueate Deo. In Exodù istiusmodi quiddam scriptum est : « Et factum est post dies aliquot, mortuus est rex Ægypti, et suspiraverunt filii Israël, et ascendit clamer eorum adDeum.» Exod . n, 28. Quamdiu vixit Pharao, non suspiraverunt filii Israël, et in pejus positi, ne ge- mendi quidem habuerunt liberam facultatem, vivebat quippe rex, qui imperabat eis et lateres et paleas fa- cere. Quamdiu vixit Pharao, non suspiraverunt ad Deum ; cuui mortuus est Pharao, tune valuerunt ma- dida fletibus ora sustollere. Vivit rex malignus inpec- tore nostro, quamdiu vivit Pharao Zabulus. Tune la¬ teres operamur et paleas, et tune lacrymas intra si- lentium devoramus,et inîquitatisopera prima facimus. Cum autem mortuus fuerit, Domino Deo nos visitante tune suspiramus ad Dominum. Ideirco oremus Domi- num, nt regnum peccati, quod est in mortali nostro corpore moriatur. « Peccatum» enim, ait, « mortuum est, un de ceux qui ont le sceptre du péchm venant à mourir, Pharaon meurt aussi. Quand. Ai eurt ce roi pervers, je lève les yeux au ciel, et Dieu en¬ tend ma voix, comme il entendit celle d’Abra- ham, etd’Isaac, et de Jacob ; et je vois le Seigneur des armées assis dans sa majesté royale sur un trône élevé, tandis que le peuple ne le vit point, parce qu 'Osias n’était pas encore mort quant à lui. A cela, voici un pendant, mais en mauvaise part et qui lui est opposé. Ce même Osias, tant que vécut Zacharie, qui avait le don d’intelli¬ gence, ne commit pas le péché devant Dieu ; Za¬ charie mort, il s’éloigna du Seigneur dès qu’il commanda au peuple et gouverna la ville par lui-même. Méditons ces pensées nuit et jour, et devant ces paroles du Seigneur : « Vous deviez mettre mon argent entre les mains des banquiers, et à mon retour je l’aurais retiré avec usure, » Malih. xxv, 27, n’amassons pas dans notre suaire l’épargne qui nous est confiée, et ne ca¬ chons pas le talent dans la terre, mais plaçons- le à intérêt. Et puisque vous recevez de nous la doctrine du Seigneur, à vous de voir de lui ren¬ dre avec usure. C’est la grâce que je vous sou¬ haite en notre Seigneur Jésus-Christ, à qui gloire et commandement appartiennent dans les siècles des siècles. Ainsi soit- il. ego autem revixi ;» Tîom.vn, 9; et rursum': «Peccatum revixit, ego autem mortuus sum. 10. Moriente uuo, qui potitur reguo peccati, Osia, morituret Pharao, Cum moritur rex pessimus, erigo ad cœlura oculos et exaudit voaem meam Deus, quomodo Abraham, et Isaac, et Jacob ; et video Dominum Sobaoth seJen- tem et regnautem super excelsum solium, quem po¬ pulos non vidit, noudum enim Osias mortuus fuerat. Yolo quiddam simile interponere bonæ rei, quæ liuic contraria est. Iste ipse Osias, quamdiu vixit Za- charias intelligens, non fecit peccatum in conspectu Dei; moriente Zacharia, declinavit a Domino, ubi im- peravit .populo, et rexit urbem. Hæc diebus et nocti- buslegentes, etaudientes Dominum dicentem : « Opor- tuit te mittere pecuniam meam ad mensam et ego ve- niens cum usuriseam exogissem, » Matlh. xxy, 27, non colligamus in sudaria mammonam creditam, nec pe¬ cuniam mittamus in terram, sed feneremur eam po- pulis. Et cum nos crediderimus dominicain ratio- nem, vobis erit videndum quomodo crédita cum usuris exsolvatis. Quam, etc. Amen. TRADUCTION DES NEUF HOMÉLIES D’ORIGÈNE. 577 HOMÉLIE VI. Au sujet de ces paroles de l’Ecriture : « Qui en¬ verrai-je et qui ira. » etc., jusqu’à l’endroit où il est dit : « Qu’ils se convertissent et que je les guérisse. » Isa. vi, 8-10. Isaïe voyant le Seigneur des armées^assis sur un trône élevé et sublime et aussi les Séraphins qui se tenaient autour de lui, et recevant la ré¬ mission de ses péchés par ce feu qui, apporté de l’autel, purifia ses lèvres de son contact, dit qu’il entendit la voix du Seigneur lui parlant ainsi non sur le ton du 'commandement, mais sur celui de l'exhortation : « Qui enverrai-je et qui ira vers ce peuple? » et il ajoute ensuite qu’il répondit au Seigneur : « Me voici, envoyez- moi. » Arrivé à ce passage, je trouve, en fouillant les Ecritures, que Moïse a dit d’une manière, et Isaïe d’une autre. Moïse, choisi pour conduire le peuple hors de la terre d’Egypte, s’écrie ; « Dé¬ signez, Seigneur, un autre pour l’envoyer; » Exod. iv, 13 ; il semble qu’il s’oppose au dessein de Dieu. Isaïe au contraire, qui n’est pas choisi, sur ces simplesjmots : Qui enverrai-je et qui ira? s’écrie : « Me voici, envoyez-moi. » Il n’est donc pas sans importance de comparer la valeur spi¬ rituelle de ces deux conduites et de rechercher lequel des deux agit mieux : ou Moïse qui, après HOMILIA SEXTA. De co quod scriptum est : «Quem mittam, et quia ibitnobis, » etc., usque ad eum locum, in quo ait: « Et convertantur, et sanem eoa.» /sa. v i, 18.10. I. Videns Isaias Dominum Sabaothsedentem super thronum ex- celsum et elevatum, videns autem et seraphiin cir- cumstantia eum, etremissnm peccatorum recipiens per eum ignem, qui allatus de altario labia ejus contactu purgavit, ait se audisse vocem Domiui non imperantis sed excitantis atque dicentis : « Quem mittam, et quia ibit ad populum istum ? » Deindc dicit se respondisse Domino : « Ecce sura ego, mitte me. » Factus autem iu hoc loco et, scrutans ea]quse scripta sunt, invenio aliud fecisse Moysen, aliud Isaiam. Moyses enim electus ad eductionempopuli de terra Ægypti,ait : « Providoalium quemmittas, » Exod. iv, 13, etiam videturcoutradicere Deo. Isaias vero non electus, sed audiens: Quem mittamet quisibit: «Ecce,» inquit, «ego sum, mitte me. » Dignum est ergo spiritalibus spirilalia comparare, et requirere quis e duobus meliusfecerit : Moysesne qui, postquam electus est, recusavit; an Isaias, qui ne electus qui- TOM. IV. avoir été choisi, se récusait ; ou Isaïe qui, sans être choisi s’offrait de lui-même pour être en¬ voyé vers le peuple. J’ignore s’il se trouve quel¬ qu’un qui, en présence de l’opposition d’attitude qui apparaît entre eux, ose dire que Moïse ne fit là ni plus ni moins qu’Isaïe. Pour moi, plus hardi, après avoir comparé ces deux saints hom¬ mes, j’affirme que la conduite de Moïse est plus respectueuse que celle d’ïsaïe. Moïse voyait la grandeur de l’œuvre : être à la tête du peuple pour le conduire hors de la terre d’Egypte et lutter contre les incantations et les maléfices des Egyptiens ; aussi s’écrie-t-il : « Désignez un autre pour l’envoyer. » Isaïe au contraire de répondre, sans attendre que Dieu fit connaître ce qu’il fau¬ drait dire, et comme s’il avait été choisi: « Me voici, envoyez-moi. » Et c’est parce que, sans savoir ce qu’il recevrait l’ordre de dire et comme s’il avait été désigné, il s’empresse de répondre : « Me voici, envoyez-moi, » qu’il reçoit l’ordre de dire précisément ce qu’il n’aurait pas voulu. N’était-il pas contraire à ses souhaits, en rece¬ vant mission de prophétiser aussitôt, de com¬ mencer par des malédictions : « Vous écouterez et vous ne comprendrez pas, vous regarderez et vous ne verrez pas ; car le cœur de ce peuple dem ipse se obtulit, ut mitteretur ad populum. Nescio enim -si polest quis, eam contrarietatem negotiorum quæ in utroque videtur intendens, dioere quia idipsum fecerit Moyses quod Isaias. Ego audacter feci, comparans duos sanctos et beatos viros, et de- cernens et dicens verecundius Moysera fecisse quam Isaiam. Moyses quippo magnitudinem considerabat, præesse populo ad educeudura eum de terra Ægypti etrepugnare Ægyptiorum ineautationibus etmaleficiis propter hoc ait : « Provide alium quem mittas. » Iste autem non exspectans audire quid ei juberetur ut di- ceret, ac si electusfuisset : « Ecce, » inquit, «sum ego, mitte me. » Unde quia ignorans quid ei juberetur ut diceret, ac si electus fuisset : «Ecce,» ait, «ego sum, mitte me, » hæc jubotur ut dicat quæ erant[inoptata dicenti. An non erat inoptabile statim jussum pro- phetizare, a maledictionibus iucipere dicentem : «Aure audietis et non intelligelis, et videutes cernelis et non videbitis; incrassatum enim cor populi hujus, » et re- liqua? Forte ergo (si tamen audenter expedit dicere) temeritatis et audaciæ mercedem consecutus est, utea jubeatur dicere, quæ prophelizare nolebat. Quia autem 37 578 SAINT JÉROME. est endurci, » etc. ? Peut-être Lien par consé¬ quent (convient-il que j'ose le dire?) il reçut le prix de sa témérité et de son audace dans l’or¬ dre qui lui fut donné de prophétiser ce qu’il ne voulait pas. Puisque nous avons mis en paral¬ lèle Isaïe et Moïse, faisons une autre comparai¬ son entre Isaïe et Jonas. Celui-ci est envoyé pour publier le renversement de Ninive après trois jours, et il regrette de partir et d’aller à contrc-cœur annoncer ce désastre à cette ville. Celui-lî\ au contraire, avant de savoir ce qui lui sera ordonné, répond aussitôt : « Me voici, en- voyez-moi. » Il n’est pas bon de (se jeter à l’é¬ tourdie sur les dignités, les hautes charges, les mystérieux honneurs de l’Eglise ; il convient d’i¬ miter Moïse et de dire avec lui : « Choisissez un autre pour l’envoyer. » Et en effet celui qui veut se sauver n’arrive pas auxprérogativès du com¬ mandement dans l'Eglise, alors même qu’il a rang de chef; il arrive à la condition de servi¬ teur, puisqu’il convient de répéter avec l’Evan¬ gile : « Ceux qui sont regardés comme les maî¬ tres des peuples les dominent, et ceux qui ont le pouvoir sont appelés magistrats ; il n’en doit pas être de môme parmi vous, vos princes ne vous dominent pas, et quiconque voudra être le plus grand d’entre vous doit être le plus petit de tous. » Marc . x, 42-44. Celui qui veut être le pre¬ mier doit être le dernier de tous. Par conséquent, quiconque est appelé à l’épiscopat, n’est pas ap- comparavimus Isaiam et Moysem, componamus et aliam proximam comparationem Isaiæ et Jouæ. Ille millilur prædicare eversionem Ninivilis post très dies, et piget eum proficisci nolentem causa malorum ci vi- talis. Iste non exspectnns quid ei imperarelur ut di- ceret, ait : « Ecceego snm, roitte rue. » Booum est non prosilire ad eas, quæ a Deo sunt, dignitates, et princi¬ pales, et mysteria Ecclesiæ, sed imitari Moysen, et dicere cura eo : « Provide alium, quem mittas. » Ne- que enim ad principatum Ecclesiæ venit, qni salvari vu 11, etsi præest; sed ad servituiem Ecclesiæ, si oportet dicere et de Evangolio : « Principes quidem genliiim dominantur eis, et qui potestatem habent in illis, ma- gistratus vocantur. Non sic autem erit in vobis nec enim dominantur principes in vobis, sed qui vultesse veslrum major, erit omnium miniraus. »Marc. x, 42-44. Qui vult esse primus, erit omnium novissimus. Qui vocatur ergo ad episcopatum, non ad principatum vocatur, sed ad serYitulem totius Ecclesiæ. Si vis credere de Scriptnris, quia in Ecclesia servus sit omnium qui præest, suadeat tibi ipso Salvalor et Domiuus, qui talis tanlusque factus est in pelé à dominer, mais à être le serviteur de toute l’Eglise. Pour bien vous persuader d’après les Ecritures que, dans l’Eglise, celui qui est à la tête est le serviteur de tous, puisez-en la con¬ viction dans l’exemple du Sauveur lui-même qui nous apparaît si grand entre ses disciples, non point parce qu’il présida la cône, mais parce qu’il s’y fit leur serviteur. Prenant un linge, après avoir quitté |scs vêtements, il le mit au¬ tour de lui; puis ayant versé de l'eau dans un bassin, il commença à laver les pieds de ses dis¬ ciples et à les essuyer avec le linge qu’il avait autour de lui ; et pour leur enseigner que leurs princes doivent être comme des serviteurs : «Vous m’appelez, dit-il, votre maître et' votre Seigneur et vous avez raison, car je le suis; si donc je vous ai lavé les pieds, moi qui suis vo¬ tre maître et votre Seigneur, vous devez aussi vous laver les pieds les uns aux autres. » Joan. xrrr, 13, 14. Tout prince de l’Eglise est donc ap¬ pelé à être serviteur, pour qu’il puisse s’élever de cette condition de serviteur au trône céleste que lui promet l’Evangile : « Vousserez assis sur douze trônes pour juger les douze tribus d’israél.» Mali h. xxiv. Entendez aussi Paul, ce flambeau de l’Eglise, publier qu’il est le serviteur de tous les fidèles : « Je suis le plus petit d’entre les Apô¬ tres, je ne suis pas digne de ce nom d’Apôtre, parce que j’ai persécuté l'Eglise de Dieu. » I Co- rintJu xv. Cela ne semble pas prouver son état de se r- raedio discipulorum, quasi discumbens, sed quasi mi- nislrans. Accipienseniin lintenm, postquam exulus est vestimentis, præcinxit se, et miltens aquam in pelvim, cœpitlavare pedes discipulorum, et delergere linleo, quo erat præcinctus. Et docens quales oporteat esse priocipes tamquam servos ait : « Vos vocatis me raa- gistrum et dominum, et bene dicitis, sura etenim ; si ergo dominus et magister vestèr lavi vobis pedes, et vos debetis alterutrumlavare pedes.» Joan.x u, H3,H. In servituiem igitur vocatur Ecclesiæ princeps, ut pos¬ ait ex servitute ista ire ad solium cœleste, sicut scrip- tum est : c< Sedebitis super thronos duodecim tribus Israël. » Matlh. xxiv. Audi vero et Paulum tam præ- elarum virum dicentera, quia servus fuerit omnium credenlium: « Ego enim sura,» ait, uminimus Aposto- lorum, non snm dignns vocari Apostolus, quia perse- cutus sum Eeclesiam Dei. » I Corinth.xv. Porrosic hoc non videtur approbare servitutem ejus, sed tan¬ tum humilitatem; audi eum dicentem : « Faeti sumus parvuli in medlo vestrum, quasi si nutrix foveat filios suos, cum possemus graves esse, ut Chrisli Apostoli. » I T/icssal. u. Imitatoresergo nos esse expedit lnunilium TRADUCTION DES NEUF HOMÉLIES D'ORIGÈNE. viteur, mais seulement son humilité; écoutons- le donc encore : « Nous nous sommes conduits parmi vous avec une douceur d’enfants, comme une nourrice qui a soin de ses enfants, alors que nous eussions pu, comme Apôtres de Jésus-Christ, nous mettre à votre charge. » I Thessal. n, 7. Il nous est donc avanta¬ geux d’imiter les paroles et les actions pleines d’humilité de noire Seigneur et de son Apôtre, et de faire ce que Moïse ht, et quiconque est appelé aux dignités parmi nous, doit dire: « Choi¬ sissez, Seigneur, un autre pour l'envoyer.» Exod. rv, 13. Isaïe dit à Dieu : J’étais indigne avant- hier et il y a trois jours. Je n’ai jamais eu la fa¬ cilité de parler et j’ai la langue embarrassée. Et parce qu’il avoue humblement que sa voix est faible et lente à la parole, Dieu lui répond : « Qui a fait la bouche de l’homme, et qui a formé le muet et le sourd, celui qui voit et celui qui est aveugle ? n’est-ce pas moi, le Seigneur Dieu ? » Ibid: \ \ . Croyez à Dieu, vouez-vous à lui. Bien que votre voix soit faible et votre langue pares¬ seuse, ayez confiance dans la parole de Dieu, et vous direz plus tard : « J’ai ouvert la bouche et j’ai attiré l’esprit. »Psalm . cxvm, 131. Toutes ces considérations sont nées à l’occasion de cette ré¬ ponse d’isaie : «Me voici, envoyez-moi. » A un autre point de vue, nous devons imiter sa conduite. Et en effet il veut, après avoir reçu la grâce de Dieu, ne pas l’avoir reçue en vain, mais la faire servir à ce qui est nécessaire. A la vue des Séraphins et du Seigneur des armées ipsius Domini sernaonum atque faclorum, et Aposloli ejus, et face re quod factum est a Moyse, ut étiamsi vocatur aliquis ad principatum, dicat : « Provide alinm quem mittas. » Exod. îv, 12, 13. Deo dicit : Non sum dignus ante heri et nudiusterlius. Exilis vocis sum et tardilinguis. Et quiaDeo dixit liumiliter : Exilis vocis sum et tardilinguis, audit a Deo : « Quis dédit os ho- rninis, et quis facit surdum et mutum, videntem et cæcum? Nonne ego Dominus Deus? » Crede Deo, con- secra te ei. Licet subtilis vocis sis tardæque linguæ, trade te sermoni Dei; dices postea : « Os meum ape- rui et attraxi spiritual; » Psi. cxvm, 131. Hæc quidem propter hoc, quod ait Isaias :« Ecce sum ego, mitte me. » il. Faciamus autem ex parte, et cum eo. Yoluit enim cum accepisset jam gratiam a Deo, non in vacuum eara accipere, sed uti ea ad necessaria. Videns Sera- phim, videns Dominum Sabaoth sedentem super tliro- nüm excelsum et elevatum, dixit :’« 0 miser ego, quo- niam compunctus sum, quia cum homo sim, et im- 579 assis sur un trône sublime et élevé, il s’est écrié : « Malheureux que je suis! car j’ai été pénétré de componction, parce que je ne suis qu’un homme dont les Jôvres sont impures, et que j’habite au milieu d’un peuple qui a les lèvres souillées, et pourtant j’ai vu de mes propres yeux le Seigneur des armées. » Ce disant et en se recon¬ naissant malheureux, il mérite le secours de Dieu à qui son humilité est agréable. Quel est ce secours ? « L’un des Séraphins fut envoyé vers moi, et il tenait avec des pincettes un charbon qu’il avait pris sur l'autel, et il toucha mes lèvres, et il dit : Voilà que j’ai ôté vos iniquités et que j’ai purifié vos péchés. » 11 a obtenu l’insigne bienfait de devenir pur et de recevoir la rémis¬ sion de ses péchés. Quand Dieu lui dit : « Qui enverrai -je vers le peuple et qui ira pour nous ? » Ce n'est pas avec la conscience de ses fautes antérieures qu’il ose dire: «Me voici, envoyez moi, » mais parce que le Séraphin lui avait dit : « Voilàquc j’ai effacé vos iniquités. » Puis donc que les saints sont sujets à componction, et qu’il y a parallèle entre Moïse et Isaïe, soyons justes envers, l’un et aussi envers l’autre, et faisons à chacun son lot d’après les Ecritures. Moïse ne reçut pas la rémission de ses péchés qui lui permît de dire avec la conscience d’être pur maintenant : « Envo3'ez-moi, » et c’est pour cela qu’il dit : «Choisissez un autre pour l’envoyer, » parce qu’il avait sur la conscience le meurtre d’un Egyp¬ tien et peut-être savait-il qu’il n’était pas comme homme sans quelques autres péchés ; voilà munda labia habeam, in medio qnoque populi labia immund.a habenlis babitem, regem Dominum Sabaoth