Créée le lundi 03 novembre 2025
Livre de l'Apocalypse 7,2-4.9-14.
Moi, Jean, j’ai vu un ange qui montait du côté où le soleil se lève, avec le sceau qui imprime la marque du Dieu vivant ; d’une voix forte, il cria aux quatre anges qui avaient reçu le pouvoir de faire du mal à la terre et à la mer :
« Ne faites pas de mal à la terre, ni à la mer, ni aux arbres, avant que nous ayons marqué du sceau le front des serviteurs de notre Dieu. »
Et j’entendis le nombre de ceux qui étaient marqués du sceau : ils étaient cent quarante-quatre mille, de toutes les tribus des fils d’Israël.
Après cela, j’ai vu : et voici une foule immense, que nul ne pouvait dénombrer, une foule de toutes nations, tribus, peuples et langues. Ils se tenaient debout devant le Trône et devant l’Agneau, vêtus de robes blanches, avec des palmes à la main.
Et ils s’écriaient d’une voix forte : « Le salut appartient à notre Dieu qui siège sur le Trône et à l’Agneau ! »
Tous les anges se tenaient debout autour du Trône, autour des Anciens et des quatre Vivants ; se jetant devant le Trône, face contre terre, ils se prosternèrent devant Dieu.
Et ils disaient : « Amen ! Louange, gloire, sagesse et action de grâce, honneur, puissance et force à notre Dieu, pour les siècles des siècles ! Amen ! »
L’un des Anciens prit alors la parole et me dit : « Ces gens vêtus de robes blanches, qui sont-ils, et d’où viennent-ils ? »
Je lui répondis : « Mon seigneur, toi, tu le sais. » Il me dit : « Ceux-là viennent de la grande épreuve ; ils ont lavé leurs robes, ils les ont blanchies par le sang de l’Agneau. »
Psaume 24(23),1-2.3-4ab.5-6.
R/ Voici le peuple de ceux qui cherchent ta face, Seigneur. (Ps 23, 6)
Au Seigneur, le monde et sa richesse,
la terre et tous ses habitants !
C'est lui qui l'a fondée sur les mers
et la garde inébranlable sur les flots.
Qui peut gravir la montagne du Seigneur
et se tenir dans le lieu saint ?
L'homme au cœur pur, aux mains innocentes,
qui ne livre pas son âme aux idoles.
Il obtient, du Seigneur, la bénédiction,
et de Dieu son Sauveur, la justice.
Voici le peuple de ceux qui le cherchent !
Voici Jacob qui recherche ta face !
Première lettre de saint Jean 3,1-3.
Bien-aimés, voyez quel grand amour nous a donné le Père pour que nous soyons appelés enfants de Dieu – et nous le sommes. Voici pourquoi le monde ne nous connaît pas : c’est qu’il n’a pas connu Dieu.
Bien-aimés, dès maintenant, nous sommes enfants de Dieu, mais ce que nous serons n’a pas encore été manifesté. Nous le savons : quand cela sera manifesté, nous lui serons semblables car nous le verrons tel qu’il est.
Et quiconque met en lui une telle espérance se rend pur comme lui-même est pur.
Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 5,1-12a.
En ce temps-là, voyant les foules, Jésus gravit la montagne. Il s’assit, et ses disciples s’approchèrent de lui.
Alors, ouvrant la bouche, il les enseignait. Il disait :
« Heureux les pauvres de cœur [les mendiants en esprit], car le royaume des Cieux est à eux.
Heureux ceux qui pleurent, car ils seront consolés.
Heureux les doux, car ils recevront la terre en héritage.
Heureux ceux qui ont faim et soif de la justice, car ils seront rassasiés.
Heureux les miséricordieux, car ils obtiendront miséricorde.
Heureux les cœurs purs, car ils verront Dieu.
Heureux les artisans de paix, car ils seront appelés fils de Dieu.
Heureux ceux qui sont persécutés pour la justice, car le royaume des Cieux est à eux.
Heureux êtes-vous si l’on vous insulte, si l’on vous persécute et si l’on dit faussement toute sorte de mal contre vous, à cause de moi.
Réjouissez-vous, soyez dans l’allégresse, car votre récompense est grande dans les cieux ! »
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris
Commentaire de Pères, de Docteurs, de Saints
Saint Jérôme (347-420)
prêtre, traducteur de la Bible, docteur de l'Église
Commentaire sur Matthieu 5, 5-12, SC 242 (Commentaire sur saint Matthieu, tome I, Livres I et II; trad. É. Bonnard; Éds du Cerf 1978, p. 107-109; rév.)