vidi oculis mois. » Hoc dicens et miserum se faciens, merelur auxilium, suscipiente Deo humilitatem ejus. Quod est istud auxilium ? «Missu&est, « ait, » ad me unusde Serapliim, et habebat in forcipe earbonem,quem altulerat de altari, et tetigit labia mea et dixit : Ecce abstuli iniquitates tuas et peccata'tua circumpurgavi. » Consecutus est benefïcium, mundus effectus et remis- sionem accipiens peccatorum. Cumaudisset : « Quem mittam ad populum, et quis ibit nobis? » non propter priorem conscientiam ausus fuit dicere : « Ecce ego, mitte me; » sed ubi andierat : « Ecce abstuli iniqui. tates tuas. » Igitur quia sancti compunguntur, et re- quiritur inter Moysen et Isaiam, satisfaciamus pro Moyse et etiam pro Isaia, danles et eis de Scripturis sortem suam. Moyses non accepït remissionem peccatorum, ut diceret quasi jam conscius se mundatum : « Mitte me, » propter quod ait : « Provide aliurn quemmi ttas» 580 SAINT JÉROME. pourquoi il se récuse. Isaïe de son côté reven¬ dique sa mission, moins en tant que juste par sa nature, que comme ayant obtenu sa grâce. C’est ainsi que Moïse, s’il eût été l’objet d’une [grâce semblable et qu’il lui eût été dit : « Voilà que j’ai ôté vos iniquités et que j’ai puri¬ fié vos péchés, » peut-être n’eût point prononcé ces mots : « Choisissez un autre pour l’envoyer.» Moïse a donc ses raisons quand il se récuse et Isaïe a les siennes quand il s’écrie : « Me voici, envoyez-moi. » Mais voyous aussi ce que le Seigneur a pres¬ crit au peuple en ces termes : « Allez et dites à ce peuple : Vous prêterez l’oreille et vous n’en¬ tendrez pas, vous regarderez pour voir et vous ne verrez pas; car le cœur de ce peuple est appe¬ santi, ses oreilles sont devenues sourdes et il ferme les yeux, afin que ses yeux ne voient pas, que ses oreilles n’entendent point, que son cœur ne comprenne pas, et qu’ils ne se convertissent point et que je ne les guérisse pas. » Il sait qu’il y a deux manières d’entendre sa parole et qu’elle se propose un double but, selon la dou- • ble nature de l’homme, corporelle et spirituelle ; ou bien il annonce au peuple, au sujet de ce qui doit arriver à l’avénement de Jésus -Christ, qu’il y aurait un temps où ils entendraient et ne comprendraient pas. Et en effet, quand ils écoutaient notre Seigneur Jésus-Christ, ils n’en¬ tendirent que le son des mots, sans en pénétrer habebat enim in conscientia interfecfionem Ægyptii, forte aulem ut homo sciebat se etquædam alîa habere peccala, propterea récusât. Iste autem non quasi na- tura justus postulat ministerium, secl quasi gratiam consecutus. Sic et Moyses, si similem gratiam perce- pïsset, audissetque : « Ecce abstuli iuiquitates tuas, » et lioc : « Circummundavi peccala tua, » neutiquam forte clixiBset : <' Provide alium quem mittas. » Habet ergo aliquid rationis, et Moyses recusaus, et Isaias di- ccns : Ecce ego sum, mitte me. » III. Sed videamus etiam ea, quæ præcipit Dominus ut populo diceret : « Vade, et die populo : Aure au- dietis, et non intelligetis, et videntes cernetis, et non videbitis ; incrassatum est enim cor populi hujus, et auribus graviter audierunt, et oculos clauserunt ne- quando videaut oculis, et auribus audiaut, et corde intelligant, et convertantur, et salvera eos. * Bifariam sciens sermonis auditionem et duplicem nos- cens constitutionem, hoc est aliud eornm corporale, aliud spiritale, aut ad populum prophetizans de his quæ in adventu Christi futura erant, quia esset tempus quando audirentet non intelligerentea. Si quidem cum le sens. La preuve manifeste en est en ce qu’il parlait au dehors au peuple en paraboles, qu’il expliquait ensuite à ses disciples dans l’intimité. Dieu annonce donc ce qui 'arriva en effet : « Vous prêterez l’oreille et vous ne comprendrez pas. » Cette prophétie visait bien l’avénement de notre Seigneur, le Sauveur nous l’apprend lui-même; « Isaïe a parfaitement prophétisé à votre sujet en disant: Vous prêterez l’oreille et vous ne comprendrez pas. » Math. xur. Accor¬ dons par conséquent que le peuple écoutant les paroles de notre Seigneur ne put pas pénétrer le sens de ce qui était dit. Etudions maintenant ce qui suit : « Vous regarderez pour voir, et vous ne saurez pas. » Celui qui voyait ce que faisait le Sauveur, ne pouvait pas en le voyant comprendre dans quel but c’était fait. Comme, pour prendre un exemple, quand il lava les les pieds de ses disciples. Les disciples assuré¬ ment voyaient bien comment le, maître lavait leurs pieds, et le voyaient aussi les autres personnes qui étaient présentes, mais seulement ce qui se faisait, et nullement pourquoi. C’est que le lavement des pieds, alors que le Verbe de Dieu consentait àlaver les pieds de ses disciples, ôtait une œuvre symbolique. Aussi le Sauveur reprend Pi erre qui refuse: «Vous ne laverez pas mes pieds. » Etque lui dit-il? « Vous ne savez pasmain- tenant ce que je fais, mais vous l’apprendrez plus tard »Joan. xm, 7. Que faites-vous donc? s’écrie audirént Dominum meum Jesum Christum, vocem tantum dictorum audiere, non sensum. Et hoc ex eo manifestum est, quia foris ad populum in pnrn- bolis loquebalur. Discipulis autem secreto dissolvebat eas. Prophetat autem, quod evenit : « Aure audietis et non intelligetis. » Porro quod de Adventu Domini hoc sit populo prophetatum, ipse Salvator dicit : « Bene prophelizavit de vobis Isaias dicens : Aure audietis et non intelligetis. » Matlh. xn.. Concedamus ergo quia sermones Domini populus auscultons non poluerit nosse quæ dicta sint. Videamus autem quid sit hoc quod sequitur : « Et videntes videbitis, et non seietis. » Non, si quis vidît ea quæ Salvator faciebat, statim vi- dens potuit intelligere cur facta sint, Veluti(exemplum assumamus) lavit pedes discipulorum. Et videbant quidem bene quomodo lavabat pedes magister disci- pulis; videbant autem et alii, qui erant præsentes, sed id tantum quod fiebat, non etiam cur fiebat. Simili- tudo quippe erat lavatio pedum, quia lavit Verbum Dei pedes discipulorum. Idcirco ait Salvator ad recu- santem Petrum, et dieentem : « Non lavabis pedes meos. » Quid ait? « Quod ego facio tu nescis modo, TRADUCTION DES NEUF HOMÉLIES D’ORIGÈNE. Pierre. Je vous vois laver nos pieds, je vois le bassin préparé, le linge qui est autour de vous, je vois que vous nous servez et que vous essuyez nos pieds. Mais ce n’était point là affaire au corps, mais à l’esprit. Le Sauveur les bras nus verse l’eau spirituelle dans le bassin et lave les pieds de ses disciples, afin qu’ils montent vers ce¬ lui qui a dit : « Je suis la voie, » Joan. xiv, 9, lorsqu’ils seront purs, et non plus couverts de cette poussière qu’il ordonnait de secouer sur les ingrats qui rejettent la paix et ne sont pas dignes de la parole de Dieu. Telle était bien la signifi¬ cation de son action, et de là sa réponse : « Vous ne savez pas maintenant ce que je fais, mais vous le connaîtrez plus tard. » Et voici l’expli¬ cation qu’il en donne bientôt : «Vous m’appelez votre maître et votre Seigneur, et vous avez rai¬ son, car je le suis. Si donc je vous ai lavé les pieds, moi qui suis votre Seigneur et votre maître, vous devez aussi vous les laver les uns aux autres. » Enseigne-t-il donc que l’évêque, après avoir versé de l’eau dans le bassin et quitté ses vêtements, et après avoir serré un linge autour de lui, doit laver mes pieds que je lui présente? car il dit bien : Vous devez vous laver les pieds les uns aux autres. Si c’est là le commandement qu’il donne, aucun de vous ne l’observera. 11 n’y a ni diacre, ni prêtre, ni évêque qui, s’ar¬ mant d’un linge, lave les pieds à quiconque se présente. Mais pour qui comprend ce qui est scies autem postea » Joan . xui 17. Quid autcm facis modo, dicit Petrus. Video te lavautem pedes nostros, et pelvim positam, linteo te præcinctum,et servientem nobis, et detergentem pedes nostros. Verum quia non erat hoc negotium corporale, sed spiritale. Salvator nudatus mittit spiritalem aquam in pelvim secundum Scripturas, et lavat pedes discipnlorum suorum, ut curn mundi fuerint, ascendant ad dicentem : « Ego sum via, » Joan . xiv, 6, et non pleni pulvere, quem excutere |voluit super indignos, et non suscipientes pacem, neque dignos eorum quæ dicebantur. Et quia hoc eratquod signiücabatur, ideo ait: « Quod ego fa- tio, tu nescis modo, scies autém postea. » Erat autem hoc, quod et reliquis dictum est : « Quia vocatis me magistrum et dominum, et bene dicitis. Sum eteniin. Si igitur ego dominus et magister lavi pedes vestros, et vos debetis invicem lavare. » Ergo hoc dicit, ut epi- scopus mitlens aquam in pelvim et exutus vestibus suis, et præcinctus linteo, me extendente, lavet pedes meos ? Siquidem vos, inquit, debetis invicem lavare pedes vestros. Si hoc est quod dicitur, nemo vestrura mandatum servabit. Nemo enim quibuscumque venien- 581 écrit, les évêques vraiment saints, se faisant serviteurs de l’Eglise, versent l’eau des Ecritures dans le bassin de l’âme, ce qui est conforme à l’Esprit des Ecritures, et tentent de laver les souillures des pieds de leurs disciples, de les effacer, de les en éloigner. Et s’ils gardent le commandement de l’évêque, les prêtres agissent de même à l’exemple de Jésus-Glirist. Fasse le ciel que je reçoive moi-môme en ce moment l’eau qui peut laver les pieds de votre âme ! afin que chacun de vous s’écrie après avoir été lavé : « J’ai lavé mes pieds, comment voudrais- je les souiller encore? » Cant. nr. Voilà comme parle l’épouse du Cantique des Cantiques pour montrer qu’elle a lavé, non les pieds du corps, mais les pieds qui ne trébuchent pas, dont Salo¬ mon a dit : « Votre pied ne trébuchera pas, » Prov. m, 23, et lePsalmiste : « Mes pieds ont ôté presque ébranlés. » Psalm . lxxui. Une qualité requise pour être au rang des veuves dans l’Eglise, c’est d’avoir lavé les pieds des saints. I Tirn. V, 10. Et voulez-vous n’avoir aucun doute sur la manière dont une veuve lava les pieds des saints ? écoutez Paul : « Qu’elles enseignent, dit-il, les bons principes, afin de rendre les jeunes filles pudiques et qu’elles lavent les souillures des pieds des jeunes filles. » Parmi les veuves, sont dignes d’être honorées dans l’Eglise, toutes celles qui lavent les pieds des saints, dans la parole de la doctrine spirituelle, et non pas tibus assumens linteum diaconus, vel presbyter, sive episcopus lavât pedes. Sed si intelligas ea, quæ scripta sunt,qui vere beali suntepiscopi servientes Ecclesiæ mit tunt aquam de Scripturis in pelvim animæ, quod est secundum Scriptnras, et tentant pedum discipulorum sordes lavere, et eluere, et projicere. Et si custodiunt episcopi mandatum imitantes Jesum, sic et presbyteri. Utinam et ego accipiam mine aquam, quæ possit animee vestræ pedes lavare ! ut unusquisque vestrum dicat cum fuerit lotus : « Lavi pedes meos, quomodo inquinabo illos? » Cant. m. Hoc enim sponsa dicit in Ganticis Canlicorum, non oslendens corporis pedes lotos, sed pedes non offendentes, de quibus dicitSalomon : « Pes autem tùus non offendat; » Prov . ni, 23; de quibus et in psalmis scriptum est : « Mei autem pene moti sunt pedes. » Psal. lxxui. Verum et quæ constituuntur viduæ in’Ecclesiis: «Si sanctorum, «inquit, «pedes lavit» Tim . v, 10. Si autém vis apertius audire, quomodo vi- dua lavat sanctorum pedes, audi Paulum in alio loco conslituentem viduis, et dicentem : « Bene docentes, ut pudicas officiant adolescentulas, lavantes sordes pe- dura juvencularum. « Et istæ viduæ dignæ sunt eccle- SAINT JÉROME. 582 des saints hommes, mais des saintes femmes ; car il n’est pas permis qu’une femme enseigne un homme et lui montre les principes. Paul veut que les veuves enseignent le bien pour qu’elles portent à la chasteté, non les jeunes gens, mais les jeunes filles; il serait en effet contraire à la décence qu’une femme fût la préceptrice d’un homme, et c’est aux jeunes filles qu’elles doivent inspirer la chasteté, les jeunes filles qu’elles doivent préparer à l ’amour de leurs ma¬ ris et leurs enfants. Apprenons donc, nous aussi, à laver les pieds des disciples. C’est cette prophétie : « Vous regarderez pour voir et vous ne saurez point, » qui a donné lieu à ces consi¬ dérations. Et en effet, si le Sauveur faisait quel¬ que chose, ceux qui ne comprenaient pas le voyaient avec les yeux d,u corps, et non avec ceux de la raison, tandis .que ceux qui avaient le don d’intelligence,, tout en le voyant avec les yeux du corps, le voyaient aussi avec ceux de l’entendement, et la prophétie : « Vous regar¬ derez pour voir et vous ne saurez pas, .» qui s’accomplissait sur les pécheurs, ne s’accomplis¬ sait pas sur ceux qui avaient le bonheur de bien voir. Pour nous, prions que voyant les paroles de l’Evangile, nous en ayons cette double vue puisqu’elles ont eu leur réalisation selon le corps, quand notre Sauveur vint sur la terre. Car tout ce'qui se faisait dans le corps était un sym¬ bole et une figure de ce qui devait arriver. siastico honore, quæcumque sanctorum pedes lavant sermone spiritalis doctrinæ, s an cto ram vero non masculorum, sed mulierum. Docere enim mulierem non permittit neque principari viro. Vult esse mulie- res hene docentes, ut castitatem snadeaut non adoles¬ centes, sed adolesoentulas; indecens quippe est, ut millier magistra viri fiat, sed ut castitatem suadeant adolescenlulis, et amare viros et liberos suos. Disca¬ mus ergo lavarc pedes discipulorum. Ista propter hoc dicta sunt : « Yidentes videbitis et non scietis. » Quoniam si quidiîebat a Salvatore, ah his quidemqui non intelligebant, videbntur juxta corpus, non vide- haturjuxta rationem ; ab his vero qui intelligebant, videhatur quidem juxta oculos, videbalur autem et juxta intellectum, ï ta ut non conipleretur super beate videntes, boe qnod dictum.est : « Yidentes videbitis et non scietis, » sed super peccatorcs. Sed et cuncta Evangeliorum o.remus videntes dupliciter videre, quo- modo facta sint juxta corpus, quando Salvador nosler venit ad terras. Etenim siinilitudo crat, et typus futu- rorum unumquodquc, quod fiebat in corpore. Veluti nescio quis a iiativitatocæcus visum reouperavit; Joan. Comme je ne sais plus quel aveugle de naissance recouvra la vue. Joan. xi. En réalité, cet aveugle- né c’était le peuple des Gentils: le Sauveur lui rendit la vue en lui [rodent les yeux avec un peu de salive et en l’envoyant à Siloô, qu’on tra¬ duit par « envoyé. » C’est qu’il envoyait ceux qu’il avait oints de l’esprit afin qu’ils ehssent la foi, à Siloé, c’est-à-dire aux Apôtres et aux doc¬ teurs, et c’est pour cela qu’il est écrit à Siloé, puisque ce nom se rend par« envoyé. » Et toutes les fois que nous commençons à être vi¬ sités par Jésus, pour recouvrer les yeux de fàme, il nous envoie à Siloé, c’est-à-dire à «l’envoyé. » Que donc chacun de nous, quand il lit les évé¬ nements que les Evangiles rapportent, prie Dieu que cette prophétie ne s’accomplisse pas en lui : « Vous regarderez et vous verrez, mais vous ne saurez pas. # Joan. vu. Mais si, comme l’estiment des esprits trop naïfs, ce qui a été fait ne l’a pas été en vue de nous, mais uniquement parce que ça nu lieu, si ce no¬ taient point des exemples d’autres choses, qu’ils expliquent quel sens aurait cette phrase : « A'ous regarderez et vous verrez, mais vous ne saurez pas. » Et en effet, si ce que l’on voyait n’avait pas eu quelque sens mystique, afin qu’on le vit à la fois et avec les yeux du corps et avec ceux de l’esprit, jamais Dieu n’aurait dit : « Vous re¬ garderez et vous verrez, mais vous ne saurez pas. » Gomme preuve de notre dire à cet égard, ix ; vore autem cæcus iste a nativitate erat gentilium populus, cui Sulvator reddidit vjsum, saliva sua un- gens oculos ej us, et mittens ad Siloam, quod iiile; - pretatur « missus. » Mittebat quippe eos, quos spiritu unxit ut crederent, ad Silonm, kl est ad Apostolos et magistros, propter quod scriptmn. est de Siloa, quia interpretatur «missus. » Elquoticscumque incipinnis a Jesu visitari, ut recipiamus auiinæ oculos, inïttit nos ad Siloam, hoc est «missus. »El uuusquisquo ergo nos- trum, quando legit ea quæ in Evqpgeliis facta suut, oret ne etiam in se compleatur : « Videntes videbitis et non scietis » Joan. vu, IV. Si autem, ut existimant simpliciores, ilia quæ facta sunt, non propternos, sed propter se tantum facta suut, et non erantexempla alterius rei, exponant quem hoc, quod diclum est : «Yidentes videbitis et non scietis,» habeat sensum. Nam sinon ea quæ videbantur, habe- bant aliquein sensum sacratum, ut cura carnalibus oculis etiam spiritaliter iuspicerentur, nunquam dixis- set : « Yidentes videbitis, et non scietis. » Ad appro- balioneni autem horum, et alterius scripU de Evau- gelio tes timon ium proferemus, quod juxta eos, qui 583 TRADUCTION DES NEUF HOMÉLIES D’ORIGÈNE. nous mettrons en avant l’exemple d’un, autre trait de l’Evangile qui est un mensonge si on l’entend avec ceux qui ne suivent que la lettre. Notre Seigneur dit à ses disciples dans l’Evangile selon S. Jean : « Celui qui croit en moi, fera les œuvres que je fais et en fera encore de plus grandes. » Joan. xrv, \% Recherchons donc si les disciples en firent de plus grandes? Qu’y a-t-il de plus grand que de ressusciter un mort? Qui je ne dis pas d’entre nous, mais d’entre les Apô¬ tres ressuscita un mort? L'histoire rapporte que Paul ressuscita Eutychus d’entre les morts; et Pierre, Tabitha, nom qui veut dire chevreuil, en grec Dorcas. Act. îx. On trouve ces exemples et d’autres de même nature; mais où sont les œuvres plus ^grandes? Le Sauveur, lui, rendit la vue aux. aveugles, et, ce. qui est plus merveil¬ leux, â ceux qui l’étaient de naissance. Qu’on nous montre des aveugles-nês guéris par ies 'mains des Apôtres. Matth. îx. Et en cherchant bien dans les Evangiles, on y trouverait une in¬ finité de preuves que ni les Apôtres ni les suc¬ cesseurs n’ont pas fait, selon la lettre, des œu¬ vres plus grandes que celles du Sauveur : mais voici à peu près quelle était la pensée du di¬ vin maître : Fera des œuvres plus grandes que les œuvres corporelles que je fais. Moi j’ai ressus¬ cité des corps d’entre les morts, vous, vous res¬ susciterez des âpres ; moi j’ai fendu à dés aveugles cette lumière qui tombe sous les sens, vous, vous tantum litteram sequuntur, mendacium est. DicitSal- vator et Do'minus aoster ad discipulos in Evangelio secundum Joannem : « Si crediderilis, non solum quæ ego facio, facietis, scdet majora hormn facietis. nJoan.. xiv, 12. Videamus ergo. si majora aliqua fecerint dis- cipuli? Quid majus est quam mortuum suscitare ? Quis non dico nostrum, sed Apostolorum mor¬ tuum suscitavit ? Refcrthistoria quia PaulusEutychum resuscitaverit a mortuis; et Petrus Tabitbam, quæ in- terpretatur « Dorcas.» Aci. îx. Istaantcmct alia istius- modi inveniri possunt; ubi sunt majora? Sed et cæcos Salvator fecit rursum videre, et quod majus est, cos, qui sic natqfuerunt. Exhibeant hi quos cæcos ab utero manibus Apostolorum curatos aspexerint. MatLk. îx. Et aliainfmita potestde EvaiigelUsinveuire,qui quærit, quia neque Àpostoli bis majora fecerint, neque eorum successores. Verum sermo Scripturæ taie quiddain lo- cutus est : His, quæ ego feci corporalibus, vos majora facietis. Ego tfeci resurgere ex mortuis eorporaliter, vos resurgere facitis ex mortuis spiritaliter. Ego cæcis sensibile hoc lumen infudi, vos spipilalem lucem non videntibus dabitis. Usque nd . banc autera diem hæc donnerez la lumière de l’esprit à ceux qui ne voient pas. Et depuis lors jusqu’à maintenant, nous voyons les plus fidèles disciples de Jésus accomplir ces merveilles plus grandes que les miracles corporels faits par Jésus lui-même. N’est-il pas vrai que maintenant les aveugles voient, les boiteux marchent, les lépreux sont purifiés, et . Je reste? Si l’homme qui hier al¬ lait à son idole comme à un Dieu, invo¬ que aujourd’hui le Dieu vivant, est-ce qu’il ne voit pas? Est-ce que celui qui était.boiteux hier à cause du péché, instruit maintenant delà vraie voie grâce à l’ enseignement des disciples, ne marche pas maintenant d’un pied assuré? Celui qui avait hier les mains stériles et mortes pour les bonnes œuvres, recouvrant aujour¬ d’hui l’activité, ne les a-t-il pas vivantes? S’il vous arrive de voir un pécheur frappé de la lè¬ pre en son âme se repentir tout à coup et sentir les grands aiguillons de la conscience éveillée parla doctrine, n’ayez crainte d’affirmer que la guérison de cette lèpre de l’âme est un miracle plus grand que la guérison de la lèpre du corps. Je me suis laissé entraîner à çes longs dévelop¬ pements, dans mon désir de bien montrer ce qu’il y a dans cette parole : « Vous regarderez et vous verrez, mais vous ne comprendrez pas. » Et pour quelle cause celui qui écoute ne com¬ prend-il pas et celui qui regarde ne voit-il point? C’est que « le cœur de ce peuple s’est appesanti majora signa a corporalibus, quæ fecit Jésus, ego. vi¬ deo fieri per fidelissimos discipulos Jesu. An non cæci nunc vident? etcluudi ambulant, etleprosimuudautur? et reliqua fiunt? Si is, qui heri obcæcatus est accedcns ad idolum, quasi ad Deum, hodie invocet Deum vivum pristina derelinquens, nonne videt? An non qui hcri claudus erat propter peccatum, nunc propter discipu- loruin doctrinam iter verum edoctus stabili graditur pede? Qui heri aridam habehat manum et otiosam ad benefacicndum, hodie recipiens manum, habet eam viventem? Si videris aliquern pollutum et lepram in anima habentem subito pœnitere, ac doctrinæ sermone compnnctum, non te pigeât dicere, quia majus sit lninc spiritaliter leprosum, quam quemdam carnaliter fuisse purgatnm. Et hæc quidem largiusprofudit oratio cupiens ostendere quid sit hoc, quod dictum est : « Et videntes videbitis, et non intelligetis. » V. Quæ autem causa est audientem non intelligere, et videntem non videre? « lncrassatum est, » inquit, « cor populi hujus. »ha. vi, 10. Siquidem necessarium est intelligi .et hoc unde sit, non endem est corporalis et spiritalis pinguedo, neque eadem est corporalis te- SAINT JÉROME. 584 de graisse. » Isa. vi,iO. Il faut pour bien entendre cette raison, ne pas oublier qu’il y a un embon¬ point de l’esprit tout différent de l’embon¬ point du corps, une maigreur de l’esprit toute autre _ que celle du corps. L'embon¬ point corporel se réalise dans la chair, et il ne m'est ni désavantageux que mon cœur ma¬ tériel devienne gras, ni d’aucun avantage qu’un dépérissement ou quelque autre cause le fasse maigrir. Cet amaigrissement se produit, j’ima¬ gine, pour le cœur de chair de ceux que la crainte oppresse. Gomme la langueur dessèche tous leurs membres, on dit qu’il y a exténuation de la graisse et de toute la matière grasse qui est au¬ tour de leur cœur. En quoi donc peut-il m’être nuisible que mon cœur de chair devienne gras; et s’il y a amaigrissement de ce même cœur, en quoi cela peut-il m'être utile? Mais le mot cœur désigne à la fois l’organe matériel de ce nom et la principale puissance de notre Ame, comme cela ressort évidemment de cette parole de l’Evangile : « Bienheureux ceux qui ont le cœur pur. » Matth. v, 8. Et en effet, ces cœurs purs ne sont pas ceux qui contiennent moins de sang ou de toute autre matière. Ges mots : « Bienheureux ceux qui ont le cœur pur, » re¬ viennent à ceux-ci : « Bienheureux dont la maî¬ tresse-faculté de l’Ame est pure. Cœur est le nom donné A cette maîtresse faculté. C’est donc selon l’état de cette maîtresse-faculté de notre nuitas et spiritalis. Etenirn quod corporaliter crassum est in carne fit, et nihil mihinocet cor earneumsi incras- setur, neque prodest si a languore vêla quacumque causaatteuuctur. Taie autem existimo fieri corcarneum eorum, quiformidinecontinentur. Quomodo enini toti tabescunt ab ægrotatione, sic aiunt et crassitudinem, etquidquid pingue estcirca cor eorum, extenuari. Quid ergo mihi nocet, si corporale cor meum incrassatur ; esto vero et attenuari cor meum, quid mihi ex isto prodest? Sed cor nuncupativo cum corporeo corde vocabulo animæ nostrae principale nominatur, ut ma- nifestum est ex eo, quod in Evangelio dieitur : « Beati mundo corde. » Matth. v. Neque enim hi mundo corde sunt, qui sanguinem vel quodcumque materiæ corporalis intrinsecus non habent. Sed dictum est : «Beati mundo corde,» pro eo quod est: Beati, qui mundum habent principale animæ. Principale nomi¬ natur pro corde. Quoniam igitur principale animæ nostræ, quod esse dieitur in corde corporeo, sive mun¬ dum est cor nostrum sive immundum : immundum quidem quando cogitationes pessimæ egrediuntur ex eo, homicidia, adnlteria, furta, falsum testinjonium, âme, dont on place le siège dans le cœur cor¬ porel, que notre cœur est ou pur ou souillé : souillé, quand les pensées mauvaises en sortent, homicides, adultères, vols, faux témoignages, blasphèmes ; pur quand ce sont les pensées sain¬ tes, les connaissances divines, les intentions bonnes. D’après cela, il faut conclure qu’amai- grissement du cœur veut dire que la sainteté de l’esprit l’allège dans celui qui fait son salut, em¬ bonpoint que le poids du péché appesantit et que ses ardeurs le suffoquent chez le méchant. L’Ecriture dit en effet que l’esprit de sainteté conforme à la sagesse est « multiplié dans ses effets, léger, mobile, » Sap. vu, 22, et que le juste est doué de cet esprit subtil, qui diffère de tous les esprits intellectuels, purs, subtils. 11 y a donc une faculté-maîtresse du cœur qui sert de trait d’union entre l’Ame et la matière, et dans la¬ quelle fermentent les pensées corporelles, mères et filles du péché. De là l'expression : « Le cœur de ce peuple s’est appesanti de graisse. » En¬ tendez que ce cœur s’est appesanti parce qu’il n’y a en lui que des préoccupations humaines et charnelles. Les connaissances et les pensées qui viennent du corps ont leur obésité comme le corps lui-même. Gette alternative expliquée, que les préoccupations mondaines alourdissent le cœur, tandis que les aspirations spirituelles lui donnent des ailes, puisque quiconque nourrit ses pensées des enseignements de Jésus-Ghrist, blasphemiæ ; muudum autem quando cogitationes sanctæ, et intellectus divini, et mens pura. Propter hoc arbitrandum est atlenuatum quidem esse dictum, attenualum a sancto spiritu ejus, qui salvatur ; in¬ crassatum autem et præfocatum a malitia ejus, qui peccat. Dieitur enim de sancto spiritu, qui est secun- dum sapientiam, quia sit « multifarius, tennis, mobi- lis, nSap. vu, 22, et quia justus accipiat lumcsubtilem spiritum. Differt quippe hiespiritus ab omnibus spiri- tibus intellectualibus, mundis, subtilibus. Est ergo prin¬ cipale cordis tenue quiddam, quod ex corporalis ma¬ teriæ vitio concretum est, plénum cogilationibus cor- poralibus, quæ sunt in reprehensione. Sic dieitur : « Incrassatum est cor populi hujus. » Intellige ex eo incrassatum esse cor, quia nihil sit in eo præter bu- manas et carnales sollicitudines. Quomodo enim ma- teria corporis pinguis est, eodem modo etiam cor¬ porel intellectus et cogitationes. Ex quo cum duo po- sita sint, incrassari cor ex sæcularibus curis et atle- nuari ex sollïcitudine spiritali, cum quis cogitât ea quæ Domini sunt, projiciens pinguedinem ex corde, et sciens quia si incrassatum fuerit cor ejus, neque acci- TRADUCTION DES NEUF HOMÉLIES D'ORIGÈNE. dépouille son cœur de la graisse du péché et sait que si son cœur venait à s’appesantir, il ne saurait ni entendre la parole de Dieu ni voir les mystères du salut, nous aussi, débarrassons- nous de cette obésité du cœur, et réalisions en lui cet amaigrissement qui nous permettra de nous écrier avec le Roi-Prophète ; « Mon âme brûle d’une soif ardente pour vous, Seigneur, et en combien de manières ma chair se sent-elle aussi pressée de cette ardeur 1 Dans cette terre déserte où je me trouve et où il n’y a ni chemin ni eau, je me suis présenté devant vous comme un saint, » Psalm. Lxnr, 1 , 2, non que je sois saint 'par nature, mais si la sagesse macère ma chair et que la sagesse de la chair maigrisse en moi, je me présenterai devant vous comme un saint. Voilà l’explication de cette parole : « Le cœur de ce peuple s’est appesanti. Le texte poursuit : « Et leurs oreilles sont de¬ venues sourdes. » La surdité corporelle ne me nuit en rien, puisqu’elle ne m’empêche pas d’en¬ tendre la parole de Dieu. De même que la cécité corporelle ne m’est nullement nuisible pourvu que mon àme ne soit pas aveugle, de même la légèreté ou la pesanteur d’ouïe matérielles ne me sont ni un avantage ni un obstacle. Il y a une autre pesanteur d’ouïe qui est nuisible à Pâme de l’homme. Quelle est cette pesanteur qui ré¬ side dans l’ouïe de l’âme? Le péché, selon les Ecritures, est lourd. De là le langage de celui piat sermones Dei, neqae videat salutis sacramenta, deponamus et nos crassitudinem, et assumamus eam, quæ dicta est tenuitatem, ut et nos dicamus quomodo Prophètes : « Sitivit in te anima mea, quam iriulti pli- ci ter tibi euro mea ; in terra deserta, iuvia et ina- quosa, sic in aancto apparui tibi,» Psalm. lxih, 1, 2, non quasi sanctus fuerim naturaliter, sed si car- nis prudentia tabescit et si prudentia carnis extabue- rit, tune in sancto apparebo ei. Hæc in explicationem ejus, quod dictum est : « Incrassatum est cor populi hujuB. » VL Sequitur autem : « Et auribus suis graviter au- dierunt. » Nihil mihi nocet si graviter audiam corpora- liter, neque ista mihi causa fit, ut non audiam sermo- nes Dei. Quomodo enim nihil milii nocet cæcitas cor- poralis, si non fuerit obcæcata anima mea, sic neque levitas, neque gravitudo auditionis corporalis im- pedit quidquam mihi. Est alia quordam gravitudo au¬ ditionis, quæ noceat animæ hominis. Quæ est ista gravitudo, quæ est in auditionem animæ? Peccatum secundum Scripturas grave est. Propter quod sentiens quis peccatasua, dicit : « Quasi onus gravatæ sunt su- 585 qui a conscience de ses péchés : « Ils pèsent sur moi comme un fardeau qui m’écrase. » Psalm . xxxYiri, ! 1 . C’est parce que l’iniquité est pesante, que Zacharie nous la représente assise sur une masse de plomb. Zach. v. Si les Egyptiens furent engloutis comme du plomb dans les gouffres de la mer, ce n'est point à cause de la pesanteur de leurs corps, mais parce que leurs âmes étaient surchargées de cette masse de plomb sur laquelle l’iniquité est assise ; Exod. xv; oui, Yoilà bien pourquoi ils furent engloutis dans les eaux ven¬ geresses. C’est donc le péché qui fait la pesanteur de l’ouïe dans l’âme, et la justice qui y fait la légèreté de l’ouïe. Qu’est-ce qui fait, dis-je que Pâme, au lieu d’avoir l’ouïe pesante l’a légère? les ailes de la parole, les ailes de la vertu. Et en effet les ailes de la parole donnent beaucoup de légèreté : « Qui me donnera des ailes comme à la colombe pour m’envoler jusqu’au repos? » Psalm. liy, 7. Le Prophète dans cette prière ne demande pas des ailes comme celles de l’oiseau matériel, mais comme celles de[la colombe Es¬ prit-Saint. Salomon dit à son tour au sujet du lâche : Il se fera des ailes comme l’aigle, 'et celui qui est à la tête de[sa maison y reviendra. Prov. xxiii. Si donc nous avons des ailes, nous au¬ rons l’ouïe légère. Au contraire, si nous commet¬ tons le (péché, si nous n’avons aucun soin de nos ailes et si nous en laissons tomber les plu¬ mes, notre ouïe s’appesantira. C’est ainsi que per me. » Psalm . xxxvin, 11. Et quia gravis est ini- quitas, propter hoc super tnlentum plumbi sedet, ut in Zacharia scriptum est. Zach. v. Ægyptii autem non quoniam gravia habebant corpora, submersi sunt quasi plumbum in aqua vehementi, Exod. xv, sed quia animæ eorum ad tnlentum plumbi super quod sedebat iniquitas, aggravatæ erant ; propter quod sub¬ mersi sunt tamquam plumbum in aqua vehementi, Gravitudo ergo auriurn a peccato fit, et levitas a jus- titia. Quid est quod facial auditum non graviter audire, sed leviter? Pennæ verbi, pennæ virtutis. Etenim pennæ verbi multum levita lis afferunt. n Quis dabit mihi pennas sicut columbæ, et requies- cam ? » Psalm. liv, 7. Hoc dicit Prophètes non orans ut corporalis pennas accipiat columbæ, sed pennas columbæ Spiritus sancti. Dicit autem rursus Salomon de divite : Componet autem sibi pennas quo¬ modo aquila, et convertitur in domo ejus qui præèst illi. Prov. xxiii. Si accipiamus igilur penuas, leviter audimus. Si autem peccaverimus, et négligentes fueri- mus circa et defluxerint pennæ nostræ, gravabimur et graviter audiemus. Auribus ergo suis peccàtores SAINT JÉROME. 586 les oreilles des pécheurs deviennent sourdes. Les -Juifs à qui Jésus-Christ parlait avaient le poids de la surdité sur les oreilles, et c’est pour cela qu’ils furent incrédules. Maintenant encore, tousceuxquiprêtentl’oreilleauxEcritures, et qui, n’en entendant pas l’esprit qui est léger, n’en sai¬ sissent que la lettre, qui est lourde et caduque, ont l’ouïe pesante. 11 y a donc une double ma¬ nière d'entendre l’Ecriture. Celui qui n’en dé¬ mêle pas le sens, l’entend pesamment; celui qui le démêle, non seulement ne' l’entend pas avec pesan teur, mais plutôt avec finesse. Aussi, à me¬ sure que l’intelligence progresse, la surdité de l’âme se dissipe. Reste à étudier le dernier trait de. cette pro¬ phétie contre les Juifs, et contre nous tous si nous commettons le péché : « Et ils ont fermé les yeux, de p,eur que leurs yeux, ne viennent à voir, leurs oreilles.