La quête du bonheur
HOMÉLIE DE S. BERNARD POUR LA TOUSSAINT
Office des Lectures de la Toussaint - année C
Dans la communion des saints
Pourquoi notre louange à l'égard des saints, pourquoi notre chant à leur gloire, pourquoi cette fête même que nous célébrons ? Que leur font ces honneurs terrestres, alors que le Père du ciel, en réalisant la promesse du Fils, les honore lui-même ? De nos honneurs les saints n'ont pas besoin, et rien dans notre culte ne peut leur être utile. De fait, si nous vénérons leur mémoire, c'est pour nous que cela importe, non pour eux. ~ Pour ma part, je l'avoue, je sens que leur souvenir allume en moi un violent désir. ~
Le premier désir, en effet, que la mémoire des saints éveille, ou plus encore stimule en nous, le voici : nous réjouir dans leur communion tellement désirable et obtenir d'être concitoyens et compagnons des esprits bienheureux, d'être mêlés à l'assemblée des patriarches, à la troupe des prophètes, au groupe des Apôtres, à la foule immense des martyrs, à la communauté des confesseurs, au chœur des vierges, bref d'être associés à la joie et à la communion de tous les saints. Cette Église des premiers-nés nous attend, et nous n'en aurions cure ! Les saints nous désirent et nous n'en ferions aucun cas ! Les justes nous espèrent et nous nous déroberions !
Réveillons-nous enfin, frères ; ressuscitons avec le Christ, cherchons les réalités d'en haut ; ces réalités, savourons-les. Désirons ceux qui nous désirent, courons vers ceux qui nous attendent, et puisqu'ils comptent sur nous, accourons avec nos désirs spirituels. ~ Ce qu'il nous faut souhaiter, ce n'est pas seulement la compagnie des saints, mais leur bonheur, si bien qu'en désirant leur présence, nous ayons l'ambition aussi de partager leur gloire, avec toute l'ardeur et les efforts que cela suppose. Car cette ambition-là n'a rien de mauvais : nul danger à se passionner pour une telle gloire. ~
Et voici le second désir dont la commémoration des saints nous embrase : voir, comme eux, le Christ nous apparaître, lui qui est notre vie, et paraître, nous aussi, avec lui dans la gloire. Jusque-là, il ne se présente pas à nous comme il est en lui-même, mais tel qu'il s'est fait pour nous : notre Tête, non pas couronnée de gloire, mais ceinte par les épines de nos péchés. ~ Il serait honteux que, sous cette tête couronnée d'épines, un membre choisisse une vie facile, car toute la pourpre qui le couvre doit être encore non pas tant celle de l'honneur que celle de la dérision. Viendra le jour de l'avènement du Christ : alors on n'annoncera plus sa mort de manière à nous faire savoir que nous aussi sommes morts et que notre vie est cachée avec lui. La Tête apparaîtra dans la gloire, et avec elle les membres resplendiront de gloire, lorsque le Christ restaurera notre corps d'humilité pour le configurer à la gloire de la Tête, puisque c'est lui la Tête.
Cette gloire, il nous faut la convoiter d'une absolue et ferme ambition. ~ Et vraiment, pour qu'il nous soit permis de l'espérer, et d'aspirer à un tel bonheur, il nous faut rechercher aussi, avec le plus grand soin, l'aide et la prière des saints, afin que leur intercession nous obtienne ce qui demeure hors de nos propres possibilités.
Homélie de saint Augustin (+ 430)
Sermon 53, 6,6; PL 38, 366.
La vision de Dieu promise aux coeurs purs
Heureux les coeurs purs: ils verront Dieu (Mt 5,8)! Voilà le but de notre amour, la fin qui nous rend parfaits, sans nous détruire. Il y a la fin de la nourriture et la fin du vêtement. La fin de la nourriture, c'est d'être détruite par la manducation; la fin du vêtement, c'est d'être achevé par le tissage. Celui-ci comme celle-là arrivent à leur fin, mais la fin de l'une est sa destruction, tandis que celle de l'autre est son achèvement.
Tout ce que nous faisons, tout ce que nous faisons de bon, tout ce que nous nous efforçons d'obtenir, toutes les causes dignes d'éloges pour lesquelles nous nous dépensons, tout ce que nous désirons d'honnête, nous ne le rechercherons plus quand nous serons parvenus à la vision de Dieu. Que pourrait bien chercher celui qui possède Dieu? Qu'est-ce qui pourrait satisfaire celui qui ne se satisfait pas de Dieu?
Nous voulons voir Dieu, nous cherchons à le voir, nous désirons ardemment le voir. Qui n'a pas ce désir? Mais remarque ce que dit l'évangile: Heureux les coeurs purs: ils verront Dieu! Fais en sorte de le voir. Pour prendre une comparaison parmi les réalités matérielles, comment voudrais-tu contempler le soleil levant avec des yeux chassieux? Si tes yeux sont sains, cette lumière sera pour toi un plaisir; s'ils sont malades, elle sera pour toi un supplice. Assurément, il ne te sera pas permis de voir avec un coeur impur ce que l'on ne peut voir qu'avec un coeur pur. Tu en seras écarté, éloigné, tu ne verras pas. Heureux, en effet, les coeurs purs: ils verront Dieu!