à entendre et leur cœur à com¬ prendre. » Parmi ceux qui ne voient pas, les uns sont aveugles et ne voient pas â cause de leur cécité, d'autres sont dans les ténèbres et ne voient pas à cause de cela, d’autres enfin ne sont ni dans les ténèbres ni aveugles, mais e’est parce qu’ils ferment les yeux qu’ils ne voient pas. L’E¬ criture sainte n’oublie pas ces différences, qui résument toutes les causes d’aveuglement de no¬ tre cœur. Aussi le Sauveur a-t-il dît ; à ceux qui sont prisonniers : « Sortez; » et parce qu’ils sont dans les ténèbres : « Que la. lumière leur soit graviter audierunt. Omnes quidem Jitdæi, qui tune audierunt Salvatorem, graviter eum audierunt, ideo non erediderunt. Usque liodie autem quotquot au- dientes Scripturas, non au.diunt sermoneui spiri tail¬ ler, qui levis est, sed litteram, quæ est gravis et occi¬ dent, graviter audiunt. Atque ita dupliciter auditur Scriplura. Ab co qui non inteiligit quæ dicuntur, gra¬ viter auditur; ab eo vero, qui iulelligit eam, non so- lum auditur non graviter, sed potins acute. Unde et qui fit intelligens, fit auditor. VIL Est et aliud autem quod prophetatur de populo Judæorum, et de omnibus nobis si peccaverimus : « Et oculos suos clauserunt, neqnaudo videant oculis, et auribus audiant, et corde intelligent. » Eorum qui non vident, quidam cæci sunt et propter cæcitatem non vident, quidam in tenebris sunt et propterea non vi¬ dent, alii autem neque in tenebris sunt neque cæci sunt, sed quia ciaudunt oculos non vident. Et scit has differentias, quæ principales cordis nostri sunt, Scrip- tnra divina. Dicit enim Salvator bis, qui sunt in vin- culis : « Exite ; » et his, qui in tenebris : « Uteis reve- letur ; » et « sedentibus in regione.et umbra niortis : révélée, » car « c’est pour ceux qui sont assis dans l’ombre de la mort que la lumière s’est levée. » Ceux-là donc ne voyaient point, parce qu’ils étaient dans les ténèbres jusqu’à ce que la lu¬ mière se levât pour eux. Sourds, entendez, et vous aveugles, voyez, ;dit-il encore; et ceux-ci ne voyaient pas avant cette parole, parce qu’ils étaient naturellement aveugles. Hors de ces deux catégories, et ceux-ci sont de beaucoup plus mau¬ vais que ceux qui sont clans les ténèbres, il y a ceux qui ne . voient point parce qu’ils ferment vo¬ lontairement les yeux. Et le Sauveur lui-même a confirmé la vérité de notre assertion ; « Si vous étiez aveugles, vous ne seriez pas responsables du pêché; mais puisque vous dites maintenant: Nous voyons, le péché demeure tout entier sur vous. » I Joan., v. 11 dit. avec raison : « Vous di¬ tes : Nous voyons. » ils voient en effet, en ce sens qu'ils ont la possibilité de voir; mais ils ne voient pas en réalité, parce qu’ils ferment les yeux. S’il vous, arrive de trouver une âme pleine de sagacité et à l’intelligence prompte et vive, mais qui néglige la méditation des enseignements de Dieu, ce n’est, sachez-le bien, ni parce qu’elle est aveugle ni parce qu’elle est dans les ténèbres qu’elle ne discerne pas ce que contiennent les Ecritures; c’estparce qu’ellefermeles yeux. Ouvrez les yeux, voyez ce qui est droit; ouvrez-les sur les choses dont vous leur refusiez la vue en les fer¬ mant, et c’est alorsque vous pourrez discerner ce Lux orta est eis. » Isti non videruut icleo, quia fue- runt in tenebris, douée oriretur eis lux. Surdi, audite, et cæci, aspicite. Et ideo isti non videruut ante, quia naturaliter cæci erant. Qui vero extra ista sunt, quique ad comparationem cæcorum et eorum qui in tenebris sunt, multo pejores sunt, iisunt, qui ideo non vident, quia oculos sponte clauserant. Hoc autem ita esse, ut asseruimus, Salvator inilii testimonio erit di- cens : « Si cæci essetis, non haberetis peccatum. Nuuc autem dicitis quia videmus, peccatum vestrum rna- net. » I Joan . iv. Et bene ait, dicitis quia videmus, vere enim dicit quia videant et habeant possibilitatem videudi, sed elaudentes oculos, non vident. Et si quando videris ingeniosam ad intelligendum animam, et velocem et alacrem, non meditantem eloquia Dei, cognosce quia nou propter cæcitatem non videt ea quæ continentur in Scripturis ; non ob id, quia in te¬ nebris sit, sed quia claudit oculos. Si ergo audieris Scripturam divinam dicentem his, qui ciaudunt ocu¬ los : Aperi oculos tuos, et recta vide, aperi oculos ab co quod clauseras ; tune poteris videre recta, et con- siderare lumeu veritatis. Et, accusât quidem eos, de 587 TRADUCTION DES NEUF HOMÉLIES D’ORIGÈNE. qui est droit^et contempler la lumière de la vérité. Voilà comment elle les accuse, comment elle se plaint de ceux qui ferment les yeux pour ne point voir. Ce langage n’implique pas qu’il ne soit pas utile parfois de fermer aussi les yeux de l’àme. Il ' peut y avoir nécessité de le faire, et cela ressort évidemment des paroles ‘qui suivent dans Isaie : « Qui vous annoncera le lieu éter¬ nel? » Isa. xxm, 25. Celui qui marche dans la justice et qui montre la voie droite de la vérité, faisant la sourde oreille, pour ne point entendre les jugements de sang, et fermant les yeux pour ne* point voir l'iniquité. S’il doit se faire qu’en ouvrant les yeux de l’àme, j’en¬ tende et comprenne de honteux discours, il me vaut mieuxfermer l’oreille que d’entendre ce qui me nuirait. Quand donc la fermerai-je? Lorsque se disent de mauvaises paroles qui 11e doivent pas môme effleurer mon intelligence. Quand faut-il [ouvrir les yeux sur les enseigne¬ ments de Dieu? Lorsque nous nous convertis¬ sons et que Dieu nous, guérit en envoyant sa pa¬ role, remède souverain pour ceux qui veulent être guéris en Jésus-Christ, à qui appartient gloire et commandement dans les siècles des siècles. Ainsi soit-il. HOMÉLIE VIL Sur cette parole de l’Ecriture: « Me voici moi elles enfants, » etc. Isa. vm, 18. « Donnez une occasion au sage et il deviendra encore plussage, » dit l’Écriture sainte. Prov. îx, 9. Cette occasion fut donnée aux très-saints Apô¬ tres pour l’intelligence des Prophéties. Prions Dieu par conséquent, afin qu’il nous accorde la sagesse et que nous puissions devenir plus sages en expliquant les Prophètes au mo}7'en des lu¬ mières données aux Apôtres. Saint Paul, se sou¬ venant de ces mots d'Isaïe : « Me voici moi et les enfants que Dieu m’a donnés, » en tire ceten- quidus quæritur, cur oculos claudant ne videant. Non autern et hoc dicit, quia non expédiât aliquando et claudere animæ oculos. Expedit enim sicnt manifestum fecil Isaias, dicens. in lii.s, quæ scquuntur: «Quia annuntiavit vobis locum æternmn ? » Isa. xxxm, 24. Qui ambulat in justitia, et loquitur veram viam etrec- tain, obturans aures, ut non audiat judicium sangui- nis, et claudens oculos, ut non videat iniquitatem. Si futurum est, ut aperiens oculos animæ, audiara 3t sentiam turpiloquia, mclius est claudore auditus, quam audire quæ noceant. Quando ergo claudam? Quando mala dicuntur, ut neque intelligam ea. Quando vi- dcnda sunt eloquia Dei? Quando convertimur, et sa- nat nos Deus, mittens verbum, quod sanat eos, qui voient curari in Christo Jcsu, cui est gloria et impe¬ rium in sæcula sæculorum. Amen. H OMI LIA SEPTIMA. I. « De eo quod scriptum est : Ecce^ego.et pucri. « [sa. vm, 18. I. « Da sapienli occnsionem, et sapien- seignement : « Comme donc les enfants sont d’une nature mortelle composée de chair et de sang, c’est pour se rapprocher d’eux que Jésus- Christ lui-même a pris aussi cette môme nature, a lin de détruire par sa mort celui qui était le prince de la mort, » c’est-à-dire, le diable, « et de mettre eu liberté ceux que la crainte de la mort tenait dans une continuelle servitude pen¬ dant leur vie. » Hebr. n, -14*, 15. Ainsi, c’estpar- ce que les enfants sont d’une nature mortelle et composée de chair et de sang, que notre Sauveur a pris lui-même cette môme nature; il était en tior erit, » dicit sermo divinus. Prov. ix. Occasionem autern acceperunt sacratissimi Apostoli ad inlellectum propheticorum scrmonum. Oremus Deum ut accipia- mus sapientiam et possimus fieri sapientiores per occa- sionem Apostolorum ad Prophetas exponendos. Apos- tolus recordans hujus dicti : « Ecce ego etpueri, quos Deus dédit mihi, » deinde infert et edisserit : « Quia ergo pueri communicaveruüt sanguini etcarui, et ipse proxime eos factus, qui parlicipantur eorum, ut per mortem destruateum, qui imperium habet mortis, » hoc est, Zabulum, et«eruateos quicumque nietu mor¬ tis in sempiternam vitam rei erant servitutîs. » Hebr. 11, 14, 15. Igitur quia pueri participes eiïecti sunt san- guinis ot carnis, et Salvator noster communicavit carui atque sanguini ; alienum enim erat a natura et divinitate ejus, sanguinem etcarnem suscipere ; prop- ter nos autem ea, quœ.sibi erant aliéna suscepit, ut domesticos sibi faceret, qui fueramus alieni per pocca- tum. Et quidem Apostolus sic exposuit, dicens : « Quia ergo pueri communicaverunt sanguini et carni, et ipse proxime eos factus est, qui parlicipantur eorum. « Ego autern dicam, quoniam quomodo et pueri corn- 588 SAINT JÉROME. effet étranger à sa nature divine de se revêtir de sang et de chair, et c’est à cause de nous qu’il a pris une forme et une nature qui luiêtaient étran¬ gères, afin de nous rendre membres de sa fa¬ mille, nous qui étions ses ennemis par le pé¬ ché. C’est ce quel’Apôtre explique en ces termes: « Comme les enfants sont d’une nature mor¬ telle composée de chair et de sang, c’est pour se rapprocher d’eux que Jésus-Christ a pris lui- même cette même natime. » J’ajoute à mon tour que, comme il a pris lui-même la na¬ ture composée de chair et de sang des enfants pour se rapprocher d’eux, ainsi, parce que les enfants ne peuvent entendre les discours trop pro¬ fonds et que c’est comme à. des enfants qu’il faut leur dire la parole divine, après avoir ac¬ cepté pour lui-même le sang et la chair à cause de ceux qui ont part à cette nature, il leur parle comme à des petits enfants et leur dit, non pas les merveilles inénarrables de la divinité, mais les simples choses qui sont à la 'portée du pre¬ mier Age. Ces petits enfants, ce sont tous les hommes par comparaison avec le Verbe, tous, serait- ce Moïse, ou quelqu’un des prophètes, ou Jean qui a été le plus grand entre ceux qui sont nés de la femme, Matth* xi, il, ou l’un des Apô¬ tres : Pierre contre qui les portes de l’enfer ne peuvent prévaloir, ou Paul qui fut ravi jusqu’au troisième ciel et qui y entendit des paroles inef¬ fables. II Corinth. xn, 2, 4. On ne diminue point leur gloire en disantque lepeu qu’ils comprirent comparé Atout ce qu’ils ne comprirent pas est municaverunt sanguin! et carni, et ipse proxime eos factus qui parlicipantur eorum, sic quia pueri non pos- sunt fortiores audire sermones, debent enim ut pueri audire sermones Dei, propter hoc factus in sanguine puerorum causa qui communicaverunt carni et san- guini, quasi parvulis loquens, loquilur non divina et ineffabilia,;sed qnæcumquecapere possunt parvuli. Par- vuliautem omnes hominessunt, si eos comparas ad per- fectionemverbi, licet Moysen nomines, licetjunum dixe- ris de Prophetis, licet Joannem quo major in natis mulierum nemo fuit, Matlh. xi, il, licet ad Apostolos venias : Petrurn, cui portæ inferi non invalescent, vel Paulum, qui raptus est usque ad tertium cœlum et au- divit indicibilia verba ; II Corinth* xn, 2, 4 ; non de- ponis eorum gloriam, dicens, quia et ipsi in eis quæ intellexerunt comparalione eorum quæ non intellexe- runt, parvulorum disciplinis eruditi sunt quæ homi- nibus traduntur. Dicitergo Salvator non de bis, quos Paulus in Christo parvulos nuncupat, et asserit lacté moins peut-être que les rudiments qu’on ensei¬ gne aux tout petits enfants. Le Sauveur en ces mots : « Me voici, moi et les enfants que Dieu m‘a donnés, » parle de tous les hommes, et non pas de ceux-là seuls que Paul appelle petits en¬ fants en Jésus- Christ et qui doivent, affirme-t-il, être nourris de lait, et non d’aliments solides. I Corinth* m, 1,2. Mais comme parmi les enfants les uns ont l’intelligence plus vivequeles autres et saisissent plus vite ce qui leur est enseigné, ainsi Moïse et les Prophètes et les Apôtres de Noire Seigneur Jésus-Christ furent ses enfants les mieux doués. C’est pourquoi sentant eux-mèmes que, tout en progressant dans la science, ils n’yavan- çaient qu’à la manière des enfants, ils disaient : « Ce quenous avons maintenant de science et de prophétie est très -imparfait ; » I Corinth . xrir, 9 ; c’est qu’ils ne voyaient encore que l’ombre de la vérité, et non point la vérité elle-même ; qu’une image obscure, et . non la pleine lumière. Aussi insistaient-ils sur cette idée : « Nous ne voyons maintenant que comme en un miroir et en des énigmes,|mais al ors non s verrons tout face à face. » I Corinth . xrrr, 12. Qui donc, s’il veut lire et com¬ prendre cet aveu, oseraVenfler d’orgueil au sujet de sa science ou de tout autre don de Dieu ? Et en effet tout ce qui a été révélé à l’homme enfant en ce monde n’est presque rien en comparaison de ce qu’il est réservé à l’homme parfait de con¬ naître dans l’autre. Ils doivent donc se bien gar¬ der de l’orgueil ceux qui semblent être au nom¬ bre des enfants doués de l’intelligence la plus pé- potandos et non forti cibo, I Corinth* m, 1, 2, sed de omnibus simul hominibus : « Ecce ego et parvuli mei, quos milii dédit Déus. » Verum quomodo in pueris alii suntaliis acriores et ea quæ eis sunt tradita ve- locius consequuntur ; sic, inquam similem ingeniosis pueris factum Moysen, et Prophetas, sed et Domini nostri Jesu Christi Apostolos. Propterea sentientes se- metipsos, qui etiarmi profecerint, puerorum profece- rint profectu, dixerunt : « Ex parte cognoscimus, et ex parte propketamus. » I Corinth. xu, 9. Nec enim adhuc veritatis negotia, sed umbras negotiorum conspicie- bant; nec plenam lucem, sed obscuram imaginem. Ideoque repetebant, dicentes : « Videmus nunc per spéculum et iu ænigmate, tune autem facie ad faciem. » I Corinth. xiii, 12.Quis ergo hæc legens et intelligens inllabitur et erigetur super scientiam, seu super quod- curnque donorum? Etenim cuucta, quæ ad pueros de- venerunt, mullo inferiora sunt his, quæ reposita sunt viris. Debent ergo non elevari et superbire ii, qui vi- TRADUCTION DES NEUF né t ran te et la plus facile. Ils ne sont eux-mêmes que des enfants, comme le sont tous les hommes, ainsi que le Sauveur Ta montré en ces paroles : « Me voici, moi et les enfants que Dieu m’a donnés. » Le Sauveur les a reçus en don de Dieu. Et en effet nul n’arrive à Dieu, à moins que le Sauveur, envoyé de Dieu, ne l’attire d’abord à lui-même, comme nous l’apprend l’Evangile selon saint Jean. C’est parce que le Père a fait don à Jésus-Christ de ceux qui croient, que leProphète a pu dire d’eux : « Me voici, moi et les enfants que Dieu m'a donnés. » Et il ne faut pas croire que celui qui les reçut en don, ne les possédait point déjà, alors que celui qui les donne les pos¬ sède encore. Ensuite le Sauveur prophétise dans Isaïe qu’a- près qu’il aura reçu en don ces enfants, ils de¬ viendront des signes et des prodiges en Israël. Voici le texte même : « Et ils seront des signes et des prodiges en Israël par l’ordre du Seigneur des armées qui habite sur la montagne de Sion.» Celui en effet qui habite sur le faite et peut voir la vérité au fond de toute àme, est celui qui fait des signes et des prodiges par le Sauveur, et après le Sauveur par les Apôtres; et partout où se rencontre une âme propre au ministère des signes et des prodiges de Dieu, soit pour les guérisons spirituelles, soit pour exhorter d’uné manière sensible ceux qui arrivent à la foi, Dieu, qui fit autrefois tant de signes et de prodiges, dentur inter pueros acrioris ingenii etvelocioris. Islos autem pueros hommes dicit omnes, quos et Salvator demoustrabat : « Ecce, inquiens, ego et pucri mei quos mihi dédit Deus. » Donum accepit et Salvator a Deo. Nemo enim venit ad eum, si non qui misit eum, at- traxerit venientem ad Salvatorem, sicul in Evangelio, quod secundum Joannem est, didicimus. Et quoniam accepit donum a Pâtre eos qui credunt, idcirco Pro- pheta de eis ait : « Ecce ego et pueri quos mihi dédit Deus.» Nec putandus est non habuisse qui accepit, cum adbuc habeat ipse qui dederit. II. Deinde in reliquis prophetat Salvator in Pro- plieta diccns futurum esse ut cum acceperit pueros, signa et prodigia fiant in Israël. Habet autem ita : « Et erunt signa et prodigia in Israël a Domino Sa- baoth, qui habitat in monte Sion. » Qui enim habitat in speculalorio, et in omni anima potest conspicere veritatem, iste facit signa et prodigia per Salvato¬ rem, etpost Salvatorem per Apostolos, et ubicumque invenitur anima apta ministerio signornm etprodigio- rum Dei, sive juxta spiritalem curationem, sive sensibiliter exhortando eos qui veniunt ad fidem, HOMÉLIES D’ORIGÈNE. 589 ne néglige aucune occasion d’en opérer encore. « Et lorsqu’ils vous diront : Cherchez les ventrilo¬ ques et ceux qui crient des entrailles de la terre, qui prononcent de vaines formules, qui tirent leurs oracles de leur ventre, rèpondez-leur : Cha¬ que peuple ne consulte-t-il pas son Dieu et va- t-on parler aux morts de ce qui regarde les vi¬ vants? » Isa. vni, 19. Patience, puisque, le sens de ces paroles, tout obscur qu’il est, il nous faut, avec l’aide de la révélation de Dieu, le rat¬ tacher ci ce qui précède. L'enseignement qu’il nous donne, c’est que nous ne devons nous faire les disciples que des doctrines sorties de la cé¬ leste source du bien. Il y a en effet des hommes dont les discours promettent la vraie doctrine et qui enseignent, non les maximes du ciel, mais celles de la terre. Or « celui qui tire son origine de la terre parle de la terre ; celui qui est venu du ciel est au-dessus de tous, et il rend témoignage de ce qu’il a vu et de ce qu’il a en¬ tendu. » Joan. ni, 31, 42. Si quelqu'un dit aux enfants qui croient en moi : « Cherchez les ven¬ triloques et ceux qui crient des entrailles de la terre, -qui prononcent de vaines formules, qui tirent leurs oracles de leur ventre, » c’est-àrdire : Consultez les démons, le démon de la ventrilo¬ quie représentant par métonymie tous les dé¬ mons; si l’on vous dit : Cherchez les ventrilo¬ ques, c’est-à-dire, demandez aux démons ou une divination, ou quelque chose de vrai, ou la non est otiosus Deus, qui tune fecit signa et prodi¬ gia, etiam mine operari ea. « Et si dixerint ad vos : Quærite ventriloquos et eos qui de terra clamant, qui inauia loquuntur, qui de ventre clamant.: Non gentes ad Deum suum requirunt, qui exquirunt de viventibus morLuos? » Isa. vm, 19. Atteudite quoniam obscure dicta sunt, et debet sensus, Deo ipso largiente et révélante, cohærere superioribus. Docet ergo nos, ut non simus aliorum sermonum discipuli, nisi cœ- lcstium.et bonorum. Sunt enim quidam loquentium et pollicentium doctrinam veram, qui non loquuntur cœlestia, sed terrena. « Qui est ex terra, de terra lo- quitur; qui de cœlo venit, super omnes est, et quod vidit et audivit, testificatur. » Joan. in. 31, 32. Si quis, ait, pueris, qui in me credunt, dixerit : « Quæ¬ rite ventriloquos et eos qui de terra clamant, qui inania loquuntur, qui de ventre clamant, » veluti quæ¬ rite dæmonia, ab una enim specie dæmonis veotri- loqui TpoTuxwç omnia dæmonia nuncupavit ; si dixe¬ rint vobis : Quærite ventriloquos, hoc est, quærite a dæmonibus, sive divinationem, sive veritatem, sive sacratam contemplationèm, respondete eis quæ 590 SAINT JÉROME. vue d’un mystère, répondez-leur ceci. Et quelle est la réponse qu’il leur enseigne? elle est dans les paroles qui suivent. Il y a des gens qui usent de tous les moyens pour vous envoyer aux ven¬ triloques, surtout ceux d’entre vous qui sont ca¬ téchumènes. Or ceux qui veulent que vous alliez aux idoles, dont il est écrit : « Tous les dieux des nations sont des démons, » ne veulent pas que vous consultiez les ventriloques seulement, mais toutessortes de démons. Puisse notre Dieu, tout-puissant dans le ciel et sur la terre, nous arracher aux surprises des démons et nous ad¬ mettre dans sa famille par notre Seigneur Jésus- Christ. Veillez donc à ce qu’aucune àme d'entre les vôtres ne se laisse tromper et n’ait des hési¬ tations et des doutes, en entendant dire à tel et à tel autre : Le génie de cette statue a guéri telle ou telle maladie; son oracle a deviné ceci et cela. Tous ces simulacres sont aux démons et convien¬ nent à des hommes qui ne connaissent pas la vérité. Montez en esprit jusqu’à Dieu, qui est créateur de toutes choses, et comparez son amour paternel à tout cequi est annoncé comme amour et n’est pas amour, et voyez combien est grand votre bonheur. Qui est semblable à vous, peuple sauvé par le Seigneur? « Heureuse la nation qui a le Seigneur pour son Dieu, le peuple qu’il a choisi, au milieu duquel il habite ! » Psalm, cxliy, 15. Heureuse donc fut autrefois la nation juive, mais elle a perdu son bonheur; elle a été dico. Quæ sunt, quæ cos docet? In sequentibus di- cit. Et sunt quidam, qui mittunt vos, magis autem cntechumenos, quantum in ipsis est, ad ventriloquos. Qui enim volunt vos ire ad idola, de quibus scri- plum est : « Et omnes dii gentium dæmonia, » volunt vos ire non solum ad ventriloquos, sed ad omnem speciem dæmonum. Verumtamen Deus noster, qui in cœlo et in terra universa facit, evellnt nos a dæ- monibus et familiares sibi faciat per Salvatorem nostrum Jesum Christuni. Videte ergo nequando de- cipiatur alicujus ex vobis anima, ut adliuc ambigat et dubitet, cum audierit ilium et ilium hominem : In illo idolo dærnon curavit ilium languorem ; il- lud et illud divinavit. Ista ornnia idola sunt dæmo¬ num et hûminum non cognoscentium verilntem. Ascendite animo ad Deum, qui est omnium creator, et comparate pietntem istam omni quæ annuntiatur esse pietas nec est pietas, et videte quia vos beati estis. Quis enim similis libi, popule salvate a Do¬ mino? « Et beata gens cujus Dominus Deus ejus, po- pulus quem elegitin habitationem sibi. » Psalm. cxliv. 15. Beata quippe gens iuit qnondam Judæorum, sed chassée de son héritage, parce qu’elle a tendu des embûches à Celui qui a été envoyé et à qui le Père a rendu témoignage, non-seulement par la Loi et les Prophètes, mais encore par des si¬ gnes et des prodiges, et qu’elle Ta mis à mort. Le bonheur nous a donc été transmis, à nous disciples de Jésus-Christ, et inébranlables dans cette croyance, nous vivons conformément à la doctrine que nous avons reçue. « Et si l’on vous dit;. Cherchez les ventriloques et ceux qui crient du sein de la terre, » etc. Par ce qu’ils disent des inanités, l'Ecriture les appelle diseurs de riens. Tout ce qui se dit est ou vide ou plein de vérité. Tout discours mensonger est vide. Au contraire, celui qui est la science du Dieu de l’univers et qui nous enseignela croyance en Dieu promettant le royaume du ciel à ses saints, est plein de vérité. Ecoutez donc les dis¬ cours de ceux qui n’ont pas été des diseurs de riens et qui ne se sont jamais montrés vides en présence du Seigneur. Nous avons tous reçu de sa plénitude; eux, ils sont vides de vérité, vides de vertus, vides de Jésus-Christ. Si Ton vous dit : « Consultez ceux qui crient du fond de la terre, qui disênt des inanités, qui tirent leurs oracles de leur ventre... » Mais je veuxmontrer pour quelle cause l’Ecriture prend ici à partie plus particu¬ lièrement les démons ventriloques, et dit : « Si Ton vous disait: Consultez les ventriloques.» On constate aisément que tous ceux qui promet- perdidit beatitudinem, et ejecta est de. loco suo, quia eum qui missus est et testimonium babuit Patris, non solum per Legem et Prophetas, verum et in signis et prodigiis, insidians interfecit. Béatitudo ergo transmigravit ad nos Jesu Christi discipulos, et credimus in eo inconcusse et firme viventes juxta hoc quod docti sumus. III. « Et si dixerint ad vos : Quærite ventriloquos et eos qui de terra clamant, » etc. Quia iuania loquuntur, vaniloquos nominavit. Omnis sermo qui dicitur, aut vacuus est, aut plenus veritate. Vacuus est sermo omnis qui mendax est. Plenus est autem veritate, qui habet scientiam Dei universorum et docet ut credamus Deo pollicenti régna cœlorum sanctis suis. Vide ergo quid dicant, qui non fuerunt vaniloqui neque vacui unquam apparuerunt in cons- pectu Domini. Nos omnes ex pleniludine ejus accepimus, Joan. i. Qui vaniloqui sunt non habent hoc ex plenitudine, sed omnes vacui sunt Christo. Si dixerint vobis. « Quærite eos qui de terra clamant, qui inania loquuntur, qui de ventre clamant... » Volo dicere et causam, quare hoc potissimum dæ- 591 TRADUCTION DES NEUF HOMÉLIES D’ÛRÏGÈNE. tent la vérité qu’ils n'ont pas, sont esclaves de leur ventre et que toutes leurs actions ont en quelque manière sa volupté et ses satisfactions pour mobile. Ce ne sont pas les païens seule¬ ment, ce sont aussi ceux qui en faisant montre de religion en Jésus-Christ sont hérétiques, et ce ne sont pas seulement ces derniers, ce sont aussi certains d’entre nous, membres de l’Eglise, qui font tout pour la satisfaction de leur ventre, n’ayant de culte que pour lui, et tournant à son profit les présents qui sont portés dans l’Eglise. Tous ceux-là tirent leurs paroles de leur ventre, et c’est dans leur ventre qu’est la source de leurs discours. Gen’estpasen effet au fond d’un cœur bon que jaillit la source de leurs discours; elle ne vient pas des bonnes pensées, elle ne vient pas du Saint-Esprit. S’il arrive donc que quelqu’un se présente pour enseigner, voyez bien si ses discours ont ou n’ont pas leur source en son ventre. , Une objection pourrait ici m’être faiteet jevais au-devant d’elle de peur que quelqu’un de vous venant à l’en¬ tendre formuler quelque part, ne pensât ou que l’Ecriture est en contradiction avec elle-même, ou que nous avons maF examiné comment il convient de prouver le texte qui accuse ceux qui crient du fond de leur ventre. Quelle est donc cette objection? « Si quelqu’un croit en moi, il sortira des fleuves d’eau vive de son ventre, une fontaine d’eau qui rejaillira jusque dans la vie monium ventriloquorum nuoc assumpserit sermo, ut dicat : « Si dixerint ad vos : Quærito ventriloquos. » fnvenies omues qui repromittunt nec habent verita- tem, ventri suo servientes et quodammodo propter voluptatem ejus et abundantiam cuncta facere. Non Bolum autem gentiles, sed et eos, qui cum repro- mittant in Christo religionem, hærctici sunt, et non tantum illos, sed etiam in nobis, qui Ecclesiastici aurons, invenies aliquem pro saturitate vontris cun¬ cta gerere, ut honoretur et accipiat munera, quæ in Ecclesia deferuntur. Iste talis de ventre loquitur, et fons serroonum ejus in ventre consistit. Non enim fous sermonum ejus de corde bouo Huit, non de bo¬ nis cogitationibus, non de sancto Spiritu. Si quis ergo aliquando se docere promittit, observate utrum serrnones ejus de ventre habeant principium, an non. Propositionem autem, quæ mihi dici potest, ipse interponam, ne forte quis ex vobis a quoquam eam audiens, existimet aut Scripturam sibi esse contrariam, aut non inspexisse quomodo oporteat approbare sermonem in eos accusatorium qui de ventre clamant. Quæ est ergo propôsitio? « Si quis, » éternelle. » Joan. vir, 37, et iv. 14. Celui donc qui fait cette objection dira : Puisque le Sauveur promet qu’elle sortira du ventre, cette fontaine d’eau rejaillissant jusque dans la vie éternelle, c’est qu’elle sort du juste et que le juste crie du fond de son ventre. Il est bien vrai que cette source d’eau que Dieu promet est dans le ventre du juste. Mais il faut distinguer que nous avons deux ventres, l’un corporel et l’antre spirituel; comme il en est des autres qui ne semblent s'ap¬ pliquer qu’à des parties du corps, des yeux, par exemple, et ily a pourtant les yeux du corps et les yeux de l’âme. Quand il est dit des yeux : « [^commandement du Seigneur est une lumière qui illumine les yeux, » Psalm. cxvin, ce n’est pas, j’imagine, des’yeux du corps qu'il s’agit ; comme lorsqu’il est dit : « Que celui qui a des oreilles pour entendre entende, » Matih. xnr, ce n’est évidemment pas des oreilles du corps qu’il s’agit, mais de celles de l’âme que possedent eeux dont l’ouïe de l’âme est pure. De même cette promesse : « Votre pied ne trébuchera pas, » Joan. xiv, ne saurait se rapporter au pied du corps. C’est qu’il y a comme un pied du cœur qui va à Celui qui a dit : « Je suis la route. » Comme il y a un ventre du corps, il y a donc un ventre de l'âme, et c’est de lui que parle ainsi le juste : « Par l’effet de votre crainte, Seigneur, nos entrailles ont conçu, nous avons été dans les douleurs de l’enfantement et nous avons en- ait, « crédit in me, flumina deventre ejus Huent, fonB aquæ salientis in vitam æternam. » Joan . vii 38 et iv,i4. Dicat aliquis de his qui proponunt : Si Salvator re- promittit hune esse de ventre fontem aquæ salientis in vitum æternam, de justo egreditur et justus de ventre clamat. Si quidem fons aquæ, quem Deus re- promittit, in ventre ejus est. Sed dicendum est ne forte duos liaboamus ventres, et alius sit corporalis, alius spiritalis; quomodo reliquæ partes, quæ viden- tur in corpore nominari, veluti sunt oculi, verum alii eorporis, alii animæ. Si enim dicitur de oculis : «Mandatum Domini lucidumilluminans oculos,» Psalm. cxvm, non puto hoc referendum ad oculos corpora- les. Et si dicitur : « Qui habd aures audiendi audiat, » MaUh. xiii, non est putandum hoc dici de eorporis auribus, sed de animæ, quos habent qui mundi sunt in auditu animæ. Sed etsi dicitur in repromis- sionem : « Pes tnns non offendet, » Joan. xiv, non eât arbitrandum de eorporis pede. Est enim quidam pes cordis ingrediens ad eum, qui dixit : « Ego sum via. » Sic igitnr similis ventri corporali venter est animæ, de quo loquitur justus: «A timoré tuo, SAINT JÉROME. 592 fanté l’esprit de votre salut, que vous avez opéré sur la terre. » Isa. xxvi. 16. Mais ceux qui ont le ventre plein des vains discours que la terre 'en¬ gendre, ont ee ventre dont la terre est l'a¬ liment et dont l’Ecriture dit : « Dieu détruira un jour les aliments et le ventre. » I Corinth. vi, 13. Les saints ont donc le ventre de l’àme, dans le¬ quel ils ont conçu par l’opération de la crainte du Seigneur, et leur yentre est plein de sources d’eau rejaillissant jusque dans la vie éternelle. Job parle ainsi de ce ventre : « Mes oreilles et mon ventre sont en travail comme une outre pleine de vin nouveau et liée. » Job. xxxir, 19. 11 ne s’agit pas lé, évidemment, du ventre du corps qui n’était pas assurément plein des pensées en fermentation comme un vin nouveau qu’on a enfermé dans une outre. Voilà notre réponse à l’objection. Revenons maintenant à notre sujet lui-même. « Si l’on vous dit : Consultez les ventriloques et ceux qui crient du sein delà terre : Chaque peu¬ ple ne consulte-t-il pas son Dieu? » répondez- leur. Ce dernier mot n’est pas exprimé : Répon- dez-leur : « Chaque peuple ne consulte-t-il pas son Dieu? » Une nation, par exemple, qui adore Jupiter, consulte Jupiter qui est son Dieu. Ré- pondez-leur cela. Mais vous, Israélites, qui avez le vrai Dieu qui est au-dessus de tout, lorsque vous consultez, gardez-vous de consulter les ven¬ triloques, ni ceux qui crient des entrailles de la Domine, in ventre concepimus, et parturivimus, et pe- perimus spiritum salutis tuæ, quam fecisti super ter- ram. » Isa. xxvi, 46. Quicumque autem plénum ha- bent ventrem vanis sermonibus, qui de terra sunt, habent ventrem de terra subsistentem de quo scri- ptum est : « Deus autem et istam et hæc destruet. » I Corinth. vi, i3. Sancti ergo ventrem habent, in quo a timoré Domini et conceperunt, et plenns est venter eorum fontibus aquæ salientis in vitam æternam, De isto ventre ait ille : « Aures et venter meus quasi uter plenus mustoae ligatus.» Job. xxxn, 19. Hæc enim dixit non de corporali ventre; nec enim venter ejus corporalis plenus erat divinorum, et bis proximo- rum vino alligato in utrem. Iste in solutionem propositionis. IV. Nunc ad hoc quod cœpimus, revertamur. « Si ergo dixerint ad vos : Quærite ventriloquos, et eos qui de terra clamant: Non gens ad Deum suum? » hæc eis respondete. Deficienter autem dicitur. Hæc eis re¬ spondete : « Non gens ad Deum suum exquiritur?» Unaquæque gens, si quærit Jovem, ad proprium Deum refert quod quæsivit. Hæc eis respondete. Vos au- terre, ni les diseurs de vains oracles, mais votre propre Dieu. « Doit-on parler aux morts de ce qui regarde les vivants ? » Ces morts ce sont les démons qui sont privés de la vie véritable qui dit : « Je suis la vie. » ,Ne consultez donc point les morts J sur les affaires de la vie; car vous avez reçu la Loi. O vous qui n’êtes pas persuadés encore et qui consulteriez sur ces choses les ven¬ triloques et les évocateurs, dont les vains dis¬ cours sont une contrefaçon du langage de la vé¬ rité et de la loi, contrefaçon que vous confondez avecle secours' de votre Loi elle-même, soyez at¬ tentifs et n’oubliez pas que celle-ci vous dit : N’a¬ dorez pas les idoles. Ainsi pour conformer votre conduite à la Loi, n’attendez rien des ventrilo^ ques ni des évocations. Dieu en effet a donné l’aide de là Loi, afin qu’on dise : «Iln’y a aucune parole comme cette parole pour laquelle il n’y a pas de présents à faire. » Celui qui a reçu la Loi et qui sait qu’elle est son appui, surtout la Loi spirituelle qui défend de consulter les ven¬ triloques et les augures, 3elui-là, quand il l’aura comprise, ne peut queVécrier avec admiration ; Il n’y a pas, ni chez les Grecs ni chez les Barba¬ res, de parole aussi pure que cette parole ; car la Loi qui nous a été donnée de Dieu, diffère de toute parole, de toute doctrine qui promet la vérité. Ce Dieu nous l’a donnée afin qu’on dise : «Il n’y a pas de parole égale à celle-là. » Qu’est- ce qui n’est pas comme cette parole? il y a plu- tem Israelitæ babenles Deum verum, qui est super omnia, cum quæritis, nolite ventriloquos quærere, neque de terra clamantes, neque vaniloquos, sed pro¬ prium Deum. « Qui quærunt de viventibus mortuos? » Mortui enim sunt dæmones privati vera vita, quæ dicit : « Ego sum vita. » Nolite ergo mortuos suscilari de vivis negotiia ! Joan. xiv; legem enim suscepistis. O vos, quibus persuaderi non potuit, ut quæreretis isla de ventriloquis et de terra clamantibus, vanis sermonibus sermonem veritatis et legem, suscipien- tes eam in adjutorium Legis vestræ, attendite ; in lege vestra scribitur : Non sequaris idola; juxta le¬ gem facientes non attendatis ventriloquis, neque bis, qui de terra clamant. « Legem enim in adjutorium de- dit, utdicant: Non est sient verbum istud, pro quo non est munera dare. » Isa. vi, 10. Qui enim assurapsit Legem et novit quia Lex in adjutorium est, et præcipue spiritalis, quæ interdicit a ventriloquis et anguriis quærere ; hic cum intellexerit Legem, debet admirans eam dicere : Nullum verbum ita mun- dum apud Græcos et Barbaros, quale est vérbum Legis. Ab orani enim verbo, ab universa doctrina TRADUCTION DES NEUF sieurs paroles, mais celle de Dieu est seule . la vraie parole. 11 n’en existe pas qu’on puisse met¬ tre aurangde celle de Moïse, de celle des Prophè¬ tes, et avecplusde raison de celle de Jésus-Christ et de ses Apôtres. Assurément c’est là le sens de ce quel a prophétie dit ici : Dieu a donné le’secoursde lALoi, afin que ceux qui ontxeçu ce secours puis¬ sent dire : 11. n’y a pas de parole comme celle de la Loi de Moïse portée par les anges dans la main du médiateur. Et c’est avec bien plus de mérite que l’Eglise peut s’écrier : Rien n’est égal à ce HOMÉLIES D’ORIGÉNE. 