Combien de fois le Seigneur a-t-il proclamé des hommes "bienheureux"? Quels motifs du bonheur éternel a-t-il cités, quelles bonnes oeuvres, quels dons, quels mérites et quelles récompenses? Aucune autre béatitude n'affirme: Ils verront Dieu. Voici comment les autres s'énoncent: Heureux les pauvres de coeur: le Royaume des cieux est à eux! Heureux les doux: ils obtiendront la terre promise! Heureux ceux qui pleurent: ils seront consolés! Heureux ceux qui ont faim et soif de la justice: ils seront rassasiés! Heureux les miséricordieux: ils obtiendront miséricorde! Aucune, donc, n'affirme: Ils verront Dieu.
La vision de Dieu est promise quand il s'agit d'hommes au coeur pur. Cela n'est pas sans raison, puisque les yeux qui permettent de voir Dieu sont dans le coeur. Ce sont les yeux dont parle l'Apôtre Paul quand il dit: Puisse-t-il illuminer les yeux de votre coeur (Ep 1,18)! Dans le temps présent, ces yeux, en raison de leur faiblesse, sont donc illuminés par la foi; plus tard, en raison de leur vigueur, ils seront illuminés par la vision. Car nous sommes en exil loin du Seigneur tant que nous habitons dans ce corps; en effet, nous cheminons dans la foi, non dans la claire vision (2Co 5,6-7). Et aussi longtemps que nous cheminons dans cette foi, que dit de nous l'Écriture? Nous voyons actuellement une image obscure dans un miroir; ce jour-là, nous verrons face à face (1Co 13,12).
Homélie de Grégoire Palamas (+ 1359)
Homélie 25, PC 151, 321 328-332
Dieu est admirable en ses saints
Dieu est admirable dans ses saints. C'est lui qui donne à son peuple force et puissance (Ps 67,36). Considérez et comprenez bien le sens de ces paroles prophétiques. Le Seigneur donne force et puissance à tout son peuple - car Dieu ne fait pas de différence entre les personnes -, mais il est admirable uniquement dans ses saints.
Le soleil répand d'en haut ses rayons à profusion et sur tous de manière égale, mais seuls le voient ceux qui ont des yeux et ne les tiennent pas fermés. Avec des yeux sains et une vue puissante, ils jouissent de la pure lumière, tandis que ceux qui voient mal et ont les yeux malades, opaques ou atteints d'une autre affection, n'en sont pas capables. De la même manière, du ciel, Dieu fait descendre sur tous les richesses de sa grâce, car il est la source du salut et de la lumière d'où jaillissent sans cesse la miséricorde et la bonté. Cependant, ce ne sont pas purement et simplement tous les hommes qui tirent profit de sa grâce et de sa puissance pour pratiquer la vertu, parvenir à la perfection et accomplir aussi des miracles. Mais c'est le fait de ceux qui ont orienté leur volonté vers le bien et manifestent par leurs oeuvres leur amour de Dieu et leur foi en lui, ceux qui se détournent franchement du mal, s'attachent fermement aux commandements de Dieu et lèvent les yeux de leur âme vers le Christ, soleil de justice. Lui, du haut du ciel, dans l'invisible, nous tend une main secourable au milieu du combat. En outre, il nous fait entendre dans l'évangile ces paroles d'encouragement: Celui qui se prononcera pour moi devant les hommes, moi aussi je me prononcerai pour lui devant mon Père qui est aux, cieux. (Mt 10,32). <>
L'Église du Christ honore, même après leur mort, ceux qui ont vraiment vécu une vie conforme au désir de Dieu. Chaque jour de l'année, elle fait mémoire des saints qui, à la même date, s'en sont allés d'ici et ont quitté cette vie périssable. Elle nous présente, pour notre profit, la vie de chacun d'eux et nous offre leur mort en exemple, qu'ils se soient endormis dans la paix ou qu'ils aient terminé leur existence en martyrs.
Or, aujourd'hui, elle leur adresse une hymne commune, <> car ils sont tous unis les uns aux autres et, selon la prière du Maître, ils sont un. Dans l'évangile, en effet, le Seigneur dit à son Père: Accorde-leur d'être un, comme moi, Père, je suis en toi, et toi en moi, et qu'ils soient un en nous dans la vérité (cf. Jn 17,21). <> Aujourd'hui, pour que sa louange soit complète, l'Église de Dieu nous propose et nous montre, tous rassemblés, les fruits si nombreux et si bons que le Seigneur Jésus Christ, Dieu, notre Sauveur, est venu récolter pour la vie éternelle, avec la puissance de l'Esprit très saint. Elle fait mémoire, en une fois, de tous les saints et leur rend hommage à tous aujourd'hui par une hymne. <>
Nous aussi, en ces jours de fête, présentons nos corps et nos âmes en offrande agréable à Dieu, afin que, par les prières des saints, nous ayons part à leur allégresse et à leur joie éternelles. Puissions-nous tous y parvenir par la grâce et l'amour de Jésus Christ notre Seigneur. A lui la gloire, à son Père éternel et à l'Esprit très saint, bon et vivifiant, maintenant et toujours, et dans les siècles des siècles. Amen.