598 Verbe qui a été fait chair, qui a habité parmi nous, et dont nous voyons la gloire, non pas recouverte d’un voile comme la vit Moïse, mais comme gloire du Fils unique du Père, plein de grâce et de vérité. Non, rien n’est comparable à la parole que l’Eglise a reçue, en qui elle croit et par qui elle sera sauvée, le Verbe qui au com¬ mencement était avec Dieu et qui est Dieu lui- méme, le Verbe à qui appartiennent gloire et commandement dans les siècles des siècles. Ainsi soit-il. HOMÉLIE VIII. Sur ce qui est écrit : « Poussez des hurlements, images sculptées, dans Jérusalem et dans Sama- rie, » jusqu’à cet endroit : « Et j’ébranlerai les villes qui sont habitées. » Isa . xx, 11, 12. Autrefois, quand le premier peuple de Dieu tomba dans le péché, il se départit de sa reli¬ gion et J uda fabriqua des images sculptées dans Jérusalem, et le peuple appelé Israël en fit dans Samarie. Or maintenant même, il suffit d'un re¬ gard jeté sur la multitude des pêcheurs, pour ne pas hésiter à dire que chacun d’eux, se faisant un Dieu de ce qu’il croit être bon et servant le péché, est maudit et semblable à celui qui se fa- verilatem polliceute differt Lex, quæ aDeo nobis data est. Legem enim iu adjutorium dédit, « ut dicant : Non sicut verbum istud. » Quid est quod non est sicut verbum istud? Multa sunt verba, sed non sicut verbum istud. Nullum enim verbum post ver¬ bum Moysi, post verbum Prophetarum, multo au- tem ainplius post verbum Jesu Ghristi et Apostolo- rum ejns. Vide 9i non clamant sensus Dei quod dic- tum est: Legem enim in adjutorium dédit ut di¬ cant, qui acceperunt Legem iu adjutorium : Non ut verbum istud, quod locutus est Moyses in Lege lata per Angelos in manu mediatoris. Gai. ni, 19. Multo antem dignius potest hoc Ecclesia dicere : Non est sicut verbum istud, quod caro factum est, quod habitavit in nobis, eujus videmus gloriam, noD sicut Moyses velamine obtectam, sed gloriam tam- quam unigeniti a Pâtre, pleni graliæ et veritatis. Non est sicut verbum istud, quod suscepit Ecclesia, in quo crédit, per quod et salvabitur, Verbum quod in principio erat apud Deum, Deus Verbum, cui glo- ria et imperium iu sæcula sæculorum. Amen. brique une idole de bois ou de bronze, ouvrage de la main de l’homme, et la place dans un lieu caché pour l’adorer. Car, les pêchés que nous commettons, ce sont autant d’idoles que nous nous faisons dans le secret de notre cœur. Voilà pourquoi le texte sacré nous exhorte à faire pé¬ nitence et à pousser de grands cris au sujet des idoles qui sont dans Jérusalem et dans Samarie. Si c’est nous, qui nous vantons d’être enfants de l’Eglise, qui péchons, nous nous faisons des images taillées dans Jérusalem; si ce sont ceux qui sont hors de l’Eglise, les hérétiques par exemple qui pèchent, ils se font des idoles dans HOMILIA OCTÀVA. De eo, quoscriptum est: Ululate sculptilia iu Jéru¬ salem et in Samaria, a usque ad eum locum' in quo ait : «Et commovebo ci vitales, quæ habitantur. » Isa. x. I. Olim quidem quundo peccavit populus prior, excidit a religione, et sculptilia fabricatus est Judas in Jérusalem et is qui Israël vocabatur, in Samaria. Si autem et nunc aüquis consideret ex multitudine eorum, qui colliguntur peccatores, non pigebit eum dicere, quod unusqüisque Deum faciens quod existi- mat esse bonum, et serviens peccato, maledictus est faciens sculptile et conflans opus manuum arlificis, et ponens illud in absconso. In absconso quippe cor- dis multa facimus idola, si peccemus. TJnde sermo nos edocet pœnilentiam agere, et ululnre super sculptili- busét idolis, quæ sùnt iu Jérusalem et Samaria. Et siquidem nos pcccemus, qui esse de Ecclesia cupimus iu Jérusalem facimus sculptilia ; si vero qui extra Ecclesiam constituti sunt, quomodo hæretici, pecca- verint, faciunt idola in Samaria. Verumtamen omnem omnipotensDeusJuxlaSuam bonitatem ad pœnitentiam provocat, dicens : « Ululate sculptilia in Jérusalem et in Samaria. » Quemadmodum eienim feci Sainariæ et 38 ÏOM. IV. SAINT JKROMIi. o94 Samarie. Mais Dieu Tout-Puissant, conformément à sa bonté infinie, provoque également tous les pécheurs à la pénitence : « Poussez de grands cris, idoles taillées dans Jérusalem et dans Sa¬ marie. » Car ce que j’ai fait contre Samarie et ses dieux, ouvrages de la main de l’homme, je le ferai aussi contre Jérusalem et ses idoles. 11 fait la menace de traiter ceux qui sont membres de l’Eglise comme il a traité les Samaritains. « Et lorsque Dieu aura accompli toutes ces choses sur la montagne de Sion et dans Jérusalem, il tournera son courroux contre le grand entende¬ ment prince des Assyriens et contre l’apogée de ce qui est la gloire à ses yeux. » Isa. x, 12. Nous, apprenons ainsi ce qui doit arriver à notre en¬ nemi Satan, que le Prophète appelle maintenant une sorte de grand entendement. De même en effet que le serpent était le plus sage de tous les animaux qui sont sur la terre, Gen. iii, que les enfants du siècle sont plus sages aux yeux de leur génération que les enfants de lumière, et que le dispensateur de l’iniquité a été sage selon la sa¬ gesse qui n’est pas bonne, de même celui qui est appelé figurément prince des Assyriens est une grande intelligence et l’on peut s’étonner de la grandeur de cette intelligence dont il a abusé pour former les sages de ce monde qui mettent en avant leurs sectes d’erreur sous le masque par¬ faitement ressemblant de la vérité et de la vertu. Lors donc que le Seigneur aura fait toutes ces maruffactis ejus, ita faciam Jérusalem et idolis ejus. Comminatur quæcumque fecit Samaritanis, et his, qui de Ecclesia sunt. « Cum autem consummaverit Deus omniafaciens iu monte Sion et in Jérusalem, inducet super sensum magnum principem Assyriorum et super allitudmem gloriæ oeulorum ejus. » Isa. x. Docemur quid futurum sit inimico nostro et Zabulo, Gen. iii. quem sensum quemdam magnum nunc Propheta nun~ cupavit. Quomodo enim serpens sapientior erat omnibus bestiis quœ sunt super terram, et fiiii eæ- çul i hujus sapientiores super filios Jucis in genern- tione sua sunt, et dispensator iniquitalis sapienl.er fecit secundum sapientiam non bonam ; eodem mo¬ do isto qui figuraliter princeps Assyriorum dicitur, magnus est sensus, et est mirari mngnitudinem sen- stis ejus iu quo abusus est ad instruendos sapien- tes mundi istius, qui cum orani verisirailitudine cunctaque virtute falsitatem sectarum suarum com- ponentes exhibent. Cum ergo omnia fecerit Deus in monte Sion et in Jérusalem, et reddiderit ea quæ justis repromissa sunt, tune inducet supra sensum magnum principem Assyriorum, et super altitudinem choses sur la montagne de Sion et dans Jérusa¬ lem, et qu’il aura donné les récompenses qui sont promises aux justes, alors il tournera sa colère contre la grande intelligence, le prince des Assyriens, et contre la gloire arrogante qui brille en ses yeux. L’Ecriture sait qu’il a le goût des fausses grandeurs et que l’orgueil a été l’origine de sa perte. Si donc nous sommes or¬ gueilleux nous-mêmes, nous tomberons sous le coup de la sentence qui frappa Satan. Voyons donc toute l’étendue de son arrogance, afin de nous tenir en garde contre elle et de ne pas tenir lelangagequ’il tient. Etque dit-il? «C’est parla force de mon bras que j’ai fait ces grandes choses et c’est ma propre sagesse qui m'a éclairé pourenlever lesanciennes bornes des peuples. » Isa. x, 1 3. Il croit que sa propre force lui suffit pour accomplir sur nous tout ce qu’il veut. Ët réellement si nous sommes vaincus et si nous nous laissons choir dans le péché après avoir entendu ces paroles ; si après être entrés dans l’Eglise, nous retournons au cirque, aux courses de che¬ vaux et aux assemblées païennes, est-ce autre chose qu’être défaits par lui et tomber en son pouvoir? Et que veut dire Satan : J’ai fait par mes propres forces? C’est une menace qu’il ac¬ complit contre nous pécheurs. Si après un long temps de chasteté, une longue pratique de la sanctification nous tombons dans l’impureté, arrive-t-il autre chose, sinon que se vérifie sur gloriæ oculorum ejus. Alta eum sapientem sermo novit, et exordium ruinæ ejus ab inflatione cœpisse. Unde et si inflati fuerimus, iu judicium incidemus diaboli,iu quo incidit ipse Zabulus. II. Videamus autem et iuflationem ejus, quanta sit, ut earn cavèamus, et non permittamus ëum su¬ per nos vera dicere. Quid igitur dicit? « Viribus faciam, etsapientia intellectusauferam fines gentiuin.»7sa.x, 13. Existimat fortitudine sua, quod vult iu nobis se posse perficere, Et révéra si vincamur et post hæc verba peccemus, si post Ecclesiam rursum in circum, et ad equorum cursus, et ad conventus geutilium eamus, quid aliud fit, quam superatos nos possidet? Et quid dixit Zabulus : Viribus faciam? cousequitur in nobis peccatoribus, quod minatus est. Sed et si fornicemur post castitatem longi temporis,postsanctimoninm mul- tara, quid aliud fit, quam vera locutus probatur super nos, qui dixit: «Viribus faciam?» Quid autem et aliud repromittat iste magniloquax, intueamur : « Et sa- pientia intellectus auferam fines gentium. » Sapien¬ tiam nescio quam pollicetur, de qua et Propheta lo- quitur: « Alienigena queedam sapientia est in eis : » TRADUCTION DES NEUF nous la vérité de ces paroles du diable : « Je fais par mes propres forces? » Considérons encore les autres prétentions de cet outrecuidant : « C’est ma seule sagesse qui m’a éclairé pour en¬ lever les anciennes bornes des peuplés. » Je ne veux pas connaître cette sagesse dont il se tar¬ gue et dont un Prophète a dit : « Il y a en eux une sorte de sagesse étrangère à la sagesse;» Jerem . vin, 9. Il y a en effet une sagesse qui est étrangère à la vérité et que Dieu perdra. Parce qu’il la possède, Satan se croit sage et il dit : « Grâce à ma seule sagesse j’enlèverai les an- ciennes'bornes des peuples et je me nourrirai de leurs forces. » Et en effet son œuvre s’étend à toutes les nations; mais le Sauveur, répandant sa parole dans le monde entier, délivre ceux que Satanretenaitprisonniers, «Et je me. nourrirai de leurs forces. » Il nous menace de faire de nos forces saproie et denouslivrer à nos ennemis. Et réellement on le voit accomplir cette œuvre sur certaines âmes. Lorsqu’en effet une âme est vaincue par Satan et qu’elle est livrée aux dé- HOMÉLIES Û’ORIGÈNE. 595 mons, esprits du mal, et aux vertus ennemies, est-ce autre chose que la réalisation de cette pa¬ role : « Et je me rassasierai de leurs forces?» En dévorant nos forces, il nous dévore nous-mêmes. « Et j’ébranlerai les villes pleines d’habitants. » Isa. x, 14. C’est encore une menace de Béelzé- bub; il voit les villes se remplir d’habitants, les Eglises de Dieu qui s’édifient en Notre Seigneur Jésus-Christ, et il se vante qu’il les ébranlera. Il les a en effet fréquemment frappées de persécu¬ tions, ces villes habitées, bien souvent battues en brècheparlesscandales. Maisnous, ne négligeons aucun effort, puisque nous avons notre fonde¬ ment sur la pierre, afin que celui qui a dit : « J’ébranlerai les villes pleines d’habitants, » nous trouve inébranlables devant l’assaut de ses tempêtes et des esprits ennemis. Quoi qu’il ar¬ rive, persévérons fermement comme on le doit quand ou a son fondement sur le rocher de Jé¬ sus-Christ, à qui appartiennent gloire et com¬ mandement dans les siècles des siècles. Ainsi soit-il. HOMÉLIE IX. Au sujet de ce qui est écrit : « Et j’entendis la voix du Seigneur disant : Qui enverrai-je et qui ira vers ce peuple? » Et passant sur quelques traits, on arrive à ces paroles : « Demandez au Seigneur votre Dieu qu’il vous fasse voir un pro- Jerem. vin, 9. Est enim aliqua extranea averitatesa- pientia, quam disperdet Deus. Hanc iste habens rexis- timat se esse sapientem, et dicit : « Sapientia intel- lectus auferam fines gentium et vires eorum depas- car. » Pervenit enim ad omnes gentes operatio ejus; sed Salvator in omnes gentes mittens scrmones suos, eruit eos, qui a Z&bulo in cunctis gentibus captivi te- nebantur. « Et vires eorum depascar. » Minatur se vi¬ res nostras prædatum iri, et tradere adversus nos mi- litaniibu8. Et révéra est videre eum quibusdam hoc facîentem. Quando enim quis vincitur a Zabulo, et traditur dœmonibus spiritibus pessimis, virtutibus contrariis, quid aliud factum est, quam is dixerat : « Et vires eorum depascar? » Accipiens nostras vires, depastus est nos. «Et commovebo civitates, quæ inha- bitantur. » ha. x, 14. Et hocZabulus comminatur; in- habitari cernit civitates, Ecclesias Dei in Christo Do¬ mino constructas, has commoturum esse se personat. Et fréquenter quidem concussit civitates inhabitatas persecntionibus, fréquenter concussit scandalis. Sed dige, ou du fond de la terre, ou du plus haut du ciel. » Isa. vi, 8 et vu, 11. « Et j’entendis la voix du Seigneur disant : Qui enverrai-je, et qui ira vers ce peuple ? et je dis : Me voici, envoyez-moi. Et il me dit : Allez, nos tentomus fundamentum babentes super petram taies fieri, ut iste qui dicit : « Commovebo civitates, quæ inhabitantur, » nos movere non valeat perprocel- las suas, neque per spiritus adversos. Verum ad ora- nia quæ acciderint, stabilos perseveremus, utpote ha- bentes ædificium super petram Jesum Christum, eut est gloria et imperium in sæcula sæculorum. Amen. HOMILIA NONA. De eo quod scriptum est : « Et audivi vocem Do- mini dicentis : Quem mittam, et quis ibit ad populum istum?»et transgrediens modica, pervenit usque ad locum in quo sçribitur : « Pete tibi signum a Domino Deo tuo in profundum, aut in excelsiim. » Isa. vi, 8 el vu, 11. a Et audivi vocem Domini dicentis : Quem mittam. et quie ibit ad populum istum? Et dixi ; Ecce ego eum, 596 SAINT JÉROME. et dites à ce peuple : Votre oreille entendra et vous ne comprendrez point, » etc. Au sujet de ce passage du Prophète Isaïe que] nous venons de lire, prions Dieu afin qu’il nous accorde la grAce et la force de trouver des explications di¬ gnes de cette inspiration prophétique. « J’en¬ tendis la voix du Seigneur disant : Qui enver¬ rai-je ? * Après que ses lèvres ont été purifiées, le Prophète est prêt et il accepte d’être' [le minis¬ tre du Seigneur : « Me voici, » répond-il, « en- voyez-moi. » Mais pour être plus dispos à cette mission, il s’était souvenu du langage de Moïse. Exod. iv. Moïse, grâce à la même réponse : « En- voy'ez-moi, » devint chef du peuple et juge, et fut appelé serviteur de Dieu. J’ai entendu un hébreu' prétendre sur ce passage, que le Pro¬ phète n’accepta volontiers et sans hésitation cette mission de parler au peuple, que parce qu’il ignorait ce qu’il aurait à dire. Quand il eut reçu l’ordre d’annoncer au peuple ces tristes choses : « Votre oreille entendra et vous ne comprendrez point, » etc., plus tard il devint plus circonspect, etlavoixde Dieului disant: « Criez, » il répondit : u Que crierai-je? « Isa . xl, 6. Pour moi je crois que notre texte prophétique vise le Sauveur et prédit que les Juifs devaient en l’entendant ne pas l’entendre et en le voyant ne pas le voir. Ce langage n’aura plus de voiles pour nous, si nous le méditons quelque peu. « Vous regarderez, vous verrez et vous ne discernerez pas ; » voici le mitte me. Et ail : vade,etdic populo huie : Àure ûu- dietis et non iutelligetis, » et reliqua. De eo qui nunc 'lectus est Isaioe Prophetæ sermone, oremus Deum, ut nobis gratiam largiatur, ut digua prophetico spiritu valeamus exponere. Et audivi, » inquit, « vocemDomini dicentia: Quem miltaui ? » Postquam purgatus e3t labiis Propheta, paratus suscepil ministerium Domini, et di- eit : «Ego sum, mitte me. »Sed ut paratior esset ad hoc, meminerat voeis Mosei. Exod. iv. Nam et ille eadem utens voce : «Mitte me, » princeps populi judexque fac- tus, et f;imulus Dei nuucupatus est. Audivi autem quemdam Hebræum exponentem hune locum, at- que dicentem, auia libenter quidem Prophètes et pa- rntus prophetiam suscepit ad populum, ignorans quœ essent ei dicenda. Porro audiens tristia, quæ essent populo nuntianda, hoc est : « Aure audietis, et. non inlelligetis, »etc. in seqùentibus pigrior fit; dicente ei voce Dei : « Clama, » respondit ei, et dicit : « Quid clamabo? » Jsa. xl, 6. Àrbitror autem hæc prophetari de Salvatore, quia futurum erat, ut audientes non au- dirent, et videntes non vidèrent. Manifestais porro fietquod dicitur, si consideremus paululum locum is- sens. Les Juifs virent certainement que les aveu¬ gles voyaient, mais ils ignoraient le sens de ce recouvrement de la vue. Ils entendirent les pa¬ raboles que le Sauveur expliquait en secret à ses disciples, et ils n’entendirent pas en ce sens qu’ils ne comprenaient pas ce qui se disait, et c’est ce que prouve cette parole de notre Sei¬ gneur : «Que celui qui a des oreilles pour en- lendreentende.’» Ils'n’ôtaient pasen effet dépour¬ vus des oreilles du corps qui entendent, mais les oreilles de l’âme étaient en eux frappées de surdité. Voilà pourquoi Dieu leur adresse cette prédiction par la voix du Prophète : « Votre oreille entendra et vous ne comprendrez point; vous regarderez, vous verrez et vous ne discer¬ nerez pas. Car la graisse alourdit le cœur de ce peuple; » Que signifient ces paroles : « La graisse alourdit le cœur de ce peuple, » re- cherchons-le. Le cœur de tous ceux qui s’agi¬ tent dansles soucisde la vie présente, estalourdi; le cœur des mondains s’enfle comme si des épi¬ nes le criblaient de piqûres. Leur cœur semble donc s’engraisser et les connaissances subtiles de l’esprit n’y peuvent pénétrer. Fuyons donc de telles préoccupations, afin que notre cœur n’en reçoive pas d’enflure et soit agréable â Dieu. Fuyons les sollicitudes terrestres; ce sont elles qui alourdissent le cœur. La parole est ailée et il n’y a, nous dit l’Exode, que les cœurs qui ont sa légèreté qui verront Dieu. Car Dieu n’est vi- tum. « Cernentes aspîcietis et non videbitis, » istius- modi est. Videbant quidem videre lune cæcos respi- cientes, rationem autem visionis ignorabant. Àudiebant parabolas, quas dissolvebaCsecreto discipulis Salvator ; ipsi vero non audiebant, nescientes quæ dicebantur, propter hoc testificans eos dixit : « Qui habet aures audiendi audiat. >r Nec enim privati erant liis auribus, ut non audirent; sed interiores eorum aures gravatæ erant ad audiendum. Propter hoc prædicat eis, et per Prophetam futura præfatur dicens : « Àure audietis et non iûteUigetis, et cernentes aspicietis et non vîdehitis. ïncrassatum est enim cor populi hujus. » Quid sit hoc qnod dicitur: «ïncrassatum est enim cor populi hujus,» inspiciumus. Omnibus, quiin præsentis vitæ curis ver- santur, cor incrassatum est; haud aliter eis qui in sæcularibus morantur incrassatum est cor, quam si a spinis enecêntur. Idcirco pinguescit cor, et non potest tenuioris spiritua suscipere notiones. Fugiamus ergo /a talibus curis, ut attenuatum cor nostrum Deo accep¬ table fiat. Fugiamus terrena negotia. Ista sunt enim, quibus cor incrassatur. Propter hoc sermo subtilis erat, ut in Exodo scribitur de eo, quod ait : Qiiicnmque fue- 597 TRADUCTION DES NEUF HOMÉLIES D’ORfGÈNE. sible qu'aux yeux d’un cœur dégagé des soins du monde. L’Ecriture signale trois empêche¬ ments. « Le cœur de ce peuple est alourdi, ses oreilles se sont appesanties, et ils. ont fermé les yeux. » On peut encore entendre et expliquer ce passage d’une autre façon. Bien des hommes pen¬ sent qu’ils voient les créatures de ce inonde parce qu’ils les aperçoivent. Que dis-je, des hommes? Les oiseaux aussi elles quadrupèdes aperçoivent le soleil, la lune, les cieux avec leur année d’é¬ toiles; mais la raison de tout cela, qui la com¬ prend? Les justes seuls et les saints voient en vérité toutes ces merveilles avec les yeux de la sagesse qui vient de Dieu et qui les leur fait com¬ prendre. De là, ce que dit David dans le hui¬ tième psaume : « Je considérerai vos cieux qui sont les ouvrages de vos doigts, et la lune et les étoiles dont vous avez posé les fondements. » P salin, vnr, 4. Eh quoi i le Roi-Prophète ne voyait-il pas alors le ciel et la lune ? méditons ce mot « je verrai, » et nous le pourrons com¬ prendre . . > « Ils sont retournés aux iniquités ? » De qui? L’Ecriture ne dit pas simplement « de leurs pè- rint propter tenuitatem cordis ejusmodi, isti Deum vi- debunt. Exotl. xxtv, Talibus enim oculis Deus videtur. Tria sunt quæ dicuntur. « Incrassatum est enim cor populi hujus, et auribus suis graviter audierunt, et oculos suos clauseruut. » Possunt autem et aliter manifestius intelligi, quæ hoc dicuntur in Loco. Multi enim hominum putant inspicientes creaturas, et mun- dum istum contemplantes, videre se eu. Et quid dico hominum? Ecce volucres et quadrupedia vident solem et lunam, et universuni simul cœlum cura stellarum choro ; sed rationes eorum non intelligunt. Soli vero justi et sancti per sapientiæ Dei vationem comprehen- dentes inspiciunt ea. ldeo in octavo psalrao David di- cit : « Quoniam videbo cœlos tuos opéra digitorum tuorum, lunam et stellas, quæ tu fundasti. » Psalm. vm. 4. Quid enim nunc Propheta non videt cœlum et lu¬ nam? Sed hoc quod ait « videbo, » si consi derernus, pote- rimus iutelligere . « Conversi sunt ad iniquitates. » (a) Quorum ? Non ait simpliciter, « patrum, » sed cum additamento, « pa¬ res, » mais, « de leurs premiers pères. » Ces pa¬ roles, nous l’avons dit, s'adressent à nous et à, ceux d’entre nous qui sont pécheurs. Comment donc ceux d'entre nous qui sont pécheurs sont- ils retournés aux iniquités des pères, et de leurs premiers pères. Nous avons des pères de deux sortes, etl'une est celle des mauvais. Ainsi, avant que nous eussions embrassé la foi, le diable était notre père, comme le prouve cette parole de' l’Evangile : « Vous êtes nés du démon comme père. » Mais par la foi nous sommes devenus enfants de Dieu. Maintenant, si nous péchons, nous retournons aux iniquités de nos pères et de nos premiers pères. Comme preuve de cette vérité que nous avons deux sortes de pères, in¬ voquons aussi le témoignage de David dans le psaume^ quarante-quatre : « Ecoutez, ma fille, ouvrez les yeux et ayez l’oreille attentive, et ou¬ bliez votre peuple et la maison de votre père. » Psalm. xiiiv, 11. Or, il est le père aussi, celui qui dit: «Ecoutez, ma hile. » Nous avons donc deux sortes de pères, et celui-ci dit : Oubliez la mai¬ son, du père que vous aviez avant moi. Par con¬ séquent, si, après avoir oublié la maison de votre père d’autrefois, vous retournez aux péchés, vous tombez dans la faute dont il s’agit ici : « Ils sont trurn suorum priorum. »■ Diximus hæc de nobis d ici , et his qui- in nobis sunt peccatores. Quomodo igitur qui inter nos sunt peccatores, conversi sunt ad iui- quitates patrum, et patrum suorum priorum ? Dupli- ces habemus patres, et una species est pessimorum patrum. Siquidem antequam crederemus, diabolus pater noster fuit, ut sermo Evangelicus ostendit, dî- cens. « Vos de pâtre zabulo nati estis. » Cum autem credidimus, facti sumus filii Dei. Si ergo post hæc pec- caverimus, convertimur ad. iniquitates patrum, non simpliciter, sed patrum priorum. Ad probationem au¬ tem hujus rei, quia duplices habemus patres, utimur et David testimonio, in quadragesino quarto psalmo ita dicentis : « Audi, filia, et vide, et inclina aureni tuam, et obliviscere populum tuum, et domum patris tui. a Psal. xliv, il. Quasi pater quippe cœpit : « Audi, filia. » Ergo duplices nostri patres sunt. Sed obliviscere, inquit, domum patris tui prioris. Si igitur oblitus domum patris tui prioris rursus fueris ad peccata conversus, incidisti in id quod nunc diciUir peccatum : « Conversi sunt ad iniquitates pa¬ trum suorum priorum. » Dicebamus dudum zabulum (a) Cætera desidoraatur, mutila quippe est m libris omnibus cum editis loin manu exaratis noua isibœc in lsaium homilia enjus postromæ parti supplendœ dclracta leniere est olim postrema pars hornihæ itidem noure in Jeremiam ex genuina nieronymi interprelatiuue ab bis verbis j « Con¬ versi sunt ad iniquitates patrum meorum. b Quæ lamotsi nullurn, ut vidos, vel ad propositum Isaiæ textum, vel ad superiorom exposilioncm rospectum babeant, cum jamdiu error.isto iuoleverît, nec supersit pars cjus bomiliœ propria, et nos subnectimus ad exomplar Genebrardi, spatio tantum uliquo ad logent)» erudilionem interposilo. (Edit. Mign.). SAINT JÉROME. 898 retournés aux iniquités de leurs premiers pères. » Nous disions tout à l’heure que le diable avait été notre père, avant que Dieu le devint, et poürvu toutefois que le diable ne le soit pas re¬ devenu; l’Epître de saint Jean nous fournit une nouvelle preuve de notre assertion : « Quiconque commet le péché, est né du démon. » Autant de fois nous péchons, autant de fois nous naissons du diable. Malheureux celui qui reçoit sans cesse la naissance du diable, et bienheureux celui qui renaît sans cesse de Dieu ! car ce n’est pas une seule fois que le juste est né de Dieu, mais il naît à tout instant de Dieu chaque fois qu’il fait œuvre de vertu. Une preuve plus convaincante encore, c’est la nativité quotidienne du Sauveur, ce qui se passe pour lui ayant évidemment lieu pour les justes ses frères d’adoption. Notre Sau¬ veur est la splendeur de la gloire. Or la splen- patrem nostrum fuisso/antequam Deus factus ait pa- ter, si tarneu nuüc non habemus etiara zabulum patrem; quod etiam de Joannia Epistola approbamus, in qua ita ecribitur : « Omnis qui peccatum facit, ex zabulo natua est. » Totiës ex zabulo naacimur, quotiea pecca- mus. Infelix iste qui semper generatur a zabulo. Rur- sumque multum beatus qui aeraper ex Deo nascitur. Neque enim semel dicam, justurn ex Deo natum, sed per singula virtutis opéra semper justua nascitur ex Deo. Hoc autem ut pleniua poasit probari, etiam de Saivatoris nostri quotidiana nativitate dicamus, liquido id in justis oblinentes quod in Domino præcesserit. Salvator noster splendor est gloriæ, splendor autem deur ne nait pas une fois pour toutes, pour cesser ensuite de naître : toutes les fois que parait la lu¬ mière, d’où sort la splendeur, la splendeur de la gloire parait aussi chaque fois. Notre Sauveur est la sagesse de Dieu. Or la sagesse est la splendeur de la lumière éternelle. Le Sau¬ veur nait donc sans cesse, et de là ce qu’il dit : « Avant toutes les collines il m’engendre, » et, non pas, comme le veulent quelques-uns qui lisent mal, « il m’a engendré. » Puis¬ que notre Seigneur nait sans cesse du Père, vous aussi, qui avez, à cause de votre res¬ semblance avec lui, le contrat si grand de l’adop¬ tion, vous naissez sans cesse de Dieu par cha¬ cune devos pensées, par chacune de vos œuvres, et vous êtes fait enfant de Dieu en Jésus-Christ, à qui appartiennent gloire et commandement dans les siècles des siècles. Ainsi soit-iL non eemçl nascitur, et deinceps desinit nasci : quo- tiescumque ortum fuerit lumen, ex quo splendor ôri- tur, toties oritur et splendor gloriæ. Salvator noster sa- pientiaestDei.Sapientiaverosplendor est luçis æternæ. Sic igitur Salvator semper nascitur, et idcirco dicit : « Ante omnes colles générât me, » non ut quidam male legunt, «generavit. » Si semper ex Pâtre nascitur Do- minus, etiam tu in similitudinem ejns tantum adop- tionis scriptus habens, semper generaris a Deo per siü- guios intellectus, per singula opéra, et efficeris filius Dei in Christo Jesu, cui est gloria et imperium in sæ- cula sæculornm. Amen, PETIT APPENDICE. NOTES TRÈS-SUCCINCTES SUR QUELQUES CHAPITRES D’ISAÏE TIRÉES D’UN MANUSCRIT DE VÉRONE. Les douze Prophètes ne forment qu’un même livre; et ce que les médecins ont coutume de faire pour les maladies et les blessures du corps, les Prophètes, comme des médecins spirituels, l’ont fait pour les blessures de l’à: me et les dif¬ férents péchés. Les douze Prophètes décrivent dans toutes les phases de sa maladie jusqu’à la mort l’âme qui ne veut pas être guérie de la per¬ versité, et ils racontent comment elle est guérie ensuite, après sa mort, par Jésus-Christ qui est le vrai médecin. Ce que font les douze Prophètes partiellement et en en donnant toutefois une ra¬ pide vue d’ensemble, les grands Prophètes le font avec les plus grands détails. Quant à Esdras qui veut dire « auxiliaire, » à Zorobabel, qui si- APPENDICULA. IN ISA! AM PARVULA a ABREVTATO DE CAP1TULIS P A H CI S Ex Yeroüeüsi ms. diidc pritnnm édita. Unus liber est duodecim Prophetarum; et quod so¬ ient facere Medici in ægrotatioriibus et vulneratis se- cùndum corpus, hoc Prophetæ quasi spiritales medici. iu animæ vulneribus diversisque peccatis facere con- suerünt. Duodecim Prophetis quasi ægrotans, qui vitio suo curari holuerit, ad mortem usque describitur ; et postea per Christum, qui verus est medicus, sanatus post mortem esse narratur. Quod ergo duodecim Pro- (û) lia io Veroneosis Bibliothecœ codice vetustissimo ioscribitur de bujns auclore opiuscuj i diximns iu biijusue tmni p rte folio rua . gnifie «celui-là prince dans Babylone, » et à Jo- sué, qui ale même sens que notre mot «Sauveur,» ils ont. été des figures avant-courrières de notre Seigneur; ils furent envoyés pour guérir ce que les autres Prophètes n’avaient pu guérir par les remèdes de leurs livres et pour ramener le peuple après la captivité. « Vision d’Isaïe. » Isa. 1. Vision est dit parce que les Prophètes connaissent l’avenir et voient avec les yeux de l'esprit l’avénement du Sauveur; de là vient le nom de « voyants » donné aux Prophètes chez les anciens. « Fils d’Amos. ». La plupart croient qu’Amos, qui est le troisième des douze Prophètes, fut le père d’Jsaïe, mais ils se trompent grandement, puisque les deux phetæ per partes faciunt et nihilominus ipsi breviter subi.ndicant, eumdem ordinem continentes, hoc latis- sime Majores Prophetæ facere consueverunt. Ezras autem, qui intérpretatur « adjutor,» et Zorobabel, qui interpretatur « isle princeps in Babylone, » etJesus,. qui in lingua nostra sonat « Snlvator, » in figura præ^ cesserunt Domini ; ut quod cæteri Prophetæ medici- nalibus suis libris curare non potuerunt, isti curave- rint, et reduxerint populumpost captivitatem. « Visio Isaiæ. » Isa . i. Propterea visio dicitur, quia Prophetæ futura cognoscunt, et spiritualibus oculis Salvatoris intuentur adventum; unde et «Videntes » apud antiquos vocabantur Prophetæ. « Filii Amos. » Plerique putant Amos, qui tertius est. de duodecim Prophetis, patrem esse Isaiæ, sed vehementer errant, : qui ii uun. 24 ex Digro colore (aunt enim alii ex rubro) præDOtfüur. Vide qnæ {Edit. Mi gu.) SAINT JÉROME. 500 Am os s’écrivent chez les Hébreux par des lettres différentes, T un par Sadê et l’autre par Siu. « Qu’il vit au sujet de Jqda et de Jérusalem. » Isaïe est spécialement envoyé aux deux tribus, Juda et Benjamin; et à Jérusalem, à la cité mé¬ tropole des deux tribus. « Aux jours d’Ozias, Joathan, Achaz, Ezéchias, rois de Juda. » Sa prophétie s’est donc étendue sous tous ces princes qui régnèrent en Juda; nous trouverons d’ailleurs dans son livre sous quel roi chaque vision a été dite. Voilà pour l’histoire. Pour la trôpoiogie, il faut comprendre que tout ce qui s’adresse àSamarie et aux tribus est dit contre les hérésies, et que tout ce qui est contre Jérusalem est dit contre l’Eglise. C’est une première manière d’entendre au figuré; il y en a une autre: l’àme qui s’égare et tombe des sommets de la justice dans l’assujettissement aux vices est appelée Ephraïin, d’autres fois Samarie, parce qu’elle est' représentée comme s’étant construit des veaux d’or et rattachée aux dix tribus. Quiconque persévère encore dans le plan de l’Eglise et ne s’est pas ouverte¬ ment précipité dans la déraison en niant la vérité de ce qu’elle dit, et qui néanmoins est assujetti aux vices, est repris par le Prophète sous le nom de Juda, en ce qu’en lui est la vraie « confession » de Dieu, et de Jérusalem, parce qu’il parait avoir la a paix, » pour qu’il se sépare de ses crimes cachés, de peur que la captivité diversis quippe apud Hebræos scribunturlitteris: alius per asade,/) alius per «sin. » Quam vidit super Judam et Jérusalem. » Speeialiter Isaiasad duastribusroittitur, Judam et Benjamin « et Jérusalem, » hoc est, ad me- tropolim duarüm tribuum civitatem. « In diebus Osiæ, Joatham, Achaz, Ezecluæ, Règum Juda. » Sub istis ergo omnibus, qui regnaverunt in Juda, prophetia ejus extensa est; etiam in ipso libro reperiemus, quæ Visio sub quo dicta sit rege. Hoc secundum Historiam ; se- cundum tropologiam autem intellîgendum, quodeum- que ad S&mariaüret ad decem tribus, dicitur, hoc dici contra hæreses; quodeumque vero contra Jérusalem, hoc dici contra Ecclesium. Prima intelligentia tropo- logiæ ista est : aecunda alia anima quæ erraverit et de justitia corruens vitiis subjacuerit, dicitur Ephraim, dicitur Samaria; nam dicitur vaccas sibi . anreas cons- truxisse et rofertur ad decem tribus. Quicumque ad- hue in proposito persévérât et non in apertam pro- rupit insaniam, uegans esse quod dicitur, et. nihilo- minus vitiis subjacet, corripitur a. Propheta quasi Judas in quo sit vera Dei « confessio, » et quasi Jérusalem, quod « pacem » quidem habere videatur, ut ab occul- ne vienne aussi pour lui. « Cieux, écoutez, et vous, terre, prêtez l’oreille, parce que le Seigneur a parlé. » Isaïe parle ainsi parce qu’il fut écrit dans le Cantique du Deutéronome, au temps où Moïse répandait la parole comme une nuée du Seigneur : « Ciel, soyez attentif et je parlerai, et que la terre entende les paroles qui sortent de ma bouche ; qu’elle attende mon discours comme la pluie et que mes paroles descendent comme la rosée, » et parce que la loi de Dieu avait été donnée en présence de ces deux témoins, le ciel et la terre, c’est-à-dire, de toutes les créa¬ tures que renferment le ciel et la terre ; la partie en effet est prise' pour le tout par synecdoclie, qui consiste en ses parties parce que toutes y sont contenues, comme nous l’avons dit. « Ciel et terre : » parce que le peuple a violé la loi de Dieu, le prophète fait appel aux mêmes témoins devant qui elle a été donnée; afin que, puisque le peuple n’a pas voulu écouter, toutes les créatures entendent. « Cieux, écoutez, et vous terre, prêtez l’oreille, » Selon la lettre, cela re¬ vient à dire : Puisque le genre humain m’a méprisé, et qu’entre toutes les créatures et les élé¬ ments que que j’ai faits il n’y a de rebelle que l’homme, qui entre en lutte avec ma volonté, à cause de cela, que les créatures mêmes qu’on croit sans raison écoutent, afin que celles qui sont raisonnables soient condamnées à fortiori . « Parce que le Seigneur a. dit : J’ai nourri des tis criuiinibua se retrahat, ne etiam illi captivitas ve- niat. «Audite, cœli, et auribus percipe, terra, quo- niaui Doniinüs locutus est. » Quoniaiù in Gantico Deuteronomii scriptum est, eo tempore quo Moysea, quasi nubes Domini, loquebatur :■ « Attende, cœlum, etloquar, et audiat terra verba ex ore meo; expectet sicut plüviam sermonera meum et descendant sicut ros verba mea ;» et legern Dei sub his testibus dede- rat, cœlo videiicet et torræ, hoc est omnibus crea- turis quæ cœlo includuntur et terra ; ex parte enim totum indicatur (synecdochicôs). quod tenetur in par- tibus, quia omnia includuntur, ut diximus. « Coelurn et terram, » quia legern Dei prævariçatua est Ipopulus, eosdem rursus testes vocat sub quibus data lex est, quoniam populus audiro contempsit, cunctæ , audiant creaturæ. .« Audite,. cœli^ et .auribus percipe, terra. ». Juxta historiam quod dicit hoc est : Quoniam me ge- nus contempsit liumanum, et inter cunctas creaturas etclementa quæ feci, hoc tantummodo rebelle genus est, quod répugnât voluntati meæ; propterea etiam ir- rationabileS quæ putantur, audiant creaturæ, ut magis rutionabiles condemnentur. Quia Dominus locutus 60 J NOTES SUR QUELQUES CHAPITRES DTSAIE. enfants et je les ai élevés. » Il n’y a pas : « J’ai engendré dès " enfants, » comme le voudrait l’interprétation vulgaire ; il serait superflu de dire: « J’ai engendré des enfants, » puisqu’as- surément tout enfant est engendré. Implicite¬ ment, par le mot « enfants, » Dieu a fait con- liaïtre qu’ils avaient été déjà engendrés. 11 va ici du moins au plus, en ce que quiconque en¬ gendre" nourrit. Je les ai donc engendrés et nourris ; et je ne me suis pas Contenté de les avoir nourris, pour les abandonner ensuite à leur penchant à la manière des animaux et des oiseaux, et les laisser à leur travail ; mais après les avoir nourris tout petits, je les ai en¬ tourés de soins grands et adultes, et comme je leur avais donné la vie, je leur ai maintenant donné la gloire. « Mais eux m’ont méprisé. » En retour de si grands bienfaits, j’ai recueilli leur mépris. « Le bœuf connaît son possesseur, et l’àne, l’étable de son maître. » A l'homme rai¬ sonnable sont comparées les bêtes de somme et les pécores, afin que, puisqu’elles sont sensibles aux bienfaits et que leur instinct ne méconnaît pas Dieu dont les bienfaits les touchent, le genre humain seul, qui a méprisé Dieu, soit condam¬ né. » Le bœuf connaît son possesseur, et l’âne, l’étable de son maître. « Le bœuf qui laboure, qui soumet son cou au joug, et qui donne en travail à son maître beaucoup plus qu’il reçoit en soins, connaît pourtant celui â qui il est. est: Filios enutrivi et exàltayi. » Non dixit :« Filios genui, » sicût iu vulgari habent mterpretatione ;super- fluum enim dixisse : « Filios genui, » cum utique omnis filius sit genitus. Ergo iu eoquod dixit « filios,» indicavit jam esse genitos. Nunc augmentum facit, quia omnis qui générât, et nutrit. Ergo ego et genui et nutrivi; et non solum enutrisse conteutus fui, ut in morem animalium et aviuin suæ illos felinquereïn passioni et suo labori dimitterem; sed quos parvulos enutrieram, magnos quoque et adultos, ut [quibus vi- tam dederam, Jaune darem etiarn gloriam. « Ipsi autem spreveruntme. » Pro tantis beneficiis vicissitudo con- temptus fuit. « Cognovit bos possessorem suum et asinus præsepe domini sui. » Ration’abili homini irra- tionabiliu jumenta et pecora comparantur, ut cum ilia bénéficia senserint etbrutôrum quoque sensus non ignoret eum, cujus bénéficia sentit, solum genushu- manum çondemnatur quod contempsit Deum. « Co¬ gnovit bos possessorem suum et asinus præsepe do- mini sui. » Bos, qui laborat, quijugo colla submittit et multum ex labore suo plus præstat domino, qUam ipse a domino accipit, tamen intelligit possessorem L’âne à son tour connaît l’étable de son maître, ses bienfaits, et il voit avec un plaisir marqué le lieu où il a coutume de recevoir, sa nour¬ riture. « Israël n’a pas connu, » sous-ent3iidu moi : « mon peuple n’a pas compris qui était son possesseur ou son maître. » Et en même temps il fait voir quelle est la forcé de l’exemple. Bien que le bœuf reçoive de son maître et que l’âne connaisse son étable, pourtant, parleur travail, ils donnent bien plus à leur maître qu’ils ne re¬ çoivent de lui ; et moi qui ne. puis rien recevoir des hommes, à moins que ce ne soit leur pro¬ pre salut, tant je les aime ! moi qui ai tout fait pour eux sans qu’ils aient rien fait poiir moi, pour prix de tous mes bienfaits, ils ne m’ont rendu que mépris. Puis donc que j’ai enduré tant d’avanies, et que j’ai perdu mon Fils que j’avais nourri, que j’avais comblé de gloire, la seule chose que je puisse faire, je la fais : je plaindrai après sa perte et sa mort l’homme que je n'ai pu guérir malade. « Malheur aux enfants scélé¬ rats] » Ils ont changé de nom : « Malheur à la nation pécheresse, » qui fut autrefois appelée ma nation ; « au peuple chargé, » car le poids de leurs péchés les accable ; « à la race corrompue, » qui n’est plus ma race comme c'était dit ail¬ leurs : « Toutes lés nations seront bénies dans votre postérité ; » Jen. xxvr, 4 ; « aux enfants scélérats, » qui ne sont nullement mes enfants, car dès que nous avons commencé de pécher, suum. Asinus quoque præsepe domini sui intelligit, bénéficia, et [locurn, inquocibos accipere consuevit, libentius videt. « Israël non cognovit, » subauditur «me ;» «populus meus non intellexit, » subauditur, «nec possessorem, nec dominum; » simulque considérât exempla quantam vim habeant. Bos licet cibos accipiat ^domiuo, et asinus licet præsepe cognoscat, tamen muito plus labore suo præstant dominis, quam ipsi a dominis, accipiant; ego autem cum uulla bénéficia hominum habeam, nisi hæc tantummodo si sulventur ipsi, quos diligo, cum eis tanta, præstiterimet nibil ae- ceperim, pro omnibus beneficiis comtemptum solum- modo reddiderunt. Quia ergo tanta perpessus sum, et perdidi Filinm, quem enutrieram, quem exaltàveram, quod possum solum facere facio : plangam perditum et mortuum quem ægrotantem sanare non pôtui. «Væ genti peécatrici, populo gravi Jiniquitaté, semini ne- quam, ;filiis sceleratis. » Mutaveruut nomina : « Væ genti peccatrici, » quæ quondam gens inea dicta est ; « populo gravi ; » peccatis eniin gravibus prægravati sunt; « semini nequam, » non meo semini, secnndum quod alibi dictum est : « Et in semine tuo benedicentur SAINT JÉROME. 602 La condition du péché nous fait perdre le nom d’enfants de Dieu. « Ils ont abandonné le Sei¬ gneur, » en tant qu’il suit chacun dans sa voie. Voici le sens à mesure : alors qu’ils avaient tout fait, commis tous les crimes, je ne les ai pas cependant abandonnés, mais j’ai attendu pour qu’ils revinssent un jour à moi; eux au contraire m’ont abandonné, quand je les atten¬ dais et que je leur montrais de la main le chemin de la pénitence, et il ne leur a pas suffi de m'avoir abandonné (voyez le flot montant des péchés ), mais encore « ils ont blasphémé le saint d’israül, ils sont retournés en arrière, » c’est-à-dire ils ont été de nouveau ce qu’ils furent jadis, avant d’être appelés de mon nom. « Sur quel péché vous frapperai-je, vous qui ajoutez désobéissance sur désobéissance ? » Le Seigneur se décide au châtiment comme un vrai médecin, afin que la santé revienne grâce aux caustiques et aux corrosifs. Cela revient à dire: J’ai multiplié les emplâtres, j’ai voulu vous guérir par des remèdes divers, et je ne trouve pas le remède efficace, puisque votre mal ne fait que croître ; non-seulement vous ne guérissez pas des vices anciens, mais pendant que je traite avec, soin vos péchés passés, vous contractez de nouvelles blessures. « Sur quoi vous frapperai-je désormais ? » Paroles d’hé¬ sitation, équivalentes à ceci : En quoi vous guérirai-je? car la plaie du Seigneur frappe omnes gentes füiis sceleratis; » Gen. xxvi, 4; nequa- quam meis filiis, statim enim ut peccare cœperimus cum conditione peccati et filiorum nomeuamittimus. « Dereliquerunt Dominum, » quasi sequentem -in sin- gulis viis. Singuli sensua sunt : Cum omnia fecerint, cum cuncta scelera perpetraverint, tam.en ego non dimisi eos, sed exspectavi, ut aliquando ad me rever- terentur; illi autem stantem me et pandentem manus ad pœnitentiam eorum, dereliquerunt, et non eis suf- ficit, quod dereliquerunt (videte auxesin peccatorum), sed etiam « blasphemaverunt sanctum Israël, abalie- nati surit retrorsum, » id est, hoc cœperuntesse, quod ante fuerant, antequam meo nomine censerentur. « Super quo percutiam vos ultra addentes praevarica- tionem ? » Pœna ad hoe iufertur a Domino, quasi a vero medico, ut per cauteria et mordacem pulverem sanitas subsequatur. Érgo quod dicit hoc est : Multa emplastra apposui, diyersis medicaminibus curare vos volui, non invenio genus . remedii, cum vestra quo- tidie ægritudo succrescat : non solum, inquit, non sa* namini a prioribus vitiis, sed et mea cura revolvente priora peccata, nova apponitis vulnera. « Super quo pour amender, châtie pour guérir. Dieu dit : «Pourquoi frapperài-je? » quelque chose comme: Quel emplâtre vous appliquerai-je ? « Vous qui ajoutez la désobéissance à la prévarication, » lorsque avec de nouvelles fautes vous comblez la mesure des anciennes. Quant à ce que nous avons dit tout à l’henre, que les Prophètes sont des médecins spirituels qui traitent toutes sortes de maladies de l’âme, nous en avons maintenant un exemple des plus manifestes ; écoutez en effet l’Ecriture elle-même: « Toute tête est languissante et tout cœur est abattu; depuis la plante des pieds jusqu’au haut de la tête, il n’y a rien de vain en lui ; ce n'est quèblessure, contusion et plaie en¬ flammée.» Isa.. u 5, 6. «Toute tête est languissante et tout cœur est abattu. » Je ne me lasse pas de donner l’avis qu’il faut, dans les Prophètes, arrêter l’examen sur chaque parole; car une nature superficielle ne révèle pas l’utilité de cette étude aux inhabiles, parce qu’ils ne comprennent pas le sens caché. « Toute tête est languissante et tout cœur abattu. » Si quelqu’un a une santé délabrée, son corps serait-il oppressé par la plus difficile des maladies, mais qu’il ait l’âme rem¬ plie de joie, cette joie de l’âme lui est un puis¬ sant secours contre l’infirmité du corps. D’autre part, si quelqu’un a du chagrin, la douleur dans le cœur et des tribulations diverses avec un corps robuste, la force du corps vient en aide à la faiblesse de l’âme. Mais lorsque le corps est percutiam vos ultra?» quasi dubitantis verbasuDt; hoc est : Id quo vos eanem ? quia enim plaga Domini ad hoc percutit ut emendet, ad hoc castigat ut sanet, Dicit: « Super quo percutiam ? » hoc est quasi : Quod vobis imponam emplastrum ? « addentes prævarica- tionem ; » cum quotidie novis peccatis vetera copuletis Illud autem, quod paulo ante diximus, Prophetas esse medicos spiritales, et quasi tolum genus curare mor- borum, nunc manifestissimo eernitur exemplo; videte enim Scripturaquid djeat : « Omne caput languidum, et omne cor mœrens; a planta pedis usquoad verticom non est iD eo sanitas; vulnus, etlivor, et plaga tumens.» Isa. i, 5,6. Omne caput languidum, et omne cor mœ- rens. » Fréquenter admoneo, ut in Prophetis verba singula consideremus ; idcirco enim secundum histo- riarn imperitis utilitas non videtur, quia non intelli- gunt quod dicitur: « Ômnecaput languidum, et Omne cor mœrens. » Si quis ægrotaverit, vel difficillimo morbo corpore oppressus fuerit, habuerit autem ani- mam lætiorem, [inflrmitas corporis lætitia animi sus- tentatùr. Rursus si àliquis mœrorem habuerit, et do- lorem cordis, et diverses tribulationes, robustum au- NOTES SUR QUELQUES CHAPITRES ÜTSA1E. malade et Pâme dans la douleur, il n’y a pas de remède qui tienne contre cet état. C’est ce que déclare ici la médecine. « Toute tète est languissante et tout cœur est dans le chagrin. » Remarquons en même temps que la principale puissance de l’âme, le cœur, est mise enparallèlé avec la principale partie du corps, la tète. La tète est le siège de tous les sens ; les autres membres retranchés, Pâme peut vivre de cette vie ; la tête retranchée, c’est la vie qui est ôtée entièrement. Et l'Ecriture ne dit pas: Toute tète est coupée ; car il eût été superflu alors de par¬ ler des autres parties et de décrire les mala¬ dies des autres membres, s’il avait parlé de l’amputation de la tète. Par conséquent, il dit « languissante, » pour avoir sujet de cons¬ tater aussi l’état désespéré des autres membres. « De la plante des pieds, au sommet de la tête, il n’y a rien de vain en lui. » Tout Israël est malade ; on ne peut même pas trouver en lui un seul juste, comme quand on ne peut trou¬ ver dans un corps un seul membre sain. Et en effet, s’il y avait quelque partie du corps qui fût vaine, elle pourrait être pour les autres une source de guérison. «Tout y est blessures, contusion livide et plaie enflammée: » blessures, les péchés récents ; lividité invétérée, les crimes anciens ; plaie enflammée, les ferments des vieux délits, qui engendrent comme un écoulement continuel de sanie purulente. « Plaie qui n’a tem corpus, imbecillitatem animæ sanitas corporis sus¬ tentât. Cum autemet corpus in œgratione est et anima in dolore, nulla possunt subvenire remedia. Hoc est ergo quod medicamine dieitur: « Omne caput langui- dum et omne cor moerens. » Simulque considéra, quia principali animæ, hoc est cordi, corporis comparaverit principale, id est caput. In capite omnes sensus sunt; cseteris membris truncatis vivere anima potest; trun- cato capite, vita ornais aufertur. Et non dixit : Omne caput amputatum ; superfluum enim erat cæteramem- bra describere et morbos reliquorum artuurn, si am¬ putatum dixisset. Languidum ergo dicit, ut et in des- criptione membrorum cæterorum habeat locum. «A planta pedis usque ad verticemnon est in eo sanitas.» Totus ægrotat Israël; neunusquidem vir sanctusinve- niri potest quasi in corpore membrum aliquod, quod sanum esset videatur. Sienimesset in toto corpore ali- quid, quod sanum esset, ex unius sanitate etiam caetera medelam trahere viderentur. « Vulnus, et livor, et plaga tumens : » vulnus peccata recentia ; livor, antiqua scelëra; plaga tumens incoctum et vêtus delictum, quasi quodam pure parturiens. 603. point été bandée, à laquelle on n’a point appliqué de remède et qu’on n’a point adoucie Avec l’huile. » Non que Dieu n’ait pas donné ces soins, car il a tout essayé, et les Prophètes auraient ôté envoyés sans motifs s’ils n’avaient pas fait cela; mais parce que la guérison n’en a pas été le résultat, cc qui a été tenté semble ne l’avoir pas été. Recherchons maintenant le sens figuré. « Cieux, écoutez, et vous terre, prêtez l’oreille ; » c'est-à-dire, et vous qui semblez saints, et vous qui êtes pécheurs avérés, écoutez également. .« J’ai nourri des enfants, je les ai comblés de gloire et ils m’ont méprisé. » Dieu, j’ai daigné adopter les hommes pour enfants, je les ai nourris, je les ai glorifiés jusqu’à les appeler mes amis quand ils sont mes serviteurs; « et en retour ils m’ont méprisé, » et cela par leurs péchés et alors qu’ils ne pouvaient assuré¬ ment en rien m’accuser de dureté à leur égard. L’expression « ils ont méprisé, » est des plus justes; on ne méprise que celui dont la bonté est excessive; c’est ainsi que traitant de faiblesse ma clémence et ma mansuétude, ils m’ont mé¬ prisé, alors qu’ils auraient dû me craindre et m’aimer. Et l’Ecriture place là l’exemple du bœuf et de l’âne, dont nous avons parlé déjà. Or, dans les Ecritures, on entend toujours parles exemples de cette sorte que ceux qui se sont éloignés du Seigneur par leurs péchés sont de beaucoup pires que les brutes : et en effet « Non est circuoiliguta nec curata medicamine, neque fotaoleo. » Non quodhæcDeus non fecerit; fecit enim omnia, et sinecausa missi erant Prophetæ, siista non fecissent; sed quia non sanitas subsecuta, quo- dammodo videntur non facta esse quæ facta sunt. Se- cundum tropologiam. « Audite, cceli, et auribus per- cipe terra ; » hoc est, et vos qui sancti videmini, et vos qui peccatores, pariter audite. « Filios enutrivi, et oxaltavi, ipsi autem me spreverunt. » Deus filios ho- mineshabere dignatussum, enutrivi eos, etmagnificavi ut de servis amicos dicerem; « ipsi autem spreverunt me; » hoc, per peccata sua, et certecumnullam meam duritiara seuserint. Et prudenter dixit « spreverunt; » nemo spernitur, nisi cujus nimia bonitas est ; ergo et clementiam et mansuetudinem meam imbecillitatem interprétantes, spreverunt quem timere et amure de- buerant. Et proponit exemplum, quod supra dixi- mus, de bove et nsino. Hoc autem totum interpretatur in Scripturis de eis, qui per peccata sua a Domino recesserunt, quod multo détériorés sint brutis anima- libus : ilia enim lion habentia tanta dominorum et possessorum bénéficia, nihilominus a domino non re- 604 SAINT JÉROME. ceÜes-ei, qui ont reçu de leurs maîtres, et posses¬ seurs des bienfaits bien moindres que l’homme n’en- a reçu de Dieu, ne s’éloignent pas d’eux néanmoins. Le boeuf qui a été frappé et l’âne que son maître a maltraité oublient les coups pour ne se souvenir que des bienfaits, et quand ils I. Ce frugmoDt suffit ot au delà, à donner nue idée de la manière du loin cette reproduction. cedunt; etbos enim cum vnpulaverit, et asinus cum a domino fuerit indignatus, non sentit plagas, sed bene- ficiorum taDhimmodo recordatur, et cuin viderit do- voient leur maître, ils se font caressants et ma¬ nifestent leur joie intime par toutes sortes de démonstrations extérieures; Israël au contraire, c’est-à-dire « l’âme qui voit Dieu, » n’a pas voulu me reconnaître etc *. compilateur. Il n’y aurait aucuu intérêt, aucune utilité à penseur plus minum alludit et lætitiam mentis quibuscumque po- test gestibus indicat; Israël vero, hoc est anima « vi- dens Deum, » me cognosceré noluit, ete. FIN DU TOME QUATRIÈME. TABLE Commen taire de l’Ecclésiaele, à Paula et Euslo- eliium . 1 Interprétation des deux homélies d’Origène, sur le Cantique des Cantiques . 105 Homélie 1 . 106 Homélie II . 118 Appendice, au tome III des œuvres de saint Jé¬ rôme, dansVédition de Vallarse . 133 Fragments grecs du livre des Noms hébreux, — Premier fragment . 134 Second fragment . 142 Fragment troisième . 150 Fragment quatrième . 158 Fragment cinquième . 167 Préface de D. Jean Martianay, sur le lexique des Noms hébreux par Origène . 183 Origène. — Lexique des Noms hébreux . . . 185 Autre exemplaire du lexique d’Origène. . . . 230 Des dix noms de Dieu. — Eclaircissement préli¬ minaire' . 248 Autre et meilleur exemplaire, du chapitre grec des dix noms de Dieu. — Eclaircissement pré¬ liminaire . . . 251 Evagrius sur le mot ni ni . . 253 Livre des Noms hébreux, fragments recueillis des œuvres du juif Philon . 256 Autre partie de l'appendice, comprenaut quelques opuscules latins . 270 Livre des noms de lieux, d’après les actes . . 271 Interprétation de l’alphabet hébreu . . , ■ . . 280 Exposition des dix noms de Dieu, par le juif Si- méon . 281 De Dieu et de ses noms . , . 282 Avertissement sur l'opuscule qui suit .... 284 Sur les bénédictions du patriarche Jacob . . ’ . 285 Les bénédictions du patriarche Jacob. — Autre exemplaire . ' . 294 Avertissement sur les deux traités qui suivent . 298 Les dix tentations du peuple d'Israël, dans le dé¬ sert . .... 299 Pareillement, récapitulation succincte desdix ten¬ tations . 303 Commentaire du Cantique de Debbora. . . . 304 Avertissement sur les opuscules qui suivent . . 3M Questions hébraïques sur les livres des Rois et les Paralipomènes. — Sur le premier livre des Rois . 312 Sur le deuxième livre des Rois . 329 Sur le troisième livre des Rois . 349 Sur le livre premier des Paralipomènes. . . . 352 Sur le deuxième livre des Paralipomènes . . . 376 Avertissementau sujet de l’exposition interlinéaire du livre de Job . 392 Exposition interlinéaire du livre de Job . . . 396 D. Joannis Martianœi monachii benedicti e con- gregatione S. Mauri, Commeutarii S. lliero- nymi libros . 494 Commentarius in libruni nomiuum Hebraico- rum . . 502 Prophetarum nomina et nomiuum etymologiæ . 537 606 TABLE. 607 Glossæ quorumdaro Bcripturæ locorum et nomi- num interpretationes britonum lingua . . . 538 Explanatio in librum de situ et nominibus loco- rum Hebraicorum . 539 Notée prolixiorcs in librnm Hebraicarum quœslio- num in Genesim . 542 Notæ prolixiores in Comment, in Ecclesiaslen . 546 Traduction des neuf Homélies d’Origène, sur les visions d’Isaïe . . 554 Homélie 1 . 554 Homélie II . 559 Homélie III ..... , . 5G4 Homélie IV . 5G8 Homélie V . . 572 Homélie VI . 577 Homélie VII . 587 Homélie VIII . 593 Homélie IX ............ 595 Notes très-succinctes sur quelques chapitres d’Isaïe tirées d’un manuscrit de Vérone . 599 FIN DE I.A ‘TABLE DU TOME QUATRIEME. IMPRIMERIE GÉNÉRALE DE CH ATILLON- SUR-SEINE* JEANNE ROBERT